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Paumée avec un polyamoureux

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aviatha

le dimanche 05 mai 2013 à 15h06

Bonjour à tous,

Quelques nouvelles du front.
Tout d'abord, et Janis avait bien raison, prendre du champ une semain m'a fait du bien, même s'il n'y a pas eu un jour où ma tête a bien voulu cessé de cogiter. Je reprend le dessus, j'ai presque retrouvé mes 45 kg, je dors mieux, même si ce n'est pas encore vraiment ça.

Nous avons profité de la semaine dans le nord pour discuter plus au calme, en sachant qu'on était pas pressés par le temps, genre je dois être au boulot dans une heure.
Même si je m'en doutais un peu, ça m'a fait du bien de l'entendre dire que, non, il ne suivait pas sa route comme il voulait en ne prenant pas mon avis en compte, il est juste tout aussi paumé que moi, et que c'est très difficile de gérer la situation pour lui, entre mon état de santé qui était devenu inquiétant, le fait de me savoir triste en permanence, de savoir d'où venait le problème mais d'être incapable de les résoudre, et les angoisses qu'elle a aussi de son côté et qu'il tente de rassurer comme il peut.
Cela a permis aussi de faire le point sur ce dont nous étions capables, ce qu'on ne pouvait pas faire, et ce que nous voulions. Je sais que, si je parvenais à être rassurée sur certains points (je détaille ça après), je pourrais leur donner du temps, et plus de sérénité, mais que je ne m'y ferais jamais vraiment. Je suis capable de cet effort, parce que je veux poursuivre la route avec lui, mais s'il envisage que cela devienne un mode de vie permanent, ce sera sans moi, je sais aujourd'hui que je n'en suis pas capable. Il sait qu'il est près à réfléchir à des arrangements, des concessions pour que je vive cela mieux (je dis "réfléchir", car il faut aussi que cela lui aille à elle, il n'est pas seul à décider) mais qu'il ne pourra pas "trancher dans le vif" de lui-même, c'est trop douloureux à envisager. Il a du mal à se projeter, mais il pense quand même qu'il veut vivre avec moi et construire quelque chose. Pour l'instant, et c'est Cendre qui va être contente, il veut surtout que je pense un peu à moi, ça l'aiderait à voir plus clair.

Donc j'ai pensé à moi (oui, je m'étonne moi-même sur ce coup-là... en fait, à partir du moment où c'est lui qui l'a dit, je me suis sentie délivrée de ce "devoir" que je sentais de les préserver à tout prix plus que moi, c'est dingue l'effet qu'une si petite phrase peut avoir...).
Et je me suis rappelé la conversation entre Nanou et Katouchka, de savoir si oui ou non j'avais eu mon mot à dire. Et je crois que le problème venait de là. Quand j'ai accepté qu'il se déclare et qu'il entame quelque chose avec elle, je savais la difficulté que cela représentait pour moi et j'étais prête à l'assumer, parce qu'elle me paraissait acceptable au vu du besoin qu'il en avait, parce que je savais quelle place j'accordais, et que je me sentais en sécurité. Et j'ai signé le contrat. Mais très vite, leur relation a évolué, les clauses du contrat ont changé sans que je puisse rien y faire, sans que j'ai mon avis à donner et (merci Siesta pour l'image) je me suis retrouvée à devoir tout à coup céder beaucoup de terrain, beaucoup plus que ce que j'avais prévu, plus que ce que je voulais, et plus que je le pouvais.

Plutôt que de me rétracter, comme dit Janis, j'ai donc estimé légitime de demander à re-négocier les clauses du contrat, pour retrouver une situation qui soit plus acceptable pour moi. Bien sûr, je ne peux défaire ce qui est fait, et certaines choses désormais en place heurtent assez ce que je ressens pour me pousser à prendre un jour une décision radicale. Mais certaines conditions me rassureraient assez pour que je puisse accepter encore la situation avec plus de tranquillité, ce qui serait bénéfique pour tout le monde. J'ai donc demandé trois concessions de leur/son côté :
- pas d'officialisation (ceci est, pour l'instant, une décision commune : elle ne veut pas être étiquetée "briseuse de ménage", je ne veux pas être étiquetée "cocue", il ne veut pas être étiqueté "connard").
- pas d'engagement (si je ne peux plus avec l'exclusivité sentimentale, j'ai au moins besoin de celle du "chemin de vie")
- pas de long terme (tout simplement parce que je sais que je ne le supporterai pas et que vouloir une relation à long terme avec elle aboutira fatalement à mon départ plus tard, autant donc mettre les pieds dans le plat maintenant).
Il va y réfléchir, sans doute lui en parler, et nous en parlerons plus en détail quand nous nous reverrons (on est pas vraiment des adeptes de la prise de décision par téléphone).

Je lui ai parlé du forum, pour lui c'est une bonne chose, il n'a pour l'instant pas été désireux de le lire, à suivre donc.

Une dernière chose, et après j'en aurais fini avec le long poste. Je ne l'ai pas dit ici avant, parce que je voulais que vous donniez votre avis et vos conseils comme vous les auriez donnés à n'importe qui, je ne voulais pas appuyer le côté "médical". Je l'explique aujourd'hui parce que, du coup, certaines remarques ne sont pas adaptées à mon cas, juste pour trouver des choses plus justes.
J'ai bien lu les sujets avant de poster, je l'ai déjà dit. Je sais ce que beaucoup ici pensent de cette volonté d'exclusivité, de la nécessité de dépasser la peur qui se cache derrière la jalousie et de fait qu'il ne faut pas développer quelque chose de trop fusionnel, dépendant, centré sur l'autre etc...
Cependant mon esprit n'est pas tout à fait ce qu'il devrait être, et je parle ici d'un point de vue médical. La pathologie dont je souffre ne se guérit pas, elle se stabilise, elle se contient, les thérapeutes vous apprennent à vivre avec et à ce qu'elle n'empoisonne pas toute votre existence, mais on ne guérit jamais. Elle se manifeste par des symptômes divers, parfois très auto-destructeurs, et pendant les années que j'ai passé à ses côtés, l'amour, la patience de mon cher et tendre et aussi une espèce d'aura qu'il dégage ont su contenir ces manifestations malades et les empêcher de me nuire. Seulement voilà, parmi ces symptômes, il y a (je cite ma psychiatre) "la peur permanent, irraisonnable et incurable de l'abandon". Et je crois que cette histoire a tapé en plein dessus, venant de surcroît de l'être qui me protégeait de moi-même.
Alors, je sais bien que pour certains, les critères que je demande peuvent sembler intolérants, étriqués, égoïstes, et venant de quelqu'un qui ne travaille pas assez ses "barrières", ces "représentations mentales". Mais pour moi, ce sont des constructions qui canalisent aussi beaucoup de choses et que me permettent de mener une vie "normale", si tant est que cela existe. Les diverses médicaments, spécialistes et thérapies ont soigné chez moi tout ce qui était soignable, il y a longtemps déjà (j'étais enfant lorsqu'elle s'est déclarée). Ces derniers temps, comme l'avait souligné Tamara, j'ai de nouveau approché le gouffre de très près, mais je refuse de vivre à nouveau l'enfer qu'ont été les années où tout cela prenait le dessus, avant que les médecins me tire d'affaire. Après avoir beaucoup discuté avec vous, avoir vu comment vous pensiez, vous aimiez et vous viviez, j'accepte d'admettre qu'il y a en moi des choses qui ne peuvent changer, et même si je considère un peu cela comme un échec, je le choisis plutôt que de prendre le risque de casser quelque chose dans mon esprit déjà fragile.
J'ai lu ici que choisir c'était renoncer (surtout dans le cas de "est-il possible de choisir entre deux amours?"). Je préfère dire que choisir c'est préférer. Et je préfère ce demi-échec aux psychotropes, comme je préfère les petits pincements au cœur des concessions au potentiel destructeur qu'a pour moi la rupture.

Bon je sais que je fais un peu peur dit comme ça, mais je vous rassure, dans la rue j'ai l'air tout à fait normale ! :-)

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Cendre

le mardi 07 mai 2013 à 18h09

Je vais me répéter : Prend soin de toi, Aviatha.
Au final, que ce soit pathologique ou non, c'est toi-même qui est la mieux placée pour savoir ce qui est bon pour toi, ce qui est supportable et ce qui ne l'est pas.
Même sans l'aspect pathologique, je n'ai jamais trouvé ta démarche étriquée, égoïste ou faisant preuve de paresse et de confort. Au contraire.
Et l'idée que tu aies accepté de mettre ton couple hors des sentiers battus, alors que tu connaissais cette peur irraissonable liée à ta particularité, montre au contraire une ouverture d'esprit, un goût du risque, un désir d'avancer, de rechercher, de tester les possibles, très très loin des attitudes peureuses de ceux qui n'osent jamais remettre en question leurs certitudes, qui restent planqués derrière leurs barrières.

Alors oui, c'est allé un peu trop loin pour toi, mais je crois que tu peux te faire confiance, que tu peux faire confiance à ton compagnon, je pense même que tu peux faire confiance à cette autre fille, pour que vous trouviez, tous les trois, une situation moins houleuse, plus supportable pour tout le monde.

Je vous souhaite plein de bonheur à tous les trois, et il peut y en avoir dans de nombreuses issues différentes de votre situation !

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aviatha

le mardi 07 mai 2013 à 19h22

Tu te répète Cendre, mais tu n'es pas la seule. Comme tu t'en doutes, beaucoup de mes proches (enfin, ceux qui savent) m'ont dit la même chose. Mais il fallait que ça vienne de lui, que ce soit lui qui me demande, étrangement, d'arrêter de ne penser qu'à lui pour que j'accepte de le faire.

Et je ne prétend pas non plus avoir "accepter" de mettre mon couple hors des sentiers battus. C'est arrivé, et il a bien fallu que je suive. Pour que cet amour survive. Mais aussi parce que je crois profondément que les gens sont entiers et que quand on les prend, on prend tout chez eux, leurs qualités, leurs défauts, leur fonctionnement, leurs particularités, et que les renier ensuite pour ce qu'ils sont, ce n'est pas "aimer". Quand je l'ai rencontré, je savais qu'il avait ce côté joueur, un peu charmeur, un peu "j'aime jouer avec le feu", je m'attendais à ce qu'il ait des aventures, des coups d'un soir, j'ai juste mal évalué l'ampleur que cela pouvait prendre, je ne m'attendais pas au "degré", mais sur la "nature", je l'ai toujours su, et accepté, car il était ainsi, et ainsi il était celui que j'aime.

Quant à elle, je ne lui fais pas confiance, pas par agressivité, mais parce qu'elle ne me connaît pas et que je ne la connais pas, aussi simplement que cela. Leur de notre entrevue, j'ai tenu à lui dire qu'elle n'était pas responsable de ce qui arrivait et que je ne lui en voulais pas. En espérant que cela puisse apaiser un peu son angoisse.

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grissouris

le mardi 07 mai 2013 à 23h37

Bonjour,
Je suis nouvelle dans la discussion et je suis comme toi, aviatha. Sauf que je suis beaucoup plus agée . Cela fait presque trois ans que mon ami pratique le polyamour mais nous vivons ensemble depuis plus de trente ans. Cela fait trois ans que je souffre car je n'ai pas choisi bien qu'accepté. La douleur est intense chaque fois qu'il part.Je ne m'habitue pas et je ne souhaite pas le quitter car je l'aime de trop et il m'aime également.
Il faut que j'avoue aussi que ma libido n'a jamais été très forte et il me l'a souvent reproché. Jusqu'au jour où il m'a annoncé qu'il allait vivre aussi avec une autre femme, alors, j'ai vécu un truc de dingue que j'ai du mal à m'expliquer, je me suis complétement libérée:-)
Ce fut extraordinaire mais trop tard, il en aimait une autre. Petit à petit, il s'est mis à grignoter ma vie, un jour par semaine, un WE sur deux, puis au bout d'un an une semaine de vacances. Nous en sommes à deux semaines maintenant et il veut partager encore et encore. il est impossible de discuter, car discuter pour lui, c'est acter ses décisions. je redoute quand on parle planning, vacances. Ma psy me dit que je suis en danger si je continue à vivre comme cela. J'ai besoin de stabilité, d'être rassurée d'être importante à ces yeux, bref de servir à quelque chose, d'être son refuge.Je doute sans cesse. Sans cesse, je me pose des questions, je culpabilise, je compare.

Je ne sais pas qu'elle est ta maladie mais moi aussi j'ai une maladie qui est apparue en même temps que son annonce de polyamour. elle accentue mes crises d'angoisse et j'ai maigri également. C'est particulièrement difficile à vivre.
J'aurais voulu te rassurer mais je ne sais pas quel sera l'avenir. Il veut profiter à fond de sa nouvelle vie, il est heureux ainsi même mais je ne le suis pas, son autre amoureuse accepte la situation. Je ne l'ai jamais rencontrée, je sais trés peu de choses sur elle sauf qu'elle cherche à être plus souvent avec lui. Finalement cela fait du bien de parler

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Boucledoux

le mercredi 08 mai 2013 à 00h33

Grissouris il est trop tard pour que je te réponde dans le détail mais en rapide, je pense que nous seront nombreux-ses sur ce site à te dire que ce que tu dis là nous fais penser que ta situation n'a pas grand chose à voir avec le polyamour qui implique, au minimum, discussion, négociation et recherche de consensus entre toutes les parties concernées...

grissouris
Nous en sommes à deux semaines maintenant et il veut partager encore et encore. il est impossible de discuter, car discuter pour lui, c'est acter ses décisions. je redoute quand on parle planning, vacances.

et ta psy a probablement raison, prends soin de toi d'abord, pas de lui...

courage et bises.

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aviatha

le jeudi 09 mai 2013 à 14h28

Je ne peux que rejoindre Boucledoux sur ce point !
Malgré le fait que tu souffre également de la présence d'une autre, je pense que, là où ma situation reste supportable et la tienne devient dangereuse pour toi, c'est sur le terrain du respect.
Dire que discuter, qui plus est de quelque chose qui fait souffrir l'autre, c'est ne suivre que ses propres décisions est à mes yeux d'un égoïsme rare. Et, mais cela m'est sans doute propre, l'idée même que quelqu'un puisse être heureux quand la personne (ou une personne ici) qu'il aime ne l'est pas est pour moi totalement incompréhensible.

Hier, j'ai appris que je m'étais planté à un concours important et je l'ai prévenu pas SMS, je savais qu'il était avec elle. Il m'a appelé 30 secondes plus tard. Cela paraît peu,mais pour moi qui ai l'impression de ne pas exister quand il est avec elle, le fait qu'il soit là, toujours aussi réactif, toujours aussi réconfortant et attentif pour les choses importantes même quand cela implique de m'avoir au téléphone alors qu'elle est à côté (je suppose, son appartement est très petit) m'a fait incroyablement plaisir. Je me répare sans doute, petit à petit.

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Katouchka

le jeudi 09 mai 2013 à 15h46

Grissouris, je rejoins Boucledoux et Aviatha.
Discuter c'est important. Et vous devriez pouvoir le faire, en tous cas, dans une relation (polyamoureuse ou non) il me semble important de pouvoir exprimer ses angoisses et d'être entendu et écouté par la personne que l'on aime.
Quelque chose m'interpelle dans ce que tu racontes:
J'ai besoin de stabilité, d'être rassurée d'être importante à ces yeux, bref de servir à quelque chose, d'être son refuge.Je doute sans cesse. Sans cesse, je me pose des questions, je culpabilise, je compare.
Bon à part le fait qu'il pourrait te rassurer sur le fait que tu es importante à ses yeux, le reste, il me semble, relève d'un travail sur toi. Ce qui est important c'est que tu sois importante à tes yeux et que tu arrives à comprendre que ce que tu es ne dépend que de toi. Tu n'es pas ce qu'il reflète de toi, il n'est pas un miroir dans lequel tu te regardes.
Moi je pensais comme toi à peu près il y a quelques temps, et finalement, le polyamour de mon chéri, m'a permis de vivre cette expérience, d'apprendre à savoir qui je suis vraiment, d'apprendre à m'aimer à travers mon regard à moi, d'apprendre à avoir confiance en moi (un peu plus en tous cas), à m'émanciper en tant que femme. En réalisant tout ça, je ne l'ai pas perdu bien au contraire, il aime toujours voire plus encore la fleur éclose. C'est en apprenant à servir mes intérêts, à penser à moi que j'ai réussi à sauver le reste.
Il est toujours avec elle aujourd'hui mais en ayant fait ce travail grissouris, j'ai réussi à me réjouir pour lui, j'ai réussi à trouver le bonheur dans cette voie.
J'ai trouvé beaucoup d'aide ici alors n'hésite pas à développer ton histoire.
Par ailleurs en ce qui concerne la stabilité: le polyamour n'est pas incompatible avec cette idée sauf si tu arrives à me convaincre du contraire.
Courage

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aviatha

le vendredi 10 mai 2013 à 15h47

Katouchka, je suis en général d'accord avec toi, mais cette fois, je me permet une nuance.
Par ailleurs en ce qui concerne la stabilité : le polyamour n'est pas incompatible avec cette idée sauf si tu arrives à me convaincre du contraire.
Je pense que le polyamour vécu par certaines personnes n'est pas incompatible avec la stabilité, et que par d'autres il l'exclut totalement.
Je pense que si les gens qui le pratiquent sont stables en eux-mêmes, passée peut-être une période d'adaptation, il n'y a aucune raison pour qu'ils ne parviennent pas à l'équilibre et c'est ce que tu as l'air d'avoir trouvé. Mais tout le monde n'est pas comme ça, tous les êtres ne sont pas faits du même métal, n'ont pas les mêmes fondations et la même solidité (et heureusement, sinon je crois que la vie serait ennuyeuse à périr).
Je ne nie pas que la découverte du polyamour est une expérience pour tous, y compris pour moi, mais plus le temps passe, plus je suis convaincue qu'elle n'aboutit pas toujours à la stabilité. Certes, elle est génératrice de réflexion sur soi, et en ça il y a toujours quelque chose à en retirer, même s'il n'est pas facile de reconnaître et accepter qu'on est plutôt de la race de ceux bâtis sur des sables mouvants. Mais la réflexion peut aussi aboutir à la reconnaissance de l'impasse. Je crois sincèrement que, tout comme pour les orientations sexuelles (hétéro, homo, bi etc...), il y a des choses qui sont en nous depuis toujours, et des qui n'y sont pas. Celles qui y sont finiront par se révéler, celles qui n'y sont pas n'y sont pas, et on ne peut pas les inventer. Ainsi il y a des gens pour qui la découverte du polyamour est une "seconde naissance" parce qu'elle parle à quelque chose en eux qui attendait depuis toujours, et d'autres chez qui elle ne fait que heurter leur nature profonde, étrangère à cela.
Plus que le manque de stabilité en fait, je pense qu'il y a des gens dont ce mode de fonctionnement heurte la nature profonde, et c'est cette violence sourde et continue qui est cause d'instabilité.

Pour ce qui concerne la nécessité de la discussion en revanche, je te suis à 100%.

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aviatha

le vendredi 17 mai 2013 à 00h04

Quelques nouvelles pour vous tenir informés.

Il a accepté sans problème les deux premières concessions que j'avais demandé (à savoir pas d'officialisation et pas d'engagement autre eux) car il est d'accord qu'officialiser n'est une bonne chose pour aucun de nous trois, et il maintiens que c'est avec moi qu'il se projette. La troisième, il la comprend sur le principe, mais pour lui l'idée d'imaginer un terme en permanence n'aidera pas à ce que les choses se passent sereinement. Néanmoins, il a bien entendu que je ne pourrais pas supporter la situation sur le long terme (après, qu'est-ce que long terme signifie, quand sait-on qu'on en a assez, où est la limite, vous avez 4h, calculatrice interdite).

Maintenant, il faut qu'il en parle avec elle, et qu'on voit ce qu'elle en pense. A suivre donc.

Point à mon sens important et que je tenais à vous raconter.
J'ai beaucoup vu discuté sur ce forum de l'incompréhension qui existe au sein d'un couple poly-mono au sujet des réactions de l'autre. Et je dois dire que la discussion de lundi a pour moi été un soulagement à ce sujet là. Je ne sais plus comment on est arrivé là tout à fait, je vous refais un bout de la discussion de mémoire:
Moi : Je ne t'en veux pas et à elle non plus, c'est juste que par moments c'est insupportable.
Lui : Parce que tu n'acceptes pas.
M : Ce n'est pas une question d'accepter, ma tête suit très bien tout ça c'est là *appuie sur le plexus* que ça veut pas, parce que ça me rend triste, ça me rend malheureuse.
L : Mais pourquoi ?
M : Mais j'en sais rien ! Imagine-toi à ma place, imagine que les rôles soient à l'envers. Ce serait moi qui aurait trouver quelqu'un d'abord, et je t'aurais dit que j'étais amoureuse d'un autre et tu devrais me partager, m'attendre et savoir que je suis avec lui, tu ferais quoi ?
L : ... *se blottit doucement dans mon épaule* ... je serais malheureux...

Trois mots. Et ils m'ont fait un bien fou. :-)

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ScottBuckley

le mercredi 22 mai 2013 à 15h26

Katouchka

Certaines règles entre mon amoureux et moi m'ont aidée à surmonter toutes les montagnes à gravir. Peut-être pourriez vous trouver celles qui vous conviennent pour que la situation soit plus facile.

Bonjour,

@ à Katouchka :
Sans rentrer forcément dans les détails de ta vie privée (par respect pour vous), peut-être pourrais-tu nous en dire un brin plus, Si possible, sur le genre de règles qui, d'après toi, ont pû vous aider, ou pourraient aider d'autres personnes, à surmonter cette situation, cette montagne ?

Que doivent exprimer les règles ?

Quelles limites et contours doivent-elles essayer de dessiner ?
(en pointillés, au crayon de bois... ou de façon droite et ferme et imperméable au stylo rouge) :

* Des limites sur le temps/les heures passées avec telle partenaire, sur les moments précieux (soirées, week-ends, vacances) ?

* Sur sa disponibilité (y compris à distance au téléphone) en cas de besoin fort/urgent, besoin d'être rassurée sur les sentiments encore éprouvés ?

* Des limites sur les sentiments affectifs et/ou sur les rapports physiques/sexuels, et leurs intensités, que l'on supporte et autorise ?

(certaines personnes tolèrent des "aventures et/ou amitiés sexuelles" sans amour, d'autres tolèrent des "sentiments amoureux" mais pas les relations sexuelles, d'autres ne tolèrent ni les unes ni les autres mais se l'autorisent à eux-mêmes...)

D'autres limites, avec des contrats de libertés à renégocier chaque semaine, chaque mois, ou à d'autres moments, durant par exemple cette période d'amour fusionnel ?

@ à Aviatha :
... La question 'plurielle', ouverte, que je pose ci-dessus à Katouchka (sur les ' règles ') m'amène à cette question/proposition (humble et sans prétention) :
serais-tu prête à redéfinir les termes de ta relation avec ton amoureux ? (au-delà des concessions négociées à ce jour) ?
Et si oui, lesquelles ?
Et lui, serait-il prêt à certaines règles nouvelles ? Et elle ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le mercredi 22 mai 2013 à 16h03

Je ne suis pas sûre de bien saisir la question, donc je tente, et si je suis à côté tant pis.

Lorsque nous nous sommes mis ensemble, nous étions tous les deux totalement et complètement (et même lui plus que moi) d'accord sur l'exclusivité comme mode de fonctionnement. Mais comme je le connais par cœur et que je ne suis pas quelqu'un de complètement rigide, je savais bien qu'il y aurait, tôt ou tard, des "accrocs" de son côté. Parce qu'il avait toujours eu un énorme complexe d'infériorité et que je l'ai "ouvert" (en toute modestie, disons que nous nous sommes ouverts l'un au contact de l'autre), et il se découvrait tout à coup séduisant, charmeur, capable d'être aimé et de plaire, et c'est normal d'aimer tester son pouvoir de séduction. Mais si cela m'était supportable (non disons la vérité, ça me passait COMPLÈTEMENT au-dessus ^^ ) c'était parce que ça ne jouait pas sur le même tableau que moi : on ne peut pas comparer un coup d'un soir et une relation de plusieurs années.
Du coup, j'ai du mal à imaginer redéfinir les termes de notre relation parce que 1) ce n'est pas comme si je l'avais forcé, nous étions d'accord depuis le début 2) j'estime que, par rapport à la relation monogamique moyenne, il a beaucoup de marge de manœuvre 3) je sais parfaitement (ce n'est pas un reproche que je lui fais, il est comme ça) que si les rôles avaient inversés, il ne l'aurait jamais toléré, pas par méchanceté, mais parce qu'il manque beaucoup de confiance ne lui, il a déjà été trompé, il m'a souvent dit qu'il se trouvait pas assez bien pour moi (... qu'est-ce qu'il faut pas entendre...) et qu'il avait peur que je le laisse dès que j'aurais trouvé mieux, bref, ma vision de la relation c'est aussi qu'on ne demande pas à l'autre d'énormes sacrifices dont on aurait soi-même été incapable (ce n'est pas un comptage, c'est plus pour moi dans l'optique d'éviter de développer un jour de la culpabilité, de la rancune...).

En revanche, je suis prête à de nouveaux termes temporaires. Il les a accepté, a priori elle aussi (je viens de lui écrire une lettre de 6 pages, histoire de vraiment bien lui expliquer ce que je ressens, car je ne sais jamais vraiment comment il lui présente les choses, je verrai bien ce qu'elle en pensera). Mais j'ai bien dit que je ne pourrai pas supporter la situation à long terme. J'essaye, j'ai essayé, je ne peux pas. Et je m'appuie sur ce qu'à dit Janis : Ce que je veux dire c'est que s'il t'a demandé plus de liberté et la non-exclusivité, ce n'est pas parce que tu as essayé que tu es tenue d'y arriver. Tu as le droit de ne pas y arriver, tu as le droit de changer d'avis, tu as le droit de dire que tu ne peux pas - tu as d'autant plus le droit que tu as essayé. Et le ciel (et tous les forumeurs^^) sont témoins que j'ai essayé. Après sait-on jamais, peut-être qu'un matin je me lèverai et ça aura changé...

Des règles nouvelles, il y a été prêt aussi, le fait que je puisse aussi voir ailleurs. Avoir un plan cul quelque part oui, mais pas l'aimer, ça non, il ne fallait pas que sois amoureuse (bon me connaissant, il risquait pas gros non plus...). Mais j'ai l'impression qu'il le fait surtout pour ne pas se sentir trop coupable, se dire que moi aussi je fais la même chose. La seule fois où c'est arrivé, j'ai bien vu que ça l'avait beaucoup perturbé.

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Katouchka

le jeudi 23 mai 2013 à 17h51

Les règles dont je parle se basent sur mes limites.

Quels moments me paraissent insupportables sans lui, quels moments sont acceptables. Les soirées et les nuits étant plus difficiles à vivre sans lui que les après-midis. Donc on n'y est allé progressivement. Un soir, puis deux, jusqu'à 2h maximum, puis une nuit entière. Pour le moment c'est ce que je peux supporter, ou ce que je veux supporter, puisqu' il n'y a pas que ça, il y a aussi le temps de notre vie de famille qui rentre en ligne de compte. J'ai proposé qu'elle vienne à la maison passer ses nuits avec lui si elle souhaitait plus de temps. Lui trouve que c'est une bonne idée. Mais elle non.

On a décidé qu'il serait correct que je sache à l'avance les soirées qu'il passe avec elle.
Au début je voulais toujours savoir quand il la voyait. Je trouvais ça insupportable de l'apprendre après coup, je voulais savoir pour mieux contrôler peut-être ou pour être sûre qu'il ne passait pas plus de temps avec elle qu'avec moi. Maintenant quand j'y pense ça me fait bizarre, j'ai l'impression de regarder la vie de quelqu'un d'autre. :) Mais sur le moment ça m'a aidée à me rassurer.

On a décidé qu'il partirait en vacances avec elle lorsque moi-même je pars en vacances par ailleurs, de sorte que je me retrouve pas seule à cogiter. Après un an et demi, je pense que maintenant je pourrais supporter d'être seule à la maison (ou accompagnée :) )

Bon il y avait aussi les règles comme, elle ne vient pas à la maison. Règle abolie depuis.
Comme vous ne faîtes pas l'amour à la maison. Règle abolie depuis.
Comme on ne se touche pas en présence de l'autre. Franchement même si au début, c'était bien la seule règle sur laquelle elle et moi étions d'accord, bah, ça a finit par m'exaspérer. Je peux ne pas le toucher mais il y avait des mots à ne pas dire comme "chéri" ou parler des souvenirs... C'était compliqué, j'angoissais à chaque fois de dire une bêtise qui allait la vexer. Depuis que j'ai décidé de ne plus la voir (d'autant plus qu'elle voudrait bien se débarrasser de moi) ça va beaucoup mieux! C'est une sorte de nouvelle règle: tant que tu veux ma peau et que de toute façon tu ne m'aimes pas et bien ne nous voyons plus. :)

En dehors des règles, nous avons mis en place aussi des rituels.
Par exemple, quand il passe la soirée ou la nuit avec elle, j'ai le plaisir de trouver des petits mots, des lettres, des coeurs un peu partout dans la maison. on s'appelle pour se dire bonne nuit etc... maintenant je peux me passer de ces petites choses mais je suis toujours ravie quand il y a un petit mot d'amour sous l'oreiller. Merci à Tentacara pour cette jolie idée qu'elle m'a refilée dans un fil. :) maintenant c'est moi qui écris parfois des petits mots! :)

Voilà ce que j'ai en tête pour répondre à ta question GreenPixie mais peut-être d'autres règles abolies et oubliées depuis me viendront en tête

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ScottBuckley

le jeudi 23 mai 2013 à 20h09

Merci bien à Aviatha et à Katouchka pour vos réponses respectives ! ( qui m'aident aussi à mieux vous comprendre ) :-D

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aviatha

le vendredi 24 mai 2013 à 18h06

Histoire d'apporter quelques précisions à la discussions.
Elle a entendu et reçu les concessions que j'avais demandé, même si on ne peut pas dire que cela l'enchante, ce que je comprend parfaitement.
Elle a également reçu ma lettre, d'une certaine façon cela lui a fait plaisir, elle n'y a senti aucune agressivité ou manque de tact (ce qui est plutôt pour me rassurer), elle sait que les entrevues avec moi en face à face la mette mal à l'aise mais pour autant elle veut bien en refaire si besoin, elle est contente que je lui ai dit clairement que je ne voulais prendre aucune décision malgré elle ou dans son dos et que c'est quelqu'un dont j'aurais sûrement aimé être proche. De façon générale, elle me comprend. Pour autant, elle est convaincue qu'on finira par se faire beaucoup de mal.

Qu'est-ce que vous voulez répondre à ça...

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Audace (invité)

le mardi 28 mai 2013 à 18h34

Prends soin de toi et penses à toi avant tout !
Termine ton doctorat et vie ce que tu as à vivre et comme tu l'entends .....
Construit ton coeur et forge le sur Tes fondamentaux ! Ce qui est et sera essentiel à ta vie à venir.

Mais une chose est SURE !!!!! Le polyamour fait et te fera souffrir : on ne peut pas le nier , donc à toi de voir comment tu veux vivre ta vie sentimentale.

Rencontre deja des gens en dehors et soit plus indépendante et prends plus de large par rapport à lui ......
Vogue vogue petit bateau,
L'Océan est immense avec des hauts !
Vogue vogue petit navire,
Le plus précieux c'est ton Avenir.

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aviatha

le vendredi 28 juin 2013 à 00h48

Il y a des soirs où c'est plus dur que d'autres.
Je comprend pas. Pourquoi je n'y arrive pas ? Je sais qu'il m'aime, et que ça ne changera pas. Je sais qu'il veut vivre avec moi. Je sais que je vivre avec lui. Je sais qu'il ne veut pas que la situation dure, qu'il ne fait pas ça pour fuir ou me faire souffrir, qu'il voudrait tellement que j'aille bien. Je sais tout ça. Je dois avoir tout ce qu'il faut pour y arriver. Je n'y arrive pas.
C'est terrible à admettre.
Terrible à accepter.
Je ne peux pas.
Je n'y arriverai pas.
Ce n'est pas de la jalousie. Ni de la colère. Ni de la rancune. Juste une infinie tristesse chaque fois que j'y pense. "Juste" ça.
Ce n'est pas de l'angoisse. Ou de la détresse. Ou de la peur. Juste un immense chagrin.
Je l'aime. Il m'aime. Pourquoi ai-je tant de mal de ce qui le rend heureux ? Pourquoi ne peut-il être heureux qu'en me faisant tant de peine ?

A défaut de savoir pourquoi j'ai si mal, au moins j'ai compris comment. Siesta, tu avais raison, encore :-) Tout est lié à ces grandes blessures, mais pas de la façon que je croyais. Au cours de ma vie, avant de le rencontrer, il y avait deux grands drames, deux grandes cicatrices dans ma vie. J'ai appris à vivre avec elles, à me construire avec elles, à en faire ma force aussi. Je ne comprenais pas pourquoi j'étais à ce point sans arme dans cette situation, pourquoi je souffrais à ce point. Toute cette détresse et ce gouffre avait un air de déjà vu pour moi. Je refusais de l'admettre, je refusais de le voir, mais sans doute que je le pressentais déjà. Cela fait quelques mois que je m'en doute, quelques semaines que je le sais, quelques jours que j'arrive à l'admettre.
Toute cette histoire, c'est ma troisième grande blessure. Je ne sais toujours pas pourquoi, pourquoi il faut que ça me fasse cet effet là quand pour d'autres, pour tant d'entre vous, c'est un bonheur au jour le jour. Mais c'est ainsi. Tout cela a cassé quelque chose en moi, et ça ne guérira jamais vraiment. Comme pour les deux autres, sans doute, ça finira par aller mieux un jour, sans doute, j'en tirerai de la force et des tas de bonnes choses. Mais ça restera une cicatrice profonde, qui sera toujours sensible, qui fera toujours mal dès qu'on l'effleure.

Bizarrement, cela me conforte dans ma décision de rester et de faire face. Je sais que la blessure est définitive désormais. Partir ne servirait à rien, je ne peux pas la fuir, je l'emporte avec moi partout où je vais, dans tout ce que je fais. Alors quitte à passer ma vie avec, je choisis une vie avec lui.Bien sûr que j'ai mal. Mais je n'ai plus peur.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le vendredi 28 juin 2013 à 01h59

aviatha

Bizarrement, cela me conforte dans ma décision de rester et de faire face. Je sais que la blessure est définitive désormais. Partir ne servirait à rien, je ne peux pas la fuir, je l'emporte avec moi partout où je vais, dans tout ce que je fais. Alors quitte à passer ma vie avec, je choisis une vie avec lui.Bien sûr que j'ai mal. Mais je n'ai plus peur.

Tout ce qu'on peut répondre, c'est "prend soin de toi", et même si c'est une banalité, c'est un excellent conseil, pas si facile à appliquer.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le samedi 29 juin 2013 à 00h09

J'essaye très cher, j'essaye. Je ne reste pas seule longtemps, je m'occupe autant que possible et j'essaye de me projeter, de me dire qu'un jour ça ira mieux.

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(compte clôturé)

le samedi 29 juin 2013 à 11h59

Le polyamour fait souffrir, c'est normal car ce qui caractérise le plus l'amour c'est justement cette souffrance, ces blessures qui durent. J'en traine une très vieille qui date de 1985...
Bref, j'ai trouvé des solutions pour comprendre dans les livres plus qu'auprès d'autrui car chaque amour est unique, chaque blessure est unique. Pour moi, seul des généralités (livres) m'ont permis de panser quelque peu mes plaies et pas seulement des ouvrages liés directement au sujet. Je n'ai pu faire un travail "constructif" que lorsque j'ai commencé à me découvrir. J'ai appris à faire connaissance avec moi-même car en réalité je ne me connaissais pas. J'ai fait un réel travail de fond, de l'homéopathie en quelque sorte. Ca n'élimine pas les cicatrices, ça aide à les maitriser, autant que possible. Se connaitre prendra du temps, en y consacrant pas mal d'énergie mais je pense que ça vaut la peine. Et puis, j'attache plus d'importance à l'instant présent et au bonheur affectif qu'il me procure. Aviatha, tu as compris beaucoup, énormément même, maintenant tu dois TE comprendre. Je viens de terminer un livre passionnant "Cessez d'être gentil soyez vrai ! (être avec les autres en restant soi-même" de Thomas d'Ansembourg. Cette lecture pourrait t'aider (entre autres). Je dis peut être la même chose que "prend soin de toi" mais différemment. D'ailleurs, perso, je ne me projette pas. Bien malin sera celui qui pourra me dire de quoi sera exactement fait mon lendemain,ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut plus rien entreprendre à moyen ou long terme, au contraire mais entre la volonté de concrétiser qque chose et la façon dont on va le faire et y arriver, il y a l'inconnu. Cet peut être cet inconnu qui t'effraye...

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aviatha

le dimanche 30 juin 2013 à 00h14

Je me comprend bien, j'ai commencé cet apprentissage très tôt. Je fais (heureusement ou malheureusement, je ne sais pas trop) partie de ces gens qui ont dû apprendre vite à "survivre à soi-même". Remarque, comprendre est peut-être excessif, cela voudrait dire pouvoir anticiper tous nos mécanismes. Disons plutôt que je me connais. Par cœur. Avec ce que cela comporte de bon (connaître ses capacités, avoir confiance en soi, savoir s'écouter pour dire où s'arrêter, savoir comment se motiver...) et de mauvais (je ne peux pas me mentir, je ne peux rien me cacher, je suis quelqu'un de dur avec moi-même...). Et je sais, justement, que j'ai parfois du mal à prendre soin de moi. Alors j'essaye en ce moment. Ou parfois je permets aux autres de le faire, ce que je fais rarement d'habitude.
Encore une fois, je n'ai pas peur. Rien ne m'effraye dans cette histoire. Je n'ai plus peur. Ni de l'inconnu ni de l'instabilité ni de l'abandon ni de rien de tout cela. C'est comme dire qu'on est malheureux pendant un deuil parce qu'on a peur. De quoi ? Il est mort, c'est arrivé, il y a plus de raison d'avoir peur. A la rigueur, certains peuvent avoir peur qu'il ne trouve pas le repos ou être angoissés par la perspective de leur propre mort. Certes. Mais ce n'est pas cela qui nous rend malheureux. C'est le chagrin brut. On a perdu quelqu'un, quelque chose qu'on aimait et qui ne reviendra pas. Quelque chose est cassé dans notre monde qui ne se réparera jamais vraiment. Et on a pas peur. On a "juste" un immense chagrin.

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