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Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

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Popol (invité)

le lundi 21 mai 2012 à 18h26

Mais tu admets que la relation qui éclipse les autres puisse survenir, c'est déjà ça.

Et je trouve bizarre que ce moment-là ne puisse être envisagé par personne ici, jusque là, autrement qu'en termes de perte et fracas.

Ben ... ça peut aussi bien se passer, la fin des autres relations, dans ce cas de figure.

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zina

le lundi 21 mai 2012 à 19h06

Popol
Ben ... ça peut aussi bien se passer, la fin des autres relations, dans ce cas de figure.

Je vais essayer de reprendre une vision temporelle des choses. Comme je le vois sur un continuum de durées, entre une heure, un jour, une semaine, un mois, un an... dix ans, une vie... Cela ne va pas être simple, mais on peut essayer de discuter sans décider de limites claires.

Qu'est ce que la fin d'une relation? La mort d'un des deux protagoniste met un terme clair à la relation.
En dehors de ce cas là, j'ai personnellement du mal à situer la fin d'une relation. Je dis clairement qu'une relation est terminée quand elle n'est plus vraiment "active" pour que les autres comprennent globalement. Mais en vrai, dans mon esprit, ´ca veut dire que j'ai plein de relations "en sommeil". Si jamais les personnes concernées revenaient dans ma vie par je ne sais quel hasard, peut être que la relation reprendrait. Et cela après une période de temps indéfinie, qui peut aller de jours à décennies.

Actuellement, décider de me dire que "aucune relation ne peut reprendre avec quelqu'un d'autre que M" (rendant par là ma relation avec M mono), c'est une décision que je ne peut pas prendre sans refaire de très grands changements dans ma manière de penser les relations. Ces changements là, ils ne sont pas liés à mon amour pour quelqu'un, ils sont liés à ma personnalité, à des réflexions que je me suis faite me concernant, à mon éducation à ... c'est un choix de vie. Je ne changerais pas tout ´ca "par amour pour quelqu'un". Je changerais peut être cela un jour si ma personnalité évolue, par exemple. Mais pas juste parce que "la bonne personne" serait arrivée.

De même, mettons que je rencontre une personne, qu'elle prenne tout mon temps disponible, et que je finisse par me marier avec cette personne, vivre avec, avoir des projets importants etc... qui font que cette personne est la seule relation active possible "matériellement". Est ce que cela voudrait dire que c'est devenu une relation mono? Et si après 10 ans de ce genre de relation, il y a un relatif éloignement, et que d'anciennes relations redeviennent actives, serait-je passée par une "phase mono"? Personnellement je ne le crois pas, ce n'est pas ma vision des choses, car dans toute cette évolution, je n'ai mentionné aucun changement clair de ma manière d'aborder les choses.

Je ne sais pas si ´ca te réponds Popol?

Pour en revenir au sujet, actuellement j'ai une relation active principale, mais ce n'est pas une relation de couple, et elle n'est pas primaire, au sens où d'autres relations n'en dépendent pas.
Parfois je m'en sens un peu coupable, parce que j'ai encore le modèle de la relation de couple comme norme à suivre. Du coup par exemple je culpabilise quand je ne donne pas de nouvelles à mon amie, quand je prévoie des choses sans elle ou bien que je ne l'inclue pas dans mes projets. Je l'inclue de bon coeur dans un certain nombre de mes projets, mais j'ai toujours une culpabilité résiduelle pour ces projets où je ne le fait pas. Pourtant il semble que je ferais mieux de m'en débarasser de cette culpabilité, car elle comme moi sommes satisfaites de notre relation, et avons besoin de vivre nos vies indépendamment l'une de l'autre. C'est pas forcément simple dans mon esprit de me positionner là dedans...

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Alys

le lundi 21 mai 2012 à 19h15

Mon intervention sera brève.

Merci Zina pour ton intervention à la fois éclairante et apaisante. La manière que tu as de mettre les questions relationnelles en perspectives me fait pas mal de bien ! (et j'espère qu'il en sera de même pour les autres lecteurs de ce sujet de discussion... ;-) ).

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Popol (invité)

le lundi 21 mai 2012 à 19h26

Oui, Zina, ça répond, parce que ça laisse ouvertes toutes les possibilités.

Mais juste un truc: la "bonne" personne, je ne sais pas ce que c'est. Au mieux, le pire des stéréotypes :-) , celui qui va avec l'expression "se ranger des petites voitures", avec "faire une fin", bref, se caser, tu vois l'idée? Un truc un peu englué...

Par contre, l'éblouissement d'une relation qui te flashe et te met au tapis... oui, je prends.

J'ai vécu ça il y a 15 ans environ: en pleine brocante à 100 kils de chez moi, je croise un regard au milieu de la foule, qui me laisse sur les genoux.

Deux jours plus tard, cette personne débarque dans mon équipe de travail - évidence qu'un lien incroyablement fort surgit de nulle part.

La suite, c'est que c'était tellement trop fort que nous nous sommes tenus éloignés, au final! Mais si nous avions pu aller au-delà, la fascination nous aurait tellement sidérés que plus personne autour n'aurait pu nous "atteindre"...

Il n'y aurait rien eu de délibéré, ni de foireux pour le reste des relations.

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Popol (invité)

le lundi 21 mai 2012 à 19h35

Alys, un bon coup de gueule pour qu'un vrai débat puisse avoir lieu ensuite, ça n'a jamais tué personne.

On serait tous morts ici depuis belle lurette, sinon. :-)

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Alys

le lundi 21 mai 2012 à 21h09

Je ne suis pas contre les coups de gueule, bien au contraire ! C'est juste qu'il faut bien qu'à un moment les esprits s'apaisent pour que le débat se construise de manière intéressante. Mais j'ai bien aimé votre crêpage de chignon, ne t'inquiète pas !

Je pense que ce qui dérange dans ce que tu écris, Popol, c'est que pour certains d'entre nous, il n'y a pas de différence réelle entre amour et amitié. Où est la logique de dire qu'une relation prend le pas sur toutes les autres quand, comme l'a si bien dit Zina, toute relation "est" déjà, au moins en potentialités ?

Alors oui, on peut être fasciné par quelqu'un au point d'accorder à cette personne une bonne part de son attention et de son temps, mais cela n'est pas la même chose que de se caser avec quelqu'un, même par "amour fou". Or, je sens cette contradiction dans tes posts : d'un côté j'ai l'impression que tu rêves d'un idéal de relation fusionnelle, de l'autre tu sembles plus euh... libertaire ?

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Junon

le lundi 21 mai 2012 à 21h24

Merci Lam, c'est rafraîchissant de lire que le "profil polyamoureux" n'existe pas, contrairement à ce que la presse voudrait nous faire croire.
Et je crois, moi, que saborder toutes ses relations au profit d'une seul est un choix tout à fait conscient; pas forcément éclairé mais sans nul doute de ma part, conscient.

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Popol (invité)

le lundi 21 mai 2012 à 21h29

Aucune contradiction.

J'admets le polyamour comme un truc totalement logique, depuis des années, viable, multiforme, imprévisible dans toutes ses acceptions, libérateur mais aussi demandant des efforts...

.... ce qui n'empêche pas que j'ai vécu, il y a 15 ans, un truc incroyable, et qui au demeurant ne me fait pas plus rêver que ça, que je n'ai jamais autrement voulu.

Le coeur a des déraisons qu'on ne peut ni raisonner ni maîtriser. Et résolument, je ne comprends pas comment l'on peut nier la diversité des manières d'aimer chez un même individu, quelles qu'elles soient.

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LuLutine

le lundi 21 mai 2012 à 23h03

Lunar
Même sans être en couple, il est possible de considérer des gens comme important dans sa vie, de tenir à elles et à eux. Il est même possible de leur dire.

Et oui !
Et heureusement !
"être importants l'un pour l'autre" n'a aucune espèce d'équivalence avec "être en couple"...

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exred

le mardi 22 mai 2012 à 00h22

Popol
Le coeur a des déraisons qu'on ne peut ni raisonner ni maîtriser.

Je ne doute pas que ce soit le cas pour certains.
Ceci dit pour ma part je n'ai pas besoin de chercher longtemps pour trouver les raisons qui font que je me sens proche de certaines personnes plus que d'autres, pour moi il n'y a rien d'inexplicable dans les relations sentimentales (les miennes en tout cas) et je ne me reconnais pas du tout dans cette partie d'irrationnel que tu décris.
Et de la même manière, je ne crois vraiment pas que je pourrais me satisfaire d'une relation déraisonnée, car j'ai besoin d'être aimé pour ce que je suis, et non pas à cause du hasard ou de la magie (qu'est-ce que la déraison à part cela ?), car je trouverais ça vraiment peu valorisant et également trop instable.

Tout cela pour dire que (chez moi) les sentiments sont réfléchis et ne tombent pas de nulle part, et par conséquent que je ne vais pas changer de position là-dessus autrement que suite à une réflexion basée sur des éléments concrets.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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lam

le mardi 22 mai 2012 à 07h02

sur la personne qui pourrait éclipser toutes les autres...

Comme plusieurs d'entre vous, ma manière d'envisager les relations comme ayant des dynamiques propres, variables, fait que je n'imagine pas du tout arrêter toutes mes relations pour une personne avec qui ça accroche grave...
Exemple - un énorme flash avec quelqu'un-e l'année dernière, un truc dingue,à me pousser hors de mes habitudes jusqu'à être submergée dans ma tête, complètement obnubilée par ça. Ca m'était jamais arrivé aussi fort. Je savais que la NRE* était une chouette drogue mais je savais pas que je pouvais percher aussi haut.
Ca ne m'a pas empêchée de continuer à construire d'autres relations. J'étais parfois en manque et du coup bien contente de ne pas vivre au même endroit, de ne pas pouvoir céder facilement.
Et, comme je n'y attendais, je redescends progressivement depuis que je rencontre cette personne pour de vrai. Moins je l'imagine, plus je rencontre des failles, du courage, des batailles, des joies, ...et plus je vis ça mieux ;-)
expérience évolutive.

Du coup ça me fait dire que même si ça m'arrive dans la vie de repercher aussi fort ou plus, je ne remettrais pas en question mes autres relations par voie de conséquence, parce que ce qui m'intéresse c'est exactement

exred
d'être aimé-e pour ce que je suis, et non pas à cause du hasard ou de la magie

Le hasard, la magie, les coïncidences 'étranges'... j'ai tendance à penser que quand on est soi-même dans une certaine intention ou ouverture, bizarrement les choses arrivent... !
Je pense qu'on fait toujours des choix, en permanence. Et un non-choix reste un choix. Par exemple si "je reste avec machin-e parce que je me pose pas la question de savoir si cette relation me 'nourrit', m'apporte ou non". Le (non)choix de pas me poser la question fait que je reste là.

Alors peut-être que c'est une approche utilitariste des relations, et matérialiste de la vie qui me fait dire que la personne qui éclipse tout sur son passage n'existe pas pour moi. Et si c'est le cas, ça me va.
Bref en tant que control freak qui se respecte je ne laisserai pas mes choix être pris en otage par une drogue, fusse la NRE.

*New Relationship Energy, la "passion aveuglante de début de relation" en quelque sorte

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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lam

le mardi 22 mai 2012 à 07h15

Lunar
Même sans être en couple, il est possible de considérer des gens comme important dans sa vie, de tenir à elles et à eux. Il est même possible de leur dire. Et plutôt je considère que c'est chouette de le faire. Ça peut leur faire peur, mais ça leur donne les billes pour faire plus attention…

Yep, là je pense que tu mets le doigt sur un truc difficile pour moi.
un peu comme si des fois je m'enfermais dans une double contrainte que je me crée toute seule: vouloir de l'affection et sentir que je suis importante pour les autres, tout en ne dévoilant pas/peu mes faiblesses, ni là où j'ai besoin qu'on fasse attention...

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lam

le mardi 22 mai 2012 à 07h31

zina
Je l'inclue de bon coeur dans un certain nombre de mes projets, mais j'ai toujours une culpabilité résiduelle pour ces projets où je ne le fait pas. Pourtant il semble que je ferais mieux de m'en débarasser de cette culpabilité, car elle comme moi sommes satisfaites de notre relation, et avons besoin de vivre nos vies indépendamment l'une de l'autre. C'est pas forcément simple dans mon esprit de me positionner là dedans...

Hum. Ca me parle pas mal. Pour moi cette culpabilité est liée, entre autres, à ma socialisation en tant que meuf donc une 'prédisposition' de conditionnement à être tournée vers l'Autre, ses besoins, à toujours se mettre à sa place, à anticiper de manière réflexe ses désirs/besoins potentiels...
Personnellement je pense que d'être en relation avec quelqu'un-e en couple (càd qu'avec moi c'est une relation 'secondaire') ça m'aide à déculpabiliser sur des trucs, parce que la situation me pousse souvent à me recentrer sur moi. En gros de pas être leadeuse dans une relation mais plutôt 'une option sur siège éjectable' titille (et pince parfois) mon égo. Et ça me fait du bien, et m'aide à déculpabiliser de faire des choix pour moi d'abord - tout en prenant soin des sensibilités des autres.

Et je pense que t'as raison sur le fait que culpabiliser est inutile puisque tu connais son ressenti vis à vis de votre relation, et que se baser sur les désirs/besoins qu'on projette sur les autres est souvent casse gueule.

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Popol (invité)

le mardi 22 mai 2012 à 11h13

Je pense que nous ne parlons pas de la même chose.

Pour un tas d'autres relations, sinon toutes, je peux me retrouver dans ce que disent Zina, Exred, lam, tout-à-tour et suivant l'époque, les situations et nombre d'autres paramètres.

Mais cette relation dont je parle rien à voir avec la NRE, ni le hasard, ni la magie de la rencontre.

Ce que j’ai vécu, c’est la reconnaissance d’une âme avec qui je partage un truc cosmogonique, les retrouvailles avec un bout de moi-même, ou un autre moi-même. Et je pressens qu’il n’y a pas que cette personne qui partage ça avec moi.

Et depuis que nous ne nous sommes pas laissé aller dans cette histoire pour ainsi dire, cette personne est devenue quelqu’un de précieux à cause de ça. Elle a fondé famille de son côté, j’ai vécu mes histoires, et chaque fois que nous nous revoyons, nous sentons ce truc impalpable entre nous, une gémellité.

J’ai cherché des réponses à ce que je ne peux que constater, j’en ai trouvé, en partie – mais jamais en reformatant cette relation selon une quelconque définition, comme celles que l’on me propose indirectement ici.

Par exemple, une décision quelconque quant à la place qu’elle occupe dans le tissu de mes relations, je m’en sens incapable.

C’EST COMME CA.

Immuable depuis 15 ans, et j’ai eu bien le temps de retourner ce grand mystère-là dans ma tête, mon cœur et mes tripes.

Je reprends au vol l’idée que le non-choix est encore un choix. Quand il s’agit de ne pas écarter ou privilégier une relation, OK. Mais dans le sens où je n’ai pas choisi de rencontrer cette personne, il me faut bien penser les choses différemment. Et j’ai décidé d’arrêter de me prendre le chou, parce qu’il fallait juste accepter que c’était comme ça, voilà tout ; comme une sorte d’acte de foi libérateur en la vie et ses aléas.

Pourtant, nombre de gens ont tenté de définir et cadrer cette histoire, probablement par défaut de pouvoir simplement l’accepter. Et je suis d’accord que ça passe l‘entendement, même le mien.

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LuLutine

le mardi 22 mai 2012 à 11h17

lam
Bref en tant que control freak qui se respecte je ne laisserai pas mes choix être pris en otage par une drogue, fusse la NRE.

Hmmm j'aurais presque pu l'écrire celle-là. :)
(Je n'irais pas toutefois jusqu'à me qualifier de "control freak", ça sous-entend trop souvent qu'on veut dicter leurs comportements aux autres - même si dans ton cas, ce n'est clairement pas ce que tu dis.)

exred
j'ai besoin d'être aimé pour ce que je suis, et non pas à cause du hasard ou de la magie

+1

exred
Tout cela pour dire que (chez moi) les sentiments sont réfléchis et ne tombent pas de nulle part,

En lisant ça, je me dis que ton affirmation pourrait "choquer" certains. Mais en y réfléchissant, je ne suis pas sûre que ça soit totalement contradictoire avec la vision des choses de beaucoup de gens...

Par exemple, en ce qui me concerne : il m'arrive parfois d'avoir des sentiments pour quelqu'un sans bien le connaître (et donc, sans savoir ce que vont devenir ces sentiments). Du coup, je me dis que ça ne peut pas être "réfléchi" ?
Cela dit, je me rends souvent compte au bout d'un moment (une fois qu'on se connaît mieux) que cette personne a des caractéristiques qui me plaisent...et là ça rentre mieux dans ce que tu appelle "réfléchi" je pense.

Donc au final, je me demande parfois si une partie de nous n'est pas capable de détecter très rapidement ces caractéristiques, même à notre insu ?

En fait, ça m'est même arrivé d'être attirée par quelqu'un que je ne connaissais pas du tout (genre "coup de foudre"), de me dire que c'était "juste un désir, une attirance" (puisqu'on se voyait pour la première ou peut-être deuxième fois), et de me rendre compte après avoir fait vraiment connaissance que j'étais amoureuse !
Au final on finit par se dire que ça ne peut pas être un hasard... (?)

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Popol (invité)

le mardi 22 mai 2012 à 11h31

Alors c'est une histoire de réflexion en miroir de soi, de projection inconsciente; pas une histoire de démarche intellectuelle.

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Tchu

le mardi 22 mai 2012 à 23h53

Outre le fait que je sois un peu effrayée par vos mots, que je trouve assez violents, de part et d'autres, je suis très embêtée car ce que j'ai lu s'apparente selon moi à quelque chose qui m'a toujours dérangée profondément depuis que je suis entrée en polyamour : l'autoétiquettage.

Je m'explique.

Je suis arrivée ici il y a trois ans, car mon amoureux de l'époque, qui se partageait entre moie t son épouse, se sentait polyamoureux et voulait avoir des conseils sur la façon de gérer ses deux relations.

Pour ma part, j'ai toujours eus vis à vis de nos amours plurielles un esprit que je qualifierai d'assez, heu, pas ouvert mais disons bienveillant. Je n'ai jamais souffert de la situation, sauf par empathie, quand les deux autres étaient malheureux. Je l'ai toujours très bien vécu.

Je ne me suis jamais demandé si j'étais polyamoureuse, monogame, queer, etc. Il m'a toujours déplu de me coller une étiquette sur le dos, dans le but d'intégrer un groupe, une communauté.

Alors certes, le cercle des polyaimants était exactement ce qu'il me fallait. Je m'y sens toujours bien, d'une certaine façon ...

Bien, oui, sauf lorsque je lis des choses comme "Non, non, the one n'arrivera jamais, c'est des conneries de monogames qui se leurrent dans un model sociétal qu'on nous impose depuis des années"

Je paraphrase.

On dirait de la foutue propagande politique O_O
Ou alors une secte.

Il se trouve que j'ai fais le choix en ce moment de m'engager amoureusement avec une seule personne.

C'est bon pour moi, je le sens, j'en ai besoin. J'ai toujours su ce qui était bon pour moi, et je me suis toujours par conséquent laissé porter par mes propres envies, parfois certes au détriment de celles des autres.

Je n'ai pas / plus envie de frayer amoureusement ou de faire du sexe avec d'autres personnes.

D'ailleurs, même quand j'étais d'avantage engagée dans mes amours plurielles, j'ai eus ces périodes de monogamie où je n'avais envie que d'une seule personne, quand bien même j'avais la liberté d'en rentrer d'autres.

Je n'ai jamais dis de mal contre la monogamie. Ça ne me convenait plus à une période de ma vie, ça me convient d'avantage maintenant. Je ne me sens ni emprisonnée, ni limitée dans ma libertés, ni attachée comme par des chaines, ni bridée dans ma manière de penser.

Je me sens simplement complète, épanouie, portée et plus heureuse que jamais.

Je n'ai pas non plus l'intention de tourner le dos à ceux et celles que j'ai rencontrés et plus si affinités en polyamour. Les liens, les relations, se feront autrement. Je sais que la plupart d’entre eux sont d'une exquise tolérance et d'une ouverture d'esprit incroyable.

En fait, je continues à croire que l'homo polyamorus est une espèce plus évoluée que l'homo sapiens sapiens ;-)

J'ai simplement envie de vous dire ce soir, que parfois, le polyamour vous enferme aussi dans un schéma de vie, de pensée, dont on a du mal à s'extirper pour envisager d'autres relations.

Y compris celle de ne pas se considérer comme "en couple".
Y compris considérer le retour à des amours non pluriels comme un échec.
Y compris rompre, mais ça, je l'ai déjà exprimé sur le post "les vertus de la rupture."

Et je vous embrasse chaleureusement, tiens :)

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Apsophos

le mercredi 23 mai 2012 à 02h04

(comme la paraphrase convient bien à ce que j'ai pu dire ici ou ailleurs je réagis)
Alors moi je trolle, je trolle, mais si il m'arrive d'être agressif à l'encontre du couple (d'ailleurs je dis souvent "le couple est une secte", comme quoi le vocabulaire ça se recycle) c'est en partie parce que je me sens rejeté à cause de ma vision des choses, bah oui quand on me dit "tu aurais moins de problèmes si tu faisais comme tout le monde" ça me donne juste envie de distribuer des coups de batte, et en partie parce que j'ai du mal à imaginer qu'on puisse ne pas avoir envie d'autre chose, j'ai du mal à ne pas considérer que la sensation d'être satisfait (durablement, mais quel que soit le domaine) comme une faiblesse d'esprit.

Et j'ai lu des témoignages de gens qui font une belle rencontres, qui se sentent bien comme jamais ils ne se sont senti, puis ça devient plus difficile, il faut se séparer mais c'est dur, et quand on ils y arrivent ils se sentent comme des merdes, puis ils arrivent à laisser ça derrière eux et jurent qu'on ne les y reprendra plus, et ils recommencent joyeusement quelques mois plus tard.
Histoire d'amour ? Non, héroïne, crack ou autres bienfaits de la chimie.

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Tchu

le mercredi 23 mai 2012 à 09h34

Je n'ai pas très bien compris le sens de ton propos.

Est ce que tu pense que la satisfaction est une marque de faiblesse ?

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LuLutine

le mercredi 23 mai 2012 à 16h59

@Tchu : la plupart des polyamoureux je pense, seront à peu de chose près d'accord avec toi.
Tu expliques que tu as des périodes poly, et des périodes mono (je schématise mais en gros c'est l'idée non ?).
Que ce soit choisi ou non, il me semble que c'est un cas de figure assez courant...

Tchu
Il se trouve que j'ai fais le choix en ce moment de m'engager amoureusement avec une seule personne.

Comme tu sembles en être bien consciente, et comme les poly "chevronnés" le rappellent souvent, ce choix n'est pas forcément définitif. Il arrivera peut-être un jour où tu souhaiteras avoir plusieurs relations. Je suppose que la personne avec qui tu es actuellement est au courant de cela.

Je ne serais pas aussi virulente que d'autres, mais je pense qu'il est dangereux d'affirmer "j'ai trouvé the one et je serai exclusif(ve) avec lui (elle) jusqu'à la fin de ma vie".
C'est aussi stupide que de dire qu'on aura toujours plusieurs relations, non ?

Du coup, je comprends les poly qui s'énervent un peu à l'idée que l'un d'entre eux "devienne mono" et que tous les mono en choeur se saisissent de cette histoire comme pour "prouver" que le polyamour "ne marche pas"...

Justement, puisqu'il ouvre tous les possibles - l'exclusivité comme la polyexclusivité (relation(s) à plus de deux personnes mais exclusive(s)) comme les relations totalement ouvertes - le polyamour me semble "fonctionner" bien mieux que l'exclusivité forcée pour tous !

En conclusion, rappelons-le, le polyamour n'oblige personne à avoir plusieurs relations, c'est juste une possibilité. N'importe qui est donc libre de faire ses choix.

Cela dit, je peux comprendre que les poly soient des gens comme les autres et n'aient pas envie d'être traités comme des kleenex, et jetés d'un coup parce qu'un(e) amoureux(se) est en pleine NRE (ou période similaire) et décide tout-à-coup d'une période exclusive.
Je peux comprendre aussi qu'ils réclament de la prudence dans certaines affirmations quand on sait que par exemple, un(e) personne exclusive qui est en relation exclusive avec un(e) poly pourrait (à tort) croire que cette exclusivité est définitive, alors qu'en fait....personne n'en sait rien !

Pour ma part, je préfère rester cohérente avec moi-même et garder de vrais liens avec tous les gens qui comptent pour moi, même dans une période où je suis "à fond sur" quelqu'un. D'autant plus que je ne cesse jamais d'aimer.

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