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Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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lam

le jeudi 14 juin 2012 à 10h40

RIP

Ce que j'apprécie dans l'amitié, c'est son indétermination. Les amitiés saines recherchent davantage une qualité de relation - que cela se passe au mieux pour chacun - que d'atteindre des objectifs - que cela se passe comme chacun veut. Atteindre des objectifs est important, mais ce qui importe avant tout en amitié c'est que cela se passe, non tel que chacun peut le vouloir, mais au mieux. Un échec ne met pas à mal une amitié au contraire du manque de respect ou d'attention au bien être de l'autre ou de soi.

Salut. j'aime bien comme tu formules cette histoire d'objectifs ou non dans une relation.
En fait dans la notion de couple (polyamoureux ou non) il y a cette notion d'objectifs, car en général un couple se définit aussi par des projets en commun, le partage d'un quotidien, une projection commune à "long terme", l'idée que "ca va durer".

L'idée de renouer avec l'amitié et ses valeurs me rassure et me fait peur aussi. Je me sens rassurée en prenant en compte que tout est éphémère et impermanent dans les relations parce que ça me parait réaliste, j'ai l'impression que la vie est comme ça en général.
Et ça me fait peur aussi, parce que des fois ça rassure de s'appuyer sur quelque chose de stable, par exemple une relation dont on se dit qu'elle durera toujours, même si on sait que c'est pas possible. C'est là que j'identifie le coté risqué de la passion - NRE où la tentation de 'fondre dans la relation, etquecadurecommeçapourtoujours' peut être tellement forte parfois. A la mesure de mon besoin d'être rassurée?

Voilà. Etre ami-e-s sur le long terme, avec une relation qui peut changer de nature, me parait possible, souhaitable pour moi en tout cas, en travaillant sur moi et en interagissant avec des personnes qui ont envie de réfléchir là dessus.
Par contre c'est pas rapide comme processus de déformatage et muer demande de fabriquer une nouvelle peau, de laisser glisser progressivement la précédente... Et je remarque que c'est pas très possible pour moi d'aller plus vite que la musique, que c'est petit à petit que réflexions et expériences se répondent.

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lam

le jeudi 14 juin 2012 à 11h08

RIP

La manière dont la ségrégation sexuelle empêche l'amitié c'est lorsqu'elle affirme qu'elle n'est pas possible lorsqu'au moins une des deux personnes correspond à l'orientation sexuelle de l'autre.

Ouais aussi. Et le coté difficile à voir c'est la ségrégation sexuelle intériorisée par chacun-e de nous.
Par exemple, j'ai des relations avec des personnes de genres différents. Ca voudrait dire que je ne peux être ami avec personne! Super programme...

Sinon ce que je trouve lié à l'irresponsabilité affective c'est cette croyance que la personne dont on est "amoureux-se" est complémentaire de nous, qu'il y a une connexion "magique", qui "dépasse tout", c'est "l'amour", ça "s'explique pas"....
... et ça légitime de partager du sexe par exemple, par ce que cet amour là il serait "plus fort que nous"...donc il permet de dépasser le tabou du sexe.

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Et du coup il me semble qu'il n'y a pas exactement les mêmes enjeux dans une relation affective avec du sexe parce que chacun-e projette des attentes différentes entre une amitié platonique et une amitié sexuelle.

J'ai remarqué que dans certains cas j'ai plus de facilité à dire que ca va pas, ou à montrer des faiblesses, des peurs, des angoisses dans une amitié sexuelle. Comme si la mise à nu au sens propre invitait/aidait à la mise à nu sentimentale. Je ne trouve pas d'explications (qui me satisfassent) à ça, je constate simplement que ça peut m'aider à enlever du fard.

Et par ailleurs je trouve pas ça facile de relationner sur ces bases d'amitié sexuelle parce que souvent c'est dénigré comme étant "pas sérieux", vu comme un truc de "sex friends",... ou alors je suis vue comme "opportuniste, consommatrice,... Et je me demande si cet a priori que des amitiés sexuelles ça voudrait dire prendre le sexe à la légère, ne sert pas d'excuse justement à l'irresponsabilité affective.
Souvent, j'ai l'impression de devoir justifier, expliciter ce que ça implique pour moi ((passer une nuit avec quelqu'un-e, ça me remue toujours fort...)) pour être comprise.

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Sol (invité)

le lundi 18 juin 2012 à 15h09

Je trouve très intéressants les derniers développements sur l'amitié, et je me retrouve complètement dans de nombreuses choses dites par RIP notamment.
J'ai le sentiment que c'est le poids, dans notre civilisation, du modèle amoureux fusionnel, qui, du coup, fait que l'on s'interdit des tonnes de trucs et fausse les rapports.
Le plus souvent quand il y a la moindre attirance physique entre personnes "momogames",celle-ci apparaît dramatique, devant être cachée, si possible détruite, voire devant empêcher toute amitié.
Mais même chez beaucoup de polyamoureux (chez qui la frontière entre amitié, sexualité, amour, pourrait être plus floue), très souvent, il y a difficulté à envisager de mêler sexualité et amitié. En dehors des relations amoureuses établies (ce qui va souvent de pair avec un couple, voire une relation primaire), l'expression de l'affection, de l'amour, est très mal perçue, comme si elle servait de paravent à un désir justement de couple fusionnel et pour la vie. Il me semble difficile d'expliciter une volonté de construction affective, tel qu'elle peut être envisagée en amitié, sans que cela soit compris de travers (CDI amoureux comme dirait certain site de rencontre).

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LuLutine

le mardi 19 juin 2012 à 00h01

Sol
Le plus souvent quand il y a la moindre attirance physique entre personnes "momogames",celle-ci apparaît dramatique, devant être cachée, si possible détruite, voire devant empêcher toute amitié.

Oui, ou devant créer une relation faussée par essence car on se "retiendra" d'aller "trop loin"....perso dans ces cas-là je préfère pas de relation du tout.

Pour ce que tu dis plus loin, c'est vrai que même en polyamour ce n'est pas toujours évident. Pour ma part j'ai besoin de discuter avec mon partenaire de ses souhaits et/ou sentiments : pas envie de croire à une histoire type "Grand Amour" (j'exagère exprès) si lui cherche juste une "sex friend", par exemple.

En résumé, envie de savoir à quoi m'en tenir, et de lui dire un peu à quoi il peut s'en tenir aussi.

Ce qui ne veut pas dire que ça ne peut pas évoluer, bien sûr. Ca m'est d'ailleurs arrivé dans une histoire très récente.

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oO0

le mardi 19 juin 2012 à 04h55

lam
En fait dans la notion de couple (polyamoureux ou non) il y a cette notion d'objectifs, car en général un couple se définit aussi par [...] une projection commune à "long terme", l'idée que "ca va durer".

L'idée de renouer avec l'amitié et ses valeurs me rassure et me fait peur aussi. Je me sens rassurée en prenant en compte que tout est éphémère...

Et ça me fait peur aussi, parce que des fois ça rassure de s'appuyer sur quelque chose de stable, par exemple une relation dont on se dit qu'elle durera toujours, même si on sait que c'est pas possible. C'est là que j'identifie le coté risqué de la passion - NRE ...

Voilà. Etre ami-e-s sur le long terme, avec une relation qui peut changer de nature, me parait possible, ... Par contre c'est pas rapide comme processus de déformatage et muer demande de fabriquer une nouvelle peau, de laisser glisser progressivement la précédente...

L'indétermination laisse place au long terme, comme le suggère la métaphore du CDI dont parle Sol dans son post. ("Contrat à Durée Indéterminée", cette métaphore n'est pas nécessairement cynique, le consentement intervient autant dans un contrat de travail que dans les relations où il a quasi une valeur contractuelle.) L'indétermination, ça va de peu de temps à beaucoup de temps, voire toute une vie - ce n'est pas impossible - ce que, le plus souvent, effectivement, la projection commune d'un couple (exclusif ou non) vise la durée d'une vie. Reste que, toute une vie, ce n'est pas nécessairement rassurant.

Je voix le changement de peau dont tu parles, mais je le formulerais différemment dans mon cas, je ne sais pas comment.

lam
Ouais aussi. Et le coté difficile à voir c'est la ségrégation sexuelle intériorisée par chacun-e de nous.

Par exemple, j'ai des relations avec des personnes de genres différents. Ca voudrait dire que je ne peux être ami avec personne ! Super programme...

L'intériorisation de la ségrégation est un point d'aveugle effectivement plutôt difficile et je sais que j'y reste coincé. Sinon, je n'avais pas remarqué que la bisexualité, par exemple, montrait l'absurdité de considérer l'orientation de la sexualité comme l'impossibilité de relations d'amitié.

lam
Sinon ce que je trouve lié à l'irresponsabilité affective c'est cette croyance que la personne dont on est "amoureux-se" [...] ça "s'explique pas"... et ça légitime de partager du sexe par exemple, par ce que cet amour là il serait "plus fort que nous"... donc il permet de dépasser le tabou du sexe.

Je pense que ça ne s'explique pas, en tous cas que cela ne s'explique pas d'emblée et en totalité. Aucune personne ne peut choisir ce qu'elle éprouve ou n'éprouve pas et, dans ce sens, personne ne peut en être tenu responsable. Mais, même si je ne suis pas d'accord, c'est plus une nuance. Croire pouvoir choisir ce qui s'éprouve autant pour soi que pour les autres, c'est en un certain sens irresponsable car irréaliste. Et puis, c'est trop facile d'en profiter pour fuir toute responsabilité et, si ce qui s'éprouve ne se choisit pas, la manière de le vivre avec soi-même et avec les autres, peut se choisir, même s'il y a de nombreux facteurs d'indécision. Cela peut être une manière de sortir de l'indécision de ne pas chercher d'explication et, même si ce n'est pas la meilleure manière de dépasser le tabou du sexe, c'est une manière.

lam
J'ai remarqué que dans certains cas j'ai plus de facilité à dire que ca va pas [...] dans une amitié sexuelle. Comme si la mise à nu au sens propre invitait/aidait à la mise à nu sentimentale.

Et par ailleurs je trouve pas ça facile [...] parce que souvent c'est dénigré comme étant "pas sérieux", vu comme un truc de "sex friends", ... "opportuniste, consommatrice, ..." Et je me demande si cet a priori que des amitiés sexuelles ça voudrait dire prendre le sexe à la légère, ne sert pas d'excuse justement à l'irresponsabilité affective.

Personnellement, je ne vois pas ce qu'il y a à redire sur les "sex friends". Sinon, la question de savoir si nombre d'a priori négatifs sur les relations sans couple/relation primaire ne cache pas une forme d'irresponsabilité affective, bonne question. (Les a priori négatifs, pas les relations de couples/primaires, évidemment.)
_________________________________

Irresponsabilité affective ?

Répondre, tenter de répondre aux questions que soulèvent les relations qu'elles qu'elles soient ? Faire face à leur réalité affective ?

Comment tenir compte des limites affectives de chacun, chacune face à ces questions sans que cela ne les tirent vers le bas ?

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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oO0

le mardi 19 juin 2012 à 05h13

Sol
Le plus souvent quand il y a la moindre attirance physique entre personnes "momogames",celle-ci apparaît dramatique, devant être cachée, si possible détruite, voire devant empêcher toute amitié.

Je reprends la citation que Lulutine a reprise chez toi, Sol, parce qu'elle résume probablement le mieux les conséquences de l'irresponsabilité affective qu'essaie de formuler Lam, du moins telle que je la comprend.

Sinon, je pense que tu as raison de pointer la difficulté de ne pas voir - j'utilise mes propres mots - un désir d'exclusivité dans l'expression de l'affection au sein des relations non-exclusives. Une peur de s'attacher ou que l'autre s'attache qui n'assume pas ou ne sait pas comment assumer le désir de se lier ou le fait de se sentir lié.

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