Polyamour.info

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(France)

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Discussion : [Lecture] au delà du personnel

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lam

le mercredi 03 août 2011 à 17h24

Strega
En tout cas l'amitié sexuelle selon Corinne Monnet se rapproche fortement du polyamour. Et sa non utilisation du terme amour est bien motivée...

Carrément. Vu les ambiguïtés de langage qui ont pu me bouffer la vie (comme si tu communiques mais tu mets pas les mêmes définitions que tes ami-e-s derrière des mots clés du style 'je suis amoureu-se-x de toi') je préfère aussi le terme amitié sexuelle à polyamour.
Ca vaudrait peut-être le coup de lancer un fil là dessus: amitié + sexe = amour?

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Discussion : Queer theory et poly-trucs

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lam

le mercredi 27 juillet 2011 à 22h20

Siestacorta
heu, mais, bon, maintenant que j'ai compris ce que c'était l'hétéronorme, j'en suis sorti, où je dois me bagarrer pour y retourner ?

hihi, je crois pas qu'on s'en sorte jamais vraiment :-) ou si t'as la recette je suis prenneuse...

par contre se bagarrer et questionner l'hétéronorme, et toutes les normes qui nous enferment d'ailleurs, c'est la bataille constructive qui aide (en tout cas moi) à construire la liberté en se limant les chaînes

Siestacorta
Ca passe, ça, si on a vérifié que ça emmerde personne ?

Si t'es au clair et les autres aussi, let's rock!

Moi aussi j'ai une question: est-ce que se rendre compte qu'on a une chaîne c'est pas le début du comptage de ses maillons? ;-)

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Discussion : [Lecture] au delà du personnel

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lam

le mardi 26 juillet 2011 à 13h29

Deuxième déterrage de fil, je m'arrêterai à celui là. Voilà c'est une envie de voir si cette lecture parle, a parlé à des les personnes qui sont sur le forum en ce moment? Ou tout simplement si vous avez peur de vous faire chier en vacances... ;-)

Personnellement je trouve que c'est un super recueil de textes. En particulier dans le contexte discussions autour du polyamour je sélectionnerai:

page 21- Marie-Odile Marty - La cage mentale *

page 31 - Annie S. Murray - Renoncer à toutes les autres : une discussion biféministe de la monogamie obligatoire *

page 113 - Léo Vidal - Anarchisme, féminisme et la transformation du personnel *

page 159- Stanfield Major - Qu’y a-t-il donc de si drôle au sujet de « Paix, Amour et Polyamour » ? *

page 163 - Simone Nijboer - Une lettre sur l’amour libre *

page 167- Rymke Wiersma - Lettre sur l’amour libre *

page 173 - Elise Matthesen - Comment foutre en l’air une relation *

page 179 - Corinne Monnet - À propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité *

Alors ça fait déjà pas mal, mais si ca vous dit les autres textes sont aussi hyper intéressants

PS: j'ai indiqué les numéros de page que l'on lit sur les pages du document, pas celles du fichier pdf

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Discussion : Queer theory et poly-trucs

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lam

le mardi 26 juillet 2011 à 12h59

pseudo
Comment peut-on être multiple en opérant une sélection sexiste dans notre appréhension de l'autre ?

Je crois que l'on peut aimer au pluriel et être fortement hétéronormé dans ses comportements et jugements, parce que le monde est complexe et qu'en général on arrive pas à tout aborder, tout questionner, tout déconstruire à la fois.
Il y a tous les profils de personnes qui peuvent venir au polyamour je crois, même si cette réflexion est souvent liée à d'autres. par exemple l'écologie comme F Simpère l'argumente bien, la pensée libertaire, les attirances multiples conjuguées avec refus du mensonge et de l'adultère (souvent), une orientation sexuelle pas genrée....

Alors forcément dans le tas on est tou-te-s différent-e-s. Et si tu regardes les fils de ce site tu verras qu'on peut aussi être même sacrément macho et polyamoureux. Tout comme des personnes sont à la fois facho et homo. Ou écolo et fan de matos de montagne high tech. Ou homo et biphobe. Ou antinucléaires et cultivateurs indoors. etc...

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Discussion : Queer theory et poly-trucs

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lam

le mardi 26 juillet 2011 à 12h45

titane
je ne vois toujours pas en quoi l'amour multiple remet automatiquement en cause la construction du genre.
(...)
Violà à la rigueur le seul lien sémantique que je ferais avec l'amour multiple : laissez nous gérer et assumer nos identités multiples y incluses nos identités amoureuses !
(...)
Vive les constructions multiples du genre !

Et voilà.

tu vois le début du lien entre déconstruction de la norme hétéro et polyamour, et tu prônes la diversité.

Je crois que le seul truc qui te déranges c'est que tu as fantasmé que cette réflexion proposée par pseudo avait pour but de te remettre en question dans ton identité de genre. Contrairement à ce que tu dis personne ne cherche à t'en empêcher ;-)
Alors oui ça chatouille et ça pique peut être, preuve que ca touche quelque chose d'intéressant à creuser pour toi, c'est ça qui est chouette!... non??

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Discussion : Queer theory et poly-trucs

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lam

le mardi 26 juillet 2011 à 12h26

En cherchant à relire des discussions sur le lien entre déconstruction du genre et relations non exclusives je tombe sur ce fil, et hop je le déterre. Les questions qui lient polyamour, féminisme, (dés-)orientation sexuelle, m'intéressent en particulier.

Comme les questions de pseudo ont l'air d'être noyées dans un bloc de philo, je me permet de les reformuler à ma manière et de donner un peu de mon point de vue là dessus.

pseudo reformulé par lam
Est-ce que la structure du couple est plus oppressante parce qu'il s'agit de couple hétéro sexuel, ou parce que la structure de couple est binaire ?

Pour moi le couple est oppressant pour ces deux raisons, sans forcément opérer une hiérarchie, car elles sont liées.
Avec un regard teinté anarka feministe, je pense que la structure binaire du couple est délétère pour la liberté individuelle
- de part les obligations et règles comportementales qui en découlent. "on est ensemble donc tu dois ...."

Et que le couple dans sa dimension hétéro est dangereux car:
- il oblige les individues à avoir une "orientation sexuelle" définie (en gros, "soit t'es hétéro, soit pas et dans ce cas là tu dois choisir entre homo ou bi"). Peu de gentes parlent de pansexualité ou d'omnisexualité
- il renforce le conditionnement genré "les femmes viennent de mars et pensent comme ci, les hommes de venus et agissent comme ca",
- il renforce l'amalgame sexualité-reproduction dont on nous rabache les oreilles et qui va avec la justification du "naturel".

et on retrouve ces injonctions omniprésentes à correspondre à une norme, "si tu veux être normal-e, il faudrait que tu correspondes à la norme patriarcale en vigueur". marrant de voir que cette norme elle choisit la justification par le "naturel" pour ce qui l'arrange (contrôler les sexualités par exemple) autant que l'inverse (le développement de la "technique/technologie" au service de l'hummanité. Pour exploiter les ressources on se fiche bien du 'naturel' au contraire on préfère avancer que l'Homme est différent de, supérieur à, la nature)

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Discussion : Liberté ou fuite ?

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lam

le mardi 26 juillet 2011 à 10h24

Maya
Dans la mesure où on se fout de la norme, (ce qui est clairement mon cas) notre liberté ne devrait pas se sentir menacée... C'est pourquoi je me pose cette question...

Salut Maya. Je me retrouve dans ce que tu dis sur la norme sociale, par contre je ne pense pas que "s'en foutre" suffit à s'en libérer, ni à préserver notre liberté.

Dans ma vision des choses je me vois comme un être qui a tendance à assouvir ses désirs, et n'hésite pas à utiliser l'auto-aveuglement pour y parvenir. Autrement dit, je me pose des questions plus facilement si quelque chose me pose problème que si tout va bien!
D'où mon point de vue sur le fait que seule la remise en question constante (de la norme, de mes comportements, de mes conditionnements, (et de la remise en question elle-même!)) me permet de préserver au mieux ma liberté, mon être libre.
En gros rester libre c'est forcement un démarche consciente qui demande une vigilance permanente, ça n'arrive pas tout seul.

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Discussion : Viol conjugal: gollnisch s'insurge

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lam

le lundi 27 juin 2011 à 15h30

Popol
Faudrait déjà que les femmes elles-mêmes s'interrogent sur leurs propres envies, pour qu'elles puissent dire Non quand ça les branche pas, et même Stop au beau milieu si elles s'emmerdent.

Oui. Faudrait peut-être pour ça qu'elle soient éduquées à savoir qu'elles ont un sexe, composé d'une vulve, d'un clitoris, d'un vagin, etc. Que c'est pas un truc invisible, qu'on peut jouir avec, que c'est important de savoir jouir seule, qu'il n'y a pas besoin d'un homme pour cela.
Et qu'elles ont tous les droits sur leur corps, notamment celui de dire non.
Et que ce non soit entendu et respecté. Non c'est non.
Mais, en réalité, pas mal de personnes sont sourdes apparemment et ça concerne pas l'éducation des femmes....
Dans 7 cas de viols sur 10 la victime connait l'agresseur. Dans 65% des cas ça se passe au domicile de la victime ou de l'agresseur. (source)...

Le consentement c'est vraiment pas si simple je crois. Tiens une brochure vite lue de 100 questions sur le consentement sexuel. Je trouve la lecture de ces questions hyper intéressantes pour tou-te-s.

Comme quoi, faire des efforts pour ajouter un peu de formalisme dans les rapports sexuels (communication chérie!) face à toute la spontanéité dont on fait preuve en tant qu'humain-e-s, ça peu qu'arranger les choses ;-)
Et dans ma vision, être PA c'est aussi questionner le consentement avec soi, avec les autres, formaliser (faire des efforts pour-), bref se donner les moyens d'être sincères.

En gros, y'a du boulot!

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Discussion : Nos différences, entre les hommes et les femmes

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lam

le lundi 27 juin 2011 à 15h26

LuLutine
Je dois pas être bien formatée... :P

Class! (+)

Tu serais peut-être même l'exception à la règle? Je ne connais pas pour le moment une seule femme qui n'a pas eu au moins un rapport sexuel dans sa vie où elle ne s'écoutait pas à 100% et n'était pas 100% consentante sur l'acte et/ou certaines pratiques. Aucune femme non plus qui n'a jamais simulé un peu.

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Discussion : Nos différences, entre les hommes et les femmes

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lam

le jeudi 16 juin 2011 à 18h28

ladymarlene
Ca me ramène à cette fichue mentalité troisième mi-temps qui est un fléau pour beaucoup d'hommes se sentant obligés de s'y conforter, donc, de boire, de fumer, d'aller draguer dans les bars alors qu'ils n'aspirent qu'à rester chez eux pour regarder la télé.....

Et pareil pour les femmes qui sourient en penchant la tête sur le coté en se montrant attentives et intéressées, ou alors sincèrement désolées alors qu'en réalité elles se foutent de ce qu'on est entrain de leur dire et pensent à ce qu'elles feront ce weekend

celles qui ressassent leur liste de choses à faire au lit parce qu'elles s'ennuient en attendant que ça finisse en pensant quand même que leur plaisir viendra peut-être des agissements de l'autre en face. Ca marche pas mais elles remettent ça la fois d'après...

Et les femmes qui pensent devoir s'habiller sexy pour aller boire un verre à un rendez-vous, alors qu'en fait elles ont envie d'un vieux teeshirt coton, d'un jean et d'un boxer au lieu d'une jupe qui t'entrave les pas, de strings et soutif en dentelle qui gratte

Et le nombre de femmes qui savent pas dire "j'ai envie de toi" ou " j'ai pas envie de sexe ce soir", et qui patiemment se forcent à être disponibles et oublient qu'elles écartent les cuisses... mais elles font ça si bien: 'oublier qu'elles s'oublient', que c'est même pas conscient

Ouais cette fichue mentalité "passivité et disponibilité" elle m'a fait souffrir un moment, ça va mieux depuis que j'y travaille mais je la vois faire des dégâts tous les jours.

Les différences de formatage social entre hommes et femmes, c'est surtout ça qui fait mal. A combien de fléaux acceptons nous de nous frotter juste pour rester dans une norme imposée non choisie? Combien de fois par jour est-ce qu'on oublie de s'écouter pour agir "comme on pense que autrui jugera ça positivement"

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Discussion : Le polyamour est il féministe ?

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lam

le jeudi 09 juin 2011 à 14h57

Siestacorta
Sinon, la bisexualité de la pansexualité ont quand même quelque chose en commun avec le polyamour, quitte à ce que ce soit à un point très minimaliste, ça demeure réel...

:-) (+) <3

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Discussion : Le polyamour est il féministe ?

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lam

le jeudi 09 juin 2011 à 14h49

Salut Siesta,
J'ai vu le spectacle océanerosemarie, et je me suis bien poilée. Faut pas oublier que chacun-e parle de ce qui le/la concerne. Autrement dit dans ce spectacle elle parle des difficultés rencontrées par les lesbiennes en général mais aussi par les lesbiennes 'lipstick' (d'apparence 'féminine' qui colle avec les codes hétéro).
Donc faut pas croire que les lesbiennes sont comme ci ou comme ça, y'a des tendances mais pas d'homogénéité. Du coup je ne suis pas d'accord avec ton expression "la manière d'aimer des lesbiennes", c'est comme si on disait "la manière d'aimer des hétéros".

Bref, je crois que globalement la majeure partie des gentes est mono, que ces personnes soient hétéro ou LGBTIQ ou autre, :-)

Siestacorta
Par contre, ça me donne l'idée que c'est avec des communautés "bi" et des "libertins variante "chambre à part", c'est à dire les gens pas monos, qui sont finalement un peu décalés dans leur propre milieu, et ont en commun avec nous des attentes multiples mais à l'ouverture "éthique" au delà d'une question "physique".

alors je sais pas si je fais partie du "nous" poly que tu utilises ici, mais en tout cas je pense que ma bisexualité (ou même pansexualité) je l'ai en commun avec moi même ;-)

et vu comme les bi-e-s sont invisibles c'est déjà pas mal, heureusement il y a aussi les 'straight ally' (hétéro gay friendly je crois qu'on dit en français), même si illes ne sont pas majoritaires en ce moment sur ce forum

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Discussion : Le polyamour est il féministe ?

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lam

le jeudi 09 juin 2011 à 13h21

Junon
Même constat de mon côté concernant les lesbiennes. Je déteste faire des généralités mais force m'est de reconnaître que celles que j'ai croisées/aimées étaient plus monogames que je ne le serais jamais (et par effet de ricochet, peu inclines à s'engager dans des relations avec des femmes bi, par peur de l'infidélité chronique supposée de celles-ci)

hum. Je ne crois pas que les lesbiennes soient plus mono que les hétéros,
par contre je pense (et observe de manière personnelle) que les bi-e-s sont discriminé-e-s dans les milieux homos.

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Discussion : Nos différences, entre les hommes et les femmes

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lam

le jeudi 09 juin 2011 à 13h14

Whaouh.
Je reviens faire un tour par ici, et la lecture de ce fil me laisse très mitigée.

Le point de départ hyper essentialisant, comme ça a déjà été mentionné.
Je voudrais juste dire qu'il n'y a pas que des fâmmes et des hômmes sur terre... que cette binarisation des genres est justement l'outil sur lequel la norme patriarcale repose. (norme de laquelle découle entre autres l'appropriation des partenaires et la fidélité obligatoire)

Des points de vue exprimés ensuite nuancent peut-être cette vision binaire du monde, mais je suis étonnée que l'homosexualité, la bisexualité, les transgenre ne soient pas évoqués dans la réflexion.

Dire les femmes aiment ceci, les hommes sont comme ça est pour moi aussi débile que faire une généralité sur les polyamoureu-ses-x, d'autant plus dans un contexte où l'on part du principe que les femmes sont forcément attirées uniquement par les hommes et vice versa.
Où est le naturel dans la galanterie? si c'est pas une construction sociale ça....

Bref,
Sortir de l'injonction à la fidélité et continuer à prêcher l'hétéronorme, cela me semble vraiment contradictoire.

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Discussion : Besoin d'avis ...

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lam

le jeudi 19 mai 2011 à 11h40

Siestacorta
(on est pas obligé de toujours tout brosser, hein... Seulement les mécaniques qui coincent !)

:-)

Yep. Et les mécaniques qui coincent c'est souvent l'attention à soi (et aux autres aussi). Souvent là que la rouille grippe le rouage de la communication.
Le premier point de rouille c'est quand j'arrête d'être à l'écoute de moi. Si je détecte pas que quelque chose me dérange, (exemple de trucs qui mettent la rouille en évidence: 'je suis énervée', 'mais quel-le con-ne!', 'toute réponse contenant de l'absolu du jamais ou du toujours'), c'est clair qu'ensuite ça ne peut que déraper sur de l'intolérance:

tentacara
Je trouve amusant que la seule réponse sensée à tes yeux soit aussi la seule qui ne repose que sur des préjugés : aucune construction, aucun argument, même pas le témoignage d'un vécu particulier.

(+)

Alors oui, sûr, tout inonder de dégrippant c'est pas possible mais brosser au bon endroit ça peut aider. Si c'est sensible ça doit être par là!

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Discussion : Besoin d'avis ...

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lam

le jeudi 19 mai 2011 à 11h12

Eclisse
La seule réponse sensée dans cette discussion.

Le bien et le mal
le bon et le mauvais
le noir et le blanc
l'Homme et la nature
la femme et l'homme
le couple et les autres
les gens biens
la Norme
.......
...

la vision binaire et bipolarisée du monde à laquelle nous sommes conditionné-e-s est tellement tenace et incrustante, ça me rend triste.
Ah si on pouvait trouver la brosse qui gratte et libère la complexité...
Le monde est complexe, oui ca peut faire peur.
bien sur trouver des réponses simples serait rassurant mais les réponses simples ca marche pour le compliqué et pas le complexe, le multifactoriel, les systèmes où les éléments sont interdépendants, c'est à dire la vie, le relationnel humain.

Je ne crois pas qu'on puisse explorer la vie en niant la complexité, pas dit que c'était facile non plus

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Discussion : Comment gérez-vous les écarts entre vos désirs sexuels et ceux de vos partenaires ?

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lam

le vendredi 25 mars 2011 à 14h48

LuLutine
Visiblement, le côté aléatoire et imprévisible du désir, le "c'est comme ça, point", ça ne passe pas....

Pourtant, de mon côté, je l'ai toujours accepté...

Hmmm, pour moi c'est là que ça cloche. Tu acceptes qu'il ne soit pas en phase avec tes envies mais lui "exige" que tu sois en phase avec les siennes.

Dure asymétrie, où est-ce que tu/il positionne(s) le respect et l'écoute de l'autre...?

J'aurais envie d'ajouter que je suis sensible aux stéréotypes de genre qu'on voudrait nous faire passer pour naturels. J'en ai mare de ces constructions tout le temps ravivées (par exemple via le porno de masse) où on nous fait gober que le désir masculin serait irrépressible. Et je trouve que tomber dans le piège est facile: il bande donc il doit éjaculer, donc la femme hétéro à l'écoute du désir du mâle doit "sentir", "comprendre" et le "traire" :-/ et l'autonomie et le désir de l'autre dans tout ça?

Pour sortir de ça dans une relation hétéro que j'avais (sortir de ma propre propension à m'oublier dans son désir, dans une forme assez pauvre de sexualité basée sur un schéma préliminaires-pénétration vaginale- éjaculation) ca nous avait bien aidé de faire du sexe sans pénétration justement. J'ai trouvé que ça nous avait aidés à explorer nos corps/sensibilités, à être plus à l'écoute et plus volubiles et plus créatifs ensemble du coup.

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Discussion : Comment gérez-vous les écarts entre vos désirs sexuels et ceux de vos partenaires ?

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lam

le lundi 21 mars 2011 à 18h38

Oui, ca pourrait se régler s'il arrive à dire explicitement ce qui lui manque, ses attentes ce qu'il attend de toi.
Et si toi ca ne te va pas (si ca ne correspond pas avec tes attentes), ben c'est comme ça, point. mais ca vaut le coup de poser le constat à deux.
C'est pas méchant ni de la part de l'un-e ni de l'autre mais c'est pas en phase.

Au sujet du problème d'espace pour s'autogérer sa sexualité, je crois que la vie est bien plus simple si chacun-e dispose d'un espace personnel d'intimité.

Une chambre à soi comme disait Virginia il y a si longtemps déjà.

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Discussion : Comment gérez-vous les écarts entre vos désirs sexuels et ceux de vos partenaires ?

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lam

le dimanche 20 mars 2011 à 15h04

Janis
Abîmes de perplexité... Quand ça gratouille trop on a toujours des mains, non ?

Complètement d'accord.

Je crois que le souci c'est le même que dans des relations plurielles: le décalage du désir pose problème à partir du moment où les personnes impliquées sont dépendantes d'autres personnes. Vous trouvez pas que c'est comme pour la dimension affective dans les relations amoureuses? Que ca frotte et ça fait mal quand il y a une proportion de dépendance à l'autre qui est subie et pas choisie?

Et oui de manière générale comme ca a été dit les personnes genrées femmes* ont plus souvent tendance à être disponibles pour les désirs de l'autre (pas que sexuels hein, aussi matériels, affectifs...) et les personnes genrées hommes* à trouver naturel d'extérioriser leurs frustrations et d'attendre qu'elles soient assouvies par autrui.

Bon, et pour sortir de ça on fait quoi? J'ai envie de gueuler "AUTONOMIE!!!"
Alors comme dit Janis on a des mains et aussi des jouets, du lubrifiant, de l'imagination. Y'aurait surement moins de soucis si on développait des auto-sexualités satisfaisantes...

ps: les * c'est pour tenir compte des personnes qui ne se reconnaissent pas trop dans ces catégories binaires et étriquées, comme moi

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Discussion : Images mentales fantasmatiques et féminisme

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lam

le dimanche 20 mars 2011 à 14h46

Salut à vous...
Chouette un fil qui me parle, ca faisait un bail que je passais sur le forum en mode lecture seulement.

Biologiquement j'ai un corps de femme. Je me suis d'abord définie comme féministe avant de commencer à explorer mon genre et mon orientation sexuelle qui sont complètement queer. Ah c'est dur de décoller ces conceptions hétéropatriarcales qui nous imprègnent depuis l'enfance...
Au niveau des fantasmes j'en ai qui sont clairement des produits de mon imaginaire bien sur mais de mon imaginaire imprégné de cette culture phallocentrée, de passivité lascive des femmes*... des phantasmes pleins de domination et de phallus qui mettent en scène du viol, voire des scènes de gang bang sont présents et puissants en moi.

J'ai pas mal cherché à aplanir, puis à accepter et résoudre cette apparente contradiction et c'est comme ça que j'ai découvert le féminisme pro-sexe ou sex positive comme disent les anglophones. Ca fait un bien fou de se rendre compte que non on est pas seule, que le viol c'est complètement condamnable dans la vraie vie mais que réaliser ses phantasmes relève du jeu et simplement du jeu. Si je suis en confiance, avec des personnes consentantes, tout, absolument tout peut être joué sans être condamnable. Tant qu'on est bien clair-e-s au niveau du consentement et de la dimension mise en scène qui permet de nous découvrir en dehors des brides des conventions sociales normatives.

Pour moi la vie et la mort vont ensemble, sont intimement liées et indissociables. Et c'est pas étonnant que le refus permanent de la mort qui imprègne les valeurs actuelles de notre société ne puisse aboutir et se réaliser entièrement: il manque l'autre moitié, celle qui est niée. Pas étonnant que le SM ait du succès... Qui n'a jamais eu de phantasmes mettant en jeu de la domination et de la soumission, un-e prédat-rice-eur et une proie?

Je crois que ces paradoxes (qui découlent de notre refus d'accepter une dualité dans nos natures profondes) ne concernent pas seulement la sexualité, mais que celle-ci constitue un terrain de choix pour que s'exprime cette dualité permanente mort-vie vie-mort.
Parce que la sexualité nous revoie forcément à un aspect brut de notre fonctionnement physique, et que sans érotisation (donc mise en jeu de l'imaginaire) elle devient fade, mécanique et triste comme l'énorme majorité de la pornographie existante sur le marché aujourd'hui, où l'imaginaire est mis de coté au profit d'une focalisation sur les parties génitales et le plaisir mécanique (masculin).

Comme le dit bien Sondra Goodwin dans "Mutantes" (documentaire de Virginie Despentes) à propos de phantasmes mettant en jeu de la soumission, "j'ai fini par réaliser que si c'était ce que je voulais vraiment, m'autoriser à l'obtenir était l'acte le plus féministe que je puisse accomplir" ;-)

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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