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Paumée avec un polyamoureux

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Katouchka

le mardi 09 avril 2013 à 15h46

Bah moi je le suis!!! Enfin je l'étais...
En fait à partir du moment où tu acceptes que ton partenaire en ait d'autres, ou que tu sais que cela pourrait arriver et que en ton âme et conscience tu l'acceptes bah alors tu es toi-même poly.
En ce qui concerne ta phrase: elle n'a pas son mot à dire. Je ne suis pas d'accord. Il lui a dit la vérité et donc elle a eu son mot à dire justement. Alors que dans le cas où il lui aurait caché, elle ne l'aurait pas eu son mot à dire.
L'égoïsme est là où on veut bien qu'il se trouve, c'est tout aussi égoïste de demander à quelqu'un d'être ce qu'il n'est pas. Chacun est responsable de lui-même. Et la vie parfois n'est pas un long fleuve tranquille. Croire que tout va rester comme avant, que les choses ne changent pas, c'est un peu comme croire au père noël. Par ailleurs, le sentiment d'être trahie, est aussi un sentiment personnel. D'autres auraient pu réagir tout à fait autrement dans le même cas. Après, et cela me rappelle une autre discussion, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas responsable en partie de ce sentiment. Voici le lien vers la discussion et surtout l'intervention de Paul eaglott qui a changé ma vie!

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Nanou-monogame

le mardi 09 avril 2013 à 15h56

Avathia s'est un peu retrouvé devant le fait accomplie à partir du moment où les sentiments de son mari se sont developpé pour cette femme. Le fait que cette femme veuille beaucoup plus; peut etre legitime mais par rapport à l'accord qu'ils s'etaient fait entre avathia et son mari fait qu'elle se sent trahie et c'est également légitime.
Malheureusement les sentiments ne se contôlent pas....pas simple comme situation

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Katouchka

le mardi 09 avril 2013 à 16h01

Oui pas simple c'est sûr...

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aviatha

le mardi 09 avril 2013 à 16h33

Ouah, que de monde encore, vous êtes géniaux, chaque fois que je m'absente il y a une page en plus^^
Aviatha, tu exprimes ton angoisse principale ainsi : " nous étions un cercle rond, des symbiotes, presque une seule personne, j'angoisse de ne plus jamais retrouver ce degré de fusion et d'intimité." Lui as-tu dit exactement ces mots ? Lui as-tu fait comprendre que tu as l'impression que votre histoire a perdu des degrés de fusion ? Est-ce à ton avis une impression personnelle, un fait avéré ? Que pense-t-il lui ? A-t-il la même impression ? Après le choc de cette nouvelle, ne penses-tu pas que vous pourriez re-essayer de reprendre où vous vous êtes arrêtés ? Avez-vous réfléchi à ce que vous pourriez faire tous les deux pour que ce sentiment disparaisse ?
En fait, nous ne parlons presque que en face à face des choses importantes, et je me laisse facilement déborder par mes émotions, au point de ne plus arriver à parler. Par écrit, c'est plus simple, et ça ressemble plus à ce que je veux dire. Je lui ai dit des choses oui, pas ces termes exactement, c'est la première fois que j'arrive à les sortir... je vais peut-être envisager l'écrit du coup, même si ça paraît moins spontané. Après à mes yeux c'est un fait avéré, il y a des petites choses qui ont disparu, des petites attentions, des attitudes qui se sont perdues depuis que c'est devenu "sérieux" avec elle. Mais du coup cela me paraît une piste à creuser.

Vous avez bien raison les filles de débattre sur la notion d'avoir son mot à dire ou pas, ça m'a fait réfléchir. En fait, bien que mise devant le fait accompli plus ou moins, ce n'est pas tant sur ce qu'il ressentait pour elle que j'ai eu l'impression d'être "flouée" que sur la façon dont cette relation a évolué.

Je m'explique. Il tombe amoureux, cela arrive, je peux le comprendre et j'essaye de le rassurer en lui disant que je ne lui retire ni mon amour ni ma confiance pour ça. Cela évolue, stagne, régresse, on finit par être d'accord sur le fait que cette situation bâtarde ne profite à personne et qu'il devrait mettre les choses au clair. Ce qu'il fait. Cela est réciproque. Je consens à cet "à côté", d'autant plus qu'il m'assure, me jure, me promet que cela ne retire rien à l'affection qu'il me porte et que cet "à côté" de notre couple va rester un "à côté".
Mais lorsque cela devient sérieux, là je n'ai pas eu mon mot à dire, alors que j'étais contre, alors qu'il m'avait juré le contraire, alors que ça allait à l'encontre même de tout ce pourquoi j'avais fait des efforts de mon côté, à l'encontre de mes projets, de mes désirs et de mes sentiments. J'essaye de "m'y faire" et de creuser les pistes que vous me suggérer ici, mais il y a malgré tout une part de moi qui continue à hurler à l'intérieur qu'elle ne voit pas pourquoi, après tous les sacrifices déjà fait, il faudrait que sa vision de l'amour et ses sentiments soient comme plus dignes de respect et plus légitimes que les miens...

Néanmoins, il m'a fait (et sa redonne un peu de baume au cœur) une déclaration incroyablement maladroite et touchante (du moins c'est mon avis) : "Ce que je veux, c'est dans dix ans être en train de m'engueuler avec toi sur le choix de la nouvelle maison."

Même dans les journées pourries il y a parfois des rayons de soleil :-)

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Tamara

le mardi 09 avril 2013 à 16h41

Heureuse et soulagée de te savoir bien entourée !
Bizzz

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alps

le mardi 09 avril 2013 à 17h39

Katouchka

ben franchement je pense que c'ets toi qui n'a rien pigé. Elle ne veut pas de polyamour. Elle le dit clairement. LE coup de tu dois te remettre en question et te faire mal est particul!ièrement bizarre. Se faire violence n'est pas je pense une methode saine.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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LittleJohn

le mardi 09 avril 2013 à 17h43

alps, pourrais-tu éviter de citer des passages aussi longs, ça nuit à la lisibilité du forum...

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Siestacorta

le mardi 09 avril 2013 à 21h19

Coucou, aviatha.

C'est pas facile de te répondre de façon "poly", parce que tu n'as pas envie de ça, parce que tu as compris la situation (ce qui est déjà bien plus que beaucoup de ceux qui viennent ici exposer leurs peines), mis des mots assez clairs... Bref, tu es à un niveau de reflexion assez poussé.

Donc, moi, je suis poly, j'y crois.
Et je te le dis : c'est pas une faute de ta part de pas avoir envie de ça. Si c'es pas ton truc, que ça ne le devient pas, et que la situation perdure, c'est pas toi qui es en tort de ne pas "bien" ressentir. Tu essayes de comprendre, tu as de l'empathie pour ton amoureux, on ne peut que te féliciter.

J'ai deux pistes à te donner, contradictoire de prime abord, à toi de dire où ça colle
- (quelque chose que je ne pensais pas dire en parlant du côté poly) tu te laisses un peu trop faire, dans ce que tu décris. Ca vient complètement comme une fatalité, pas comme un rapport entre toi et ton amoureux... Tu ne souhaites pas être poly, ce n'était pas votre contrat de départ, il n'y a rien qui t'oblige en principe à céder tout ce terrain. C'est comme si, avant même les évènements, les désirs de ton amoureux comptaient plus que les tiens. C'est un peu logique que tes émotions te dépassent maintenant : tu les as gardées "enfermées" avec toi, elles sont devenues "affamées de réalité".
- tu parles du cercle parfait, de la complétude de départ. Bon, là, par contre, tu le sais probablement, tu es dans une vision "absolue" du couple. Le myhte des hermaphrodites de Platon, des être parfaits au départ séparés en amant qui, en se retrouvant, se complètent juste parfaitement bien. L'ennui, avec ce mythe, c'est que si on ne fait plus qu'un dans un couple, c'est lequel qui a disparu ? Une partie de la douleur vient du réel, que tu n'as pas choisi, mais aussi d'un idéal que tu as en tête qui était "fait" pour être remis en cause par une réalité : oui, il y a au moins deux personnes qui ont des vies différentes, et en plus, il se passe des trucs dehors. Si on veut une sécurité, il faut la chercher dans une façon de traiter avec le réel, pas en se réfugiant dans une perfection fantasmée.

Et tu vois, ton "effacement" que je remarquais peut être une stratégie pour faire correspondre ton idéal et le réel sans passer par le réel.

En soi, c'est pas "mal", il n'y a pas de tord ou de raison là dedans. Par contre, avec ta mention d'un suicide "pour laisser la place", l'allusion à ton poids plume au point qu'il faille faire gaffe... je crois qu'on parle là d'une sensibilité exacerbée.
Et que cette blessure dont tu parles, au delà de la résolution de votre situation amoureuse, il faut que tu en soignes la partie qui vient de toi. Si votre couple "devait" être aussi protecteur pour toi, même du temps où il n'y avait pas encore d'autre fille à l'horizon, c'est pour protéger des plaies qui étaient déjà là.
Je suis pas devin, hein, on en est tous plus ou moins là.
Mais dans ton cas, on parle d'une souffrance morale aigue, et dans une situation assez bloquée.
Donc une partie du travail va être de comprendre de quoi tu as tellement peur qu'il faille absolument un refuge.
L'étape suivante, ce sera de te rendre compte du boulot qu'il y a comprendre que ce dont tu as peur, c'est en grande partie une construction mentale, pas le réel.
Et pendant tout ce temps, il va falloir expliquer ça à ton homme, pas pour qu'il porte ta peur à ta place, mais pour qu'il sache ce qu'il se passe... parce que si ça reste entre toi et toi, construire une relation à deux (ou plus) devient impossible.

Tiens, pour la première et deuxième étape, je te recommande chaudement la lecture de "se libérer du connu", de Krishnamurti. C'est un bouquin qui fait réfléchir tout en posant un questionnement perso, dans l'idée que ce qui nous fait mal, c'est d'avoir des désirs et des peurs qui travaillent "en autonome", sans tenir compte d'un présent généralement plus simple à prendre au coup par coup (je reformule façon hyper-prosaïque).

Bon courage.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Chlo

le mardi 09 avril 2013 à 21h35

On devrait avoir la possibilité de dire "j'aime" dans les réponses qu'on lit ou "je plussoie" ^^

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aviatha

le mercredi 10 avril 2013 à 01h10

Siestacorta, ce que tu dis m'aide beaucoup, je vais essayer de préciser pour faire le tri.

Concernant le mythe des Hermaphrodites, c'est un peu plus compliqué que cela. Nous nous sommes connus un été, cela devait être une amourette, et nous n'avons jamais réussi à nous séparer. Mais jusqu'à septembre cette année, soit pendant plus de 5 ans, nous avons vécu séparés par 250 km. Aussi cette fusion intense et "absolue" était-elle à la fois nécessaire (je pense) pour que deux êtres aussi amoureux qui se voyaient si peu puissent vivre dans l'éloignement, et possible car nous vivions "le reste de notre vie" (travail, études, famille) la plupart du temps séparés. Nos vies étaient différentes, nous ne disparaissions pas dans l'autre. Seulement, c'était un peu comme si nous partagions le même esprit : je suis à ses côtés dans tout ce qu'il fait et je l'emmène partout. Ce n'est pas une fusion du style "tout faire ensemble" (sorties avec les amis, boulot, loisirs...) mais comme si l'autre était toujours présent quelque part. Et sans doute que je souffre de savoir qu'il y a maintenant des moments de sa vie où ma pensée est "indésirable".

Après, il y a beaucoup de choses que tu dis qui résonnent en moi avec beaucoup de justesse, à tel point que je suis surprise d'être aussi bien cernée par quelqu'un qui m'a juste lu une ou deux fois^^
"C'est comme si, avant même les évènements, les désirs de ton amoureux comptaient plus que les tiens.", "je crois qu'on parle là d'une sensibilité exacerbée", "Si votre couple "devait" être aussi protecteur pour toi, même du temps où il n'y avait pas encore d'autre fille à l'horizon, c'est pour protéger des plaies qui étaient déjà là. "

J'ai bien conscience de tout cela. Et tout est lié ensemble. Pendant un temps, pendant le temps que j'étais avec lui et que les choses se passaient bien, j'ai cru que j'avais vaincu tout cela. J'ai cru que l'art pouvait suffire à contenir la sensibilité qui débordait quand je ne parvenais pas à vaincre mes "démons". Je vois bien aujourd'hui que ce n'est pas le cas, mais j'ai conscience d'à quel point cela peut paraître excessif.

Je sais qu'il y a en moi de grandes blessures et que je suis, pour reprendre les mots de mon cher et tendre qui en a tout aussi conscience que moi "un colosse aux pieds d'argile". Dans notre couple, sans le vouloir, sans se l'être dit mais parce que cela paraissait naturel, les rôles étaient ainsi : j'étais le phare, celle qui guide, celle qui tient droite contre vents et marées, toujours debout, toujours invaincue, toujours là même dans la tempête, et il était mon armure, avec lui j'étais invincible.
Ces "plaies" comme tu les appelles, je les connais par cœur, je sais qu'elles sont là, mais elles sont là depuis si longtemps. Elles ont fait de moi ce que je suis, avec mes défauts (j'ai une sensibilité extrême, de même qu'une tendance à l'effacement et une certaine incapacité à penser à moi-même, y compris quand les situations me font souffrir), mais aussi toutes mes qualités (mon empathie, mon dévouement, cette manie que j'ai d'aimer tout le monde, d'aimer prendre soin des gens, de leur faire plaisir sans raison comme ça, ma patience, et tout cet amour que j'ai pour lui, même si en ce moment il est maladroit). Je ne pense pas qu'elles sont possibles, ou même souhaitables, à soigner, en ce sens que je me suis appuyée dessus pour me construire.

Après, je ne dis pas qu'elles ne doivent pas être "anesthésiées" un peu. C'est vrai que, quand je le vois malheureux, quand je sens qu'il souffre, cela vibre le long de ces cicatrices et j'oublie tout, tout en moi se tend vers lui pour l'aider... mais c'est vrai qu'avec ce que tu me dis ("tu te laisses un peu trop faire, dans ce que tu décris. Ca vient complètement comme une fatalité, pas comme un rapport entre toi et ton amoureux... Tu ne souhaites pas être poly, ce n'était pas votre contrat de départ, il n'y a rien qui t'oblige en principe à céder tout ce terrain. C'est comme si, avant même les évènements, les désirs de ton amoureux comptaient plus que les tiens. C'est un peu logique que tes émotions te dépassent maintenant : tu les as gardées "enfermées" avec toi, elles sont devenues "affamées de réalité". "), je me rend compte que ça ne l'aide pas, que ça ne lui permet pas d'évaluer vraiment la situation et d'avoir une image juste.

Merci beaucoup

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Anarchamory

le mercredi 10 avril 2013 à 07h57

aviathaEt sans doute que je souffre de savoir qu'il y a maintenant des moments de sa vie où ma pensée est "indésirable".

Si l'amour de ton chéri pour cette autre femme n'était pas sur le mode de l'engouement passionné, mais de l'amour-amitié tendre et complice, est-ce que tu souffrirais ? Autrement dit, pour reprendre l'exemple des fléchettes ou des jeux en réseau LAN : si tu savais qu'il va t'appeler pour te dire qu'il vient de tester un super resto avec sa 2ème chérie, ou simplement pour savoir comment s'est passé ta journée, et que tu saches que tu peux l'appeler pendant une demi-heure si il y a un truc dont tu veux lui parler et même qu'il viendra si c'est grave, si tu ne te sentais pas inopportune... alors, est-ce que tu souffrirais de cette relation qui, de fait, ne t'exclurait pas de ses pensées ?

aviatha Après, il y a beaucoup de choses que tu dis qui résonnent en moi avec beaucoup de justesse, à tel point que je suis surprise d'être aussi bien cernée par quelqu'un qui m'a juste lu une ou deux fois^^

Siestacorta — même si je ne suis pas toujours d'accord avec lui sur tout, loin s'en faut — est assez fin psychologue je trouve, il faut le reconnaître.

aviatha
Ces "plaies" comme tu les appelles, je les connais par cœur, je sais qu'elles sont là, mais elles sont là depuis si longtemps. Elles ont fait de moi ce que je suis, avec mes défauts (j'ai une sensibilité extrême, de même qu'une tendance à l'effacement et une certaine incapacité à penser à moi-même, y compris quand les situations me font souffrir), mais aussi toutes mes qualités (mon empathie, mon dévouement, cette manie que j'ai d'aimer tout le monde, d'aimer prendre soin des gens, de leur faire plaisir sans raison comme ça,

Tu as pourtant des bonnes prédispositions pour le polyamour, manifestement... ;-)

Bonne journée !

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Siestacorta

le mercredi 10 avril 2013 à 09h26

Merci pour les compliments. Que ce soit d'une inconnue ou de quelqu'un avec qui je ne suis pas facilement d'accord, ça me rassure, parce que souvent, j'ai juste envie de me dire "mais ta gueule, siesta, ta gueule...".

Aviatha, je comprend ce que tu veux dire par "ce n'est pas forcément souhaitable de guerir mes plaies".
Je crois que tu as jusqu'ici réagi comme il fallait, en faisant de ton démon ton meilleur ami... Franchement, c'est la meilleure façon de s'en tirer.
Je ne te parle pas d'anesthésier les plaies, mais de comprendre ce qu'elles te conditionnent aujourd'hui à faire alors que ta volonté et ton intérêt devraient te faire réagir autrement.
Il ne s'agit donc pas de s'anesthétiser, mais d'être plus en accord avec soi, quitte à ce que "soi" soit une personne mois colossale.

Ce n'était pas "dit" que, dans votre couple fusionné parfait, tu étais celle qui affrontait les tempêtes. Et ce qui se passe aujourd'hui, c'est que ton amoureux vit en autonomie ; donc, quand l'entité couple avec ses rôles écrits est remise en cause, ce rôle auquel tu t'identifiais, qui te donnait du sens, est menacé... et toi aussi. Si tes émotions personnelles ne s'exprimaient que dans un rôle, étaient canalisées dans ton couple et ton "art", elles sont sans repères dans des circonstances imprévues, et tu te retrouves avec des stratégies "absurdes" (suicide et déni de tes propres besoins - déni dans le sens où tu les sens moins légitimes que ceux de ton amoureux alors qu'ils existent assez pour que tu les vives mal). Mais "toi", ça dépasse le rôle que tu te donnais.
Faire plaisir, c'est parfois "vivre le bien-être par procuration" en même temps qu'une capacité d'empathie. Ca peut être trop "par procuration", c'est déséquilibré, si soi-même on a pas une facilité à se faire plaisir, à comprendre que les autres nous fassent plaisir... Si on a pas egoïsme ET empathie en même temps.

Sinon, le fusionnel et la distance en kilomêtres n'empêchent pas, au contraire, de bâtir les rapport sur un idéalisme trop vulnérable. Tu fais plein de gestes quotidien qui renforcent l'idée d'être ensemble, mais ça ne fait pas disparaître "pour de vrai" le réel. Donc il arrive qu'à 250 km de là, il se passe des trucs qui ne correspondent pas à votre fonctionnement motorisé à l'idéal, ou, après un certain temps vraiment en vie commune carburant aux émotions amoureuses (la période de "limérence" comme on l'appelle parfois), le réel devient de nouveau aussi sensible que l'idéal.

Bref : il s'agit de comprendre comment on a favorisé une construction mentale trop simplificatrice pour être souple, et comment en faire une qui mette plus en phase ce qu'on ressent et ce qui se passe devant nous au présent.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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farfalla

le mercredi 10 avril 2013 à 10h48

bonjour aviatha

je n'ai pas lu les 51 discutions, mais je me suis retrouvé dans ta situation, marié depuis 12 ans 2 enfants, il y a un an elle me parle du polyamour et d'un autre homme, j'ai beaucoup cheminé, avec aussi des craintes et des peurs, "l'avantage que tu as" (et que j'ai aussi) c'est que vous avez quelque chose de solide, votre relation à tous les deux : "Je vis avec un homme que j'adore depuis bientôt six ans. ... nous sommes à la fois amoureux, compagnons de jeu, de travail, complices, meilleurs amis et confidents."
ça c'est le socle, il a une autre vie amoureuse, elle la voudrais exclusive car elle est mono, mais lui ? si elle insiste trop elle le perdra.
Pour ma part ce qui m'a aidé c'est de discuter avec l'autre compagnon, poser nos envies et nos limites, bien admettre que notre compagnon n'est pas notre propriété et donc il faut le partager à 3 : nous, l'autre conjoint et sa propre vie. de là j'ai réussit à construire cette nouvelle vie, ce qui reste le plus dur est la gestion de la baisse de nos relations sexuelles, on trouvera une solution ...
ma contribution est brêve, mais mono affirmer et SUR que la fidélité est la seule voie du bonheur, un an après je conçois la vie à 3, lis Françoise Simpère ses livres m'ont aidés aussi (c'est par ce biais que mon épouse m'a fait entamer la discussion sur le polyamour)
Bon Courage et bon cheminement vers cette nouvelle vie

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aviatha

le mercredi 10 avril 2013 à 11h20

Merci à tous, encore une fois, pour votre aide et vos contributions.

- A Metazet. Je ne sais pas vraiment, dire comment on réagirait "si" est toujours compliqué... mais je crois effectivement que ce serait moins dur pour moi. Il y a eu des soirs où j'avais vraiment besoin de lui parler, où je savais qu'elle était là, je me sentais inopportune, et, n'ayant personne d'autre à qui confier ce que je voulais lui dire, terriblement seule.

- Siestacorta, je pense que, une fois encore, tu as dit beaucoup de choses intéressantes et justes. A une exception près (mais que tu ne pouvais pas deviner) : "Ce n'était pas "dit" que, dans votre couple fusionné parfait, tu étais celle qui affrontait les tempêtes. Et ce qui se passe aujourd'hui, c'est que ton amoureux vit en autonomie ; donc, quand l'entité couple avec ses rôles écrits est remise en cause, ce rôle auquel tu t'identifiais, qui te donnait du sens, est menacé... et toi aussi."
Cela ne s'est pas mis en place parce que nous l'avons dit, mais cela a été dit. L'image du phare, elle n'est pas de moi, elle est de lui. Et son autonomie est relative : chaque souci d'organisation repose sur moi, chaque fois qu'il a besoin d'un conseil c'est vers moi qu'il se tourne, j'ai parfois dû le consoler et le rassurer de dispute qu'il avait avec elle. Mon rôle est toujours là, sans doute que je vis mal que lui ne remplisse plus le sien. Mais j'ai bien conscience que je vis beaucoup (trop ?) pour les autres et presque à travers eux.

- A farfalla. Que tu me reparles de cette histoire que l'autre n'est pas propriété me fait tiquer sur quelque chose auquel je ne pensais plus. Ce qui a précipité sa déclaration auprès d'elle, ça a été le fait qu' à ce moment (sans doute fatiguée d'attendre sans espoir, croyait-elle) elle commençait à se tourner vers d'autres hommes. Et l'imaginer au bras d'un autre lui était insupportable. De même qu'il m'a laissé le champ libre, en sachant pertinemment que je ne voulais aucune histoire sérieuse ailleurs. Mais je sais très bien que si je rencontrais quelqu'un et que je lui annonçait un jour que je veux m'installer et vivre sur le long terme avec cet autre, sa réaction serait violente (émotionnellement parlant, hein ! ce n'est absolument pas quelqu'un de violent !). Peut-être aussi que je vis mal ce déséquilibre en y repensant, ce côté de demander de ma part ce que lui-même n'a pas su donner.

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Anarchamory

le mercredi 10 avril 2013 à 12h39

aviatha
- A Metazet. Je ne sais pas vraiment, dire comment on réagirait "si" est toujours compliqué... mais je crois effectivement que ce serait moins dur pour moi. Il y a eu des soirs où j'avais vraiment besoin de lui parler, où je savais qu'elle était là, je me sentais inopportune, et, n'ayant personne d'autre à qui confier ce que je voulais lui dire, terriblement seule.

Alors, peut-être serait-il bon que tu lui en parles, que tu lui demandes si tu peux l'appeler, si ça ne serait pas inopportun à leurs yeux, que tu lui dévoiles tes craintes en ce sens, que tu lui dises que tu te sens seule à ces moments là, parce que, contrairement à ce qui se passe quand il fait du LAN avec ses potes, il ne t'appellera pas, ne te demandera pas comment s'est passée ta journée, etc. et que ça te manque. La communication sincère et honnête des sentiments semble importante et même cruciale, en polyamour, d'après ce que j'ai pu lire.

Par ailleurs, il me semble que si une relation soi-disant polyamoureuse n'est que de l'amour exclusif avec alternance rapide :D , que l'on passe à côté du concept...

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aviatha

le mercredi 10 avril 2013 à 12h41

Je vais essayer d'aborder le sujet.

MetaZet
Par ailleurs, il me semble que si une relation soi-disant polyamoureuse n'est que de l'amour exclusif avec alternance rapide :D , que l'on passe à côté du concept...

Par contre ça, j'ai pas bien compris ce que tu veux dire

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Anarchamory

le mercredi 10 avril 2013 à 14h30

aviatha
Je vais essayer d'aborder le sujet.

Par contre ça, j'ai pas bien compris ce que tu veux dire

Encore une fois, je vais parler en mon nom, pas en celui de mes "camarades polyamoureux".

Comme tu as du le comprendre si tu as lu ce que j'ai écrit, par ailleurs, sur ce fil, ma conception du polyamour dérive de ma conception de l'amour. Et pour moi, l'amour, c'est essentiellement de l'amitié qui ne dit pas son nom. Bien entendu, ce que les autres entendent par "amour" existe aussi, c'est la passion amoureuse, l'engouement amoureux... où l'on se perd soi-même dans l'amour absolu et idéalisé de l'autre. Dans ce type de relation fusionnel, j'ai un peu du mal, je l'avoue, à voir comment il pourrait y avoir de la place pour plus d'une personne à la fois, sans introduire une relativisation. Relativisation que ce type de sentiment exclu par nature (si la passion était raisonnable et pondérée, ça ne serait plus de la passion). Si Alain ne fait plus qu'un (on parle bien de fusion) avec Brigitte, et si Brigitte ne fait plus qu'un avec Christian, alors — en vertu des règles de la transitivité de l'identité — Alain ne devrait faire plus qu'un avec Christian... ce qui n'est généralement pas le cas, sauf éventuellement en cas de bisexualité, ce que je considère, soit dit en passant, comme le fin du fin en matière d'orientation sexuelle, même si je n'en suis guère capable malheureusement (pour le moment ?).

Bref, cessons là les digressions :-D

La seule façon d'aimer plusieurs personnes "en même temps" suivant la logique de la passion amoureuse, c'est, il me semble, de les aimer l'une après l'autre par "roulement". C'est du "multitâche préemptif", et non du "multitâche réel". Et à lire ce que tu nous expliques concernant ton chéri, sur le fait, notamment, qu'il est en pleine période d'amour enflammé avec sa deuxième chérie, ça me laisse à penser qu'il s'agit — au mieux — d'un amour bel et bien exclusif, mais par alternance (je pars de l'hypothèse suivant laquelle votre amour entre toi et ton chéri est aussi du registre de l'amour-passion), et non pas vraiment de polyamour (cela dit, ça peut finir par se réajuster, "s'amicaliser", au bout de quelques mois).

En clair, quand il est avec elle, il n'aime qu'elle (passionnément). Et quand il est avec toi, il n'aime que toi (passionnément). L'idéal étant, d'un certain point de vue, qu'il vous aime toutes les deux tout le temps, mais ça implique probablement — de mon point de vue — que la phase d'amour-passion se termine. Et, toujours de mon point de vue, il vaut mieux qu'elle se termine un jour : l'amour-passion, c'est une drogue dure ! :-D Il vaut encore mieux être accro au sexe je pense... ça fait moins de ravages (sous réserve : d'éviter de choper ou de transmettre une MST, d'éviter de tomber enceinte ou de faire tomber enceinte).

Je l'ai beaucoup répété mais vu la sensibilité du sujet je préfère le redire encore une fois : je ne fais là qu'exprimer une analyse personnelle de la situation, compte tenu des éléments dont je dispose et de mes réflexions sur le sujet. Je n'entends pas parler au nom des autres.

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aviatha

le mercredi 10 avril 2013 à 15h02

Ah ouais là c'est plus clair^^ Désolée si la suite n'est pas cohérente, j'ai de la fièvre.

A mon sens, ce que tu décris ne doit pas être loin de la vérité. A ceci près qu'il est beaucoup plus passionné avec elle qu'avec moi (de son propre aveu), l'effet "début" sans doute.
Néanmoins, ce que tu décris comme étant de l'amour pour moi n'en est pas. Cela correspond à certaines de mes anciennes relations (une fois la phase de début passée), pour lesquelles j'avais beaucoup d'affection, d'attirance et j'en passe. Mais pour moi ce n'est pas de l'amour.
Sans aller jusqu'à la fusion complète, qui peut être une forme d'amour, mais une parmi d'autre, l'amour implique pour moi que l'autre est une partie de nous-même, comme nous sommes une composante de sa personne. Du coup quand ça marche, c'est magnifique (je ne dirais pas qu'il n'y a jamais eu de nuage mais, avant qu'il réalise qu'il avait des sentiments pour une autre, nous avons passé 5 années merveilleuses et nous avons tous les deux été très heureux), mais quand ça coince... Toute arrivée de tiers est vécu (bon le mot est un peu fort, mais j'ai de la fièvre, et j'ai un peu de mal à cogiter droit^^) comme un attouchement, une agression, et toute idée de séparation comme une amputation.
Bien sûr, il est sans doute plus sage d'aimer comme tu le décris, et j'ai aimé beaucoup de gens ainsi. Mais à mes yeux, l'amour c'est autre chose. Mieux encore c'est une chose dont je sais qu'elle existe et qu'elle peut vivre sur le long terme, pour l'avoir vécu pendant 5 années. Alors bien sûr, quand les circonstances changent, et beaucoup me l'ont dit, il serait bien plus facile d'abandonner et de partir. Mais pour moi une chose aussi forte et aussi belle vaut bien qu'on se batte pour elle, qu'on fasse des efforts, du travail et des sacrifices.
C'est pour cette raison que je suis ici. Parce que cet amour a assez d'importance à mes yeux pour que j'endure tout cela et que je cherche des solutions, plutôt que de fuir, parce qu'il veut la peine que je combatte, que je me combatte, et le combatte aussi peut-être (ce que dit siestacorta en disant que je cède trop de terrain) pour lui donner une chance de vivre encore.

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Cendre

le mercredi 10 avril 2013 à 15h04

Bonjour Aviatha,
Je voulais pas polluer ton post avec mes remarques (je suis un poil susceptible en ce moment), mais les deux interventions de MetaZet me poussent à une réflexion que j'ai envie de développer avec vous.
C'est cette histoire de pas pouvoir aimer (passionnellement) deux personnes en même temps, c'est relié, Aviatha, à ton impression que quand il est avec elle, il n'est plus avec toi

Aviatha
Et sans doute que je souffre de savoir qu'il y a maintenant des moments de sa vie où ma pensée est "indésirable".

Je voulais pas pinailler parce que je suis pas dans la tête de ton compagnon, parce que c'est du détail, que chacun le vit, le voit de façon différente et que c'est pas cela qui fonde le concept des amours plurielles. Mais pour ma part, quand j'étais dans la phase passionnelle avec mon amant (avec les papillons, les désirs irrépressibles, les transgressions), mon mari n'est jamais sorti de ma pensée.
Cela m'a sidéré la première fois que j'ai fait l'amour avec mon amant, dans mon moment préféré, juste après la jouissance, quand le réel revient peu à peu à la conscience : mon amour pour mon mari est revenu, simultanément avec celui pour mon amant : c'était complètement indissociable.
J'avais peur de les comparer, de préférer l'un à l'autre, de compartimenter. Au contraire, ils étaient unis dans ma tête.
C'est même cela qui a rendu tout le coté déraisonnable de la chose acceptable à mes yeux.
L'amour que je porte à mon mari s'est étendu, durant ces quelques mois, pour y inclure une tierce personne, et même pour y inclure l'humanité entière à ce moment là tellement j'étais sur mon petit nuage.

Bon, ça empêche pas que j'aurais très certainement très mal réagis à un coup de fil de sa part à ce moment là, mais parce que je suis comme ça tout le temps, avec le téléphone, ça me crispe, de base, dans de très nombreuses situations ; et parce que j'aurais été mal à l'aise vis-à-vis du rôle que je suis sensée jouer auprès de lui.

Mais voilà, je voulais te donner ce témoignage.
Même l'amour passion n'est pas nécessairement exclusif.

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Anarchamory

le mercredi 10 avril 2013 à 15h45

Nanou-monogame
Ce qui me fait flipper quand c'est de l'amour qui est partagé ?

c'est surement le fait (je décharge ça sur mon égo et mon enfance) que je n'arrive pas encore à admettre que l'amour dans un couple puisse être "reparti" avec d'autres personnes extérieurs à celui-ci .

Bien, tu admets donc que le "flippage" lié au partage de son amoureux à une origine essentiellement cognitive et culturelle / acquise.

Nanou-monogame(vocabulaire de mono, je sais bien que la notion de couple n'est pas propre au polyamour)

Ça dépend. Le polyamour n'est pas contradictoire avec la formation de couples, du moment qu'il s'agit de couples "ouverts", ou "libres".

Nanou-monogame J’écris "réparti" mais c'est pareil que partager.....j'ai bien compris (enfin je crois) que pour vous (polyamoureux) il n'y a pas de "répartition de l'amour" car chaque personne que vous aimez est unique....

Ben oui, mais en principe, c'est également ce que tu penses... pour toute autre type de relation que les relations amoureuses. Tu admets bien qu'un ami n'est pas interchangeable avec un autre ami, n'est-ce pas ? C'est dès que le mot "amour" est prononcé, que d'un seul coup, la "machine" s'emballe, et qu'elle n'est plus capable d'aimer tout le monde de façon unique :-)

Nanou-monogame En écrivant cela; je me dit qu'il doit y avoir une capacité ;chez vous; à pouvoir donner de manière unique à chacun de vos amoureux; ce qui n'est pas forcement le cas chez tout le monde

Tu es en train de dire que nous sommes des êtres supérieurs, c'est ça ? Wow ! Merci pour le compliment ! :-D

Nanou-monogame cependant j'ai du tomber sur un polymoureux qui n'a pas su me faire sentir que j'étais unique à ses yeux.....

Concernant la question que je posais , pas certaine que celle ci ait été comprise comme je l'entendais ^^

que dites vous quand vous tomber amoureux d'un mono et que celui ci vous dit qu'il est mono ? (et donc que pour lui il est inconcevable de d'être poly)

En gros j'entendais par là qu'un mono souffrirait (presque automatiquement à chaque fois; au vu de sa conception d'une relation) de cette situation qui quelque part leur est imposée....je vais tenter de créer un dialogue entre un Poly et un Mono pour tenter de vous faire "voir" ce que j'essaye d'expliquer :
POLY:je tends a être amoureux de plusieurs personnes
MONO : pas moi, je n'arrive à en aimer qu'une seule
POLY : je suis tomber amoureux de toi
MONO : moi aussi
POLY; MONO : on fait quoi ?
POLY : dans ma conception* ça ne me dérange pas que tu sois mono
MONO : dans ma conception* ça me dérange que tu sois poly
POLY : tu vas devoir m'accepter comme je suis
MONO : tu vas devoir m'accepter comme je suis
POLY : je t'accepte
MONO : mais non puisque dans ma conception TU (et moi aussi) n'as que moi comme amoureux
Bref de manière generale ça sera le mono qui sera lesé ... :
le mono et le poly se mettent en "couple".....la conception du poly est respecté mais pas celle du mono (ne sortez pas la hache, je tente de trouver les mots appropriés mais je dois surement mal m'exprimer) puisque son copain va voir ailleurs.

Non, ce n'est pas forcément ainsi que ça se passe. Parfois, c'est le poly qui renonce au polyamour pour respecter la conception du mono. Donc du coup, c'est la conception du poly qui n'est pas respectée, pendant que ce dernier respecte la conception du mono.

Exemple : dans mon couple en voie de déliquescence... Tant que je ne m'affirmais pas dans mon polyamour, ça passait — enfin du côté de ma femme — et maintenant que j'ai pris la ferme résolution de mettre mes actes en adéquation avec mes pensées et mon cœur, ça ne passe plus, et elle veut que je demande le divorce (bizarrement, elle ne me dit pas : "je veux divorcer" ; non, elle veut que ça soit moi qui demande le divorce ; sauf si je renonce au polyamour).

Cependant, je ne crois pas que les deux situations soient équitables, car les résistances au polyamour, de ton propre aveu — si j'ai bien compris — sont liées à des représentations erronées dont on n'arrive pas à se débarrasser, quoique on les sache irrationnelles. De plus, le polyamour est basé sur un certain individualisme qui fait défaut à la monogamie. Or, il me semble que nous sommes d'abord des individus concrets, qui forment éventuellement des groupes, et non pas d'abord des groupes, qui se distribuent en fractions individuelles... L'épanouissement d'un polyamoureux ne sera donc pas conditionné par ce que d'autres auront décidé de suivre comme voie d'épanouissement. Cela permet à tout le monde d'être épanoui. Tandis qu'en monogamie, la condition de mon épanouissement peut être, éventuellement, l'aliénation d'autrui (si on n'arrive pas à le convaincre des vertus de la monogamie, et qu'il est trop attaché pour partir). Par ailleurs, comme la monogamie est le modèle dominant, le monogame n'a pas beaucoup d'intérêt à faire des compromis. Toute la société ou presque se rangera de son côté pour stigmatiser son partenaire polyamoureux, le traiter d'infidèle, de libertin, de salaud, d'obsédé, etc. (j'ai eu droit à un insupportable sermon de ma "belle-mère" qui, sur un ton péremptoire, m'a reproché de gâcher notre amour avec ma femme, tout ça parce que je voulais jouer avec mon zizi...)

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