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Paumée avec un polyamoureux

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aviatha

le vendredi 03 janvier 2014 à 19h36

Oui, c'est vrai, mais en même temps je ne demande pas à quelqu'un avec qui je veux faire ma vie qu'il soit prêt à tous les sacrifices pour moi, mais qu'il soit dans la réciprocité. Pour moi ça correspond à un juste retour des choses, sans doute, mais pas que. C'est aussi une preuve que je peux donner ce que l'autre me réclame sans crainte de me faire "avoir", que la personne en face de moi n'est pas un abuseur, mais quelqu'un qui tient compte de mon ressenti, de mes limites, et qui ne considère pas mes sacrifices comme un "dû", qui a conscience que demander un lourd sacrifice à quelqu'un a toujours un prix élevé et qui agit en pleine conscience de ses actes.
Il y a beaucoup plus, je crois, qu'un simple retour des choses.

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LuLutine

le vendredi 03 janvier 2014 à 20h22

aviatha
Il a fait des promesses que rien ne l'obligeait à faire, il les a renouvelé, alors que je ne les lui demandais pas, il n'a cessé de me dire de lui faire confiance, que j'étais sa priorité et qu'il ne voyait pas sa vie sans construire des choses avec moi, il a fait en sorte que je me raccroche à ces paroles et ces promesses pendant des mois, si c'est au final pour me dire que oui mais non mais il la préfère quand même, alors il devient un traître, et il n'y a pas de place pour les traîtres dans ma vie. C'est aussi simple que ça.

Wow.

On a vécu la même chose, toutes les deux dis-moi !

Comme je te comprends !

aviatha
Mais, si je supporte aussi mal les traîtres, c'est parce que je suis de ceux qui font démesurément confiance, une confiance aveugle, jusqu'au bout, malgré tout ce que ça peut coûter, malgré les signes qu'il ne faudrait pas. Et je ferais confiance jusqu'à ce qu'il me prouve que j'ai eu raison de le croire et qu'on commence à reconstruire, ou jusqu'à la trahison.

J'aurais pu écrire ça aussi...!

homme_partit
Mais la première à avoir fait un sacrifice c'est toi, donc ne pourrait-on pas considérer sa décision comme un juste retour des choses ?

Pour ma part je dirais que ça n'en reste pas moins un sacrifice.

aviatha
je ne demande pas à quelqu'un avec qui je veux faire ma vie qu'il soit prêt à tous les sacrifices pour moi, mais qu'il soit dans la réciprocité.

(+) (+) (+)

De la difficulté à faire la différence entre les deux...!

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aviatha

le lundi 06 janvier 2014 à 00h34

Encore une fois j'ai conscience que ce que je lui demande (et à quoi il s'est engagé au passage) est un sacrifice. Mais je pense que quand on demande de lourds sacrifices à quelqu'un, vivre dans la réciprocité implique qu'on soit prêt à lui rendre la pareille, sinon c'est partir du principe que tout nous est dû, et ça, pour moi c'est niet.

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LuLutine

le lundi 06 janvier 2014 à 02h21

aviatha
quand on demande de lourds sacrifices à quelqu'un, vivre dans la réciprocité implique qu'on soit prêt à lui rendre la pareille, sinon c'est partir du principe que tout nous est dû, et ça, pour moi c'est niet.

Yep, c'est pourquoi je ne demande pas aux autres de faire quelque chose si c'est vu comme un sacrifice.

Un effort, oui (j'en fais aussi, question de réciprocité comme tu dis !).

Un sacrifice, non.

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aviatha

le lundi 06 janvier 2014 à 11h46

Et c'est un choix parfaitement défendable. Mais ce n'est pas à moi qu'il faudrait dire ça ^^ Ce n'est pas moi qui ai fait cette demande en premier, je me suis contenté d'accepter, en stipulant bien qu'un jour il lui faudrait me rendre la pareille car je n'avais pas vocation à faire ça toute ma vie. Le reste, c'est une histoire entre lui et lui.

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aviatha

le mardi 18 mars 2014 à 01h07

Cela fait un moment que je n'ai pas posté ici. Mais je pense que je vous dois des nouvelles, un peu, parce que vous avez été là, parce que certains se posent la question de savoir comment ça a évolué, comment je vais, etc...

Je fais partie de ceux qui ont voulu y croire. Qui ont voulu croire que le fait qu'il aime une autre n'était pas un désamour de moi, que l'autre soit avec une autre ne veut pas dire qu'il va nous négliger, qu'il faut savoir faire confiance aux gens qui nous aime parce qu'ils ne nous ferons pas de mal et que face aux situations nouvelles, même douloureuses, il faut savoir écouter, accepter et comprendre.

Et j'avais tort.

J'aurais dû écouter mon instinct, depuis le tout début, cette voix en moi qui hurlait que tout ce qu'il lui donnait m'était arraché, que chaque baiser entre eux était une injure jetée à mon visage, qu'il ne faut jamais accepter ce qui nous fait violence et que, par définition, on est trahi que par ceux en qui on a confiance.

Il a trahi toutes les promesses qu'il avait faites, toutes les assurances qu'il m'avait données, toutes les paroles d'amour qu'il m'avait déclarées. Et un geste pareil, un mois à peine après m'avoir à nouveau assuré combien il m'aimait et n'imaginait pas vivre sans moi, cela fait qu'il a sali tout ce que nous avons vécu. Si en un mois peut disparaître un amour de six ans qu'on assure vivant quelques semaines plus tôt encore, c'est qu'il n'était au fond pas grand chose. Et si malgré sa décision de partir avec elle, il m'aime toujours, c'est qu'il était bien capable de choisir entre nous deux, et le long calvaire qu'il m'a infligé n'avait donc pas d'autre raison que de satisfaire son égo ou son plaisir, fusse au dépend de moi, jusqu'à ma santé.

Peut-être est-il un poly, après tout, je n'en sais rien, même si avec MetaZet on en était pas sûrs. Peut-être qu'il est devenu poly et donc a changé, mais dans ce cas il n'a pas changé en mieux. Pendant les années où nous avons été tous les deux, c'était un homme attentionné, attentif, altruiste, honnête et droit, aujourd'hui c'est un égoïste égocentrique, un traître et un parjure. Et je suis triste, pour moi, pour nous et aussi pour lui, de ce qu'il est devenu.

Je me sens stupide d'avoir fait tant d'efforts simplement pour creuser ma propre tombe. Lui-même reconnaît que, si j'avais tenu bon, si je lui avais défendu de voir cette autre femme, sans doute que ça lui serait passé, et je sais au fond de moi que c'est la vérité.

Sans doute que ce n'est pas vrai, vos exemples me le disent, mais je suis comme St-Thomas, je ne crois que ce que je vois, et je sais que désormais la prochaine de mes relations qui me parle de polyamour retrouvera ses affaires sur le palier dans la seconde qui suit. Je ne ferai plus d'efforts pour comprendre, pour accepter, pour "travailler", ou que sais-je encore, j'ai bien vu que ça ne sert qu'à laisser les autres abuser de ma gentillesse et de mon esprit de sacrifice, mais je ne ferai plus jamais la même erreur. Je sais que vous allez me dire que c'est son comportement à lui qui n'allait pas, que ce n'était peut-être pas le bon, et je vous dirais que c'est un discours de mono, ça "ça marchera avec le bon". Et si au bout de six ans ensemble et d'avoir grandi l'un avec l'autre et de s'être construits face à face, je n'aurais pas dû lui faire confiance, alors personne n'est digne de confiance.

J'ai parlé de vous à ma psychiatre, notamment des conseils que vous me donniez, du "travail sur les peurs". Si elle est généralement d'accord avec vous, sur le dernier point, c'est une connerie pour elle, je vous re-cite à peu près "Tout le monde a peur, les poly comme les autres, mais pas des mêmes choses. Déconstruire la peur, comme ils disent, ça n'a de sens que si ça répond à une autre peur, plus profonde. Ils déconstruisent la peur de l'abandon ? C'est parce qu'ils ont peur d'être phagocyter par l'autre. Ils déconstruisent la peur de la solitude ? Parce qu'ils ont peur de l'envahissement. Ils sont rongés par la peur: de rater une occasion, d'être diligenté en permanence, de passer à côté de leur vie à cause des besoins des autres, d'être le principal responsable du bonheur d'une personne et de risquer de se planter, de ne vivre qu'à travers les autres et de ne plus se retrouver, et pleins d'autres, mais tous les humains sont ainsi. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise peur, il n'y a que celle qu'il faut déconstruire parce qu'elle nous empêche de vivre et celle qu'il faut laisser là, parce qu'elle protège nos fragilités." Je ne l'ai compris que trop tard, j'avais déjà abaissé de force les barrières qui me protégeais, et j'étais désarmée. Fatalement, la blessure est profonde, et grave, elle a même déclenché un trouble cardiaque chez moi, avec intervention du SMUR et tout le bordel. Comble de l'ironie, ça s'appelle (entre autre, sinon ça a aussi un nom japonais que j'ai pas retenu) le syndrome du cœur brisé.

De son côté, c'est un peu le tremblement de terre. Il n'arrive toujours pas à croire que je puisse avoir atteint un tel niveau de souffrance que je peux ne plus vouloir de lui dans mon existence. Comme le dit toujours ma mère face aux gens qui ont des comportements stupides "laisse-le va, la vie finira par lui apprendre". Et je crois que c'est son cas. On ne peut pas infliger des choses pareilles à une personne pendant plus d'un an, se parjurer et la trahir, et lui demander quand même de rester parce qu'on a besoin d'elle, ça marche pas comme ça, le monde.

Et pour finir, sur un thème de discussion qui était sorti sur le forum il n'y a pas longtemps, je considère effectivement qu'il m'a trompée. Parce que ce n'est pas tout de le dire, tromper, c'est ne pas respecter le contrat établi entre les deux parties, pour son intérêt propre, en lésant ou en faisant du mal à l'autre. Et c'est le cas. le contrat était "tu peux avoir cette histoire avec elle si..." et à partir du moment où on est d'accord, où on s'engage et où le "si" n'est finalement pas respecté, je considère que c'est tromper, peut-être même dans le sens le plus ancien du terme: tromper la confiance, duper, escroquer.

La psychiatre m'a demandé si je lui en voulait. Pas au sens où on l'entend. Pour moi, il n'est plus l'homme que j'ai connu et aimé, cet homme là est mort, et j'en veux à l'homme pitoyable qu'il est devenu d'avoir tuée la belle personne qu'était l'homme que j'aimais. Le changement est si radical que je ne suis pas la seule que ça dérange. Nombre de nos amis communs lui ont tourné le dos, pas pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il est devenu. Plus que m'avoir perdue, et avoir gâché ce qui était beau entre nous, il s'est surtout perdu lui-même, et je suis triste de ce qu'il est devenu.

Je lui en veux à elle en revanche. Qui avait aussi accepté les conditions que j'avais posées. Qui savait dès le début qu'il y avait des choses auxquelles je ne voulais pas renoncer. Qui dois quand même être dotée d'un libre arbitre, et qui donc à choisi de rester, quand elle a vu que sa décision à lui allait à l'encontre de ses promesses, et de ce à quoi elle s'était elle-même engagée envers moi. Avec toute l'attention que je lui ai apportée des mois durant, j'ai l'impression d'avoir réchauffer contre moi une vipère qui m'a mordu dès qu'elle a eu assez de force pour bouger, forces que je lui ai moi-même données, comme une c***e, malgré mes mais qui me rappelait qu'un serpent ça mord quoi qu'on y fasse, et que je ferai mieux de lui écraser la tête pendant qu'il en était encore temps. A l'avenir je serai plus méfiante.

Voilà.

C'est l'histoire d'un gâchis, le gâchis monumental d'une magnifique histoire d'amour qui a duré six ans, gâchée par un désir-caprice, qui se serait visiblement éteint tout seul si je ne lui avais pas bêtement laissé de l'air, si j'avais campé sur mes positions et l'avais étouffé dans l’œuf, comme mon intuition me criait de le faire. Il n'y a qu'un pas entre le compassion et la faiblesse. Compatir, ç'aurait été comprendre qu'il soit perdu, l'écouter, l'aider à analyser, et à en sortir, sans désamour et sans le juger, la faiblesse, ça été de le laisser faire ce qu'il voulait en sachant viscéralement et pertinemment que ça ne mènerait qu'à mon chagrin et notre ruine. Et j'ai été faible. Et je ne le serai jamais plus, LuLutine a raison, il faut vivre et apprendre de ses erreurs. Et j'ai pris une grande leçon.

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homme_partit

le mardi 18 mars 2014 à 01h43

Bonsoir Aviatha.

Je suis sincèrement désolé de ce qui t'arrive avec les impacts sur ta santé.

Ton passage sur les peurs se rapproche de ce que me dit ma psy, à vouloir se débarrasser d'une peur, il y a souvent la découverte d'une autre.

Elle me disait également qu'il y a une multitude de raisons de vivre les amours pluriels et énormément de façons de les vivre.

Ne te sens pas responsable de cette désillusion, tu lui as donné la possibilité de vivre son poly au grand jour à ton seul détriment, en surestimant certainement tes capacités afin d'avancer pour une route meilleure.

Vivre et apprendre de ses erreurs, mais lorsque l'on s'aperçoit son erreur, c'est que l'on est en vie pour s'en rendre compte et cela fait mal. Dans ta situation, y avait-il une réelle solution sans erreur?

Prends soin de toi.

Max

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LuLutine

le mardi 18 mars 2014 à 01h57

Salut aviatha,

MetaZet va être content d'avoir de tes nouvelles, il se demandait tout haut récemment (peut-être as-tu vu son message ?) ce que beaucoup sans doute (moi en tout cas) pensaient tout bas : mais que devient aviatha ?

Je trouve que toi et moi on a vraiment un vécu en miroir.

aviatha
la prochaine de mes relations qui me parle de polyamour retrouvera ses affaires sur le palier dans la seconde qui suit

Tu peux remplacer "polyamour" par "exclusivité" pour moi.
(Enfin, je discuterai d'abord pour voir si c'est dit sérieusement ou "en l'air", mais quelqu'un qui me demande vraiment l'exclusivité, j'essaye même pas.)

aviatha
On ne peut pas infliger des choses pareilles à une personne [...], se parjurer et la trahir, et lui demander quand même de rester parce qu'on a besoin d'elle

On m'a fait le coup aussi, je ne suis pas restée non plus. Je te comprends.
Sauf que moi c'était la situation inverse : le "contrat" de base était poly, et il a décidé que tout-à-coup il serait exclusif avec une autre, mais qu'on devait "rester amis" parce que lui l'avait décidé ainsi (mais on n'avait pas le droit de se tenir à moins de 5 mètres l'un de l'autre, grosso modo, enfin tu vois l'esprit). Et c'était pas au bout de six ans, mais de bien plus longtemps...donc un amour de six ans qui s'en va en un mois...tu peux remplacer six par un nombre plus grand, y a aucun souci.
Par contre pour moi, ça ne veut pas dire que cet amour n'était rien. Ca ne change pas ce qui a été vécu. Parce qu'on s'est séparés, je ne vais pas renier tout ce qu'on a vécu. Je ne vois même pas pourquoi je le ferais d'ailleurs.

Tu considères qu'il t'a trompée : dans la mesure où votre contrat était en gros "ok pour une relation avec l'autre mais en CDD" et qu'il a voulu la transformer en CDI (pour dire vite, je résume), je suis d'accord avec toi.
Tromper c'est en effet ne pas respecter les accords.

Moi aussi j'ai été trompée, par quelqu'un qui était d'accord pour une vie poly et pour construire quelque chose autour de notre relation, en tant que relation principale. Je suis toujours restée fidèle à ce projet, lui non. Ironie de l'histoire, dans ton cas l'immense majorité des gens te diront que tu as bien été trompée, alors que dans le mien on viendra me dire que c'est "normal".

Bon je blablatte beaucoup mais parce que je trouve très intéressant le parallèle entre nos deux histoires. Nous avons toutes les deux certains principes comme le respect des engagements pris, et bien qu'ayant des philosophies amoureuses complètement opposées, on se retrouve finalement avec une façon de vivre les choses pas si éloignée (si ce n'est que je ne somatise pas autant que toi - ça m'est arrivé bien sûr, notamment à une époque une angine qui m'a presque empêchée de respirer pendant plusieurs jours, mais ce n'est absolument rien à côté de ce que tu as vécu).

Pour ce qui est de parler de gâchis...pour ma part je considère que ce n'est pas parce que quelque chose est détruit qu'il n'a jamais existé. Que par conséquent, il n'y a aucune raison de "revoir à la baisse" sa valeur passée au regard des événements plus récents.
Je ne parle donc plus de gâchis (mais je reconnais l'avoir fait à l'époque, d'ailleurs tu dois pouvoir retrouver ça dans un fil quelque part !) parce que cette histoire m'a fait grandir, que j'y ai été heureuse, qu'elle m'a appris énormément. La rupture aussi m'a appris à qui ne pas faire confiance. Et plein d'autres choses. En résumé, comme dirait un chanteur : "Même si ça fait mal, c'est gagné"...

Je prends dans les leçons du passé l'énergie nécessaire pour rebondir. Bien sûr il y a tout à reconstruire quand quelqu'un est passé qui a tout détruit. Bien sûr comme toi, je lui en veux surtout à elle (encore une similitude, tiens). Je me suis refusée à employer la manipulation...elle n'a pas hésité ! Ca ne change pas le fait qu'il a choisi, quand même. Et qu'il n'est pas complètement stupide (bien qu'un peu c** parfois, je dois dire...il prétendait le faire exprès, ce qui ne change pas le résultat).

Aujourd'hui quand je regarde tout ce que j'ai vécu depuis, je sens vraiment que c'était comme on dit "un mal pour un bien". Si j'étais restée dans cette relation (et comme je ne trahis pas mes engagements, j'y serais restée s'il ne m'avait pas trompée, trahie, abandonnant de fait tout ce qui constituait la relation), je n'en serais probablement pas du tout au même point et je serais passée à côté de tant de merveilles de la vie (par contre, je sais très bien ce que je "loupe" en n'étant plus avec lui, et ça ne me fait nullement envie au regard de ce que je vis aujourd'hui) !

Alors je te souhaite que tout comme pour moi, le bien à venir soit au moins à la hauteur du mal que tu as vécu.
Edit, en fait je vais l'écrire trois fois même (donc deux de plus), parce que c'est super important :
Alors je te souhaite que tout comme pour moi, le bien à venir soit au moins à la hauteur du mal que tu as vécu.
Alors je te souhaite que tout comme pour moi, le bien à venir soit au moins à la hauteur du mal que tu as vécu.

Waouh, ça va être super génial dis-moi ! Allez on y croit ! Tu es toujours là, tu dois avoir une bonne étoile ! (C'est une phrase que je me dis souvent, quand je réalise que la vie tient à si peu de chose.)

Et même si la majorité des gens qui passent ici ont un fonctionnement amoureux à l'opposé du tien, tu sais que tu seras lue avec toute la bienveillance possible à chacun d'entre nous, sans jugement (en tout cas on essaie), et qu'ainsi tu peux revenir quand tu veux... :)

PS : Je ne suis pas persuadée que ta psy connaisse si bien les poly, je ne suis pas 100% d'accord avec son analyse, ou alors c'est que tu n'as pas réussi à bien faire passer l'idée (ou c'est moi qui n'ai pas compris, ce qui est possible aussi).

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tsampa

le mardi 18 mars 2014 à 02h02

Salut Aviatha,

Je suis moi aussi très attristé par ce qui t'arrive et par la trahison dont tu as été victime.
Je compatis et t'envoie toute l'énergie possible pour traverser ces mauvais moments.

Tout ce que je pourrais dire me semble dérisoire, mais c'est sincère, on pense fort à toi.

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Green-Man-Outside

le mardi 18 mars 2014 à 02h37

aviatha
par définition, on est trahi que par ceux en qui on a confiance

Oui. Par définition, si on ne fait pas confiance il n'y a rien à trahir. (enfin, certains arrivent à se trahir tous seuls, mais c'est une autre histoire)


Et j'ai été faible.

Non.


Et j'ai pris une grande leçon.

Pour sûr. Reste à bien l'interpréter.


A l'avenir je serai plus méfiante.

Se méfier, oui. Ne plus jamais ouvrir ton coeur... ce serait dommage, tu ne penses pas ? ;-)


C'est l'histoire d'un gâchis

Je connais cette impression. Je la comprends.
Cependant, de ma tranquille place extérieure (le monde est injuste) j'ai envie de te dire "non". Non, ce n'est pas un gâchis. C'est plutôt un bon débarras. Même si tu ressens le manque parce que tu l'aimes, il n'a visiblement plus rien de bon à t'offrir. Bon débarras, donc. :-)


Et si malgré sa décision de partir avec elle, il m'aime toujours, c'est qu'il était bien capable de choisir entre nous deux

Oui, et que ce n'était pas un "poly".


et le long calvaire qu'il m'a infligé n'avait donc pas d'autre raison que de satisfaire son égo ou son plaisir, fusse au dépend de moi, jusqu'à ma santé

Il y a un temps pour panser ses blessures, et un temps pour les penser.
La question qu'il sera intéressant de creuser quand l'intensité du moment sera descendue, c'est : pourquoi cette relation visiblement source de souffrance. ;-)

Bon courage pour ton deuil en tout cas.

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Siestacorta

le mardi 18 mars 2014 à 10h00

Ben le chapitre sur les peurs, ta psy a totalement raison.
Enfin... Disons qu'on a tous nos peurs différentes, c'est pas les mêmes pour chacun et on a pas pas tous la même somme sur les épaules, pas plus que les monos ne jalousent tous de la même façon, mais c'est certain, ça construit aussi nos parcours.

Après, sans excès d’optimisme, on peut dire que lq multiplication des expériences liée au poly nous donne plus d'occasions de nous confronter à nos peurs et de les déconstruire.
Ca veut pas dire qu'on y arrive, mais disons qu'avec ce mode de vie, on doit faire avec l'idée qu'on va pas y échapper avec une rencontre.
Même en tombant sur quelqu'un qui nous correspondrait to-ta-le-ment, "le bon" qui nous hérisse sur le papier, ben bon, admettons, et il serait aussi poly (sinon il serait pas à ce point "the one"), ben on aura de nouvelles peurs à gérer. On le sait, c'est comme ça.

C'est peut-être ce "fatalisme" qui t'a, parfois, mis à l'aise dans nos échanges, ton rapport à la maladie t'as peut-être aussi donné un pragmatisme que tu nous reconnais parfois.

(et je sais pas si ton mec était poly ou pas, mais il manque de maturité et de sens des responsabilités, ça, ça avait été souligné relativement rapidement).

Sinon, si la leçon est "j'ai une fragilité je dois pas la confier à n'importe qui", c'est quelque chose que tu répétais déjà au début de l'histoire, donc j'espère que ce que tu as appris n'était pas juste un rappel d'une violence superflue.

Si la leçon est "ne te sacrifie pas, ça ne donne pas un sens plus grand à l'amour, ça t'enlève une chance de vivre bien", alors c'est une bonne leçon, oui. On a dû te le dire, nous, d'autres même pas poly, il fallait que tu le touches du doigt.

J'espère vraiment que tu te trouveras mieux ensuite. Je comprend que nous ne soyons pas forcément un groupe que tu as intérêt à fréquenter, mais bon, dans le temps, on s'est attaché à toi et à ton histoire, hésite pas à passer nous voir ici ou lors des évènements. Je sais que t'as ton propre entourage, hein, mais bon, y a du bon à savoir que tu seras bien reçu ailleurs.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 18 mars 2014 à 10h53

Une fois, mon mari m'a demandé de cesser d'être polyaffective. J'ai répondu non. Pourtant ça aurait été facile de dire que oui, que "je ne regarderais plus avec mon coeur les gens que je croise". Sauf, que d'instinct, je savais que ce ne serait pas possible pour moi, alors j'ai préféré que l'on continu sur des bases réalistes.

Je crois que promettre l'exclusivité amoureuse est aberrant et inhumain (pour moi en tout cas). Faire une promesse que l'on sait ne pas pouvoir tenir l'est encore plus.

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aviatha

le mardi 18 mars 2014 à 13h28

Encore une fois je vais essayer d'avoir un mot pour tout le monde.

@Homme parti
Encore une fois, on ne sait pas s'il est poly, c'était une grande question avec MetaZet. Et je tends à penser que s'il a pu la choisir, il n'était pas plus poly que ça.
Est-ce qu'il y avait une solution sans erreur ? Je ne sais pas, mais je sais que à camper sur mes positions au lieu de vouloir jouer l'ouverture, quand bien même au final on aurait abouti au même résultat, au moins je me serais épargné ce long calvaire qu'ont été ces derniers mois.

@LuLutine
Sans doute, c'est pour ça je crois qu'on aboutit sans cesse aux conclusions contraires en ayant le même raisonnement.
J'emploie le terme gâchis en ce sens qu'à mes yeux il y avait encore beaucoup de belles choses à vivre dedans, beaucoup de promesses dans cette relation, et que ça a été détruit bêtement. Peut-être aurait-il suffit que je fasse confiance à ce que je ressentais et que je refuse, sans négociation possible. Peut-être, enfin bon. Pour ma psy, elle en a vu passer quelques uns quand même, et pour elle ils ne sont juste pas différents des monos, leur fonctionnement est le même, il joue juste sur un autre tableau.

@tsampa
Je prend, Dieu sait à quel point j'en ai besoin

@GMO
A mes yeux, j'ai été faible parce que j'aurais dû imposer ma vision, au lieu d'essayer d'accepter quelque chose dont je sentais instinctivement que ça allait me faire du mal. Pour ce qui est du gâchis, mais ça rejoint un peu LuLutine, pour moi le gâchis ce n'est pas être privé de ce qui reste, c'est saboter ce qui aurait pu être, et on aurait pu être beaucoup. Je ne l'aime pas, je le méprise, j'aime l'être qu'il a été comme on aime les morts, avec nostalgie. J'aimerais croire que cette belle personne dort en lui, quelque part, et qu'un jour elle reprendra le dessus, mais j'ai bien du mal. Quand à pourquoi j'en souffre : parce que je suis comme ça, comme vous vous souffrez de devoir être exclusif, et chez vous ça ne se questionne pas beaucoup plus que ça, parce que dans la relation que je tisse, dans ce que je donne et fabrique avec l'autre, sa non-exclusivité est une injure à ce que je suis et ce que je ressens, et je ne vois pas pourquoi ce serait à moi de changer pour l'autre. Si malgré tout ce que je peux donner, il veut autre chose, il ne me mérite pas, et pour moi désormais ça s'arrête là.

@Siestacorta
Ce que j'ai appris, plus que la fragilité, c'est savoir que ces peurs là étaient là pour la protéger, et que je ne dois les déconstruire pour personne. Quand au sens plus grand de l'amour, c'est bête à dire, mais si la vie doit être une chose douce et mesurée, elle ne m'intéresse pas. J'ai besoin de plus grand, c'est comme ça. Pour certains ce sera la gloire, pour d'autre ce sera Dieu, pour certains l'art, pour d'autres faire tourner sa vie autour de leurs enfants... Il y a vivre "bien" et se sentir vivant, et j'ai besoin de ce "plus grand" pour me sentir vivante.

@gcd68
Oui, mon erreur a été de ne pas avoir cette détermination que tu as eu. J'aurais dû dire non quand il m'a demandé la non-exclusivité, je savais viscéralement que ce ne serait pas possible pour moi, je savais que c'était comme accepter de me laisser assassiner par petits bouts, jour après jour, sans jamais se plaindre. En effet, c'était une aberration de ma part d'avoir accepté, j'ai voulu croire qu'en essayant je pourrais m'y faire. Désormais je sais que je ne peux pas.

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Siestacorta

le mardi 18 mars 2014 à 14h03

aviatha
@Siestacorta
J'ai besoin de plus grand, c'est comme ça. Pour certains ce sera la gloire, pour d'autre ce sera Dieu, pour certains l'art, pour d'autres faire tourner sa vie autour de leurs enfants... Il y a vivre "bien" et se sentir vivant, et j'ai besoin de ce "plus grand" pour me sentir vivante.

Ah mais oui mais tutafé mais padsouci !
Pour certains ici, le polyamour est justement un pas vers cette grandeur.
Mais j'insiste pour ma part sur le fait que le sacrifice, ou la difficulté et l'effort investi à faire vivre une relation amoureuse n'en sont pas des signes univoques, et encore moins des garanties de la valeur du sentiment.
Lutter pour la vie, ça donne du goût.
Mais cette lutte et la peine sont des signes de vitalité trompeurs.
C'est pas "la preuve que ça vaut la peine, j'ai de la peine à le faire".
On se pousse plus loin parce qu'on ressent plus, mais bon, à un moment on se cogne avec le marteau parce que ça fait du bien quand ça s'arrête. En vivant trop l'amour comme ça, sur le mode Tristan&Iseult où c'est que dans l'adversité qu'ils sentent l'amour, il y un bon potentiel de gâchis.

C'est ce que je veux dire quand je dis qu'on peut vivre bien.
Si on dépend de ce test de volonté pour se sentir vivre, que ce qu'on fait sans ce vertige n'a pas de goût, c'est comme ne pas boire d'eau parce que les autres boissons font des effets plus variés...

Bref : je suis loin de dire qu'il faut se détacher des passions, l'épicurien et le raisonnable, ça me laisse sans vie autant que toi. Mais cultiver aussi une sensibilité au bon et simple, ça n'émousse pas.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Caline

le mardi 18 mars 2014 à 17h53

Chère Aviatha,

Que te dire d'autre que de continuer à faire confiance en la vie et de tourner la page du passé une bonne fois pour toutes.
Ne considère surtout pas ce qui s'est passé comme un gâchis, tu es jeune et tu auras je te le promets encore de belles rencontres devant toi.
Prends bien soin de toi et essaye de récupérer un maximum.
Au fait, où en es - tu dans ta thèse de doctorat ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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aviatha

le mardi 18 mars 2014 à 22h46

@Siestacorta
J'ai du mal avec le "bon et simple" ça me parait vite fade et vide, et ça me déprime plus qu'autre chose, mais c'est sûrement mon côté dépressif ça. Toutefois, ce n'est pas une question d'avoir de la peine à ou pour faire, c'est simplement que pour moi, la valeur d'une chose se mesure, aussi, pas que mais entre autre, à ce qu'on est prêt à faire pour la conserver, c'est dans l'adversité qu'on réalise ce qui est vraiment important à nos yeux, et jusqu'ici ça ne s'est pas démenti, même là. Ça m'a juste rappelé que parfois, même tous les efforts du monde sont impuissants.

@Caline
Je ne vois pas en quoi le fait qu'il puisse en avoir d'autres enlève quoi que ce soit au gâchis de celle-là. Je pense que ce n'est pas à vous que je vais apprendre qu'une histoire qui arrive n'en efface pas une autre.
J'essaye de récupérer, mais je suis bien entourée, alors ça va.
Avec mes directeurs, on avance, je passe bientôt devant le comité scientifique, j'espère que ça ira. :-)

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DiamantGirl

le mercredi 19 mars 2014 à 01h26

@Aviatha, et tous les autres.
je suis tombée sur ce fil par hasard (la magie d'internet et le saut de lien en lien tel un Tarzan du web..). En une soirée j'ai lu les 15 pages de conversation et me suis rapidement attachée à toi, et aux principaux protagonistes de la discussion.
Ta conclusion a été un véritable choc. Puisses-tu t'en remettre du mieux possible...
Une petite pensée de plus de ma part, donc, car ça ne peut pas faire de mal.

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Caline

le mercredi 19 mars 2014 à 07h28

aviatha
@Siestacorta



@Caline

Je ne vois pas en quoi le fait qu'il puisse en avoir d'autres enlève quoi que ce soit au gâchis de celle-là. Je pense que ce n'est pas à vous que je vais apprendre qu'une histoire qui arrive n'en efface pas une autre.

J'essaye de récupérer, mais je suis bien entourée, alors ça va.

Avec mes directeurs, on avance, je passe bientôt devant le comité scientifique, j'espère que ça ira. :-)

Mais oui, cela se passera bien, tu as certainement la volonté de réussir, vu ce que tu as montré comme volonté pour autre chose...
Soit, le passé est encore très présent et c'est difficile de penser à autre chose dans cette perspective mais ne te laisse pas enfermer dans une prison de souvenirs...

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Anarchamory

le mercredi 19 mars 2014 à 15h13

Salut Aviatha,

Heureux de te retrouver, en effet ! :D Dommage pour vous que ça se soit fini ainsi. Oui, je dis "pour vous", car je ne suis pas sûr que ça a été facile aussi pour lui, même si tu lui fais porter le mauvais rôle (sans doute largement à raison, d'ailleurs). Je ne sais pas trop quoi ajouter vu tout ce qui a été dit. Comme souvent (toujours ?), LuLutine a fait une réponse tout à fait remarquable ^^

Comme Siesta, je pense que ta psy a vu juste. Même si certains polys ont pu défendre l'idée qu'il y avait d'un côté des monos apeurés et de l'autre des polys délivrés des peurs, je pense plutôt qu'on a des peurs différentes, et qu'on n'affecte pas le même degré de crainte selon les cas. Tous, nous cherchons à nous délivrer de peurs plus secondaires, pour ne pas subir des peurs primaires. J'ai essayé de m'analyser vite fait en lisant ta prose, et je pense qu'on peut dire qu'en effet, je crains davantage l'envahissement que la solitude, l'exclusivité que la rupture, etc.

Maintenant que cette histoire est finie, je pense, et j'espère, que tu sauras en tirer des enseignements positifs pour toi-même. La prochaine fois que tu auras quelqu'un dans ta vie, tu pourras mettre tout de suite les choses au clair : votre relation sera exclusive ou ne sera pas, et ça ne changera pas sinon "bye bye". Au début, je me suis dit que mes presque 9 ans avec ma future ex-épouse c'était du gâchis, mais je pense que ça a répondu à un besoin du moment, que si je suis resté malgré les difficultés, c'est que je jugeais que ça en valait la peine (pas pour plus tard, mais au jour le jour). Et même si ça s'est fini, ça n'a pas présenté que du négatif, ça m'a permis de mieux me connaître, de développer certaines qualités : patience, prise de recul, etc. Parfois, je me dis aussi que si notre relation s'était mieux passée, j'aurais davantage hésité à la quitter et je serais peut-être passé à côté de plein de personnes intéressantes (à commencer par les gens rencontrés via la communauté poly), je serais passé, surtout, à côté de moi-même (et ça c'est quand même chiant... je repense souvent à ce message qui m'a fait l'effet d'un déclic lorsque je me questionnais sur l'avenir de mon couple : /discussion/-Er-/Besoin-d-aide/#msg-48631 ; message dont je te conseille la lecture car il est applicable à toute situation de choix...), ou alors j'aurais eu des remords.

Je pense que tu as fini par prendre la bonne décision, mais c'était bien d'essayer quand même. On ne peut pas savoir si ça ne convient pas tant qu'on n'a pas essayé. Je pense que si tout le monde n'est pas forcément fait pour la non-exclusivité, tout le monde devrait au moins savoir que ça existe, que c'est possible et moralement admissible, et considérer la question pour lui-même, afin de faire un vrai choix en autonomie. C'est ce que tu as fait, tu as eu le courage de vérifier par toi-même, tu sais maintenant, en connaissance de cause, que tu es monogame. Avant cette démarche, il aurait été possible de suspecter un simple conformisme à "ce qui se fait". Tu peux au moins avoir cette satisfaction : tu as choisi en conscience la voie de la monogamie, en sachant qu'il y a d'autres chemins, et en ayant tenté de les emprunter. C'est pourquoi, aussi, tu auras maintenant un argument de poids à faire valoir si quelqu'un d'autre te propose la non-exclusivité : l'expérience personnelle. On n'apprend pas uniquement de ses succès, mais aussi de ses échecs. Ce n'est pas à une scientifique que je vais l'apprendre :-)

J'espère que le temps te permettra de faire disparaître tout ressentiment envers ton ex. Je ne dis pas qu'il faut que vous reveniez ensemble, non, bien sûr. Mais à quoi bon le haïr ? Je ne le connais pas, mais il ne me paraît pas impossible qu'il soit quelqu'un qui s'est trouvé dans une situation difficile, à prendre des décisions difficiles, à naviguer à vue car il était perdu, dépassé par les événements, à avoir peur de l'avenir, cherchant à ménager le loup, la chèvre et le chou... Qu'il ait été faible, qu'il ait fait des erreurs, c'est possible. Mais était-il malintentionné ? A-t-il vraiment saboté ce qui aurait pu être ou n'y avait-il pas d'autre issue possible ? Peut-être que si c'était lui qui avait renoncé pour toi, qu'il en aurait été malheureux (et toi aussi par ricochet, du coup), si, fondamentalement, l'exclusivité n'est pas son truc ? Au fond, peut-être qu'il n'y avait pas d'autres choix que la rupture (qui est un malheur intense mais bref) ou l'aliénation (qui est un malheur plus lancinant mais durable), car vous n'êtes tout simplement pas compatibles sur un aspect de votre personne que vous n'aviez pas encore exploré mais qui semble central chez chacun de vous. Cela dit, serait-il inconcevable qu'il devienne (pas tout de suite, hein) un ami ?

Je sais que ce puits de sagesse qu'est LuLutine explique parfois que lorsque quelque chose ne va pas avec l'une de ses relations (amicale, amoureuse, amireuse, etc.), elle lui propose d'en renégocier les modalités d'une façon qui ne fasse souffrir personne (ou le moins possible, disons : plus de bonheur que de souffrance). Il me semble que c'est un aspect méconnu (y compris par de trop nombreux polys) du polyamour (et surtout de l'anarchie relationnelle, à vrai dire) qui peut trouver à s'appliquer dans une bonne mesure au sein de relations monogames : les niveaux de gris. Tout n'est pas forcément tout noir ou tout blanc. Ce n'est pas parce que deux personnes renoncent à la vie commune, au sexe, aux projets de vie et à l'amour amoureux, qu'il est nécessaire de renoncer aussi à tout le reste... Tout dépend si vous en souffrez ou pas, si vous y trouvez une satisfaction ou pas. Mais ça peut valoir le coup d'essayer.

Gros bisous et toute mon affection pour ces moments difficiles que tu traverses... <3

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aviatha

le mercredi 19 mars 2014 à 16h03

Tiens, je me demandais quand tu allais refaire surface :-)

Je ne suis pas sûre que ça a été facile pour lui, mais quand le choix qu'on fait est de trahir quelqu'un et de lui infliger volontairement une grande souffrance parce qu'on n'a pas le courage de s'y confronter soi-même, même si on l'a promis, il ne faut pas non plus attendre que je le plaigne.

J'avoue, j'ai du mal, mais sans doute c'est le contre-coup, à tirer du positif. Tout ce que j'ai l'impression d'avoir appris, c'est que quand on est gentil, généreux et compréhensif, on se fait avoir par les gens et qu'ils en profitent,et que donc il ne faut pas l'être, ou du moins l'être moins que ceux en face. Ça, et le fait que le seul moyen de n'être jamais trahi, c'est de ne jamais faire confiance, et je ne suis pas sûre que ce soient des enseignements très positifs...

Encore une fois, je ne le hais pas. L'homme que j'aimais était une personne merveilleuse, et l'homme qu'il est devenu a tué cette personne-là, et pour cet acte, je le méprise, mais j'aime celui qui n'est plus, comme on aime les morts. Je ne lui reproche pas d'avoir été malintentionné (y manquerait plus que ça), mais comme dit ma mère "je ne te demande pas de faire du mal pas fait exprès, je te demande de faire exprès de veiller à ne pas en faire". Moi je crois fermement, comme étant une des personnes qui connait le mieux notre histoire, quand même, que oui, il a saboté ce qui aurait pu être, lui même étant le premier a reconnaître que sans doute ce désir/amour/passion lui serait passé si je n'avais pas cédé. Et encore une fois, je doute que ce soit un aspect central chez lui, et je doute qu'il soit poly, sincèrement, sinon il aurait été incapable de faire un choix comme il l'a fait, et pour les raisons pour lesquelles il l'a fait. Je n'y crois pas une seconde.

Et on revient sur le long débat qu'on avait eu sur les mais : pour moi ce n'est pas une catégorie en-dessous de l'amour c'est une autre catégorie, une très belle et très noble, j'y admets peu de gens, et oui, ce qu'il a fait l'en exclu par avance. Il n'y a pas de traître chez mes amis.

Pour l'affection je prend, j'en ai bien besoin, merci <3

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