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Témoignage
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aria

le jeudi 12 mai 2011 à 00h03

Je suis une femme avec un profile assez "classique" que j'ai été invitée sur ce forum par mon mari (qui dit avoir des tendances "plurielles" jamais réalisées) pour avoir quelques points de vues plus appropriés sur une question qui me/nous tourmente. Mon point de vue sur l'amour de couple est plutôt exclusif alors que mon mari me dit que pour lui je suis indiscutablement la femme de sa vie, mais qu'il peut ressentir des sentiments (qui vont au delà d'une amitié) envers une ou d'autres femmes. Il s'agit des sentiments en rapport à quelque chose que involontairement je ne lui fourni pas (par ex. de l'écoute par moment).
Je conçois et je visualise l'amour de couple comme une sphère centrale autour de laquelle il y a d'autres sphères qui regroupent les sentiments d'amitié, puis des connaissances etc... Seulement l'idée que quelqu'un puisse rentrer temporairement dans la sphère centrale me révolte.
Déjà je ne crois pas à l'amitié pure entre homme et femme (surtout à un âge adulte) et encore moins à ce type de relations "plurielles" où inévitablement un des deux partenaires ressent des sentiments plus exclusifs à un moment ou un autre. Il faudrait trop de paramètres correspondants et trop d'équilibre (presque dis-humain) entre les 2 partenaires pour que ce genre de relation se réalise de façon saine et transparente pour tous.
J'ai pleine confiance en mon mari, je sais qu'il ne passera jamais à l'acte sans être clair avec moi avant, mais j'aimerais vraiment trouver un point de rencontre sur cette question qui tienne en compte des exigences de l'un et de l'autre sans générer de sentiments de frustration.
J'apporterai d'autres éléments, si nécessaire, prochainement et j'espère lire votre précieuse opinion... (en m'excusant pour les fautes de français!)
A bientôt
Aria

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Boucledoux

le jeudi 12 mai 2011 à 01h57

Salut Aria,

bravo d'abord de venir confronter ici tes ressentis, tes questions et tes recherches. Je pense que ce n'est pas forcément évident et j'espère que tu y trouveras des éléments pour avancer et trouver ton chemin à toi dans ce dédale pas simple.

Bon d'abord ce que je trouve super positif dans ta démarche. C'est que tu dises chercher une solution de consensus qui permette à chacun de trouver son compte dans la relation sans se renier et sans frustration mais une vraie discussion, "un point de rencontre" comme tu dis. C'est à dire que tu ne résonnes pas à partir de ce qui devrait être "normalement" en t'accrochant à des certitudes mais à partir de ce que vous êtes vraiment l'un et l'autre et en postulant à priori la légitimité de vos ressentis à tous les deux, même s'ils sont divergents. Enfin je reformule mais c'est ce que je comprends dans ce que tu dis. J'ai bon ?

Alors maintenant là ou ça me gratte vraiment par contre, ce que tu dis :

aria
Déjà je ne crois pas à l'amitié pure entre homme et femme (surtout à un âge adulte) et encore moins à ce type de relations "plurielles" où inévitablement un des deux partenaires ressent des sentiments plus exclusifs à un moment ou un autre. Il faudrait trop de paramètres correspondants et trop d'équilibre (presque dis-humain) entre les 2 partenaires pour que ce genre de relation se réalise de façon saine et transparente pour tous.

Parce que là justement, ce que je vois ressurgir c'est les fameuses certitudes, pas fondées sur ce que vous êtes, vous voulez, vos ressentis mais - je le comprends comme ça en tout cas - plutôt sur des préjugés pas forcément réfléchit jusqu'au bout.

Moi je crois avoir assez largement atteint l'age adulte (39 piges, ça va ?) et je constate de plus en plus au contraire à quel point c'est extrêmement divers les sentiments, à quel point ça sort des cadres dès qu'on commence à réfléchir autrement. Ben oui, ce qui nous réunit ici justement, c'est de ressentir et de vivre exactement ce que tu dis être impossible.

des amitiés, des amitiés-amoureuses, des amours non exclusif qui se vivent de manière saine et transparente, ben oui, précisément, plein de gens sur ce forum n'y "croient" pas particulièrement, juste ils et elles les vivent tout simplement.

Et puis, une autre remarque dans ce que tu dis, on a déjà eu la discussion il n'y a pas longtemps sur un autre fil, mais l'idée de l'impossibilité de l'amitié homme femme, ça aussi ça me choque beaucoup. Parce que bon, il n'y a (heureusement) pas que des hétéros dans la vie. Ca veut dire quoi ça quand on est homo ou bi ? que les gays ne peuvent avoir que des amis filles et les lesbiennes que des amis mecs ? que les bi ne peuvent pas avoir d'amis du tout parce que bon, au bout du compte on finit toujours par avoir envie de coucher et d'être exclusif ?

Voilà ce que je ressens dans ton message : une vraie envie de confrontation, d'ouverture et de discussion (utile de dire que je trouve ça super positif), et en même temps une contradiction entre cette aspiration à comprendre ton ami alors même qu'il sort du cadre et la force du cadre et des certitudes ancrées.

Peut être tu trouveras ici des formulations qui heurtent un peu des fois mais en tout cas dans un seul but : t'aider à chercher, à bousculer les certitudes pour avancer vers ce qui toi tu décideras comme ton chemin...

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Colvert

le vendredi 13 mai 2011 à 10h31

:-)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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prince_lutin

le vendredi 13 mai 2011 à 11h11

Bonjour Aria,

Et tout d'abord, bienvenue parmi nous. Ta présence ici démontre déjà une démarche d'ouverture et de tentative de compréhension, ce qui n'est pas donné à tout le monde malheureusement.

J'ai attendu un peu avant de te répondre car j'aurais souhaité que les habitués fassent leurs réponses habituelles et te heurtent un peu, mais j'attends toujours...

Alors, du coup je ne peux pas rebondir sur eux car même Boucledoux a été beaucoup plus soft que d'habitude ;)

Ton histoire me fait un peu penser à la mienne, sauf que ma femme avait, elle, déjà rencontré quelqu'un et "fautée". Lorsque cela m'est tombé dessus, nous avons, elle et moi énormément discuté, nous sommes venus sur ce forum, avons lu tout ce qui se disait sur le polyamour et finalement, avons mis en place des "cadres" qui permettaient de préserver notre vie de couple tout en lui permettant de vivre son histoire d'amour avec la tierce personne.

Les "cadres" évitent justement que la sphère centrale comme tu l'appelles soit touchée. Pour ma femme et moi, nous nous autorisons à sortir une fois par semaine l'un sans l'autre, et jamais le week end (réservé à la famille et surtout à nous deux). Je précise que nous avons deux enfants et qu'il était donc important d'éviter de trop les exposer à notre choix de vie.

La mise en place de ces cadres n'est pas trop difficile, mais ne pas les dépasser est parfois délicat et demande alors des mises au point et des "recadrages". Pour une personne qui a toujours proné l'amour exclusif, le travail le plus dur à réaliser est de combattre sa jalousie. Personnellement, je me suis rapidement rendu compte que la jalousie ressentie me renvoyait à la peur de perdre l'amour de ma femme. Or il n'en est rien, bien au contraire ! Très vite, on se sent plus proche de l'autre car la confiance et la transparence qui s'instaure nous rend plus complices. De plus, le bonheur de notre partenaire de vie est tellement palpable que cela nous rend nous même heureux.

L'autre peur, lorsqu'on décide de s'ouvrir aux autres, c'est de se laisser déborder par ses émotions. Cela m'est arrivé, et j'ai eu beaucoup de mal à faire la part des choses (bien plus que ma femme). Mais au final, on se rend compte que nous pouvons parfaitement aimer plusieurs personnes sans que l'une n'interfère sur l'autre. Et il suffit alors de ne pas se laisser envahir et de prendre confiance en soi pour que chaque partenaire respecte les autres partenaires et ne tentent plus d'empiéter sur nos vies.

Pour finir, le problème de l'amitié ne se pose pas vraiment pour un polyamoureux qui n'a pas cette notion d'amitié "pure". Une relation peut très bien débuter sans qu'aucune des deux personnes n'aient de désir l'un envers l'autre, juste une attirance intellectuelle par exemple, et comme rien n'est figé dans le marbre, voir leur relation évoluer. C'est justement la beauté du polyamour qui permet d'éviter les poncifs du genre : "c'est un ami, jamais je ne pourrais coucher avec lui !". Car lorsque le désir nait, un polyamoureux l'assume et le vit s'il est partagé. Et s'il n'est pas partagé, il sait se contenter de l'amitié de l'autre, sans en demander plus.

J'espère en tout cas que d'autres partagerons leur avis avec toi sur ce fil.

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oO0

le vendredi 13 mai 2011 à 16h08

Bienvenue Aria !

Le point de rencontre que je vais te suggérer va probablement te surprendre. La question d'une relation avec une tiers personne vous a pas mal tourmenté et troublé dans votre relation de couple. Personnellement, j'aurais tendance à penser que vous vous êtes déjà pas mal redécouvert autour de cette question, soit quelque part rencontrés sous un angle nouveau.

Tout ce que je peux t'apporter comme avis du point de vue de mon expérience personnelle, c'est que ce genre de question peut s'avérer apaisante à terme. Les peurs sont, de part et d'autre, inversées à l'origine. Là où les uns ont peur pour leur sécurité affective, les autres ont peur pour leur liberté affective. La question d'une relation avec une tiers personne est entourée de pas mal d'obscurité et de confusion qui alimentent ces peurs. Se rendre compte que ce que l'ont craint pouvoir nous faire perdre notre sécurité affective ou notre liberté affective est moins redoutable qu'imaginé ne peut que libérer. En tous cas, moi, cela a été mon expérience, mais j'étais plutôt du côté de ceux qui craignent perdre leur liberté affective.

Enfin soit, voilà, vous vous redécouvrez sous le jour d'une question que vous ne vous étiez peut-être pas posée ou en tous cas pas sous ce jour. Aussi, je t'invite simplement à observer dès maintenant si le chemin que vous avez parcouru jusqu'ici ensemble ne t'a pas quelque part permis de te rendre compte que ce que tu redoutais était moins pire que tu ne l'imaginais. Quels que soient les choix que vous ferez par la suite, pour peu qu'il y ait lieu d'en faire, vous ne pouvez les vivre que plus librement si vous vous libérez de vos peurs.

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Dlight

le vendredi 13 mai 2011 à 23h39

Bonjour Aria,

J'ai découvert il y a quelques années qu'on pouvait éprouver des sentiments pour quelqu'un d'autre que sa femme, sans cesser de l'aimer. A ce moment, je n'avais jamais entendu parlé de "polyamour" et ce terme n'existait sans doute pas encore. J'étais pourtant follement amoureux de deux personnes très différentes et en même temps attaché au principe de l'amour exclusif. J'ai fini par comprendre que ce n'était pas anormal, et que ce nouveau bonheur pouvait au contraire rejaillir sur mon couple "officiel".

La question est de savoir, au fond, ce qui nous empêche de laisser un conjoint libre d'aimer qui il veut, en dehors de principes culturels acquis. La réponse est le plus souvent la peur de perdre l'autre car soudain on n'est plus être le seul à pouvoir lui apporter amour, écoute, plaisir, etc. En réalité, qui peut prétendre tout apporter à quelqu'un durant toute sa vie ? La transparence permet d'accepter ce qui existerait de toutes façons. Sans cette révélation, j'aurais peut être quitté ma femme et cela n'aurait produit que du malheur.

Bien entendu, le polyamour peut être perçu comme un argument pour justifier du libertinage sans problème de conscience. Je crois qu'il faut de toutes façons se méfier des principes généraux et concepts passe-partout. L'idée phare du "polyamour", en dehors de toute doctrine, est d'accepter simplement d'avoir des sentiments amoureux envers plusieurs personnes, et d'accepter de ne pas être le seul dans ce cas.

Pour accepter cela, je suppose qu'il te faudra être convaincue de la place irremplaçable que tu occupes dans le cœur de ton mari, et du bonheur que produira chez lui cette liberté que d'une certaine manière tu lui reconnaitras.

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(compte clôturé)

le samedi 14 mai 2011 à 12h39

.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aria

le samedi 14 mai 2011 à 15h48

Bonjour,
Merci à tous pour m'avoir lu et répondu!
Je commence par répondre à la dernière question de Boucledoux: oui, je suis mariée et nous avons deux enfants.

Je découvre ce monde qui pour moi est très idyllique et en même temps aussi classé, rangé, étiqueté selon certaines règles... La France est vraiment le pays du compromis et de la démocratie!!! Malheureusement je suis pas française et je ne me retrouve pas du tout dans ces logiques. Je suis du sud: la passion et les sentiments prévalent sur le partage...
Je vous admirent pour cette capacité à tout séparer, classer et à trouver des compromis même sur les sentiments.
Une question: 1) Y a-t-il un point de départ, une cause dans les couples de base qui emmène le "libertin" à vivre des moments d'intimité avec d'autres personnes?

Je vous remercie de vos points de vue...
Bonne journée

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Siestacorta

le samedi 14 mai 2011 à 17h35

Bonjour, Aria, et bienvenue par ici.

Bravo pour l'ouverture d'esprit qui t'amène à écouter et répondre sur un fonctionnement qui n'est pas le tien. Je pense que c'estaussi une vraie belle preuve d'amour, d'inclure cette part de recherche et de questionnements dans ta réflexion.

Et franchement, sur l'orthographe, tu n'as pas vraiment à t'excuser : tu fais bien moins de fautes de français que beaucoup de "francophones de naissance"...

aria
Je suis du sud : la passion et les sentiments prévalent sur le partage...

Certes, on associe le sud aux sentiments, et surtout à leur expression désinhibée. Je crois pas que les gens du nord aient moins de sentiments et plus de raison ! Seulement, ça s'exprime différemment... La générosité aussi est une des valeurs rattachées au sud, la fête, la dolce vita : une certaine culture du plaisir et du bon-vivre.

L'Italie comme l'Espagne vivent les deux. Oui, parfois il y a des montées dans l'expression des sentiments, mais si on parle et on rit fort, c'est parce que ça échange, ça vit, ça reste pas "en conserve".

aria
Je vous admire pour cette capacité à tout séparer, classer et à trouver des compromis même sur les sentiments.

Ce n'est pas tout séparer et classer, pour reprendre ce que je disais sur intensité des sentiments et générosité de la vie.
C'est dire que les deux peuvent s'exprimer en même temps dans la même tête.
De la même manière que tu peux être le même jour heureuse d'un évènement et inquiète d'un autre contexte de ta vie personnelle... les deux se mélangent, et c'est la façon dont on exprime ce mélange qui fait une personnalité, une culture régionale.

aria
Une question : 1) Y a-t-il un point de départ, une cause dans les couples de base qui emmène le "libertin" à vivre des moments d'intimité avec d'autres personnes ?

Là je quitte mon domaine de connaissance, puisque je ne suis pas devenu polyamoureux en passant par une étape libertine.

Justement, mon étonnement à moi, c'est qu'on puisse "séparer et classer" ^^ des désirs libertins et la rencontre plus "globale" avec des gens. Qu'on puisse apprécier seulement un corps comme on apprécie une viande, sans être intéresser par la personne qui vient avec.
Mais je juge pas les libertins, là, je dis juste que pour moi leur équilibre entre le désir et l'intime n'est pas forcément déterminé et carré, qu'il doit probablement y avoir presque autant de façons de vivre l'échangisme que de libertins.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Dlight

le dimanche 15 mai 2011 à 12h26

Aria
1) Y a-t-il un point de départ, une cause dans les couples de base qui emmène le "libertin" à vivre des moments d'intimité avec d'autres personnes ?

Selon moi le libertin cherche surtout a vivre des fantasmes. Le lutin vit des histoires d'amour et de plaisir et la cause est soit la rencontre de quelqu'un qui l'amène à douter, ou bien tout le fait d'apprendre que ça existe qui lui donne envie d'expérimenter cela.

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aria

le dimanche 15 mai 2011 à 13h22

Pour ma question j'ai utilisé le mot "libertin" mais en fait je voulais dire "lutin" (ma terminologie n'est pas du tout au point!!!)

Merci Dlight!
Je comprends et je conçois tout à fait que si une rencontre de quelqu'un amène à douter de la relation en cours, le pas est bref et commun pour tous... par contre l'envie d'expérimenter le lutinage par curiosité... me laisse perplexe, surtout si cela peut mettre en danger la relation en cours dans laquelle le "lutin" est bien (à cause de l'autre personne qui ne comprendrait pas forcement cet attitude). Quel est le plus important?

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Siestacorta

le dimanche 15 mai 2011 à 14h12

Alors... "lutin", je sais pas bien, c'est le mot de Françoise Simpère pour les non-exclusifs, mais je ne connais pas personnellement son emploi exact...
Pour ce que j'en sais quand il est utilisé ici, un lutin c'est quelqu'un qui s'autorise la non-exclusivité, mais pour qui c'est une liberté, pas nécessairement un mode de vie continu.

Donc dans ce sens là, tu as Lutin / curieux, oui. Imagine un être vif, joueur, qui a de la fantaisie. Comme le harlequin qui nous vient de la commedia dellarte ou le Duende des contes espagnols.

Pas curieux d'avoir deux vie, d'échapper à une ou à l'autre. Curieux curieux de rencontres, de séductions, désireux que l'avenir ne soit pas tracé comme une route unique dont on ne peut sortir, mais ouvert comme on a des choix de chemins et de routes sur une carte du pays. C'est pas parce qu'on sait qu'on a le choix des routes qu'on va prendre qu'on oublie forcément qu'on veut passer par telle ou telle étape de sa vie... On se donne le choix du chemin.
Et on est d'autant plus heureux de retrouver son époux/épouse (ou même de voyager avec) parce qu'on a pu choisir selon sa fantaisie.

Donc, oui, la curiosité mais pas au sens intellectuel, je crois, pas au sens "pour faire une expérience" comme le feraient un savant dans son labo en se foutant de l'extérieur.
Une curiosité du coeur, parce qu'on a en soit de l'appétit de vivre, l'envie de croquer la vie à pleine dents sans se dire "han, ça c'est interdit par mon régime". Par ce qu'on a beaucoup à donner en soi, toujours, qu'en s'empêchant de l'offrir comme il veut, le lutin peut sentir qu'il se réduit le coeur. Un peu comme quelqu'un qui, à cause de son mariage, serait obligé d'abandonner une vocation, ou une activité de loisir qui le passionne... Renoncer à nos désirs nous dessèche, renoncer à la personne qu'on veut épouser ou qu'on a épousé nous ampute. Il s'agit de tenter d'être soi "complètement", en entier, pour être plus soi, et avoir plus à donner encore.

L'amour... C'est pas comme un gâteau qu'on partage, une part pour toi, une part pour moi, et plus ya de part moins chacun en a.
L'amour, c'est comme le plaisir. Il n'y a pas de pénurie possible en plaisir, on peut toujours en ré-avoir. Et plus on vit de plaisir, plus on est heureux, plus on donne du plaisir. On éprouve des sentiments et du plaisir avec l'amant B, et on revient avec de l'envie d'en vivre encore avec l'amant A, parce qu'on est bien, qu'on a envie de partager son bien être avec ceux qu'on aime.

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oO0

le dimanche 15 mai 2011 à 17h38

Yep, Aria,

je ne comprends pas complètement ta première question. Que la rencontre d'une personne amène à douter de sa relation en cours, oui, je comprends. Par contre, "le pas est bref et commun pour tous...", non, là, je ne comprends pas.

Que la curiosité en dehors d'une relation de couple puisse représenter un risque, oui, je comprends, mais pas la question de ce qui est le plus important. La question de ce qui est le plus important entre quoi et quoi ?

Ne t'inquiète pas pour la confusion de tes questions ou de leur compréhension. Beaucoup de questions délicates à formuler et tout aussi délicat à y répondre vu le soin que vous avez pris à les aborder dans votre relation.

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Dlight

le lundi 16 mai 2011 à 14h22

aria
Je comprends et je conçois tout à fait que si une rencontre de quelqu'un amène à douter de la relation en cours, le pas est bref et commun pour tous... par contre l'envie d'expérimenter le lutinage par curiosité... me laisse perplexe, surtout si cela peut mettre en danger la relation en cours dans laquelle le "lutin" est bien (à cause de l'autre personne qui ne comprendrait pas forcement cet attitude). Quel est le plus important ?

On peut commencer à s'intéresser à la question par curiosité, puis rencontrer quelqu'un qui nous plait et vivre une belle histoire avec lui. L'avantage dans ce cas c'est qu'on n'est pas "surpris" de vivre cette relation puisque d'une certaine manière on l'a cherchée. La suite est la même : on aime quelqu'un d'autre que son mari ou sa femme, et on se demande s'il faut lui avouer. Et si on l'avoue, on prend le risque de le voir partir en raison de l’absence d'exclusivité, etc. Ce n'est pas facile de démontrer qu'il existe plusieurs amours, celle qui est le socle de la vie amoureuse, et celles qui contribuent à l'embellir.

En ce qui te concerne il y a deux solutions selon moi : vivre la même chose tout simplement et découvrir le bonheur que cela procure à toi et à ton couple, ou bien considérer que ces petites bulles de liberté c'est toi qui lui offres, et c'est un présent que toi seule peut lui offrir.

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LuLutine

le mardi 17 mai 2011 à 19h35

Dlight
Ce n'est pas facile de démontrer qu'il existe plusieurs amours, celle qui est le socle de la vie amoureuse, et celles qui contribuent à l'embellir.

Euh...évidemment que ce n'est pas facile à démontrer, car selon moi c'est tout bonnement faux pour un certain nombre de personnes !
Et l'on ne risque pas de démontrer une chose fausse...(enfin, sinon c'est qu'il y a un souci dans le raisonnement !)

Pour certains polyamoureux, oui il y a un amour "principal" et d'autres "secondaires".
Mais d'autres ne mettent aucune hiérarchie entre leurs relations....

Pas besoin d'avoir "un" amour qui soit "le socle" de tout le reste...(en tout cas, moi je ne le ressens pas du tout comme ça).

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Dlight

le mardi 17 mai 2011 à 23h19

LuLutine
Pas besoin d'avoir "un" amour qui soit "le socle" de tout le reste...(en tout cas, moi je ne le ressens pas du tout comme ça).

Tu as raison, ce n'est pas forcément nécessaire. Mais si on le ressent comme ça, difficile de le démontrer (cette phrase était liée au contexte).

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aria

le mercredi 18 mai 2011 à 07h54

Bonjour et merci pour les réponses.
Je préfère prendre le temps de réfléchir avant de parler pour ne pas être trop impulsive... j'avoue que vos idées me choquent et nous vivons dans deux mondes différents! Vive la diversité, ça on peut le crier!!!

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Alibaba (invité)

le mercredi 18 mai 2011 à 08h48

@aria, que tes fondamantaux soient solides.
Tout cela n'est pas facile à vivre !!!! Crises, tensions, disputes sont à venir.

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Colvert

le mercredi 18 mai 2011 à 09h35

Bonjour à tous

aria
(...) nous vivons dans deux mondes différents ! (...)

pas trop d'accord :-/
Plutôt envie de dire "nous sommes tous différents et nous vivons tous dans le même monde!"

"Le beau temps, c'est super" ! Article "Tourisme Aquitaine"
"Le beau temps c'est la catastrophe" Article Sud-ouest

On est bien tous dans le même monde et pourtant nous ne le voyons, ni ne le ressentons pas tous avec les mêmes yeux. La grosse majorité des choses sont partagées et c'est ce qui fonde notre identité collective.
Mais au sein de cette identité collective existe aussi une multitudes d'identités individuelles faites de cultures, d'histoires, de traumatismes, de rencontres et autres mélanges d'impacts extérieurs...

On n'est pas tous non plus en mesure de digérer les évènements de la même manière, de se les approprier, de les rejeter, d'avoir les poils qui se dressent ou d'avoir le coeur qui bat pour le même évènement...
Mais tout ça ne nous empêche certainement pas de vivre ensemble, de construire ensemble, d'avoir des projets ensemble, de s'aimer, de faire l'amour, de se faire plaisir... bref de partager de la vie et du bonheur...

Colvert

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tentacara

le mercredi 18 mai 2011 à 09h37

Bonjour Aria,

Pour commencer, je voudrais préciser que je vivais en couple (non exclusif mais hiérarchisé, c'est à dire avec une relation primaire et quelques histoires secondaires) avant de rencontrer l'autre homme avec qui je vis aujourd'hui. Ma vie se partage donc entre deux compagnons et nous essayons de construire une famille à trois (je suis enceinte de six mois). Autre précision, je suis d'origine africaine (franco-congolaise pour être exacte), ce qui, je crois me qualifie aussi comme une fille "du sud".
Ceci posé, il me semble nécessaire de rappeler les fondamentaux de la philosophie dont nous discutons ici et sa distinction d'avec la monogamie.

Le polyamour se base sur un certain nombre de postulats :

-On peut aimer plusieurs personnes à la fois : Cela ne se base que sur le vécu de personnes qui ont vécu cette situation de ressentir de l'amour sous différentes formes pour différentes personnes. Ce postulat de base n'est pas rejeté en soi par la théorie mono, elle rejette seulement la possibilité de concrétiser concomitamment ces amours.

-La solidité du couple repose sur la sincérité et la confiance mutuelle. Je crois qu'ici, tout le monde est d'accord, même si on ne pratique pas tous de la même façon.

-La distinction majeure se base sur une approche différente de la jalousie dans le couple.

Pour les mono, la jalousie est un sentiment inévitable qui fait souffrir celui qui le ressent. Celui qui en serait la "cause" est responsable de cette souffrance et doit donc étouffer ses élans vers d'autres personnes que son conjoint pour lui épargner cette souffrance.

Les poly partent du principe que la jalousie est principalement causée par des mécanismes intérieurs, des peurs, des angoisses, dont la nature et l'intensité sont ancrées dans le vécu personnel de chacun et qui peuvent être déclenchées par des évènements extérieurs. Ces évènements sont variables en fonction des insécurités qu'ils réveillent, allant du simple regard vers une autre personne, quelques mots échangés, une amitié, une relation sexuelle, et jusqu'à un amour réciproque et consommé.

Nous ne proposons pas de ne tenir aucun compte de ce sentiment d'insécurité ou de jalousie, nous sommes des humains, aimants et aucun de nous n'apprécie de voir souffrir ceux qu'on aime. Mais nous cherchons à cette souffrance d'autres remèdes que l'étouffement pur et simple de nos sentiments pour d'autres personnes ou même de l'idée qu'on puisse en avoir. Nous proposons de travailler d'abord sur les raisons de cette souffrance, ce dans quoi elles s'enracinent, nous cherchons à identifier les peurs et d'offrir au conjoint des sécurités plus réelles et sincères que la promesse de ne jamais avoir d'autre objet de désir ou d'amour.

Concrètement, je vais essayer de te donner un exemple (totalement fictif):

A et B sont ensemble. A a vu son père quitter sa mère pour la secrétaire quand elle avait 10 ans. Le jour où B s'aperçoit qu'il aime une autre femme EN PLUS de A, il lui dit qu'il aimerait pouvoir vivre cette autre relation sans que ça mette un terme à son histoire avec A.
A est renvoyée à son histoire personnelle et persuadée que si B entame une autre relation,il est inévitable qu'il finisse par la quitter pour cette autre relation. Dans ces conditions, elle préfère le quitter maintenant plutôt que d'être exposée au risque d'être abandonnée, comme sa mère. Toutefois, elle est très amoureuse de B et commence par essayer de le convaincre de ne pas entamer cette autre histoire pour sauver la leur.
Que peut faire B ?

Option mono :

-Oublier cette autre personne qui l'attire et lui ouvre les portes d'une autre partie de lui-même, qui enrichit sa vie et rallume son désir. Céder à l'exigence de A parce qu'il l'aime et ne veut pas la voir souffrir, même aux dépens de son propre bien-être, puisqu'il souffre beaucoup de devoir renoncer à C.

Option poly :

-Tenter de comprendre avec A la source de sa souffrance. Une fois cette source identifiée (Papa quitte Maman), établir les différences avec leur relation : A n'est pas maman, B n'est pas papa. B n'a pas fait son coup en douce, il est venu lui parler de son dilemme, il désire pouvoir vivre dans la confiance et la sincérité.
Il comprend que A souffre d'une peur incontrôlable d'être abandonnée pour une autre. Il l'assure de la solidité de son amour pour elle, par des mots, des gestes, redouble d'attention et propose de baliser sa relation avec C de la façon la moins menaçante possible pour A.

La faille du raisonnement mono, me semble-t-il c'est qu'il ne procure qu'une sécurité très illusoire. Si la seule possibilité qui s'offre à quelqu'un qui tombe amoureux en dehors de son couple est de quitter son premier conjoint, un jour ou l'autre, il partira, quels que soient ses sentiments. Le premier conjoint en déduira qu'il ne l'aime plus, voire, souvent, qu'il ne l'a jamais aimé, alors que le départ n'est motivé que par l'obligation de choisir.

Je l'ai vécu il y a bien longtemps comme un jeu de dupe et j'ai juré (jamais trop tard) qu'on ne m'y prendrait plus.

PS: L'analyse et l'exemple sont volontairement caricaturaux dans un but de clarté. Personnellement je suis plus "pratiquante" que théoricienne. Je pars donc de la nécessité pour moi de vivre mes sentiments avec sincérité et intégrité sans me voir imposer un modèle de comportement qui ne me convient pas.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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