Polyamour.info



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Polyamoureuse pas assumée

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homme_partit

le lundi 30 décembre 2013 à 23h07

homme_partit
Mais reste à savoir pourquoi consulter ou chercher des outils, soit pour aller dans ton sens ou dans celui de l'autre.

Dans une situation poly-mono, l'idée première de consulter est soit pour convaincre le poly de revenir mono, soit de convaincre le mono d'adhérer au poly. Ensuite, au thérapeute d'orienter les idées afin de résoudre la situation.

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Siestacorta

le mardi 31 décembre 2013 à 05h17

homme parti
Elle a choisi de prendre un autre amoureux pour combler ses manques

Lulutine
Comme je sais que tout le monde ne lit pas tout le forum, et que certains peuvent débarquer ici directement, je voudrais préciser (encore une fois ^^ ) que "combler un/des manques" est loin d'être - à mon avis - la démarche de la majorité des "poly

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J'insiste assez régulièrement sur ce point. Je la refais en moins détendu. CA N'EST PAS UNE QUESTION DE MANQUE.
On peut désirer quelque chose sans que ça nous manque.
Je désire un deuxième enfant, il ne me manque pas d'enfant avant qu'il arrive.
Je peux désirer découvrir des pays que je ne connais pas, ils ne me manquaient pas.
J'aime me faire de nouveaux amis, les amis que j'ai déjà ne sont pas "insuffisants".

homme parti
Dans une situation poly-mono, l'idée première de consulter est soit pour convaincre le poly de revenir mono, soit de convaincre le mono d'adhérer au poly.

Ca, c'est ce que chacun espère avant même de consulter, mais ce qu'on peut surtout trouver c'est pas surtout de pouvoir parler mieux qu'avant ? C'est pas trouver peu à peu d'autres options que celles qu'on avait avant de demander de l'aide ?

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LuLutine

le mardi 31 décembre 2013 à 09h38

homme_partit
Dans une situation poly-mono, l'idée première de consulter est soit pour convaincre le poly de revenir mono, soit de convaincre le mono d'adhérer au poly.

La situation n'est pas aussi binaire. Comme le dit Siesta :

Siestacorta
Ca, c'est ce que chacun espère avant même de consulter, mais ce qu'on peut surtout trouver c'est pas surtout de pouvoir parler mieux qu'avant ? C'est pas trouver peu à peu d'autres options que celles qu'on avait avant de demander de l'aide ?

Je rajouterais que dans une relation où l'un au moins des deux continuer à miser sur une issue aussi binaire que celle que tu proposes homme_partit, à mon avis on va droit au mur.
Je suis persuadée (même si c'est plutôt intuitif) que pour arriver à une solution, chacun doit évoluer. (Mais ça prend du temps ! Souvent des mois ou des années, ça aussi il faut le prendre en compte et être patient !)

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homme_partit

le mardi 31 décembre 2013 à 11h42

Je ne voudrais pas faire preuve d'intolérance, mais j'écris ce que je ressens réellement. Lorsque ma femme me parle d'avoir un autre amoureux, ma première pensée est qu'elle désire combler ce que je ne lui donne pas. Ensuite, je peux comprendre que ce n'est pas une question de manque, mais entre les ressentis d'une situation et les explications de personnes posées, il y a forcement une différence.

Maintenant SIESTACORTA a raison sur le point que la découverte n'est pas combler un manque, mais la question que je me pose ne concerne pas la majorité des poly, mais uniquement le cas de ma femme. Après chaque cas est différent, chaque personne a ses propres raisons d'embrasser le profil du poly.

Un couple poly-mono non consentant n'est peut-être pas binaire, mais je n'ai pas encore trouvé d'autres solutions afin de rester avec ma femme autre que d'accepter son poly ou qu'elle cesse de l'être. Le fait de me séparer d'elle reste une mesure binaire également, car soit le couple perdure, soit il se sépare.
LuLutine, je veux bien que le temps puisse apporter des réponses, mais depuis des mois que cette situation dure, les conversations, les consultations chez des thérapeutes, les avis de ce forum, les diverses lectures de témoignage ou d'ouvrage spécialisé, je ne suis toujours pas prêt à accepter de subir le poly de ma femme. Je pense avoir évolué, mais dans le sens où j'ai compris que l'amour que je porte à ma femme devenait ma principale source de souffrance.
Mais cela ne concerne que moi.

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Siestacorta

le mardi 31 décembre 2013 à 12h26

homme_partit
Après chaque cas est différent, chaque personne a ses propres raisons d'embrasser le profil du poly.

Bien qu'il y ait de temps en temps des ressemblances (sociologiques, éducatives), les poly sont loin d'avoir un "profil" déterminé et une approche unique. C'est comme découvrir "ce qui vit dans la mer" pour quelqu'un qui vit sur la terre : tout y est différent de lui, mais de mille façons différentes.
Et il y a des choses qui se rapprochent plus de lui qu'il ne croit, par exemple, les dauphins sont plus proches des vaches que des requins.

Et, tu peux sans doute t'en apercevoir en lisant d'autres fils, les poly ne sont pas tous d'accord sur ce qui est bon en amour.

Chaque personne a des réactions différentes dans sa situation poly;, mais particulière.

Et ta femme, pour ce que tu en as dit, est dans une époque passionnelle, mais elle ne te dit pas que tu es insuffisant, elle ne le ressent probablement pas, et sa démarche vers toi est de te dire que tu es nécessaire.
Elle veut autre chose. C'est peut-être pas des raisons très claires pour elle, vu qu'elle s'est laissée pipoter, qu'elle a voulu croire à quelque chose.
Mais ça n'est pas un "manque", un "pas assez" de quelque chose venant de toi, qui la faisait aller ailleurs. Elle a une relation avec ailleurs, elle y réagit. C'est pas que le ici est moins bien, c'est qu'ignorer ailleurs, comme dans l'exclusivité, c'est pas forcément tout le monde qui y arrive, et même, c'est pas forcément si bon signe que ça...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le mardi 31 décembre 2013 à 14h37

J'avoue cette idée de manque ou pas manque me fait tiquer moi aussi.
Parce que, très honnêtement, même si c'est un point de vue personnel, si je suis comblée quelque part, l'"ailleurs" comme le décrit Siestacorta, n'est qu'accessoire, même s'il peut être super. Comme tu dis, j'ai très envie de visiter l'Amazonie, mais si ça n'arrive jamais, tant pis, j'en ai envie mais ça ne me manque pas. Alors que si je fais la déprime de ma vie de ne pas arriver à avoir de deuxième enfant, il me manque, de toute façon, c'est quelque chose qui manque à ma vie au point de m'atteindre.
Donc soit on est pas comblé par quelqu'un/quelque chose, et on a besoin de cet ailleurs, parce que ça nous manque et que c'est nécessaire à notre équilibre (ne serait-ce que la possibilité d'un ailleurs en fait), soit on l'est, et dans ce cas l'ailleurs est accessoire, aussi super qu'il soit. Or, j'ai du mal à voir pourquoi faire autant d'efforts, s'infliger et infliger aux autres autant de souffrance et de tracas et mettre tant de chose en péril pour quelque chose qui serait de l'ordre du "plus", plus que du "comblement de manque"...
Et ça aussi sa démarche vers toi est de te dire que tu es nécessaire ça m'énerve un peu, sans doute parce que je suis moi-même dans une phase délicate. Mais le côté "tu es nécessaire à ma vie mais je veux aussi ça, ça et ça, en sachant que ça te fait souffrir le martyr mais je ne veux pas en démordre et je ne veux pas que tu partes non plus", je trouve un peu que c'est du moquage de figure, pour rester polie...
Sur ce je vous laisse, je vais prendre mes calmants :-)

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Siestacorta

le mardi 31 décembre 2013 à 15h19

- ce n'est ni du "plus", ni du manque. Ce n'est pas de la quantité. C'est la même personne qui vit aussi autre chose. Même pas meilleur, autre.
Pas un ajout de plus du même amour avec les mêmes ressentis, pas une division de ce qu'on aime, mais une relation nouvelle.
A l'école, on enseigne le français, l'histoire, les mathématiques. On peut se spécialiser en une matière, ça ne les empêche pas d'être toutes utiles.

- les personnes ne sont pas des quantités d'amour. Donc quand j'aime une, un autre, une troisième... c'est pas que je veux qu'elles soient à ma disposition sans leur donner leur avis. C'est que j'éprouve des choses pour chacunes, et que je souhaite vivre cela.
Que j'aime ainsi peut (ou non) faire ressentir un manque de sécurité, de temps, d'investissement à une partenaire. Si c'est le cas, c'est la quantité dont elle a besoin qui est en cause. Mais ce qui définit la qualité du sentiment et de la relation, ce qui fait qu'elle me semble nécessaire, c'est que je veux continuer.

- être comblé par un seul, vouloir le combler : quantité (une) et qualité (cette personne) et on choisit de nommer amour ce recoupement et seulement lui.
Si dans le développement de la relation, il y a des choses qui nous manquent, c'est peut-être que cette conception de l'amour est celle qui détermine le manque.
Je décide de ne manger que des fruits d'été, même si je peux me nourrir d'autre chose. Si je souffre du manque de fruits d'Eté en hiver, ce n'est pas la faute des arbres à fruits d'été. C'est moi qui ait décidé que c'est seulement ça qui me comblait - et qu'en plus les fruits d'Eté seraient immangeables si d'autres que moi en mangent.
Le manque est autant déterminé par le choix du régim que par la quantité disponible. Et vouloir que la quantité corresponde à une continuité la qualité dans le temps, c'est notre responsabilité.

Bien sûr, on parle de gens. C'est plus complexe, les gens ont dit qu'ils seraient là, ils ne le sont plus, c'est aussi des choix de leur part. Mais je veux dire que dire que si on fait un choix "discriminant" (la monogamie ou le polyamour, cf mon fil sur "fantasme excluant, je donne pas la discrimination uniquement problématique pour un mono), on peut dire que l'autre ne respecte pas sa parole de le partager avec nous, mais conserver sa discrimination quand elle nous empêche d'etre avec l'autre, c'est notre choix. Et c'est ce choix qui détermine si c'est insuffisant, spoliant.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Siestacorta

le mardi 31 décembre 2013 à 15h29

Et l'ailleurs n'est pas accessoire. Il est là.
On peut choisir de ne pas le regarder, de pas le voir, on peut attendre que l'autre ne le regarde pas. Il existe. Sa place dans une vie amoureuse, on peut essayer de la cerner, mais bon, l'univers a tendance à se foutre complètement du fait que je l'accepte ou non. S'il y a un ailleurs qui s'ouvre, je peux évidemment ne pas aimer ça, mais dire qu'il est accessoire, secondaire, simple à maîtriser, quantifiable, constructible... C'est mon point de vue.
Mais il est là, et je ne peux pas grand chose au fait que ma partenaire le sache aussi bien que moi.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le mardi 31 décembre 2013 à 15h54

Il ne me semble pas avoir parlé de quantité, au contraire. La notion de manque se définit pour moi par la qualité : moi et l'autre sommes ajustés l'un à l'autre un peu, beaucoup, totalement, et si pas totalement, cette qualité n'est pas "suffisante" et elle crée le manque.

Quand tu dis que ce que ça peut générer de négatif ou insécurisant chez un partenaire est une question de quantité et non de qualité, je n'en suis pas sûre, pas sûre du tout. On avait déjà eu ce débat avec LuLutine, je cite ce que je lui avais dit de mémoire "ce n'est pas une question de temps, de quantité de d'attentions ou autre, qu'il m'emmène au resto tous les soirs ou jamais, qu'il passe un jour par semaine avec moi ou six, qu'il m'appelle pendant une heure chaque soir ou à peine un message de temps en temps, ça ne change rien, absolument rien, au chagrin immense que j'ai de savoir qu'il aime, juste aime une autre, même pas de le savoir avec elle". Après si tu as une idée de comment ça aussi c'est un problème de quantité, je veux bien l'entendre. :-)

Pour reprendre ton exemple, même si je n'aime pas comparer les gens à des choses, il y a deux cas différents. On sait que ces fruits ne poussent qu'en été, et on choisit quand même de s'en nourrir exclusivement, ce qui fait de nous quelqu'un d'un peu stupide, mais on doit assumer sa décision. Ou alors, on se nourrit de fruits qui poussent toute l'année, qui ont toujours fait ça, depuis des années, notre corps y est habitué, il ne digère plus rien d'autre ou presque, et d'un coup sans crier gare, les fruits ne poussent plus qu'en été. Alors on ne peut pas dire dans cet exemple que c'est la faute de l'arbre, parce que bon, c'est un arbre, mais pour autant, est-ce juste notre responsabilité qui est en cause ? Est-ce qu'on aurait dû se nourrir d'autre chose, en se disant c'est au cas où l'arbre meurt (et dans le cas d'une personne lui dire que c'est au cas où il nous quitte, ce qui montre toute la confiance qu'on a en lui...) ?

Le problème ce n'est pas qu'une question de choix discriminant, je pense qu'il y a beaucoup plus qui va avec. Quelqu'un fait avec toi un choix de vie (tu ne l'a pas forcé) et puis manque à sa parole, et préfère encore manquer à sa parole et te faire du mal que renoncer. Certes, il peut avoir de bonnes raisons, mais il n'y a pas que ton choix discriminant face au sien discriminant. Il a menti, ou il s'est parjuré, ou il a trahi. Il a apprivoisé quelqu'un, a gagné sa confiance, parfois lui a demandé des sacrifices au nom de projets à deux ou autre, et fait ce choix contre lui en sachant qu'il lui fait du mal, et cela d'autant plus que comme on dit "on n'est jamais trahi que par ceux à qui on fait confiance".

Lorsqu'on change les règles, ce n'est pas la responsabilité de celui qui les as toujours respectées, c'est celle de celui qui les change. Lorsqu'un de nos choix, quel qu'il soit, implique de faire du mal à une personne qui nous fait confiance, ce n'est pas elle qui est responsable de ce qu'elle ressent, c'est nous qui sommes responsables de ce qu'elle a investi en nous à notre demande. Comme disait le renard "tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé".

Au passage, cette idée de "il n'est jamais question de quantité" me dérange. Pour re-citer l'exemple des enfants, puisque c'est toi qui l'a donné, un enfant c'est sympa, et même si c'est la prunelle de nos yeux, ça peut ne pas suffire, on en veut deux, trois, et quand on ne peut pas les avoir le manque est tel qu'il marque certaines personnes au fer rouge à vie. Mais inversement, si tu parles d'en avoir six, sept, huit, beaucoup de gens te diront que c'est trop, qu'on ne peut pas leur accorder tout le temps nécessaire, leur donner ce dont ils ont besoin... pourtant est-ce que l'enfant qui naitrait le huitième serait moins beau, gentil, intelligent, adorable, que l'ainé ? Il n'y a pas de raison, c'est juste une question de quantité. Ici de la quantité d'enfants qui détermine la qualité de l'éducation qu'on donne à chacun, comme à mon sens la quantité de relations déterminent la qualité de celles-ci.

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liloufleur

le mercredi 01 janvier 2014 à 13h25

Bonjour,
je sais pas trop comment le fil de la discussion fonctionne mais je réponds à un post qui date du mois d'aout, mais bon !!
homme parti dit:"Le bonheur à 2 était mon idéal, plus pour elle. Mon sentiment actuel est que la séparation que j'ai décidé me rempli de solitude, contrairement à elle où quelqu'un d'autre est présent." "elle a déjà un remplaçant"
je ne suis pas d'accord avec toi même si je comprends totalement cette réaction mais en tant que femme qui aime sincèrement et profondément mon "principal" pour reprendre les mots du site, s'il me quitte et même si j'en ai un autre (je ne sais pas encore si c'est le cas!), je souffrirai affreusement
j'ai lu - je ne sais plus dans quelle discussion - qu'en polyamour, c'est aussi accepter que l'autre puisse avoir des souffrances dû au 3eme de l'histoire. je trouve ça très éveillé, si mon conjoint souffre de s'être fait quitté par exemple, et bien mon amour sera de l'accompagner dans cette "épreuve"
PERSONNE NE POURRA JAMAIS TE REMPLACER, c'est facile à dire car je n'en suis pas convaincue dans le fond de mon être car je manque d'estime de moi, j'ai un tel besoin d'être particulière pour quelqu'un, mais en fait je le suis déjà, ce que je vis avec mon conjoint, je ne le vivrai avec personne d'autre de la même manière....

homme parti dit : "il lui en fallait encore plus : l'envie de séduire, de plaire. Maintenant qu'elle sait que ses charmes agissent encore, j'ai effectivement peur qu'elle continue dans cette voie avec d'autres. Car une fois la magie d'une rencontre éteinte, l'envie de recommencer reprendra le dessus."
Certes il existe des personnes avec un tel manque d'estime d'eux même que rechercher un autre compagnon peut ne servir qu'à rassurer l'image de soi, là dessus je pense qu'il faut être honnête envers soi meme
mais je ne considère pas que le polyamour c'est uniquement ça, voire ça n'est pas ça, pour moi, c'est comme accepter que nous sommes multiples, que nous mettons des barrières arbitraires au relation, que nous refusons l'entière authenticité de ce que nous sommes...

homme parti: "Si je deviens trop indépendant, je ne me vois pas m'investir sur une longue durée nécessaire à éduquer mes enfants par exemple."
dans mon histoire, la situation polyamoureuse est arrivée justement car mon 'conjoint' et moi travaillons sur la dépendance affective. par respect pour moi même et pour lui, si je m'engage plus avnt avec lui et inversement (au bout de 7 ans), je ne veux pas que ce soit par peur d'être seule ou autre, je veux que ce soit un vrai choix, c'est vraiment la plus grande preuve d'amour pour moi: "je n'ai pas besoin de toi, j'ai envie de toi'

je sais que c'est dur, je souffre et je fais souffrir, je crois dur comme fer en l'Amour véritable et en l'authenticité, si je négocie avec mes peurs, je négocie avec le diable et demain je serai morte en n'étant pas honnête envers moi même ni envers ceux que j'aime!! est-ce ça l'amour??

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homme_partit

le mercredi 01 janvier 2014 à 16h50

liloufleur, la définition de l'amour n'est pas réellement définie car elle se réécrit à chaque nouvelle histoire, poly, mono ou autre. Dans mon couple poly-mono, ce n'est pas une question d'Amour, mais de ses bénéficiaires.

Combattre sa dépendance affective doit-être pour progresser sur soi et son couple, pas pour accepter et cautionner que son conjoint désire une nouvelle relation.

J'ai effectivement pensé que la dissolution du couple aurait été plus facile à vivre pour ma femme ayant un autre homme que pour moi me retrouvant seul. Si je le pense encore, je sais tout de même que ma femme aurait souffert tout autant de notre séparation, voire plus. Ayant mis un terme à son autre relation, elle m'aurait perdu pour rien, dixit madame qui est revenue à mes côtés.

Maintenant, toute la question est comment faire pour qu'un couple poly-mono non consentant puisse perdurer dans un total bonheur? Je ne peux accepter ma femme avec un autre que moi, je dirais que c'est viscéral. Maintenant que d'autres acceptent cela ne me dérange pas du moment où tout le monde est consentant. Malgré les différentes thérapies, discussions et autres livres, je ne me retrouve pas dans le poly.

Je comprends que mes arguments ne sont pas recevables pour certains intervenants et heureusement d'ailleurs, car leurs interventions m'ont énormément apportés, sans toutefois me convaincre. Si la théorie d'être poly est plaisante à entendre, la pratique est loin d'être le cas. Un peu comme suivre un recette sur un livre de cuisine, la photo du plat est superbe, celui que tu essais de faire est loin du modèle, sans parler du goût.

Ma femme regrette de me faire souffrir, elle sait dorénavant que son poly sonnera le glas de notre couple, car je ne cesse pas la procédure de divorce, ce qui ne signifie pas une séparation à l'annonce du jugement. Le poly est -il fait pour tout le monde? Je pense que non, ce qui signifie que ma femme et moi vivons un Amour impossible.

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Siestacorta

le mercredi 01 janvier 2014 à 18h02

aviatha
On avait déjà eu ce débat avec LuLutine, je cite ce que je lui avais dit de mémoire "ce n'est pas une question de temps, de quantité de d'attentions ou autre, qu'il m'emmène au resto tous les soirs ou jamais, qu'il passe un jour par semaine avec moi ou six, qu'il m'appelle pendant une heure chaque soir ou à peine un message de temps en temps, ça ne change rien, absolument rien, au chagrin immense que j'ai de savoir qu'il aime, juste aime une autre, même pas de le savoir avec elle". Après si tu as une idée de comment ça aussi c'est un problème de quantité, je veux bien l'entendre. :-)

J'évoque la quantité parce qu'on parle de manque.
La quantité impensée, ici, c'est pas le nombre d'actes, mais le fait d'imaginer que la relation dépend de la parole donnée "moralement", qu'il n'y aurait pas un matérialité mesurée à travers cette attente morale.
Parce qu'il y a unicité, la quantité "un" dans l'avenir et pas la quantité x, on ressent que le "un" est une qualité de la personne, pas un "non-x", et surtout, pas un "non-zéro".
Si on constate qu'il y a un "deux" et même plein d'autres possible, l'imaginaire peut du coup embrayer sur la question du quantifiable, parce que si le "un" n'est pas à une quantité "à part", "sacrée", elle il n'est qu'un possible entre 0 et x.

Je me souviens que dans ton histoire, vous n'êtes pas ensemble tout le temps, il y a même de longue périodes l'un sans l'autre.
Quand il te manquait par son absence pour plein de raisons autres, ça n'est pas pareil que quand il te manque en étant avec l'autre. La qualité de cette absence, de ce second manque, c'est qu'il n'est pas compensé par une garantie de présence différée.
C'est à dire qu'à ce moment là, pour toi, l'absence amoureuse a un sens plus grave. Il est plus absent, le manque devient plus douloureux. Les émotions qui remplissent ce vide sont liées à ce que tu sais du cadre de cette absence, de comment elle peut s'achever avec un retour concret de la personne.
A ce moment là, tu ressens qu'il n'est plus avec toi du tout, la valeur de ses messages, même sincères, est presque nulle à tes yeux, ils ne contiennent pas ce que tu demandes, même si c'est son amour qu'il exprime.
C'est imaginer disposer de la relation garantie, la disponibilité reportée, "dans un avenir indéterminé, si besoin, elle sera tout à moi", qui fait la différence ; pas la personne qui manque, qui elle est la même qu'avant, dont les sentiments pour toi demeurent, ainsi que le désir de les exprimer.

Bref : quand l'autre manque malgré sa parole d'être là, alors que cette même parole pouvait être crue dans un autre contexte, c'est parce qu'on croit pas à la présence différée de l'autre. Même quand il reviendra, alors qu'il sera présent, en chair, en os, en sentiments, il ne sera pas ressenti comme présent. Ce qu'on désire dans l'exclusivité, c'est pas la personne, puisqu'elle peut être absente ou pas. C'est pas la relation au sens factuel, puisque les mêmes actes peuvent se dérouler. Ce qu'on désire, c'est projeter la continuité matérielle de la relation malgré la discontinuité. C'est ce que la plupart des gens entendent par "fidélité". La continuité est garantie selon les capacités à se projeter.
Mais la continuité matérielle de la relation existe en dehors de la projection.

Quand la personne promet son exclusivité, elle nous autorise à croire que son retour à nous sera automatique. Qu'on est unique pour elle, qu'elle est unique pour nous, nous avons une garantie, un "contrôle" (pas au sens passeport et big brother, au sens de ce que nos sentiments sont bien rangés à leur place et que l'extérieur n'est pas censé agir).
Ce qu'on désire, dans l'unicité, c'est la garantie de continuité qu'elle procure.
Si je me droguais, savoir que je suis la seule personne du coin à qui le dealer peut procurer son produit, ça me rassurerait vachement sur le fait qu'il va me le donner. La garantie que le produit me manquera pas, puisque je suis le seul acheteur. La question de la quantité ne se poserait pas, puisqu'il y ajurait une garantie. Le produit demeure une réalité concrète, matérielle. Sa quantité ne disparait pas, j'ai juste un cadre où je ne m'en soucie pas.

Ce qu'on demande avec l'exclusivité, c'est s'autoriser à croire qu'il n'y a pas de question de quantité qui se pose. Avoir confiance sans vérifier que l'autre sera là, confiance garantie par la promesse, imaginer que cette promesse est une qualité, quand elle ne fait qu'exclure d'une partie de l'horizon la projection d'absence et de manque, de quantité zéro.
Cette promesse mutuelle, c'est en partie une façon de répondre d'avance à cette question.
Cela dit, il n'y a pas que les exclusifs qui espèrent ne pas avoir questionner leur manque quantitatif. Certains polys, quand ils disent "c'est merveilleux toutes les relations sont uniques et moralement égales", essaient d'affirmer la même chose, que le "sens" de l'amour a plus d'importance que le déroulement de la relation.
Je crois que les deux "imaginaires" provoquent le même manque, parce qu'ils essaient d'exclure le quantifiable de leur perception.
Ça fait parler en binaire : soit il y a, soit il y a pas, 0 ou 1. La relation existe ou non, mais il n'y a pas de valeur pour décrire tous les évènements possibles.
Du coup, on dit là il y a zéro, on zappe la qualité de certains évènements ; là il y a un, on ne peut croire qu'au zéro, on ne mesure pas d'autres évènements.

Comme une entreprise qui marcherait en faisant travailler des bénévoles. Les bénévoles demandent bientôt d'autres avantages que la satisfaction que la valeur symbolique de leur action. SI elle les payait, l'entreprise ne pourrait plus produire. Est-ce la faute des bénévoles si l'entreprise est dans le rouge ? Ou la promesse et l'attente de résultat en fonction d'un bénévolat qu'on voulait croire garanti oubliait de tenir compte de la valeur quantifiable du travail ?

Je sais pas si j'y suis arrivé, c'est juste pour dire que dans le rapport au manque se pense avec une perception, pensée ou non, d'une matérialité, ou au moins, d'une attente d'une matérialité retardée de ce dont on manque.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le mercredi 01 janvier 2014 à 21h37

Je pense que s'il y a des trucs intéressants et à creuser dans ce que tu dis, ça n'englobe pas tout pour autant. Je ne sais plus qui dit ça à son amant dans quel film "c'est quand tu es là que tu me manques le plus", et ça finit par être ça, même avec moi, même dans mes bras, je le sens "pas là", la qualité même de l'instant présent est dégradée, et la sensation de profond mal-être que je ressens quand je sais qu'il est avec elle, je peux avoir la même en étant chez lui, avec lui, rien qu'en tombant sur un cheveu à elle.
Et je ne pense pas que ce soit non plus une question de confiance en l'avenir, en réalité, c'est lui qui n'a pas cessé de dire à quel point, même aujourd'hui, il ne peut pas imaginer sa vie sans que j'en soit une "pièce maîtresse" selon ses propres termes, c'est moi que cette forme d'avenir, et non pas l'avenir en général, n'intéresse pas (d'ailleurs, ça je l'avais dit dès le départ, bien avant que toute cette histoire m'use jusqu'à la corde, donner un peu de temps, oui, en faire un mode de vie permanent, non, il pouvait prendre la porte tout de suite), et je ne sais pas si on peut parler de manque, quand je dis clairement que je préfère le rayer de mon existence que continuer une relation comme ça. Mais, étrangement, je ne pense pas que ce soit une question de "fidélité au sens usuel du terme. Au début de tout cela, alors qu'il avait promis d'être "fidèle, c'est à dire que je savais qu'il ne se passerait rien entre eux, il avait cette volonté, il avait cette intention, on était que tout les deux, et le simple fait de savoir qu'il était amoureux d'une autre peut-être (même ça n'était pas encore clair) me donnait déjà envie de me jeter la tête contre les murs...
Enfin, tu parles de messages sincères, et la vérité est que je ne crois plus à cette sincérité, la seule impression que ça me donne, c'est un message qu'on me jette en pâture pour m'occuper le temps qu'il est avec elle, rien ne transparaît dans sa voix, et je peux savoir si c'est un soir où il est avec elle ou pas rien qu'au ton qu'il a au téléphone, même s'il me dit les mêmes choses que d'habitude.

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homme_partit

le vendredi 03 janvier 2014 à 15h06

Tenter de quantifier des sentiments, des relations, des ressentis n'est-il pas un reflexe humain surtout lorsque l'intégrité psychique est touchée?

Dans une relation adultérine de la femme, l'égo de l'homme se sent bafoué et la comparaison des performances sexuelles surgit rapidement : combien d'orgasmes a t-elle eu par rapport à moi.

Dans une situation comme celle de mon couple, bien entendu que j'ai tenté de comprendre la raison qui a poussé ma femme dans d'autres bras. J'ai tout passé au crible, des performances sexuelles à l'attirance physique, de la situation sociale au nombre de restaurants fréquentés par semaine; comprendre absolument ce qu'elle avait en plus avec lui.

Vouloir expliquer ce sentiment d'infériorité par rapport à l'autre qui a réussi à attirer ma femme a été un combat qui, grâce à diverses interventions de ce forum et des psys, a pris fin lorsque j'ai compris que je cherchais à quantifier ce qui ne l'est pas, à des fins de comparaisons numériques.

L'homme a des problèmes de compréhension lorsqu'il s'agit de matière non tangible, comme les sentiments, les croyances religieuses, les ressentis. Effectivement, aucun référentiel n'existe afin de mesurer l'amour, la haine ou autre et c'est à chacun de faire ses propres analyses. A l'hôpital, l'échelle de la douleur, de 0 à 10 est une sorte de référence, mais la valeur réelle n'est qu'une interprétation propre à chaque malade.

Pour revenir à la quantité, tout ne peut se mesurer malgré les divers ressentis réels et impalpables.

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LuLutine

le vendredi 03 janvier 2014 à 20h44

Siestacorta
l'univers a tendance à se foutre complètement du fait que je l'accepte ou non.

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aviatha
Quelqu'un fait avec toi un choix de vie (tu ne l'a pas forcé) et puis manque à sa parole, et préfère encore manquer à sa parole et te faire du mal que renoncer. Certes, il peut avoir de bonnes raisons, mais il n'y a pas que ton choix discriminant face au sien discriminant. Il a menti, ou il s'est parjuré, ou il a trahi. Il a apprivoisé quelqu'un, a gagné sa confiance, parfois lui a demandé des sacrifices au nom de projets à deux ou autre, et fait ce choix contre lui en sachant qu'il lui fait du mal, et cela d'autant plus que comme on dit "on n'est jamais trahi que par ceux à qui on fait confiance".

Sur le fond, je suis assez d'accord avec ça.
Surtout que dans mon cas, le fait que l'univers se foute du fait qu'on l'accepte ou non, j'avais tout fait pour qu'on puisse en tenir compte au maximum...! (Ce qui n'est pas le cas dans ta situation.)

aviatha
la quantité de relations déterminent la qualité de celles-ci.

Je ne partage pas cet avis-là, par contre.

liloufleur
si je négocie avec mes peurs, je négocie avec le diable et demain je serai morte en n'étant pas honnête envers moi même ni envers ceux que j'aime! !

Je le vis aussi comme ça !

homme_partit
Maintenant, toute la question est comment faire pour qu'un couple poly-mono non consentant puisse perdurer dans un total bonheur ?

Je ne voudrais pas te démoraliser, mais je n'y crois pas. Pour moi c'est un problème qui n'a pas de solution.

homme_partit
Le poly est -il fait pour tout le monde ? Je pense que non,

Je pense que tu as peu de chances de trouver quelqu'un qui ne serait pas d'accord avec toi là-dessus ! :)

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Siestacorta

le vendredi 03 janvier 2014 à 21h39

aviatha
la quantité de relations déterminent la qualité de celles-ci.

Lulutine
Je ne partage pas cet avis-là, par contre.

Je crois que "qualité" ici ne signifie pas "bonne qualité". Du point de vue d'Aviatha, la relation a une qualité autre en étant unique - meilleure pour elle, mais pas dans l'absolu.
Pour ma part, je crois que cette qualité est moins dans la relation que dans le ressenti de celui qui la vit.
On parle du fond affectif, hein, pas du mode de vie pratique.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le vendredi 03 janvier 2014 à 22h36

Merci Siesta d'avoir explicité mon point de vue. Pour moi la quantité de relations détermine la qualité de chacune, mais cette qualité est variable selon les gens, comme pour l'exemple des enfants : certains sont ravis avec un enfant unique, d'autres ne s'imaginent pas vivre sans leur demie-douzaine de gosses, et pour chacun le rêve de l'autre ressemble à l'enfre, la question c'est de s'y retrouver c'est tout :-)

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LuLutine

le dimanche 05 janvier 2014 à 18h21

aviatha
Merci Siesta d'avoir explicité mon point de vue.

Oui ok, je comprends mieux je crois.

Pour ma part si on me propose une relation exclusive, je n'en voudrai pas parce que je ne souhaite pas une relation de cette qualité-là.
Je souhaite une (des) relation(s) d'une autre qualité, c'est tout.

Ni meilleure ni moins bonne, juste différente.

Et chez toi c'est l'inverse (tu recherches exactement la qualité de relation que moi je fuis, tu fuis la qualité de relation que je recherche).

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aviatha

le dimanche 05 janvier 2014 à 23h09

Exact, de même que les parents de famille nombreuse volontaire finiraient par déprimer avec un enfant unique, et les parents d'enfant unique volontaire par devenir fous avec six gosses. Pourtant l'un n'est pas mieux que l'autre, il y a juste des gens qui sont faits pour l'un, pour l'autre, pour un truc entre les deux.

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LuLutine

le dimanche 05 janvier 2014 à 23h18

aviatha
Pourtant l'un n'est pas mieux que l'autre, il y a juste des gens qui sont faits pour l'un, pour l'autre, pour un truc entre les deux.

Ouaip.
On se comprend en fait ^^

Et on se ressemble beaucoup toi et moi (sauf sur le sujet du choix des relations poly ou mono) ;)

Ca serait sans doute sympa de se rencontrer un jour ! A l'occasion peut-être, sait-on jamais !

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