Polyamour.info

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(France)

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Discussion : La solitude comme postulat ?

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lam

le mardi 03 juillet 2012 à 15h53

A toutes les personnes en couple qui pensent que c'est plus facile de vivre le PA en n'étant pas en couple..... j'ai envie de dire: What the F*** !!! :-/

Je suis facilement outrée quand on pense à la place des personnes concernées. Les problématiques sont différentes entre couple et pas couple, mais pas moins complexes dans un des multiples cas de figure.
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Pour avoir vécu du PA en couple puis sans couple, la différence que je trouve notable c'est entre démarrer une relation (de couple ou pas) sur des bases PA, et faire évoluer une relation (de couple ou pas) qui n'a pas de bases PA vers le polyamour.
Il me semble que c'est plus dur dans le deuxième cas, quand on est habitué-e à un mode de fonctionnement et qu'il faut en changer.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le jeudi 14 juin 2012 à 11h08

RIP

La manière dont la ségrégation sexuelle empêche l'amitié c'est lorsqu'elle affirme qu'elle n'est pas possible lorsqu'au moins une des deux personnes correspond à l'orientation sexuelle de l'autre.

Ouais aussi. Et le coté difficile à voir c'est la ségrégation sexuelle intériorisée par chacun-e de nous.
Par exemple, j'ai des relations avec des personnes de genres différents. Ca voudrait dire que je ne peux être ami avec personne! Super programme...

Sinon ce que je trouve lié à l'irresponsabilité affective c'est cette croyance que la personne dont on est "amoureux-se" est complémentaire de nous, qu'il y a une connexion "magique", qui "dépasse tout", c'est "l'amour", ça "s'explique pas"....
... et ça légitime de partager du sexe par exemple, par ce que cet amour là il serait "plus fort que nous"...donc il permet de dépasser le tabou du sexe.

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Et du coup il me semble qu'il n'y a pas exactement les mêmes enjeux dans une relation affective avec du sexe parce que chacun-e projette des attentes différentes entre une amitié platonique et une amitié sexuelle.

J'ai remarqué que dans certains cas j'ai plus de facilité à dire que ca va pas, ou à montrer des faiblesses, des peurs, des angoisses dans une amitié sexuelle. Comme si la mise à nu au sens propre invitait/aidait à la mise à nu sentimentale. Je ne trouve pas d'explications (qui me satisfassent) à ça, je constate simplement que ça peut m'aider à enlever du fard.

Et par ailleurs je trouve pas ça facile de relationner sur ces bases d'amitié sexuelle parce que souvent c'est dénigré comme étant "pas sérieux", vu comme un truc de "sex friends",... ou alors je suis vue comme "opportuniste, consommatrice,... Et je me demande si cet a priori que des amitiés sexuelles ça voudrait dire prendre le sexe à la légère, ne sert pas d'excuse justement à l'irresponsabilité affective.
Souvent, j'ai l'impression de devoir justifier, expliciter ce que ça implique pour moi ((passer une nuit avec quelqu'un-e, ça me remue toujours fort...)) pour être comprise.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le jeudi 14 juin 2012 à 10h40

RIP

Ce que j'apprécie dans l'amitié, c'est son indétermination. Les amitiés saines recherchent davantage une qualité de relation - que cela se passe au mieux pour chacun - que d'atteindre des objectifs - que cela se passe comme chacun veut. Atteindre des objectifs est important, mais ce qui importe avant tout en amitié c'est que cela se passe, non tel que chacun peut le vouloir, mais au mieux. Un échec ne met pas à mal une amitié au contraire du manque de respect ou d'attention au bien être de l'autre ou de soi.

Salut. j'aime bien comme tu formules cette histoire d'objectifs ou non dans une relation.
En fait dans la notion de couple (polyamoureux ou non) il y a cette notion d'objectifs, car en général un couple se définit aussi par des projets en commun, le partage d'un quotidien, une projection commune à "long terme", l'idée que "ca va durer".

L'idée de renouer avec l'amitié et ses valeurs me rassure et me fait peur aussi. Je me sens rassurée en prenant en compte que tout est éphémère et impermanent dans les relations parce que ça me parait réaliste, j'ai l'impression que la vie est comme ça en général.
Et ça me fait peur aussi, parce que des fois ça rassure de s'appuyer sur quelque chose de stable, par exemple une relation dont on se dit qu'elle durera toujours, même si on sait que c'est pas possible. C'est là que j'identifie le coté risqué de la passion - NRE où la tentation de 'fondre dans la relation, etquecadurecommeçapourtoujours' peut être tellement forte parfois. A la mesure de mon besoin d'être rassurée?

Voilà. Etre ami-e-s sur le long terme, avec une relation qui peut changer de nature, me parait possible, souhaitable pour moi en tout cas, en travaillant sur moi et en interagissant avec des personnes qui ont envie de réfléchir là dessus.
Par contre c'est pas rapide comme processus de déformatage et muer demande de fabriquer une nouvelle peau, de laisser glisser progressivement la précédente... Et je remarque que c'est pas très possible pour moi d'aller plus vite que la musique, que c'est petit à petit que réflexions et expériences se répondent.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le samedi 02 juin 2012 à 12h22

RIP
Enfin soit, Lam, j'ai l'impression que le plus difficile, c'est d'arriver à s'exprimer dans un cadre amical avec des enjeux qui dépassent le simple cadre amical. Entre amis, il est certes plus facile de parler et penser librement. D'ailleurs, le fait que j'aie pu écrire que le sujet amoureux manque de liberté de pensée et d'expression a pu choquer plus d'un et plus d'une. Si cela peut choquer, c'est que chacun, chacune peut ressentir avoir vécu cette liberté d'expression, mais si chacun, chacune regarde honnêtement dans son vécu, ce sentiment provient le plus souvent de relations amicales ou de relations qui, pour une raison ou une autre. Par exemple, beaucoup ou peu de passion peuvent conduire à une confiance semblable à celle de l'amitié.

Enfin soit, j'ai l'impression que ce fil peut gagner à emprunter le topique de l'amitié plus franchement.

Yep, complètement raccord. Y'a grave d'enjeu dans les amitiés et une autre dimension s'ouvre quand cela devient (+/- temporairement) une amitié sexuelle.

Tu décris bien ce que je recherche: justement le fait de ne pas changer de valeurs et de projections quand une partie d'échange/communication plus "physique" se rajoute à l'échange...

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Discussion : Et la capote ?

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lam

le vendredi 01 juin 2012 à 10h10

ln095
du coup le sexe libre devient sexe sous célophane !

En fait pour moi c'est exactement ça. Je me sens pas libre sans latex! C'est plutot qu'il n'y en ait pas qui me limite.
Alors sur la question des rapports buccaux génitaux non protégés, j'évite en général mais ca m'arrive parfois quand même. Mais toujours une protection pour les pénétrations qui mettent en jeu une verge ou un sextoy partagé/partageable.
Sinon je trouve que ma vie serait plus simple si les gants en latex étaient trouvables plus facilement et moins chers. y'a pas que les capotes même si elles sont customisables à différentes utilisations. hétéronormalité quand tu nous tiens...

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Discussion : Dire est-il une bêtise? je m'enlise

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lam

le jeudi 31 mai 2012 à 23h15

mouvante
(et finalement est-ce si important de savoir si c'est par manque dans ma relation qu'il y est entré?)

il me semble que c'est une bonne question, et si je devais répondre je dirais "non" ;-)

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le mardi 29 mai 2012 à 13h23

zina

Mais je crois que le plus compliqué pour moi, c'est de savoir à qui il faut dire quoi. Comme tous les détails du quotidien ne passent pas directement avec une personne en premier, les mots d'amours échangés avec X, est il nécessaire de dire à Y qu'ils ont lieu ?
(...)
Ne pas avoir un couple primaire signifie pour moi que les choses qui "allaient de soi" - j'avais une personne de référence, et je donnais moins de détails aux autres - sont devenues moins gérables.

Peut être que d'autres se prennent moins la tête que moi là dessus, mais je serais enchantée de voir si vous avez des techniques de communication ou des principes qui peuvent aider.

Coucou. Alors sur la prise de tête je sais pas, mais en tout cas je me pose pas mal de questions, de manière régulière. Et récemment quand on m'a renvoyé que je réfléchissais trop - alors que je posais des mots sur ma manière de fonctionner dans les relations après avoir passé une nuit avec un pote - j'en ai eu marre. Pas envie de me justifier. Fatigue vis à vis de l'irresponsabilité affective, de la fuite face au fait de mettre des mots sur ce qu'on vit.

Cet exemple pour illustrer que pour moi le principe qui marche et qui me rassure c'est de parler de ce qu'on a besoin qui soit abordé. En clair de quoi moi j'ai besoin de parler pour être rassurée et de quoi l'autre a besoin.
Ca m'évite de rentrer dans des trucs que j'imagine devoir faire ou dire.
Dans une relation j'essaie de doser selon mes besoins et selon si l'échange plutôt ponctuel ou suivi dans le temps. C'est progressivement que ces discussions avancent. par exemple pour une relation qui débute j'aurais besoin que l'autre sache que j'ai des relations plurielles. Le besoin d'avoir une idée sur sa vie affective aussi, de manière vague. Mais de manière globale je ne partage pas les détails (ex: mots d'amour) qui ont lieu une relations avec d'autres amiamantes.

et je partage la réflexion sur l'importance de ne pas faire d'exceptions: pour moi ca a toujours mal tourné d'en faire. Dans l'exemple récent que je donnais plus haut je me sens responsable de m'être dit "non mais là t'es pas obligée de poser ça tout de suite, tu le connais, c'est un pote libertaire, c'est cool"; parce que finalement après coup la discussion n'est pas passée. Et c'est pas chouette.

Donc voilà, ma stratégie c'est d'essayer de voir ce qui est important à aborder pour moi, en adaptant ça en fonction du temps de la rencontre et en essayant d'équilibrer pour ne pas tomber dans trop d'intellectuallisation et de raison pure qui boufferaient de la spontanéité.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le mardi 22 mai 2012 à 07h31

zina
Je l'inclue de bon coeur dans un certain nombre de mes projets, mais j'ai toujours une culpabilité résiduelle pour ces projets où je ne le fait pas. Pourtant il semble que je ferais mieux de m'en débarasser de cette culpabilité, car elle comme moi sommes satisfaites de notre relation, et avons besoin de vivre nos vies indépendamment l'une de l'autre. C'est pas forcément simple dans mon esprit de me positionner là dedans...

Hum. Ca me parle pas mal. Pour moi cette culpabilité est liée, entre autres, à ma socialisation en tant que meuf donc une 'prédisposition' de conditionnement à être tournée vers l'Autre, ses besoins, à toujours se mettre à sa place, à anticiper de manière réflexe ses désirs/besoins potentiels...
Personnellement je pense que d'être en relation avec quelqu'un-e en couple (càd qu'avec moi c'est une relation 'secondaire') ça m'aide à déculpabiliser sur des trucs, parce que la situation me pousse souvent à me recentrer sur moi. En gros de pas être leadeuse dans une relation mais plutôt 'une option sur siège éjectable' titille (et pince parfois) mon égo. Et ça me fait du bien, et m'aide à déculpabiliser de faire des choix pour moi d'abord - tout en prenant soin des sensibilités des autres.

Et je pense que t'as raison sur le fait que culpabiliser est inutile puisque tu connais son ressenti vis à vis de votre relation, et que se baser sur les désirs/besoins qu'on projette sur les autres est souvent casse gueule.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le mardi 22 mai 2012 à 07h15

Lunar
Même sans être en couple, il est possible de considérer des gens comme important dans sa vie, de tenir à elles et à eux. Il est même possible de leur dire. Et plutôt je considère que c'est chouette de le faire. Ça peut leur faire peur, mais ça leur donne les billes pour faire plus attention…

Yep, là je pense que tu mets le doigt sur un truc difficile pour moi.
un peu comme si des fois je m'enfermais dans une double contrainte que je me crée toute seule: vouloir de l'affection et sentir que je suis importante pour les autres, tout en ne dévoilant pas/peu mes faiblesses, ni là où j'ai besoin qu'on fasse attention...

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le mardi 22 mai 2012 à 07h02

sur la personne qui pourrait éclipser toutes les autres...

Comme plusieurs d'entre vous, ma manière d'envisager les relations comme ayant des dynamiques propres, variables, fait que je n'imagine pas du tout arrêter toutes mes relations pour une personne avec qui ça accroche grave...
Exemple - un énorme flash avec quelqu'un-e l'année dernière, un truc dingue,à me pousser hors de mes habitudes jusqu'à être submergée dans ma tête, complètement obnubilée par ça. Ca m'était jamais arrivé aussi fort. Je savais que la NRE* était une chouette drogue mais je savais pas que je pouvais percher aussi haut.
Ca ne m'a pas empêchée de continuer à construire d'autres relations. J'étais parfois en manque et du coup bien contente de ne pas vivre au même endroit, de ne pas pouvoir céder facilement.
Et, comme je n'y attendais, je redescends progressivement depuis que je rencontre cette personne pour de vrai. Moins je l'imagine, plus je rencontre des failles, du courage, des batailles, des joies, ...et plus je vis ça mieux ;-)
expérience évolutive.

Du coup ça me fait dire que même si ça m'arrive dans la vie de repercher aussi fort ou plus, je ne remettrais pas en question mes autres relations par voie de conséquence, parce que ce qui m'intéresse c'est exactement

exred
d'être aimé-e pour ce que je suis, et non pas à cause du hasard ou de la magie

Le hasard, la magie, les coïncidences 'étranges'... j'ai tendance à penser que quand on est soi-même dans une certaine intention ou ouverture, bizarrement les choses arrivent... !
Je pense qu'on fait toujours des choix, en permanence. Et un non-choix reste un choix. Par exemple si "je reste avec machin-e parce que je me pose pas la question de savoir si cette relation me 'nourrit', m'apporte ou non". Le (non)choix de pas me poser la question fait que je reste là.

Alors peut-être que c'est une approche utilitariste des relations, et matérialiste de la vie qui me fait dire que la personne qui éclipse tout sur son passage n'existe pas pour moi. Et si c'est le cas, ça me va.
Bref en tant que control freak qui se respecte je ne laisserai pas mes choix être pris en otage par une drogue, fusse la NRE.

*New Relationship Energy, la "passion aveuglante de début de relation" en quelque sorte

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le lundi 21 mai 2012 à 10h09

Sur la vie collective...
Pas le temps de m'attarder trop mais je suis hyper d'accord avec toi Lunar. Sur l'importance de la sphère amicale, et de celle du quotidien - elles se recoupent parfois pour moi. Vivre à nombreuses-x c'est vraiment important dans mon équilibre. Et justement ça me permet de relativiser et voir les relations en fonction de ce qui est partagé (petit jeu: en fonction de chaque relation, choisis un ou plusieurs items dans la liste - et rajoutes-en!):
affection, logement, caresses, affinités politiques, sexe, vielles blagues pourries, larmes qui font du bien, projets de vie, petits dèj la tête endormie, câlins, repas, délires, véhicules, sensualité, casseroles, discussions intimes, ...

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le lundi 21 mai 2012 à 10h02

Hé, c'est chouette vos témoignages.

Sur la confiance en soi et l'autonomie....
C'est sur qu'il en faut une dose, comme il en faut pour vivre toutes relations (poly)amoureuses. Là où je trouve que c'est différent sans "relation centrale" c'est la confrontation quotidienne avec le coté éphémère et transitoire des choses.
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Je me dit que si tu te construis autour d'une relation centrale, il faudra pas moins de courage, d'autonomie ou de confiance en soi le jour où, pour une quelquonque raison, cette relation faiblit, s'arrête et ne te sert plus d'appui. Comme en marchant sur le fil: si tu te tiens à l'arbre c'est au moment où tu laches l'arbre que tu fais l'effort d'équillibre pour tenir; si tu ne tiens pas l'arbre c'est directement en montant sur le fil qu'il faut tenir. L'une et l'autre option sont autant difficiles.
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Comme si de ne pas avoir de centre me mettait plus au milieu des éléments, me forçait à trouver des bases en moi surtout, et finalement même si c'est venteux parfois je crois que cette confrontation me plait. Ca rejoins pour moi des bases de "spiritualité perso" où mort et vie s'entrelacent en permanence dans un baiser sans fin.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le dimanche 20 mai 2012 à 02h25

Merci :-)

C'est bien de Corinne Monnet que je tiens cette expression d'"amitié sexuelle". Elle a aussi écrit un texte hyper intéressant sur "La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation" et co-publié un recueil de textes " au delà du personnel" qui traite entre autres de non monogamie responsable qui est épuisé mais disponible en ligne, et dont on avait discuté là.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le samedi 19 mai 2012 à 16h42

Apsophos
Je dérive de manière stationnaire dans une pseudo-solitude non-hiérarchisée, ça compte ?

bien sûr. pas besoin d'actions concrètes pour s'autodéfinir!

Par exemple, pour des raisons similaires je refuse de justifier ma bisexualité par des faits, exemple "oui j'ai des relations avec des meufs et des gars, et non je refuse de te décrire mon actualité amoureuse dans le détail car tu risques fort de me faire entendre une énième fois des considérations pourries du genre 'ah mais si t'as pas de relations avec un gars/une meuf en ce moment c'est que t'es lesbienne/hétéro'.

bref, c'est nous qu'on choisi ce qu'on est, non?

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Discussion : [Livre] Le Contrat universel : au-delà du mariage gay, par Lionel Labosse (A Poil, 2012)

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lam

le samedi 19 mai 2012 à 16h34

Yep, pas mal l'article pour les questions que ça soulève. c'est frais de sortir un peu du réformisme ambiant.
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Sinon, oui le mariage est liberticide dès lors qu'on n'est pas dans la norme mono, couplesque ou dans la binarité homo/hétéro.
L'idée de fond de ce contrat universel revient à débiologiser les liens familiaux, à reconnaitre la famille choisie. Ca implique un satané reformatage, chouette!

En vrai avant que ça avance y'a du boulot et dans le présent je préfère tabler sur l'invention de solidarités concrètes, même si un statut faciliterait bien tout ça.

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Discussion : Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le samedi 19 mai 2012 à 16h12

Salut à vous.

Sur ce site il y a beaucoup de discussions concernant les relations polyamoureuses de personnes qui fonctionnent sur une base de couple.
Ce n'est pas mon cas.

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J'ai plusieurs relations de plusieurs natures, et surtout avec des fréquences où "on se voit" qui varient pas mal. Ce qui me parait différent de ce que beaucoup racontent ici c'est que je n'ai pas de compagne/compagnon du quotidien, ni même de personne avec qui on aurait un emploi du temps fixe pour se voir. Dans certaines relations c'est clarifié que si on ne construit pas de projet de vie, on construit déjà une relation de nature amicale et sexuelle; dans d'autres c'est d'abord on est ami-e-s et l'option sensualité/sexualité est vraiment en option 'ca peut/pourra arriver ou re-arriver'.

Comme tout mode de fonctionnement, il présente à la fois des limites et des avantages. Je ne cherche pas à dire c'est mieux ou moins bien, juste à partager sur les spécificités liés aux relations polyamoureuses non couplesques.

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Par exemple je trouve que ça demande de communiquer beaucoup parce que rien ne 'va de soi'. A chaque fois que je croise un-e amieamant-e tout est renégociable et à redéfinir: quelles sont les envies, on en fait quoi?

Je trouve ça difficile (impossible?) du coup de relationner avec des personnes qui n'ont pas ou peu envie de mettre des mots sur ce qui leur arrive, sur leurs besoins affectifs...

Dans les périodes où je suis un peu plus fragile affectivement c'est parfois dur de ne pas projeter mes besoins affectifs sur les amieamant-es que je croise.
C'est parfois difficile de dire à quelqu'un-e combien ille compte pour moi (parce que c'est souvent interprété comme un truc engageant) alors que pour moi c'est important.

C'est pas toujours simple de créer de la confiance dans ces amitiés amoureuses, et il m'en faut une satanée dose avant de pouvoir me laisser aller un peu à faire glisser la carapace du "je vais bien, je gère". Et pourtant des fois elle gratte cette carapace et parfois j'aurais bien besoin d'une discussion câlin pour apaiser la démangeaison.

Parce que même si les ami-e-s sont très important-es dans la satisfaction de mes besoins affectifs, certains ressentis se partagent différemment quand il y a de la sensualité, de l'intimité physique dans l'échange.
C'est peut-être aussi ce truc d'auto-protection (blindage du type: attention les relations psychoaffectivosexeuelles ça peut faire mal) qui fait que c'est pas simple?

Il y a aussi le coté chouette de je gère ma solitude et je m'en sors sans base affective fixe au quotidien, je tiens debout toute seule etc. et parfois le revers de 'je rentre chez moi et je voudrais bien que quelqu'un-e m'attende parce que là tout de suite c'est pas la méga patate', ou bien 'je les aime bien toutes ces gentes en couples mais ce qu'elles me renvoient sur leur stabilité affective m'oppresse un peu' ...

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Comme des fois je me sens seule dans ma manière de vivre le polyamour, hop voilà je lance un appel pour voir si d'autres avancent, rament et dérivent dans la mer mouvante des amours non hiérarchisées.

Et si je que je raconte vous évoque des trucs, au plaisir de vous lire.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Discussion : Comment gérer ce changement dans notre relation ?

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lam

le mardi 27 mars 2012 à 10h01

tentacara
Le couple n'est pas le seul moyen de s'épanouir, loin s'en faut.

j'apprécie toujours ta plume concise et efficace - une citation belle et percutante pour commencer cette journée printanière :-)

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Discussion : Comment gérer ce changement dans notre relation ?

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lam

le mardi 27 mars 2012 à 10h00

Chachatouille
J'aimerais avoir des témoignages de gens qui ont vécu un passage d'une monogamie (parce que finalement c'est ce qui se rapproche le plus de notre relation d'avant) à un polyamour. Comment avez vous réussi à gérer de ne plus être le (ou la) seule dans le coeur de votre partenaire ?

Ca, pour avoir essayé, c'est pas facile. Je pense que j'y suis pas arrivée parce que c'était trop dur de décoder tout ce que j'avais projetté dans cette histoire exclusive, et que j'étais un peu seule à vouloir ce changement...
Je trouve ça plus facile depuis que je vis des amitiés sexuelles mais pas des 'relations'. Parce que même sans être exclusives le coté couplesque me mangeait littéralement ma confiance et ma relation avec moi. Ca me fait un bien fou de me sentir moi et plus 'la "copine/amante/meuf" de qqune...'. C'est pas moins intense, y'a pas moins de sentiments, seuleument y'a plus de place pour les projections et les attentes 'automatiques'.
Et je vis pas ça comme un échec, et c'est pas toujours facile, et j'ai pas forcément qqune avec qui je construit une amitié sexuelle pour me prendre dans ses bras quand ça va pas. Mais comme je ne vois plus sexe et projets de vie comme des trucs forcément liés, il y en a d'autres des personnes. Avec qui on fait du sexe ensemble parfois/souvent, ou jamais. Et je suis claire sur le fait que je les aime. Toutes. Et j'essaie de leur dire combien elles sont importantes pour moi.

Voilà, moi je m'en sors en ayant pas de 'partenaire' parce que c'est source de trop de projections pour moi, mais des ami-e-s que j'aime dont certain-e-s sont des amant-e-s aussi sur des fréquences variables, dont certain-e-s avec qui on construit un futur commun. Catégories mutuellement non-exclusives. Intersections d'espaces de partage émotionnel.

Chachatouille
A moi de savoir maintenant ce que je veux réellement.

Yep, comme les autres qui ont répondu, je crois que c'est une super bonne piste pour commencer.

Tout ça (ces changements que j'explique avant) a eu des répercussions que je juge hyper positives sur ma confiance en moi. comme si en m'enlevant la béquille d'un-e "partenaire" ça me permettait de me rendre compte que oui je tiens bien debout toute seule et même j'avance grave ;-)

Chachatouille
Peut-être que je ne peux pas bâtir de polyamour serein sur une relation au passé exclusif.

pour finir j'ai envie de paraphraser ta dernière citation et dire "Peut-être que je ne peux pas bâtir de relation affective sereine sans une chouette relation d'amour avec moi-même."

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Discussion : Et merde aux archétypes genrés

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lam

le mercredi 22 février 2012 à 08h55

ben les préjugés classiques sur les "bi" je dirai que c'est l'infidélité :-) , le fait d'être instable émotionnellement, de pas savoir s'engager, d'être vus pas les homos comme des "traitres à la cause qui bouffent à tous les rateliers" (ex: qu'est-ce qu'une bisexuelle? une lesbienne qui a des pannes de voiture), des indécis-es, d'être vu-e-s par les hétéros comme des personnes hyper libérées qui baisent tout le temps avec potentiellement tout le monde et avec qui illles peuvent déballer leurs problèmes affectivo-sexuels.

bon après y'a les achétypes bi sur la sexualité qui sont hyper genrés pour le coup - par exemple dans le porno la bisexualité est trèèès souvent illustrées par plus de femmes que d'hommes, souvent deux meufs et un gars... Elles se caressent gentillement parce que bon des meufs ça n'a pas de bite, jusqu'à que le ""vrai sexe"" commence avec l'arrivée du mââle en érection. berk

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Discussion : Et merde aux archétypes genrés

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lam

le mardi 21 février 2012 à 13h24

Popol
L’archétype du bi, tu peux en dire plus ?

ben, "bi" ça sous entend qu'il y a les femmes et les hommes et que ce sont des catégories valables. Pour moi la plomberie sexuelle c'est secondaire et par ailleurs je n'aime pas une personne parce que son genre est féminin ou masculin. malgré la matrice hétéropatriarcale qui influe sur moi, mon imaginaire (comme tout le monde), je me sens attirée par des personnes.

Pour faire hyper schématique je pourrais dire qu'il y a une palette en dégradé de genres entre les pôles (archétypaux) féminin et masculin.
En réalité je vois ça comme une figure en 3D, avec bien plus que deux "pôles". Feminin masculin c'est bien trop étroit comme grille de lecture pour ma réalité.

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