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Paumée avec un polyamoureux

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aviatha

le lundi 25 novembre 2013 à 12h11

Je vais faire vite, je suis attendue

@LuLutine
- Je ne pense pas, sincèrement, que c'était avant tout pour me contraindre, je pense que c'était pour lui un mode naturel de fonctionnement. Et quelque part, je pense aussi qu'il a pris cet engagement parce qu'il se connait bien, il sait qu'il a un côté séducteur, mais ce n'est pas ce à quoi il aspire (je résume en une phrase beaucoup de discussions là) , et peut-être espérait-il que ça l'aiderait à marcher vers son objectif.
- J'aime bien cette formulation Bon alors s'il a dit texto ces mots-là, il faut qu'il fasse un choix., je pense que je vais la ressortir.
- Je vois ce que tu veux, dire, sauf que chez moi, ça n'arrive pas souvent de miser à ce point-là. C'est une mesure exceptionnelle que je réserve à des amours exceptionnels. Et si j'ai parfois risquer gros par le passé (une fois en fait, c'est même pas parfois à ce stade^^), je n'ai jamais misé tant que ça. Mais aussi, même avec le meilleur recul du monde, je n'ai jamais non plus aimé quelqu'un autant que lui. Et pourtant des exceptionnels, il y en a eu deux autres.
- ...ça, c'est le truc qui me blase, mais à un point, tu n'imagines pas. C'est peut-être un des rares points ou je lui en veut, en fait. "Mais bordel tu pouvais pas y penser avant ?!" Ben non, manifestement, quand on amoureux, on réfléchi pas des masses. Et je lui en veut, un de pas avoir réfléchi plus que ça, deux de ne pas m'avoir donné toutes les cartes qui auraient pu me permettre de le conseiller au mieux (genre je savais qu'il était amoureux, mais pas de qui, même si je m'en doutais très fortement, je la connaissais de vue, mais je ne savais rien de sa personnalité, de ses fragilités, plein de trucs qui, si je les avais sus, m'auraient fait dire "même pas en rêve"...)
- Oui, les solutions intermédiaires ont été envisagées, mais c'est une impasse. Elle estime qu'elle n'a pas la moitié de ce qu'elle voudrait, et j'estime que c'est déjà beaucoup trop. L'existence même de cette relation m'est insupportable, le simple fait d'en parler me fait prendre 2 points de tension (et ce n'est pas une image). Mais je suis en train de travailler et réfléchir avec la psy sur comment je pourrais supporter le fait qu'il l'aime si leur relation disparaissait, si ce serait possible pour moi, c'est pas évident, mais j'avance, doucement.

@Siesta
Je vois très bien ce que vous voulez dire tout les deux, sur le principe je suis d'accord, mais en pratique c'est autre chose. Je suis obligée de trouver des pansements provisoires et des chemins de traverse, parce que j'ai tout simplement pas la force nécessaire à une prise de position/décision ferme, c'est juste au-dessus de mes forces en ce moment.
Je n'accuse pas l'autre de ne pas désirer perdre, personne ne désire perdre, je dis juste que miser un tapis quand on a deux jetons et l'autre en face une centaine et dire que c'est pareil parce qu'on fait tapis tout les deux, c'est du foutage de gueule.

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Siestacorta

le lundi 25 novembre 2013 à 13h09

aviatha
j'ai tout simplement pas la force nécessaire à une prise de position/décision ferme, c'est juste au-dessus de mes forces en ce moment.

En quoi la force nécessaire à ne pas prendre position est plus facile à mobiliser ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le lundi 25 novembre 2013 à 15h47

Je ne la mobilise pas. C'est une sorte de case "par défaut". Toute mon énergie en ce moment est consacrée à donner à mon organisme l'entretien de base qu'il mérite et à tenter de créer des remparts derrière lesquelles je puisse retrouver mes forces.

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Siestacorta

le lundi 25 novembre 2013 à 16h50

C'est probablement une vision de dehors, donc excessivement simplifiée, mais tel que tu nous le décrit, vivre cette situation, les déceptions, les questionnements mal compris par une partie de ton entourage et le simple fait d'être dedans semble te prendre beaucoup d'énergie en soi.

Je comprend bien que dans l'amour que tu vis par ailleurs, il y a une part des forces dont tu estimes avoir besoin, mais ce qui fait que tu considères qu'il y a une trahison, une violence, c'est aussi justement que vivre ainsi te coûte. C'est par défaut, mais ça se vit aussi dans un gros rapport de force, ce choix par défaut.
Il y a peut-être des bonnes raisons énergétiques de rester dedans, mais le coût de la dépasser, il se mesure quand même au coût d'en rester au même point.

Une comparaison, pour rester dans l'ordre des idées discutées sur le forum : un gars qui ment pour commettre un adultère, et qui ne peut pas révéler la vérité, parce qu'il pense que, sur le moment, les dégats seraient trop difficiles à gérer. Donc, il préfère vivre avec les complications du mensonges, plus que de prendre en main une réalité assumée et ses conséquences.
Humainement, ça se comprend. Mais en termes pratiques, sans jugement, il n'a pas de repère pour se dire "maintenant c'est le meilleur moment pour y aller", et toutes les autres circonstances peuvent être vues comme justifiant de ne pas décider. Tant qu'il reste du même côté de son obstacle, il gagne des raisons de ne pas le passer.

Pour faire mon yodha, "même un chemin de mille lieues commence par un pas".

Donc, j'ai bien compris que tu étais dans une période de "ressaisissement" et de protection.
Cela dit, je crois qu'en parallèle à ton analyse des difficultés, de ta "prise en charge" de ton chagrin, tu peux définir des conditions dans lesquelles tu pourras (seras capable, ne pourras plus faire autrement que) décider de ce qui est le moins pire pour toi.
Pas ce qui serait mauvais ou bon dans les conséquences de la décision, mais qu'est-ce qui te permettrait de la prendre.

Du coup, avec cette idée là, tu vas te retrouver à définir en creux les conditions de l'intervalle pendant laquelle tu ne peux pas décider. Simplement dire que ce temps d'indécision, tu décides qu'il est là, que, selon toute probabilité, tu ne vas pas y mettre fin ce soir, et ton compagnon non plus. On peut constater que, en l'état, vous n'arrivez pas à débloquer la situation, et que demander l'un à l'autre de le faire n'a pas abouti.
Comme tu n'as pas de contrôle sur sa capacité et sa motivation à débloquer les choses, c'est sur tes conditions d'action à toi que tu travailles.
Si ça veut dire te soigner et laisser la situation durer pendant l'intervalle, en te protégeant de x manières pratiques, tu le fais, et tu décideras quand tu estimeras ça possible.
Si la décision est plus difficile à vivre que l'indécision, autant dire : l'indécision est là jusqu'à tel moment, et je choisis de faire avec tant que la situation ne change pas et que je ne peux pas faire autrement que la subir.

Ce sur quoi j'insiste, c'est sur la nécessité d'imaginer une circonstance où c'est toi qui prend la main, ne pas rester sidérée par les alternatives où tu es passive - celle où ta santé lâche complètement, celle où c'est l'autre qui décide (dans un temps et pour des motivations qui ne peuvent correspondre qu'à sa vision).
Je comprend que ce sont les éventualités qui font le plus peur, et sont les plus imaginables: soit tu craques, soit il se barre, soit il décide de renoncer à cette autre histoire. Ou, la version féérique, il a la révélation et il comprend le mal qu'il fait, et il prend LA bonne décision, revient vers toi sans que tu aies pris un parti.

Mais la conséquence de ne pas écrire ton rôle là-dedans, de ne pas déterminer ce que toi tu désires et refuses quitte à arrêter là, c'est que même après le changement de situation, tu devras en tenir un qui n'a pas été assumé.
Tu pourras être une femme quittée, et t'en vouloir et lui en vouloir.
Ou, s'il reste avec toi, qui sera tu pour lui après cette longue période ? Comme ferez vous pour être ensemble, si lui a choisi le couple, mais toi tu en restes au moment où tu lui en as voulu de ne pas l'avoir fait ? Tu disais, il y a un moment, que tu ne sais pas si tu pourrais jamais pardonner ce qui a été cassé. Comment vivrez vous si dans ton rapport au couple d'après il n'y a pas le moment où toi tu as décidé avec lui de conserver le couple, juste sa faute et sa rédemption ?

Pardon d'être un peu sévère, moralisateur... Je me trompe peut-être en essayant de débusquer un impensé, quand si ça se trouve ça ne peut pas t'aider.
Comme souvent, je ne "sais" rien que ce que je peux lire, je ne peux pas envisager la réalité sensible de ce que tu vis. Je pars du principe que les discours de réconfort et de soutien, tu les auras aussi, et que même sous cette forme un peu inquisitrice, il y a quelque chose à tirer.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Caline

le lundi 25 novembre 2013 à 18h15

Je lis ce fil de discussion depuis une semaine à peu près, j’ai du mal à tout saisir mais cela m’apporte vraiment un éclairage nouveau sur la souffrance de quelqu’un qui ne se dit pas poly et qui voit son compagnon «  virer » au poly...

Je ne peux que te souhaiter, chère Aviatha, de retrouver ton énergie et de retrouver ta santé.
Je suis triste de ce qui t’arrive, même si je ne te connais pas. J’ai envie de te dire: laisse-toi guider par la Vie, par ce qu’elle te dit de faire...

J’apprécie tes positions mais pas toutes, il y a des moments où, franchement, à ta place, j’aurai secoué le sac de patates de toutes mes forces et exigé une prise de position de SA part. J’ai beaucoup de respect pour ton désir de non-violence et ton énorme respect de sa personne à LUI.

Mais dis-toi une chose, il n’y a pas que LUI, il y a des tas d’autres personnes dans ton entourage, des membres de ta famille, tes amis, tes collègues de travail... rechercher une satisfaction dans d’autres contacts qu’avec lui te seraient bénéfiques et surtout de permettraient de sortir de cette spirale «  infernale ».

Je ne peux que te souhaiter le mieux qui soit pour toi ... j’ai un énorme sentiment de compassion pour toi...

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LuLutine

le lundi 25 novembre 2013 à 20h01

aviatha
manifestement, quand on amoureux, on réfléchi pas des masses.

Ah, ça dépend des gens et des situations quand même, on peut pas généraliser.
Lui dans ce cas, il n'a pas réfléchi, en effet...

Pour le reste, je plussoie Siesta.

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Siestacorta

le lundi 25 novembre 2013 à 22h48

Une hypothèse de dernière minute.
A plusieurs reprises, tu parles d'une "intégrité" amoureuse, avec des mots que je ne sais pas apprécier. J'ai une méfiance assez spontanée envers les Grands Trucs à Majuscules, que ce soit le Grand Amour de certains monos avec les Toi ou le Néant, comme avec l'Amour Total Omnitranscendantal des amoureux de l'amour avec tout ceux qui veulent, où l'amour est la solution à tous tes problèmes, si tu arrives à entrer en contact avec ta Lumière Intérieure (rose).

Mais ça, c'est aussi mes limites. Du coup, je me suis demandé si ça me faisait pas passer à côté d'un truc sur le caractère, hm, bigger than life des sentiments que tu exprimes. Le fait que c'est peut-être la passion elle-même qui peut faire apparaitre l'exclusivité comme nécessaire...

Est-ce que finalement tu essaies pas de sécuriser de ton propre abandon dans ton rapport à ton homme ? C'est à dire, puisque dans tes comportements récents, tu as continué à te donner malgré toi, à essayer d'aller au bout du truc... tu as été inconditionnelle, même dans la douleur. Ton amour, c'est comme ça, avec tous les jetons sur le tapis.
Du coup, cette tourmente dans tes tripes, est-ce que c'est pas un genre de garde-fou contre ça : tu sais que tu te donnes sans filet de sécurité, lui crée une situation "dangereuse", tu te sens encore plus vulnérable que si tu avais juste mis quelques jetons.

Seulement, se rendre vulnérable, c'est ce qu'on fait tous en aimant quelqu'un. Ya pas d'assurance tous-risques contre ça, la possibilité de se ramasser est proportionnelle à notre propre investissement, quelle que soit la promesse que fait l'autre.
Du coup, si on ne sait aimer qu'à fond complètement, on peut accepter d'être dans le risque. Le plaisir des sports extrêmes, c'est en assumant que les gadins font très très mal.

Je n'affirme pas "puisque j'aime à fond, je laisse tomber l'idée d'une assurance de fidélité" est facile à assumer. Pour d'autres raisons, je me laisse pas aller facilement aux vulnérabilités et sensibilités qu'engendrent l'amour.
Mais si pour ta part tu ne sais pas aimer autrement qu'avec cette mise en jeu complète, est-ce que le risque n'est pas en grande partie indépendant de ce que joue l'autre ? Est-ce qu'une partie de toi n'a pas déjà décidé qu'elle était amoureuse, et que vouloir mettre des garde-fous à cette puissance sentimentale, c'est augmenter les risques en se cabrant ? Par exemple, dans les sports où l'équilibre compte, quand tu stresses, le reflexes c'est de se crisper, de tendre les muscles partout. Mais c'est ce mouvement de tension qui te déséquilibre, au final, parce que tu t'adaptes plus à ta peur de te casser la figure qu'au fait de tenir debout sur le fil, la planche de surf, les patins...

Je sais pas, comme d'hab j'essaie d'exprimer une intuition, mais si ça se trouve ya que moi qui peux comprendre à quoi je pense :-/

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le lundi 25 novembre 2013 à 23h57

Siestacorta
Je sais pas, comme d'hab j'essaie d'exprimer une intuition, mais si ça se trouve ya que moi qui peux comprendre à quoi je pense :-/

Euh, je crois que j'ai compris. A peu près.

En fait, je crois que j'étais un peu comme ça à une époque. J'aimais totalement, inconditionnellement. aviatha et moi sommes très différentes - aujourd'hui en tout cas - mais je me retrouve beaucoup (l'ancienne "moi") dans certaines de ses réactions.

Probablement qu'à sa place, l'ancienne "moi" serait restée aussi, probablement qu'elle aurait aussi tout donné (et pas en fonction de ce que donne ou non l'autre) pour garder une chance que "ça marche", pour préserver la relation. C'était bien mon genre à une époque.

Avec le recul, ce fonctionnement m'a tellement peu apporté (et tellement coûté !) que...j'ai continué à aimer totalement, inconditionnellement (oui, je ressens toujours les mêmes choses, avec la même force, intensité, profondeur)....mais en me protégeant.

Même si je continue à aimer pareil, je ne mets plus tous mes jetons sur le tapis. Parce que je l'ai fait quelques années, dans plusieurs relations, et qu'à chaque fois c'était bien trop destructeur. Pour moi certes, mais aussi par ricochet (je m'en suis rendue compte avec le recul), pour les autres. Bref, c'était bon pour personne.

Alors, peut-être qu'il y a des situations différentes, où ça vaut la peine de se "sacrifier" pour "sauver" la situation...je sais pas. Je sais juste que pour moi, c'était pas le bon chemin. Et aujourd'hui, je me sens bien. J'ai dû faire le deuil de beaucoup, beaucoup...mais je ne compte plus tous les cadeaux que la vie m'a offerts depuis et à côté desquels je serais immanquablement passée si je m'étais sacrifiée "pour l'amour" de quelqu'un.

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aviatha

le mardi 26 novembre 2013 à 00h01

Alors, beaucoup de choses, encore, je vais essayer de faire une réponse qui ressemble à quelque chose.

@LuLutine
Oui, ça dépend, là c'était juste une ironie, sans doute avec un peu d'amertume quelque part.

@Caline
Je te remercie pour ces bonnes paroles et ces bonnes pensées. Et je te rassure, je trouve aussi beaucoup dans le reste de mon entourage, ce sont eux qui font une bonne partie de mon "combustible" actuel :-)

@ Siesta (là je vais devoir mettre des tirets ^^ )
- Oui, le simple fait de vivre dedans me demande une énergie monstre, c'est un fait.
- Des raisons ou des indicateurs de quand "prendre le taureau par les cornes", nous sommes en train de les chercher avec la psy, donc c'est pas une connerie, elle est du même avis.
- Pour l'idée de ce qui a été cassé, c'est aussi un travail en ce moment. Ma psy m'a parlé d'un art japonais, où ils cassent des poteries puis les réparent en collant les morceaux avec de l'or fondu, ce qui fait que l'objet est plus beau d'avoir été cassé et réparé que d'être intact. On cherche quelque chose dans cette voie là: comment faire de la réparation un mieux et pas un pis-aller.
- Je te rassure, par rapport à la doc, tu es un poney tout doux ^^
- Disons, une forme rare de mon amour est comme ça. Il est plus sage d'aimer avec douceur et modération et tendresse et j'ai aimé beaucoup de gens ainsi. Mais quelque fois, c'est autre chose. Et lui, pour la troisième fois de ma vie, c'est autre chose, depuis 6 ans, depuis le premier jour. Et c'est tous les jetons sur le tapis. Et je sais aussi, quelque part, et c'est étrange de le voir écrit comme ça, que si je tente de mettre un frein à tout ça j'implose. Je ne sais pas mettre un terme à ces amours là. Le premier je l'ai vécu jusqu'à ce que la mort nous sépare, au sens propre. Le deuxième, on me l'a arraché de force, parce que l'histoire allait se répéter, sauf que c'était moi que la mort visait à ce moment là, et un soir c'est passé si près que mes amis les plus proches ont décidé de trancher dans le vif avant qu'il soit trop tard. Et maintenant lui. Mais ce n'est pas une question d'assurance, la fidélité. Pour moi c'est une question d'intimité. Ces "je t'aime", ces regards, ces touchers, ces baisers, ils sont beaux aussi parce qu'ils relèvent de quelque chose d'unique, parce qu'ils ne sont crées par l'autre que pour nous, et que nous ne les créons que pour lui. Et s'ils y en a d'autres ailleurs, même si ça ne nous en enlève pas en "quantité", créer des doubles, c'est arracher l'unicité. Dans l'autre forme, peut-être qui sait, je pourrais le vivre sans trop de problème, mais dans celle-là c'est impossible. C'est une forme qui donne tout, et qui exige tout en retour.

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LuLutine

le mardi 26 novembre 2013 à 00h13

aviatha
Ces "je t'aime", ces regards, ces touchers, ces baisers, ils sont beaux aussi parce qu'ils relèvent de quelque chose d'unique, parce qu'ils ne sont crées par l'autre que pour nous, et que nous ne les créons que pour lui.

Aaaaah.

Hum.

Désolée.

J'ai buggué.

Je me sens obligée de dire que....ça me terrifierait de savoir que les "je t'aime", les regards etc. ne sont "créés que pour moi". Je sais pas trop expliquer pourquoi. Parce que ça fait monomaniaque, peut-être. Et dans le fond, j'ai pas envie qu'on soit monomaniaque de moi (même si c'est vrai que je suis tellement super extraordinaire et inimitable, mais bon justement je le sais, j'ai pas besoin qu'on me le rappelle en étant monomaniaque ^^ ).

Bref. Brrr. Ca me fout les jetons, un peu cette idée.

C'est drôle hein ?

Toi aviatha, tu ne peux pas supporter de ne pas être l'unique. Mais moi, je ne peux pas supporter d'être l'unique ^^ ! (En tout cas, en potentialité : je pourrais entretenir une relation avec quelqu'un qui ne fréquente personne d'autre, mais je supposerais je pense toujours au fond de moi, que cette personne peut très bien faire une rencontre demain...c'est de supposer le contraire qui me paraîtrait absurde !)

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Siestacorta

le mardi 26 novembre 2013 à 01h14

aviatha
C'est une forme qui donne tout, et qui exige tout en retour.

C'est ce que je comprend. Et je comprend pourquoi cette exigence est fragile, demande à être protégée. C'est sûrement sain ta manière de chercher ton équilibre.

Mais tu cherches un équilibre dans un cadre qui est pensé pour être casse-gueule ; c'est en partie la conséquence logique de cette vision d'un amour "rare", qui met intégrité physique et mentale en jeu, qui met tout sur le tapis, qui fait risquer la mort, qui emmène tout ça très en hauteur.
Si vous étiez deux trapézistes et que lui faisait une connerie en se mettant à jongler en plus d'essayer de te rattraper, ça serait sa connerie, son inconscience, son mépris de sa partenaire, mais à la base, si tu veux vivre l'amour sur un trapèze, tu prends sur toi une part de responsabilité dans les chutes que tu risques, une part qui n'est pas réduite par le fait que ton partenaire n'ait pas assuré la sienne de son côté.

Et, tel que j'interprète ton récit, une partie du stress qui est là, de sentiments violents qui te traversent, c'est pas seulement parce que tu vois un partenaire qui déconne, c'est face au risque de départ auquel le risque nouveau n'a fait que s'ajouter : à la base faire les malins si haut c'est risqué, le moment est critique par une prise de risque supplémentaire, mais aussi parce que le risque était grand avant.
Le potentiel de chute était déjà trop fort avant qu'il l'augmente.

aviatha
Je ne sais pas mettre un terme à ces amours là. Le premier je l'ai vécu jusqu'à ce que la mort nous sépare, au sens propre. Le deuxième, on me l'a arraché de force, parce que l'histoire allait se répéter, sauf que c'était moi que la mort visait à ce moment là, et un soir c'est passé si près que mes amis les plus proches ont décidé de trancher dans le vif avant qu'il soit trop tard. Et maintenant lui. Mais ce n'est pas une question d'assurance, la fidélité.

Peut-être pas, mais j'avoue qu'ici, j'ai du mal à ne pas mettre en rapport ton passé douloureux avec la façon que tu as de réagir à la relation d'aujourd'hui.

La fidélité ne serait pas qu'une assurance, mais comment pourrais-tu vivre sa remise en cause sans que ces violences passées ne rejaillissent et ne déforment la perception du présent ? L'amour n'est pas fait pour être un rempart, mais tu le sens attaqué.

Pour moi, la difficulté que tu as de réagir d'une façon sainement égoïste n'est pas qu'une question d'amour et de Grand Destin, mais aussi de continuer à aimer du même amour que dans des cycles précédents, en pensant qu'en y allant de toutes tes forces, ça en changera le déroulement.
Ce "à toutes forces" là, volontaire ou inconscient, c'est cette crispation dans le danger qui augmente le danger, dont je parlais tout à l'heure en parlant des exercices d'équilibre.
C'est un réflexe sain à la base, mais pas nécessairement adapté, si tu penses que tu ne peux que continuer à vivre des sentiments aussi forts.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mardi 26 novembre 2013 à 12h51

Siestacorta
Si vous étiez deux trapézistes et que lui faisait une connerie en se mettant à jongler en plus d'essayer de te rattraper, ça serait sa connerie, son inconscience, son mépris de sa partenaire, mais à la base, si tu veux vivre l'amour sur un trapèze, tu prends sur toi une part de responsabilité dans les chutes que tu risques, une part qui n'est pas réduite par le fait que ton partenaire n'ait pas assuré la sienne de son côté.

C'est tellement bien expliqué !
T'as fait quelle école Siesta pour expliquer les choses aussi bien ?

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Siestacorta

le mardi 26 novembre 2013 à 13h34

En revanche, on peut bien comprendre que le rapport de confiance soit sérieusement affaibli après.

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aviatha

le mardi 26 novembre 2013 à 14h05

Dans cette vision là (qui, je le répète, est une des versions de mon amour, tout n'a pas toujours été comme ça), il y a effectivement beaucoup de choses en balance. Pour reprendre l'exemple des trapézistes (LuLutine a raison, il est cool), bien sûr que le risque est grand dès le départ. Mais si je me viande parce que j'ai fait une connerie, je l'accepte, c'est ma connerie, je connaissais le risque, je l'ai pris. Mais quand on est deux dans cette optique (oui parce que ce niveau là n'est pas dès le départ, il faut beaucoup gagner ma confiance pour en arriver là, pour lui ça a presque pris un an, même si tous les éléments étaient là au départ), qu'on s'est mis d'accord sur un numéro, qu'on a confiance en l'autre autant qu'il peut avoir confiance en nous, j'accepte mal de risquer de tomber parce que d'un coup il s'est dit tout seul que le jonglage c'était cool aussi.

Mais c'est toute ma vie qui est comme ça. Quand je me lance sur scène, quand on se lance sur scène, on se jette en pâture à poil à 200 personnes, en faisant une confiance aveugle à ceux d'en face, ils savent ce qu'ils ont à dire, nous aussi, ce qu'ils ont à faire, nous aussi, s'ils se plantent on les rattrape, ils savent à quel moment de la scène on trébuche souvent, ils nous guettent.
Et tu as raison, pour certains le risque est trop fort. Tout le monde n'accepte pas de faire le mariole à 10 mètres du sol, tout le monde n'accepte pas de laisser cent personnes vous voir le fond de l'âme quand vous êtes sans défense, tout le monde n'accepte pas de donner autant avec la simple assurance qu'on a tellement confiance en l'autre qu'on sait qu'il n'abusera pas de ce don, tout le monde n’accepte pas de consacrer trois ans de sa vie à tenter de prouver une idée à laquelle on croit, on est peut-être le seul à croire, au risque de ne découvrir que le fait qu'on se soit planté de A à Z. Mais moi c'est comme ça que je fais ma vie, c'est comme ça que je me sens vivante. Bien sûr le risque est parfois très grand, mais ça fait des années que je n'ai pas peur de mourir. Ça ne veut pas dire que je le cherche, je suis convaincue que la vie est pleine de trucs géniaux et forts et immenses et si je risque d'y passer je me défends avec acharnement, comme c'est le cas en ce moment. Mais il y a des choses au monde pour lesquelles je considère que c'est un risque acceptable, j'ai moins peur de mourir que de passer à côté de ma vie.

Après, je suis entièrement d'accord, il y a quelque chose de pas réglé dans les histoires d'avant. C'est vrai que je sens cet amour attaqué, et j'en ai déjà vu mourir deux, je ne peux pas supporter l'idée de le voir mourir également. Sauf que, tu as raison, l'amour n'est pas un rempart, le rempart c'est moi. Tant que je tiens il vit, tant que j'ai assez de patience il vit, tant que je reste et fais face il vit. Et c'est vrai que j'ai du mal à penser égoïstement, du moins en apparence. La pensée qui tourne en boucle quand je pense à ce que je veux c'est "je ne veux pas une troisième perte de cette ampleur dans ma vie". Après, c'est sans doute pas ce qu'il y a de plus adapté non plus. Mais il y a du travail encore avant de commencer à changer ça. La doc m'a dit "avant de chercher à éteindre l'incendie, on va commencer par enlever les bidons d'essence qui se trouvent sur son passage".

@LuLutine
Il y a des points comme ça où on se comprendra sans doute jamais, et c'est peut-être pas plus mal, le monde serait très chiant sans ça ^^

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LuLutine

le mardi 26 novembre 2013 à 19h41

Siestacorta
En revanche, on peut bien comprendre que le rapport de confiance soit sérieusement affaibli après.

Oui bien sûr.

Moi aussi j'ai pris des risques (même si j'étais pas sur un trapèze, quand même on roulait vite, et je me suis méchamment ramassée). Et aujourd'hui je ne fais plus confiance à ceux qui m'ont trahie (enfin, surtout ceux qui n'ont pas fait d'excuses, pour les autres une forme de confiance peut parfois se regagner, avec le temps).

Cela dit j'ai pris la responsabilité de leur faire confiance, à l'époque. En sachant qu'on n'a jamais 100% de garantie, et que par la suite c'est aussi à moi de gérer, même si c'est uniquement l'autre qui a merdé.

Et du coup :

aviatha
j'accepte mal de risquer de tomber parce que d'un coup il s'est dit tout seul que le jonglage c'était cool aussi.

Ben en fait, tu peux l'accepter ou pas, mais ça arrive. Ca m'est arrivé. C'est arrivé à d'autres. A beaucoup en fait. A presque tout le monde, un jour ou l'autre, je dirais même (oui, je prends le risque de dire ça ; j'aime prendre des risques, parfois ^^ ).

Le fait que ça arrive ne veut pas dire que tu en es responsable. Il y a des situations (j'en ai vécues comme je le dis) où c'est uniquement l'autre qui a merdé. Mais tu es obligée d'assumer les conséquences, et même si tu n'en étais pas consciente, tu as aussi accepté ça en t'engageant. Etre ensemble, c'est aussi subir à deux les conséquences de la connerie d'un seul.

aviatha
au risque de ne découvrir que le fait qu'on se soit planté de A à Z.

Faut voir le positif, si on découvre qu'on s'est planté de A à Z, alors on a quand même appris quelque chose :)

Puis c'est la même chose quand les gens qui avaient pris des engagements se révèlent non fiables. On apprend des choses.

Pour moi dans le fond, c'est positif :)

Mais bon, je suis une grande optimiste... ^^

aviatha
"je ne veux pas une troisième perte de cette ampleur dans ma vie".

Moi non plus, je ne voulais pas d'échec/perte supplémentaire. Dans plein de domaines (pas que affectif). J'avais tout misé dessus, c'étaient aussi des pertes de grande ampleur. Le monde qui s'écroule, comme on dit parfois. Et tu sais quoi ? J'ai survécu, et ça en valait la peine !

Je sais aujourd'hui à côté de quoi je serais déjà passée si j'avais renoncé...et je sais aussi que je ne sais pas encore de quoi l'avenir sera fait, mais qu'il est sûr qu'il renferme des trésors !

Est-ce qu'en t'accrochant à en mourir à une situation destructrice, tu ne risques pas justement de passer à côté de ta vie ?

La vie est pleine de surprises, et elle ne t'amène pas souvent sur le chemin que tu croyais emprunter...ça ne veut pas dire qu'il n'en vaut pas la peine ! D'ailleurs c'est souvent le contraire !

Mais pour emprunter les chemins que tu ne vois pas encore se dessiner devant toi (car tu es trop dans la souffrance), il faut je pense faire le deuil de tous ceux qui ne sont plus possibles...sinon, tu vas rester toute seule au croisement, face à une route barrée, et tu vas mourir de faim (bon ça c'est le pire des cas, le meilleur c'est simplement que tu n'avances pas - et honnêtement, faire du sur-place ne m'amuse pas, mais toi c'est peut-être ton truc ?).

PS : J'ai écrit un truc, quand j'étais ado. Je devais avoir 17, 18 ans, je ne sais plus très bien. Quelque chose comme "Ce n'est pas toujours facile d'accepter la mort, mais c'est encore plus difficile d'accepter la vie". Je le pense toujours. Tu m'y as fait penser quand tu disais que tu n'avais pas peur de mourir.

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aviatha

le mardi 26 novembre 2013 à 20h03

Je suis d'accord, comme dit le dicton populaire "le couple, c'est essayer de régler à deux des problèmes qu'on aurait jamais eu tout seul" ^^

Et pour ce qui est du positif en se trompant, je suis d'accord, mais t'as jamais vu un chercheur dans son labo quand les résultats d'expérience annoncent ça ^^

Après on peut aussi se dire "bah j'ai survécu", c'est sûr on peut toujours survivre mais à quel prix as-tu survécu ? S'il est pas très élevé ou disparait avec le temps, c'est cool, tant mieux. Sinon, on finit comme les motards tétraplégiques qui passent leur vie à se dire qu'ils auraient mieux fait d'y rester. C'est clair, j'ai survécu aux deux autres. La première fois a déclenché une maladie psychiatrique que je garde à vie, et maintenant je dois faire avec un putain de monstre à l'intérieur, jamais me relâcher, jamais baisser ma garde, au risque de finir ma vie entre quatre murs. La deuxième a été le déclencheur d'une maladie auto-immune, qui me laisse avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, de savoir qu'un jour, peut-être, se déclenchera une crise qu'on ne pourra pas rendormir et qui me laissera finir ma vie à avoir mal à chaque mouvement de mon corps sans rien qui puisse me soulager ou presque. Je vais survivre à cette fois-là aussi. Mais à quel prix ? Je ne suis pas sûre d'être prête à le payer cette fois-ci. Je ne suis pas convaincue que tenter de tenir soit pire que lâcher prise.

Quand à faire le deuil des chemins plus possibles... là est une part du problème. Quand savons-nous que c'est impossible ? Comment savoir que la route est barrée ? Comment être sûr qu'on est pas juste en train de baisser les bras trop tôt, par fatigue, par lâcheté ? Où est la frontière entre ce qui est difficile et on en bave et en crève presque et y arrive, et ce qui est impossible ? C'est une de mes grandes interrogations en ce moment : où est la ligne ?

PS: ne pas avoir peur de mourir, je le répète, ne veut pas dire en avoir envie ou préférer ça à la vie. C'est juste ne pas la considérer comme le pire choix possible ou le plus grand risque, et je pense au contraire que c'est très sain.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mardi 26 novembre 2013 à 20h28

aviatha
t'as jamais vu un chercheur dans son labo quand les résultats d'expérience annoncent ça

Qu'est-ce que tu en sais ? Hein ? ;)

aviatha
à quel prix as-tu survécu ?

J'ai survécu d'autant mieux que j'ai décidé de survivre. Avant toute chose.

Oui pour les tétraplégiques (quoique certains préfèrent peut-être avoir survécu plutôt que de mourir, je ne les connais pas tous, en fait je n'en connais aucun). Mais là on parle du psychisme, et je suis profondément persuadée que nous avons une incidence bien plus grande sur l' "irrémédiabilité" (ou non) de certaines blessures, que lorsqu'il s'agit du corps.

aviatha
maintenant je dois faire avec un putain de monstre à l'intérieur

N'est-il pas possible de l'apprivoiser ? C'est une vraie question, c'est pas rhétorique.

aviatha
Je ne suis pas convaincue que tenter de tenir soit pire que lâcher prise.

La question que je me pose, c'est est-ce que tu as déjà réellement lâché prise ? A te lire, je n'en suis pas convaincue.
Le premier, il est parti sans que tu puisses rien y faire. Le deuxième, ce sont tes amis qui t'ont "arrachée de force". A quel moment est-ce que tu as lâché prise ?
Tu l'as peut-être fait hein, je dis pas. Mais je me pose la question, sérieusement.

aviatha
C'est une de mes grandes interrogations en ce moment : où est la ligne ?

Je crois que c'est à toi de la mettre... Mais je crois aussi ne pas être la seule à m'inquiéter de là où tu sembles l'avoir mise...

La question à se poser, plutôt que "Quel chemin est impossible ?", c'est "Quel chemin est impossible dans les conditions où je souhaite faire ma route ?".

Les chemins auxquels j'ai renoncés étaient parfois possibles. Mais là aussi, il faut se demander : "A quel prix ?". Pour moi, c'était au prix de ma santé, de mon intégrité, voire de ma vie, donc ce n'était pas envisageable. Le truc avec un chemin qui est possible au prix de ta vie (ou presque), c'est que tu risques de ne pas le parcourir longtemps...bah oui, de l'énergie il t'en faudra encore, après. Ce n'est pas "une grande bataille à remporter et après le prince et la princesse vécurent heureux ensemble et eurent beaucoup d'enfants et n'eurent plus d'efforts à faire". Non. Des efforts, il y en a tout au long de la vie. Alors tu feras comment, si tu obtiens ce que tu veux (ce dont pour ma part je commence à douter, car comment pourrait-il cesser de l'aimer ?), pour continuer ta vie ? Sans énergie ? Ce n'est pas lui qui va te porter. Je suis d'accord avec Siesta : la seule personne qui peut te porter, c'est toi.

aviatha
ne pas avoir peur de mourir, je le répète, ne veut pas dire en avoir envie ou préférer ça à la vie

Oh mais on est d'accord. On était déjà d'accord quand j'avais 17 ans, en fait. ^^ (Enfin, mon moi de l'époque - tout comme le moi d'aujourd'hui - est d'accord avec ton toi d'aujourd'hui - c'est clair :P ?)

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aviatha

le mardi 26 novembre 2013 à 21h30

Je n'en sais rien, c'était une boutade :-)

Pour ce qui est du monstre, c'est très difficile. Bientôt 13 ans de thérapie, et je peux tout juste le tenir en laisse quand il n'est pas trop difficile. Mais on essaye. Pour ce qui est de l'irrémédiabilité du psychisme et du corps, oui et non, et souvent les deux sont liés. Dans mon cas par exemple ça vient du psychisme, mais une fois la maladie auto-immune déclenchée, le corps est malade, et malade à vie.

Pour le deuxième, j'ai lâcher prise de moi-même à un moment (mes potes ne pouvaient pas me séquestrer non plus, à un moment, il fallait que ça vienne de moi). Et puis j'ai lâché prise pour toutes les autres histoires aussi, au moment où je sentais que ça ne menait plus nulle part.

Après pour ce qui est de savoir si mettre la limite "là" (en attendant de savoir où est ce "là", je fais un truc aussi, qui est sans doute stupide, mais je me demande souvent "si je n'avais pas un esprit malade, est-ce que cela serait supportable ?" et je fais souvent plus en fonction de ça que de ce que je ressens. Et c'est vrai que de voir ici tant de monde qui vivait parfaitement bien des situations comme la mienne, ça m'a conduit à négliger beaucoup ce que je ressentais et qui est en train de m'exploser à la figure. La psy dit que sur certains points je suis dans un déni de la maladie. Alors j'essaye de trouver une ligne qui aille avec ce que je veux être et ce que je suis, et la trouver est pas facile.

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Siestacorta

le mardi 26 novembre 2013 à 22h14

aviatha
La psy dit que sur certains points je suis dans un déni de la maladie.

Ca peut concerner la violence de tes réactions émotionnelles aux évènements ? Et ou le jusquauboutisme dans certains cas ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le mardi 26 novembre 2013 à 22h36

Ça peut. Je ne sais pas bien en fait. Je ne sais plus qu'est-ce qui est moi, qu'est-ce qui moi avec la maladie et qu'est-ce qui est moi en train de faire semblant que la maladie n'existe pas.
Je sais que tous les malades comme moi ont des réactions extrêmes et très binaires, que les nuances, même en amitié ou en relations professionnelles, sont très dures à trouver.
Je sais que nos colères, nos crises de rage et de larmes sont violentes, dévastatrices et incontrôlables. Je sais qu'il nous ait très difficile voire impossible de bâtir de véritables défenses émotionnels, que tout nous touche, tout nous percute, tout nous agresse.
Je sais que nous sommes à la fois tyranniques avec nos proches et terrifiés par l'abandon, que les gens qui gagnent notre confiance font de nous des monstres d'amour et ceux qui nous trahissent des monstres de haine.
Je sais que les chagrins et les douleurs chez nous sont si forts que parfois notre cerveau se branche sur pilote automatique, on vit sans être là, on en a aucune conscience, on en garde aucun souvenir, ça s'appelle les états dissociés je crois, ça permet de rester en vie sans rien ressentir.
Je sais, pas chez tous, mais chez beaucoup d'entre nous, la peur de la violence, de faire du mal aux autres est si grande, qu'on a besoin de se faire du mal à nous pour les protéger. Parce que comme ça la violence sort quand même, et en plus quand on est blessé/ivre/défoncé/épuisé, on est moins dangereux.

Et au milieu de tout ça, j'en viens même à oublier qui j'étais avant ça.

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