Polyamour.info



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Où sont les lutines ?

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oO0

le mardi 20 mai 2014 à 00h17

bodhicitta8
En tant que colaboratrice, je n'ai pas de mal à rentrer dans tes chaussures lorsque tu parles de cette impression de ne pas exister par moments.

L'expérience que tu cites ensuite est pertinente, elle propose un bon équivalent. Je vais essayer de proposer un équivalent de la situation féminine puisque tu l'as fait pour la situation masculine.

Dans une classe de plusieurs élèves, si ceux-ci se mettent tous à s'adresser en même temps à toi, tu te sens littéralement harcelé. C'est comme si plusieurs radios s'allumaient en même temps. Alors que tous ont l'air parfois d'avoir quelque chose d'intéressant à dire, mais cela donne juste l'impression que ta tête va explosé et de se sentir agressé : imposer une prise de parole individuelle est juste une règle nécessaire à la santé mentale du professeur s'il ne veut pas se sentir perpétuellement agressé. (Je pourrais pousser l'analyse plus loin.) Il ne s'agit somme toute que d'une contrainte communicationnelle qui n'en est pas moins éprouvante et fatigante. Un seul élève te parle de travers dans ce genre de situation surchargée en contact et ce sont tous les élèves qui sont des ... Il y a dans la surcharge relationnelle du moment une surcharge émotionnelle qui entraîne un phénomène de généralisation et un élément isolé devient la perception du tout.

Je pourrais t'expliquer comment je me situe dès lors sur base de cette équivalent de ma perception - sûrement approximative - la situation féminine, mais je suis au bout de ce que je peux donner pour l'instant. Par contre, sortir du contexte des rencontres n'est pas une mauvaise idée en cherchant des équivalents dans d'autres contextes. Non seulement cela peut permettre dépassionner le débat, mais de ce recentrer sur ce qui fait des relations normales puisque, finalement, j'imagine que c'est le seuil minimum recherché par tout le monde.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bodhicitta

le mardi 20 mai 2014 à 00h29

Trés beau résumé, Lagentda! (+)

RIP
Et, même vous, même si vous osez, ici, davantage faire confiance en engageant le dialogue, vous adoptez une attitude défensive où vous dites faire tout ce qu'il faut pour ne rien avoir à vous reprocher plutôt que de simplement partager votre ressenti. Mais cela n'a rien de personnel, il n'y a pas de recherche de coupable, nous ne sommes pas dans l'agir, mais dans le sentir, le ressentir des différentes facettes d'un même malaise. La culpabilité dont j e viens de parler, de ne pouvoir répondre aux désirs ou aux sentiments d'une personne nous l'éprouvons tous d'une manière ou d'une autre sous la forme d'une empathie somme toute saine qui est la peur de faire mal, le fait de savoir que l'on va faire mal quand ce genre de situation se présente. La satisfaction de notre vie affective passe par de nombreuses déceptions qui ne sont pas seulement les nôtres, mais celles d'autres personnes dont nous sommes bien souvent la déception et nous en avons tous la responsabilité sans en avoir pour autant la culpabilité.

Rien de personnel, mais en effet tu généralises souvent (oui j'sais 16 ans tout de méme) et en disant "vous" tu parles à LuLutine et moi non?
Je ne dis pas faire tout ce qu'il faut, mais que je fais au mieux, dans la mesure de mes possibilités! je fais au mieux pour ne pas faire mal.
je réponds que non je n'ai pas peur de faire mal en refusant des avances, car on est pas obligé de faire mal, non désolée, ça peut étre fait avec tendresse, ça n'empéche pas d'avoir des mots doux et réconfortants. J'essaye méme que le soupirant (les autres aussi) repartent avec plus de confiance en eux et en la vie. Oui c'est possible il y a du positif en tout et tout le monde (tu le sais) il suffit de le souligner.
Redire également à l'autre qu'il n'est responsable de rien en rapport à ce rejet. Rejet qui n'est pas obligé d'étre total, que l'on donne ce dont on est capable (on a envie) ne serait ce que de la tendresse qui met du baume au coeur, ça peut etre plus ou moins sexué dans les limites ou l'on se sent bien là dedans à l'instant.

Mon coté bisounours vient de parler...
sinon cette culpabilité que je peux tout de méme percevoir sans me laisser envahir, comment faire pour diminuer son existence, son impacte?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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oO0

le mardi 20 mai 2014 à 00h38

Si tu ne veux pas voir que tu réagis comme si tu étais accusée, c'est ton histoire. J'essaie de parler d'un problème général et tu fais comme s'il n'y avait pas de problème avec toi. Je veux bien te croire, même te croire que tu as des solutions au problème, mais cela ne permet pas de mieux le comprendre juste d'éviter d'en parler.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le mardi 20 mai 2014 à 00h48

Dieu
ben non, je n'arrive pas à m'amouracher des mecs...

Quoi ???
Mais tu es Dieu !
Tu aimes tout le monde ! :P

Allez t'inquiète, ça viendra... ;)

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oO0

le mardi 20 mai 2014 à 00h50

bodhicitta8
Sinon cette culpabilité que je peux tout de même percevoir sans me laisser envahir, comment faire pour diminuer son existence, son impacte ?

C'est exactement à ce genre de question que je veux en venir.

Si tu peux la gérer plus facilement, elle peut être intéressante pour quiconque a du mal à la gérer et une part de cette froideur vient de la difficulté à la gérer. Tu proposes une manière chaleureuse de la gérer, que je connais et à laquelle je sais recourir aussi. Encore une fois, je ne te mets pas en cause, je ne mets en cause personne, j'essaie par exemple d'abord de comprendre les peurs qui peuvent générer une atmosphère générale aussi misérable. Je remarque qu'il peut y avoir la peur de faire mal qui est une question saine d'empathie qui n'est cependant pas évidente à gérer et par laquelle il vaut mieux ne pas se laisser envahir sans perdre la faculté d'empathie qu'elle anime.

Lagentda, merci de mettre en avant l'accord de fond, après c'est une autre chose d'arriver au fond. Mon intention n'est pas de dire à la gente féminine que je lui en veux, mais que je veux comprendre, essayer de mieux comprendre parce que l'on touche à une question de fond, les référents sociétaux du consentement et l'atmosphère générale que ces référents génère autour du consentement ou dans laquelle ils sont entretenus. Sinon, j'ai perdu ce que j'avais écrit donc il faudra te contenter de ça.
______________

J'ai tendu assez perche comme ça pour trop de commentaires comme quoi il y en avait une ou l'autre qui était tordues en regardant la plupart des autres rester dans le vide. C'est ce genre d'attitude qui fait que c'est possible de se sentir nié, ici, dans ses efforts.

Merci tout de même pour les perches qui ont été prises.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Leolu

le mardi 20 mai 2014 à 01h31

Les personnes qui se plaignent de la glaciaso... glaciasici... "du fait que les femmes répondent de façon glaciale" à des approches masculines, ont ce soucis parce qu'elles se postent dans des lieux qui favorisent ce grave inconvénient : sites de rencontre, boîtes de nuit et autre lieux "officiels" de séduction.

Cette froideur et ces harcèlements naissent de situations "primaires" qui voudraient aller directement à la case "amour" sans passer par la case "amitié".

Or, l'amour n'est qu'une couche supplémentaire sur la notion d'amitié, puisque :
- on peut ne plus aimer son conjoint et rester ami
- on peut détruire l'amitié qu'on avait pour son conjoint... ce qui fait exploser illico l'amour qui la complétait si agréablement (puisque l'amour ne peut subsister sans son amitié-racine... j'espère que vous me suivez).

Mais les "lieux de séduction directe" entendent apporter l'amour... en espérant que l'amitié se raccroche simultanément au lot. Ça va trop vite ! Il faudrait qu'on devienne amis à partir d'une seule phrase ou d'un seul courrier, envoyé pour l'essentiel "en quasi-aveugle".
En fait, ils espèrent des presque-coups-de-foudre à chaque fois !

C'est pour ça que les hommes vont trop vite, c'est pour ça que les femmes se rebiffent. Ce n'est pas eux (et elles) qui sont comme ça, c'est la situation qui entraîne ce dysfonctionnement (auquel on ajoute le fait que les cas les plus désespérés y côtoient les cas "normaux").

Placez des célibataires, hommes et femmes, pendant 15 jours dans un "camp de travail" qui interdirait les aventures sexuelles (hommes et femmes séparés la nuit pendant 15 jours), et vous aurez des comportements très différents lors des activités de jour.

Donc si vous vous plaignez de ne voir dans vos tentatives de séduction que des réactions extrêmes, essayez les lieux où l'amitié peut naître avant l'amour : sites web de sorties (OVS, Amiez), associations diverses (danse, ...), etc...
Les réactions féminines y sont bien moins épidermiques et les hommes bien moins "assoiffés".

Dieu
A part ça, il me semble que les "non" chez les polys sont généralement bien moins cinglants / blessants que chez la plupart des monos. Il m'est arrivé que des lutines me disent "non" (ou me le fasse comprendre). Jusqu'à présent, aucune de ces charmantes personnes ne s'est montrée indélicate à mon égard, beaucoup sont des personnes que j'apprécie et qui m'apprécient, amicalement. Leur attitude n'a pas changé entre le "avant" et le "après".

Voilà un sujet que j'aimerais bien voir approfondi :)

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Anarchamory

le mardi 20 mai 2014 à 07h34

Leolu
Voilà un sujet que j'aimerais bien voir approfondi :)

C'est-à-dire ? Que veux-tu savoir ? :)

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bodhicitta

le mardi 20 mai 2014 à 09h48

RIPSi tu ne veux pas voir que tu réagis comme si tu étais accusée, c'est ton histoire.
J'essaie de parler d'un problème général et tu fais comme s'il n'y avait pas de problème avec toi.

Oui ce malaise et un probléme pour l'humanité donc bien entendu c'est grave.
En effet je fait comme si, car il n'y a pas de problème avec moi. Je rappelle qu'on ne se connait pas, on peut tout juste essayer de se comprendre, de se mettre dans les chaussures de l'autre, essayer du mieux possible rien de plus.
Ce qui n'est vraiment pas facile, casi impossible, trop de choses à prendre en compte pour ressentir ce que ressent l'autre. Surtout à travers le net (ici) car il nous manque un tas de données pour présiser notre communication, surtout au sujet de ressenti.
Par exemple, si on "s'écrit en méme temps" en sachant que le net n'est vraiment pas mon monde, pas de face bock, pas msn etc, j'écris lentement et tu peux imaginer que j'écris aprés t'avoir lu, donc mal interpréter car en plus tu ne vois pas mon attitude, mon regard etc...
Si j'avais l'intention de nier le malaise que tu ressens, penses tu que j'aurai perdu du temps à y répondre?
Je cherhais juste à dédramatiser, en sachant que ce n'est pas une solution au dit probléme, mais d'essayer de positiver de dédramatiser, tu le dis toi méme RIP c'est une question de survie.

Donc cette culpabilité présente en nous, méme (surtout) inconsciemment, comment ne pas la laisser nous envahir, nous contrôler?
Je peux juste essayer de dire comment moi, j'arrive à ne pas me laisser diriger par elle:
-je garde à l'esprit que l'on n'est pas (le seul) responsable des ressentis de l'autre. J'ai compris qu'on est les seuls à contrôler, diriger nos pensées. Si les gens prennent mal tel ou tel chose on ne peut rien y faire, un cadeau qui part d'une bonne intention peut etre mal prit aussi
-je garde à l'esprit l'impermanence des choses. Si j'ai pas envie aujourd'hui rien ne me dit que je n'aurai pas envie demain et inversement.
- je fais de mon possible pour faire et dire les choses avec délicatesse, douceur et tendresse si c'est un sujet sensible donc vu que je fais au mieux pour ne pas faire de mal, je fais le maximum donc aucune raison de culpabiliser.

Empathie for ever <3

En suite je ne me sens pas étouffée par ces lourdingues de dragueurs à la con, qui souvent sont tellement... tellement que s'en ait marrant, je les trouve facile à repérer et à remettre à leurs place, gentiment, avec une petite phrase à méditer si ils veulent bien comprendre . Donc je ne souffre pas de ce coté, je ne peux t'aider à comprendre pourquoi ces femmes qui en souffrent restent braquées sur la défensive

mais (+)

RIP
Par contre, sortir du contexte des rencontres n'est pas une mauvaise idée en cherchant des équivalents dans d'autres contextes. Non seulement cela peut permettre dépassionner le débat, mais de ce recentrer sur ce qui fait des relations normales puisque, finalement, j'imagine que c'est le seuil minimum recherché par tout le monde.

(+)
OUI une relation amoureuse reste une relation mais avec des + <3 + <3 + <3

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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jayraymy

le mardi 20 mai 2014 à 10h03

Lagentda : Mes intentions sont simplement d'essayer de faire reconnaître une souffrance que vivent les hommes. Souffrance habituellement ignorée (on les fait même culpabiliser de mal s'y prendre).
La situation ne changera pas du jour au lendemain. Mais j'aimerais qu'on admette que dans ce monde sexiste et asymétrique, s'il est dur d'être une femme, c'est aussi dur d'être un homme (dans certains contextes).
J'ai l'impression pour ma part que les femmes sont souvent trop focalisée sur leurs propres difficultés (plus socialement acceptables et médiatisées) pour faire preuve d'empathie envers les hommes sur les leurs.

Leolu : Bien sur l'homme est "coupable" parfois, peut être même toujours dans une certaine mesure. Mais le problème ne vient jamais entièrement de sa part non plus, et ce n'est pas non plus une raison de refuser de reconnaître sa souffrance.

Par ailleurs, sans me sentir viser mais pour tenter d'expliquer le contexte de ma réflexion, je ne fréquente jamais les lieux de séduction direct... et même confronté à ces réactions "moins épidermiques" je sens de l'anxiété chez beaucoup de femmes. Anxiété qui les retient d'accueillir sans à priori les avances des hommes, mais bien plus encore, qui les retient d'en faire elles même.

- Pour élargir la réflexion, si le problème est plus marquant dans la relation de séduction homme/femme, il ne lui est même pas spécifique. La société d'aujourd'hui encourage l'indifférence, les hommes (hétéro) ont du apprendre à se faire violence pour aller vers les femmes (d'où d'ailleurs, souvent, leur maladresse) mais ne le font pas vers les hommes (relation amicale potentielle). Je retrouve donc, de manière moins franche mais plus large, ce problème de convivialité dans les relations d'amitié homme-homme ! (à voir pour les relations femmes-femmes que je connais moins?).

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jayraymy

le mardi 20 mai 2014 à 10h06

bodhicitta8
Je cherhais juste à dédramatiser, en sachant que ce n'est pas une solution au dit probléme, mais d'essayer de positiver de dédramatiser

C'est très bien de chercher le positif. Mais ça peut être violent, si ce dont a besoin l'autre à ce moment c'est qu'on reconnaisse sa douleur.

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Leolu

le mardi 20 mai 2014 à 11h13

Dieu
A part ça, il me semble que les "non" chez les polys sont généralement bien moins cinglants / blessants que chez la plupart des monos. Il m'est arrivé que des lutines me disent "non" (ou me le fasse comprendre). Jusqu'à présent, aucune de ces charmantes personnes ne s'est montrée indélicate à mon égard, beaucoup sont des personnes que j'apprécie et qui m'apprécient, amicalement. Leur attitude n'a pas changé entre le "avant" et le "après".

Voilà un sujet que j'aimerais bien voir approfondi :)

Dieu
C'est-à-dire ? Que veux-tu savoir ? :)

Oups ! Pas les exemples personnels, bien sûr, mais :
"la vie sentimentale dans le contexte polyamoureux".
Dans ce fil de discussion, on se concentre sur les difficultés d'approche entre hommes et femmes, chacun souffrant des craintes de l'autre dans un contexte de séduction.

Moi, j'aurais voulu savoir comment se passe un "ballet de séduction" dans un environnement polyamoureux.

Parce qu'il y a des différences fondamentales.
En mode classique :
- on s'informe du célibat d'une personne pour savoir si l'on peut tenter quelque chose
- lors d'infidélités, on doit passer par une barrière plus délicate mais plus intense : on s'écoute ou on reste prudent-e ? On ose malgré le conjoint ou cela semble impossible ?
- beaucoup s'attachent à trouver "l'âme-soeur" pour une vie de couple et de fidélité de longue haleine. Elles ont donc besoin de preuves solides à cet égard. On passe donc une sorte d'épreuve.
- passer du mode "amitié" au mode "amour" est un moment extrêmement important.
- une amitié peut être gâchée par une déclaration d'amour intempestive
etc...

Je me demandais donc : "quelles questions agitent les polyamoureux lors de leurs approches mutuelles".
Ces questions me semblent plus simples et plus naturelles, mais pas forcément plus faciles (tellement le "naturel" est difficile à laisser venir).

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bodhicitta

le mardi 20 mai 2014 à 11h41

jayraymay
C'est très bien de chercher le positif. Mais ça peut être violent, si ce dont a besoin l'autre à ce moment c'est qu'on reconnaisse sa douleur.

OK oui je te l’accorde je n'ai pas assez prêté d'attention à ça.

Leolu
- passer du mode "amitié" au mode "amour" est un moment extrêmement important.
- une amitié peut être gâchée par une déclaration d'amour intempestive

un moment importent? d'aprés moi c'est 2 modes qui se confondent qui vont ensemble, il est donc facile de passer d'un mode à l'autre, et méme de faire des allez retours
C'est quoi une déclaration intempestive?
moi je ne pense pas que ça mette une amitié en danger, car pour ma façon de vivre le polyamours il n'y a rien qui est obligatoire en retour, aucune réaction, méme pas de l'amour. Donc il n'y a pas de pression, l'amitié peut durer.

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(compte clôturé)

le mardi 20 mai 2014 à 11h48

Je me permets d'intervenir un peu dans cet échange. Je crois Leolu que tout dépend du contexte et des personnes. Si l'on noue un lien avec une personne déjà engagée mais qui n'a pas les valeurs poly, on risque fort de tomber dans une situation difficile à gérer. Si l'autre a déjà les valeurs, les notions du polyamour et qu'il les conçoit, on n'aura moins d'appréhension. Dire que c'est plus facile pour des poly, je ne crois pas, non.

Passer par le stade de l'amitié permet d'apprendre à connaitre l'autre et ensuite, pour moi en tout cas, qui ne met pas de barrière nette entre amour et amitié, la progression peut se faire lentement, voir sur plusieurs années avant de déboucher sur un amour consenti et assumé. Cela permet une bonne connaissance de l'autre et cette connaissance n'est pas figée puisqu'elle tient compte de l'évolution.

Aussi, si c'est un coup de foudre, c'est complétement différent. Là je prend un énorme recul par rapport au lien qui se créera, à savoir que dans ce cas, la "déclaration" d'amour vient plus rapidement, car elle est portée par un élan intérieur extrêmement fort.

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(compte clôturé)

le mardi 20 mai 2014 à 11h50

Bodhiccita8 a posté simultanément :-D

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(compte clôturé)

le mardi 20 mai 2014 à 11h56

Perso, je dirai qu'une déclaration "intempestive" est la preuve qu'il y a un quelque chose, même si ce quelque chose est perçu différemment ou si l'on trouve que l'autre va trop vite (par exemple). Parfois, en amour, il faut savoir attendre l'autre. Parfois, aussi, on attend et un jour on s'aperçoit que l'autre nous a dépassé, finalement. Certains ont une approche progressive, d'autres avancent par à coup. Savoir exprimer cela, permet à l'autre de s'adapter et de ne pas se vexer si l'autre par exemple ne réagi pas... Ca fait parti je crois de l'apprentissage de l'autre.

J'ai pu constater qu'en général, dans les sentiments affectifs, lorsqu'il y a un aller, il y a un certains retour. Et puis, savoir donner sans qu'il y ait nécessairement un retour (ou le retour attendu) ça se vit très bien.

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oO0

le mardi 20 mai 2014 à 12h23

jayraymy
Lagentda : Mes intentions sont simplement d'essayer de faire reconnaître une souffrance que vivent les hommes. Souffrance habituellement ignorée (on les fait même culpabiliser de mal s'y prendre).

La situation ne changera pas du jour au lendemain. Mais j'aimerais qu'on admette que dans ce monde sexiste et asymétrique, s'il est dur d'être une femme, c'est aussi dur d'être un homme (dans certains contextes).

J'ai l'impression pour ma part que les femmes sont souvent trop focalisée sur leurs propres difficultés (plus socialement acceptables et médiatisées) pour faire preuve d'empathie envers les hommes sur les leurs.

Oui, voilà, tout simplement et j'ajouterais que, même si elles sont trop focalisées sur leurs difficultés, cela n'empêche pas justement de s'y intéresser. C'est là que je n'arrive pas à comprendre que tu ne puisses pas parler de ce genre de difficultés, Bodhicitta, puisque j'arrive de temps à autre à en parler de ci, de là avec des femmes. À moins que tu ne parles jamais avec d'autres femmes de leur difficultés, que ton empathie est dédiée à la gente masculine ? Je ne pense pas.

jayraymy
C'est très bien de chercher le positif. Mais ça peut être violent, si ce dont a besoin l'autre à ce moment c'est qu'on reconnaisse sa douleur.

Là, je ne peux que suivre Jayraymy. C'est très important de positiver et de dédramatiser, mais si ce n'est pas possible de reconnaître le problème avant, il n'y a rien à positiver et dédramatiser : "Il n'y a pas de problèmes, j'ai la solution à tout : l'amour !" Si le problème n'est pas bien posé sur la table, qu'est-ce qu'il y a finalement à positiver ou dédramatiser ? Parfois le seul fait de reconnaître le problème suffit à alléger la majeure partie de son poids de sorte que les solutions commencent à venir d'elle-même.

Par contre, Leolu, j'ai juste l'impression que tu alourdis le problème même si ta posture de chevalier blanc est assez noble. Cette exagération de la lourdeur masculine permet cependant de mettre en évidence la lourdeur en question : l'hypersexualisation des comportements masculin comme si la plupart des hommes faisait tout ce qu'il faisait la bite en main dès qu'il est question de femmes. (Tu proposes une solution d'hyposexualisation, des situations que je connais très bien et que j'apprécie, mais où je me vis en tant que personne et non en tant qu'homme. Je me vis d'ailleurs la plupart du temps dans cet état.) Sinon, je comprends quelque part ta posture parce que j'ai encore souvent moi-même cette attitude protectrice des femmes par rapports aux hommes. Reste que je me rends compte que l'hypersexualisation qu'adoptent certains hommes dans leur comportement est une parodie de l'hypersexualisation dont ils se sentent victimes et que, moi-même, j'ai aussi mes propres penchants à la parodie. Donc, oui, Bodhicitta, certains lourdaud sont marrants, mais justement parce que une partie d'entre eux se veux peut-être marrante et se parodie dans cette image de lourdeur hypersexuelle que se traînent les hommes. C'est comme gonfler une baudruche au maximum prêt à exploser en attendant que l'autre pique dedans pour la faire exploser ... de rire. Le problème, c'est que c'est rarement pris pour la blague que c'est sensé être. J'ai parfois été effaré de voir comment des propos que je ne prenais pas le moins du monde au sérieux pouvait être pris avec le plus grand sérieux. L'homme rit plus facilement de la sexualité pour la dédramatiser et les femmes qui le comprennent arrivent à comprendre ce que les hommes peuvent apporter de sain : moins de sacralité ou plus de simplicité, moins de culpabilité ou plus de spontanéité - j'en passe, mais c'est la rares fois où j'ai pu entendre du bien des hommes. Là, ce n'est encore qu'un malentendu humoristique autour de l'hypersexualisation, mais quand tu te vois traité comme si tu avais déjà ta bite en main et l'autre main dans les sous-vêtements de la personne à qui tu viens de montrer de l'intérêt, c'est lourd, particulièrement lourd et c'est ce que j'appelle de l'hypersexualisation. C'est là, Léolu que je t'invite à revoir ta posture de chevalier blanc et de te demander si quelques exceptions ne deviennent pas la règle qui définit le genre masculin. Ou encore, si tu n'inverses pas le problème en faisant des sites de rencontres le problème alors qu'ils mettent en évidence un problème qui se rencontraient déjà bien avant les sites de rencontre. Certaines actrices porno se plaignent que tout ce qu'elles font puissent être considéré comme de la pornographie, même cuire un oeuf. Leur comportement est hypersexualisé, c'est ce qui se passe avec les hommes dès que se manifeste la possibilité d'une intention sexuelle, c'est comme s'ils avaient déjà leur bite en main et je ne m'excuse pas de la vulgarité de mon propos car elle permet de situer l'état de vulgarité à laquelle il est possible de se sentir rabaissé. Comme le montre Lulutine ou Bodhicitta, c'est pourtant possible de se traiter autrement. Là, oui, les comportements que vous évoquez chez vous ont tout à fait leur place, cela montre que ce n'est pas la seule manière de réagir et que dans le pire des cas, c'est même possible d'en rire, voire que ce qui apparaît parfois être le pire peut justement être une invitation à rire comme j'essaie de le suggérer. (Alors, je ne dis pas que les moyens que se donnent les hommes de rire sont à la hauteur de leurs intentions, mais faire passer l'intention de rire pour autre chose ...)

Dans certaines circonstances, l'hypersexualisation peut être particulièrement violente et ces circonstances ne sont pas celles des rencontres. Dans les rencontres, il est possible de s'attendre à l'hypersexualisation de son comportement dans le regard de l'autre de sorte que c'est possible de s'y rendre avec une coquille sachant bien que les coups sous la ceinture vont partir, tout cela au sens figuré évidemment et cela peut même devenir un jeu d'ailleurs. Par contre, se voir prêté un comportement hypersexualisé envers et contre tout ou encore, brutalement sorti de nulle part dans la seule intention visible de se débarrasser de soi ... [No Comment, mais mes pires mésaventures me sont arrivées en milieu poly. Je méfie aussi des situations hyposexualisées, l'hypersexualisation n'en devient que plus violente.] Hommes ou femmes, les hommes et femmes LGBTQ encore plus, chacun, chacune connaît l'humiliation de voir ses faits et gestes hypersexualisés d'une manière dégradante, soit de voir sa sexualité exagérée pour être rabaissée plus facilement. Alors, oui, là il faut être capable d'entretenir un climat amical et convivial pour s'éviter de tout ramener en dessous de la ceinture. Oui, cela peut-être enrichissant d'apprendre à vivre ensemble uniquement au-dessus de la ceinture, mais nous sommes tous fondamentalement des êtres sans ceintures.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bodhicitta

le mardi 20 mai 2014 à 15h03

RIP
C'est là que je n'arrive pas à comprendre que tu ne puisses pas parler de ce genre de difficultés, Bodhicitta,

C'est p t etre que je n'aime pas parler, penser à se qui ne va pas, j'préfére me concentrer sur ce qui va et le cultiver (je te disais je suis tout le contraire de négative)
En plus c'est vrai je me suis tellement forgée ainsi que méme là, si j'essaye mon cerveau s'échappe et j'ai pas envie de faire l'effort pour le redresser vers ce qui est négatif avant d'y etre confronté, et quand je le suis je le prends bien, les pauvres gas lourdaux ils sont pas doués coté drague c'est tout.
La sexualisation rapide que peut avoir les rapports humains, me semble naturelle p t etre regrettable (hummmm pas toujours :-D ) mais quoiqu'il en soit faut faire avec. Je ne voit pas comment faire autrement, faut faire avec (au mieux) donc montrer que "pas que" (comme "dirait l'autre")

Je vie à la campagne ça joue p t etre son role aussi, car j'ai pas de copines qui se plaignent de lourdeur des mecs ou qui soient effarouchées au point de ne pas être amicales, conviviales avec les hommes (désolée si je te déçois) y en a cic aussi, mais c'est pas mes copines, je connais pas leurs raisons dans le fond, elles sont pas cool donc c'est pas mes copines et honnêtement y en a pas des masses...

De toutes façons je pense que je n'ai plus grand chose à rajouter, je ne peux plus suivre, ça devient beaucoup trop centré sur les autres, sur l'extérieur, le paraitre, ce que vous les hommes paressez auprès des femmes.
Une des raisons qui a fait que j'ai réussi à bien vivre ce regard pesant qu'avaient les autres sur moi (comparaison pertinente as tu dit) c'est justement car je me suis totalement détachée du regard des autres et du paraitre.
Au finale je suis un peu hors sujet car je n'ai aucunement une mauvaise image des hommes, méme des lourdaux d'ailleurs, chacun ses téchniques y a méme des femmes qui aiment cette approche.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le mardi 20 mai 2014 à 17h23

jayraymy
j'aimerais qu'on admette que dans ce monde sexiste et asymétrique, s'il est dur d'être une femme, c'est aussi dur d'être un homme (dans certains contextes).

Euh...oui mais non.
Mais oui hein, je vois ce que tu veux dire.
Mais non, quand même.

Parce que là tu en parles comme si c'était "dur" de la même façon. Avec la même intensité ou douleur !

D'ailleurs, tu dis plus loin :

jayraymy
C'est très bien de chercher le positif. Mais ça peut être violent, si ce dont a besoin l'autre à ce moment c'est qu'on reconnaisse sa douleur.

Douleur ? Violent ?

Qu'est-ce qui est violent dans notre société sexiste (sexisme non symétrique, comme tu le dis si bien toi-même) ?

Pour une femme, d'avoir intériorisé (et malheureusement, pas à tort dans de nombreux cas !) que si elle se montre un peu trop amicale avec un homme, voire amicale tout court, ce sera peut-être considéré comme un consentement pour "aller plus loin", et qu'elle risque un viol ? Voire de ne pas oser dire non parce que "ben je lui ai souri, je lui ai parlé et j'ai accepté d'aller chez lui, alors maintenant faut assumer"...?

Ou pour un homme, qu'une femme lui réponde un peu froidement parce qu'elle n'est pas disponible pour parler avec lui / faire connaissance ? (Et même si elle le fait par peur des éventualités que je citais au-dessus, et même si cette peur est infondée dans ce cas précis, elle n'a pas de comptes à rendre à l'homme sur ses raisons.)

Vraiment ? Tu penses vraiment que ces douleurs sont comparables ?

Si ce n'est pas ce que tu dis, alors tu peux rectifier parce que je ne suis pas sûre d'avoir bien compris...
Quand à l'existence de cette douleur, non elle n'est pas niée, mais tu peux comprendre qu'une femme qui a intériorisé le risque d'une douleur bien plus grande (le viol) ait tendance à s'en préserver, quitte à infliger à l'homme en face d'elle une moindre douleur...

La douleur du rejet, je connais, j'ai vécu aussi (y compris mais pas seulement dans le cadre amoureux ou sexuel).
La personne qui ne veut même pas faire connaissance ? J'ai connu aussi.

Mais la douleur de ne pas pouvoir vraiment dire non parce que l'autre n'envisage pas cela comme faisant partie des options ? Et bien je peux te dire que j'ai testé aussi, et que ça n'a rien à voir....

(Et non, les difficultés des femmes ne sont pas toutes toujours si "socialement acceptables" que tu le crois.)

Bref, personne n'est jamais venu nier qu'on puisse souffrir de se sentir rejeté, surtout pas la plupart des femmes, qui ont déjà expérimenté le rejet en plus des autres difficultés bien plus pesantes qu'elles rencontrent (et que ne rencontrent pas les hommes, en général).

Ou si quelqu'un a nié qu'un homme puisse être frustré d'un rejet, présente-le moi...

gcd68
J'ai pu constater qu'en général, dans les sentiments affectifs, lorsqu'il y a un aller, il y a un certains retour.

Bah, j'ai envie de dire : ça dépend. Comme dit plus haut, le zéro retour, je l'ai vécu.
Mais en effet, il y a pas mal de situations où l'aller entraîne un retour, même s'il n'est pas "sur le même plan".
Bon, globalement on est d'accord puisque tu dis "en général" et pas "tout le temps" :)

gcd68
Et puis, savoir donner sans qu'il y ait nécessairement un retour (ou le retour attendu) ça se vit très bien.

Je te suis complètement sur celle-là (+)

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Profil

jayraymy

le mardi 20 mai 2014 à 18h14

LuLutine
Parce que là tu en parles comme si c'était "dur" de la même façon. Avec la même intensité ou douleur !

Oh je ne pense pas que ça soit dur pareil. Selon la personne, le contexte et le moment je pense que c'est plus dur pour certains que pour d'autres... mais pas toujours plus dur pour les femmes.
Cela dit, même si c'était le cas, je ne vois pas en quoi il est pertinent de rabaisser la douleur d'un homme "les femmes souffrent plus que vous, alors taisez vous"? C'est par là, entre autre, que vous niez cette douleur (et non je ne parle pas de frustration, je ne crois pas que tu comprennes vraiment le sentiment dont je parle et de combien peut faire souffrir le rejet et l'indifférence à répétition).

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(compte clôturé)

le mardi 20 mai 2014 à 18h22

Pour une personne qui se sent "rejetée" c'est toujours dur, pourquoi plus si c'est une femme que si c'est un homme. La sensibilité est affaire d'individu, pas de genre, enfin je crois.

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