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Alabama

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Discussion : Dire je t’aime

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Alabama

le mardi 22 novembre 2022 à 09h55

@Aki: aucune idée pour les stats !
Par contre il existe des essais universitaires sur le sujet.

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Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?

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Alabama

le mardi 22 novembre 2022 à 09h49

Si j’analyse comment venaient les discussions sur le tapis avant ce système, ce n’était ni naturel ni intuitif : un truc me travaillait, j’y cogitais des heures puis je réfléchissais à la meilleure manière de lui en parler et enfin je lui en parlais, de vive voix ou par envoi de lettre. Parfois avant qu’il y ait le moindre problème dans l’idée de discuter sereinement pour éviter les problèmes liés à trop de flou dans le polyamour, et parfois sous le coup de l’émotion liée à un truc qui m’avait soûlée.

Au final nous n’avons fait que formaliser ce que j’étais la seule à faire de manière informelle.

Je conseille d’ailleurs la brochure «  et si on se touchait », le texte «  les hommes profeministes et leurs ami.e.s » qui permet de comprendre pourquoi c’est si compliqué d’être dans une relation «  fluide » avec un homme cisgenre, et qui enjoint les mecs à modifier leur manière de construire les relations avec les autres, car le modèle sur lequel il relationnent, qui leur donne une impression d’autonomie repose en fait sur l’exploitation des compétences relationnelles des femmes et en cela perpétue la domination sur celles ci.
Ça m’a d’ailleurs permis de comprendre des crispations que j’avais dont je ne comprenais pas exactement la cause.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?

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Alabama

le lundi 21 novembre 2022 à 09h53

Nous avons eu notre deuxième discussion planifiée.
Cela a été l’occasion de revenir sur le fait qu’il était réticent à chaque fois que je lui faisais part d’un besoin.

Il l’a reconnu, et cela semble être un mélange de peur de mal faire, de peur de changer/aller vers l’inconnu.

Je remarque aussi que j’ai tellement eu l’habitude en relation hetero que mes besoins soient mis de côté (pas toutes mes relations mais plusieurs bcp d’entre elles) ou de simplement ne pas être entendue, que c’est un point de crispation pour moi et que tant que je n’ai pas l’assurance que je vais être entendue je ne me sens pas en sécurité. Là par exemple il a accepté une de mes demandes , et avec simplement son acceptation, mon besoin a déjà disparu, j’avais juste besoin de savoir que si je lui demande un truc il va accepter ou trouver une solution avec moi si ma demande ne lui convient pas complètement. J’ai failli lui envoyer un message pour lui dire «  non finalement c’est pas la peine, j’en ai plus besoin » 😂.

Je remarque que d’avoir des discussions, avec la charge repartie (on doit préparer la discussion à tour de rôle), en dehors de tout conflit est un bon système pour moi car je peux aller en profondeur sur ce que j’ai à dire sans être en colère et donc je suis plus à même d’entendre aussi son point de vue.

Quand je croulais sous le poids de la responsabilité d’amener les sujets, je n’avais clairement pas la même ouverture ni la même sécurité intérieure.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?

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Alabama

le vendredi 18 novembre 2022 à 09h49

@Lau : je comprends ton point de vue. Mais j’avoue que je n’ai plus envie de faire ce travail ( concernant les hommes qui se pensent différents). Il existe plein de lectures sur internet, qu’ils aillent les lire je ne suis pas leur maman.

Concernant la demande explicite c’est exactement ce que j’ai fait depuis le début de la relation. J’ai dû insister pas mal de fois avant qu’il se saisisse vraiment de la demande et y réponde. Mais ça y est nous y sommes, nous avons une organisation de discussion égalitaire.

Le patriarcat fait du mal à tout le monde. Il existe cependant une différence de taille entre les hommes et les femmes dans la relation hetero : comme cela a été théorisé, les opprimés ont plus d’intérêt à observer leur oppresseur et le système oppressif que l’oppresseur, et donc dans ce cas, les femmes partent avec une compréhension de leur condition et le fonctionnement des hommes bien supérieure à celle des hommes. Les hommes ne «  voient » pas le problème. On en a eu plusieurs exemples sur ce fil de discussion. Et c’est exactement cela qui est épuisant, avec ou sans cnv. Bon moi je ne connais pas vraiment la cnv même si je pense que je la pratique en partie sans le savoir.

@alinea7: j’ai adoré te lire. Je me reconnais dans beaucoup de points. J’admire le courage que tu as eu notamment vis à vis de l’école de ne pas pallier les manques de ton compagnon. Je pense que cela aurait été au dessus de mes forces et pour ma part j’ai préféré le divorce (il avait vraiment dépassé mes bornes dès qu’on a eu un enfant et contrairement à toi je n’arrivais pas à assumer de mettre l’enfant au milieu ça me brisait le cœur).
Mais j’ai refusé de lui apprendre comment changer les couches ou quels vêtements mettre quand il m’appelait au secours: j’ai pas le gêne du changement de couche désolée, tu te demerdes. Il appréciait pas vraiment de devoir se débrouiller, comme tout le monde 🤭

Je me reconnais aussi dans «  la meuf chiante ». Je suis «  chiante » avec mes amoureux sur ces questions. Encore plus aujourd’hui qu’avant sauf que maintenant je sais mieux m’exprimer, me faire comprendre. J’assume que cela puisse mener à la rupture si l’autre n’est pas près à faire ce qui me semble être la base pour une relation où on prend soin l’un de l’autre. Mais je tiens bon et en réalité dans ma relation actuelle on se dirige vers plus de complicité, il y trouve tres Clairement son compte même quand il freine au début.

Même en ayant gagné en capacité d’expression, je remarque que l’autre met du temps à me comprendre, alors que quand je discute du même sujet avec mes amies féministes, on se regarde avec des airs entendus en mode «  bah oui” en levant les yeux aux ciel. C’est très frustrant à plein de moments.

@Lau : tu as raison sur l’histoire des émotions sous-jacentes à la réticence à changer des hommes . Je serais curieuse aussi de savoir, mais force est de constater que cela semble difficile à exprimer chez celui que je côtoie en ce moment. Je vois bien moi, qu’il y a de l’émotion derrière, de la pression à bien faire, peut-être de la peur de je ne sais quoi. Mais je ne peux pas sans arrêt faire la psy de l’autre, c’est aussi ça dont je ne veux plus dans mes relations : tirer les vers du nez.

Comme Alinéa, j’essaie plutôt de «  faire le mec » à certains endroits pour ne pas faire double travail.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : [Outil] Escalator tactile

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Alabama

le jeudi 17 novembre 2022 à 14h51

Je pense que l'escalator tactile est très vrai en relation hétéro stable.
C'est dans ce cadre que le moindre contact physique peut être vu comme l'obligation d'un rapport sexuel (avec pénétration sinon c'est pas drôle) ensuite car l'homme du couple dont le désir est éveillé par ce contact, imaginera que la suite logique c'est le coït.
C'est à mon sens, une des explications de la perte de désir chez les femmes au bout de quelques années de relation. Le sentiment d'obligation, et l'absence de tendresse non sexuelle aboutissent à une désertion de la sphère tactile pour ne pas risquer de devoir "passer à la casserole".

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Discussion : Décalage dans les besoins/disponibilité et jalousie

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Alabama

le jeudi 17 novembre 2022 à 14h39

@Siestacorta : Oui tout à fait :) ça me fait penser que j'ai oublié de mentionner que ces deux dernières semaines, j'ai beaucoup lu sur le sujet, dont la brochure que tu cites que j'ai relue deux fois, pour m'aider dans ma réflexion, et m'aider à rester forte sur mes positions et mes besoins.

Je précise que j'étais déjà dans une logique d'anarchie relationnelle, depuis bien longtemps. Je mets beaucoup d'amour et d'énergie dans mes amitiés, elles prennent la majeure partie de mon temps libre, et elles ne sont jamais passées après mes relations amoureuses (qui hormis ma première, n'ont jamais correspondu à l'idée qu'on se fait du couple classique, d'ailleurs je n'utilise pas le mot couple tant il charrie avec lui des évidences qui ne sont pas les miennes).

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Discussion : Décalage dans les besoins/disponibilité et jalousie

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Alabama

le jeudi 17 novembre 2022 à 13h46

Envie de revenir ici car les choses ont bougé, en partie grâce à vos contributions.

Son départ loin, que j’ai d’abord pris comme une énorme difficulté pour moi, est finalement une opportunité que j’ai saisie pour changer mon rapport à cette relation amoureuse.

- j’ai mis activement plus d’énergie dans mes autres relations, qu’on nommera amicales, qui sont globalement très présentes dans ma vie. J’ai réalisé que je ne proposais pas souvent à mes ami.e.s de faire des choses ensemble comme allée au ciné, ramasser des champignons ou autre, et que je me limitais niveau contact physique par peur du désir que je pourrais éprouver pour elles. Je suis donc progressivement encore plus câline, et j’ai évacué depuis quelques temps maintenant la peur du désir : s’il survient je l’accueille et je ne m’en veux plus qu’il soit là

- j’ai insisté avec mon amoureuse sur la nécessité du partage de la charge relationnelle, que ce ne soit pas sans cesse moi qui cogite et propose les discussions. Nous avons trouvé un mode sur prise de rdv, avec ordre du jour à compléter par chacun.e.

- j’ai fait l’effort d’ouvrir mon cœur à la possibilité d’avoir d’autre amours, alors que je n’en ressentais ni l’envie ni le besoin à la base. Faire cet effort m’a permis de me décentrer de ma relation actuelle, sans pour autant m’éloigner émotionnellement. Pour autant je ne recherche pas activement.

Ces 3 axes, et la bonne foi et bonne volonté de l’amoureux font que je découvre une nouvelle liberté en relation amoureuse hetero : je suis sécurisée sur le fait qu’il y aura bien des discussions et que je ne suis pa seule à en porter la responsabilité. C’est énorme . Je me sens soudainement beaucoup plus en sécurité et l’éventualité d’autres relations me paraît d’un coup super simple. Je découvre ce que signifie la légèreté dans une relation amoureuse . Magie ! Il n’est jamais trop tard.

J’ai du fait ce cette sécurité toute neuve, plus besoin d’avoir une relation amoureuse plus proche géographiquement. Si ça arrive on verra mais je me sens bien comme ça, avec cet amoureux loin, mes amitiés fortes auxquelles j’accorde plus d’attention soutenue ( c’est surtout intérieur en vérité car je vois déjà énormément mes amies si l’on compare au commun des mortels ).

Bref, je suis en train de découvrir le détachement, je ne pensais pas en être capable, en tous cas pas si rapidement et finalement il a suffi d’à peine 2 semaines. L’idée qu’il ait des dates ou d’autres relations amoureuses pourrait presque m’enthousiasmer, tendis que jusqu’ici j’avais surtout peur d’être lésée (ça m’inquiète encore un peu mais de manière marginale). On verra maintenant en situation réelle ce qui se passe.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?

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Alabama

le jeudi 17 novembre 2022 à 12h58

Je ne sais pas quoi te répondre.
Le sujet s’adresse aux personnes qui se rendent compte de la difficile voire impossible compatibilité entre leurs convictions féministes et les relations hetero. Tu es libre d’y répondre à côté de la plaque en disant que toi t’es différent. Ça répond pas à la question de départ. Je n’irai pas dans un débat avec toi à savoir si tu n’es pas comme les autres car ce n’est pas le sujet qui m’intéresse ici.

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Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?

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Alabama

le jeudi 17 novembre 2022 à 10h35

@FM : ce qui est fort dommage FM, c’est que pour poster ta réponse au notallmen, tu prennes un peu toute la place sur la discussion.
Depuis que certains sont venu «  provoquer » ici en mode «  mais moi je suis gentil », tu auras remarqué que j’ai peu répondu voire ignoré ces interventions. Pourquoi ? Pour rester dans le sujet du fil de discussion, qui pour ma part me tient à cœur et j’espère qu’il y aura à nouveau des contributions qui répondent à la question légitime de départ.
Et toi tu arrives et vlan, tu nourris le troll. Si j’osais je dirais que tu fais du manspreading… ça partait d’un bon sentiment je n’en doute pas, mais je voudrais juste te dire que j’ai le sentiment du coup que ça tourne au combat de coq et je me retrouve à en être l’observatrice blasée et découragée. J’espérais secrètement que ce fil devienne non mixte par écrémage 😂
Mais non là je suis la seule nana ces jours-ci sur ce fil, et des hommes interviennent de manière random pour dériver vers d’autres sujets. C’est merveilleux. Sans doute doit il exister des groupes non mixtes (sans hommes cis donc) pour pouvoir discuter de polyamour ET féminisme sans être sans cesse distrait.e.s par des interventions de ce type.

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Discussion : Le romantisme anticonformiste

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Alabama

le mardi 15 novembre 2022 à 20h55

Je déterre encore une autre discussion (eh oui, je suis en train de faire le tour de tout le forum depuis mon inscription 😁).

En lisant le titre , je me suis dit «  oh oui parlon de romantisme ». Je me considère comme étant très romantique.
Mais pour moi, rien à voir avec les rituels admis, bien que certains ne me déplaisent pas comme recevoir un cadeau pour mon annif ou Noël (j’adore Noël, vraiment vraiment beaucoup).

Je me rends compte que j’associe le romantisme aux relations amoureuses, et aps du tout aux relations platoniques ! Ce qui est étrange car les mêmes gestes en amitié me font infiniment plaisir aussi.

Par exemple, une amie très proche a pris l’habitude, de temps à autre, de m’envoyer une chanson ou un texte qui parle de son amitié pour moi, ou de son vécu du moment. J’en ai les larmes aux yeux à chaque fois. Et pourtant, je ne l’aurais pas spontanément associé au romantisme de prime abord.

Mon amoureux fait la même chose : il m’a envoyé des chansons qui expriment son amour ou son désir pour moi, parfois je n’aime pas musicalement les chansons en question mais ce n’est pas important pour moi : le geste et le message sont plus importants et me touchent enormement et je trouve ça terriblement romantique.

Un autre m’amenait très régulièrement des croissants. Parfois même je ne le croisais pas, il les laissait sur la table de la cuisine et je les trouvais en me levant. Je trouve ça ultra romantique. Je ne sais pas si lui se percevait comme tel 😄, lui qui n’était pas amoureux.

J’aime dans le romantisme, l’attention inattendue, l’expression de l’amour qu’on a pour l’autre, la mise en scène aussi.

Pour ma part j’écris des lettres d’amour, des poèmes parfois, et je me suis mise aussi à envoyer des «  chansons message ». Le plus important pour moi c’est l’élan spontané, la sincérité et sentir la personnalité de l’autre dans ses actes romantiques.

Par exemple j’avais eu un amoureux plus «  conventionnel » que les autres . Il m’envoyait des messages d’amour recopiés d’internet, très guimauve. Je trouvais ça mignon mais ça ne parlait pas à mon cœur. J’ai fini par lui dire que je préférerais qu’il les écrive lui même. Ça l’a vexé au début puis il a compris et finalement a trouvé lui aussi que ça avait de l’intérêt de me dire son amour en choisissant vraiment ses mots, hors des convenances.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : Dire je t’aime

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Alabama

le mardi 15 novembre 2022 à 19h56

@Aki : c’est une des solutions oui, celle que j’ai choisie pour ma part, et si on ajoute encore d’autres conditions de deconstruction de la relation heteronormée, force est de constater qu’il y a peu de candidats.

D’où mon questionnement. Cette différence est loin d’être anodine, et loin d’être une particularité individuelle (même si, dans de moindres proportions, on peut trouver des personnes pas hommes qui n’aiment pas dire je t’aime ou exprimer leurs émotions de manière générale)

Nos goûts, nos choix relationnels, nos personnalités sont pétries de construction sociale, et très genrées. Dire juste «  je suis comme ça, il suffit de trouver quelqu’un qui correspond », c’est ok dans un sens, si personne ne souffre de la situation. Mais je trouve plus intéressant, et même indispensable dans la perspective de construire un monde plus féministe (ben oui hein moi je veux un monde sans oppressions), de réfléchir au pourquoi du comment y compris dans un «  je t’aime ».

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Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?

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Alabama

le mardi 15 novembre 2022 à 15h38

Je rajouterais aussi, une grande envie «  d’y croire », malgré tout. Là je parle de moi.
Dans ma relation hetero actuelle, qui est relativement jeune et donc sans doute je ne vois pas encore tous les endroits où il pourrait y avoir de la friction, je remarque que les seules choses qui m’agacent vraiment chez l’autre, sont liées au patriarcat et pas tellement à son caractère. Alors bon, cette distinction peut être un peu fallacieuse car comment tracer une ligne claire entre les deux ? C’est un peu illusoire.

Mais du coup, j’aime tellement sa personne, j’ai envie de croire que l’on peut atteindre une forme d’égalité sur les modalités de la relation. Ça tombe bien il est partant (sans son enthousiasme nous serions déjà soit séparés soit proches de l’être).

En tous cas j’ai décidé d’observer cette relation de près, et de prendre note de ce qui s’y passe, car il me semble que pour l’instant nous réussissons à construire un mode relationnel qui compense les constructions genrées (à mon initiative têtue pour l’instant, et je n’exclue pas qu’il me surprenne sur ce plan à un moment), et je me dis que ça pourra servir à d’autres, même en dehors d’une problématique de genre.

Ce qui me donne envie d’ailleurs de créer une discussion sur le sujet.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : Dire je t’aime

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Alabama

le lundi 14 novembre 2022 à 18h04

Ben justement, les 5 langages de l'amour, une des utilités du truc, c'est de parler le langage de l'autre. Si mon amoureux me dit demain, qu'une des manières dont il se sent aimé, c'est quand on lui offre des fleurs, t'inquiète que ça tombera pas dans l'oreille d'une sourde et que je lui en offrirai dès que j'ai l'occasion. Je serai super contente de savoir quoi faire pour qu'il se sente aimé de moi ! Donc j'aimerais bien que si à l'inverse, je dis que moi, c'est qu'on me dise "je t'aime" qui me fait me sentir aimée, il ne voit pas ça comme un injonction mais plutôt comme une opportunité que je comprenne qu'il m'aime. Ou simplement pour le plaisir de faire plaisir, aussi :)

Quant au sens fourre-tout du je t'aime, c'est ce qui me plaît dans l'expression justement :) Mais si on aime pas ne pas savoir, ben, c'est possible d'en discuter : ça veut dire quoi pour toi, que comprend tu quand je te le dis, qu'exprime tu quand tu le dis, etc...

Quant à la construction en tant qu'homme, mon avis c'est que ça mérite d'être déconstruit, justement. Qu'est-ce qui fait que c'est perçu comme une injonction ? Comment on peut faire pour que ça n'en soit pas une ? Qu'est-ce qui fait que les hommes ont moins envie de dire je t'aime ? Certes la construction, mais justement cette construction se fait par opposition au féminin, et dire je t'aime est associé au féminin donc je trouve ça complètement pertinent d'évoquer cette crainte "de ne plus être un homme", mais qui peut se traduire individuellement de manière totalement singulière et inconsciente. Cela rejoint l'expression des émotions et sentiments, de manière générale, c'est bien plus large que le "je t'aime". Après, si les partenaires en question sont tranquilles avec ça, y a pas de sujet.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?

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Alabama

le lundi 14 novembre 2022 à 17h51

Peut-être parce qu'on sort avec des mecs qui ne cumulent pas tous les défauts et que du coup on se dit que ça va le faire ? Peut-être parce que si une nana est hétéro, ne pas sortir avec des mecs, ça veut dire pas de relation amoureuse, potentiellement pas de sexe ? (à moins de rencontrer un mec trans)
Parce qu'on est des êtres humaines avec des émotions, des sentiments, et qu'on n'arrive pas toujours à prendre uniquement des décisions rationnelles ? Peut-être aussi parce que ces prises de conscience se font progressivement, au fur et à mesure que nos lunettes féministes s'affinent ?

Je me dis que t'aurais pu répondre seul.e à tes propres questions :)

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Discussion : Dire je t’aime

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Alabama

le jeudi 10 novembre 2022 à 11h28

Pourquoi faire une séparation entre le dire et le faire ?
On peut dire je t’aime, et le montrer de diverses manières.
Je n’ai jamais trop compris pourquoi l’un et l’autre devraient s’exclure.
Je t’aime c’est facile oui, mais pas pour tout le monde déjà.
Moi quand on me le dit ça me fait chaud au cœur, si c’est sincère et que c’est cohérent avec la manière dont la personne se comporte avec moi. Aimer c’est un tout. Je remarque aussi que c’est souvent plus difficile pour les hommes de le dire que pour les femmes. Qu’il y a beaucoup de peurs derrière ces mots.

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Discussion : Grosses difficultés

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Alabama

le mercredi 09 novembre 2022 à 17h37

Contente pour toi que tu aies pris une décision qui te fait du bien.

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Discussion : Grosses difficultés

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Alabama

le mardi 08 novembre 2022 à 11h04

Liberté9

Pourquoi est ce qu'on s'enferme dans des choses qui ne nous conviennent pas?
Je pense que là se situe mon problème.

C'est une bonne question à se poser :)
Qu'est-ce qui t'empêche de rompre avec cette personne ? Quelles sont tes peurs ?

Je plussoie aussi pour dire que cet homme se comporte mal avec toi, ne semble pas du tout entendre tes difficultés, ou tes besoins (notamment de ne pas avoir systématiquement des rdv de dernière minute).

Ce qui m'empêche moi, parfois, de prendre la bonne décision, c'est quand je suis trop attachée, un peu "addicte" à la présence de l'autre. Ce qui peut m'aider dans ces cas-là, c'est de décentrer mon regard. Je prends quelques minutes pour respirer, et en imagination, j'élargis mon regard, pour voir l'autre tel qu'il est : une personne parmi les milliards qui existent sur Terre. Et notamment toutes les personnes proches de moi, pour qui je n'ai pas cette "addiction", et avec qui je peux approfondir le lien.
Me dire aussi, qu'en rompant le lien avec une personne qui ne me fait pas du bien, j'ouvre de l'espace et du temps, pour une ou des personnes avec qui je passerai de bons moments, qui me respectent et m'aiment comme j'en ai envie.

Une autre chose qui m'a permis d'avancer ces dernières années, c'est de faire une liste des éléments importants, non-négociables pour moi, dans une relation amoureuse. J'ai tendance à bien choisir mes ami.e.s, et moins bien mes relations romantico-sexuelles, donc en passer par quelque chose de concret m'a aidée à ne plus me lancer tête baissée. Quand je rencontrais quelqu'un qui me plaisait, j'essayais de voir si les éléments de ma liste étaient présents.
Si ce n'étais pas le cas, je m'interdisais de me lancer dans une relation amoureuse, quelle que soit l'intensité de mon crush. Eh ben c'était pas facile, mais ça m'a vraiment permis de gagner en autonomie, et de me sortir de la tête la peur de "passer à côté d'une belle histoire".

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Discussion : Dire je t’aime

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Alabama

le lundi 07 novembre 2022 à 17h16

artichaut
Presque tu pourrais dire «  Je m'aime »… (ou «  J'aime ma vie »)

Ben je pourrais, mais ce n'est pas ça qui me vient :) Ce qui ne m'empêche pas, par moment, de me dire très fort "j'aime ma vie" et d'être heureuse de faire cette route avec moi-même, mais ce sont des moments différents.

artichaut
Alabama
Pourquoi est-il si facile de dire "un.e tel.le est canon", et si compliqué de dire ou entendre "je t'aime" ?


J'imagine que ta question est réthorique. Car j'imagine que tu vois bien la différence entre dire un truc intime à l'autre ("je t'aime") face à face, et juste dire un truc sur une personne absente ("un.e tel.le est canon"). En bien ou en mal, c'est facile de parler des autres en leur abscence. C'est autre chose que de livrer des émotions de soi à la personne concernée.

Oui c'est tout à fait rhétorique.
Je voulais dire par là, que dans notre société, faire des réflexions sur le physique des gens, faire des compliments sur l'apparence, est plus naturel que d'exprimer son amour, et que j'aimerais qu'il en soit autrement.

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Discussion : Dire je t’aime

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Alabama

le dimanche 06 novembre 2022 à 22h03

Je déterre cette discussion, car c'est un de mes sujets préférés, le "je t'aime".
Pour ma part, c'est un truc que je ressens facilement.
En fait, depuis presque toujours, j'ai des moments où je ressens de l'amour, gratuitement, sans qu'il soit vraiment adressé, et donc dans ma tête je me dis "Je t'aime... tout le monde".

Et quand je passe du temps avec des personnes proches, il arrive la plupart du temps un moment où j'ai envie de dire "je t'aime". Ça n'attend rien en retour : pour moi c'est comme de dire "je me sens bien avec toi", "ce moment est doux", "tu es une belle personne", etc...
Je le dis malgré tout, plus souvent dans mes relations amoureuses, ça me sort plus facilement, sans doute parce que je vis des émotions plus intenses, quelles qu'elles soient, et donc je ressens aussi plus souvent cette grosse énergie d'amour.

J'ai été en relation avec un amoureux qui lui, n'était pas amoureux, et ne m'a jamais dit je t'aime. Je n'ai jamais attendu de "moi aussi" de sa part. Et de toutes façons, c'est seulement si le je t'aime est gratuit qu'il me semble valoir la peine. Nous avions eu une ou deux discussions où je lui ai expliqué que j'avais besoin de pouvoir exprimer mon amour de cette manière, sinon j'en aurais été malheureuse je pense, et il a pu comprendre (j'espère), que je n'attendais pas en retour qu'il me le dise, ni aujourd'hui ni demain.

J'ai découvert d'ailleurs avec lui, que c'était assez simple pour moi qu'il ne me le dise pas. Je me sentais aimée de mille autres manières, et tellement mieux que d'autres amoureux qui eux, me disaient je t'aime. "Je t'aime" sont des mots, mais ce n'est pas la seule manière de le dire finalement.

Par ailleurs je crois qu'il y a beaucoup de peur, et beaucoup de pression autour du je t'aime, et je trouve ça un peu dommage. Pourquoi est-il si facile de dire "un.e tel.le est canon", et si compliqué de dire ou entendre "je t'aime" ?

Je ne prends pas de précaution particulière pour dire je t'aime. ça sort quand ça sort, et effectivement, les moments de sexualité, ou de tendresse, peuvent parfois le déclencher plus facilement. Pour moi ce n'est pas un souci, car le je t'aime ne vaut que dans l'instant. D'ailleurs je ne suis pas gếnée que des ami.e.s me disent je t'aime en étant ivres : si cela leur permet de se déshiniber, ça me va, je considère que l'alcool ne fait que révéler des parts profondes brimées.

Et si l'autre pense que c'est attendre un "moi aussi", qu'il/elle me le dise :) on en discutera. Mais en général, quand je sens qu'il peut y avoir une gêne, j'envois un lien vers la vidéo de Solange te parle sur le "je t'aime", je crois que ça aide pas mal à dédramatiser.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : [Outil] La charge émotionnelle (ou charge relationnelle)

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Alabama

le jeudi 03 novembre 2022 à 12h41

bidibidibidi

La charge émotionnelle, par contre, elle est basée sur l'être. Il ne suffit pas de faire quelque chose, il faut d'abord et avant tout le sentir, l'anticiper, et savoir être dans le moment. Ce ne sont pas des compétences qu'on peut acquérir simplement, d'ailleurs, je sais même pas comment on peut s'améliorer en empathie, écoute, réponse ou connaissance de soi (peut-être existe-t-il un site pour apprendre à comprendre les signes et à y répondre de manière appropriée, je n'ai jamais croisé ça, je vais voir si ça peut se trouver).

Je me permettrais aussi de signaler que la charge émotionnelle est un terme qui regroupe beaucoup de points différents appelant à des compétences différentes. Connaître et savoir exprimer ses besoins, savoir écouter et réagir de manière appropriée, penser à l'autre et lui témoigner des petites attentions, tous ses points doivent en fait être traités indépendamment car ils demandent des compétences totalement dissociées.

Je trouve ton intervention super intéressante, car à mon avis, représentative des questionnements de plein d'hommes cisgenres (et de certaines personnes pas hommes aussi), qui ont envie d'acquérir ce type de compétences.

Voici quelques pistes qui me viennent, sans avoir forcément pris le temps de beaucoup y réfléchir.

A mon avis, le premier écueil, c'est de se mettre la pression et de culpabiliser. S'en faire une montagne, et se dire d'emblée "qu'on ne pourra pas faire aussi bien" ou que c'est super difficile.
-> la solution de ça, c'est comme pour toute montagne, la découper en morceaux, voir ce qu'on peut faire là tout de suite, pour commmencer. Donc déjà, découper le travail comme tu l'as fait, voir quelles sont les compétences différentes. Il y a des compétences de communication sur l'instant, et il y a les compétences pour faire avancer la relation.

En discuter avec le/la partenaire pour savoir ce qui est le plus important pour elle/lui là tout de suite (pas la peine de multiplier les mots doux si ce que la personne attend c'est d'avoir des discussions de fond par exemple, une chose à la fois).

Ensuite, quand on ne sait pas faire un truc, on demande. Et je pense que c'est un des problèmes masculins d'avoir appris à ne dépendre que de soi et ne pas demander de conseils. Donc une des pistes à explorer, c'est quand on est face à cette "montagne" du travail relationnel qu'on ne sait par quel bout prendre, ben, demander l'avis des ami.e.s, élargir en-dehors de la relation amoureuse où ça bloque, lire sur internet, poser des questions sur un forum comme ici par exemple.

Et, quand un truc n'est pas naturel, ben je pense qu'on peut simplement le "pragmatiser". Genre, prendre rdv avec soi-même, 2h par semaine, ou 20mn par jour ou j'en sais rien quoi, le noter dans l'agenda et se dire : bon là, je prends ce temps pour la relation, je réfléchis à tel ou tel sujet. Se faire une liste de sujets et piocher dedans. Prendre du temps aussi pour se demander comment on se sent, soi, dans la relation. Qu'est-ce qui nous plaît, ne nous plaît pas. L'empathie se construit en étant en lien avec ses propres émotions, donc plus on sait ce qu'on ressent soi-même, et plus on est en mesure d'imaginer ce que l'autre peut ressentir.

Et faire la même chose pour la relation : proposer à la/le/les partenaires, un rdv à intervalles réguliers, et y penser en amont pour voir si on a des sujets qu'on veut aborder, les rdv réguliers avec soi-même auront servi à ça.

Je décris en fait de ce que je fais moi-même, et beaucoup de femmes que je connais, de manière "naturelle" (construite plutôt mais on s'est compris.es je pense) : quand un truc me chiffonne j'y pense, j'y réflechis, je pense à des solutions possibles. Et je fais la même chose avec ce que j'imagine de l'autre : tiens l'autre jour j'ai dit ci ou ça, je me demande si ça a pu le/la blesser, peut-être que je devrais lui demander, etc... moi c'est l'inverse, j'apprends à arrêter de faire ça systématiquement, car c'est trop de boulot, en gros je fais le boulot pour 2 et c'est bon pour personne si je m'épuise.

Il me semble aussi qu'il existe quelques outils, comme les 5 langages de l'amour, qui permettent de "pragmatiser" les gestes d'amour par exemple. Mais c'est vrai que j'aimerais trop trouver un "tuto" sur la charge relationnelle notamment en relation poly, comme ça j'aurais juste à envoyer le lien aux personnes qui en ont besoin XD

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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