Participation aux discussions
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le jeudi 17 novembre 2022 à 10h35
@FM : ce qui est fort dommage FM, c’est que pour poster ta réponse au notallmen, tu prennes un peu toute la place sur la discussion.
Depuis que certains sont venu « provoquer » ici en mode « mais moi je suis gentil », tu auras remarqué que j’ai peu répondu voire ignoré ces interventions. Pourquoi ? Pour rester dans le sujet du fil de discussion, qui pour ma part me tient à cœur et j’espère qu’il y aura à nouveau des contributions qui répondent à la question légitime de départ.
Et toi tu arrives et vlan, tu nourris le troll. Si j’osais je dirais que tu fais du manspreading… ça partait d’un bon sentiment je n’en doute pas, mais je voudrais juste te dire que j’ai le sentiment du coup que ça tourne au combat de coq et je me retrouve à en être l’observatrice blasée et découragée. J’espérais secrètement que ce fil devienne non mixte par écrémage 😂
Mais non là je suis la seule nana ces jours-ci sur ce fil, et des hommes interviennent de manière random pour dériver vers d’autres sujets. C’est merveilleux. Sans doute doit il exister des groupes non mixtes (sans hommes cis donc) pour pouvoir discuter de polyamour ET féminisme sans être sans cesse distrait.e.s par des interventions de ce type.
Discussion : Le romantisme anticonformiste
Alabama
le mardi 15 novembre 2022 à 20h55
Je déterre encore une autre discussion (eh oui, je suis en train de faire le tour de tout le forum depuis mon inscription 😁).
En lisant le titre , je me suis dit « oh oui parlon de romantisme ». Je me considère comme étant très romantique.
Mais pour moi, rien à voir avec les rituels admis, bien que certains ne me déplaisent pas comme recevoir un cadeau pour mon annif ou Noël (j’adore Noël, vraiment vraiment beaucoup).
Je me rends compte que j’associe le romantisme aux relations amoureuses, et aps du tout aux relations platoniques ! Ce qui est étrange car les mêmes gestes en amitié me font infiniment plaisir aussi.
Par exemple, une amie très proche a pris l’habitude, de temps à autre, de m’envoyer une chanson ou un texte qui parle de son amitié pour moi, ou de son vécu du moment. J’en ai les larmes aux yeux à chaque fois. Et pourtant, je ne l’aurais pas spontanément associé au romantisme de prime abord.
Mon amoureux fait la même chose : il m’a envoyé des chansons qui expriment son amour ou son désir pour moi, parfois je n’aime pas musicalement les chansons en question mais ce n’est pas important pour moi : le geste et le message sont plus importants et me touchent enormement et je trouve ça terriblement romantique.
Un autre m’amenait très régulièrement des croissants. Parfois même je ne le croisais pas, il les laissait sur la table de la cuisine et je les trouvais en me levant. Je trouve ça ultra romantique. Je ne sais pas si lui se percevait comme tel 😄, lui qui n’était pas amoureux.
J’aime dans le romantisme, l’attention inattendue, l’expression de l’amour qu’on a pour l’autre, la mise en scène aussi.
Pour ma part j’écris des lettres d’amour, des poèmes parfois, et je me suis mise aussi à envoyer des « chansons message ». Le plus important pour moi c’est l’élan spontané, la sincérité et sentir la personnalité de l’autre dans ses actes romantiques.
Par exemple j’avais eu un amoureux plus « conventionnel » que les autres . Il m’envoyait des messages d’amour recopiés d’internet, très guimauve. Je trouvais ça mignon mais ça ne parlait pas à mon cœur. J’ai fini par lui dire que je préférerais qu’il les écrive lui même. Ça l’a vexé au début puis il a compris et finalement a trouvé lui aussi que ça avait de l’intérêt de me dire son amour en choisissant vraiment ses mots, hors des convenances.
Message modifié par son auteur il y a 4 ans.
Discussion : Dire je t’aime
Alabama
le mardi 15 novembre 2022 à 19h56
@Aki : c’est une des solutions oui, celle que j’ai choisie pour ma part, et si on ajoute encore d’autres conditions de deconstruction de la relation heteronormée, force est de constater qu’il y a peu de candidats.
D’où mon questionnement. Cette différence est loin d’être anodine, et loin d’être une particularité individuelle (même si, dans de moindres proportions, on peut trouver des personnes pas hommes qui n’aiment pas dire je t’aime ou exprimer leurs émotions de manière générale)
Nos goûts, nos choix relationnels, nos personnalités sont pétries de construction sociale, et très genrées. Dire juste « je suis comme ça, il suffit de trouver quelqu’un qui correspond », c’est ok dans un sens, si personne ne souffre de la situation. Mais je trouve plus intéressant, et même indispensable dans la perspective de construire un monde plus féministe (ben oui hein moi je veux un monde sans oppressions), de réfléchir au pourquoi du comment y compris dans un « je t’aime ».
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le mardi 15 novembre 2022 à 15h38
Je rajouterais aussi, une grande envie « d’y croire », malgré tout. Là je parle de moi.
Dans ma relation hetero actuelle, qui est relativement jeune et donc sans doute je ne vois pas encore tous les endroits où il pourrait y avoir de la friction, je remarque que les seules choses qui m’agacent vraiment chez l’autre, sont liées au patriarcat et pas tellement à son caractère. Alors bon, cette distinction peut être un peu fallacieuse car comment tracer une ligne claire entre les deux ? C’est un peu illusoire.
Mais du coup, j’aime tellement sa personne, j’ai envie de croire que l’on peut atteindre une forme d’égalité sur les modalités de la relation. Ça tombe bien il est partant (sans son enthousiasme nous serions déjà soit séparés soit proches de l’être).
En tous cas j’ai décidé d’observer cette relation de près, et de prendre note de ce qui s’y passe, car il me semble que pour l’instant nous réussissons à construire un mode relationnel qui compense les constructions genrées (à mon initiative têtue pour l’instant, et je n’exclue pas qu’il me surprenne sur ce plan à un moment), et je me dis que ça pourra servir à d’autres, même en dehors d’une problématique de genre.
Ce qui me donne envie d’ailleurs de créer une discussion sur le sujet.
Message modifié par son auteur il y a 4 ans.
Discussion : Dire je t’aime
Alabama
le lundi 14 novembre 2022 à 18h04
Ben justement, les 5 langages de l'amour, une des utilités du truc, c'est de parler le langage de l'autre. Si mon amoureux me dit demain, qu'une des manières dont il se sent aimé, c'est quand on lui offre des fleurs, t'inquiète que ça tombera pas dans l'oreille d'une sourde et que je lui en offrirai dès que j'ai l'occasion. Je serai super contente de savoir quoi faire pour qu'il se sente aimé de moi ! Donc j'aimerais bien que si à l'inverse, je dis que moi, c'est qu'on me dise "je t'aime" qui me fait me sentir aimée, il ne voit pas ça comme un injonction mais plutôt comme une opportunité que je comprenne qu'il m'aime. Ou simplement pour le plaisir de faire plaisir, aussi :)
Quant au sens fourre-tout du je t'aime, c'est ce qui me plaît dans l'expression justement :) Mais si on aime pas ne pas savoir, ben, c'est possible d'en discuter : ça veut dire quoi pour toi, que comprend tu quand je te le dis, qu'exprime tu quand tu le dis, etc...
Quant à la construction en tant qu'homme, mon avis c'est que ça mérite d'être déconstruit, justement. Qu'est-ce qui fait que c'est perçu comme une injonction ? Comment on peut faire pour que ça n'en soit pas une ? Qu'est-ce qui fait que les hommes ont moins envie de dire je t'aime ? Certes la construction, mais justement cette construction se fait par opposition au féminin, et dire je t'aime est associé au féminin donc je trouve ça complètement pertinent d'évoquer cette crainte "de ne plus être un homme", mais qui peut se traduire individuellement de manière totalement singulière et inconsciente. Cela rejoint l'expression des émotions et sentiments, de manière générale, c'est bien plus large que le "je t'aime". Après, si les partenaires en question sont tranquilles avec ça, y a pas de sujet.
Message modifié par son auteur il y a 4 ans.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le lundi 14 novembre 2022 à 17h51
Peut-être parce qu'on sort avec des mecs qui ne cumulent pas tous les défauts et que du coup on se dit que ça va le faire ? Peut-être parce que si une nana est hétéro, ne pas sortir avec des mecs, ça veut dire pas de relation amoureuse, potentiellement pas de sexe ? (à moins de rencontrer un mec trans)
Parce qu'on est des êtres humaines avec des émotions, des sentiments, et qu'on n'arrive pas toujours à prendre uniquement des décisions rationnelles ? Peut-être aussi parce que ces prises de conscience se font progressivement, au fur et à mesure que nos lunettes féministes s'affinent ?
Je me dis que t'aurais pu répondre seul.e à tes propres questions :)
Discussion : Dire je t’aime
Alabama
le jeudi 10 novembre 2022 à 11h28
Pourquoi faire une séparation entre le dire et le faire ?
On peut dire je t’aime, et le montrer de diverses manières.
Je n’ai jamais trop compris pourquoi l’un et l’autre devraient s’exclure.
Je t’aime c’est facile oui, mais pas pour tout le monde déjà.
Moi quand on me le dit ça me fait chaud au cœur, si c’est sincère et que c’est cohérent avec la manière dont la personne se comporte avec moi. Aimer c’est un tout. Je remarque aussi que c’est souvent plus difficile pour les hommes de le dire que pour les femmes. Qu’il y a beaucoup de peurs derrière ces mots.
Discussion : Grosses difficultés
Alabama
le mercredi 09 novembre 2022 à 17h37
Contente pour toi que tu aies pris une décision qui te fait du bien.
Discussion : Grosses difficultés
Alabama
le mardi 08 novembre 2022 à 11h04
Liberté9
Pourquoi est ce qu'on s'enferme dans des choses qui ne nous conviennent pas?
Je pense que là se situe mon problème.
C'est une bonne question à se poser :)
Qu'est-ce qui t'empêche de rompre avec cette personne ? Quelles sont tes peurs ?
Je plussoie aussi pour dire que cet homme se comporte mal avec toi, ne semble pas du tout entendre tes difficultés, ou tes besoins (notamment de ne pas avoir systématiquement des rdv de dernière minute).
Ce qui m'empêche moi, parfois, de prendre la bonne décision, c'est quand je suis trop attachée, un peu "addicte" à la présence de l'autre. Ce qui peut m'aider dans ces cas-là, c'est de décentrer mon regard. Je prends quelques minutes pour respirer, et en imagination, j'élargis mon regard, pour voir l'autre tel qu'il est : une personne parmi les milliards qui existent sur Terre. Et notamment toutes les personnes proches de moi, pour qui je n'ai pas cette "addiction", et avec qui je peux approfondir le lien.
Me dire aussi, qu'en rompant le lien avec une personne qui ne me fait pas du bien, j'ouvre de l'espace et du temps, pour une ou des personnes avec qui je passerai de bons moments, qui me respectent et m'aiment comme j'en ai envie.
Une autre chose qui m'a permis d'avancer ces dernières années, c'est de faire une liste des éléments importants, non-négociables pour moi, dans une relation amoureuse. J'ai tendance à bien choisir mes ami.e.s, et moins bien mes relations romantico-sexuelles, donc en passer par quelque chose de concret m'a aidée à ne plus me lancer tête baissée. Quand je rencontrais quelqu'un qui me plaisait, j'essayais de voir si les éléments de ma liste étaient présents.
Si ce n'étais pas le cas, je m'interdisais de me lancer dans une relation amoureuse, quelle que soit l'intensité de mon crush. Eh ben c'était pas facile, mais ça m'a vraiment permis de gagner en autonomie, et de me sortir de la tête la peur de "passer à côté d'une belle histoire".
Discussion : Dire je t’aime
Alabama
le lundi 07 novembre 2022 à 17h16
artichaut
Presque tu pourrais dire « Je m'aime »… (ou « J'aime ma vie »)
Ben je pourrais, mais ce n'est pas ça qui me vient :) Ce qui ne m'empêche pas, par moment, de me dire très fort "j'aime ma vie" et d'être heureuse de faire cette route avec moi-même, mais ce sont des moments différents.
artichaut
Alabama
Pourquoi est-il si facile de dire "un.e tel.le est canon", et si compliqué de dire ou entendre "je t'aime" ?
J'imagine que ta question est réthorique. Car j'imagine que tu vois bien la différence entre dire un truc intime à l'autre ("je t'aime") face à face, et juste dire un truc sur une personne absente ("un.e tel.le est canon"). En bien ou en mal, c'est facile de parler des autres en leur abscence. C'est autre chose que de livrer des émotions de soi à la personne concernée.
Oui c'est tout à fait rhétorique.
Je voulais dire par là, que dans notre société, faire des réflexions sur le physique des gens, faire des compliments sur l'apparence, est plus naturel que d'exprimer son amour, et que j'aimerais qu'il en soit autrement.
Discussion : Dire je t’aime
Alabama
le dimanche 06 novembre 2022 à 22h03
Je déterre cette discussion, car c'est un de mes sujets préférés, le "je t'aime".
Pour ma part, c'est un truc que je ressens facilement.
En fait, depuis presque toujours, j'ai des moments où je ressens de l'amour, gratuitement, sans qu'il soit vraiment adressé, et donc dans ma tête je me dis "Je t'aime... tout le monde".
Et quand je passe du temps avec des personnes proches, il arrive la plupart du temps un moment où j'ai envie de dire "je t'aime". Ça n'attend rien en retour : pour moi c'est comme de dire "je me sens bien avec toi", "ce moment est doux", "tu es une belle personne", etc...
Je le dis malgré tout, plus souvent dans mes relations amoureuses, ça me sort plus facilement, sans doute parce que je vis des émotions plus intenses, quelles qu'elles soient, et donc je ressens aussi plus souvent cette grosse énergie d'amour.
J'ai été en relation avec un amoureux qui lui, n'était pas amoureux, et ne m'a jamais dit je t'aime. Je n'ai jamais attendu de "moi aussi" de sa part. Et de toutes façons, c'est seulement si le je t'aime est gratuit qu'il me semble valoir la peine. Nous avions eu une ou deux discussions où je lui ai expliqué que j'avais besoin de pouvoir exprimer mon amour de cette manière, sinon j'en aurais été malheureuse je pense, et il a pu comprendre (j'espère), que je n'attendais pas en retour qu'il me le dise, ni aujourd'hui ni demain.
J'ai découvert d'ailleurs avec lui, que c'était assez simple pour moi qu'il ne me le dise pas. Je me sentais aimée de mille autres manières, et tellement mieux que d'autres amoureux qui eux, me disaient je t'aime. "Je t'aime" sont des mots, mais ce n'est pas la seule manière de le dire finalement.
Par ailleurs je crois qu'il y a beaucoup de peur, et beaucoup de pression autour du je t'aime, et je trouve ça un peu dommage. Pourquoi est-il si facile de dire "un.e tel.le est canon", et si compliqué de dire ou entendre "je t'aime" ?
Je ne prends pas de précaution particulière pour dire je t'aime. ça sort quand ça sort, et effectivement, les moments de sexualité, ou de tendresse, peuvent parfois le déclencher plus facilement. Pour moi ce n'est pas un souci, car le je t'aime ne vaut que dans l'instant. D'ailleurs je ne suis pas gếnée que des ami.e.s me disent je t'aime en étant ivres : si cela leur permet de se déshiniber, ça me va, je considère que l'alcool ne fait que révéler des parts profondes brimées.
Et si l'autre pense que c'est attendre un "moi aussi", qu'il/elle me le dise :) on en discutera. Mais en général, quand je sens qu'il peut y avoir une gêne, j'envois un lien vers la vidéo de Solange te parle sur le "je t'aime", je crois que ça aide pas mal à dédramatiser.
Message modifié par son auteur il y a 4 ans.
Discussion : [Outil] La charge émotionnelle (ou charge relationnelle)
Alabama
le jeudi 03 novembre 2022 à 12h41
bidibidibidi
La charge émotionnelle, par contre, elle est basée sur l'être. Il ne suffit pas de faire quelque chose, il faut d'abord et avant tout le sentir, l'anticiper, et savoir être dans le moment. Ce ne sont pas des compétences qu'on peut acquérir simplement, d'ailleurs, je sais même pas comment on peut s'améliorer en empathie, écoute, réponse ou connaissance de soi (peut-être existe-t-il un site pour apprendre à comprendre les signes et à y répondre de manière appropriée, je n'ai jamais croisé ça, je vais voir si ça peut se trouver).
Je me permettrais aussi de signaler que la charge émotionnelle est un terme qui regroupe beaucoup de points différents appelant à des compétences différentes. Connaître et savoir exprimer ses besoins, savoir écouter et réagir de manière appropriée, penser à l'autre et lui témoigner des petites attentions, tous ses points doivent en fait être traités indépendamment car ils demandent des compétences totalement dissociées.
Je trouve ton intervention super intéressante, car à mon avis, représentative des questionnements de plein d'hommes cisgenres (et de certaines personnes pas hommes aussi), qui ont envie d'acquérir ce type de compétences.
Voici quelques pistes qui me viennent, sans avoir forcément pris le temps de beaucoup y réfléchir.
A mon avis, le premier écueil, c'est de se mettre la pression et de culpabiliser. S'en faire une montagne, et se dire d'emblée "qu'on ne pourra pas faire aussi bien" ou que c'est super difficile.
-> la solution de ça, c'est comme pour toute montagne, la découper en morceaux, voir ce qu'on peut faire là tout de suite, pour commmencer. Donc déjà, découper le travail comme tu l'as fait, voir quelles sont les compétences différentes. Il y a des compétences de communication sur l'instant, et il y a les compétences pour faire avancer la relation.
En discuter avec le/la partenaire pour savoir ce qui est le plus important pour elle/lui là tout de suite (pas la peine de multiplier les mots doux si ce que la personne attend c'est d'avoir des discussions de fond par exemple, une chose à la fois).
Ensuite, quand on ne sait pas faire un truc, on demande. Et je pense que c'est un des problèmes masculins d'avoir appris à ne dépendre que de soi et ne pas demander de conseils. Donc une des pistes à explorer, c'est quand on est face à cette "montagne" du travail relationnel qu'on ne sait par quel bout prendre, ben, demander l'avis des ami.e.s, élargir en-dehors de la relation amoureuse où ça bloque, lire sur internet, poser des questions sur un forum comme ici par exemple.
Et, quand un truc n'est pas naturel, ben je pense qu'on peut simplement le "pragmatiser". Genre, prendre rdv avec soi-même, 2h par semaine, ou 20mn par jour ou j'en sais rien quoi, le noter dans l'agenda et se dire : bon là, je prends ce temps pour la relation, je réfléchis à tel ou tel sujet. Se faire une liste de sujets et piocher dedans. Prendre du temps aussi pour se demander comment on se sent, soi, dans la relation. Qu'est-ce qui nous plaît, ne nous plaît pas. L'empathie se construit en étant en lien avec ses propres émotions, donc plus on sait ce qu'on ressent soi-même, et plus on est en mesure d'imaginer ce que l'autre peut ressentir.
Et faire la même chose pour la relation : proposer à la/le/les partenaires, un rdv à intervalles réguliers, et y penser en amont pour voir si on a des sujets qu'on veut aborder, les rdv réguliers avec soi-même auront servi à ça.
Je décris en fait de ce que je fais moi-même, et beaucoup de femmes que je connais, de manière "naturelle" (construite plutôt mais on s'est compris.es je pense) : quand un truc me chiffonne j'y pense, j'y réflechis, je pense à des solutions possibles. Et je fais la même chose avec ce que j'imagine de l'autre : tiens l'autre jour j'ai dit ci ou ça, je me demande si ça a pu le/la blesser, peut-être que je devrais lui demander, etc... moi c'est l'inverse, j'apprends à arrêter de faire ça systématiquement, car c'est trop de boulot, en gros je fais le boulot pour 2 et c'est bon pour personne si je m'épuise.
Il me semble aussi qu'il existe quelques outils, comme les 5 langages de l'amour, qui permettent de "pragmatiser" les gestes d'amour par exemple. Mais c'est vrai que j'aimerais trop trouver un "tuto" sur la charge relationnelle notamment en relation poly, comme ça j'aurais juste à envoyer le lien aux personnes qui en ont besoin XD
Message modifié par son auteur il y a 4 ans.
Discussion : Peur d'avoir agit de façon non éthique
Alabama
le mercredi 02 novembre 2022 à 17h01
Je crois que tu as déjà toutes les réponses à tes questions :)
Mon humble avis : tu n'as rien fait de mal ! Voilà, de rien :)
Discussion : [Outil] La charge émotionnelle (ou charge relationnelle)
Alabama
le mercredi 02 novembre 2022 à 16h56
@GeorgyPorgy : alors effectivement, la situation du couple monogame qui devient poly, je ne l'ai jamais vécue. J'ai toujours été dans des relations poly qui se nommaient comme telles dès le départ. Donc oui, c'est un peu différent, et si c'est l'homme du couple hétéro qui souhaite ouvrir, de fait, il va prendre en charge (je l'espère), les discussions sur le sujet.
Je vis aussi avec étonnement, la "fuite" de l'autre face aux discussions qui me semblent indispensables à avoir alors même que c'est le premier à avoir abordé le sujet du polyamour (et j'étais très très contente, ne me voyant pas vraiment en couple monogame même si je ne l'excluais pas d'office). Ça n'a cependant pas été le cas dans toutes mes relations, mais je n'ai jamais été aussi intransigeante sur le partage équitable de la tâche relationnelle : soit le gars s'y met bon an mal an, soit je risque d'être en colère vraiment souvent et de finir par jeter l'éponge.
Pour l'instant, afin de partager le travail nous avons décidé de nous donner 2 rdv par mois pour aborder les sujets.
Lui le vit comme un devoir, comme pour le partage des tâches ménagères.
Tandis que pour moi, ces discussions sont à la fois un besoin, mais aussi, très enthousiasmantes en ce qu'elles permettent d'approfondir la relation, de mieux se connaître, d'être créatifs. J'ai du mal à comprendre que ça puisse être vu comme rébarbatif. Ce qui me semble beaucoup plus rébarbatif, ce sont les discussions pesantes "après coup", quand justement il y avait trop de flou dans la relation et la manière de vivre les relations plurielles.
J'ai quand même l'espoir qu'en faisant, il se rende compte que c'est chouette, et que ça devienne une envie joyeuse plutôt que ça reste une corvée.
De mon côté, sans cette équité, je ne veux plus de relations avec des hommes cis hétéro, c'est trop fatigant et injuste.
GeorgyPorgy
C'est probablement lié à ces processus d'éducation / socialisation différenciés des filles & des garçons, qui ont tendance à inviter les filles à "s'occuper des autres", du bien-être des autres, quand les garçons ne s'en préoccupent que trop peu... Sans vouloir faire de généralités.
Oui très clairement; Je rajouterai aussi le côté pervers de la chose : les filles sont biberonnées à l'Amouuur, et je vois bien que mon travers, c'est d'y penser BEAUCOUP, parce que les relations affectives (quelles qu'elles soient) me passionnent, de manière générale, dans ma vie. Je dois me freiner pour ne pas méta-relationner de trop : je pourrais ne faire quasi que ça, et je pense que c'est pas chouette non plus, j'apprécie aussi d'être "obligée" à plus de légèreté, ça repose mon cerveau.
Au-delà de se préoccuper du bien-être des autres, nous sommes aussi éduquées à la coopération, à être sans cesse dans le lien aux autres, et donc je remarque que les ajustements relationnels sont fluides pour moi avec mes amies : même en cas de crise, nous allons méta-relationner, et je ne me suis jamais posé la question de qui gérait ça, ça se fait, c'est tout. S'organiser à plusieurs est relativement simple, dès qu'il y a des hommes dans l'équation, j'observe que ça complique souvent tout, cela a même été étudié. Avec les amis, c'est moins simple déjà, et avec les amoureux, j'ai l'impression de devoir ramer pour obtenir de la méta-relation de qualité, comme si l'autre allait carrément à contre-courant (bon là je généralise, ce n'est pas vrai de toutes mes relations, mais il y a malgré tout une constante).
Message modifié par son auteur il y a 4 ans.
Discussion : Attachement ? Non Attachement ? Détachement ?
Alabama
le lundi 31 octobre 2022 à 17h55
@Ayna : je serais curieuse d’en savoir plus. Quand tu dis faire des choix, ou nourrir pleinement une part, puis une autre, serais tu d’accord d’en dire plus ?
@polyn : pour moi l’engagement n’a rien à voir avec la monogamie. Ma vision de l’amour (au sens large, je ne parle pas spécialement des relations amoureuses /romantiques), est justement quasiment synonyme d’engagement. L’amour est pour moi une décision, plus qu’un ressenti même si c’est lié. Et c’est cet engagement qui m’a permis le détachement, progressivement, dans l’une des relations les plus importantes pour moi. Aimer l’autre inconditionnellement, quoiqu’il arrive, et lui laisser son entière liberté, ne rien attendre (si j’attends quand même le respect, je crois, je ne suis pas encore une Jedi du détachement).
Et ce que j’ai appris dans cette relation là, qui est amicale, a déteint sur tout le reste de l’amitié telle que je la conçois maintenant. J’assume le fait d’être dépendante de toutes mes relations : il me paraît vain et erroné, en tant qu’être humain, de croire que je ne dépend pas des autres, ne serait-ce que pour habiter ou manger je dépend d’autres humains. La dépendance n’est pas un souci en soi, c’est même une des conditions de notre existence.
Donc je ne vois pas l’engagement et le détachement comme antagonistes bien au contraire. Si j’aime, je m’engage à aimer. Mais il faudrait définir l’engagement : il ne s’agit pas de promettre, mais d’être entière dans la relation. Et en ce qui me concerne, de faire ce qui est possible à mon niveau pour être présente dans les moments difficiles. Sans forcément attendre la réciproque.
Sur la construction sociale qui lie sentiment amoureux, sexe et attachement , je me pose la question à quel point c’est réellement seulement culturel. Existe t’il des cultures où ce lien n’existe pas du tout ? Ça m’intéresserait beaucoup de le savoir.
Pour ma part je peux faire du sexe sans sentiment il n’y aura pas d’attachement, du sexe avec émotions sans sentiment amoureux il n’y aura pas d’attachement. Mais sexe + émotions + sentiment amoureux c’est la fin des haricots je m’attache. J’espère pouvoir dire bientôt que j’ai réussi à me détacher sans pour autant me désengager.
Discussion : Transition et polyA
Alabama
le lundi 31 octobre 2022 à 10h43
Moi je dirais qu’il faut prendre le temps plutôt que vouloir aller plus vite.
Il me semble qu’une transition est déjà un événement énorme dans une vie, qui demande de la ressource, de l’énergie, et que peut-être il est difficile pour toi là de tout mener de front.
Si j’étais à ta place, je demanderais de la patience à ma compagne, un temps où il n’y a pas d’autres rencontres et où l’on peut avoir les discussions nécessaires de manière plus sereine car sans pression de travailler sa jalousie.
Avoir aussi en tête que nous ne sommes pas tous en capacité de vivre des amours plurielles, sans jugement ( nous ne sommes pas tous capables non plus d’avoir une relation unique). Et que c’est ok si c’est le cas. Que le but des discussions doivent être de poser les envies, les désirs et les besoins de chaque personne, mieux se connaître soi et l’autre sans se dire qu’il faut absolument devenir polyamoureuse.
Discussion : Attachement ? Non Attachement ? Détachement ?
Alabama
le lundi 31 octobre 2022 à 10h36
Je n’ai pas vraiment d’expérience là dessus mais je poste pour dynamiser la discussion car le sujet m’intéresse énormément.
Je remarque actuellement que le détachement sur lequel j’essaie de travailler en raison d’une relation à distance, fait qu’effectivement j’investis moins le fantasme sexuel, et beaucoup plus les souvenirs de tendresse, l’amour profond. C’est compensé par le fait qu’en face, la personne elle continue d’investir la dimension sexuelle dans nos échanges et cela me remet dans cette dynamique. L’effet pervers pour moi c’est qu’avec le désir sexuel le manque pointe le bout de son nez.
Donc est-ce du vrai détachement ou simplement une négation de la dimension érotique pour moins souffrir ? En ce qui me concerne c’est clairement cette dimension qui me rend « accro ».
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Discussion : [Outil] La charge émotionnelle (ou charge relationnelle)
Alabama
le dimanche 30 octobre 2022 à 09h45
Je tombe sur ce sujet et je vois que personne n’y a répondu, est-ce que cela signifie que c’est un impensé des relations, notamment polyamoureuses ?
Je ne connais aucune relation hetero, que ce soit dans mon expérience ou ce que je vois autour de moi (et je suis entourée de féministes, de personnes qui cherchent à remettre en cause les normes de genre), où le travail relationnel serait pris en charge spontanément par le mec. C’est systématiquement la nana qui s’en charge, et si elle ne le fait pas la relation à peu de chance de perdurer.
J’y mets :
- la réflexion sur les sujets qui ont besoin d’être abordés
- le fait de les mettre sur la table et proposer les discussions
- la capacité à exprimer ses besoins, ses émotions difficiles
- l’attention aux émotions de l’autre et le travail de psy qui consiste à aider l’autre à les exprimer
- anticiper les besoins de l’autre par des petites attentions par empathie, sans forcément attendre que tous les besoins soient nommés noir sur blanc
- analyser ce qui se passe dans la relation, essayer d’imaginer ce que vit l’autre émotionnellement
- penser aux dates, retenir l’agenda de l’autre et ses dispos
- compliments et globalement les attentions affectueuses qui font se sentir aimé.e (cadeaux bien choisis, mots doux, messages de soutien quand on sait que l’autre va avoir un moment difficile comme entretien d’embauche/rdv médical/discussion difficile avec un parent etc…)
J’en oublie sûrement. Dans le polyamour, la meta discussion est encore plus indispensable que dans la monogamie pour que les choses se passent bien. Pour ma part je suis perdue entre mon aspiration à la liberté en tant que femme et féministe, et le sentiment que le polyamour fait reposer sur moi peut être encore plus de travail que la monogamie.
Comment les hommes peuvent faire pour apprendre ces compétences ? Y en a t’il qui se posent concrètement la question, et qui dépasse le stade du constat « je me rends compte que je ne fais pas ma part » ?
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Message modifié par son auteur il y a 4 ans.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le samedi 29 octobre 2022 à 15h28
Ah quel bonheur de trouver ce fil de discussion.
J’étais frustrée de voir peu abordée la question du féminisme dans les relations poly amoureuses. Et pour la part, je ne vois pas comment construire des relations affectives intimes avec des hommes cis het sans se poser ces questions.
J’avais de mon côté décidé de laisser tomber les relations hetero (et même lesbiennes mais plus par absence de possibilités étant donné que j’habite à la campagne et que même via les applis c’est pas si simple). Je suis restée 3 ans sans relation sexuelle gratuite (je suis TDS) ni relation romantique. Et je n’étais vraiment pas malheureuse.
Mais je me suis rendu compte que j’avais malgré tout un manque : celui de vivre à nouveau une complicité intense et une sexualité avec une autre personne, qui soit libre et gratuite.
Je suis un cœur d’artichaut donc ça ne m’empêchait pas de tomber amoureuse mais ça ne débouchait pas sur une relation romantique.
Et voilà, j’ai rencontré un gars qui me semble plutôt différent sur le plan du féminisme.
- il a lui même proposé de s’intéresse à la contraception et donc à la méthode thermique ainsi qu’à mon cycle menstruel
- il ne se vexe pas quand je lui dis que ses lectures sont parfois sexistes et putophobes : il y réfléchit sincèrement
- je ne ressens jamais de pression de sa part dans la sexualité, c’est la première fois que je me sens réellement en confiance sur ce plan : pas besoin d’être particulièrement vigilante
- il exprime ses émotions
Eh bien malgré toutes ces qualités qui me semblent rares chez les mecs, je sens que je dois rester attentive pour ne pas me faire avoir en tant que meuf, notamment sur le plan du travail relationnel . C’est moi qui ai lancé les discussions les plus importantes pour l’instant, même s’il est capable de capter mes états émotionnels et qu'il est hyper partant pour discuter.
Bref ma conclusion c’est qu’il est impossible d’avoir une relation hetero et ne pas se taper à minima le travail relationnel en majorité.
Pour ma part, pour ne pas m’épuiser je fais les choses suivantes :
- je m’entoure d’amies très intimes féministes, qui me renforcent et me permettent d’ancrer ma confiance dans mes analyses féministes (face au mec tout mignon c’est dur parfois de rester sûre de ce qu’on pense/ressens)
- je lis plein de choses qui participent à aiguiser mon regard, et me renforcent également, des genre d’amies intimes à distance
- je décide de ne plus lancer les discussions, sauf quand c’est pour moi. Car sinon je serais capable de les lancer aussi pour que lui exprime ses besoins, être sûre que tout est clair et qu’il ne va pas souffrir de mes actes. Non terminé : je vais agir et si ça ne lui va pas libre à lui de lancer la discussion qui va bien. Et s’il ne se rend pas compte de ses propres besoins eh ba tant pis, j’arrête de faire la psy/la maman. C’est pas facile quand on est habituée à détecter les émotions de l’autre. Je continue à analyser et comprendre mais je garde pour moi. Car si je fais le taf, comment pourra t’il se rendre compte que ça serait bénéfique pour lui de s’y mettre ? Et s’il ne s’y met pas, peut-être que la relation ne pourra pas durer. Encore une fois, tant pis.
Bref, je suis en plein questionnement de savoir si c’est vraiment viable de persister dans les relations hetero. En vrai je pense que non. Mais le penser, et le vivre émotionnellement c’est différent, alors tout le truc pour moi c’est de trouver un équilibre où les avantages dépassent les inconvénients. Et vivre séparément me semble être le très grand minimum.
Message modifié par son auteur il y a 4 ans.