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Polyamoureuse pas assumée

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LuLutine

le jeudi 24 octobre 2013 à 17h30

aviatha
La demande véritable derrière tout ça, c'était bien qu'il accepte le changement.

Une demande n'est pas un ordre. C'est un problème de demander ? Après, on ne demande pas que l'autre accepte, on demande qu'il essaye d'accepter, ce qui est bien différent. Même quand ce n'est pas formulé comme ça (c'est un abus de langage : "Je te demande d'accepter", tu te vois dire ça en le pensant réellement tel quel ? Alors que la personne elle-même n'a pas totalement le contrôle sur ce qu'elle peut accepter ou pas ?).

aviatha
Pour ce qui de ton cas, encore, j'ai du mal à comprendre que les gens se braquent sur des choses posées dès le départ... ou alors on commence pas dans ce cas...

On se pose la même question, et en même temps on fait la même constatation : que c'est plus courant qu'on ne le pense.
Ca peut tenir je pense, dans certains cas, au fait que beaucoup de gens n'entendent que ce qu'ils ont envie d'entendre et/ou ne croient que ce qu'ils ont envie de croire. J'ai entendu un jour un ex, à qui je réexpliquais pour la nième fois que non, je n'allais pas devenir exclusive, et que c'était dangereux (et dommageable à moyen ou long terme) qu'il le croie, me dire : "Laisse-moi croire ce que je veux".
Je ne l'empêchais pas de croire cela dit (comme si on pouvait faire cela !), mais je lui signalais qu'il se faisait probablement des illusions (si j'en avais été consciente dès le départ, je n'aurais pas entamé la relation d'ailleurs).

Malheureusement il y a le coup classique de "Il/elle n'a pas trouvé LA bonne personne, mais puisque c'est moi LA bonne personne, je vais éclipser tous les autres, c'est juste qu'il/elle ne s'en rend pas compte pour le moment." Qui conduit à bien des désillusions...

(Bien sûr ce n'est pas la seule possibilité, c'en est une parmi d'autres, un exemple d'explication de ces comportements à première vue incohérents.)

aviatha
"j'ai besoin de vivre cette expérience, cette histoire là, je ne sais pas où ça nous mène et peut-être que je fonce dans le mur, mais j'ai besoin de le tenter et que tu sois à mes côtés".

Ton histoire est particulière quand même, tu as bien précisé (et on va supposer que tu n'as pas mal traduit les propos de ton compagnon) que dès le départ c'était sensé être passager, que ça ne devait pas durer. Donc rien à voir avec "le poly est non négociable". Vraiment rien du tout, c'est même presque le contraire.

aviatha
Si on m'avait dit "maintenant je suis comme ça et c'est non-négociable", la seule réponse que j'aurais eu est que la porte était non-négociable non plus, puisqu'on veut jouer au plus fort.

Et c'est ton droit, mais je ne suis pas persuadée que ce soit tant une histoire de "jouer au plus fort", que de se préserver soi-même, par rapport à ses besoins profonds (et ce, d'un côté comme de l'autre).
J'ose espérer que tu n'aurais pas claqué la porte "pour jouer à la plus forte" mais bien, tout simplement parce que ça ne te convenait pas comme situation, ce qui me semble plutôt sain.

aviatha
Je ne vois aps le rapport entre imposer la situation et demander "j'aimerais que tu me quittes"

Ce que j'essaie de te demander c'est : quelle est l'alternative entre dire qu'elle ne peut pas revenir en arrière (c'est un constat, pas une histoire d'imposer, ou alors on peut dire qu'à l'opposé, homme partit impose à sa compagne une interdiction d'évoluer, c'est tout aussi violent) et terminer la relation, si ce n'est celle que femme parti à tenté ?
Pourquoi sembles-tu (à te lire, et j'interprète peut-être mal) lui reprocher d'avoir essayé ?
Il y a décidément une forte culture de l'immobilisme de par chez nous, du moins c'est mon impression

aviatha
Et encore une fois j'ai du mal avec cette notion de progrès quand il y a eu autant de dégâts

.

Des dégâts y en a toujours dans la vie, y en aurait eu s'ils étaient restés exclusifs (de par le mal-être profond engendré du côté poly, qui aurait ricoché sur le mono).

Pour l'instant on n'a qu'une vision à court terme. Faut voir ce que le long terme réserve, mais si chacun suit ses besoins, je suis plutôt confiante.

Ca ne veut pas dire qu'on ne se rétame pas sévère entre temps. Comment les médailles d'or de ski ont-elles progressé ? En se cassant la figure. Pareil pour les champions de course automobile, ils ont eu des accidents (pour la plupart d'entre eux), et certains en sont morts, oui. Mourir, c'est un des risques de la vie. Etre heureux aussi !
Alors oui, on n'a pas tous la même appréciation des risques qu'on est prêt à prendre, c'est personnel. Mais si on les prends, c'est qu'on est prêt à les prendre. Ou inconscient, mais là c'est une autre histoire (dans ce cas si on survit, on sera probablement devenu moins inconscient, ce qui est un progrès très positif à mon sens !).

Donc pour reprendre ton exemple, si tu sautes du troisième, soit tu as accepté le risque (élevé !) de mourir (voire tu veux te suicider), soit tu es totalement inconsciente, et dans ce dernier cas si tu survis tu auras appris une grande leçon voire plusieurs : par exemple qu'il est dangereux de sauter du troisième, qu'avoir les deux jambes cassées ça fait super mal, que tu tiens à la vie plus que tout, etc.

homme partit
je me suis senti bafoué, trompé et manipulé.

Tu me confirmes ce que je pense. On est sur un ressenti, pas sur du factuel, pas forcément sur de l'intentionnel de la part de ta femme.
Bien sûr que sa passion a pu la rendre aveugle à certaines choses, personne ne se rend compte de tout. Et toi ta souffrance aussi t'a rendu aveugle de beaucoup de choses (peut-être encore).

homme partit
Dans la finalité, elle voulait avoir deux histoires, elle n'en a plus aucune

Faudrait son témoignage à elle pour être sûrs qu'elle "voulait avoir" deux histoires.
Parce qu'avec cette formulation ("avoir"), on retombe peut-être dans l'obsession de posséder à tout prix, ce que pour ma part je ne trouve pas très poly. Je n'ai pas eu l'impression que ça ait été sa démarche, du moins pas avec cette force ("je veux" c'est beaucoup plus fort que "j'aimerais", et c'est en effet la différence entre chercher à imposer et proposer, et je le redis il me semble que sa démarche relève plus d'une proposition, même si elle a affirmé très fort ne pas souhaiter vivre sans toi, ce qui est parfaitement humain et compréhensible).

Dans l'absolu, pour un poly, ce n'est pas "avoir des histoires" qui compte, c'est - comme pour un mono, du moins je l'espère même si beaucoup de monos m'en font douter ! - de vivre en accord avec lui-même.

homme partit
comment pourrait-elle réparer le couple. Mais un couple se reconstruit à 2.

Là je suis d'accord, elle devrait plutôt te demander "Comment pourrions-nous reconstruire notre couple, et si tu penses que c'est possible quelle serait ma part dans ce processus ?"

Surtout que se poser elle-même comme la seule responsable de cette reconstruction, c'est casse-gueule. Si tu la prends au mot (je sais que ça ne sera pas le cas même si tu décides un jour de retenter l'aventure), ça se termine par toi en train d'exiger énormément d'elle, et elle ne pouvant rien te demander, puisqu'elle est l'unique responsable/fautive, et que du coup toi tu n'as rien à faire. Evidemment que ça ne fonctionne pas comme ça !

Oui, quel que soit l'élément déclencheur d'une crise dans une relation, elle se reconstruit toujours à deux, j'en suis persuadée.

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homme partit (invité)

le jeudi 24 octobre 2013 à 18h26

LuLutine, tout ce qui touche aux sentiments, aux relations humaines est principalement composé de ressentis basés sur les actes et mots de l'autre. Il serait trop simple, à mon sens, de quantifier un sentiment, de qualifier de secondaire ces fameux ressentis.

Lorsque ma femme m'a dit que son poly était non négociable, il n'y a pas d'acte proprement dit mais des paroles blessantes à entendre pour moi. Je devenais soumis à sa décision, à son bon vouloir. La douleur n'est pas systématiquement visible, mais son ressenti fait mal.

Maintenant, ma femme pourra donner son avis sur cette volonté d'avoir 2 histoires, car cela ne reste que mon interprétation. Par contre, j'ai pris conscience qu'aimer 2 personnes à la fois ne signifie pas systématiquement être poly. Serait-elle dans ce schéma là?

Une reconstruction doit se faire à 2, j'en suis convaincu. Par contre, je le suis moins sur ma volonté de retenter une histoire avec ma femme. Je ne la considère pas comme étant l'unique fautive de notre séparation, seulement responsable d'avoir allumé la mèche.

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LuLutine

le jeudi 24 octobre 2013 à 18h32

homme partit
Il serait trop simple, à mon sens, de quantifier un sentiment, de qualifier de secondaire ces fameux ressentis.

Où ai-je dit que c'était secondaire ?
Les ressentis sont au contraire au centre du dialogue dans une relation.
Par contre, ils n'ont rien à voir selon moi avec l'intentionnalité de l'autre.

homme partit
Je devenais soumis à sa décision, à son bon vouloir.

Parce que c'est elle qui décide de tes actes ?
Rassure-moi...

homme partit
aimer 2 personnes à la fois ne signifie pas systématiquement être poly. Serait-elle dans ce schéma là ?

C'est vrai, et c'est possible, mais elle seule pourra le dire, avec le temps.
Laisser du temps au temps. Encore un principe assez poly à mon sens (même si on n'y arrive pas toujours parfaitement).

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homme partit (invité)

le jeudi 24 octobre 2013 à 19h46

Modifier un contrat de vie tout en sachant que son conjoint en souffre, j'admets volontiers que l'intention de faire mal n'est pas la priorité, mais c'est dur à encaisser tout de même. Il faut une grande maitrise de soi pour ne pas péter un câble à un tel moment, les réactions à chaud traduisent souvent le ressenti de l'instant.

Je dirai même que le fait de chercher à comprendre son poly a été contre productif pour moi, car mon comportement rassurait ma femme qui partait de plus en plus dans son poly. Je parle de mon cas perso, je ne généralise pas.
Certains me diront que son poly devait se déclarer tôt ou tard, mais un moins compréhensif de ma part aurait peut-être modifié la façon de faire de ma femme.

J'ai encore ce sentiment de n'avoir pas compté dans son changement de vie, de n'avoir pas eu mon mot à dire. Ensuite, il y a tout un processus d'auto dépréciation qui se met en place. mes ressentis douloureux dépendent de la décision de ma femme de vivre son poly.

Lorsque ma femme impose son poly, elle décide pour moi, car elle choisie seule de notre mode de vie. Il ne me reste qu'a accepter ou pas entrainant notre séparation. Je peux comprendre un désir d'autre chose, mais je n'accepte d'être devant le fait accompli, car il ne s'agit pas d'une broutille passagère.

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LuLutine

le vendredi 25 octobre 2013 à 00h26

homme partit
mais c'est dur à encaisser tout de même.

Quequ'un t'a-t-il dit le contraire ?

homme partit
les réactions à chaud traduisent souvent le ressenti de l'instant.

Et ne traduisent pas les faits. On est d'accord.

homme partit
Lorsque ma femme impose son poly, elle décide pour moi, car elle choisie seule de notre mode de vie.

Bon, t'es encore à chaud là, j'ai l'impression.

Je ne suis pas d'accord avec cette phrase, elle me choque même. Sinon un conjoint qui décide de devenir végétarien l'impose à l'autre aussi, du coup. Je ne crois pas qu'on puisse dire ça, ça me semble exagéré.

Si ta femme décidait de devenir végétarienne, se s'engager dans la marine, de travailler de nuit, ou autre chose encore...qui irait dire qu'elle "choisit seule le mode de vie du couple" ? Pas moi en tout cas (et pourtant ce ne sont pas des bouleversements négligeables). Le dire, ce serait refuser l'impermanence de la vie. Et ça ne me semble pas très sain.

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aviatha

le vendredi 25 octobre 2013 à 00h50

Encore une fois je suis fatiguée, je vais faire bref et je m'excuse si ça peut paraître un peu lapidaire.
- Je ne suis pas sûre que mon cas soit très différent de celui du couple dont il est question ici, elle non plus ne semble pas très au fait de de ce qu'elle veut et envisageait cela non pas comme mode de vie suite à un cheminement mais comme réponse à un coup de foudre, donc pour moi ça ressemble.
- Jouer au plus fort, il y a un peu de cela aussi, il me semble que c'est Siesta qui l'avait formulé, ce côté, je m'impose en posant les c*** sur la table, parce que sinon j'ai peur que l'autre m'oblige à des concessions si ne m'impose pas, moi et mes décisions. Donc si, un peu quand même. Pour mon cas, il y aurait eu, un, le fait que je l'ai dit, ce n'est pas pour moi, effectivement, et deux, quelqu'un qui impose ses choix perso dans un couple à deux de cette façon, je n'en veux pas dans ma vie.
- Je ne reproches pas d'avoir essayé, et je ne reproche rien à personne d'ailleurs. Je dis simplement que à mon sens la manière était mauvaise. On ne met pas les gens devant un fait accompli qu'il leur fait violence en leur expliquant que maintenant c'est comme ça et qu'en plus ils doivent bien le prendre. Et je ne trouve pas qu'homme parti lui ai interdit d'évoluer, bien au contraire, il a cherché à comprendre et a juste fini par dire "fais ce que tu veux, mais ce sera sans moi".
- Je suis d'accord, le risque est à la mesure de l'apprentissage, je dis juste que, s'il faut sauter du troisième et se péter les deux jambes pour se rendre compte qu'en fait c'est dangereux, c'est qu'on pas réfléchi et c'est du gros gâchis. Ce qui me semble s'appliquer à ce cas.
- Et pour la dernière intervention, je suis d'accord avec homme parti. Oui, en faisant ça, elle a changé et choisi seule de changer leur mode de vie. Et je dirais la même chose si elle décidait de s'engager dans la marine en ayant un conjoint qui rêve d'une vraie vie de famille ou de devenir végétarienne et de ne cuisiner plus que comme ça en vivant avec quelqu'un qui adore la viande. Ce n'est pas une question d'impermanence, bien sûr les gens changent, évidement. Mais quand tu t'engages avec quelqu'un dans un projet de vie qui a une certaine forme et certaines contraintes et qu'ensuite tu veux toi tout seul prendre une direction qui est incompatible avec ça, ça s'appelle modifier seul ce qui est sensé être un contrat à deux.

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LuLutine

le vendredi 25 octobre 2013 à 01h04

aviatha
pour moi ça ressemble

C'est ton opinion.

aviatha
Et je ne trouve pas qu'homme parti lui ai interdit d'évoluer,

Ce n'est pas ce que j'ai dit.

aviatha
Ce qui me semble s'appliquer à ce cas.

Pas d'accord.

aviatha
je dirais la même chose si elle décidait de s'engager dans la marine en ayant un conjoint qui rêve d'une vraie vie de famille ou de devenir végétarienne et de ne cuisiner plus que comme ça en vivant avec quelqu'un qui adore la viande

Ce ne sont pas les exemples que je donnais.

aviatha
ça s'appelle modifier seul ce qui est sensé être un contrat à deux.

Non, ça s'appelle éventuellement (bien que pas systématiquement !) rompre le contrat, ce qui est un droit. Rien n'empêchant d'en proposer un autre pour voir si on peut continuer la relation.

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Siestacorta

le vendredi 25 octobre 2013 à 01h44

Désolé si j'ajoute quelques mots sur un fil déjà hmmm tendu...

1) modifier le contrat, y ajouter un avenant polyamour, c'est pas le détruire, à moins que l'exclusivité en ait été l'unique article.

2) le fait que le contrat passé est modifié unilatéralement est à modérer par le fait que le contrat exclusif est le contrat par défaut proposé par la société. Le contrat traditionnel est de parti-pris exclusif par défaut ; se rendre compte qu'il ne nous convient pas personnellement ne se réduit pas à un irrespect de la parole donnée, parce qu'on a donné une parole qui se fait passer pour la seule envisageable. Comme en réalité ce n'est pas la seule, le risque que cette parole puisse être remise en cause est déjà présent dans l' ignorance de la possibilité qu'elle puisse l'être.

Non, c'est pas qu'un paradoxe sémantique, je crois que je touche vraiment une réalité des situation de changement.

Ça n'affaiblit en rien la force du désarroi de celui qui continue à désirer que soit respecté le contrat initial, et ça ne déresponsabilise pas du tout la personne qui a modifié son comportement avant de modifier le contrat.

3) mais je crois qu'il ne faut pas négliger que le non-exclusif ne veut sincèrement pas annuler le contrat ; qu'au contraire, il le considère comme une base de son nouveau comportement : il s'est mis dans une situation où il voit que ce qu'il vit est bien sentimental, est une continuité de ce qu'il vivait auparavant, mais... ça n'est pas décrit dans le contrat. C'est de bonne foi qu'il peut avoir cru que changer le contrat ne revenait pas à remettre en cause la nature du lien que le contrat décrivait.
Même si l'expérience de la souffrance de son partenaire le fait revenir souvent brutalement sur l'apparente évidence de son constat.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Dom

le vendredi 25 octobre 2013 à 03h32

Sans surprise, je rejoins Lulutine sur l'affaire du contrat. Et les responsabilités afférentes.

D'ailleurs, homme partit, tu demandais plus haut pourquoi ta femme se remettait beaucoup en question, maintenant que tu avais dit que pour tu n'acceptais plus. Je pense que c'est pour la même raison que celle qui t'as poussé à chercher à comprendre le poly et voir si tu pouvais composer avec. Vous êtes tous les deux dans l'empathie, mais sur un rythme décalé (c'est pas un reproche, vu la complexité de la situation je pense que c'était dur de faire autrement), suite à un changement de contrat de l'autre (poly non négociable, puis poly impossible). Je pense que ce fonctionnement est relativement sain dans la mesure où chacun se rend compte de ses limites/envies et les questionne.

Sur le cas de l'amalgame poly/adultère: les deux ont été imbriqués, du coup je comprends que les frontières soient pas très nets (pour toi comme pour elle). Ceci dit, c'est bien que tu en aies conscience.

homme partit
Je dirai même que le fait de chercher à comprendre son poly a été contre productif pour moi, car mon comportement rassurait ma femme qui partait de plus en plus dans son poly. Je parle de mon cas perso, je ne généralise pas.
Certains me diront que son poly devait se déclarer tôt ou tard, mais un moins compréhensif de ma part aurait peut-être modifié la façon de faire de ma femme.

--> mmh, moi j'ai l'impression que si tu avais été moins compréhensif, p-e qu'elle ne l'aurait pas vécu et au final bonjour l'effet boomerang. Elle malheureuse et toi aussi ('fin sauf si tu étais vraiment moins compréhensif, mais p-e qu' alors elle n'aurait jamais eu d"histoire avec toi en fait).
Encore une fois, je ne pense pas que dans votre situation, il y avait une voie permettant de s'en sortir sans dégâts, sans souffrance.
Donc au final, retour à la source de la relation, soi-même. Comme elle l'a fait quand elle a affirmer son poly, comme tu l'as fait quand tu as affirmé que tu ne pouvais pas continuer. C'est un petit peu du tour par tour, action/réaction. Prochain tour à femme parti, j'espère qu'elle arrivera à y voir plus ou moins clair et qu'elle arrivera à trouver les réponses concernant ses attentes, ce qui est nécessaire à son épanouissement.

Enfin, sur le positif, ce n'est sûrement pas quand on a le nez dedans qu'on peut le percevoir (c'est souvent des mois voire des années plus tard), mais toute la réflexion sur poly/adultère/tomber amoureux même quand on est mono ne sera pas perdue. C'est sûr que c'est dommage qu'elle se fasse au prix d'une relation qui vous est/était chère, mais les personnes évoluant, c'est parfois inévitable.

Siestacorta
le risque que cette parole puisse être remise en cause est déjà présent dans l' ignorance de la possibilité qu'elle puisse l'être.

(+)

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homme partit (invité)

le vendredi 25 octobre 2013 à 08h18

La décision de ma femme de découvrir le poly a eu des répercussion sur notre couple et donc sur moi. De ce fait, elle décide pour nous, pour le couple et donc pour moi. Devenir végétarien demande 2 cuisines différentes, devenir marin impose des séparations au couple. La différence est l'impact de cette décision sur l'autre. Il est clair que devenir végétarien n'a rien de sentimentalement douloureux.

Une modification de contrat n'est pas systématiquement destructeur lorsque chacun s'y retrouve. Que l'exclusivité soit le contrat type par défaut est un fait, mais imposer une autre façon de vivre en est un autre.
Je comprends qu'être dans le gagnant-gagnant n'est certainement pas la bonne méthode pour accepter cet avenant, mais si je reste perdant dans cette évolution, à quoi bon l'accepter? Je pousserais même à dire que les 2 sont perdants dans mon couple.
Maintenant, ma femme a t-elle eu un coup de foudre pour son autre amoureux en le traduisant comme une attitude de poly? Je le pense, mais cela n'enlève rien à ma douleur. Est-ce du à l'amalgame du début poly-adultère?

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Siestacorta

le vendredi 25 octobre 2013 à 11h53

Bon, même si ça ne ferme évidemment ni le débat ni n'invalide les affirmations des uns ou des autres, ce petit texte va assez bien avce mon souci de questionner l'avant du changement.

Par contre, l'article, par défense de la non-exclusivité, est "à charge" sur le comportement conjugal à long terme, alors que de mon point de vue, il s'agit seulement de le questionner et de le comprendre.

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LuLutine

le vendredi 25 octobre 2013 à 13h43

homme partit
ma femme a t-elle eu un coup de foudre pour son autre amoureux en le traduisant comme une attitude de poly ? Je le pense,

C'est une possibilité parmi d'autres, mais seul le temps vous le dira.

Un ex avait l'air de penser (ou de vouloir penser ?) - du moins c'est mon interprétation - que je ne tenais pas réellement aux autres personnes rencontrées et que j'allais les quitter. J'ai l'impression qu'il s'est rendu compte que c'était faux et c'est là qu'il est parti en m'insultant.

Parfois on a envie de croire certaines choses, et je pense que tu n'es pas dans une situation qui te permet d'avoir des certitudes. Tu as probablement besoin de te rassurer (même si comme tu le dis ça n'enlève rien à ce qui s'est passé) en te disant "elle n'est pas poly, c'est juste un coup de foudre", et c'est peut-être vrai, mais si ça se trouve c'est faux (avec une probabilité plus importante que ce soit faux, à mon avis, car sinon elle se serait posé des questions plus vite - je parle toujours en probabilités, il est toujours possible que la réalité soit à l'opposé même si je ne miserais pas dessus).

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Siestacorta

le vendredi 25 octobre 2013 à 14h30

Bon, sinon, aviatha et l'homme parti, je tenais à vous rappeler que si parfois je (sans doute "on", menfin le je j'en suis sûr) tend à critiquer certains point de vue, c'est pas une prise de parti en faveur de vos partenaires, hein. C'est pour considérer la bienveillance dans un amour poly... Et qu'il n'est pas injuste parce qu'il peut faire souffrir, pas plus que l'amour exclusif serait nécessairement un oppresseur pour les gens sur lesquels il se porte.

Je pense que polyamour et monogamie peuvent tous deux être le cas de bienveillance/malveillance, écoute/négligence, domination / coopération, et que dans le cas poly/mono, il n'y a pas de bon et de mauvais camp.

Ca va sans dire, ça va mieux en le disant....

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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LuLutine

le vendredi 25 octobre 2013 à 14h37

Siestacorta
Bon, sinon, aviatha et l'homme parti, je tenais à vous rappeler que si parfois je (sans doute "on", menfin le je j'en suis sûr) tend à critiquer certains point de vue, c'est pas une prise de partie en faveur de vos partenaires, hein. C'est pour considérer la bienveillance dans un amour poly... Et qu'il n'est pas injuste parce qu'il peut faire souffrir, pas plus que l'amour exclusif serait nécessairement un oppresseur pour les gens sur lesquels il se porte.

Je pense que polyamour et monogamie peuvent tous deux être le cas de bienveillance/malveillance, écoute/négligence, domination / coopération, et que dans le cas poly/mono, il n'y a pas de bon et de mauvais camp.

Ca va sans dire, ça va mieux en le disant....

Tout pareil. J'ai pas besoin d'écrire, Siesta le fait à ma place :)

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aviatha

le vendredi 25 octobre 2013 à 15h07

Siestacorta
Ca va sans dire, ça va mieux en le disant....

Je vais finir par te piquer cette phrase :-)

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Siestacorta

le vendredi 25 octobre 2013 à 15h35

Ben j'en suis pas le proprio originel, donc bon, si jamais il réagit et vient défendre ses biens, on coopère.

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homme_partit

le samedi 26 octobre 2013 à 17h43

Voilà, c'est fait, je me suis inscrit sur ce forum.

J'ai eu une nouvelle discussion hier soir avec ma femme. Il est un fait que notre situation génère beaucoup plus de discussions profondes qu'auparavant, un mal pour un bien, même si je m'en serais passé.

Elle désire reprendre notre histoire, cesser son poly, me revenir exclusive. Elle m'assure avoir pris conscience de ma souffrance, qu'elle ne désire personne d'autre que moi, une déclaration qui m'a réellement secoué.

Si ce n'est que de mon coté, je suis perplexe. Effectivement, pourrait-elle rester mono après ce qu'elle a connu? Son amour pour moi est-il suffisant et est-ce une bonne raison de ne pas écouter ses envies et stopper son épanouissement? Je ne me sens pas le droit d'abuser de cette situation pour qu'elle soit comme je le désire. Chasser le naturel n'est jamais bon.

Je ne sais pas si son autre amoureux n'était qu'un coup de foudre ou si elle est réellement poly, mais je ne veux pas qu'elle reste avec moi à son propre détriment, cela ne nous conduira pas très loin.

J'ai donc demandé du temps. Si je n'ai pas de doute quant à mes sentiments pour elle, ces dernières semaines ont été douloureuses. Un souffrance sentimentale mono ou poly est tout aussi douloureuse.

Siestacorta, tu as raison, il n'y a pas de bon ou mauvais camp, seulement des gens qui souffrent ou pas.

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LuLutine

le samedi 26 octobre 2013 à 18h14

homme_partit
Je ne me sens pas le droit d'abuser de cette situation pour qu'elle soit comme je le désire. Chasser le naturel n'est jamais bon.

[...] je ne veux pas qu'elle reste avec moi à son propre détriment, cela ne nous conduira pas très loin.
[...]
Siestacorta, tu as raison, il n'y a pas de bon ou mauvais camp, seulement des gens qui souffrent ou pas.

Que dire sinon que j'admire ta lucidité et ton souci de l'autre...

En effet, vouloir qu'un poly se mette à se comporter comme un mono, c'est voué à l'échec. C'est demander à un poisson de grimper sur un arbre comme un singe...

Avez-vous discuté de ce que vous feriez si ta femme retombait amoureuse d'une autre personne ?

Si je lis bien, le premier message signé "homme partit" date du 18 août. Soit il y a moins de deux mois et demi. Tu dis dans ce message que tu as quitté ta femme depuis deux semaines.

Donc en arrondissant, ça fait trois mois que tu es parti. Je ne suis pas certaine qu'en trois mois ta femme ait un recul suffisant pour jurer qu'elle n'aura jamais plus de souhait pour une autre relation (en fait, les mono ne le peuvent pas non plus, ils considèrent juste que dans ce cas ils se sépareront, mais bon).

Donc discuter de "qu'est-ce qui se passe si "femme parti" retombe amoureuse ailleurs ?" ne me semble pas inutile. Si elle te promet que ça n'arrivera plus, ça me semble irréaliste. Même un mono est incapable de promettre ça de toute façon.

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Siestacorta

le samedi 26 octobre 2013 à 18h56

homme_partit


Si ce n'est que de mon coté, je suis perplexe. Effectivement, pourrait-elle rester mono après ce qu'elle a connu ?

Concrètement, ce qu'elle a connu, c'est un poly qui n'assumait pas, et un compagnon qui s'est éloigné au risque de la quitter.
Je doute que cette expérience la motive à retenter le coup...
Mais les motivations sont peut-être pas là.
Si elle était réellement attirée par un mode de vie non-exclusif dans la suite de votre relation, ça prouvera qu'elle imagine ça avec toi dedans, et que cette non-eclusivité,c'est pour des raisons à elle, plutôt que par coup de foudre.

De ton côté, crois-tu pouvoir et vouloir encore la rendre heureuse, à travers votre relation ?

Sachant que ce que dit Lulutine est assez juste, le risque que quelqu'un ne tombe plus amoureux, qu'il soit mono ou poly, existe toujours... Le risque d'être séparé est-il plus dangereux que celui de ne plus être l'amant unique ?
Apparemment, non, puisque tu as fait des démarches en ce sens. ET que la déclaration de son amour, même avec ton doute, te touche.
En même temps, pour l'instant, tu n'es pas allé complètement au bout de cette logique-là, sinon tu n'en serais plus à réfléchir.
Donc, qu'est-ce qui est désagréable, qu'est-ce qui est insupportable, et pourquoi c'est pas dans l'autre sens pour toi ?

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le samedi 26 octobre 2013 à 19h27

homme_partit


Siestacorta, tu as raison, il n'y a pas de bon ou mauvais camp, seulement des gens qui souffrent ou pas.

Juste pour lever un doute, on est d'accord, le poly peut autant souffrir que le mono, la différence relevant plutôt de la manière de chacun à continuer sa vie ensuite ?

Sinon... C'est pas lié qu'à ta situation, mais ça l'est par défaut... Un truc qui me vient à l'esprit...

C'est qu'il y a une dissymétrie dans l'initiative, dans les témoignages qu'on lit le plus souvent ici, au début d'une crise mono/poly : le poly est celui qui l'amène . Mais si la crise finit en rupture, la perte du poly est plus difficile à laisser derrière lui. Pas plus douloureuse, puisqu'on souffre chacun ce qu'on peut souffrir, et comme je disais, on se soigne selon sa propre capacité à cicatriser et ses propres façon de vivre.
Pour le mono, un ex peut n'être qu'un ex, le passé est le passé. A moins d'aller vers une logique de "je ne rencontrerai plus jamais personne", l'amoureux suivant prendra une place très comparable à celle que l'ex avait.
Tandis que pour le poly, la place vide reste la place qu'aurait pu et que pourrait encore avoir le mono avec qui il y a eu rupture.
Le poly voulait être poly avec ce mono, et peut encore avoir besoin de l'ex, même si sa vie amoureuse a continué ; tandis que si la vie amoureuse du mono a continué, ce besoin est voué à être oublié.

Je reformule pour qu'on se trompe pas sur le sens de la comparaison. La souffrance d'une rupture est la même, mono/mono, poly/poly, mono/poly, et il ya plein de raisons différentes de rompre, valables pour tous. Désamour, évolutions divergentes, projets d'enfant ou non, accidents, désaccords... ya pas que l'exclusivité et la non-exclusivité, qui fâchent les gens, et les blessures que ces autres raisons laissent sont aussi douloureuses pour tous.

Mais quand la raison de la rupture est uniquement la non-exclusivité (et comme je l'ai rappelé plus haut, elle a bon dos, la non-exclusivité...) pour le mono le manque sera celui d'une personne qui n'a pas su l'aimer "vraiment", pour le poly, le manque sera celui de quelqu'un qu'il aimait (aime) "vraiment".
Le poly peut avoir l'initiative de la rupture, parce qu'il peut souffrir autant que le mono d'une relation en crise, mais il peut "logiquement", dans sa vision de la fidélité, avoir plus de mal à trouver en lui la motivation de rompre.

Le début de la crise était dissymétrique, la fin l'est aussi.
Symétriquement.
Bref.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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