Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

[Texte] L’amour au 21e siècle : Dépendance affective et peur de l’engagement, Gabriel Luneau, 2014

Monogamie
#
Profil

LuLutine

le mercredi 29 octobre 2014 à 18h53

medialibredelaterre.wordpress.com/2014/10/22/amour...

Des réflexions intéressantes dans cet article, bien qu'il ne remette pas en question (a priori) l'exclusivité pour tous.

Dommage, il n'y manque pas grand-chose pour y arriver je pense...

Dommage aussi de parler de "vrai" amour (à opposer à quoi ? au "faux" amour ?) !

#
Profil

artichaut

le mercredi 13 novembre 2019 à 05h48

Le nouveau lien : https://consciencehumaniterre.wordpress.com/2014/1...

et tant qu'on y est, hop :

Ces temps-cis, on se demande souvent «  qu’est-ce qui cloche avec l’amour de nos jours? Pourquoi a-t-on constamment besoin d’avoir quelqu’un avec nous, qui nous apprécie juste assez pour nous embrasser et nous caresser? Pourquoi tant de gens ont peur de l’engagement et feraient tout pour ne pas (vraiment) tomber en amour, par peur de se faire blesser?»

Je pense avoir ma petite hypothèse là-dessus. Je pense qu’on est en manque d’amour tout court, et non pas de vrai amour inconditionnel. Je m’explique ;

Avec le temps, notre société se forme et s’adapte aux différents comportements. Certaines choses deviennent obsolètes, tandis que d’autres deviennent plus acceptables. Oui, certains diront que le sexe est de plus en plus présent partout où l’on va, et je suis entièrement d’accord avec eux, mais ça ne rend pas la chose plus normale ou acceptée. Au contraire, l’acte en tant que tel est rendu tabou à un tel point qu’on n’ose plus montrer un mamelon en public, ou même une paire d’épaules dans une école. On a été conditionnés à penser que la nudité et la proximité ne signifient que sexualité. Mais il n’y a rien de plus faux que cette croyance.

Au tout début, nous étions, tel des animaux, tous à quatre pattes dans l’herbe, à se promener à poil (parlant de poils, merci à l’industrie du porno de les avoir rendus répugnants). Une chose qui n’a pas changé depuis cette époque est que ça a toujours été dans notre nature de chercher des caresses et du réconfort. Plusieurs études démontrent les puissantes propriétés des câlins, qui peuvent aider à réduire le stress où à passer d’une mauvaise à une bonne humeur sans raison apparente.

Mais, comme je le disais plus tôt, on a été conditionnés à voir les câlins comme obsolètes et incitatifs au sexe. Donc, on en est venus qu’à se priver des rapprochements communs, qui étaient autrefois une pratique courante de réconfort naturel. C’est peut-être pour cette raison que c’est si pénible de rester célibataire de nos jours.

Je pense que le fait que l’on ait laissé tomber nos habitudes de réconfort et de chaleur humaine nous ont fait oublier leurs capacités. L’une des propriétés des câlins est la libération d’ocytocine, la fameuse hormone de l’amour, qui est responsable de l’incroyable sentiment que l’on ressent en serrant un être cher. Puisqu’on ne la pratique plus que dans nos rares moments d’intimité, c’est rendu facile de confondre de l’amour ben simple, que n’importe qui peut offrir à n’importe qui en lui donnant un minimum de proximité, de chaleur humaine et de p’tits je t’aime de temps en temps, avec un vrai amour réel, sincère et puissant. Et, parfois, quand on a connu ce genre d’amour-là, le genre qu’on donnerait notre vie pour l’autre, et qu’on a le cœur brisé, on vient qu’à avoir peur de revivre la même chose et on n’ose plus tenter sa chance.

Je pense aussi que c’est cette privation qui nous rend tous des dépendants affectifs. Bien sûr, l’ère numérique n’aide pas non plus, puisqu’on cherchera toujours à être en contact avec l’être cher et à devoir combler ce manque en cas de simple conflit ou de rupture. Ça fait qu’on n’hésite pas à aller voir ailleurs en cas de doute dans notre relation. À la place de réparer la chose comme dans le bon vieux temps, on se réfugie dans les bras du premier venu qui fera la job, qui nous dira qui nous aime, même si on sait au plus profond de nous que c’est loin d’être du vrai amour.

C’est le meilleur des mondes ; un juste milieu sécurisant entre la solitude et l’amour. Du réconfort et pas de cœur brisé. Et ça, c’est triste. Ça empêche pleins de couples, d’âmes sœurs de prospérer ensemble, d’évoluer et de faire grandir le potentiel de l’un et l’autre, de rêver ensemble à leur futur. Ça empêche aussi plein de gens de s’accomplir à fond, car comme on dit :

“Derrière chaque grand homme se cache une femme encore plus grande”

Tout ça à cause que certains gars ou certaines filles font les con(ne)s et laissent partir ceux qu’ils aiment pour des raisons superficielles, pour un manque d’affection, de proximité ou de présence. Donc c’est ça, je crois que l’on a appris à associer le contact humain avec le sexe, pour les mêmes raisons que deux personnes de sexe opposé peuvent difficilement se côtoyer sans avoir l’air d’être ensemble. En plus de nous priver de bien du réconfort, ça nous force à n’en recevoir d’une seule personne à la fois. On a tellement oublié ce que ce genre de proximité peut nous apporter, que, pour les rares fois qu’on le vit, c’est facile de confondre ce feeling là avec de l’amour.

C’est pourquoi c’est rendu si facile de penser être en amour avec quelqu’un,

C’est pourquoi tant de gens n’osent plus s’engager,

C’est pourquoi les couples qui durent sont de plus en plus rares.

Mise à jour 31 octobre 2014 :
C’est pourquoi les femmes aiment tant embrasser et se coller à d’autres femmes, où à un ami gay.

C’est pourquoi les hommes ressentent autant l’envie et le désir de se tremper le pinceau.
Fin de la mise à jour.

À cause de notre dépendance affective, causée par notre manque d’affection, causé par notre crainte du contact humain, causée par… tout ça!

J’espère qu’un jour on retrouvera notre vraie nature aimante, et que l’on s’aimera plus les uns les autres. Que l’on se souciera du bonheur des autres et que l’on apprendra à donner un sourire pour en recevoir. Car j’ai l’impression que notre société occidentale moderne individualiste et ultra-compétitive ne sait faire qu’une chose : créer des individus vides de sentiments et de compassion, qui ne pensent qu’à leur paraître, leur bien-être personnel et n’osent même plus regarder les autres dans les yeux. Des objets, des machines à sexe déshumanisées et rien d’autre.

Faudrait arrêter de juger les gens sur leur apparence et de les percevoir par ce qu’ils ont l’air, selon nos idéaux. Si seulement on pouvait voir l’âme des autres, on réaliserait peut-être à quel point on est tous pareils. Qu’on recherche tous la même chose : être aimé à notre juste valeur.

Mais la peur nous retient d’exprimer notre amour. La peur de ce que ça signifie.

Alors, sois on garde tout notre amour à l’intérieur, pour soi-même, sois on le concentre vers une seule personne, qui souvent, ne le mérite même pas.

C’est pas grave, tant qu’on sent de l’affection… Après tout, c’est ça, l’amour au 21e siècle!

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion