Polyamour.info

lam

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(France)

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Discussion : Peut-on manquer de ce qu'on ne connait pas ?

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lam

le samedi 27 août 2011 à 13h11

dragonphoenix
comment puis-je savoir que ça me manque alors que je ne l'ai jamais vécu ?
est-ce que j'éprouverai le manque d'une relation avec une homme si j'étais en couple avec une femme ?
pourquoi ai-je deux relations hétéros alors que j'étais ouverte plutôt à une relation homo ?
et sans doute d'autres questions qui, là, tout de suite, ne viennent pas en tête...

Salut. Vu depuis mon vécu, c'est complètement possible de manquer de quelque chose que l'on ne 'connait' pas. c'est comme ça que marchent les fantasmes.

Ce qui me parait important ce n'est pas de savoir 'si ca te manque', mais plutôt accepter fait que tu as envie de relations avec une femme.

Je ne sais pas pourquoi tu as deux relations hétéros, mais cela ne s'oppose pas au désir, ni à la possibilité d'une relation homo, au contraire. On vit dans une société hyper hétérocentrée, c'est plus 'facile', plus courant, de trouver des opportunités de relations hétéro qu'homo.
Je ne crois pas que cela soit lié aux désirs profonds des gens, plutôt au fait que ca soit difficile d'accepter ses désirs homo, de les assumer et de les vivre quand 'la norme' considère cela comme une sexualité-affectivité déviante. Le vivre implique donc de remettre en question pas mal de constructions, d'accepter et de se réapproprier ses ressentis, bref de se questionner pour devenir plus fort-e face aux injonction permanentes (qui viennent des discours médiatiques, des ami-e-s, de la famille, de ses propres introjections...)
Par ailleurs c'est évident tous les jours d'être bi dans une communauté militante qui se structure surtout autour de l'homosexualité exclusive (dans le sens strictement homo). les bis ne sont pas forcément accueilli-e-s à bras ouverts par les homo et souffrent de peu de visibilité, malgré le B d'LGBTI... Minoritaires parmi des orientations et identités de genre minoritaires. Des fois j'ai l'impression de faire partie de petites gouttes en marge de la flaque lesbo-gaie, elle même ne se mélangeant pas dans l'océan de l'hétéronorme. Bref.

Est-ce tu tu éprouverais le manque de relations hétéro si tu étais dans une relation homo? Impossible à mon avis de le savoir sans avoir commencé à expérimenter.
Pour finir, je précise que je tiens ici un discours qui alimente une certaine dichotomie "homo-hétéro" alors qu'en fait je vis ca de manière plus vaste. Je vois les personnes comme uniques, et leur sexe n'est pas un critère premier d'attirance pour moi (quel sexe d'ailleurs? chromosomique, gonadique, anatomique, leur identité de genre?) me dire 'bi' m'a simplement permis de ne pas éliminer 50% des gentes de mes attirances potentielles. Il y a des con-ne-s, des gens qui nous plaisent, partout

Voilà, je voulais dire par là que le manque que tu décris est vrai étant donné que c'est ton ressenti. Et que c'est comme le PA, pas toujours simple au début, y'a matière à se renforcer pour pouvoir se frotter à la norme sans saigner. De mon coté m'accepter avec tous ces désirs m'a permis de faire aussi plus de rencontres avec des femmes. Un peu comme si l'acceptation et la pratique s'encourageaient de pair.

Courage ;-)

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Discussion : Sex at Dawn: The Prehistoric Origins of Modern Sexuality

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lam

le mardi 23 août 2011 à 13h21

Je rappelle juste qu'il existe beaucoup de personnes, pour qui sexualité et reproduction sont disjointes.
Il s'agit de personnes qui n'ont pas le tort de se croire 'normales' comme les hétéro (ou les monos ;-) ) mais qui se voient comme des personnes.

Y'a pas besoin de pourquoi au sexe (à part l'action gratifiante que cela procure, si vous voulez parler animaux demandez aux bonobos).

bref, je suis peut-être virulente mais je me sens mal à chaque fois que je lis des propos hétérocentrés qui font l'apologie de la 'normalité'. Il parait que justement le 'normal', le 'en général' c'est dangereux...

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Discussion : Un mono amoureux, respectueux de l'idée du polyamour, mais complètement perdu...

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lam

le vendredi 19 août 2011 à 07h16

Salut.
Merci pour ce témoignage, bien écrit je trouve.
Comme C.T. je trouve ton analyse lucide sur tes envies, tes conditionnements et la manière d'aborder à deux la construction de votre relation.
Et courage parce qu'un conditionnement de plus à questionner, quand bien même on connait la manière de marcher sur ce chemin pour en avoir déjà déconstruit d'autres, c'est toujours douloureux.

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Discussion : Salope éthique ?

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lam

le jeudi 18 août 2011 à 23h10

Pareil, je trouve que the Ethical Slut a le mérite d'être exhaustif sur les relations non exclusives. Le point de vue est ouvert sur les multiplicités de formes de relations et de sexualités, j'ai trouvé ça 'rafraichissant' et complet.
Aussi en anglais 'Opening up' (Tristan Taormino) m'a beaucoup plu. Complet, bien écrit et plein d'exemples très divers.

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Discussion : Le poyamour subi

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lam

le mercredi 17 août 2011 à 17h34

Popol
Va pour le choix polyamoureux, mais je cherche autre chose pour le dénommer, alors ; en te lisant, je pense là au choix confirmé, une fois tout bien pesé, versus une inclination naturelle (comment vont tes dents, Siesta ? :-) ) qui ne remettrait pas tout en cause, parce que tout-à-coup on chamboule tout dans son mode et sa vie. Heuh, du genre «  J’ai toujours vécu comme ça, ou, toute ma trajectoire m’y portait, ou, c’est nouveau mais ça semble couler de source ». Je tiens le début d’une réflexion, là, je creuse pas plus, tu vas sûrement m’aider à affiner mon intuition.
(...)
Je parle de pansement pour les cas où c’est un pansement, un pis-aller, un semblant de choix pour garder un partenaire ; pas les cas où c’est… naturel (et zutre, nous y revoilà). Je trouve le concept polyamoureux assez clair… mais les divers modèles, interprétations, vécus des gens, ça c’est en plein :

Individuel
Naturel à chaque individu, ou,
Un passage par un questionnement/expérimentation.

Blurb. Clair ou nébuleux, je suis ?

Tiens, je me suis rappelée d'un vieux fil qui pourrait peut être t'intéresser ca s'appelait Les "symptômes" avant la "révélation"

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Discussion : N'avez vous pas peur d'attraper des maladies...

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lam

le mardi 16 août 2011 à 07h55

BenjaminL
C'est beau, on dirait du Laurence Parisot.

Merci pour l'éclat de rire matinal :-D

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Discussion : Rencontre poly sur lyon ? Le 8 octobre au Chantecler !

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lam

le jeudi 11 août 2011 à 13h51

C'est dur pour moi de confirmer sur un weekend deux mois à l'avance.
Si je suis par là je viendrai surement.

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Discussion : [Lexique] Besoin de précisions lexicales.

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lam

le jeudi 11 août 2011 à 09h40

ladys

Quelque part, dire "le polyamour c'est une option, mais c'est pas simple" à une personne qui vient témoigner de sa souffrance sans préciser qu'elle envisage le polyamour comme possible, c'est prendre le risque d'envoyer un message d'injonction paradoxale.
Car la personne en question n'a peut être aucun désir d'envisager le polyamour comme une option, juste le besoin de faire connaître sa douleur à des personnes suseptibles de l'entendre en comprenant de quoi elle parle.

Enfin, c'est là que j'en suis dans ma reflexion à ce sujet.

D'accord avec toi, je n'étais pas claire. "le polyamour c'est une option mais c'est pas simple" c'est une réponse qui peut être adaptée pour des personnes qui disent 'moi ou mon/ma conjointe ressent de l'attirance pour plusieurs personnes, je ne sais pas comment faire et j'en souffre'

Comme d'autres l'ont dit ailleurs, si la personne n'est pas dans une démarche du type 'je cherche à comprendre le polyamour' 'je suis intéressée par ce sujet', 'je me questionne là dessus' et juste dans une souffrance sans aucun désir d'envisager le polyamour comme une option.... ben je vois deux cas:
- la personne souffre parce qu'elle ressent des attirances plurielles, elle trouvera sans doute ici du réconfort et/ou du grain à moudre intellectuellement (là elle rentre quand même dans la catégorie 'je me questionne' même si elle n'a pas le désir d'envisager le polyamour comme option)
- la personne souffre parce qu'un-e conjoint-e souhaite avoir des relations plurielles. Si elle est dans une réflexion ouverte où elle se pose des questions (sans envisager le polyamour comme une option pour elle) elle trouvera surement du répondant et du partage ici. Si elle n'a aucun désir de se poser des questions, ben je dirais que sur des forums monos qui traitent de l'adultère elle aura plus de chances de trouver des messages d'écoute attentive et de réconfort.

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Discussion : [Lexique] Besoin de précisions lexicales.

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lam

le jeudi 11 août 2011 à 08h40

ladys
Toujours en schématisant, répondre :
- Travaille sur toi pour changer et ne plus être triste.
A une personne qui vient exprimer :
- J'ai des convictions auxquelles je tiens et que je souhaite conserver et ce qui m'arrive aujourd'hui me rend profondément malheureux(se), entendez ma douleur.

C'est effectivement innaproprié.

RIP
En tous cas, dans mon expérience personnelle, le travail de l'esprit n'a jamais eu qu'un effet indirect qui peut aider à mieux se vivre, certes, mais pas à changer la manière de se vivre.
(...)
__________________________________
Travaille sur toi pour t'éprouver de telle ou telle manière !"

(...)
Ces injonctions sont paradoxales, justement parce qu'elles posent une contrainte contraire à une contrainte plus fondamentale : aucune personne ne choisit ce qu'elle éprouve. Quelque part, cela donne une situation où une personne en plus que de ne pas avoir le choix de ce qu'elle éprouve, n'a pas le droit de s'éprouver de la sorte. T'as pas le choix, mais en plus, t'as pas le droit. (+)

___________________________________

T'as pas le choix, mais en plus t'as pas le droit.

Comment faire la différence entre ce qui n'est pas un choix et ce qui peut en être un, soit s'éprouver d'un côté et, de l'autre, la manière de l'interpréter en pensée et en acte.
___________________________________

Cela se rapproche de l'idée d'être claire avec soi-même, Lam, mais ce n'est pas évident quand en plus de ne pas avoir le choix, on a le sentiment de ne pas avoir le droit.

Il y a une nuance infime qui me glisse entre les doigts.

Avant de pouvoir être clair avec soi-même il faut pouvoir se sentir le droit de s'éprouver tel qu'on s'éprouve, bref, d'accepter qu'on en a pas le choix. Faire le deuil de ne pouvoir s'éprouver tel qu'on voudrait et telle que le voudrait les autres... et que c'est pareil pour eux.

Salut à vous,
Je suis un peu dure de la feuille parfois, merci d'avoir précisé: là je comprends mieux ce qui pose question c'est à dire "avoir le droit" vis à vis de soi-même, se sentir légitime et ainsi accepter mieux ses affects et ressentis.

Bon là je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi RIP. Je précise que je fais aussi partie de ce qu'on nomme couramment les personnes hypersensibles. Ma vision est moniste, autrement dit je ne conçois pas de distingo clair entre mon corps et mon esprit. séparer les deux est une facilité de langage mais mon ressenti est autre. Cela a pour conséquence qu'il y a des choses que je 'comprends' intellectuellement et qui déteignent sur mes ressentis 'physiques', et inversement. Il y a ce que je ressens qui déteint sur ce que 'cérébralement' je vais trouver juste ou approprié. Je voudrais trouver une image qui montre que c'est un processus simultané, ou en constants allers retours.

Du coup, la différence entre ce qui relève d'un choix ou pas d'un choix, ma réponse est que tout relève partiellement de choix. partiellement dans la mesure où je ne crois pas que j'aurais jamais assez de temps pour tout questionner et tout déconstruire afin de faire mes choix sur tout. Tout objectiver impliquerait aussi que je sois extérieure au cadre sociétal dans lequel j'évolue, impossible. Je me contente donc de me dire que je questionne ce qui me fait 'souci', ce que je ressens et que je n'arrive pas à vivre pleinement, ce que j'arrive à identifier comme obstacle à la plénitude à un moment donné. Ca m'occupe déjà pas mal :-)

Sur le sentiment de 'ne pas avoir le droit'. Je crois que ce qui est trèès douloureux pour beaucoup de personnes qui abordent le polyamour c'est aussi que pour certain-e-s d'entre elles il s'agit d'un de leurs premiers pas en 'dehors de la norme'. Souvent c'est de l'ordre de 'je ressens ça, je ne le choisis pas, c'est pas 'comme tout le monde' pourtant je le ressens et ne sais pas quoi faire avec'.
C'est dur de ne pas être 'comme tout le monde' au départ. Pour moi c'est plutot quelque chose d'agréable maintenant mais ca a été difficile pendant longtemps. Surtout qu'à chaque dogme ou norme que je questionnais je ne collais pas à la norme.
Dans le 'tu n'as pas le droit' intérieur que les personnes vivent je pense que cette idée de transgression du 'comme tout le monde, comme ''normal'' est souvent difficile à vivre. Cela revient à s'assumer en dehors et demande pas mal d'empathie et d'affection tournées vers soi-même, ce qui n'est pas non plus quelque chose de valorisé dans notre société.
Bref le droit à l'existence c'est pas évident. mais sinon on s'ennuierait, non?

par rapport aux problèmes d'écoute mentionnés plus haut, je crois en effet que prêcher "le polyamour c'est fantastique" aux personnes en souffrance qui cherchent à être écoutées c'est inapproprié. Mais je n'ai pas l'impression que cela soit le discours dominant sur ce forum. Plutôt des discours du genre 'le polyamour c'est une option, mais c'est pas simple"

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Discussion : Dépression

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lam

le mercredi 10 août 2011 à 21h05

VaA16
Je ne comprends pas l'idée d'exclusivité pour les gens qui ne vivent pas dans le polyamour ?

Par là je veux dire que souvent pour les gens qui ne vivent pas de façon polyamoureuse, l'idée que le/la partenaire vive d'autres histoires d'amour en parallèle n'est pas compatible avec l'idée qu'illes ont de leur 'couple'. Le couple fidèle, la monogamie, c'est l'exclusivité des partenaires.

VaA16
Dans un couple, c'est normal que l'autre puisse avoir de temps et temps des désirs, affinités, attirances pour d'autres, c'est l'occasion d'ajuster son chemin de vie, d'une façon ou d'une autre, de souligner quelque chose qui peut être se néglige ou prends une "mauvaise" direction pour l'un, qui se corrige ou pas.
L'issue est clairement un ajustement du chemin de vie ou un changement de vie, mais c'est clair et on peut au moins se séparer en bon terme et plus tard rester amis.
C'est mon point de vue.

Oui, mais des attirances pour plusieurs personnes cela ne reflète pas forcément un problème ni 'quelque chose à régler' au niveau du couple, ni au niveau individuel des personnes qui composent le couple. Ces attirances peuvent aussi exister parce que la personne est attirée par quelqu'un d'autre et pas parce que quelque chose ca mal ou doit changer dans le couple.
Est-ce que tu inclus le polymamour dans le terme 'ajustement de chemin de vie'?

Courage en tout cas pour ces moments qui ont l'air douloureux

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Discussion : Trop de dialogue tue

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lam

le mercredi 10 août 2011 à 20h49

BenjaminL
Se laisser aller au contact, bordel. C'est fou, toute la communication implicite qu'on peut ainsi faire passer, et qu'il n'est pas souvent possible de faire passer dans les mots.

Je plussoie. Et fichtre! c'est fou comme en se laissant aller au contact je me découvre et communique aussi avec moi ;-)

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Discussion : Le poyamour subi

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lam

le mercredi 10 août 2011 à 20h24

Par ailleurs, par rapport au 'profit' je rejoins tout à fait ton idée de réciprocité dans la relation "les deux (ou X) doivent être nourris".

J'ai une vision assez matérialiste, certain-e-s l'ont même qualifiée 'utilitariste' des relations affectives. Et à ce propos j'adore la formulation de demeter, et encore plus l'adjonction de ce pseudo avec ce discours:

demeter
L’existence même de ce forum n’est possible que du fait de l’évolution effective de cette norme (et de la technologie aussi évidemment) et n’est qu’une composante d’un courant social qui la crée et/mais la réfléchit. Que cela permette un progrès ou simplement une évolution (une révolution sire), force est de constater encore que l’on n’a jamais autant justifié, recherché le lien par et pour l’amour de l’autre, et que jamais ce lien n’a été aussi peu solide. La valorisation de l’amour comme unique ciment de la relation, et par conséquent valorisation du subjectif, impose de fait une espèce de catéchisme du psychologique qui se substitue aux dictats économique et religieux précédents, et induit une philosophie, une idéologie de l’amour qui oublie par ailleurs de cerner les définitions des mots qui la constitue : amour, amitié, bonheur, etc… et incapable également de trouver un accord sur la réalité des sentiments qu’ils recouvrent. Ce que certains appellent amour parce que mélangé à la sexualité du fait d’un affaiblissement de l’importance qui lui est accordée n’est pour d’autres qu’amitié, alors que les seconds verront dans la vision des premiers un renoncement à leur liberté.

Les discussions qui s’ensuivent remettent en cause l’identité des différents intervenants, chacun trouvant dans son modèle une satisfaction, attendant cependant de la norme sociale une reconnaissance de sa légitimité, mais tous cherchant à fuir la lourdeur de la solitude d’exister, mais tous considérant la relation comme un des plus grands bienfaits de l’existence.

Je considère en effet la relation comme une grande chance d'évolution pour l'individu-e qui a envie de la vivre en préservant son individualité et du coup sa lucidité. Perso j'essaie de dire Non à la recherche de passion permanente! straight edge et les yeux grandq ouverts ;-)

Ca mériterait bien d'ouvrir un fil sur 'c'est quoi l'amûr pour vous?' !!

Bon je diverge 8-) un peu trop et je sors

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Discussion : Le poyamour subi

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lam

le mercredi 10 août 2011 à 20h16

Bon je sais pas trop si cette réponse appartient à ce fil, ou bien à celui sur les précisions lexicales (?)

Popol
Va pour le choix polyamoureux, mais je cherche autre chose pour le dénommer, alors ; en te lisant, je pense là au choix confirmé, une fois tout bien pesé, versus une inclination naturelle (comment vont tes dents, Siesta ? :-) ) qui ne remettrait pas tout en cause, parce que tout-à-coup on chamboule tout dans son mode et sa vie. Heuh, du genre « J’ai toujours vécu comme ça, ou, toute ma trajectoire m’y portait, ou, c’est nouveau mais ça semble couler de source ». Je tiens le début d’une réflexion, là, je creuse pas plus, tu vas sûrement m’aider à affiner mon intuition.

(...)

Je trouve le concept polyamoureux assez clair… mais les divers modèles, interprétations, vécus des gens, ça c’est en plein :

Individuel
Naturel à chaque individu, ou,
Un passage par un questionnement/expérimentation.

Alors pour la réponse personelle, dans les trois choix que tu poses je choisis de reformuler le second:
'je m'y suis amenée'
Pour expliciter un peu: j'ai toujours des attirances physiques pour des personnes des deux genres, et suis généralement troublées par celleux qui ne sont pas cis-genre (pour faire trèès trèès simple des personnes ostensiblement femme ou homme qui assument leur coté masculin ou féminin)
En pratique j'ai eu des relations mono pendant 10 ans ( 15 à 25 ans) majoritairement hétéro. mais c'est pas mon orientation sexuelle ouverte qui m'a poussée vers les relations non-exclusives, plutot des réflections basées sur des ressentis de frustration de ne pouvoir me sentir libre d'interactions avec des personnes qui m'attiraient parce que j'étais 'en couple'. Ce n'était pas forcément de la frustration sexuelle, aussi et souvent le poids des codes sociétaux 'non ne prends pas cette personne dans tes bras parce qu'ille va penser que, les autres vont penser que..."
Finalement ce qui m'a amenée vers les relations non exclusives c'est le fait d'avoir cherché à comprendre mes malaises, commencé à comprendre que quasi rien de ce que je pensais être moi c'était vraiment des idées et valeurs issues d'un choix que j'avais fait. j'ai commencé à questionner les dogmes avec pas mal d'assiduité et questions relations j'en suis venue aux relations non exclusives par des lectures et discussions dans un contexte anarcho-libertaire. plus tard seuleument j'ai découvert les bouquins plus 'mainstream' qui parlent de ça.

Donc le polyamour c'est quelque chose qui pour moi relève et de la dimension individuelle, et de passages par des questionnements/expérimentations, et qui me parait en accord avec mes ressentis profonds (non je ne dirait pas 'naturel', pas possible :-) )

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Discussion : [Lexique] Besoin de précisions lexicales.

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lam

le mercredi 10 août 2011 à 19h54

Comme exprimé avant, je partage le malaise de RIP sur la question de juger "qui est poly et qui ne l'est pas?"
Je pense qu'on peut avoir une opinion sur la nature des pratiques que des personnes ont dans des relations: je trouve que leurs pratiques correspondent (ou non) à l'idée que j'ai du polyamour.
Par contre 'savoir' si quelqu'une 'est' polyamoureu-se-x, là c'est pas de mon ressort mais du sien propre (autodéfinition)

Et pour répondre à la question d'origine du fil:

ladys
Ne serait-il pas plus simple, plus constructif, de partir d'abord des sentiments d'amours multiples qui me semblent être la base du polyamour, avant de parler de franchise, d'honnêteté ou d'assumer ? Ou alors d'assumer, d'être honnête et franc, mais d'abord vis à vis de soi même ?

Même si la définition du polyamour sur ce site pose la question en termes de pratique ("entretenir des relations"), je pense que bien sur la question se pose vis à vis de soi-même. La question étant celle de la non-exclusivité et de l'honnêteté dans des relations 'amoureuses' (j'aime pas ce mot mais là ça facilite l'explication de mon point de vue). Bon ca enfonce des portes ouvertes, mais 'comment être au clair avec les autres si on ne l'est pas déjà un peu avec soi-même?'

Ensuite, si on est raccord, on va chercher à appliquer cela dans la pratique avec les personnes que l'on aime.
Comme cela pose question vis à vis de la norme dominante vis à vis des relations qui impliquent le partage d'intimité (sensualité, sexualité) et pour certain-e-s de 'projet de vie commun', c'est là que se situera la pratique polyamoureuse.

Donc oui Ladys pour moi ça passe d'abord par soi (assumer, honnêteté, franchise) et ensuite si/quand l'occasion de présente d'avoir une ou plusieurs relations 'amoureuses', par la mise en pratique.

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Discussion : Le poyamour subi

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lam

le mercredi 10 août 2011 à 09h31

Merci de relancer un débat sur des bases constructives Popol. Il y a pas mal de choses qui te heurtent et sur lesquelles j'ai envie de donner mon point de vue.

Popol
Les langage, outils, art, langage écrit, érotisme, rapports sociaux, culture, croyances, etc, ne sont que des ponts entre les individualités, de quoi essayer de vivre à peu près en paix tous ensemble. A peu près, minimum de dégâts.

D'accord avec toi que la culture au sens large est constituée de codes et manières d'échanger qui sont des ponts entre les individualités. Par contre je ne partage pas du tout ton coté optimiste en disant que le but est de vivre à peu près en paix tou-te-s ensemble... ce serait beau!
Je pense plutôt que la plupart des codes culturels sont issus de relations de domination qui ont pour but le maintien des dominants dans leur position de force. Et là j'entends dominants dans un sens large (au niveau économique, politicien, affectif...). La norme, ca sert à justifier les états de domination en place.
La question que je me pose à chaque élément culturel 'acquis' que je remet en question c'est "à qui cette tradition/ ce code profite-t-il?"

Popol
Etre polyamoureux n’est un choix que quand il devient un pansement sur une situation déstabilisée ; quand il est naturel à un individu, c’est qu’il fait partie de son identité particulière. Pour le reste, « avoir une relation amoureuse » ne change pas particulièrement, mono ou poly, quand il s’agit de consacrer du temps à quelqu’un, avec profit et plaisir mutuels.

Bon là je butte surement sur de la forme, mais je pense qu'on peut se sentir 'naturellement' attiré-e par plusieurs personnes, cela n'enlève pas moins que vivre des relations polyamoureuses est un choix, un vrai. Un choix qui demande du courage, qui demande de l'écoute, de l'empathie, un regard critique sur soi, la volonté d'échanger constructivemment avec les autres.
Pour moi le temps que je consacre à mes relations n'est pas de la même nature que dans les relations mono que j'ai eues auparavant. Bien sur il y a du plaisir partagé (pas du profit, le mot fait me dérange vraiment, ca m'évoque un échange déséquilibré), du désir, de l'affection,... Il y a aussi du temps consacré au dialogue, à notre rapport à l'amour et aux relations, ce qui n'était pas forcément systématique (et pour sur moins constructif car moins honnête) dans les relations mono que j'ai eu avant.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Discussion : Dépression

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lam

le mardi 09 août 2011 à 19h41

Salut, j'ai pas bien compris: son ami serait polyamoureux mais la laisse tomber parce qu'il est 'sérieusement' avec quelqu'un, c'est bien ça?

Sinon, vis à vis de l'option 3 proposée par Siesta: sans forcément aller tout de suite jusqu'à une relation poly les questions que l'on se pose forcément dans cette perspective me paraissent intéressantes dans les moments de tension. Quelque soit la nature de la relation d'ailleurs.
C'est à dire, sans focaliser sur la question "est-ce que je survivrai à la non-exclusivité vécue de celle que j'aime", aller plutot vers des questions du style "qu'est-ce que cette relation représente pour moi?", " qu'est-ce que j'attends d'une relation" "comment je vis le fait que cette relation en m'apporte pas tout ce que j'attends d'une relation amoureuse, sur quels points ca coince?" (Bon là tu y répond en partie avec le désir d'enfant), "dans quelle mesure ce qui coince peut être adaptable si j'en discute avec l'autre?" (ex: besoin d'affection, d'attention)
Mais surtout une fois déblayées ses propres attentes vis à vis de la relation c'est intéressant de les discuter et les mettre en regard de celles de l'autre personne.

Ca peut paraitre lourd mais personnellement ca m'a à la fois permis de terminer des relations, et d'en faire 'redémarrer' d'autres, à chaque fois en ayant le sentiment que cela se faisait de manière saine.

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Discussion : Le polyamour et moi !

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lam

le mardi 09 août 2011 à 19h15

Salut Isenka. Merci pour ton témoignage rafraichissant.

Je crois que tu es la seule à pouvoir juger si tu es "faite pour le polyamour" ou non, et si as l'envie de vivre des relations polyamoureuses.
Les témoignages, il y en a des pages et des pages ici, des occasions de discuter aussi.

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Discussion : [Lexique] Besoin de précisions lexicales.

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lam

le vendredi 05 août 2011 à 22h32

Cette discussion me titille, et je crois avoir clarifié pourquoi.

Kerdekel résume bien le débat de ce fil:

kerdekel
Offrir une aide à ceux qui en font la demande dans ce domaine, c'est pour ça que ce site a été crée.
Et tu n'aides pas quelqu'un qui se sent paumé en lui disant que non, s'il n'est pas honnête avec son entourage, c'est qu'il n'est pas poly (et que si on part là-dedans alors tout le monde est poly, ce qui, en dehors de représenter un des sophismes les plus ridicules qui m'ait été donné de lire, n'a pas de sens, puisque tout le monde ne l'est pas justement, de manière assumée ou non. C'est plutôt justement qu'il y en a qui l'assume et d'autres pas.)
La définition biologique d'une femme, c'est ses chromosomes. Pourtant, j'ai des amies qui ont des chromosomes masculins et qui sont bel et bien des femmes. Et ça me viendrai jamais à l'idée de penser le contraire.
C'est une définition standard celle qu'on a. Une pauvre définition bateau. Il arrive que parfois, on ne puisse s'en contenter. Pour le cas présent, elle occulte tous les gens qui n'assument pas, dans la grande majorité des cas par crainte, alors que cette couche est pourtant celle qui a le plus besoin d'être rassurée.
Quelle ironie, hein. :)

Et je suis d'accord avec le fait que c'est ridicule de juger si une personne est poly ou non, de définir des jugements sur sa pratique pour savoir si elle rentre dans la case.

On s'en fout de savoir si elle entre dans la case, et si elle vient ici pour réfléchir à la question ceux et celles qui veulent lui répondent.

Je pense qu'une personne est polyamoureuse si elle se considère elle-même comme telle.
Elle peut choisir d'utiliser ce terme ou non d'ailleurs. Être poly, dans la non monomagie responsable, dans des relations libres, lutin-e, c'est une question d'autodéfinition. Pas besoin de polyamour.info pour juger de ça :-)

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Discussion : [Lecture] au delà du personnel

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lam

le vendredi 05 août 2011 à 21h56

Francoise
Il me semble que amitié+ désir= amour, effectivement. Je parle de désir plutôt que de sexe, car du sexe, on peut en faire de façon ludique, ou par envie de sexe "pour soi", ou parce que ça détend, etc... bref, sans amour. Par contre, ce mystère qu'est le désir (pourquoi celui-ci ou celle-ci me trouble à ce point?) s'il est couplé à un vrai sentiment d'amitié, est effectivement à un micron de ce que j'appelle amour (le micron de différence, c'est quand on continue à aimer la personne en question, même si le désir, avec le temps, s'est amenuisé.

(+) tout à fait, l'équation est mieux posée avec le mot désir.

Par rapport au micron, que je comprends comme situé dans une relation d'amour où le désir s'effiloche, je crois vraiment que c'est ce que je vis dans une de mes relations. Moins d'envies de partager de la sensualité-sexualité, toujours envie d'autres partages ensemble. Une amitié sexuelle où le désir fluctue, en somme.

RIP
Trop connoté... (Même pas envie d'en parler.)

Ben si t'as une insomnie, je recommande la lecture. Une de celles qui, pour moi, remettent le sourire au goût du jour: c'était agréable de voir des idées que j'ai bien formulées par quelqu'un-e d'autre, avec en prime des questionnements et des ouvertures nouvelles. (pour aller droit au texte en question, paragraphe: le paradigme de l'amitié, p196)

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Discussion : [Lexique] Besoin de précisions lexicales.

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lam

le vendredi 05 août 2011 à 21h40

RIP
D'un point de vue strictement personnel, la seule question qui me préoccupe, c'est celle d'un consentement le plus clair possible ainsi que le respect et la reconnaissance de ce que chaque personne peut ressentir autant dans le consentement que dans la simple écoute de ce que chacun ressent.

"Poly" ou "Mono" ?! ? J'aime pas ces préfixes parce qu'ils sont dans le quantitatif alors que, là où l'homosexualité a réussi à émanciper l'intime de la question des genres, ce genre de forum, me semble pouvoir émanciper du nombre. Peu importe l'orientation sexuelle ou le nombre de relations - une ou plusieurs, peu importe - du moment qu'il y a consentement dans le respect et la reconnaissance de ce que chaque personne peut ressentir. Consentement signifie autant la possibilité d'accepter que de refuser la relation et bien évidemment honnêteté sur la relation en jeu ainsi que réciprocité puisqu'il ne peut y avoir consentement s'il n'est pas mutuel.

Consentement, respect et reconnaissance...

Message modifié par son auteur il y a une heure.

(+)

Finalement c'est l'intention de la personne sur la manière de communiquer et vivre ses sentiments qui l'emporte.
Pas quelque chose de 'naturel', qui dépendrait de la 'nature' intrinsèque de la personne. Pour moi aussi c'est ça qui fait que quelqu'un-e est dans la notion de polyamour ou non.
Et l'argumentaire naturalisant peut nous mener... très très loin du respect de l'autre.

Par ailleurs je suis aussi allergique au étiquettes, ne serait-ce que parce qu'en leur nom on trace des frontières droites, le dedans et le dehors, sans laisser de place aux états intermédiaires, aux individues en évolution.

PS, pour rire

J' vais pas m' laisser emboucaner Par les polys, par les monos, toutes ces belles gentes endoctrinées Qui foutent ma révolte au tombeau. Toutes les étiquettes, à la casse, Tous les systèmes sont dégueulasses! J' peux pas encaisser les drapeaux, quoi que le noir soir le plus beau...

;-)

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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