Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Dire je t’aime

#
Profil

artichaut

le mercredi 22 janvier 2020 à 19h16

…entendu au dernier café poly de Rennes :

Dire « Je t'aime » n'est pas une promesse, c'est une caresse.

#
Profil

Caoline

le mercredi 22 janvier 2020 à 19h39

artichaut
…entendu au dernier café poly de Rennes :

<3

#
Profil

Mark

le mercredi 22 janvier 2020 à 23h11

Merci pour le partage @artichaut, j'aime beaucoup.

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 23 janvier 2020 à 07h35

artichaut
…entendu au dernier café poly de Rennes :

Dire « Je t'aime » n'est pas une promesse, c'est une caresse.

Je vais être un peu pisse-froid, désolé... Mais cette métaphore peut dans ce cas être poussée jusqu'au consentement.
Et, encore plus pisse-froid : ça peut être compris comme une caresse qu'on se fait à soi-même, si on pense que ça ne parle que de nous et que ça ne demande rien à l'autre.

Ya rien de mal, mais si c'est pas une promesse (je dirais : pas toujours, pas toujours une question non plus, mais c'est pas des sens qu'on peut écarter totalement), ça reste une parole qui qualifie le lien, donc on a besoin de ce que fait l'autre avec.
Et ça peut être très beau. Ça l'est souvent. Ça ne l'est juste pas "par définition".

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

#
Profil

artichaut

le jeudi 23 janvier 2020 à 08h50

Siestacorta
Je vais être un peu pisse-froid, désolé...

Je vois pas très bien où tu veux en venir…
Peut-être tu peux expliquer+ ?

Le « Je t'aime » est à mon sens trop souvent pris comme une promesse « …et je t'aimerais toute la vie » ou au moins «  longtemps », alors que pourtant il est conjugué au présent pas au futur.
Et il attend son incontournable —pour ne pas dire obligatoire— « moi aussi ».

Dans « Je t'aime » comme dans une caresse il y a une adresse. C'est pas juste soi avec soi. C'est soi avec l'autre. Je t'offre une caresse… et tu as le choix de la recevoir ou non. Là il y a la question du consentement, oui = ne pas imposer nos « Je t'aime » à qui ne voudrais pas les recevoir, c'est important. Mais en revanche, il n'y a pas nécessité de quelque chose en retour. C'est un cadeau que l'on fait (de partager son émotion, son ressentis). Dire est un cadeau.
C'est comme écrire une lettre. Envoyer une lettre est un cadeau adressé (de soi à l'autre) et ne devrais exiger aucune réponse en retour, en tout cas n'avoir aucune exigence de retour.

Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire par "on a besoin de ce que fait l'autre avec".
Ou de ce que j'en comprends, je ne suis pas sûr d'en avoir besoin.
Après c'est sûr que si mes caresses ne sont pas agréables pour l'autre, je ne vais pas continuer à les donner.
Et c'est sûr aussi que j'ai parfois, moi-aussi, besoin de caresses. Mais pas forcément donnée par la même personne que celle à qui j'en ai donné, ni forcément au même moment.

« Je t'aime » est un chaudouxdoux.

La question c'est peut-être comment on gère notre stock de chaudoudoux en pays froid-piquants (j'ai faillit dire froid-pissant) ?
Peut-être c'est ça qui te dérange ? Vouloir donner des chaudoudoux sans voir qu'on vit dans un monde de froid-piquants ?

En tout cas moi je t'aime @Siestacorta (enfin si tu acceptes de recevoir ma caresse) et j'aime tes interventions sur ce forum (même quand tu pisse froid les matins d'hiver !).
Et vraiment je n'attends rien en retour.

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 23 janvier 2020 à 11h35

artichaut

Le «  Je t'aime » est à mon sens trop souvent pris comme une promesse «  …et je t'aimerais toute la vie » ou au moins «   longtemps », alors que pourtant il est conjugué au présent pas au futur.
Et il attend son incontournable —pour ne pas dire obligatoire— «  moi aussi ».

Je comprend bien la partie "n'est pas une promesse", ou pas censé signifier l'attente d'une réciproque, alors qu'en pratique...

artichaut


Dans «  Je t'aime » comme dans une caresse il y a une adresse. C'est pas juste soi avec soi. C'est soi avec l'autre. Je t'offre une caresse… et tu as le choix de la recevoir ou non.

C'est là où je crois que la perception comme caresse facilite moins la déclaration que ça n'en a l'air. Se dire qu'on caresse c’est aussi se dire que ce n'est que gentil, que bon, que bonne intention.
Encore une fois : c'est souvent le cas.
Mais en fait, c'est aussi déterminé par notre culture amoureuse que l'aspect promesse. Et sans un rapport de confiance et de consentement entre les gens concernés par cette parole (rapport qui suppose notamment qu'à ce moment-là, chacun sait bien ce que "aimer" dit), alors l'aspect caresse ne cache pas moins de rapport de force que l'aspect promesse.

Artichaut
Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire par "on a besoin de ce que fait l'autre avec".

Je veux dire que le côté "unilatéral" d'un je t'aime, même chargé de bonnes intention, me semble faux. Il y a le sens de celui qui le dit et celui de celui qui l'entend. C'est pour ça que je parle de consentement : on se pose la question, au moins on se l'est posée dans l'histoire de la relation - et on la laisse ouverte - de comprendre que le moment d'un je t'aime n'est pas forcément le moment pour que l'autre l'entende. Et c'est nettement moins évident que c'en a l'air.

Après, je crois qu'on peut diffuser de l'amour de plein de façons pour que celle-ci ait un sens et une pertinence et une fertilité et une ouverture chaudoudesque... Mais en l'état, sans contexte, c'est trop chargé.

Et puis, ce passage-là de la chanson de Dominique A. me semble aussi bien parler du doute sur le côté "gratuit" de l'amour.

"Qui connaît les portes que l'on ouvre ?
Qui sait les espoirs qu'on réveille ?
Par incident dans le sommeil
À l'endroit où quelqu'un se trouve."

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

#
Profil

Mark

le jeudi 23 janvier 2020 à 12h13

Siestacorta
Je veux dire que le côté "unilatéral" d'un je t'aime, même chargé de bonnes intention, me semble faux. Il y a le sens de celui qui le dit et celui de celui qui l'entend.

Je comprends ton ressenti. Il y a l'intention et la perception dans la portée du mot. En pratique, je me demande combien de personnes se sentent "obligé.es" dans le sens injonction/habitude/attente de réciprocité/ de répondre par un "moi aussi".
Je ne l'utilise pas pour entendre une confirmation en retour.

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 23 janvier 2020 à 12h25

Mark
Je comprends ton ressenti. Il y a l'intention et la perception dans la portée du mot. En pratique, je me demande combien de personnes se sentent "obligé.es" dans le sens injonction/habitude/attente de réciprocité/ de répondre par un "moi aussi".
Je ne l'utilise pas pour entendre une confirmation en retour.

Oui mais même au-delà de comprendre s'il y attente ou non (plutôt que de décréter qu'il n'y en aura pas, jamais, ce qui me semble pas souple ni pragmatique : ça détermine le sens de ce que je suis prêt à entendre de l'autre... alors qu'il a peut-être besoin de la "promesse"), il y a aussi savoir si le seul ressenti au moment de l'émission ne peut qu'être bon (plaisir) ou neutre (bienveillance). Même sans écho, juste : si on "me caresse" et qu'on me demande pas de "caresse" en échange, je peux apprécier ça, m'en foutre, ou carrément me dire "ben oui mais cette émotion-là, elle est peut-être assez chargée que même sans être censé de répondre, je me sente quand même pris dans un contexte où je ne suis pas forcément", et selon mon contexte (si on est en relation, si je suis pas totalement sur autre chose, si je me sens ouvert aux émotions - mêmes positives - qu'on m'exprime...), pas nécessairement consentant, donc .

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

#
Profil

Caoline

le jeudi 23 janvier 2020 à 12h48

N'est-ce pas le cas pour tout ce qu'on fait ou dit ?
Il me semble que la seule solution c’est rester à l'écoute de l'autre, pas seulement des mots, les réactions corporelles, le regard..., ne pas hésiter à préciser, être prêt à expliciter, échanger sur le ressenti.
J'explique par exemple que je n'aime ni dire ni entendre "moi aussi" par exemple. et quand ielles le font quand même je sais que c'est que l'envie est trop forte c’est souvent accompagné de superlatifs et d'autres mots d'ailleurs quand c’est le cas.
Je reçois les "je t'aime" ou "je vous aime" le plus couvent actuellement comme des cadeaux et l'idée que ce soit des caresses m'a vraiment parlé car souvent ça me donne des frissons comme une légère caresse dans le dos.

#

(compte clôturé)

le jeudi 23 janvier 2020 à 12h58

J'adore cette image du : je t'aime = caresse. Je trouve que c'est une très belle image, pareil, cela amené un frisson, comme une peau effleurée.
Le moi aussi ne me pose pas de soucis, souvent je dis aussi. Moi aussi, je t'aime très fort. Besoin d'utiliser ce superlatif imaginé pour exprimer ce surplus d'émotions.

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 23 janvier 2020 à 13h53

Caoline
N'est-ce pas le cas pour tout ce qu'on fait ou dit ?

Si, mais l'Hamour étant extrêmement valorisé, il est facile de se l'imaginer tellement bioutifoul que l'expression des sentiments en serait sacralisée. C'est de l'Hamour, donc c'st bon, donc t'es content qu'on te dise je t'aime.
Par ailleurs, même quand on s'en fait pas des montagnes, ça reste plus investi que "j'aime le chocolat". L'intensité comme ce qu'elle demande en supplément d'attention tient probablement au " t' " dans "je t'aime".

#
Profil

Caoline

le jeudi 23 janvier 2020 à 14h01

Perso je n'hésite pas à dire si ça me met mal à l'aise et à demander d'expliquer ce que ça signifie si j'ai des doutes. Et je ne m'offusquerai pas qu'on me dise que c'est mal venu. Mais je ne me vois pas demander si je peux le dire car de toute façon si je demande c’est que c’est déjà le cas donc si ça pose souci, c'est déjà le cas.

#
Profil

paulinegalarneau

le jeudi 23 janvier 2020 à 14h31

Aiemama
Avez-vous déjà dit je t’aime un peu trop rapidement ?
Qu’est-ce que cette phrase signifie vraiment pour vous ? Est-ce aisé de le dire ?
Personnellement quand je fais l’amour avec quelqu’un je peux le dire en le pensant vraiment, car dans le moment présent cette phrase prend tout son sens pour moi. Je sais que pour d’autres ça ne veut pas dire grand-chose... quand pensez-vous chers amis ?

Personnellement j'essaie de ne jamais dire ça à la légère.

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 23 janvier 2020 à 16h18

Pour moi ça supporte la légèreté, paradoxalement !
Enfin, pas forcément les premières fois dans une relation amoureuse, j'ai du mal à écarter l'enjeu - sans me censurer pour autant. Mais je crois qu'en le disant, avant, après, on en parle un peu, on se raconte comment on "aime", quand on le dit. Pas la peine de se torturer... C'est juste le considérer comme facile qui me semble... Ben contraire à tout ce qu'on a comme expérience sur la "facilité" des relations amoureuses, quoi.

Oui, ça peut se passer bien, on l'espère, ça arrive.
Ca peut s'entendre simplement.
Mais c'est une émotion ? Un sentiment ? Un moment ? Une déclaration ? Une question ? Une caresse ? Une prophétie auto-réalisée ? Un refrain ? Un truc qu'a tellement de sens que ça répond même à "passe-moi le pain" ?
On peut faire semblant que c'est pas important, ou que du bon, du doux. Ben... on est (au moins) deux être humain à en parler, donc je crois que cette harmonie possible dépend surtout de ces personnes, pas seulement du mot.

#
Profil

Caoline

le jeudi 23 janvier 2020 à 22h03

Siestacorta
Mais je crois qu'en le disant, avant, après, on en parle un peu, on se raconte comment on "aime", quand on le dit.

Oui c'est exactement ça. Avec mon amoureux récent, l'autre ça fait 29 ans, je ne me souviens plus trop, on s'est avoué avec difficulté que nous avions éprouvé très vite des sentiments amoureux l'un pour l'autre en s'expliquant "pourquoi et comment", avant de se dire "je t'aime"

#
Profil

Aiemama

le samedi 25 janvier 2020 à 08h24

Je reprends pas tous les posts, que j’ai lu avec grand plaisir. J’ai fait l’amour hier pour la 1ère fois avec un nouveau chéri, c’est très intense entre nous, il est hypersensible comme moi. Pendant l’acte il m’a dit «  je te kiffe » j’ai adoré, d’autant que nous sommes des quarantenaires (jeunes cependant :)). Peut-être que je suis un peu mièvre d’aimer prononcer ces mots-là moi aussi, peut-être que parfois c’est dit trop vite ect ect... mais quoiqu’il en soit je les pense toujours dans l’instant, c’est une façon de vivre le moment présent encore plus fort. D’ailleurs vous qui lisez ces mots «   je vous kiffe » All is full of love...

#
Profil

Mark

le samedi 25 janvier 2020 à 09h43

@Aiemama

très chouette de lire ton post ;-)
Parfois, les mots viennent sublimer les gestes, le moment..

Bon ouik'

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion