Participation aux discussions
Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?
Alabama
le samedi 11 janvier 2025 à 18h09
artichaut
Quant à moi je l'ai vécue, mais j'aime pas trop ça. Enfin, j'ai aimé ça sur le moment, les permières fois. C'est même Whaouuu. Mais avec le temps ça me laisse un goût amer, et ça ne me donne pas envie d'y retoucher.
J'ai un peu le même vécu.
J'ai aimé ça les premières fois. J'aime encore toujours un peu ça, le tout début où une personne me plaît et où je sens une connexion particulière. Mais je n'aime plus quand c'est une idéalisation de l'autre, un manque permanent. Ça a pu m'empêcher de vivre ma vie, ça a pu me mettre en galère car je n'arrivais plus à honorer mes engagements, etc...
Je crois que je ne vis plus de NRE "violente" comme j'ai pu en vivre avant. Je vis cependant quand même le sentiment amoureux. Mais c'est plus une clarté un peu plus vive, qu'un feu d'artifice qui brûle tout. Cela ne me détourne plus de ce que je fais, de ce qui est important pour moi. Et j'ai l'espoir de ne plus revivre ce type de "tombées en amour" que j'ai connues par le passé.
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
Alabama
le samedi 11 janvier 2025 à 17h49
MPB
Mais du coup, je formulerais presque ça autrement : je ne sais pas s'il s'agit de revaloriser l'amitié, ou de carrément désacraliser l'idée du couple et de ses privilèges.
Je pense que me concernant, je n'ai jamais sacralisé l'idée du couple. L'amitié a toujours été très importante, et j'ai plutôt souffert du fait que mes amies plaçaient le couple au-dessus de l'amitié : j'ai plusieurs fois perdu de vue des amies une fois qu'elles se mettaient en couple.
Mais je pense qu'effectivement, valoriser l'amitié passe peut-être d'abord par démettre le couple de son piédestal.
artichaut
Et ce qu'on fait éventuellement de nos sexes ne regardent que nous. Ce n'est plus un sujet.
Le sujet c'est ce qu'on fait de nos vies affectives. De nos affects. De nos vies au sens large.
Quelque chose me gêne là-dedans. Je ne sais pas quoi exactement. Peut-être parce que ça fait comme si partager du sexe ne changeait rien, comme si il était possible de s'extraire de la culture qui nous entoure, qui en fait à la fois un tabou et un échange d'intimité particulier, sans parler même des violences de genre qui sont particulièrement présentes dans la sexualité et qui la rendent tout sauf banale. La phrase "l'intime est politique" me vient, dans le sens que peut-être que non, ce que vous faites de vos sexes ne regardent pas tout à fait que vous.
Ça me donne l'impression que tu dis "nous sommes au-delà de tout ça". Et de la même manière que je ne crois pas qu'on puisse être au-delà du genre dans une société genrée, on ne peut pas vraiment être au-delà des définitions du couple amoureux et de l'amitié dans une société qui les sépare et les hiérarchise. Alors, peut-être que ce n'est pas tout à fait ça que tu dis, et que j'interprète. Mais en tous cas j'aime bien être vigilante, dans le chemin de déconstruction, à comment les normes nous agissent même quand on essaie de les dépasser.
artichaut
Mais ces temps-ci j'en ai marre de tuer le Goliath, marre de tout définir en négatif (la non-exclusivité, la non-monogamie, le non-capitalisme).J'ai envie d'inventer, de réinventer, d'autres possibles désirables… positivement
et accesibles tout de suite, ici et maintenant (sans attendre ni grand soir, ni paradis)
et qui ne soient pas accesible qu'à une élite, un milieu élististe de personnes capables de se déconstruire.
Alors j'ai envie de me ré-emparer de mots simples et que tout le monde connaît, et de décaler un peu, d'élargir (comme nos zones de confort) son champ d'application.
Ça me parle aussi. Ce n'est pas facile de définir les choses en positif car finalement, on essaie de défaire certains automatismes, et on se retrouve forcément à utiliser comme base ces automatismes, pour créer autre chose.
Pour ma part, je n'ai pas toujours vécu de l'amitié dans mes relations amoureuses. J'y ai réfléchi en relisant les messages de cette discussion. Je me suis demandé est-ce que d'une certaine façon je ne m'étais pas "trompée" en ayant des relations amoureuses avec des personnes que je n'aurais pas vraiment accepté comme amis.
Et ce qui m'est venu, c'est que la relation amoureuse, à la différence de mes amitiés, m'a permis de voir le monde à travers les yeux de personnes qui avaient peu de choses en commun avec moi, voire même des valeurs pas du tout raccord avec les miennes. On dit souvent que pour qu'une relation amoureuse "fonctionne", il faut des valeurs en commun. Et souvent, l'amitié se base sur ces valeurs communes. Si on omet l'idée de "fonctionner" mais qu'on parle simplement d'expérience, de vivre ce qu'il y a à vivre, alors l'amour amoureux m'a ouvert l'esprit, m'a amenée à me questionner sur des sujets que je n'aurais peut-être pas abordés sinon, ou en tous cas pas du tout de la même manière.
L'amitié est le lieu pour moi souvent, de la sécurité, du bien-être, du confort, de la confrontation parfois, de l'intimité, de la profondeur et du non-jugement.
C'est super chouette, et à la fois, l'amitié est rarement venue percuter mes habitudes ou mes évidences comme l'a fait l'amour amoureux. Je ne suis peut-être pas sur le bon fil pour parler de ça je ne sais pas trop, mais j'avais envie quand même de le mettre là car c'est en réfléchissant à l'amitié que j'y ai pensé.
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 21h53
MPB
Merci à vous pour vos réponses !
C'est drôle, sur le papier certains concepts me parlent énormément, et pourtant je sens que sur le principe je bloque. Je pense notamment au fait de se dire "cette histoire commence mais elle finira à un moment" : pour moi, en ce qui me concerne, je trouve ça dur d'avoir cette vision des choses. J'ai presque envie de me dire "bon ben autant ne pas y aller, vu qu'il va y avoir de la souffrance". Disons qu'après coup, je me retrouve souvent à me dire "potentiellement je vais rerencontrer des gens, me montrer vulnérable, les voir vulnérables, on va faire des projets, et ça va finir, donc autant ne plus relationner". Mais en effet, qu'est ce que j'attends alors ? Une relation qui ne terminerait jamais ? Avant oui, c'est sûr. Aujourd'hui je ne sais pas. Je pense être consciente qu'elles finissent toutes un jour, quel qu'en soit le mode. Ou alors elles se transforment.
Dans le fait de se terminer, il y a aussi tout simplement la mort.
Et une relation qui se termine par la mort d'un des deux, c'est potentiellement bien plus dur à vivre qu'une rupture décidée par l'un ou par l'autre. Parce que pour le coup, ça ne s'arrête pas forcément sur un conflit, tout se passe bien dans la relation et bim... ça s'arrête, et l'autre n'est plus, plus de discussion possible, d'accords possibles, etc...
De voir les choses comme ça, ça m'avait fait un electrochoc. Je n'ai plus jamais considéré que la chose la plus désirable au monde c'était qu'une relation se termine à la mort d'une des personnes, car finalement pour moi, ce sera un deuil vraiment dur à faire, ce "plus jamais". Toutes mes ruptures, amicales ou amoureuses, qui ne se sont pas terminées par la mort des personnes ou de moi-même, me laissent l'espoir de renouer un jour, que le dialogue puisse nous permettre de nous rencontrer à nouveau.
Par ailleurs, sans parler de rupture, il y a plein de choses qui se terminent dans une relation, même quand elle dure. Les modalités changent, parce que les circonstances, les choix de vie changent. J'avais une amie très proche, avec qui j'habitais, et ne pas la voir pendant une semaine c'était déjà beaucoup. Et puis un jour elle est partie, elle a déménagé loin et aujourd'hui nous avons une relation à distance qui n'a plus rien à voir.
A un moment de la relation actuelle avec mon amoureux, on se mettait de côté des vidéos insta qu'on avait envie de se montrer quand on se voyait, c'était une sorte de moment de partage et de retrouvailles. Et puis on a arrêté de faire ça.
J'avais avec un ami (présent sur ce forum hahaha) avec qui on se voyait toutes les semaines pour cuisiner. Et puis au bout d'un an et quelque, on ne l'a plus fait, et aujourd'hui ça n'existe plus.
Il y aurait des milliers d'exemples comme ça. Ce sont déjà des "micro-ruptures" d'une certaines façon. Notre vie est faite de toutes ces ruptures. Faut-il en être nostalgiques ? Avant je l'étais. Aujourd'hui, j'apprends de plus en plus à accepter que rien ne dure, tout se transforme. Et ça ne veut pas dire qu'il y a "moins", car si certaines choses s'arrêtent, d'autres commencent, et ainsi de suite.
Concernant les niveaux d'engagement, je crois sincèrement qu'on ne peut changer que dans l'amour et l'acceptation. L'amour et l'acceptation qu'on se donne à soi-même en premier : accepter que oui, tu as ces besoins, des attentes, cette manière de te lancer dans les relations. Et c'est ok, rien ni personne n'a a décider pour toi si c'est trop ou pas assez.
Ensuite, l'amour et l'acceptation de personnes chères, et notamment des personnes avec qui tu vis ces niveaux d'engagement. Si ces personnes te renvoient que "c'est trop", que "c'est pas normal" ou que tu n'es pas assez détachée, pas assez "autonome" ou je ne sais quoi, ce n'est pas toi qui as un problème. Elles n'ont pas forcément de "problème" non plus, mais la base, c'est qu'elles puissent entendre tes besoins sans les juger, et chercher à les comprendre. Et la même chose à l'inverse de ton côté : être curieuse de ce que vit l'autre.
Ceci étant, je pense qu'avec les hommes quand on est une femme, c'est souvent compliqué d'avoir une forme de réciprocité dans ce soin/écoute de l'autre. Les hommes se construisent en se coupant d'eux-mêmes et de leurs besoins, en érigeant l'auto-suffisance comme but ultime et ils ont donc souvent du mal à entendre les besoins de l'autre et en prendre soin (je ne dis pas répondre positivement à toutes les demandes, mais bien "entendre", "accepter" et faire leur part de recherche de solutions). Cette acceptation réciproque des besoins de l'autre, demande un minimum (voire beaucoup) d'introspection de part et d'autre.
Plus tu vas nourrir la relation avec toi-même et avec ton entourage non-amoureux, et plus tu seras en capacité dans la relation amoureuse de t'occuper de toi-même. Et s'occuper de soi-même passe par élargir son cercle et ne pas tout attendre d'un·e amoureux·se, mais ça passe aussi par ne pas s'excuser d'avoir des besoins ou des attentes vis-à-vis de l'autre. Quand on ne s'excuse plus, on arrête de vouloir ce qui n'est pas possible.
Discussion : Script romantique et NRE
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 21h29
Je crois que ce qui est difficile, quand on veut réinventer les relations, qu'elles soient amoureuses, sexuelles, amicales ou un mélange de tout ça, c'est de trouver l'équilibre juste entre ce qui est vécu authentiquement et qui peut être relié à une certaine norme (le manque amoureux), et la déconstruction.
Pour moi, l'effort que je fais, c'est d'essayer, lorsque j'ai un élan typiquement amoureux, ou que mes élans sont démesurément nombreux envers mon amoureux, d'observer ces élans, et de voir si je peux les rediriger vers d'autres personnes de mon entourage. Pas en me forçant, par une nouvelle norme politiquement correcte, mais simplement élargissant mon regard. Car ces élans-là, je peux tout à fait les ressentir pour d'autres personnes qu'un amoureux si je pense à des amies chères. Cela me demande par contre un effort de conscientisation, car la culture dans laquelle on baigne ne nous formate pas à cela, et je n'ai donc pas le réflexe de le faire, contrairement à la "monogamie-réflexe" dont j'avais parlé dans un autre post. Concrètement, si j'ai envie d'écrire une lettre pour la 3ème fois en 15 jours à l'amoureux, je me pose 5mn, et je jauge mentalement "et si j'écrivais une lettre à un·e telle ? ou à un·e telle ?" et je vois si l'élan est là. La plupart du temps, il est bien là aussi pour d'autres personnes mais je n'y pense juste pas !!!
Ma ligne n'est donc pas de "retirer" quelque chose, mais plutôt de "rediriger", ou de voir si une redirection est possible, ou de multiplier. Parfois oui, mais parfois non : si j'ai un élan vraiment spécifique envers mon amoureux, je ne vais certainement pas m'en priver juste parce que ça serait trop normé. Je ne me prive pas de lui dire qu'il me manque ou va me manquer si je le ressens, car je n'aime pas l'idée de taire ou mettre sous le tapis par conformité "politique". L'élan est là et je n'ai pas envie de l'écraser (il ressortirait d'une autre manière de toutes façons, et l'étouffer me rendrait malheureuse).
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : [Lexique] Monogamie(s) — définition(s) —
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 21h14
Des éléments de monogamie:
- limiter la possibilité pour l'autre d'avoir une seule relation amoureuse en même temps
- vivre en couple, surtout hétéro
- faire toutes les choses importantes avec ses amoureux/conjointe/mari/concubine (vivre ensemble, faire des enfants, partir en voyage, se promettre du soutien, se rendre des comptes)
- réserver la tendresse physique aux relations sexo-affectives
- réserver le sexe aux relations amoureuses
- faire passer les relations sans sexe/sans sentiment amoureux après les relations amoureuses et sexuelles au quotidien (à choisir entre sortir avec un·e amoureux·se ou un·e ami·e choisir l'amoureux·se quasi systématiquement)
- considérer qu'on a moins de devoirs vis-à-vis des ami·e·s
- présenter ses amoureux·se·s aux parents/famille de manière particulière
- compter le temps qui passe dans une relation amoureuse (en mois, en années, etc...)
- avoir des attentes plus fortes vis-à-vis des amoureux·se·s que vis-à-vis des autres relations
Discussion : Filmographie thématique : Films sur l'amitié
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 21h06
Je dirais "La vie rêvée des anges", que j'avais adoré à l'époque où c'est sorti, je ne sais pas ce que j'en penserais aujourd'hui.
Western de Manuel Poirier, et globalement dans ses films l'amitié est assez présente je trouve, je pense à "... à la campagne", mais c'est tellement lointain que je ne sais pas à quel point l'amitié est centrale, en tous cas elle est très présente dans l'ambiance il me semble, c'est ce que j'avais aimé dans ses films.
"Divines" aussi, même s'il y a une histoire d'amour, il y a une belle histoire d'amitié entre deux jeune filles. Le film finit mal. On dirait un peu du Tarantino version meufs de cité.
"Naissance des pieuvres", pareil, même si le sentiment amoureux est pas mal le sujet du film, l'amitié entre les deux ados héroïnes est bien présente. Ce film parle de la difficulté de se construire en tant que jeune fille dans un monde patriarcal (agression sexuelle du coach envers "la jolie fille" de l'équipe de natation, relations compliquées avec les garçons, sentiment amoureux lesbien, etc.
Discussion : [Lexique] Amitié — définition(s) —
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 20h44
Dans l'amitié je fais des différences.
Dans tous les cas, je dirais qu'il n'y a pas le combo "sentiment amoureux/sexe". Mais il peut y avoir l'un des deux.
J'ai une amie très proche dont je suis parfois amoureuse, pour qui j'ai parfois du désir physique (je ne dis pas "sexuel", car c'est compliqué pour moi d'avoir du désir sexuel pur pour une personne, à fortiori une femme pour des raisons de consentement, avec qui j'ai une amitié et avec qui il n'y a jamais rien eu de sexuel encore).
Je ne donne pas le nom "ami·e" à toutes les personnes avec qui j'ai de l'amitié au sens commun.
J'utilise le nom "copain/pote/copine" pour les personnes que j'apprécie de côtoyer mais avec qui je ne sens pas vraiment d'attachement réciproque. C'est difficile à définir car je n'ai pas vraiment d'élément matériel pour illustrer, c'est surtout un ressenti.
Ainsi, j'ai peu d'ami·e·s, et beaucoup sont à distance. J'apprends à apprécier aussi les "copains/copines", ou les soirées où on discute de choses et d'autres sans intensité particulière, ce qui ne m'était pas familier avant. Je dirais que dans mon cas, c'est une manière de déconstruire "l'intensité", on peut dire que j'avais surtout des amitiés "monogames". Elles étaient compersives et non-exclusives, mais plutôt intenses. Aujourd'hui, je me dis que ça rejointe une forme de réflexion sur la non-monogamie que d'élargir la palette des relations possibles.
Discussion : [Lexique] non-monogamies — définition(s) —
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 20h03
Je crois que le sujet est très très vaste.
Je vais proposer ma manière de vivre la non-monogamie.
Pour moi, c'est une manière de vivre ma vie en nourrissant de nombreux liens forts et profonds, sans propulser tout en haut de la hiérarchie la/les relations où je ressens du sentiment amoureux/désir sexuel.
C'est une manière aussi d'élargir les possibles, en-dehors d'une norme où l'on décide de vivre avec la personne dont on est amoureux·se et avec qui on veut faire des enfants, et d'envisager de vivre toutes les choses les plus importantes avec cette personne. Je ne me mets pas de barrières à ce niveau. Je suis ok de m'engager à certaines choses en "amitié" que beaucoup de gens réservent au couple (ex: prévenir de mes dates de vacances, échanger des nouvelles régulièrement, discuter des modalités de relation...)
Discussion : [Livre] Élaboration d'une Bibliographie sur l'amitié
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 19h58
Subtil béton, livre collectif
Science-fiction, les liens amicaux sont très présents, ainsi que des manières de vivre les relations amoureuses et familiales différentes de la norme.
Discussion : Script romantique et NRE
Alabama
le mardi 31 décembre 2024 à 17h07
@crest : il faudrait plus d'éléments concrets. Que signifie l'institutionnalisation pour toi ? Est-ce qu'on parle des codes sociaux type : habiter ensemble/acheter une maison/passer tout son temps libre ensemble/faire des enfants etc ? Ou est-ce que tu inclues, de manière plus générale, tout ce qui devient des règles, comme il peut y en avoir en polyamour comme : tel truc est ok et pas tel autre ?
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le mardi 31 décembre 2024 à 15h19
Bon du coup, je suis partir lire sur ces 5 angoisses existentielles (je préfère à contraintes).
https://shs.cairn.info/revue-gestalt-2003-1-page-4...
Vincent Béja
En tant que thérapeute en particulier il me paraît qu’il vaut mieux travailler à permettre le lien, à le rechercher et à l’entretenir quand il est défaillant que de mesurer la maturité du client à son degré d’acceptation de sa solitude.
Il critique dans son texte cette histoires d'angoisses existentielles. Ce qui ne m'arrange pas puisque je ne connais pas bien ce que ça implique, en terme de vision de l'humain, ces 5 angoisses. Donc commencer par la critique du concept sans maîtriser le concept, pas ultra pratique.
Mais du coup, ce que je trouve intéressant dans cet extrait, c'est qu'il considère que la réponse à l'angoisse existentielle, notamment de solitude, ce n'est pas de bien vivre la solitude, mais de mieux s'entourer. Donc, en cas de deuil, par exemple une rupture, ou même des micro-ruptures pas si simples à vivre, le mieux c'est encore de diversifier l'entourage, pour avoir du soutien dans les moments difficiles. Ce qui rejoint le concept de "polyamour" selon la définition que j'en ai.
Je trouve que ça a ses limites cependant, et que faire face à l'angoisse, la traverser, avec de l'aide thérapeutique si elle est vraiment trop intense, c'est selon moi ce qui permet de ne pas la subir, et qu'elle n'envahisse pas chaque instant.
Et peut-être que dans un sens, les micro-ruptures peuvent aider à ça : si je m'impose de ne pas dormir avec un amoureux, même si on est dans la même maison, je vais me retrouver face à moi-même, face à un peu d'angoisse peut-être, et l'absence homéopathique de l'autre me permettra de l'observer et de trouver d'autres moyens d'y répondre que par la présence de l'amoureux. Ce n'est pas ce que j'ai compris en lisant ton texte sur les micro-ruptures mais peut-être que c'est aussi de ça dont tu parles ?
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le mardi 31 décembre 2024 à 14h41
Oui désolée j'ai pas explicité, mais c'est bien ça.
Liberté va avec responsabilité, dans ce que j'ai lu, ce qui me plaît bien car je ne concevais pas comment on pouvait parler de liberté sans responsabilité.
devoir se protéger, dans quel but ? ne pas mourir non ? du coup pour moi ça rejoint la finitude. Ou solitude selon de quoi on parle.
se reproduire aussi.
Mais c'est vrai qu'on pourrait en débattre. Je n'ai pas encore beaucoup lu sur le sujet mais ces 5 contraintes me parlent, en terme de comment on mène sa vie, quels choix existentiels on fait, etc.
J'y vois des questionnements philosophiques, voire éthiques, tandis que dans se nourrir, se se soigner, j'y vois plus des contraintes matérielles. Relationner aux autres pourrait entrer dans "solitude" : quels choix faisons-nous autour de cette notion de solitude.
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le mardi 31 décembre 2024 à 13h46
Bon je n'ai pas vécu beaucoup de morts de personnes proches dans ma vie, donc je ne vais pas pouvoir tenir la comparaison longtemps.
@artichaut :
Je ne te rejoins pas sur le fait qu'anticiper la rupture la rendrait moins douloureuse. Je pense cependant comme toi que c'est important d'être au clair avec le fait que tout se termine un jour. Absolument tout. Mais c'est une des choses les plus difficiles à "avaler" pour beaucoup d'êtres humains, ça fait partie des 5 contraintes existentielles (la finitude).
Je pense qu'accepter la fin, c'est accepter de se lancer en sachant que l'on souffrira, en acceptant de souffrir, en acceptant l'idée de traverser la tristesse, la colère, etc...
Toi-même tu dis qu'on peut se déshabituer, se déblinder. Donc ça ne va pas forcément dans le sens d'avoir moins mal, mais plutôt d'accepter ce qui se passe.
Moi-même, ma rupture la plus difficile est venue après 5 ou 6 autres ruptures, qui n'avaient pas été particulièrement difficiles à vivre. Je sais pourquoi elle a été particulièrement rude : un côté addictif, le fait d'avoir partagé beaucoup de vulnérabilité de part et d'autre, le fait d'avoir été quittée et non d'avoir quitté (tiens je ne l'ai pas mis dans les éléments qui peuvent jouer mais je le rajouterais bien), les raisons de la rupture.
Ton concept de micro-rupture, je trouve ça chouette sur le papier, et je trouve ça intéressant d'y réfléchir, d'expérimenter quand ça peut se présenter. Mais honnêtement, il m'arrive encore parfois de pleurer juste parce que mon amoureux rentre chez lui (et on va se revoir pas très longtemps après). En l'écrivant ici, j'ai presque honte tellement ça me semble démesuré. Mais j'accepte ça, j'accepte que bah oui, parfois simplement se quitter, le moment de se dire au revoir, est difficile. Pour autant je peux vivre ma vie, c'est juste un moment. Mais le moment de la séparation est parfois, pas toujours, triste et un peu douloureux. Je ne me l'explique pas, et je ne cherche pas à diminuer cette douleur. Je l'accueille, je pleure et après ça va mieux. Et ce n'est pas à chaque fois, c'est parfois. Je ne peux pas l'anticiper et je m'en fous de l'anticiper. Et je ne me suis pas habituée, puisqu'on se quitte à peu près 2 ou 3 fois par mois, et donc 30 ou 40 fois par an. C'est juste que parfois la charge émotionnelle est plus forte pour x ou y raison.
ça me le fait, dans une moindre mesure, avec les amies proches. Ou quand il y a du monde à la maison, que c'est chouette, et que d'un coup tout le monde part. C'est parfois dur. Et je doute que multiplier volontairement ces moments les rendent plus faciles.
Après, oui si on parle de rupture qui nous emmène dans des tréfonds insondables, il y a lieu de vouloir moins souffrir, mais je ne sais pas si les micro-ruptures peuvent aider à ça, il me semble que ça parle de choses plus profondes, et que ça demande un accompagnement psy.
Discussion : Script romantique et NRE
Alabama
le mardi 31 décembre 2024 à 13h22
@Balthazar1
Oui, je suis d'accord avec toi. Je fais la différence entre NRE et relation amoureuse. Je crois qu'on peut être amoureux.e sans NRE.
Je ne jette pas le sentiment amoureux aux orties. Je l'apprécie et la relation amoureuse m'apporte beaucoup. Mais elle m'apporte plus je dirais, depuis que j'ai lâché l'idéal passionnel. Après bon, je ne prétends pas me défaire de la partie addictive du sentiment amoureux, car je pense que ce sont deux expressions pour dire la même chose :D
Je pense simplement qu'on peut apprécier les débuts de quelque chose, sans pour autant y mettre tellement de soi qu'il n'existe plus rien d'autre.
Par exemple, j'adore ce moment où je me rends pour la première fois à une activité, ou le premier jour d'une formation dont le sujet me passionne. Il y a un peu d'anxiété, les fameux "papillons dans le ventre", c'est une anxiété positive, une anxiété joyeuse. Je ne connais pas encore les gens, j'espère y rencontrer de chouettes personnes, y vivre de belles expériences, apprendre des choses passionnantes.
Est-ce que pour autant ça m'empêche de faire ou de penser à autre chose pendant 3 mois ? Au point d'oublier tout le reste dans ma vie ? Non. Est-ce qu'on trouverait ça normal et beau que quelqu'un de notre entourage soit complètement obnubilé par une nouveauté de sa vie au point de négliger conjoint.e, enfants, ami.e.s, travail ? Non. Quand ça arrive on trouve que y a un truc qui cloche. Ben pour moi la NRE, telle que je la vois souvent décrite dans ce forum, c'est qu'il y a un truc qui est déséquilibré. Et c'est pas si grave, je veux dire, on est pas des êtres parfaits, parfois on tombe dans l'addiction, dans la maladie psychique, dans la dépression, etc... il n'y a pas à juger ça, il n'y a pas à juger comment les gens vivent avec leurs traumas.
Ce que je questionne, c'est le fait d'idéaliser cette NRE, de trouver ça très normal, comme étant un passage obligé, un dégât collatéral inévitable.
Discussion : Script romantique et NRE
Alabama
le lundi 30 décembre 2024 à 17h15
Pour moi la biochimie, ça n'explique pas notre rapport à l'amour. Les hormones peuvent être sécrétée pour tout un tas de raisons.
Donc un contexte social peut très bien influer sur notre chimie. Je trouve ça toujours un eu problématique d'utiliser la biologie pour justifier nos comportements sociaux. Sans doute que notre biologie y est pour quelque chose, mais on ne saura sans doute jamais pour quelle part, et je crains le côté "clôture de discussion" par un argument sensé être scientifique et donc d'autorité.
De par mon vécu, je sais que mon rapport à l'amour a changé, je n'ai pas eu ces dernières années de "nre" comme j'en avais plus jeune. Parce que je ne crois plus à cette histoire, ça m'intéresse moins. Si mes nre perdent en intensité, ou qu'elles n'existent plus, c'est sans doute que la biochimie peut être influencée par mes croyances.
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le lundi 30 décembre 2024 à 17h08
Je pense pas qu'on puisse s'habituer aux ruptures non.
Je pense pas qu'on se poserait cette question en ces termes-là pour les amitiés ? Si on aime fort quelqu'un,que cette personne sorte de notre vie est quand même souvent difficile. Je pense que si "habitude" il y a, ça ne peut être que de mettre des barrières, de ne pas s'engager émotionnellement pour ne pas souffrir. C'est une manière de se protéger mais ça rend la relation moins intéressante, et le sentiment de solitude risque de devenir fort et souffrant, donc pas sûr que ce soit un bon calcul à long terme.
En fait, c'est comme si tu te demandais si on peut s'habituer à voir les gens mourir autour de soi ? Oui on peut "s'habituer", si on se blinde, mais à quel prix ?
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le lundi 30 décembre 2024 à 13h05
voici les éléments qui me semblent entrer en jeu dans le fait de bien vivre ou non les ruptures amoureuses
Sécurité intérieure : plus tu es convaincu.e de ta propre valeur et de ta capacité à rencontrer d'autres personnes, moins la rupture est difficile à digérer.
Idéalisation de l'autre : moins tu idéalises l'autre, moins tu te dis que tu ne rencontreras jamais quelqu'un d'aussi bien, et donc plus facile est la digestion de la rupture
Complicité : plus la complicité a été forte avec une personne, l'intimité profonde, les moments de joie nombreux, plus il me semble que la rutpure est difficile (et ça vaut pour toutes les relations, pas juste amoureuses)
Addiction : plus l'attachement était "passionnel", addictif, de l'ordre de la dépendance physique ou psychique, plus la rutpure est compliquée à dépasser
Type de rupture : une rupture progressive, avec différentes étapes, ou possibilité de garder certains élements de le relation, s'il n'y a pas trop de dimension addictive, je pense que ça permet que ce soit moins difficile à vivre, voire que ça ne soit plus vraiment une rupture mais simplement un aménagement de la relation.
Emprise : s'il y a eu emprise de l'un sur l'autre, ça peut être très dur. ça rejoint un peu l'addiction, mais avec la dimension de violences conjugales
Déni des émotions : certaines personnes ne ressentent pas vraiment leurs émotions, et pensent s'en sortir très bien alors qu'en fait cela évolue vers une forme dépressive puisque la tristesse/colère, en gros le deuil, n'est pas vécu
Et ensuite la capacité de chacun.e à traverser les moments difficiles. Selon le caractère et les périodes de la vie c'est plus ou moins facile.
Pour ma part, je digère une rupture amoureuse en 3 jours. Sauf une rupture, que j'ai digérée en 1 mois 1/2 (pour moi c'est long d'autant que la relation avait duré seulement 3 ou 4 mois).
quand je dis "digérer" ça signifie que je ne pleure plus, et que ça ne me fais plus souffrir au quotidien. Mais il peut y avoir des "restes" à digérer, comme la colère, le ressentiment. ça peut même rester toute une vie pour certains.
Discussion : Script romantique et NRE
Alabama
le lundi 30 décembre 2024 à 12h54
Je me demande, aussi, si la force de la NRE n'est pas proportionnelle à un certain vide existentiel.
Je vois beaucoup sur ce forum, de couples mariés avec enfants, qui découvrent le polyamour (peut-on appeler ça polyamour à chaque fois c'est la question que je me pose mais bon c'est pas le sujet ici), et dont un des partenaires vit souvent une NRE qui détruit tout sur son passage. Est-ce un sentiment "normal" en raison de la nouveauté ? Ou simplement le symptôme de quelque chose de bien plus profond, à savoir : une perte de sens, un manque d'aventure, un train-train trop pesant, une vie pro ennuyeuse ou épuisante, etc...
En formation de thérapeute, on apprend à se questionner sur ce que vient révéler chez nous, le fait de tomber amoureux.e d'un.e client.e. On considère que c'est les signe de certains manques dans notre vie perso, qu'il va falloir examiner avec courage, pour ne pas faire n'importe quoi. Et ça me semble être tout à fait pertinent comme questionnement.
Je pense qu'on pourrait l'élargir à nos relations amoureuses qui "prennent trop de place". Si j'idéalise autant l'autre, si je suis autant accrod aux sensations fortes qu'iel me procure, n'est-ce pas parce il y a déjà un manque dans ma vie, préexistant à la rencontre ?
Et que donc pour limiter la portée de cette addiction, la voie serait l'introspection, et se demander quels sont les besoins non comblés dans notre vie actuelle, que pourrait-on changer pour qu'ils le soient mieux. Un peu comme pour la jalousie finalement.
Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?
Alabama
le lundi 30 décembre 2024 à 12h45
Merci pour ces liens car avec la recherche je n'avais rien pu trouver effectivement.
Discussion : Script romantique et NRE
Alabama
le lundi 30 décembre 2024 à 12h43
Ce post m'intéresse beaucoup car il vient faire écho à mon questionnement.
J'ai une amie qui n'utilisait pas le terme de "nre" car il n'existait pas encore à large échelle, elle parlait plutôt de "syndrome de la vieille chaussette". ça a le mérite d'être plus clair, et moins valorisant pour la personne qui démarre une nouvelle relation amoureuse en négligeant la ou les plus anciennes.
Pour ma part, je n'ai pas, je crois, vécu de "syndrome de la vieille chaussette" ni dans un sens ni dans l'autre. Pas en tant qu'ancienne relation car la situation ne s'est pas présentée, et pas en tant que personne qui démarre une nouvelle relation car je ne ressentais pas moins d'envie de voir mes relations plus anciennes ou des émotions moins profondes.
Après bon, il faudrait voir ce qu'en disent les premiers intéressés, j'ai peut-être un biais.
Il y a effectivement quelque chose de particulier à "tomber amoureux", et je considère cette phase comme une addiction plus que comme de l'amour, même si l'un peut déboucher sur l'autre ou l'un cohabiter avec l'autre. Addiction ou obession comme on voudra. Et du coup, j'ai un souci avec le fait que la NRE soit normalisée dans le polyamour, qu'on considère que c'est quasi "inévitable". Je n'y crois pas, je pense que ça se déconstruit, avec la déconstruction de la "personne idéale" ou l'idéalisation de l'autre. Bien sûr, quand on commence à connaître quelqu'un qu'on apprécie, que ce soit avec sentiment amoureux, ou non, on connaît encore peu l'autre et on comble les pièces du puzzle manquantes, notre cerveau est fait pour fonctionner de cette manière. Je ne pense pas qu'on puisse s'empêcher totalement de projeter sur la personne qu'on connaît à peine. Mais on peut au moins être conscient.e qu'on le fait, et avoir un peu de recul vis-à-vis de ça.
Or la NRE, et l'acceptation de celle-ci, c'est à mon sens de ne pas se donner la possibilité de ce recul, de ce regard sur soi.