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Paumée avec un polyamoureux

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ScottBuckley

le mercredi 19 mars 2014 à 19h41

Bonjour Aviatha,

Tout d'abord, je suis de tout coeur avec toi, dans ce qui t'arrive, avec cette trahison.

Ensuite, je trouve vraiment intéressant ce que ta psy t'explique, je trouve ça pertinent.
Et le regard critique et distant qu'elle porte notamment sur des personnes " polys " aussi, sans pour autant être dans un “jugement anti-pluriel”, c’est sain comme approche. Elle ne prend le parti de personne, sauf celui de ton bien-être, et ça c’est bon (+) .

D'ailleurs, à mes yeux, il ne s'agit pas de "déconstruire nos peurs", mais plutôt, d’abord, de les observer, de les comprendre, sans les juger : juste les regarder en face. Car elles ont énormément de choses à nous apprendre, sur soi, et sur notre relation à soi, et aux autres.
> Exemple : une personne qui a peur d'être abandonnée par sa/son partenaire : d'où viendrait cette peur ?

Est-ce parce que sa/son partenaire a un grand pouvoir de séduction sur d'autres personnes qui rodent autour de lui/d'elle ? Est-ce une peur-par-jalousie ? et quelle jalousie ? (car il en existe plusieurs ! la jalousie neigeuse étant la plus douce)
Ou parce que soi-même on ne s'aime pas assez (à cause d'une précarité, d'un physique, d'une forme de supposée "handicap" ou "défaut", d'un manque d'une autonomie affective/matérielle...) ?
Ou parce que dans son entourage on a souffert de voir des personnes et/ou parents divorcé-es ?
Est-ce parce qu'on sait qu'à tel âge (+ horloge biologique qui parle) on ne retrouvera plus ou difficilement un-e aussi juste partenaire pour avoir un enfant avec lui/elle ?
.... Ou un mixte de ceci + cela + d'autres raisons et ingrédients ?

Il y a des couples qui s'accrochent l'un-e à l'autre, où l'amour n'est plus vraiment là (les années longues, la distance affective + cocktail de routine, les désirs dépassés...), et où la peur de l'abandon reste très forte malgré tout (ex. : “si elle/il part, je vais être seul-e, être à la rue à Paris, sans logement digne, sans stabilité, sans Doudou amical le soir dans mon lit", etc.) .
Et ça, il me semble, un-e psy de qualité & qui nous convient bien à soi, peut l'entendre distinctement, et peut éclaircir à travers de fines questions cette ou ces origines/raisons d'avoir une ou plusieurs "peurs".

Mieux vaut, me semble-t-il, regarder et apprivoiser chacune de nos peurs, sachant que si on se libère d'une, une autre peut arriver à un autre moment de la vie, pour d'autres raisons.

C’est la belle et étrange impermanence de la vie .
(qui a priori ne s’apprend pas chez walt disney ni dans les récits linéaires “pour la vie”) .

aviatha

J'avoue, j'ai du mal, mais sans doute c'est le contre-coup, à tirer du positif. Tout ce que j'ai l'impression d'avoir appris, c'est que quand on est gentil, généreux et compréhensif, on se fait avoir par les gens et qu'ils en profitent,et que donc il ne faut pas l'être, ou du moins l'être moins que ceux en face. Ça, et le fait que le seul moyen de n'être jamais trahi, c'est de ne jamais faire confiance, et je ne suis pas sûre que ce soient des enseignements très positifs...

Si tu penses : " je ne suis pas sûre que ce soient des enseignements très positifs... " , eh bien je suis d'accord avec toi. Être "gentil, généreux, compréhensif", sont de belles qualités, et il n'est pas question de “ne plus les avoir”, ou de “ne plus les offrir du tout” (libérons-nous des schémas binaires 0 ou 1, on ou off : on n’est pas des interrupteurs) : il s'agit de savoir à quelle personne & à quel cercle + ou - restreint tu souhaites offrir ces qualités précieuses et rares, ou cette empathie unique. Et sous quelles conditions tu les acceptes dans ton cercle de happy few, ces personnes.

Pour ma part, j'explique quand je le peux, avec du temps, comment je fonctionne, comment je respire et relationne, le style de moments partagés que j'apprécie d'offrir ou de recevoir ou les deux, de préférence en mode ' zéro tabou sur certains sujets essentiels ' (si je suis en confiance avec cette personne sur ces sujets-là) , la liberté d’évoluer, d’être vivant (je ne suis pas un “petit soldat figé dans un dogme poly ou mono” : je suis exclusif sur certaines choses, et beaucoup moins sur d’autres, mais ça bouge) , tout en gardant une éthique, un respect pour l’autre.
Et à partir de là, la relation s'enrichit de ce que chacun*e y met, y donne.
( il y a certaines personnes que je vois toujours prendre les invites, profiter, dominer, jamais en donner, jamais vraiment remercier ni faire de retours, rester froides et distantes, et à ce jour, - pour l'instant -, je n'ai donc pas trop envie de les inclure dans mes relations de confiance, ni de les ré-inviter )

En tout cas c'est bien qu'aujourd'hui tu arrives à mieux positionner tes limites, à savoir dire non ou oui différemment, car dans l'histoire que tu nous a présentée, il s'agit entre autres de sauver ta peau, pour ton intérêt personnel & légitime (ce que l'on oublie parfois, sous l'effet de la séduction et emprise de l'autre) .
N'oublie pas de t'aimer, chère Aviatha .

Et sache que quelque soit ton éventuelle opinion sur les ' relations affectives plurielles ' (et sur l'une des 1001 formes individuelles qu'elles peuvent prendre, loin du mot "polyamour" hélas privé de son ‘s’ pluriel), ou sur moi, quelque soit nos éventuelles divergences, tu n'es pas mon ennemie, ô non, mais une personne avec qui j'espère garder le contact, et suivre le parcours, avec les heureux rebondissements que tu mérites.

En attendant, je t'envoie beaucoup d'affection, et te souhaite d'en nourrir aussi pour toi, puis pour celles et ceux qui te font du bien autour de toi . Et sois encore et encore la bienvenue sur ce forum .

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Green-Man-Outside

le jeudi 20 mars 2014 à 01h03

aviatha
Je ne vois pas en quoi le fait qu'il puisse en avoir d'autres enlève quoi que ce soit au gâchis de celle-là. Je pense que ce n'est pas à vous que je vais apprendre qu'une histoire qui arrive n'en efface pas une autre.

Je suis tout à fait d'accord avec la seconde phrase. Ce qui me donne d'autant plus envie de rebondir sur la première : tu considères que ce que cet ex vivait avec la troisième protagoniste quand vous étiez encore en couple t'enlevait des choses ("que tout ce qu'il lui donnait m'était arraché, que chaque baiser entre eux était une injure jetée à mon visage"). Pourquoi ne pas, dans la même logique, considérer que les histoires à venir enlèveront des choses de ce gâchis ?
N'y a-t-il pas là un deux poids deux mesures ?
(d'ailleurs, ça me fait penser à un épisode de House sur la mémoire, je ne sais pas si ça parle à quelqu'un ici)


A mes yeux, j'ai été faible parce que j'aurais dû imposer ma vision, au lieu d'essayer d'accepter quelque chose dont je sentais instinctivement que ça allait me faire du mal.

En fait tu t'en veux de pas t'être écouté.
(la question intéressante serait "qu'est-ce que ça t'as apporté de ne pas t'écouter ?")


Pour ce qui est du gâchis, mais ça rejoint un peu LuLutine, pour moi le gâchis ce n'est pas être privé de ce qui reste, c'est saboter ce qui aurait pu être, et on aurait pu être beaucoup.

J'ai vécu ça, donc je comprends. Là encore, fort de ma confortable position extérieure, je dis que c'est ne pas être avec "ce qui est". L'idée de gâchis suppose que cela devait/pouvait être autrement. Or, avec des "si" on coupe du bois. La seule réalité c'est celle qui est. Que dans tes souhaits, tes envies, tes sentiments, cela eusse pu finir autrement, sûr. Mais... les univers parallèles n'ont aucun impact sur notre réalité présente. ;-)

Je ne l'aime pas, je le méprise, j'aime l'être qu'il a été comme on aime les morts, avec nostalgie. J'aimerais croire que cette belle personne dort en lui, quelque part, et qu'un jour elle reprendra le dessus, mais j'ai bien du mal.

Même réponse que dans le paragraphe ci-dessus : j'ai dit et écrit ce genre de choses, je te comprends... et de ma position extérieure, etc. ;-)


Quand à pourquoi j'en souffre : parce que je suis comme ça, comme vous vous souffrez de devoir être exclusif, et chez vous ça ne se questionne pas beaucoup plus que ça

Je pense que ça se/nous/ questionne plus que tu ne le penses. Mais je ne veux pas parler au nom des autres, d'autant que ne me considère pas "poly".


sa non-exclusivité est une injure à ce que je suis et ce que je ressens, et je ne vois pas pourquoi ce serait à moi de changer pour l'autre

Je comprends et je suis d'accord. Ce qui m'amène à la question : pourquoi as-tu fait l'inverse de ce que tu prônes ici ?


Si malgré tout ce que je peux donner, il veut autre chose, il ne me mérite pas, et pour moi désormais ça s'arrête là.

Aaaah... comment dire. Je suis ok pour dire qu'il ne te "mérites" pas. En tout cas je suis ok pour que tu le dises, le ressentes, le proclames. Mais peut-être pas pour les mêmes raisons que toi.

L'explication "si malgré tout ce que je donne je ne lui suffis pas"... Il n'y a pas de causalité entre ce qu'on donne et ce qui est reçu (on peut le regretter). Pas plus qu'il n'y a de causalité entre recevoir le don de quelqu'un et mériter ce quelqu'un. Mais là encore, si tu t'aimes assez pour rejeter cet homme qui t'a fait du mal et trahi, ok pour parler de mérite. (+)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le jeudi 20 mars 2014 à 01h39

@GreenPixie
D'abord merci pour tes encouragements et pour ton mail.
La raison pour laquelle je ne suis effectivement pas sûre que ce soient des enseignements positifs, c'est que lui avait toutes les conditions requises pour être dans les happy fews, justement, même plus que l'immense majorité d'entre eux. Et si lui a pu me faire ça, ils en sont tous capables, et je ne peux faire confiance à personne. Le problème, c'est qu'un raisonnement pareil est pas forcément ce qui se fait de plus viable. Alors je prends les encouragements, et je vais voir ce que je peux faire de ce qui reste.

@GMO
- Parce que ce n'est pas sur la même timeline, ce qui arrivera dans le futur ne répare pas ce qui a été fait. En revanche ce qui arrivait sur cette période entre elle et lui avait une influence sur ce qui arrivait dans la même période entre lui et moi: plus il se rapprochait d'elle, plus il s'éloignait de moi, plus il était attentif envers elle, moins il l'était envers moi, plus son désir d'elle grandissait, plus son désir de moi s'éteignait, plus leur relation devenait solide, plus notre avenir devenait incertain, on pourra dire que ce n'était que des impressions, n'empêche que l'histoire a prouvé que j'avais bon sur toute la ligne...
-A cette question, l'aigreur en moi serait tentée de répondre "apprendre que le rôle de bonne poire pour un infidèle, c'est pas pour moi", c'est un peu violent, mais le ressenti général est sur cette note là.
-Oui, la seule réalité, c'est celle qui est. Et dans le présent qui est, il a assassiné en traître le seul grand rêve que j'avais. Et on ne pardonne pas facilement la mort d'un rêve...
-Pourquoi ai-je essayé de changer ? Au risque de déranger un peu (et je m'en excuse), en partie à la suite de ce qui m'a été dit ici. Comme quoi je n'avais pas vraiment mal, c'était plus de la peur, que je devais déconstruire, ou c'était un conditionnement culturel sans véritable fondement, le fait que je devais respecter sa liberté avant tout et que lui imposer mon exclusivité c'était le contraindre, que ça n'arrivait que parce que j'étais trop fusionnelle, que c'était un mode de fonctionnement naturel qui ne devait pas me poser de problème si j'arrivais à être rationnelle et que le mieux pour tout le monde c'était encore que j'arrive à m'y faire et à l'accepter parce que les poly reviennent rarement "en arrière" et que donc c'était à moi d'aller "en avant"... Voilà voilà.
- Bien sûr entre donner et recevoir il n'y a pas de causalité. Mais on donne rarement énormément sans certaines conditions, et on ne donne pas deux fois à une personne ingrate, je pense qu'il faut plus le voir comme ça.

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DMarkhan

le jeudi 20 mars 2014 à 17h10

Bonjour Aviatha,

Aviatha
La psychiatre m'a demandé si je lui en voulais. Pas au sens où on l'entend.
Je lui en veux à elle en revanche.

Mon unique conseil là-dessus sera celui-là : pardonne-toi !

Pardonne-toi d’avoir choisi ce chemin et d’avoir cru à quelque chose de plus grand que toi.

Certes, il s’agit d’un gâchis, c’est une dure leçon, oui. Mais cependant elle est utile car cette leçon est terriblement importante. L’enseignement à en tirer n’est pas de « ne pas faire confiance », mais savoir quelles sont tes limites, savoir affirmer tes besoins et ta vie, pas te réduire à la survie.

Pour ce qui est des peurs : les peurs ne sont pas à déconstruire mais à tempérer. Elles sont des sentiments, autant que l’amour, et on ne saurait déconstruire l’amour. C’est savoir faire la part des choses. Agir avec discernement. Quand la peur nous tenaille et nous brise, le discernement clair nous échappe et l’on perd pied sur ce que l’on croit toujours maîtriser, aveuglés que nous sommes.

Aviatha
Je me sens stupide d'avoir fait tant d'efforts simplement pour creuser ma propre tombe.

Tu n’as pas été stupide, tu as été vraie et courageuse. Tu as cru de toutes tes forces et as tenu ta parole du mieux que tu pouvais, jusqu’aux limites de ton corps et de ton cœur. J’avais déjà dit que tu me semblais fière, voilà une excellente opportunité de l’être. Tu as été bien plus grande en étant fidèle à toi-même et en ces choses auxquelles tu crois que tu ne t’en rends compte, qu’eux deux ne le réalisent ; et j’ai même envie de dire que tu as été plus grande que ta souffrance.

Je ne glorifie pas le martyr. Ça n’est pas du tout mon genre. C’est juste que la ligne très fine et dorée sur laquelle tu as funambulé au milieu de cette tempête de souffrance t’a amené plus haut. Parce que tu as tenu.

Aviatha
Et j'ai été faible.

Non. Tu as été tout le contraire. Tu t’es surestimée, peut-être. Mais tu as été forte, brillamment forte.

Aviatha
Et si au bout de six ans ensemble et d'avoir grandi l'un avec l'autre et de s'être construits face à face, je n'aurais pas dû lui faire confiance, alors personne n'est digne de confiance.

Il y a bien des gens à qui tu as déjà donné ta confiance et qui ne l’ont jamais déçue. Je sais que sous le coup de la souffrance et de la colère, tu ressens vivement comme une envie de tout envoyer balader. Seulement tu dois avancer, te faire confiance toujours et continuer de croire.
Crois en ceux qui seront toujours là, et sache qu’ils sont faillibles, tous. Et toi aussi.

Il y a deux citations sur le temps qui me frappent là, j’aurais aimé en avoir de meilleures. La première est « Le temps guéri toutes les blessures (Time is a great healer) », et l’autre est la célèbre chanson de Férré « Avec le temps ».

Continue de croire Aviatha ! Au soleil qui se lève chaque matin et au vent qui parcoure le monde, au printemps qui commence, le renouveau.

Je te souhaite sincèrement d’être heureuse. Je pense bien fort à toi !

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Anarchamory

le jeudi 20 mars 2014 à 20h43

aviatha
- Parce que ce n'est pas sur la même timeline, ce qui arrivera dans le futur ne répare pas ce qui a été fait. En revanche ce qui arrivait sur cette période entre elle et lui avait une influence sur ce qui arrivait dans la même période entre lui et moi : plus il se rapprochait d'elle, plus il s'éloignait de moi, plus il était attentif envers elle, moins il l'était envers moi, plus son désir d'elle grandissait, plus son désir de moi s'éteignait, plus leur relation devenait solide, plus notre avenir devenait incertain, on pourra dire que ce n'était que des impressions, n'empêche que l'histoire a prouvé que j'avais bon sur toute la ligne...

Au fond, est-ce que le problème ce n'est pas ça, davantage que le polyamour ? Parce que, si : plus il se rapprochait d'elle, plus il se serait rapproché de toi, plus il était attentif envers elle, plus il l'aurait été envers toi, plus son désir d'elle grandissait, plus son désir de toi aurait grandi, plus leur relation devenait solide, plus votre avenir serait devenu certain ; alors, est-ce que l'histoire aurait pu être différente ? Parce qu'en principe, le polyamour, c'est supposé être gagnant-gagnant, pas gagnant-perdant. On est heureux du bonheur de l'autre, parce que l'autre est heureux il est charmant avec nous, etc.

aviatha
-Pourquoi ai-je essayé de changer ? Au risque de déranger un peu (et je m'en excuse), en partie à la suite de ce qui m'a été dit ici. Comme quoi je n'avais pas vraiment mal, c'était plus de la peur, que je devais déconstruire, ou c'était un conditionnement culturel sans véritable fondement, le fait que je devais respecter sa liberté avant tout et que lui imposer mon exclusivité c'était le contraindre, que ça n'arrivait que parce que j'étais trop fusionnelle, que c'était un mode de fonctionnement naturel qui ne devait pas me poser de problème si j'arrivais à être rationnelle et que le mieux pour tout le monde c'était encore que j'arrive à m'y faire et à l'accepter parce que les poly reviennent rarement "en arrière" et que donc c'était à moi d'aller "en avant"... Voilà voilà.

Ça aurait pu être le cas, et sur un forum de polyamoureux, "malheureusement" pour toi, tu trouveras surtout des personnes pour qui ça a été le cas, et qui peuvent difficilement faire autre chose que de te parler de leurs expériences, leurs réflexions, leurs ressentis... Mais je crois qu'il y avait aussi une autre raison qui a essayé de te pousser à changer, c'est que tu l'aimais. Et c'est, à mon sens, la principale raison. Puisque tu l'aimais, tu voulais qu'il puisse s'épanouir en autonomie, selon son individualité, sans être un frein à cela. Malheureusement, le prix à payer était trop important.

aviatha
Je ne lui reproche pas d'avoir été malintentionné (y manquerait plus que ça), mais comme dit ma mère "je ne te demande pas de faire du mal pas fait exprès, je te demande de faire exprès de veiller à ne pas en faire".

Mais les deux ne sont pas incompatibles : on peut faire exprès de veiller à ne pas faire de mal, et malgré tout faire du mal sans faire exprès. Par exemple, j'ai tenu bon, tant bien que mal, avec mon épouse, à ne pas avoir de relations sexuelles ou amoureuses extra-conjugales (j'ai donc fait exprès de veiller à ne pas lui faire du mal... tout en me faisant du mal à moi-même, et donc je pourrais dire d'elle qu'elle m'a fait du mal sans le faire exprès, tiens !...). Et malgré cela, j'ai trouvé le moyen, sans le faire exprès, de lui faire du mal, juste en faisant un chaste câlin à une amie poly (je pensais sincèrement que ça, au moins, je pouvais le faire sans problème, ben non !).

aviatha Moi je crois fermement, comme étant une des personnes qui connait le mieux notre histoire, quand même, que oui, il a saboté ce qui aurait pu être, lui même étant le premier a reconnaître que sans doute ce désir/amour/passion lui serait passé si je n'avais pas cédé.

Oui mais c'est quand même difficile à dire, je trouve, comment se seraient passées les choses, si autre chose que ce qui est advenu était advenu...

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ScottBuckley

le jeudi 20 mars 2014 à 23h19

DMarkhan

Aviatha :
" Et si au bout de six ans ensemble et d'avoir grandi l'un avec l'autre et de s'être construits face à face, je n'aurais pas dû lui faire confiance, alors personne n'est digne de confiance. "

Il y a bien des gens à qui tu as déjà donné ta confiance et qui ne l’ont jamais déçue. Je sais que sous le coup de la souffrance et de la colère, tu ressens vivement comme une envie de tout envoyer balader. Seulement tu dois avancer, te faire confiance toujours et continuer de croire.
Crois en ceux qui seront toujours là, et sache qu’ils sont faillibles, tous. Et toi aussi.
(...)

Oui, je suis assez d'accord avec DMarkan .
Et puis ne mélangeons pas : a) la confiance amicale, accordée à certains ami-es & happy few (y compris des cousin-es ou parents proches, ça arrive...),
et : b) une toute autre confiance, plutôt amoureuse, physique, sexuelle, accordée à un-e chérie .
> ça n'a pas forcément à voir .
Ce sont des formes de confiance et de partages de différentes natures, vraiment .

Si une personne est plutôt mono, elle fait confiance à sa/son partenaire pour que celle-ci lui reste exclusive...
... mais elle n'en demandera pas autant à ses ami-es (qu'illes soient plutôt monos ou plutôt polys ou autres) , donc ses ami-es ont peu de chance de la ' décevoir en confiance ' autant, côté "exclusivité", que sa/son chéri-e .

Les ami-es platoniques et // les lovers ne jouent pas sur le même tableau : la confiance est d'une autre nature, tout comme la relation physique, les ' projets de vie ' , les désirs d'un enfant, le logement, les intimités, le linge, le lit partagé...
Les enjeux de confiances & les paroles complices sont elles aussi différentes, de chaque côté .

Des couples qui, suite à une rupture, du jour au lendemain ne se parlent plus du tout, rompent même l'idée d'une amitié future, et séparent et coupent en deux leurs "réseaux d'ami-es" ( style "choisis ton camp, c'est lui ou moi ton ami-e" ) il y en a beaucoup (avec un côté un peu binaire - parfois - : c'est amour Ou plus rien du tout).
En sociologie, on analyse à quel point les ' réseaux sociaux d'ami-es ' peuvent être en quelques jours à peine brisés en morceaux, à cause de ruptures d'amours, des divorces, des déménagements brutaux...

En revanche, me semble-t-il, des amitiés fidèles, intimes, durables, belles, complices, même perturbées par les aléas de la vie, sont plus souples, et ne devraient pas se terminer par des ruptures radicales façon "je ne veux plus te revoir" .
ça peut arriver, mais il me semble que c'est plus rare, c'est moins binaire .

>> Cela pour te dire, Aviatha, que dans les semaines et mois à venir, tu pourrais en profiter pour re-découvrir tes proches ami-es, en particulier certain-es happy few, et ré-apprendre à vous connaître, à vous confier mutuellement - et de façon réciproque - , à partager d'autres moments (y compris de nouvelles soirées pyjamas) .

Les ami-es ne sont pas des sous-amours, ni des "amours ratés faute de désir", on le sait n'est-ce pas ? Les belles amitiés peuvent être différentes des amours, tout en ayant des points communs nombreux, et tout en étant complémentaires des amours.

Ne plus leur faire confiance à tes ami-es (à cause d'un ex, alors que elles ne sont pas responsables), ce serait comme les trahir elles, ce qui serait fort dommage .
Car elles méritent de te re*trouver et de poursuivre de belles relations affectives avec toi, avec ton nouveau toi, plus prudent, avec ton nouveau gouvernail, et avec tes nouvelles limites exprimées (me semble-t-il ) .

Encore une fois, Aviatha, n'oublie pas de t'aimer, ce qui veut dire en premier lieu : n'oublie pas de te faire confiance, car tu as en toi les ressources pour rebondir, et c'est en les nourrissant et en t'aimant que tu continueras à grandir dans la vie .
Car tu es plus vaste que toi-même .

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aviatha

le vendredi 21 mars 2014 à 00h15

@DMarkhan
Je me doute qu'il y a une part de vérité dans ce que tu dis. Mais ce que j'ai appris, au fond je le savais déjà. Ma peur n'était une panique irrationnelle, je savais qu'elle était là pour me protéger. Comme je savais qu'on ait jamais trahi que par ceux en qui ont a confiance. Mais c'est vrai, et c'est un bon conseil: j'ai beaucoup de mal à me pardonner, et peut-être que c'est par là qu'il faut commencer.

@Metazet
- Oui, mais moi je crois que ce que je vis et vois. Et pour moi le polyamour n'a que ce visage là. On me dit que ça peut être autrement, que ça doit être gagnant-gagnant, que le bonheur de l'autre nous rend heureux... Quelle preuve j'ai que cela existe ? Que ce n'est pas toujours ici, que juste les autres n'y sont pas sensibles comme moi ? Peut-être que les résultats sont erronés, et l'expérience pas concluante. Mais on ne me verra pas la tenter une seconde fois.
- Bien sûr, j'ai dit "en partie", bien sûr que c'est parce que je l'aimais. Mais si je n'avais pas trouvé des gens pour me dire que ça pouvait/devait/allait marcher, si je n'avais pas été convaincue que c'était moi qui était "en tort" (parce que culturellement formatée, parce que mono par défaut avant tout, parce que la contrainte était de mon côté...), ça n'aurait pas suffi. Au bout d'un mois ou deux j'aurais tout arrêté, et même malgré tout ça, la tentation a été grande au court de ces derniers mois.

@GreenPixie
Pour moi il n' y a pas différents types de confiance: je fais confiance totalement ou pas. Après, c'est sûr que je ne demande pas la même chose aux mêmes personnes, mais la confiance ne bouge pas. Et la briser est pour moi tout aussi radical chez mes amis que chez mes amours. Le seul qui s'est retrouvé dans ce cas-là a mis des années à revenir en grâce, et il paye encore plein pot le moindre min-écart envers moi, que je passerais en temps normalement à n'importe qui d'autre. Mais pas lui. Il ne redeviendra jamais une personne en qui j'ai vraiment confiance, il est désormais un traître repenti. Je le vois sans problème, mais il sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur et que je ne lui ai toujours pas réellement pardonné. Ma confiance pleine et entière est rare, mon pardon l'est bien plus encore.
Et je ne vois pas le rapport avec "ré-apprendre" à se connaître. Nous n'avons jamais été éloignés, je ne fais pas partie des monos qui délaissent leurs amis parce que leur vie tourne autour de leur conjoint. Nous n'avons jamais cessé de nous voir, de nous appeler, de nous soutenir, ils sont chez moi chez eux. Mais ils savent que je vais devenir plus fermée, et plus méfiante, et qu'ils auront moins le droit à l'erreur encore. Et parmi ceux que nous avions en commun, beaucoup lui en veulent terriblement pour ça.

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ScottBuckley

le vendredi 21 mars 2014 à 07h48

Bon matin,

> Avez-vous lu, vous toutes & tous, cet excellllent article, traduit joliment par Beseeingyou ?

/-dr-/Erreurs-courantes-en-polyamour/

Si oui, je serai vraiment ravi de savoir ce que vous en pensez !
( y compris par mess@ge perso (+) )

il pose de très bonnes questions & forts pertinentes, je trouve, et pas seulement aux personnes monos ou polys (+) .
Et il va aussi dans le sens de ce fil de discussion, à mon humble avis .

Un grand moment de lecture & re*lectures, pour toutes les personnes voulant être davantage responsables & conscientes des choix qu'elles tentent de faire ....
... et des multiples (((( ondes affectives )))) que cela produit, en soi & dans les autres relations .

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le vendredi 21 mars 2014 à 21h58

aviatha
@LuLutine
[...] J'emploie le terme gâchis en ce sens qu'à mes yeux il y avait encore beaucoup de belles choses à vivre dedans, beaucoup de promesses dans cette relation, et que ça a été détruit bêtement.

J'avais exactement ce sentiment quand j'ai été trahie, comme toi. Je dis bien exactement.

Ca peut paraître fataliste mais parfois il faut faire avec, et c'est la seule solution.

Et c'est très probable qu'on avait encore de belles choses à vivre, s'il n'avait pas retourné brusquement sa veste (à mon sens il n'est ni poly, ni exclusif, il est opportuniste - je parle de celui qui m'a trahie, pour ton compagnon je n'en sais pas assez).

Mais je sais aussi que je serais probablement passée à côté de bien des choses vécues depuis, et elles m'ont apporté tellement...

Au passage :

LuLutine
je serais passée à côté de tant de merveilles de la vie

J'envoie plein de baisers aux merveilles de la vie qui me lisent ici...et à l'une en particulier, en espérant que ça ne déclenche pas de jalousies ! ;)

aviatha
Pour ma psy, elle en a vu passer quelques uns [des poly] quand même, et pour elle ils ne sont juste pas différents des monos, leur fonctionnement est le même, il joue juste sur un autre tableau.


Bah, disons que je ne la connais pas, elle ne me connaît pas, et ce qu'elle dit ne colle pas, mais absolument pas avec mon vécu.
Depuis que je suis poly je ne fonctionne justement plus du tout de la même façon ! Je dirais presque que j'ai tout changé ! Et que ça engendre d'autres changements en cascade dans ma vie...
Et si je n'avais pas justement réfléchi sur des tas de peurs, je n'en serais pas là.

Et par exemple, non je n'ai pas peur de l'envahissement ou de l'exclusivité. Je n'en ai pas envie, certes. Mais ça ne me fait pas peur. C'est comme si je n'aimais pas les radis et que tu me dises que j'en ai peur. Ben non, peut-être juste que j'aime pas ça, que j'en ai pas envie, et que j'ai la possibilité de choisir, alors je choisis. De ne pas en prendre.
Et une louche d'exclusivité ? Non merci, pas pour moi non plus... :)

Il n'en reste pas moins que oui, la peur est un signal d'alarme, et qu'en général elle est là pour une raison, et qu'il n'est pas toujours le plus judicieux de "juste" vouloir la "déconstruire" sans avoir bien réfléchi avant...ça serait un peu trop simpliste comme vision je dirais.
En fait je rejoins assez GreenPixie dans son parti d'observer et comprendre nos peurs, pour progresser.

Alors disons que je fais le tri justement, entre la peur utile et celle qui est contre-productive. Et qu'aujourd'hui ce ne sont pas les peurs qui me guident (comme c'était le cas majoritairement avant).

A moins que....j'aie peur d'avoir peur ? :P
Mais ce serait un peu tiré par les cheveux non ?! ;)

aviatha
Pour ce qui est du gâchis, mais ça rejoint un peu LuLutine, pour moi le gâchis ce n'est pas être privé de ce qui reste, c'est saboter ce qui aurait pu être, et on aurait pu être beaucoup.

Oui, moi aussi, il a saboté, mais que veux-tu...(je redeviens fataliste, désolée).
Certains sont même champions pour saboter et accuser les autres d'être responsables (ce que, dans mon cas, il a largement fait auprès de ses proches en mentant et déformant).

Mais ça nous fait une belle jambe de se lamenter sur ce qui aurait pu être. Je sais que c'est une étape forcée du deuil, mais disons qu'il n'est peut-être pas nécessaire de l'aider à durer plus que de raison...

Je rejoins assez GMO :

Green-Man-Outside
les univers parallèles n'ont aucun impact sur notre réalité présente. ;-)

J'entame souvent un deuil avec en vue, même si elle paraît loin, la "lumière au bout du tunnel". Donc avec tristesse certes mais en sachant que je vais y arriver, que je vais en sortir. Et je crois que ça m'aide à y arriver plus vite.

Alors je plussoie la phrase de Caline qui traduit assez bien une partie de ce que j'essaie de dire :

Caline
ne te laisse pas enfermer dans une prison de souvenirs...

Surtout quand je vois des phrases qui me font penser que tu ressasses beaucoup beaucoup (même si c'est compréhensible dans ces cas-là), comme :

aviatha
lui même étant le premier a reconnaître que sans doute ce désir/amour/passion lui serait passé si je n'avais pas cédé.

Il le dit, mais il n'en sait rien. C'est son impression, mais mon vécu à moi, c'est que les désirs que je n'ai pas pu vivre ont perduré en moyenne bien plus longtemps (et bien plus fort) que ceux qui ont été assouvis (qui ont pourtant déjà une bonne longévité chez moi, c'est dire !)...alors ?

Très honnêtement, je dirais donc que non seulement il ne peut l'affirmer mais aussi que, consciemment ou non, c'est même (à mon sens) une façon de te faire porter la responsabilité du résultat : "Regarde ce que t'as fait aviatha, t'aurais vraiment pas dû me laisser faire, ça a tout gâché !"

Il a son libre-arbitre, non mais ho ! Et j'espère vraiment que cette façon de dire "oui, ça aurait pu me passer si tu avais mis le holà" en te laissant - encore !!! - assumer et payer les pots cassés, n'est pas un mécanisme conscient chez lui ! (Parce que dans ce cas il a pas intérêt à se pointer devant moi, il va s'en prendre une, même si je suis plutôt non-violente en général.)

aviatha
Je ne l'aime pas, je le méprise,

Dans mon cas je l'aime toujours, mais je ne suis plus amoureuse, heureusement sinon je souffrirais du manque.

Je ne le méprise pas, il ne mérite même pas ce mépris après la façon dont il a agi. Je te rejoins donc un peu malgré tout sur un raisonnement du type :

aviatha
Si malgré tout ce que je peux donner, il veut autre chose, il ne me mérite pas, et pour moi désormais ça s'arrête là.

Même si pour toi le "autre chose" c'est (si je comprends bien) "une autre en plus" et dans mon cas c'était "une autre à la place et on fait semblant d'être juste amis".

Par contre quand je lis :

aviatha
j'aime l'être qu'il a été comme on aime les morts, avec nostalgie. J'aimerais croire que cette belle personne dort en lui, quelque part, et qu'un jour elle reprendra le dessus,

ou encore :

aviatha
L'homme que j'aimais était une personne merveilleuse, et l'homme qu'il est devenu a tué cette personne-là,

...j'avoue que ça m'inquiète un peu. Est-ce que cette personne que tu aimes c'était vraiment lui ? Ou une image que tu avais de lui ?
Même pendant plusieurs années (oui, même six ans) on peut se faire des illusions sur quelqu'un...je l'ai déjà vu !
Et je suis très sensible à ce genre de chose car j'ai vécu une histoire (aujourd'hui terminée, et mal terminée) avec quelqu'un qui à mon sens ne m'aimait pas tant moi-même, que l'image qu'il avait (voulait avoir ?) de moi...
Quand la réalité l'a rattrapé, il n'a pas pu gérer ça sereinement...

D'autre part, je plussoie MetaZet sur le fait qu'à mon sens ton ex-compagnon n'était pas forcément malintentionné. Il a fait une boulette, certes énorme, mais je ne crois pas comme tu le dis que :

aviatha
le long calvaire qu'il m'a infligé n'avait donc pas d'autre raison que de satisfaire son égo ou son plaisir, fusse au dépend de moi, jusqu'à ma santé.

Oui je sais, c'est dur de ne pas dire ça vu l'énormité gigantesque de la boulette en question. On m'a fait la même ou presque, alors je sais de quoi je parle. Mais je crois qu'il était surtout paumé, complètement paumé, comme l'évoque aussi MetaZet. Et je ne crois pas que ça ait été facile pour lui.
C'est difficile de se persuader qu'il ne l'a pas fait par méchanceté (parce que c'est exactement ce que tu décris, de la méchanceté : te faire souffrir juste pour son plaisir). Mais je ne pense pas que ce soit le cas.

Par faiblesse...oui, ça c'est fort possible. Mais c'est une autre histoire.

Je ne dis absolument pas qu'il faut que tu "le plaignes" hein, au contraire tu as suffisamment à faire avec toi-même, laisse-le s'occuper de lui, ce ne sont pas (plus) tes affaires de toute façon !
Mais je dis juste que les propos que je cite plus haut me semblent bien exagérés, même si je les comprends dans la douleur que tu traverses.

aviatha
je ne vois pas pourquoi ce serait à moi de changer pour l'autre.


Yep, tout comme l'inverse est vrai, on est d'accord.

aviatha
J'ai besoin de plus grand, c'est comme ça. Pour certains ce sera la gloire, pour d'autre ce sera Dieu, pour certains l'art, pour d'autres faire tourner sa vie autour de leurs enfants... Il y a vivre "bien" et se sentir vivant, et j'ai besoin de ce "plus grand" pour me sentir vivante.


Et pour certains, c'est être polyamoureux :)
Je me sens tellement vivante (et j'envoie encore plein de bisous aux doux yeux qui passeront me lire !).

Comme le dit bien Siesta :

Siestacorta
Ah mais oui mais tutafé mais padsouci !
Pour certains ici, le polyamour est justement un pas vers cette grandeur.

Ce qui bien sûr ne m'empêche pas d'être d'accord avec ça :

aviatha
c'est dans l'adversité qu'on réalise ce qui est vraiment important à nos yeux,

Car c'est bien comme cela que je me suis rendue compte d'à quel point le polyamour comptait à mes yeux.
J'ai dû dire au revoir (même si je ne suis dans aucun des cas celle qui y a mis fin) à des relations qui "m'assuraient" (assurance très relative mais bon, la plupart des gens le voient comme une assurance) une vie plus ou moins "confortable" pour...quoi ?
Me retrouver toute seule, sans projection possible dans l'avenir (mais pas sans projets, parce que ça mon cerveau en est incapable).
Me jeter dans le grand flou imprévu de la vie, équilibriste sans filet...
Me heurter à tant de choses au passage...

Mais pour me rendre compte que je me sens tellement mieux, tellement vivante ! Je sais au fond de moi qu'en effet, j'ai fait le choix de ce qui comptait, de ce qui était nécessaire à mon équilibre durable (pas encore établi d'ailleurs mais ça vient, ça se construit au fur et à mesure que s'affirment ma voie...et ma voix !).

aviatha
tout ce que j'ai l'impression d'avoir appris, c'est que quand on est gentil, généreux et compréhensif, on se fait avoir par les gens et qu'ils en profitent,et que donc il ne faut pas l'être, ou du moins l'être moins que ceux en face.

Un ami m'a dit une fois, après que j'ai vécu une trahison :
"Tu as fait confiance, c'est le principal."

Je ne crois pas qu'on puisse avancer sans confiance, car sinon on avance dans la peur, et ça ne me semble absolument pas constructif.

Depuis, j'ai continué à faire confiance (pas n'importe comment et à n'importe qui bien sûr, mais confiance quand même), et certes je me suis pris de belles gamelles, mais je m'en suis relevée plus grande, plus forte, et j'ai eu aussi tellement souvent raison de faire confiance !
A noter qu'avant de faire confiance aux gens, je fais surtout confiance à la Vie...en premier lieu.

Je trouve que ça rejoint un peu des propos d'un billet récent de Françoise, tiens !

J'ai beaucoup aimé ce billet, la "confiance en moi et en mon étoile" (surtout en mon étoile à une époque, vu où en était ma confiance en moi...), c'est ce qui m'a portée et me porte encore aujourd'hui, même dans l'adversité !

Ca qui rejoint aussi je trouve ces paroles de GreenPixie :

GreenPixie
n'oublie pas de te faire confiance, car tu as en toi les ressources pour rebondir, et c'est en les nourrissant et en t'aimant que tu continueras à grandir dans la vie .

Alors je dirais :

aviatha
le seul moyen de n'être jamais trahi, c'est de ne jamais faire confiance,

Oui c'est vrai, mais ne jamais faire confiance, c'est aussi selon moi le meilleur moyen de renoncer à vivre. Ce qui serait très dommage. Bon, c'est ma façon de voir et de ressentir, peut-être pas celle de tout le monde...

aviatha
Il n'y a pas de traître chez mes amis

Tiens, encore un ressenti en commun entre toi et moi.
Cela dit pour ma part j'accepte les excuses.
Les deux seules personnes à qui je ne parle pas sont des personnes qui n'ont fait aucune excuse sincère suite à une trahison (l'une m'a même dit "Si c'était à refaire, je le referais sans hésiter" - mon choix a été vite fait à partir de là !).
L'être humain peut évoluer et certaines personnes qui m'ont trahie par le passé se sont excusées et ne m'ont plus trahie par la suite...heureusement que j'ai accepté leurs excuses !

aviatha
lui avait toutes les conditions requises pour être dans les happy fews, justement, même plus que l'immense majorité d'entre eux. Et si lui a pu me faire ça, ils en sont tous capables, et je ne peux faire confiance à personne

Dis-toi qu'avec lui, ton algorithme d'apprentissage a sorti un faux positif....et que ça arrive, mais que dans la majorité des cas, tu ne devrais pas trop te planter !
Fais-toi confiance pour t'occuper de toi et choisir les relations qui sont bonnes pour toi !
Je crois qu'il vaut mieux quand même avoir quelques faux positifs, car ça évite de passer à côté de trop de faux négatifs (gens qui auraient pu être "bien" mais que tu rejetterais par méfiance).
Bon, je sais pas si j'aide beaucoup là, mais j'essaie...
Je sais pas non plus si tu connais le domaine dont je parle, accessoirement (les algorithmes d'apprentissage, c'est la comparaison qui m'est venue)...et donc si je suis très compréhensible. ^^

Bref, je ne résiste pas à remettre le lien vers le billet de Françoise.
J'espère que tu le liras ! Je m'y suis tellement reconnue pour ma part !

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Profil

Anarchamory

le vendredi 21 mars 2014 à 22h38

LuLutine
J'envoie plein de baisers aux merveilles de la vie qui me lisent ici...

Merci, je prends ^^ (bah quoi laisse moi un peu rêver en pensant que tu parlais, entre autres, de moi ;) )

LuLutine Bah, disons que je ne la connais pas, elle ne me connaît pas, et ce qu'elle dit ne colle pas, mais absolument pas avec mon vécu.
Depuis que je suis poly je ne fonctionne justement plus du tout de la même façon ! Je dirais presque que j'ai tout changé ! Et que ça engendre d'autres changements en cascade dans ma vie...
Et si je n'avais pas justement réfléchi sur des tas de peurs, je n'en serais pas là.

Et par exemple, non je n'ai pas peur de l'envahissement ou de l'exclusivité. Je n'en ai pas envie, certes. Mais ça ne me fait pas peur. C'est comme si je n'aimais pas les radis et que tu me dises que j'en ai peur. Ben non, peut-être juste que j'aime pas ça, que j'en ai pas envie, et que j'ai la possibilité de choisir, alors je choisis. De ne pas en prendre.
Et une louche d'exclusivité ? Non merci, pas pour moi non plus... :)

Tout à fait d'accord. En fait, j'ai réalisé, après mes premiers propos un peu trop enthousiastes vis-à-vis de cette psy, que ça pouvait être tout simplement un manque d'envie de l'exclusivité, mais aussi une envie de la non-exclusivité, qui nous mène vers le polyamour. C'est vrai que non seulement (là je parle de moi), on peut dire que j'ai peur de l'envahissement, mais en plus j'expérimente un bonheur positif au fait de vivre "polyamoureusement" (comprendre : de ne pas m'enfermer dans une seule relation affective et de ne pas enfermer autrui dans une seule relation affective avec moi).

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Profil

aviatha

le lundi 24 mars 2014 à 17h36

Bonjour bonjour, navrée du temps de réaction, j'étais en tournage.

@LuLutine
Je ne sais si c'est la fatalité ou pas, mais je suis assez réfractaire avec l'acceptation. Pour moi on combat une injustice, on ne l'accepte pas. Il y a des injustices "naturelles", mais la nature n'est pas "juste", elle n'est pas injuste non plus. Seuls les gens le sont et il l'a été, et il sait que réclamer ma compagnie, même quelques heures, implique qu'il en prenne plein la tronche à cause de ça. Et quand je vois ce qu'il est prêt à encaisser pour ne serait-ce que m'avoir au téléphone une heure, je vois bien qu'il sait qu'il s'est très mal conduit, et qu'il va le payer très cher s'il veut continuer à pouvoir m'approcher.
Au passage je le redis, je m'en fous qu'il soit paumé et pas mal intentionné, j'ai juste envie de dire, encore heureux, il ne manquerait plus que ça. S'il l'était, ce serait une circonstance aggravante, ne pas l'être n'est pas pour autant une circonstance atténuante. Si tu poignardes quelqu'un en étant bourré, bien sûr tu l'as pas fait exprès, qu'est-ce que ça change au fait que l'autre ai besoin d'une transfusion et de 24 points de suture ?
Alors oui, peut-être qu'il a été faible. Et alors ? Si lui il me demande d'être forte, c'est une faute envers moi d'être faible, s'il me demande d'être courageuse, je peux lui en vouloir d'être lâche, s'il me demande d'être fidèle, il est coupable d'être parjure. Peut-être qu'il a été faible. Et ça ne justifie rien à mes yeux.
Pour ce qui est de l'image de lui, j'en doute, je ne suis pas la seule à avoir constater le changement, et je sais même dire quel aspect a changé à quel moment, donc...
Pour ce qui est de la confiance, il n'est pas question de peur. Je peux juste fermer les volets, et ne laisser personne regarder à l'intérieur. J'ai vécu comme ça des années, et ce n'était pas forcément mal, en tout cas bien moins difficile à vivre que les derniers mois qu'il m'a fait traverser... Et pour le billet de Françoise, j'ai confiance en moi, parfaitement et sans problème, mais désormais je compte bien vivre comme je conduis: me dire que moi je sais faire mais que par défaut tous les gens sur la route sont de dangereux irresponsables, si j'ai tort, tant mieux pour nous deux, et comme ça ne change pas mon comportement dans les faits, on roulera sans problème côte à côté, si j'ai raison, ils iront se planter tous seuls dans la glissière de sécurité et moi j'irai siroter mon café sur l'aire d'autoroute.

@MetaZet
Je pense qu'elle parle de peur dans le sens psychiatrique du terme, qui est l'évitement, parfois inconscient et inévitable.
Et le fait que pour montrer que tu n'as pas peur de l'exclusivité tu utilises l'expression "ne pas m'enfermer dans une seule relation affective et de ne pas enfermer autrui dans une seule relation affective avec moi" est je trouve au contraire très révélateur d'une crainte de se sentir "enfermé, contraint" et d'imposer ça à l'autre. Mais ce n'est que mon humble avis :-)

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Profil

Siestacorta

le lundi 24 mars 2014 à 18h20

aviatha

@MetaZet
Je pense qu'elle parle de peur dans le sens psychiatrique du terme, qui est l'évitement, parfois inconscient et inévitable.
Et le fait que pour montrer que tu n'as pas peur de l'exclusivité tu utilises l'expression "ne pas m'enfermer dans une seule relation affective et de ne pas enfermer autrui dans une seule relation affective avec moi" est je trouve au contraire très révélateur d'une crainte de se sentir "enfermé, contraint" et d'imposer ça à l'autre. Mais ce n'est que mon humble avis :-)

En tout cas pour ma part et ma gueule, oui, c'est vraiment une peur pour moi, être enfermé par/dans la relation. Autant une peur alerte autant qu'une peur fantasme.
Et que ce soit l'un ou l'autre, ça pèse sur mes relations, mes séductions, tout.
Quand je me propose de déconstruire ça, c'est pas pour dire que mes défenses doivent être déconstruites et mises à terre. C'est pour que mes défenses soient adaptées à l'adversité. C'est pour pas construire le mur trop haut décrit dans l'album des Pink Floyd et vivre comme une punition le jour où je me retrouve exposé à mes pareils.

Bref, évidemment que j'ai peur, mais mes peurs ont de la valeur dans l'action. Si je construits mes peurs, si j'en fais un élément "fixe" de mon architecture psy, si j'en fais le matériau et une pierre de touche... je ne prépare pas un individu vivant, mais une forteresse.

Je le sais d'autant que le fais.
J'ai construis, dans un sens, une forteresse de solitude (ouay, allez les geekz, marrez vous), j'attends des autres qu'ils y soient aussi bien que moi, et suis déçu de constater le contraire. Je crois que construire une forteresse de confiance revient au même : je peux très bien comprendre comment on arrive à le faire, mais quand quelqu'un s'y trouve à l'étroit, répondre "et pourtant c'est de la bonne pierre, je vais peut-être juste en rajouter quelques épaisseurs", ça n'est pas forcément une réponse sensée... C'est même plutôt immobilisant si on veut, toi comme moi, se sentir vivre.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Profil

LuLutine

le lundi 24 mars 2014 à 18h34

aviatha
je m'en fous qu'il soit paumé et pas mal intentionné, j'ai juste envie de dire, encore heureux, il ne manquerait plus que ça. S'il l'était, ce serait une circonstance aggravante, ne pas l'être n'est pas pour autant une circonstance atténuante.

Non mais, j'ai pas dit que c'était une circonstance atténuante (enfin je ne crois pas). Le "mien" (si l'on peut dire) était aussi paumé, tu sais. Ca n'excuse pas ce qu'il a fait et ça justifie parfaitement que j'aie refusé une soit-disant "amitié" hypocrite et que je ne lui parle plus. D'ailleurs je ne comprends pas bien pourquoi tu acceptes encore de parler au "tien"...moi j'aurais laissé tomber (enfin pour dire ça note bien que je me fonde uniquement sur ton témoignage, puisque je n'ai pas sa version, qui pourrait modifier mon jugement peut-être).

Je ne dis pas qu'il est paumé pour dire qu'il faut lui pardonner ou quoi que ce soit. Mais voir que ça n'a pas été fait par volonté de nuire, moi ça m'aide à tourner la page.

Vite dit, ça pourrait donner : "Tant pis, il est trop c**, il n'en vaut pas la peine."
Bien sûr c'est pas aussi binaire que ça, c'est plus complexe, mais j'espère que tu vois l'idée.

Pourquoi perdre son temps avec quelqu'un qui ne mérite pas qu'on lui consacre cette énergie ? En ne tournant pas la page, pour moi c'est comme si tu lui consacrais de l'énergie. Est-ce que tu as vraiment envie de consacrer de l'énergie pour lui ?

Mais je le redis : non, avoir été paumé ne justifie rien. Ca explique, mais ça ne justifie pas. Ce qui ne change pas que pour moi, tu es en train de gâcher ton énergie...conserve-la pour toi, pour ton avenir. Avenir qui est brillant, j'en suis persuadée, et je crois que tu le sais aussi au fond de toi.

Tu n'as pas traversé tout ce que tu as traversé, pour t'arrêter là bêtement, à cause de quelqu'un qui était paumé et incapable de tenir ses engagements...

Oui, ça va te travailler un moment, mais il ne faut pas (amha) que ça t'empêche de vivre !

Moi aussi j'y pense, j'y penserai toute ma vie, mais ce n'est plus douloureux (tout juste une petite déception de se dire : c'est dommage qu'il n'ait pas été à la hauteur, j'avais tellement espéré qu'il grandisse), et ça ne m'empêche pas de profiter de la vie !

Tu reprends l'analogie de la personne qui te plante un couteau dans le corps sans faire exprès. Tu veux savoir combien de personne m'ont déjà fait ce genre de coup (pas pour de vrai, en version imagée hein) ?
Beaucoup. Tellement que je ne compte plus.

Et tu veux savoir combien sont venus me recoudre ?
Zéro. Ou très proche de zéro.

Dans tous les cas (ou presque, parce que j'ai pas tout en tête, je l'ai dit, y en a eu beaucoup), j'ai dû me recoudre toute seule...

J'ai un peu envie de te dire : "Bienvenue dans la vie réelle"

Cette injustice-là, tu pourra la combattre comme tu veux, je pense que tu perds ton énergie, que ce sera contre-productif. Moi j'ai trouvé des solutions productives, je trouve l'aide ailleurs parfois, mais en général ce n'est pas le "fautif" qui "répare"...
Ces solutions me bouffent bien moins d'énergie que de vouloir à tout prix que le "fautif" "répare". Donc, pour moi c'est plus optimal. J'avoue, j'ai un peu de mal à imaginer que dans ton cas ça soit le contraire...

aviatha
je compte bien vivre comme je conduis : me dire que moi je sais faire mais que par défaut tous les gens sur la route sont de dangereux irresponsables

Moi aussi je fais comme ça. Bien sûr une fois que j'ai repéré un bon conducteur, je lui fais confiance. Je peux même lui passer le volant un moment (si j'ai vraiment confiance :) ).

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