Polyamour.info



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Paumée avec un polyamoureux

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(compte clôturé)

le vendredi 23 août 2013 à 01h38

Merci Metazet de soulever la question de la dépendance et du manque, il me semble que c'est au cœur de cette situation où il me semble qu'aucune piste ne fasse unanimité au coeur du trio...ni des contributeurs !

Je m'interroge surtout sur l'angle d'attaque de la question :est-il vraiment question de poly amour dans une telle situation douloureuse, où chaque femme rève de la disparition de sa rivale pour récupérer le "mâle dominant", d'autant plus prisé qu'il est hautement apprécié de ses deux compagnes qui l'ont placé sur un tel piédestal qu'aucun autre ne trouve grâce à leurs yeux...?

Poly amour ou tragédie grecque?

Peut-être que quand je lis "polyamour" j'entends cette générosité qui me fait aimer aussi l'autre de mon aimé(e), "mon semblable, mon frère" ou "ma semblable, ma sœur",peu importe les orientations, je suis d'un autre temps, j'assume mon pseudo "papyd" et mon age, je n'ai pas l'impression qu'il soit question d'amour au fond, mais de partages de territoires de vie et de propriétés affectives, "au nom de l'amour", mais sans amour!

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Clown_Triste

le vendredi 23 août 2013 à 11h22

Bienvenue PapyD (sous ce pseudo, en tout cas)

Le truc, je crois, est que l'amour est protéiforme, multiple et puissamment intime. C'est un mot fourre-tout que l'on emploie pour parler de choses qui parfois, sont ressenties et vécues très différemment selon les interlocuteurs (d'où la facilité à générer des quiproquos et des incompréhensions sur ce thème).

Difficile, dans ces conditions, d'affirmer que c'est "au nom de l'amour mais sans amour". Eventuellement, on pourrait dire "sans ce que je considère comme de l'amour".

Pour ma part, j'ai l'impression que l'amour (sous la forme de bienveillance et attachement profonds envers l'autre) est bien là, au moins chez Aviatha, et je suis triste de lire que leur relation amoureuse est source d'autant de chagrin pour elle, son compagnon et l'autre femme.
J'aimerais lui dire "mais ne ressens pas de chagrin, tu as la chance d'aimer et être aimée, pourquoi cela serait-il terni par le fait de ne plus être la seule ?".
Mais je sais à quel point c'est inutile : on n'emploie pas la raison pour résoudre ce type de problématique. C'est beaucoup plus profond que cela, irrationnel et extrêmement personnel.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas de solution, elle existe peut-être, mais je dis qu'il s'agit de l'itinéraire personnel d'Aviatha (et des autres) et qu'on ne peut guère servir que d'oreilles attentives et, éventuellement, de conseillers prudents en ayant conscience que nos conseils ne peuvent nécessairement correspondre à leur situation et à leur façon de vivre l'amour.

C.T.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le vendredi 23 août 2013 à 15h36

Merci à tous, encore une fois, pour vos conseils et votre oreille attentive.
Plusieurs choses.
Premièrement, il est vrai que je vais plus de choses depuis le début de cette histoire, mais en fait j'ai du mal à savoir si c'est parce que j'ai plus de temps, ou si je fais ça juste pour m'occuper la tête. A la base, je suis quelqu'un de plutôt solitaire, et rester chez moi à glander toute la journée ne me posait pas de problème, là je ne peux plus, il faut que je sorte. Donc, c'est vrai que je fais plus de choses, mais j'ai peur que ce soit un peu "fuite en avant".
Deuxièmement, pour le fait de savoir ce que ça changerait si elle était elle-même poly... C'est une question très intéressante, honnêtement j'en sais pas grand chose, mais je ne suis pas sûre que cela change mon sentiment, et cela pour trois raisons. Un, j'étais déjà triste avant même qu'il se passe quoi que se soit, ce n'était donc pas la peur qu'elle me remplace à un moment donné, puisqu'au contraire mon cher et tendre étions plus soudés que jamais pour chercher une solution. Deux, je pense que l'avantage "classique" d'avoir des polys en face, c'est qu'ils n'ont pas d'agressivité envers les autres compagnons, or cette bienveillance, et même cette affection sincère, nous l'avons déjà l'une envers l'autre (exemple surprenant, elle m'a plus raconté de passages difficiles de sa vie qu'à lui, parce qu'une part de nos trajectoires se ressemblent et elle s'ouvre plus facilement à moi). Trois, je ne crois pas que cette rivalité soit réelle, car elle n'espère pas qu'il me quitte, il a dit qu'il voulait vivre avec moi, nous sommes en train de monter d'importants projets artistiques à deux et il lui a clairement dit en début de relation que, si elle était aussi bien son amoureuse que moi, j'étais sa compagne, cette "place" était prise, et il n'avait pas la moindre envie que j'en parte, c'était très clair pour nous trois depuis le début. Donc, c'est possible que cela ait changé quelque chose si elle avait été poly, mais je n'en suis pas vraiment convaincue (et en plus ce n'est pas près d'arriver, elle est naturellement, de son propre aveu, d'une jalousie maladive contre laquelle elle lutte depuis des moi, ce qui, paradoxalement aussi, lui permet beaucoup de compassion à mon égard, quand elle se met à ma place et imagine ce que je ressens.
Et pour Clown_Triste : c'est un peu ce que je me dis moi-même, il y a des jours où mon esprit est fort et où j'arrive, si ce n'est à m'en persuader, du moins à m'en convaincre. Je pense que c'est aussi l'idée de mon compagnon, qui, pour la première fois de notre relation, a du mal à me comprendre, et ne sais plus quoi me donner comme temps, comme attention, comme marque d'affection, pour me tirer de ce chagrin, et son désemparement m'est également difficile à voir, quand je sais que j'en suis la cause.

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LuLutine

le lundi 26 août 2013 à 01h30

aviatha
c'est comme pour le deuil

Je rebondis sur cette expression, parce que je me demande si quelque part, le fait de faire le deuil justement, de la relation totalement exclusive que vous aviez ton compagnon et toi, ne serait pas une problématique dans cette histoire ?

Ca ne veut pas dire que tu arriveras à accepter et vivre une situation de polyamour, c'est juste une piste d'évolution vers un mieux-être (on se sent toujours mieux lorsqu'on a fait le deuil, du moins c'est mon expérience).

C'est juste une idée pour pouvoir progresser sans ce "poids" permanent (je sais ce que c'est le poids d'un deuil...et dans mon expérience on n'avance pas tant qu'on ne l'a pas vaincu).

Clown_Triste
on n'emploie pas la raison pour résoudre ce type de problématique

Oui et...non !

Pour ma part j'ai très souvent utilisé la raison pour me "raisonner" justement, sans quoi par exemple j'aurais déjà envoyé balader tous les amoureux que je fréquente sous prétexte qu'ils ne tiendraient pas vraiment à moi, voudraient simplement profiter de moi, ne me prendraient pas réellement en compte etc.

Je ne compte pas le nombre de fois où, sans réflexion, j'en aurais simplement déduit que j'étais juste une "roue de secours"....!

Donc, certes la raison ne suffit pas toujours, mais elle peut aider, je crois qu'il ne faut pas le nier.

D'ailleurs je pense que justement aviatha l'utilise beaucoup, sans quoi elle aurait probablement déjà quitté son compagnon, ou bien l'aurait sommé de choisir. (Mais peut-être que je fais fausse route à ce sujet ?)

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Clown_Triste

le lundi 26 août 2013 à 11h13

Tu as raison, mes propos n'étaient pas très précis.
Ce que je voulais dire était plutôt : ce genre de problématique ne saurait se résoudre par le seul usage de la raison, de la logique consciente, de l'intellect.
Parfois les émotions ressenties défient complètement tout raisonnement "logique".

Et, surtout, je voulais pointer du doigt que de donner des conseils basés sur le raisonnement, sans être inutile, devait se faire de façon très humble. Car au final seule la personne elle-même trouvera son équilibre entre raison et émotions si les deux se contredisent.

C.T.

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LuLutine

le lundi 26 août 2013 à 11h45

Clown_Triste
Tu as raison, mes propos n'étaient pas très précis.
Ce que je voulais dire était plutôt : ce genre de problématique ne saurait se résoudre par le seul usage de la raison, de la logique consciente, de l'intellect.
Parfois les émotions ressenties défient complètement tout raisonnement "logique".

Et, surtout, je voulais pointer du doigt que de donner des conseils basés sur le raisonnement, sans être inutile, devait se faire de façon très humble. Car au final seule la personne elle-même trouvera son équilibre entre raison et émotions si les deux se contredisent.

On est d'accord :) (+)

L'intellect joue un rôle mais il ne fait pas tout. Ca peut être tout aussi impossible et destructeur pour aviatha de renoncer à une relation exclusive que ça le serait par exemple pour moi de renoncer à un mode de vie polyamoureux.

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aviatha

le lundi 26 août 2013 à 12h53

Je comprends ce que tu dis LuLutine, et je connais assez bien le deuil pour savoir que tu as raison, c'est toujours mieux après.
Sauf que là, si je fais le deuil, je pars. Cette relation est celle que je veux, si elle ne l'ai plus, je n'ai aucun intérêt à rester. Dans l'état, tout est encore tellement instable que personne ne sait vraiment où il va et ce qu'il veut, et j'ai encore espoir que le vent tourne et devienne favorable. Si je perds cet espoir et fais mon deuil, alors je n'ai pas de raison de rester, pas même l'amour que je lui porte, je ne suis juste pas masochiste à ce point.
En ce qui concerne la raison, j'essaye moi-même de me "raisonner", mais même ma logique profonde me dit qu'on ne peut pas vivre éternellement dans une situation qui nous fait violence, et quand tu fais ton dernier parallèle, je pense que c'est le cas. Pourquoi ne pas renoncer au polyamour, alors que tu aimes beaucoup un de tes compagnons et que tu te verrais bien vivre avec (par exemple) ? Parce que tu n'es pas faite comme ça, et qu'il n'y a pas grand chose à comprendre de plus, et je crois que (dans l'autre sens, c'est pareil pour moi).

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LuLutine

le lundi 26 août 2013 à 13h40

aviatha
Je comprends ce que tu dis LuLutine, et je connais assez bien le deuil pour savoir que tu as raison, c'est toujours mieux après.
Sauf que là, si je fais le deuil, je pars. Cette relation est celle que je veux, si elle ne l'ai plus, je n'ai aucun intérêt à rester. Dans l'état, tout est encore tellement instable que personne ne sait vraiment où il va et ce qu'il veut, et j'ai encore espoir que le vent tourne et devienne favorable. Si je perds cet espoir et fais mon deuil, alors je n'ai pas de raison de rester, pas même l'amour que je lui porte, je ne suis juste pas masochiste à ce point.
En ce qui concerne la raison, j'essaye moi-même de me "raisonner", mais même ma logique profonde me dit qu'on ne peut pas vivre éternellement dans une situation qui nous fait violence, et quand tu fais ton dernier parallèle, je pense que c'est le cas. Pourquoi ne pas renoncer au polyamour, alors que tu aimes beaucoup un de tes compagnons et que tu te verrais bien vivre avec (par exemple) ? Parce que tu n'es pas faite comme ça, et qu'il n'y a pas grand chose à comprendre de plus, et je crois que (dans l'autre sens, c'est pareil pour moi).

Je crois qu'on est d'accord.

Mais je crois aussi qu'en disant "Cette relation est celle que je veux", tu t'accroches à quelque chose qui n'existe déjà plus...

D'où mon idée par rapport au deuil. Et si faire le deuil signifie pour toi partir, c'est une solution, que je trouve éminemment respectable, du moment qu'elle est mise en oeuvre dans le dialogue sincère et le respect de l'autre (et pas dans l'agressivité et les insultes comme l'avait fait un amoureux avec moi).

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aviatha

le lundi 26 août 2013 à 19h09

C'est une possibilité que je n'ai pas exclue, mais lui-même ignore ce qu'il en est vraiment pour lui, et je ne veux pas tout foutre par terre sur une supposition.
Ce n'est pas partir qui signifie faire le deuil, c'est juste que si cette relation n'est plus celle que je désire, je n'ai pas à rester, et il le sait. Je laisse du temps à tout le monde, parce que je pense que c'est toujours difficile de faire la mise au point dans ce genre de situation chaotique. Le temps fera son travail et apportera de lui-même les réponses. Un jour viendra où la souffrance aura disparu, ou alors elle aura pris tant de place qu'il n'y aura plus moyen ni de continuer ni de réparer. Dans les deux cas, la solution sera une évidence, et je vis beaucoup par évidence.

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Anarchamory

le lundi 26 août 2013 à 19h30

aviatha
C'est une possibilité que je n'ai pas exclue, mais lui-même ignore ce qu'il en est vraiment pour lui, et je ne veux pas tout foutre par terre sur une supposition.

Tout foutre par terre ? Mais pourquoi cette rupture serait forcément définitive ?... Si tu pars, eh bien ça permettra à vous deux de comparer les situations et de voir celle qui vous convient le mieux.
- est-il plus dur pour toi de le quitter ou d'être avec lui, même si tu dois le partager ?
- est-il plus dur pour lui de te quitter ou d'être avec toi, même s'il doit renoncer à son deuxième amour ?

aviatha
Un jour viendra où la souffrance aura disparu, ou alors elle aura pris tant de place qu'il n'y aura plus moyen ni de continuer ni de réparer.

Ça serait dommage d'en arriver à ce genre d'extrême, non ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le lundi 26 août 2013 à 19h55

Parce que je me connais très (trop) bien. Je suis de ce genre de personne qui met du temps à partir, mais quand je pars je ne reviens jamais. Et je sais que si la situation dure j'en viendrais à le quitter, oui rester et le partager est pour moi bien trop usant, et trop dur sur le long-terme, sans compter qu'avec les concessions qu'il m'a accordées (et qu'il était libre de ne pas faire), s'il reste avec elle sur le long terme, c'est un manquement à sa parole et une trahison. Et je pardonne beaucoup de choses mais pas ça, jamais.
A lui de faire le point de savoir ce qui est plus dur pour lui, effectivement, même si lesdites concessions accordées m'en donne une idée. Mais ce sont ses actes qui finiront par dire sa pensée.
Je suis quelqu'un d'extrême (et en fait il semblerait que tous les gens atteints de ma maladie le soient, c'est même une de ses grandes caractéristiques), je le sais. Mais tout ce qui arrive est déjà infiniment dommage (relancer une dépression chez une malade qui a mis des années à s'en débarrasser, mettre dans une situation instable une jeune fille qui n'a même pas encore fini sa thérapie, hypothéquer cinq ans de projets communs, mettre deux personnes dans une situation qui rendra forcément au moins l'une d'entre elles malheureuse comme les pierres, se conduire de telle façon qu'on a un mal fou à se regarder dans la glace...) et ça n'a l'air d'arrêter personne, et, j'avoue, je commence à en avoir marre d'être la seule à devoir être rationnelle et raisonnable. Et je crois qu'à force d'essayer d'être tout le temps la seule qui comprends, qui essaye, qui se tient, qui pardonne, je commence à nourrir de la rancœur, et ça je ne veux pas. Donc, pour mon bien et celui de tout le monde, fuck ^^

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Anarchamory

le lundi 26 août 2013 à 20h15

aviatha
Parce que je me connais très (trop) bien. Je suis de ce genre de personne qui met du temps à partir, mais quand je pars je ne reviens jamais.

Peut-être est-ce justement parce que tu as trop attendu avant de partir, que la situation a pourri parce que tu t'es forcée à rester, et qu'après tu en as été dégoûtée ?
Peut-être pourrais-tu essayer de partir maintenant, justement, tant que la situation est encore à peu près tolérable, et qu'après ça te permettra éventuellement de revenir.

aviatha Et je sais que si la situation dure j'en viendrais à le quitter, oui rester et le partager est pour moi bien trop usant, et trop dur sur le long-terme, sans compter qu'avec les concessions qu'il m'a accordées (et qu'il était libre de ne pas faire), s'il reste avec elle sur le long terme, c'est un manquement à sa parole et une trahison. Et je pardonne beaucoup de choses mais pas ça, jamais.

Oui mais y'avait quoi en balance dans ces concessions ? C'était du genre : "t'es libre, mais si tu ne concèdes pas ça je te quitte, mais t'es libre, hein" :P ?
Ensuite, le long terme, c'est une expression qui me paraît vague. Ça veut dire quoi le long-terme ? Quelques mois ? Quelques années ? Quelques décennies ?...

aviatha A lui de faire le point de savoir ce qui est plus dur pour lui, effectivement, même si lesdites concessions accordées m'en donne une idée. Mais ce sont ses actes qui finiront par dire sa pensée.

Euh, pas juste lui : vous êtes deux (enfin trois, mais dans votre relation à tous les deux, vous êtes deux, par définition).

aviatha Je suis quelqu'un d'extrême (et en fait il semblerait que tous les gens atteints de ma maladie le soient, c'est même une de ses grandes caractéristiques), je le sais. Mais tout ce qui arrive est déjà infiniment dommage (relancer une dépression chez une malade qui a mis des années à s'en débarrasser, mettre dans une situation instable une jeune fille qui n'a même pas encore fini sa thérapie, hypothéquer cinq ans de projets communs, mettre deux personnes dans une situation qui rendra forcément au moins l'une d'entre elles malheureuse comme les pierres, se conduire de telle façon qu'on a un mal fou à se regarder dans la glace...) et ça n'a l'air d'arrêter personne, et, j'avoue, je commence à en avoir marre d'être la seule à devoir être rationnelle et raisonnable. Et je crois qu'à force d'essayer d'être tout le temps la seule qui comprends, qui essaye, qui se tient, qui pardonne, je commence à nourrir de la rancœur, et ça je ne veux pas. Donc, pour mon bien et celui de tout le monde, fuck ^^

Effectivement, j'ai l'impression que tu es en train de lui reprocher des trucs, là, et ça ne me semble pas être une bonne solution. En plus, en te réclamant de la raison et de la rationalité, ça laisse entendre que ceux qui vivent les amours plurielles sont du côté de la déraison et de l'irrationalité. Si un carré n'arrive pas à rentrer dans un cercle, c'est pas la faute au carré, c'est pas la faute au cercle, c'est la faute à la relation entre les deux. Donc, ça sert à rien, à mon avis, de trouver un coupable, un bouc émissaire. T'es en train de commencer à me faire penser à ma future ex, là, et c'est pas vraiment un compliment... Désolé ! :/ (mais je ne dis pas ça pour t'accabler à mon tour, hein : j't'aime bien quand même, hein ^^ )

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aviatha

le lundi 26 août 2013 à 20h38

Dans l'ordre:
-C'est possible, je le reconnais, mais à l'heure actuelle, un, il ne me laissera pas partir, deux, je n'ai déjà plus l'énergie pour prendre une décision sans une sévère évolution
-Il n'avait pas une grande marge de manœuvre c'est un fait, mais je n'en avais pas non plus quand cette histoire a brutalement évolué vers quelque chose qui n'était pas convenu au départ, pour moi ça a toujours été un moyen de rétablir l'équilibre qui était convenu.
-Je sais bien, mais je ne peux pas prendre sa décision à sa place, alors bien sûr on en parle, mais il n'y a que lui qui peut savoir ce qu'il veut.
-Ce n'est pas moi qui me réclame, c'est ses propres mots (mais je n'avais pas préciser, pardon): que je ne me conduis pas de façon rationnelle, que mes réactions ne sont pas logiques, que j'ai tort de le prendre comme ça. Et je n'aime pas qu'on me demande ce dont on est soi-même incapable, parce que, il le sait, là encore ce sont ses propres mots, il a crée (pas tout seul comme un grand non plus c'est un fait, mais en grande partie quand même et parce que lui le premier y trouvait son compte) une situation quelqu'un va "exploser en vol". Et je pense que c'est n'est pas trouver un bouc émissaire que de me dire que, à partir du moment où tout le monde sait ça et est d'accord pour dire que c'est fatalement ce qui va se produire (elle est aussi de cet avis, on en a parlé il y a même pas une semaine), j'en ai un peu marre d'être celle qui en bave le plus pour permettre à la situation de durer alors qu'elle est aussi la seule à ne pas vouloir qu'elle dure (et qu'en plus on me reproche de ne pas en faire assez).
Parce que si je voulais vraiment être casse-coui***s, ce serait très simple, je lui dirais que je le quitte parce que j'en ai marre, sauf s'il la quitte et qu'il me promet de ne jamais recommencer. Sauf que elle elle serait malheureuse comme tout, lui aussi, et ça ne l'empêcherait pas de l'aimer quand même, même de loin. Donc je ne le fais pas, parce que, en vrai, ça servirait à rien à part faire du dégât "gratuitement".
Dernier point, pour ce qui est de trouver un coupable. J'aurais pu lui reprocher beaucoup de choses depuis le début sans chercher à comprendre, je pense que ce n'est pas le cas, j'ai beaucoup essayé. Mais ces derniers temps, je ne peux m'empêcher de me rappeler que, quand même, si je lui ai permis cette histoire c'est parce qu'il m'avait promis que ce serait un à-côté, pas une vraie histoire et pas sur la durée. Il a eu l'occasion de tenir cette promesse. Plusieurs fois. Il ne l'a pas fait, pas même quand c'est elle qui lui a offert une porte de sortie. Donc, pour la première fois depuis des mois, je pense que je lui reproche quelque chose. Pas de l'aimer, pas d'être avec elle, mais d'avoir manqué à sa parole sur une promesse qu'il m'avait faite, sans même que je la lui demande celle-là, une promesse qui, si elle avait été tenue, ferait que nous n'en serions pas là tous les trois aujourd'hui. En y repensant, malgré tout ce qui a pu se passer de triste ou désagréable, c'est le seul point sur lequel je me sente trahie.

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aviatha

le jeudi 29 août 2013 à 13h57

Je me relis, je sais que j'ai pensé tout ça, et je ne me reconnais pas.

Je sais ce qui se passe et j'ai peur. C'est comme si j'avais enfermé un monstre pendant des années et que je le voyais commencer à tordre les barreaux de sa cage. C'est le cas. Les psychiatres, thérapeutes, médicaments et moi-même avons enfermé cette chose pour qu'elle ne puisse pas me nuire, parce qu'on savait qu'on ne pouvait pas la tuer. Elle était faible et je la regardais du coin de l’œil en vivant ma vie, en pensant à ce que je n'étais plus et à quel point cette nouvelle vie était un don du ciel. Mais elle a grandi, elle s'est nourrie de cette immense souffrance en moi, et d'un peu de rancune, quelque part, aussi (MetaZet, je ne te remercierai jamais assez de m'avoir lancé cette grosse pique sur ta femme et de m'avoir obligée à sortir ça, c'était comme une bombe que j'avais sous le nez et que je ne voyais pas, on va voir si elle peut être encore désamorcée).
Et je la regarde, faire; impuissante. J'ai tout essayé pour ne pas souffrir, pour accepter, pour ne pas lui donner des forces. J'ai essayé de penser à lui qui était amoureux et qui avait besoin de mes efforts, à elle qui ne méritait pas tout ce bazar et qui avait le droit à un peu de place, à rien pour ne rien ressentir, j'ai essayé de me jeter dans les tournages, le boulot, les recherches, l'art, les sorties, mes amis, pour ne pas penser, j'ai essayé d'en avoir d'autres à côté de lui en espérant que ça produirait un déclic, rien n'y fait.
Le temps joue contre moi, déjà ça arrive à passer un bras par la porte de la cage, par moment j'ai des pensées, des phrases, des comportements, que je ne reconnais pas, qui me ramènent des années en arrière. Je sais que si ça sort vraiment, je perdrais tout.
Je crois que je suis quelqu'un de gentil, aimant et compréhensif, et ça, ça n'est rien de tout ça. C'est un monstre, un monstre de colère et de haine, et rien ne survit à son passage. Longtemps j'ai pas eu les mots pour le décrire, et puis je suis tombée sur Juste la Fin du Monde, de Lagarce (si vous connaissez pas, cette pièce est super), qui en parle de façon très juste (extrait de mémoire):
"Je dis du mal, je pense du mal, je vomis la haine, je n'aime personne, je ne vous aime pas, je ne vous ai jamais aimé, c'était des mensonges, je suis solitaire et solitaire, je ne risque rien, je suis en sécurité. Je vous tue tous, et je suis l'unique survivant, et les meurtriers ne meurent pas, il faudra m'abattre. Alors le monde doit s'éteindre, s'engloutir, et ne plus me survivre."
Je me suis planté de cible. Le danger dans cette histoire, il n'était pas tant pour mon couple que pour moi. Je n'était pas assez forte, c'était trop tôt pour moi...
J'ai peur de cette chose qui rampe, que je sens parfois essayer de reprendre son emprise. J'ai accepté mon cher et tendre tel qu'il était, j'ai tout pris de lui avec moi, et c'est réciproque. Peu de gens aurait accepté quelqu'un qui héberge un tel monstre, je sais que je dois lui faire confiance, il est un des rares qui peut le regarder en face et m'aider à le tenir en cage. J'ai juste peur que ce ne soit pas suffisant.
Je ne sais plus qui disait sur le forum "ma meilleure amie, c'est moi". Ce doit être chouette, je ne peux pas. Moi je suis mon pire ennemi en puissance, je dois peser chaque parole chaque acte chaque pensée pour ne jamais lui redonner le pouvoir. C'est fatigant mais on s'y fait. Là, ça m'a juste demandé beaucoup trop d'efforts supplémentaires, beaucoup trop longtemps.

Je suis tellement fatiguée.

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LuLutine

le jeudi 29 août 2013 à 16h34

aviatha
[...]je lui reproche quelque chose. Pas de l'aimer, pas d'être avec elle, mais d'avoir manqué à sa parole sur une promesse qu'il m'avait faite, sans même que je la lui demande celle-là, une promesse qui, si elle avait été tenue, ferait que nous n'en serions pas là tous les trois aujourd'hui. En y repensant, malgré tout ce qui a pu se passer de triste ou désagréable, c'est le seul point sur lequel je me sente trahie.

J'ai beau être poly, et toi "mono", je te comprends totalement.
Moi aussi c'est la seule chose que je ne tolère pas dans une relation : quand on manque à sa parole, à un engagement.
Je l'ai vécu il y a un peu plus d'un an et bien entendu que je me suis sentie trahie.

Son erreur n'est peut-être pas d'avoir voulu être poly, mais de s'être engagé préalablement à ne pas l'être.

Ok, on ne peut pas prédire l'avenir, mais ça n'empêche : il était adulte, il savait ne pas pouvoir tout prévoir, il s'est tout de même engagé. Ca devrait être à lui d'assumer les conséquences néfastes. Pas à toi.

aviatha
Je ne sais plus qui disait sur le forum "ma meilleure amie, c'est moi".

Ca doit être moi. Du moins, je l'avais dit sur le chat et quelqu'un l'avait repris dans un fil je crois...

Si tu peux arriver à être bienveillante envers toi-même, un minimum, à être ta meilleure amie (après tout, la seule personne avec qui tu es sûre de passer ta vie entière, c'est toi), je pense que ça ne peut qu'être bénéfique !

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(compte clôturé)

le vendredi 30 août 2013 à 13h59

Aviatha, je t'ai posté une longue réponse sur le fil "polyamoureuse pas assumée". Je compatis et je te souhaite de retrouver des forces.

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Profil

aviatha

le samedi 07 septembre 2013 à 00h54

Je sais, je fais ce qu'il faut. Il y a quelques jours, il a fallu que j'accepte l'évidence, aussi cruelle soit-elle : toute cette histoire m'a énormément abimée, malgré toute la bonne volonté du monde qu'il y a partout dedans, elle a ouvert trop de brèches dans les remparts qui protègent mon esprit. Je me suis fait une raison : je ne peux plus tenir debout sans les béquilles chimiques, que j'avais quittées depuis si longtemps. Je reviens aux médicaments comme on revient des années en arrière.
Mon cher et tendre est catastrophé. Il sait que quoi qu'il advienne j'ai atteint le stade où il me faudra des années pour réparer tout cela. Il veille à ce que je suive mon traitement, il scrute l'alcool dans mon frigo, il s'en veut d'être à l'origine de tout cela et d'être incapable de m'aider comme il le voudrait. L'autre soir, il m'a dit avec un petit sourire triste "j'ai mis du temps à t'aider à te réparer, je trouve qu'on avait fait du super travail tous les deux, dommage qu'il m'ait fallu que quelques mois pour tout foutre en l'air..." J'aimerai tellement le rassurer, j'ai à peine la force de me venir en aide moi-même.

J'espère que les traitements pourront aider un peu, ne serait-ce qu'à sortir la tête du brouillard. Le médecin dit qu'au stade où en sont les choses, sans médicament, il me reste quelques mois avant de devoir être hospitalisée. Je vis comme en sursis, c'est étrange, et paradoxalement, je n'ai jamais été aussi calme, aussi apaisée...
Elle-même se fait beaucoup de souci pour moi, j'essaye de la rassurer, sans doute qu'elle a souhaité mon départ dans un soir d'angoisse, et elle s'en veut terriblement, j'essaye de la convaincre que penser la mort des gens ne les fait pas vraiment mourir, il en faut bien plus, je ne sais pas comment lui expliquer que je ne lui en veux pas, elle est tellement convaincue que je devrais la haïr dans une situation pareille.

J'essaye de ne pas trop penser, toutes les questions que je me pose sont tellement absurdes, ça ne sert à rien de les retourner, et pourtant elles reviennent sans cesse. Comment une telle situation est-elle possible entre gens qui s'aiment ? Pourquoi ne puis-je simplement pas être en colère et le détester et partir, comme la majorité des femmes dans ma situation ? Est-ce qu'il existe encore un bout à ce putain de tunnel ? Comment quelqu'un qui dit m'aimer peut-il avoir le cœur de me faire autant de mal, de le voir, de le savoir, et de continuer ?

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homme partit (invité)

le samedi 07 septembre 2013 à 09h33

aviatha, je me permets d'intervenir afin de te parler de la médecine chinoise, qui prend en compte les émotions. Je suis suivi par un thérapeute pratiquant cette discipline et j'avoue ressentir un état émotionnel plus stable et plus vivable.

L'utilisation de multiple méthode, acupuncture, pharmacopée, massage, ostéopathie, renforcé par l'usage des fleurs de Bach me sont d'un grand secours.

Tout ceci ne possède pas d'effet secondaire et les traitements ne sont pas assommant, comme les médoc classiques.

Je n'en fais pas de la pub mais partage mes idées.

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LuLutine

le dimanche 08 septembre 2013 à 00h32

aviatha
Comment quelqu'un qui dit m'aimer peut-il avoir le cœur de me faire autant de mal, de le voir, de le savoir, et de continuer ?

Parce qu'il ne te fait pas du mal.
Ce qu'il fait (fréquenter une autre) le concerne lui, mais ne te concerne pas toi directement.

Il n'est pas en train de te faire activement du mal.

Quelque part, c'est ton interprétation de la situation qui te fait souffrir. Ton interprétation. Ton esprit.

Du moins, j'en suis persuadée.

C'est ce qu'on m'a expliqué il y a des années lorsque je souffrais du comportement de certaines personnes à mon égard. On m'a montré qu'en modifiant ma façon de voir les choses, je souffrirais moins. Et ça marche.

Je peux souffrir sur le moment d'une situation ou d'un comportement mais ça ne dure pas de façon excessive. C'est peut-être aussi une sorte de résilience...

PS : à part ça, l'acupuncture, on m'en a dit beaucoup de bien.

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aviatha

le dimanche 15 septembre 2013 à 10h41

Hier, elle est venue chez moi. Je lui ai fait du thé, on a parlé, discuté, on s'entend bien. C'est quelqu'un d'incroyablement gentil, et de très fragile aussi, je trouve, comme si je pouvais voir des fêlures sous le rire par moment.
Elle ne vit pas bien la situation non plus, elle en souffre beaucoup, et en plus elle a l'impression que, vu que c'est elle qui est venue se "greffer", elle n'a pas vraiment le droit de se plaindre. Bien sûr ce n'est pas vrai, la souffrance n'est pas un droit, et si elle est là il vaut mieux la dire.
Elle avait l'air tellement triste et tellement "petite" sur la fin de l'après-midi, je sais pas trop pourquoi, ça m'est venu comme ça, je l'ai prise dans les bras, presque bercée, parce que je ne pouvais rien faire d'autre, et que j’espérai, je sais pas que ça la rassure peut-être. Elle m'a dit une chose, à la fois qui me fait plaisir, mais que je trouve aussi infiniment triste "je me rend compte qu'il y a que toi qui me comprend en fait".
Quand elle est partie, il y avait quelque chose d'apaisé. On ne va pas mieux, elle n'a pas moins d'angoisse, je n'ai pas moins de chagrin. Mais on ne se sent plus seules et incomprises à porter ça.

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