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Comment gérez-vous les écarts entre vos désirs sexuels et ceux de vos partenaires ?

Sexualités
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Profil

LuLutine

le samedi 19 mars 2011 à 02h33

Ma question porte en particulier sur le cas où l'un a envie et l'autre pas...

Je me suis plusieurs fois retrouvée dans cette situation, et j'ai été dans les deux positions (dans la position de celle qui a le plus d'envies, comme dans la position de celle qui en a le moins).

Jusqu'à maintenant ça ne posait pas vraiment problème, c'était toujours celui ou celle qui avait le plus envie qui renonçait à ses désirs, et était forcément frustré(e), mais faisait avec.
Ca n'avait jamais posé de problème insurmontable.

Pourtant, il semble que pour certaines personnes ayant plus de désir que leur partenaire, ce le soit (insurmontable).

Avez-vous déjà rencontré ce cas de figure ?

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(compte clôturé)

le samedi 19 mars 2011 à 09h08

Oui, très souvent.
Et je n'ai pas encore trouvé de solution.
Je ne suis pas certaine qu'il y en ait, à vrai dire. C'est le hiatus infranchissable entre deux altérités, c'est une question d'écoute de l'autre, d'empathie, de respect...
Ce que je peux dire après l'avoir vécu, c'est que la frustration est bien plus facile à gérer que la honte de sentir son partenaire se "forcer un peu" pour me faire plaisir.
Oui, parce que moi je suis souvent celle qui a envie quand l'autre ne veut pas.

Après ça vaut aussi le coup de se demander pourquoi l'autre ne veut pas - et aussi pourquoi soi-même on veut, et pourquoi ça nous semble si terrible de renoncer à ça, là, maintenant tout de suite. Creuser sur le "pourquoi" du décalage permet d'avancer et éclaire pas mal de choses (enfin ça aussi, je le dis après l'avoir vécu).

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(compte clôturé)

le samedi 19 mars 2011 à 10h16

J'approuve, Janis.
Quelques amies proches m'ont confié avoir ici et là prodigué des pipes à leur hommes "pour avoir la paix". Alors si c'est pour se mettre soi-même en position d'objet, je pense qu'il y a aussi là matière à réfléchir sur le mépris qu'on manifeste ainsi, à soi-même et à l'autre... qui est ainsi mis dans la position de l'enfant capricieux à calmer.

Ca fait pas dans la transparence et la confiance, à tout le moins.

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(compte clôturé)

le samedi 19 mars 2011 à 10h21

Ceci dit, il arrive dans mon couple de base que l'un ou l'autre dise franchement avoir besoin et envie au point de partir en chasse ou de contacter un pote de baise, avec la bénédiction de l'autre.

Enfin, ça dépend si c'est une jour où on a envie de baiser, simplement... ou de faire l'amour avec une personne bien particulière.

Baiser, pas un problème; mais dans l'autre cas de figure... retour à la "solution-Janis": se poser pour gérer la tension.

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Lune

le samedi 19 mars 2011 à 10h27

Bonjour

Avez-vous déjà rencontré ce cas de figure ?
Oui, mon ex mari. Je ne sais pas comment d'autres vivent cette frustration insurmontable mais lui ça le rendait agressif envers moi. Incapable de se remettre en question, j'étais, à ses yeux, responsable de ses frustrations...

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(compte clôturé)

le samedi 19 mars 2011 à 10h34

Wazaaa
Ceci dit, il arrive dans mon couple de base que l'un ou l'autre dise franchement avoir besoin et envie au point de partir en chasse ou de contacter un pote de baise, avec la bénédiction de l'autre.

Je pratique aussi (pas mon régulier qui est mono, mais j'ai aussi sa bénédiction.)

Wazaaa
Enfin, ça dépend si c'est une jour où on a envie de baiser, simplement... ou de faire l'amour avec une personne bien particulière.

Mais voilà, c'est bien ça le problème : si c'est une question de décalage avec un partenaire bien particulier qui ne peut pas / veut pas en même temps que moi, je peux bien me taper toute la caserne des pompiers, ça ne résoudra en rien ma frustration.

Comme je dis souvent : dans polyamour, le vrai problème, c'est pas le poly, c'est l'amour.

On peut se faire beaucoup de mal dans une relation avec ce genre de malentendu, à soi et à l'autre aussi. La libido c'est comme de la porcelaine chinoise, c'est agréable de boire dedans mais qu'est-ce que c'est fragile...

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Profil

Lune

le samedi 19 mars 2011 à 10h48

Janis
Ce que je peux dire après l'avoir vécu, c'est que la frustration est bien plus facile à gérer que la honte de sentir son partenaire se "forcer un peu" pour me faire plaisir.

Dans le cas de mon ex mari, ce n'était pas ça du tout. Il n'était même pas conscient que je me forçais. Pour lui, le principal étant qu'il obtienne satisfaction. Et pour moi, pour qu'il me laisse en laisse en paix après, mais ça ne le faisait pas quand même parce qu'il trouvait toujours d'autres frustrations à me faire porter sur les épaules.
C'est une des raisons pour laquelle je suis partie.

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(compte clôturé)

le samedi 19 mars 2011 à 11h38

Bon, alors c'était pas le sexe qui était un problème, mais la relation elle-même... le sexe "à sens unique" n'était qu'un des aspects. Oui je sais, ça fait lapalissade! Mais, comme l'évoque Janis, c'est l'amour qui est problématique, là... s'il n'y a même pas moyen d'évoquer le problème, et que quelque part, quelqu'un trouve normal de penser/décider/ressentir pour deux, prendre la poudre d'escampette c'est le mieux à faire.

La libido est un truc en soi, mais aussi dépendant du "regard" de l'autre et de la relation - à proportion de l'importance qu'on donne aux manifestations de désir de l'autre.

Il y a une part à soi, dont je me dis qu'il faut bien la cultiver, pour qu'elle ne devienne pas dépendante de ce qu'on vit avec son partenaire. Du travail de renforcement, parce qu'on pourrait vite fantasmer sur "je ne suis pas désirable"; alors que, bon, la libido du partenaire ne dépend pas uniquement de notre propre désirabilité, et d'un. Et que cette "désirabilité" ne se mesure pas qu'à l'aune de son désir à lui.

C'est un peu le même truc que se pomponner pour quelqu'un... ou juste pour son plaisir à soi.

Ou alors, pour reprendre l'exemple de la porcelaine chinoise, c'est pas la fille peinte au fond du bol et qu'on voit en finissant son gorgeon, qui est la plus bandante pour tout le monde... va savoir pourquoi le même détail chez quelqu'un ne réveille rien chez X, et fait piquer la chamade au cœur de Y!

C'est clair, ce que je raconte? Ou je le crois seulement?

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Siestacorta

le samedi 19 mars 2011 à 12h57

Ben ça, c'est un des problèmes très présents à propos du côté couillu de la Force, mais je crois que ça dépasse quand même le clivage masculin/féminin, ou, au moins, ne le recoupe que partiellement.

C'est le mélange "sexe affamé n'a pas d'oreilles" et "avoir envie de sexe, c'est signe de bonne santé et d'amour".
Le moment où un amant est baigné d'hormones, qui lui font ignorer tout ce qui contredit sa pulsion, et le côté "légitime" du désir : "c'est bon, c'est Bien, si tu m'aimes comme je t'aime c'est le moment de piocher dans mon abondance infinie (et en plus le désir c'est de Gauche, donc c'est cool)".

Le rôle de l'autre, là ? Lors, s'il ne baigne pas autant dans la testo et la cyprine, il est soit complexé, soit pas assez amoureux, soit rébarbatif et plus ou moins agent de la répression judéo-chrétienne. Il est très exposé à être culpabilisé. Il est pas en phase avec la Nature, le couple, l'harmonie, sa propre psyché.
Après un petit va et vient des familles, il verrait, s'il voulait bien se détendre, allez, quoi.

L'amant, quand sa démarche s'inscrit dans une recherche de de respect de l'autre, devrait idéalement être capable de ne pas penser seulement en amoureux toujours ivre de ses désirs et passions, mais aussi en personne aimante, parfois moins vaillant que bienveillant.
Pour moi, les polyamoureux devraient - idéalement si on était tous des super-héros de l'amour avec des super-pouvoirs génitaux et mentaux - être plus capables de ce respect-là, de cette compréhension. Justement parce que leur libido, moins policée par les règles socio-sexuelles communes, serait finalement moins sensible à la frustration... Optimiste ?

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LuLutine

le samedi 19 mars 2011 à 13h33

Janis
pourquoi ça nous semble si terrible de renoncer à ça, là, maintenant tout de suite

J'ai été en situation de devoir renoncer, et ça ne m'a jamais semblé terrible, justement.
Mais il semblerait que pour certaines personnes, ça crée des douleurs physiques, lorsque l'autre est proche d'elles physiquement....et ça, je ne l'ai jamais vécu (même si j'ai enduré d'autres catégories de douleurs physiques, parfois sans rien dire).

Wazaaa
Ceci dit, il arrive dans mon couple de base que l'un ou l'autre dise franchement avoir besoin et envie au point de partir en chasse ou de contacter un pote de baise, avec la bénédiction de l'autre.

Là ce n'est pas le problème, puisqu'il y a effectivement d'autres personnes disponibles.

Mais "ce n'est pas pareil", on ne peut pas toujours prendre une autre personne comme ersatz (déjà ça ne "fonctionne" pas forcément, mais en plus ce n'est pas toujours très sympa pour l'ersatz en question), et tu le dis très bien d'ailleurs :

Wazaaa
Enfin, ça dépend si c'est une jour où on a envie de baiser, simplement... ou de faire l'amour avec une personne bien particulière.

Siestacorta
je crois que ça dépasse quand même le clivage masculin/féminin

Moi je n'ai pas fait de clivage, hein. Surtout que j'ai déjà été dans la position de celle qui a envie et à qui on dit "non".

Siestacorta
"c'est bon, c'est Bien, si tu m'aimes comme je t'aime c'est le moment de piocher dans mon abondance infinie (et en plus le désir c'est de Gauche, donc c'est cool)".

Lol ^^

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Boucledoux

le samedi 19 mars 2011 à 14h12

LuLutine

Siestacorta
je crois que ça dépasse quand même le clivage masculin/féminin


Moi je n'ai pas fait de clivage, hein. Surtout que j'ai déjà été dans la position de celle qui a envie et à qui on dit "non".

ben moi je le fais, nettement. Pas dans le fait "d'avoir envie" mais dans la réaction au "non"...

Wazaaa
Quelques amies proches m'ont confié avoir ici et là prodigué des pipes à leur hommes "pour avoir la paix". Alors si c'est pour se mettre soi-même en position d'objet, je pense qu'il y a aussi là matière à réfléchir sur le mépris (...)

Lune
(...) Oui, mon ex mari. Je ne sais pas comment d'autres vivent cette frustration insurmontable mais lui ça le rendait agressif envers moi. Incapable de se remettre en question, j'étais, à ses yeux, responsable de ses frustrations...

Le désir est heureusement un truc très partagé entre les sexes, l'objectification, l'utilisation, l'oubli voir la négation des (non)désirs de l'autre à son avantage, par contre c'est très genré oui... Ca ne veut pas dire exclusivement masculin mais très masculin quand même...

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Boucledoux

le samedi 19 mars 2011 à 14h13

au fait, bonjour à tou-te-s, ça fait longtemps....

;) :-D <3

bises

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Siestacorta

le samedi 19 mars 2011 à 15h40

Boucledoux
ben moi je fais [le clivage], nettement. Pas dans le fait "d'avoir envie" mais dans la réaction au "non"...

Oui, notre société éduque mal les hommes à gérer la frustration, me dit-on dans l'oreillette.
J'imagine qu'on dit aux petits garçons de redoubler de hargne pour obtenir ce qu'ils veulent, et que s'ils obtiennent pas la médaille, c'est pas vraiment des mecs ?
Quelque chose comme ça...

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(compte clôturé)

le samedi 19 mars 2011 à 16h12

Boucledoux

Le désir est heureusement un truc très partagé entre les sexes, l'objectification, l'utilisation, l'oubli voir la négation des (non)désirs de l'autre à son avantage, par contre c'est très genré oui... Ca ne veut pas dire exclusivement masculin mais très masculin quand même...

Fort juste. Un collègue mec m'a confié, déconfit, que son samedi soir l'avait désarçonné: il avait fêté ses quarante balais tout récemment, il était connu comme le gars qui a volontiers du sexe avec les filles, oui, mais il n'avait pas été préparé à ça: une amante occasionnelle l'avait relancé et presque harcelé.

Lui n'avait pas envie, elle oui, beaucoup: comme il refusait , elle lui a demandé en quoi ça le gênait de se laisser faire??? Bref, il a goûté à l'amère position de l'objet.

Un pénis qui bande, ça se voit; le contraire, aussi. Par contre la fille qui mouille pas, ça ne se voit pas directement. Évidemment que tant qu'on se fixe sur l'équation "Je bande, donc je baise", on ne peut que répondre sommairement aussi, par "je baise aussi", ou "je baise pas".

Et la célèbre réplique "Tu vas pas me laisser dans cet état-là", elle fait plus souvent mouche dans un sens que dans l'autre. Ma foi, les poncifs existent, c'est con, et y'a du boulot pour ne pas les laisser s'installer dans l'action.

Ca me rappelle une scène intéressante dans "L'homme de sa vie" d'Isabelle Breitmann: quelque chose se dessine à coups de tendresses et de bisous au sein d'un couple, alors qu'elle vient le réveiller de sa sieste pour accueillir bientôt des invités. Elle n'est pas dans le mood, s'éclipse de la chambre, et on voit Bernard Campan remettre en place avec ferme douceur tout son bazar qui s'était ému - le regret y est, mais avec un arrière-goût de "Plus tard, peut-être". Et puis c'est tout.

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(compte clôturé)

le samedi 19 mars 2011 à 16h52

Là on parle de relations où le désir est partagé mais décalé.
Mais il y a aussi des relations qui sont bien d'amour, mais d'amour chaste pour l'un et plus sensuel pour l'autre. Soit parce que celui qui veut rester chaste a de bonnes raisons pour cela (relation adultère mal assumée, rapport compliqué au sexe en général, difficultés logistiques ingérables), soit parce qu'il n'éprouve pas exactement le même genre de sentiment que son/sa partenaire pour lui. Donc il y a désir d'un côté, et pas de l'autre. Et là c'est pas pour "plus tard peut-être" ; c'est parti pour durer comme ça longtemps.
Il faut alors beaucoup de travail et de compréhension mutuelle, beaucoup de communication pour que la relation demeure et qu'elle ne vire pas à la foire d'empoigne.
Mais ce genre de relation, pour difficile qu'elle soit à vivre, peut aussi se révéler très riche et mérite d'être vécue (et je sais de quoi je cause). Et je crois bien pour le coup qu'elle n'est gérable à long terme que dans un cadre clairement pluri-amoureux - c'est à dire sans exclusivité et sans huis-clos, où chacun peut aller vivre sa sexualité ailleurs et garder ainsi intacte sa tendresse pour celui avec qui elle ne peut pas s'exprimer par la voie des sens.

Là c'est moi qui ai l'impression de parler chinois...

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(compte clôturé)

le samedi 19 mars 2011 à 18h24

Boh, je trouve clair, mais bon du coup alors c'est une relation plus fraternelle qu'autre chose et le problème c'est pour finir de gérer sa propre frustration. Si ça ne marche pas sur le plan sexe, je remets en question le fait de vivre avec la personne, je remets même en question la nature de la relation - un petit moratoire pour la laisser évoluer lors d'un moment de séparation, pourquoi pas.

Ou alors on veut le beurre et l'argent du beurre, donc une solution-miracle. Le Viagra pour les sentiments, ça existe pas.

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anna (invité)

le dimanche 20 mars 2011 à 01h49

Lulutine : "Pourtant, il semble que pour certaines personnes ayant plus de désir que leur partenaire, ce le soit (insurmontable)."

Insurmontable, c'est à dire à dire concrètement ? la personne rompt, force l'autre, s'en va????
Après c'est de voir comment ces personnes gèrent l'insurmontable.

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LuLutine

le dimanche 20 mars 2011 à 13h51

anna
Insurmontable, c'est à dire à dire concrètement ?

Concrètement, ça induit une douleur physique....

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Profil

LuLutine

le dimanche 20 mars 2011 à 13h52

Janis
Mais il y a aussi des relations qui sont bien d'amour, mais d'amour chaste pour l'un et plus sensuel pour l'autre.

Message très intéressant :) , par contre je précise que je ne me plaçais pas dans cette situation.

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Profil

LuLutine

le dimanche 20 mars 2011 à 13h58

Siestacorta
J'imagine qu'on dit aux petits garçons de redoubler de hargne pour obtenir ce qu'ils veulent, et que s'ils obtiennent pas la médaille, c'est pas vraiment des mecs ?
Quelque chose comme ça...

Oui mais non.
Enfin, l'éducation, ok, mais ce n'est pas la seule chose qui compte.

J'ai été élevée par une femme qui semble obtenir toujours ce qu'elle veut et ne me semble pas supporter très bien la frustration (même si je peux me tromper). Qui m'a toujours harcelée pour que je me batte, pour que j'écrase les autres plutôt que de me faire écraser par eux, que j'obtienne ce que je veux ou ce dont j'ai besoin, quitte à ce que ce soit "chacun pour soi". (Bon je force peut-être un peu le trait, mais c'est l'idée générale.)

Ma famille est plutôt matriarcale, je dirais (mes grands-mères, d'après ce que j'en sais, étaient aussi celles qui décidaient).

Et pourtant je ne suis pas comme elles.

Alors, l'éducation, oui...mais pas que. La personnalité aussi, ça compte. La faculté de réfléchir sur soi-même et sur les autres, de ne pas être trop individualiste et de réfléchir à un autre équilibre.

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