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Le polyamour : j'ai testé, mais je n'y suis pas arrivée...

Jalousie
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HeavenlyCreature

le dimanche 14 octobre 2018 à 22h29

Bonjour à tous,

C'est la 1ère fois que je poste sur ce forum, mais je vous suis depuis presque un an.

J'ai la trentaine passée. Je me suis séparée il y a presque un an de mon compagnon de vie, avec lequel je suis restée dans une relation exclusive pendant des années, beaucoup de confiance, de complicité et de solidarité, mais plus d'amour "amoureux".

Aussi, après nous être séparés, je ne voulais surtout pas me retrouver en "couple". Mais c'était sans compter sur le destin qui m'a fait croiser la route d'un garçon du même âge que moi, tout juste 3 mois après ma séparation. Il faisait partie d'un cercle d'amis en commun, mais on ne s'était jamais vraiment "vus", moi étant en couple, lui entretenant depuis plusieurs années une relation "amicale-ambiguë" avec une fille casée.

Avec ce garçon, on s'est tout de suite plus, et on est rapidement sortis ensemble. Je lui ai fait part, dès le début, de ce besoin de liberté que j'avais : je ne voulais surtout pas me retrouver dans une relation exclusive qui pour moi était synonyme de perte de désir et d'enfermement. Quelque part je recherchais une forme d'insécurité, là où dans mon couple précédent la sécurité et le sentiment d'acquis avait tué tout désir. Pour lui, cette configuration "polyamoureuse" était nouvelle aussi, mais l'idée l'a séduit, d'autant qu'il y avait cette autre fille déjà dans sa vie.

Je ne cache pas que j'ai tout de suite été jalouse d'elle, de sa beauté mais surtout de son attractivité liée au fait qu'elle envoûte tous les hommes autour d'elle pour se sentir désirée (son copain officiel ne la désire pas) sans qu'il n'y ait rien à la clé... J'étais aussi très mal à l'aise vis-à-vis de ce garçon, qui ne semblait pas réaliser (contrairement à tlm) le petit manège de cette fille. Mais je me suis dit que ça allait sans doute lui passer. Au final, cette relation perdurait, ça me dérangeait mais j'ai décidé de mettre la "merde sous le tapis" en prenant sur moi, me refusant à toute crise de jalousie et de possessivité. Après tout, c'est moi qui l'avais voulu, non?

Sur le papier, je considérais que ce garçon ne m'appartenait pas, pas plus que je ne lui appartenais à lui. J’adhérais totalement à la philosophie du polyamour, à sa transparence, à son honnêteté, à son pragmatisme. Mais dans la pratique, cette fille, que j'étais amenée à croiser régulièrement (car faisant partie du même groupe d'amis) dont j'entendais parler régulièrement, prenait de plus en plus de place dans mon esprit... C'est un sujet dans on parlait dans mon couple, j'ai toujours dit : 'tant que j'y trouve mon compte, on continue. Mais si un jour la balance penche du coté négatif, j'aviserai'.

Ce garçon, il aurait pu coucher avec toutes les nanas du monde, tant que je ne le savais pas, cela n'existait pas. Je n'étais pas jalouse au quotidien, on se laissait une totale liberté. Mais l'existence même de cette fille me hantait, me tiraillait les tripes, détruisait toute confiance en moi et en mon couple...

Mon "couple", parlons-en d'ailleurs... Si tout se passait à merveille dès que nous passions du temps ensemble (une semaine entre chaque entrevue), dès que nous nous retrouvions séparés, son absence de communication (pas ou peu de messages, d'appels...) me mettait dans une terrible insécurité. En présentiel, ce n'était pas non plus un bavard, il n'exprimait jamais verbalement ses sentiment, ou très peu. Mais j'ai appris au fil du temps à décoder ses marques d'affections non verbales qui étaient bien présentes. Au fond de moi, j'étais persuadée qu'il m'aimait...

Pour autant, le combo "la fille"+"je me sens négligée" m'ont poussé dans les bras d'un autre garçon, avec lequel j'ai vécu une belle idylle de plusieurs semaines lors d'un voyage à l'étranger. Polyamour? Non, mais plutôt une stratégie inconsciente de protection et d'éloignement (ce qui n'enlève en rien les beaux moments partagés avec ce deuxième garçon). Mais ça n'a pas réussi à "équilibrer la balance"..

Au bout de 6 mois de relations (de montagnes russes émotionnelles devrais-je dire) ce sentiment d'insécurité permanent au sein de mon couple a fini par avoir raison de nous : j'ai décidé de faire un break, prémisse d'une rupture inéluctable. Je lui ai avoué que je n'étais pas en mesure de le partager avec cette fille, que je ne pouvais pas lui imposer de ne plus la voir, ni d'avoir des sentiments pour elle... Et qu'on était dans une impasse. Je ne voulais surtout pas développer des sentiments de haine, de colère envers cette fille et envers lui. Je savais que ça me boufferait.

Au fond de moi, j'espérais qu'il renonce à elle, un fantasme inaccessible, pour moi, une histoire bien réelle. Après une semaine de break, et comprenant que ça n'arriverait jamais, j'ai pris mes responsabilités et j'ai décidé de rompre. J'ai programmé un weekend "d'adieu". Nous avons beaucoup échangé, pleuré, nous nous sommes embrassés, nous avons fait l'amour, nous nous sommes pris dans les bras... Un moment d'une beauté et d'une tristesse absolue. Mais malgré ses larmes, ses flots de larmes, il n'a jamais su me dire "je t'aime, ne pars pas". Au fond, c'est peut-être la seule chose que j'attendais de lui...

C'est la 1ère fois que je quitte quelqu'un. C'est la 1ère que je quitte quelqu'un que j'aime. C'est la 1ère fois que je quitte quelqu'un que j'aime et qui m'aime (j'en reste convaincue...). Et c'est très dur. Ma peine est immense, mais ma fierté l'est encore plus. J'ai pris mes responsabilités. Il a conservé sa liberté.

Peut-être que s'il avait su me témoigner son amour, me rassurer, ça se serait passé autrement ? Qui sait ? Le fait est qu'il me manque terriblement, ça fait une semaine et depuis, silence radio... Je livre un combat intérieur entre mon cœur et ma raison pour ne pas le recontacter ! Mais si je suis tout à fait honnête, je sais que ça ne marchera pas : polyamoureuse, je ne lui suis pas...

Qu'en pensez-vous ?

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Siestacorta

le dimanche 14 octobre 2018 à 23h26

J'en pense que t'as fait des choix d'adulte. Le genre de trucs où on sait qu'on fait le bon choix même si ça fait un mal de chien.

Je pense par ailleurs que si le polyamour vécu dans l'intensité amoureuse te faisait souffrir, c'était effectivement pas la peine de te forcer.

Par contre, tel que tu le décris, je crois que le gars n'a pas fait les efforts qui auraient peut-être permis une autre issue. Et que dans ce sens, même si t'avais été plus profondément poly, ç'aurait pu ne pas mieux marcher à la fin, avec ce type de communication insatisfaisante.

Enfin, c'est pas "LE polyamour", que t'as testé, c'est UNE histoire poly où la non-exclusivité était sans doute mal travaillée. Que ce soit par lui ou par toi...
Tu continues ton chemin : après une histoire enfermante et une histoire insécurisante, tu as peut-être plus d'expérience pour savoir ce qui t'épanouira, quel type d'accord passer dans une relation, quels types de langage amoureux sont essentiels pour toi.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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artichaut

le dimanche 14 octobre 2018 à 23h26

Bienvenue ici HeavenlyCreature.

Tu as choisis comme thème de ce premier post Jalousie.
C'est à toi de savoir si tu es (à envie d'être) ou non polyamoureuse. Mais en tout cas, tu sembles bloquer sur un cas de jalousie, tout en étant absolument non-jalouse dans d'autres cas de figures. Tout n'est peut-être donc pas si binaire. Un cas où tu reconnais toi-même que tu as mis la "merde sous le tapis". Tu as pris sur toi, en refusant d'exprimer/extérioriser ta jalousie. As-tu vraiment pensé que ça pourrais ne jamais ressortir ? J'ai plutôt tendance à penser, que ce qu'on cherche à enfouir, finit toujours par ressortir d'une manière ou d'une autre…

Par ailleurs, il est possible que tu ne sois pas capable de vive sereinement une histoire avec ce garçon. Il ne semble pas t'apporter la sécurité et les mots d'amour dont tu as besoin. Lui as-tu dis cela ?

Est-ce à cause d'elle, à cause de lui, ou à cause de toi que tu le quitte ?

Je ne dis pas qu'il ne fallait pas le quitter. Si tu a fais ce choix, c'est que d'une manière ou d'une autre tu en avais besoin (a minima sans doute, quitter les montagnes russes émotionnelles).
Mais je me demande si vous avez exploré d'autres manières de relationner, si vous avez tenté de changer des choses, etc.
Et je me dis que comprendre d'où vient précisément cette décision, peut éventuellement t'aider à y voir plus clair.

Chercher à savoir pourquoi tu est/étais jalouse d'elle aussi.

Aussi, peut-être, sembles-tu parfois, un peu attendre que des choses arrivent, sans les demander. Non ?

Le combat intérieur entre ton cœur et ta raison est complexe oui. Laisser passer du temps peut aider à concilier les deux.
Et puis rediscuter avec lui, un jour. Caler une date peut-être. De quoi avez-vous envie ? Ne plus jamais vous voir ? Vous voir mais autrement ?

Dans tous les cas, je te souhaite bon courage.
Tu es capable de prendre des décisions, même difficiles. Oui tu peux en être fière. Quelque soit la suite de l'histoire, ce sont les décisions qui font avancer les choses.

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bidibidibidi

le lundi 15 octobre 2018 à 13h51

Ca m'amuse, ça me rappelle ces personnes qui après une rupture "jurent que l'on les y prendra plus".

Heavenly, je rejoins Siesta : Il y a l'air d'y avoir un sérieux problème de communication dans ton couple. Il y a ta fierté, qui t'empêche d'exprimer tes peurs : La vulnérabilité n'est pas une faiblesse, c'est ça le ciment du couple. Au final, tu le quittes et... silence radio. Pour moi, il faut que tu acceptes que tu n'es pas parfaite. Ok, tu l'as fait, tu as su quitter quelqu'un par fierté. Maintenant, aurais-tu la force de piétiner ta fierté et d'accepter de t'ouvrir pleinement à lui ? De lui avouer que cette femme, pour une raison qui t'échappe, te concurrence vis-à-vis de lui ? Savoir lui dire, aussi, que tu as besoin qu'il s'exprime plus, ou que tu as besoin d'être plus souvent avec lui ? Que tu ressens un manque de communication, en intensité/quantité ? Savoir lui dire que tu l'aimes et que tu n'as pas envie de le quitter, que tu as envie que vous résolviez ce problème à deux ?

Je pense pas que tu sois venu ici pour nous dire que le polyamour ne marche pas. Je pense que tu serais allée ailleurs pour ça. Le polyamour, ça marche, et je ne pense pas que ça ne peut pas marcher pour toi. Donc, comme dirait l'autre : Lève-toi et (re)marche :-D

Désolé pour les mauvaises blagues !

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calinou696

le lundi 15 octobre 2018 à 14h49

Pour que le polyamour marche, faut aussi rencontrer les bonnes personnes.

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HeavenlyCreature

le lundi 15 octobre 2018 à 21h43

D'abord, merci à tous les 4 d'avoir pris le temps de lire mon roman. Je vous ai écrit en sachant (pour vous lire régulièrement) que vos commentaires sont toujours d'une grande justesse, jamais catégoriques.

Siestacorda, je te suis sur le fait qu'il n'a peut-être pas fait suffisamment d’efforts (selon mon langage d'amour, pour reprendre l'idée). Lors de notre weekend "d'adieu", nous avons énormément discuté. Il m'a dit un truc qui partait d'un bon sentiment, mais qui m'a fait tiquer : "je suis content, car en 6 mois, je ne me suis jamais forcé". Je crois que c'était bien là le nœud du problème. Quand on se prétend en couple (c'est plus lui qui a instauré cette idée de "couple", dire que j'étais "sa copine", vouloir que notre relation soit privilégiée par rapport aux autres relations...) je crois qu'il faut savoir faire des concessions, ou du moins le prouver. Bien sûr il faut rester fidèle à soi-même, à son caractère, ne pas se travestir pour l'autre, mais il savait que ce manque de communication me faisait souffrir... Je lui avais dit à maintes reprises, d'ailleurs je l'avais mis en garde : "attention de ne pas me considérer comme acquise". Donc tu as raison Siesta, c'est probablement moins le caractère polyamoureux de cette relation, que le manque de communication et de considération (de mon point de vue) qui a posé problème, et qui aurait tout aussi bien pu me faire souffrir dans une relation dite exclusive. Le sentiment d'insécurité (et de jalousie d'ailleurs) n'est pas propre aux polyamoureux. Il ne faut pas jeter bébé avec l'eau du bain. J'en conviens.

Artichaud, sans me connaitre tu sembles bien m'avoir cernée. Effectivement, je suis de ces gens qui prennent sur eux, qui ne savent pas exprimer leurs besoins, par fierté, par pudeur, pour épargner l'autre (ou tout simplement par lâcheté?) et qui finissent, du jour au lendemain et sans crier gare, par péter un plomb et tout envoyer valser! En réalité, j'avais peur de souffrir, alors j'ai quitté avant d'être quittée, j'ai abandonné avant d'être abandonnée. Mieux vaut prévenir que guérir, hein? Alors à ta question : "Est-ce à cause d'elle, à cause de lui, ou à cause de toi que tu le quittes ?", je serais tentée de répondre "à cause de moi" bien sûr, à 50% au moins. Son comportement n'a pas aidé, c'est évident, cette fille non plus d'ailleurs (si j'en étais jalouse, c'est avant tout pcq'elle représentait dans mon esprit une version de moi en mieux, physiquement en tous cas, pcq je manque de confiance en moi, que je suis très complexée). Le paradoxe, c'est que s'il m'avait trop aimé (comme mon ex) je me serais sentie étouffée et j'aurais fui ; là, il ne m'a pas assez aimée (du moins montré qu'il m'aimait) alors j'ai fui. Évidement que cette relation est venue appuyer sur des boutons personnels, qui existaient, et qui existeront après lui. Cette histoire m'a permis de me rendre compte de mes brèches et qu'on ne rempli pas une coupe percée. Que l'amour envers moi-même doit avant tout venir de moi, au lieu de projeter trop d'attentes sur l'autre. Si j'étais capable de ça (m'aimer suffisamment moi-même), je crois que j'envisagerais de reprendre la relation - différemment bien sûr - mais je me sens encore trop fragile pour prendre le risque de me fragiliser davantage.

Bidibidibidi : Tout ce que je vous dis là, je lui ai exprimé en toutes transparence. En toutes honnêteté,en toute vulnérabilité. Je me suis mise à nue devant lui, je lui ai dit que j'étais tombée amoureuse de lui, et que je le quittais non pas par désamour, mais pour me protéger moi. Il n'a pas su trouver les mots (sans doutes plus que l'acte de renoncer à cette fille) pour me retenir...

calinou Effectivement, c'est peut-être juste une question de personne et de moment. De toutes façons, pas sûre que je sois capable de "m'enfermer" dans une relation exclusive, ni trop naïve pour croire en la fidélité... Alors, to be continued ;)

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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artichaut

le lundi 15 octobre 2018 à 23h24

HeavenlyCreature
…d'ailleurs je l'avais mis en garde : "attention de ne pas me considérer comme acquise". Donc tu as raison Siesta, c'est probablement moins le caractère polyamoureux de cette relation, que le manque de communication et de considération (de mon point de vue) qui a posé problème, et qui aurait tout aussi bien pu me faire souffrir dans une relation dite exclusive.

Pour un peu, presque parfois, moi ce que j'appelle "polyamour" c'est uniquement ça : « de la communication et de la considération » dans les relations.

HeavenlyCreature
Cette histoire m'a permis de me rendre compte de mes brèches et qu'on ne rempli pas une coupe percée. Que l'amour envers moi-même doit avant tout venir de moi, au lieu de projeter trop d'attentes sur l'autre. Si j'étais capable de ça (m'aimer suffisamment moi-même), je crois que j'envisagerais de reprendre la relation - différemment bien sûr - mais je me sens encore trop fragile pour prendre le risque de me fragiliser davantage.

Et oui, pour être poly, il faut déjà être soi-même et s'aimer soi-même.
On nous rabâche beaucoup que le cooouuuuple doit nous permettre de devenir nous-même, de combler la partie manquante, j'en passe et des meilleures.
Alors qu'être poly, bien souvent, c'est réussir à considérer que sa seule et unique relation principale-hiérachique-prioritaire-etc …c'est la relation avec soi-même.
Le reste c'est que du bonus.

Alors oui, n'hésites pas à prendre du temps avec toi-même, ou à chercher ce qui te renforce, te construit, te donne confiance en toi …ailleurs que dans ces foutues relations "amoureuses" qui trop souvent ne sont que des relations déguisées de tout un tas de "jeux" de dépendance, de possessivité, d'enfermement de l'autre, etc.

Toute relation saine avec une personne est déjà du polyamour : s'aimer soi même ET aimer une autre personne en plus.

…en ce moment j'aime bien le "Je nous aime" (au lieu du traditionnel "je t'aime").

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bidibidibidi

le mardi 16 octobre 2018 à 10h32

HeavenlyCreature
Bidibidibidi : Tout ce que je vous dis là, je lui ai exprimé en toutes transparence. En toutes honnêteté,en toute vulnérabilité. Je me suis mise à nue devant lui, je lui ai dit que j'étais tombée amoureuse de lui, et que je le quittais non pas par désamour, mais pour me protéger moi. Il n'a pas su trouver les mots (sans doutes plus que l'acte de renoncer à cette fille) pour me retenir...

Désolé d'avoir pas compris ça ainsi. Alors, quelque part, je pense que tu as fait ce que tu devais faire.

HeavenlyCreature
"je suis content, car en 6 mois, je ne me suis jamais forcé".

Paradoxalement, je pense que c'est une très bonne chose. Ca me donne la sensation d'une personne très centrée, claire avec elle-même. Se forcer n'est jamais une bonne chose. Des fois, on y est obligé, mais ça n'est pas une bonne chose.

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Caoline

le mardi 16 octobre 2018 à 14h01

artichaut

…en ce moment j'aime bien le "Je nous aime" (au lieu du traditionnel "je t'aime").

J'aime bien cette idée, je te la pique.

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artichaut

le mardi 16 octobre 2018 à 21h34

Caoline
J'aime bien cette idée, je te la pique.

Ce n'est pas de moi. Mais je ne sais plus exactement d'où ça viens (un podcast-poly il me semble).

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HeavenlyCreature

le jeudi 18 octobre 2018 à 22h20

artichaut
Et oui, pour être poly, il faut déjà être soi-même et s'aimer soi-même.
On nous rabâche beaucoup que le cooouuuuple doit nous permettre de devenir nous-même, de combler la partie manquante, j'en passe et des meilleures.
Alors qu'être poly, bien souvent, c'est réussir à considérer que sa seule et unique relation principale-hiérachique-prioritaire-etc …c'est la relation avec soi-même.
Le reste c'est que du bonus.

Alors oui, n'hésites pas à prendre du temps avec toi-même, ou à chercher ce qui te renforce, te construit, te donne confiance en toi …ailleurs que dans ces foutues relations "amoureuses" qui trop souvent ne sont que des relations déguisées de tout un tas de "jeux" de dépendance, de possessivité, d'enfermement de l'autre, etc.

Toute relation saine avec une personne est déjà du polyamour : s'aimer soi même ET aimer une autre personne en plus.

…en ce moment j'aime bien le "Je nous aime" (au lieu du traditionnel "je t'aime").

Eh oui, je ne peux qu'aller dans ton sens. C'est d'ailleurs ce que je lui ai dit en le quittant : "je t'aime, mais je me suis rendue compte (et ça c'est quelque chose de nouveau et je t'en remercie) que je m'aimais encore plus MOI"...
J'ai posé les limites de ce que j'étais prête à accepter ou non, et je me suis respectée, et ça ça me donne une force inédite! Bref, ça a été dur la 1ère semaine, mais plus ça va et plus je me dis que j'ai fait le bon choix, et que cette relation m'a finalement bcp appris sur moi-même.

bidibidibidi
Désolé d'avoir pas compris ça ainsi. Alors, quelque part, je pense que tu as fait ce que tu devais faire.


HeavenlyCreature
"je suis content, car en 6 mois, je ne me suis jamais forcé".


Paradoxalement, je pense que c'est une très bonne chose. Ca me donne la sensation d'une personne très centrée, claire avec elle-même. Se forcer n'est jamais une bonne chose. Des fois, on y est obligé, mais ça n'est pas une bonne chose.

Pour le coup je ne suis pas totalement d'accord, car être à ce point "une personne centrée" ça s'apparente quand même à de l'égo centrisme. Il y a un minimum d'empathie et de tact à avoir vis à vis de l'autre, à partir du moment où l'on rentre en relation, que ce soit sur le plan amoureux, amical, professionnel ou autre... C'est la base des relations sociales je trouve. Je suis d'accord qu'il faut s'écouter, se respecter, être en accord avec soi même et ses envies, ne pas aller à l'encontre de ce que l'on est fondamentalement. Mais quand on voit la personne qu'on aime souffrir de son comportement (pour le coup, un texto de temps en temps, ça coutait quoi?), je sais pas moi... Pour le coup je me demande bien qui est le plus "fier" dans l'histoire...???
Si on est pas un tout petit peu capable d'accorder une place à l'autre... A ce moment-là on se met pas en "couple". Je crois qu'il y a un juste milieu entre s'oublier et oublier l'autre. Mais peu importe, c'est avant tout une question de responsabilité : jusqu'à quel point on y trouve son compte... Dans ce type de relation, il n'y a jamais de "gentil" et de "méchant", c'est toujours une interaction. Mais y a un moment où faut savoir trancher.

En tous cas, là, je commence à bien m'aimer, et ça c'est cool. C'est là que je me rends compte à quel point cette relation était hyper toxique pour moi (pas lui, hein, "notre" relation) : je me sentais plus mal dans ma peau en couple que seule, le comble pour une angoissée de la solitude

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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bidibidibidi

le vendredi 19 octobre 2018 à 11h00

HeavenlyCreature
Pour le coup je ne suis pas totalement d'accord, car être à ce point "une personne centrée" ça s'apparente quand même à de l'égo centrisme.

Je préfère le terme égoïsme. Et je le revendique.

Je vais te donner mon point de vue par rapport à cette situation que tu décris. Tu lui demandes de t'écrire des textos, parce qu'il ne le fait pas.
De là, il peut :
- T'écrire des textos parce que ça lui fait plaisir de te faire plaisir.
- Ne pas t'écrire de textos parce que ça l'ennuie et que ce n'est pas lui.
- T'écrire des textos parce qu'il se "force".

Je les ai classé dans cet ordre là parce que c'est pour moi l'ordre légitime dans lequel il faut les classer. Le cas 1 est le cas idéal, et ne demande pas de débat.
Le cas 2 est pas génial. Tu es obligée d'accepter qu'il n'est pas texto. Bien sûr, si c'est un aspect de votre relation parmi plein d'autres aspects satisfaisants, ça ne sera qu'une goutte dans l'océan. Sinon, ça peut être la goutte qui fait déborder le vase. Dans tous les cas, c'est un travail d'acceptation de ta part qu'il faut faire.
Le cas 3 est pour moi le pire. Pour lui, c'est stressant : Il se force, donc il doit y penser, c'est pas spontané ni voulu, c'est une corvée. Pour toi aussi c'est désagréable, parce qu'il ne le fait pas par plaisir, et que ça se ressent dans ces textos, qui ne transmettent rien, vu que ça le fait suer. Au final, les deux en souffrent, c'est moins bien que le cas numéro 2. Pire, comme lui fait un effort, tu peux pas le critiquer sur ses textos sans te prendre une dispute dans la figure. Et pour toi, ça ne répond pas à ton besoin, qui n'est pas de recevoir des textos, mais de recevoir des pensées. C'est le genre de choses qui, pour moi, pourrissent lentement une relation de couple.

Pour moi, il vaut mieux accepter son partenaire tel qu'il est que lui demander de se forcer. Alors, après, si tu es avec quelqu'un qui ne montre pas assez de signes d'amour pour toi, il faut aussi, parfois, se dire que vous n'êtes juste pas compatibles. L'amour n'est pas suffisant pour avoir des relations satisfaisantes. Ca se saurait si c'était le cas.

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HeavenlyCreature

le vendredi 19 octobre 2018 à 16h50

Absolument Bidibidibidi, j'en suis venue à la même conclusion que toi, la preuve : je l'ai quitté.

On s'en fiche dans l'absolu des textos (je ne veux pas passer pour la nana relou hein, parce qu'en vrai, j'aime bien une certaine distance aussi.. Mais là, c'était carrément pathologique). Disons que ça venait juste témoigner du fait (selon moi) qu'il ne pensait effectivement pas à moi, comme moi je pensais à lui. C'est son droit le plus strict d'ailleurs, car si je ne peux pas lui imposer de m'envoyer des textos (pour les raisons que tu as évoqué plus tôt) je peux encore moins lui imposer de penser à moi...

Mais je ne peux m'empêcher de m'interroger sur cette incapacité à faire des "efforts", que je préfère remplacer par le terme "concessions" ou en tous cas par la faculté à se décentrer un peu de soi...Typiquement, lui est musicien, je me suis beaucoup intéressée à lui, à son œuvre, sachant que ce n'est pas du tout mon univers, là où lui n'a jamais posé de questions sur ce que moi je faisais (de la recherche) ni sur ma vie privée (mes enfants). Ok, il faut accepter son partenaire tel qu'il est, de même qu'il faut aussi rester fidèle à soi-même. Mais c'est quand même une vision (je trouve) assez pessimiste du monde social.. Nos caractères et nos centres d'intérêts ne sont jamais figés, ils évoluent aussi au fil des rencontres, des bonheurs et des déconvenues. On ne cesse jamais d'apprendre de l'autre... D'évoluer. De s'enrichir..

Parce que c'est quoi le but finalement ? : "je suis comme ça, pas autrement, c'est à prendre ou à laisser" pour au final ne jamais laisser entrer personne dans sa bulle qu'on a bien pris soin de se construire autour de soi ? Moi ça me laisse un peu pantoise quand même... :-/

Pour reprendre l'exemple des textos, si les 2 dernières situations sont effectivement totalement insatisfaisantes (pour lui et/ou pour moi) est-ce que de se quitter connement, parce qu'on refuse toute concession, ne l'est pas tout autant ? Quand je vois la peine qu'il a eu quand je l'ai quitté, ça me laisse quand même un goût amer, plus pour lui que pour moi finalement...

Mais t'as raison, l'amour n'est pas suffisant dans une relation, c'est la 2ème conclusion à laquelle je suis arrivée !

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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bidibidibidi

le vendredi 19 octobre 2018 à 17h30

HeavenlyCreatureTypiquement, lui est musicien, je me suis beaucoup intéressée à lui, à son univers, à son œuvre

T'es tu forcée ?
Je pense que non.
Ca fait partie de ta façon d'aimer, pas de la sienne. C'est pour ça que je parle de compatibilité. Tu peux forcer un chien à miauler, mais ce sera jamais un chat. Et il y a de fortes chances que la chose fasse plus de mal que de bien à votre relation.
Il n'existe aucune relation 100% satisfaisante. Mais je pense que le travail d'acceptation est plus valide que le travail de "forcer". Quelqu'un qui ne veut pas ne fera pas (ou mal). Et s'il veut, il le fera de lui-même. Des fois, il faut se dire que certaines choses sont juste impossibles.

Aussi, je dis pas qu'il ne faut jamais se forcer ou jeter la relation à la moindre difficulté. Y a des moments où c'est obligatoire. Si tu aimes le côté droit du lit et lui aussi, va bien falloir trouver un compromis. La seule chose que je dis, c'est que quand l'un a une attitude qui déplaît à l'autre et qu'il n'y peut rien ou ne veut pas la changer, il vaut mieux chercher l'acceptation que la contrainte, c'est meilleur pour le couple, à mes yeux.

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HeavenlyCreature

le vendredi 19 octobre 2018 à 17h59

L'acceptation ou le renoncement en l’occurrence... Parce qu'il y a des choses inacceptables (selon nos limites propres.)
Merci pour tes retours, tu as 100% raison pour cette histoire d'incompatibilité. Elle était là la réponse, sous mon nez : un chat avec un chien ça peut juste pas marcher :-)

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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HeavenlyCreature

le vendredi 19 octobre 2018 à 18h57

Rhaaaa... Non en fait, ça continue à me taroder cette histoire.:-/
Pourquoi "l'acceptation" ce serait mieux que de se "forcer"? Est-ce que celui qui accepte, finalement, ne se force pas lui aussi ? Pour l'histoire du manque de communication (à distance ou en présentiel) moi j'ai vraiment fait une démarche d'acceptation, je me suis dit : après tout, il est pas mots, je vais essayer d'être moins attentive au mots, plus aux actes... Mais au final, ça m'a aussi demandé énormément d'efforts et fini par m'épuiser pcq ça n'allait que dans un sens : l'effort est minimiser quand chacun fait un pas l'un vers l'autre, non?
Bref, sur cette histoire d'acceptation VS faire des efforts, pourquoi il y aurait-il une démarche plus valide que l'autre? Pour moi, ça revient strictement au même en fait. J'ai l'impression que l'acceptation revient souvent à "mettre la merde sous le tapis" justement parce qu'on a trop peur de renoncer à la relation?
Je vois tellement de gens autour de moi qui accepte l'inacceptable...

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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artichaut

le vendredi 19 octobre 2018 à 18h57

pour nuancer un peu tout ça, il n'est pas inutile de préciser :
- que ce dont il est question ici, sont des comportement très très très genrés (il ne s'agit pas tant de "faire des efforts" que d'avoir de l'empathie, et l'empathie c'est comme la jalousie : …ça se travaille… !)
- que l'on n'est pas des êtres immuables, on peut changer, se changer (j'en sais quelque chose, je ressemblait beaucoup, avant, au portrait de cet homme, et c'est grâce à une amoureuse très très très patiente que j'ai changé, …et j'en suis bien content aujourd'hui)

certes il y a des incompatibilités, mais si chacun.e reste sur son quant-à-soi on ne peux pas avancer

il y a souvent, je trouve une hypocrisie (mec-cisgenre-hétéro, pour ne pas la citer) de se prétendre comme ci ou comme ça, alors qu'il y a juste la volonté, en effet, de rester dans sa bulle de privilèges, de mettre la merde sous le tapis, de faire zéro efforts (mais où il est le travail relationnel ?), de ne pas s'engager, ne pas se mettre en jeu, ne pas prendre le risque de montrer ses émotions, et j'en passe

après oui, la différence entre l'hypocrisie virile (générant le fait que c'est tjs les même qui se tapent la charge mentale et la charge relationnelle) OU une vraie limite importante (générant éventuellement incompatibilité), c'est pas tjs facile à discerner, autant pour soi-même, que chez l'autre

toujours est-il qu'en tant que mec-cis-hétéro, on se ment beaucoup à soi-même
à force de vouloir tjs paraître fort, immuable et sûr de soi, on passe à côté de beaucoup de choses…

perso j'en découvre encore tous les jours

et le travail sur l'empathie, whoua, c'est comme le travail sur la jalousie, ça te réconcilie avec toi-même, ça te permet de résoudre des blessures profondes, et tant d'autres belles choses…

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Profil

Caoline

le vendredi 19 octobre 2018 à 20h17

artichaut
pour nuancer un peu tout ça, il n'est pas inutile de préciser :
- que ce dont il est question ici, sont des comportement très très très genrés (il ne s'agit pas tant de "faire des efforts" que d'avoir de l'empathie, et l'empathie c'est comme la jalousie : …ça se travaille… !)
- que l'on n'est pas des êtres immuables, on peut changer, se changer (j'en sais quelque chose, je ressemblait beaucoup, avant, au portrait de cet homme, et c'est grâce à une amoureuse très très très patiente que j'ai changé, …et j'en suis bien content aujourd'hui)

certes il y a des incompatibilités, mais si chacun.e reste sur son quant-à-soi on ne peux pas avancer

il y a souvent, je trouve une hypocrisie (mec-cisgenre-hétéro, pour ne pas la citer) de se prétendre comme ci ou comme ça, alors qu'il y a juste la volonté, en effet, de rester dans sa bulle de privilèges, de mettre la merde sous le tapis, de faire zéro efforts (mais où il est le travail relationnel ?), de ne pas s'engager, ne pas se mettre en jeu, ne pas prendre le risque de montrer ses émotions, et j'en passe

après oui, la différence entre l'hypocrisie virile (générant le fait que c'est tjs les même qui se tapent la charge mentale et la charge relationnelle) OU une vraie limite importante (générant éventuellement incompatibilité), c'est pas tjs facile à discerner, autant pour soi-même, que chez l'autre

toujours est-il qu'en tant que mec-cis-hétéro, on se ment beaucoup à soi-même
à force de vouloir tjs paraître fort, immuable et sûr de soi, on passe à côté de beaucoup de choses…

perso j'en découvre encore tous les jours

et le travail sur l'empathie, whoua, c'est comme le travail sur la jalousie, ça te réconcilie avec toi-même, ça te permet de résoudre des blessures profondes, et tant d'autres belles choses…

Merci pour ce beau message artichaut. Même si je ne suis pas sûre que ce soit forcément genré (enfin la charge mentale si vraiment), il y a aussi une question de tempérament, ça me semble très important de réfléchir à tout ça.

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calinou696

le vendredi 19 octobre 2018 à 21h44

Et le bon gros cliché de la nana qui rentre du boulot et déballe sa journée pendant 1H sans se soucier une seconde ce que son compagnon a fait, il vient là aussi. Elle est où l'empathie blablabla ...

Ce forum devient de plus en plus le répère de néo-feministes qui veulent leur revanche (ca a été dit) et casser du mâle cis hétéro à la moindre occasion.

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Siestacorta

le vendredi 19 octobre 2018 à 22h06

calinou696

Ce forum devient de plus en plus le répère de néo-feministes qui veulent leur revanche (ca a été dit) et casser du mâle cis hétéro à la moindre occasion.

Je dirais même que c'est pire que de la revanche, c'est de l'agression barbare sauvage qui fait pleurer les hommes des larmes de sang.
En tant qu'homme, quand je lis ce forum, je n'ose plus sortir de chez moi, tellement je crains d'être revanché à tout propos.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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