Polyamour.info



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Le poyamour subi

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(compte clôturé)

le mercredi 10 août 2011 à 10h50

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Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 10 août 2011 à 10h56

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Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Profil

demeter

le mercredi 10 août 2011 à 11h16

Eclisse
... on semble assister à des velléités de reversement d'une norme, concept fustigé en effet miroir ...

Peut-être parce qu'il devient nécessaire de se déculpabiliser, face à un concept qui devient norme plutôt que moral. Il est sûrement plus vivable de se voir amoral que anormal.

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Popol (invité)

le mercredi 10 août 2011 à 13h11

Ouap, Lam, je n’ose même pas être optimiste sur l’histoire de vivre à peu près en paix, c’est de la lourde ironie, même, mais au minimum… du réalisme. Quelle caque, même, je dirais… Mais bon, j'ai décidé de trier dans les malheurs du monde ce dont je voulais parler aujourd'hui :-)

D’accord sur les codes dominants –forcément-profitables–aux-dominants. L’intérêt d’en débattre, c’est justement de les démontrer comme le résultat d’une acquisition, surtout quand la tendance du dominant serait de les désigner comme innés !

Va pour le choix polyamoureux, mais je cherche autre chose pour le dénommer, alors ; en te lisant, je pense là au choix confirmé, une fois tout bien pesé, versus une inclination naturelle (comment vont tes dents, Siesta ? :-) ) qui ne remettrait pas tout en cause, parce que tout-à-coup on chamboule tout dans son mode et sa vie. Heuh, du genre « J’ai toujours vécu comme ça, ou, toute ma trajectoire m’y portait, ou, c’est nouveau mais ça semble couler de source ». Je tiens le début d’une réflexion, là, je creuse pas plus, tu vas sûrement m’aider à affiner mon intuition.

Pour ce terme de profit qui te gratte sous les ongles, je pensais à un côté déjà évoqué : les deux doivent être nourris, et pas un des deux effacer ses demandes personnelles pour se mettre au service du partenaire.

J’ose une question : dans tes relations mono, le temps consacré au dialogue, à vos rapports à l'amour et aux relations n’était pas forcément systématique, constructif car moins honnête : est-ce que si tu te trouvais en mono à un moment donné, tu continuerais à entretenir ça ? Si oui, pourquoi ? Si non… pourquoi ?

Ladys, bonjour, oui, d’abord, déjà : bonjour.
Je suis également hyper-sensible, les conventions me broutent le slip par-derrière. On est donc assez semblables, un peu mal aux rayures peut-être (par contre, mentir, ça... trop facile pour moi, biaiser, me sortir de pas mal de situations grâce à ça…).
Remettant en question les conventions, disposant (ou souffrant !) d’une sens de la justice hypertrophié, normal que le polyamour me semble une option au même titre que le mono. Ca fait partie du faisceau individuel des choses auxquelles j’aime bien réfléchir sans gober automatiquement ce que m’ont raconté les gens de ma famille. On est raccord sur cette idée de nature, je crois… ?

Une prédisposition qui s’acquiert, pour moi c’est une prédisposition qu’on s’ignorait, ou alors une ouverture au changement, de manière générale - j’ai haï avec ferveur les tomates jusqu’à ce que je me mette à les aimer ; quelque part, ça a été une déception, j’aimais bien haïr les tomates, ennemi juré et tout désigné suite au bourrage de crâne et d’estomac subséquent aux goûts et principes de mes parents. Après, il y a eu transfert : depuis, je me suis mis à haïr le fenouil, et ça fait plusieurs dizaines d’années que ça dure. En détestation de légumes, je suis mono, et fidèle, merde alors.
Je reviens à ce que tu dis : ton compagnon, je le décrirais comme quelqu’un qui, de manière innée ou acquise, a construit son identité avec une groooosse part de tolérance et d’acceptation que cela puisse arriver (et pas qu’aux autres). Mais il y a parmi les polyamoureux qui ont eu ou ont plusieurs relations à la fois, en tenant tout le monde au courant, et des à qui ça a convenu, d’autres qui en sont revenus. Question : qu’est-ce qui définit le polyamoureux ? Cette expérience ? Le fait qu’elle ait plu ? Ou alors même si cela n’a pas plu ? Et si c’est seulement le partenaire qui a eu l’expérience directe ? Pas encore été polyamoureux actif ? Si ça arrive, ça va lui botter ? Ou l’échauder ?

Je parle de pansement pour les cas où c’est un pansement, un pis-aller, un semblant de choix pour garder un partenaire ; pas les cas où c’est… naturel (et zutre, nous y revoilà). Je trouve le concept polyamoureux assez clair… mais les divers modèles, interprétations, vécus des gens, ça c’est en plein:

Individuel
Naturel à chaque individu, ou,
Un passage par un questionnement/expérimentation.

Blurb. Clair ou nébuleux, je suis ?

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Profil

ladys

le mercredi 10 août 2011 à 14h34

Popol, d'un coté, je trouve très intérréssant ce que tu écris, mais d'un autre, je suis gênée.
Parce que pour moi, c'est clair, mais certaines phrases peuvent sembler nébuleuses à d'autres, je pense.

J'espère ne pas te vexer par mes propos.

Je ne vois pas l'intêret d'être raccord à deux ou trois sur cette idée de nature si les autres intervenants n'ont pas les billes pour comprendre de quoi tu parles.
Si les conventions me sont souvent obscures, je suis en revanche attachée au respect d'autrui, et parler en code au milieu d'un conversation publique me semble irrespectueux.
Or, pour te répondre sincèrement sans "trahir" ce qu'Antilogus et toi semblez vouloir "cacher", je suis obligée d'user de ce code. Ca me gêne.
Et ça m'ennuie que tu ne sois qu'invité, sinon j'aurais pu t'expliquer tout ça en privé.

Pour être plus claire, du coup, me concernant (j'insiste, car en fait, la "nature" qu'Antilogus et toi avez pris en exemple n'est qu'un aspect de la mienne), je présente une forme d'autisme appellée syndrôme d'Asperger, dont l'hypersensibilité, la non comprehension des conventions et un rejet face au mensonge sont une partie des manifestations.

Ceci étant posé, je crois avoir compris l'idée de prédisposition pour ces questions de "natures".
Concernant les prédispositions qui s'acquierent. Mea culpa, j'aurais du écrire dispositions, bien sûr, puisqu'on sort de l'inné. L'expérience, l'éducation peuvent engendrer des dispositions.
Ca rejoint d'ailleurs la discussion sur le lexique et particulièrement certains propos de RIP, qui m'avaient permis de comprendre cette notion de disposition.

Popol
Mais il y a parmi les polyamoureux qui ont eu ou ont plusieurs relations à la fois, en tenant tout le monde au courant, et des à qui ça a convenu, d’autres qui en sont revenus

J'ai un doute sur cette phrase. suffit-il de virer le "et" que j'ai mis en gras pour la comprendre ou existait-il une première proposition avant ce "et"?

Popol
Question : qu’est-ce qui définit le polyamoureux ? Cette expérience ? Le fait qu’elle ait plu ? Ou alors même si cela n’a pas plu ? Et si c’est seulement le partenaire qui a eu l’expérience directe ? Pas encore été polyamoureux actif ? Si ça arrive, ça va lui botter ? Ou l’échauder ?

Retour à mes interrogations sur le lexique, j'ai eu plein de réponses qui m'ont permis de me construire une "représentation" de ce que le terme pouvait ou non englober, je t'invite à les lire ici: /discussion/-rx-/Besoin-de-precisions-lexicales/

Cette histoire de pansement...
Ok si c'est un semblant de choix pour garder un partenaire.
Mais je trouve manichéen ce distingo entre naturel et choix "par défaut".
Ca m'inspire une vision très statique de l'intellect, un coté élitiste aussi, auxquels je n'adhère pas.
J'y reviendrais si j'arrive à discerner ce qui me gêne autant.

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Profil

oO0

le mercredi 10 août 2011 à 14h49

ladys
... d'où l'interêt d'exprimer alors ses émotions et ses idées plutôt que de s'enfermer dans une triade victime-sauveur-persécuteur qui ne fera qu'entretenir le problème et fausser la communication.

Je pense que le noeud du sujet de ce fil est là. Le noeud est d'autant plus douloureux que l'intimité de la relation s'y perd car ce n'est pas seulement la communication qui est faussée, mais l'échange affectif. L'affection a beau pouvoir être encore là, ces rôles ne permette pas son échange, voire un échange sain.

Pour ma part, je n'ai pas envie de m'investir sur ce sujet davantage. Premièrement, parce que les personnes concernées ne semble visiblement pas pouvoir s'y investir. Deuxièmement, parce qu'il y a un débat de fond qui n'a pas sa place ici, mais plutôt là.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Popol (invité)

le mercredi 10 août 2011 à 16h29

Ladys; je comprends que ça te gêne. Ca me vexe pas : je crois qu’on bute sur un malentendu au sujet de cette histoire de nature. Et merci pour la précision sur l’Asperger, ça m’éclaire sur ce que tu appelles l’incompréhension des conventions. Moi je les comprends, mais c'est au sens moral que je ne les comprends pas: je ne les "embarque" pas dans le bateau de vie de Popol , car elles me font suer.

(Malgré mon statut d'invité, il y a moyen de se parler en privé - pour une autre fois, y'a qu'à dire, je m'en occupe. Valable pour tous les gens qui auraient envie de me causer en privé.)

Comme je l’ai déjà manifesté à plusieurs reprises, j’observerai le silence sur ce qu’Antilogus a évoqué, dont il ne veut pas parler - et que je ne souhaite pas clarifier non plus, pas pour parler en code, mais par respect justement : y veut pas… ben y veut pas, depuis trois pages au moins. Je pourrais clarifier si j'étais la seule personne concernée, mais expliquer , ce serait le trahir. Mais aussi et surtout, ce n’est pas de ça que je parlais, je reprenais le débat là où Siesta l’avait amené dans ma tête à moi.
Je parlais des « natures » en général, pas pour reprendre ce thème – mais nature au sens de « soupe individuelle » : il y a ta nature, il y a la mienne, celle de chacun.

Popol
Mais il y a parmi les polyamoureux qui ont eu ou ont plusieurs relations à la fois, en tenant tout le monde au courant, et des à qui ça a convenu, d’autres qui en sont revenus
« J'ai un doute sur cette phrase. suffit-il de virer le "et" que j'ai mis en gras pour la comprendre ou existait-il une première proposition avant ce "et" ?"

Oui. ( Je pensais que ce serait plus clair comme ça, hé ben non.)

« Mais je trouve manichéen ce distingo entre naturel et choix "par défaut". »

Ouap, mais ce ne sont que deux « visions » parmi beaucoup d’autres. A part ça, tous les deux sont des… dispositions, mais pas les seules.

« Ca m'inspire une vision très statique de l'intellect, un coté élitiste aussi, auxquels je n'adhère pas. »

L’élitisme me hérisse aussi (du genre de ce que j’ai lu de la part de certains, je résume beaucoup : « waah, qu’est-ce qu’on est en avance, nous autres polyamoureux". Ma petite bataille personnelle, c’est justement de rester à même niveau, et d’accepter toutes les dispositions comme possibles, et OK.

« J'y reviendrais si j'arrive à discerner ce qui me gêne autant. »

Bienvenue :-)

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Popol (invité)

le mercredi 10 août 2011 à 16h40

Ladys, je relis mon avant-dernière intervention, et je crois comprendre pourquoi tu parles de code (et qui peut faire croire que je remets sur le tapis un sujet sur lequel j'ai précédemment jugé en public malvenu d'insister, et ce serait naze de faire du double-message: c'est ce mot de "rayures", qu'on utilise beaucoup par chez moi pour parler d'égratignures. Je patoise, c'est ma faute: la fourche m'a langué, précisément parce que je voulais pas remettre ça sur le tapis, j'imagine.
Je les évoquais comme ces petites blessures très douloureuses, même si elles ne paient pas de mine: lorsqu'on est hypersensible, tout fait monter les larmes aux yeux, ou sauter au plafond sous le coup de l'indignation.

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Profil

ladys

le mercredi 10 août 2011 à 16h53

Popol
Ladys, je relis mon avant-dernière intervention, et je crois comprendre pourquoi tu parles de code (et qui peut faire croire que je remets sur le tapis un sujet sur lequel j'ai précédemment jugé en public malvenu d'insister, et ce serait naze de faire du double-message : c'est ce mot de "rayures", qu'on utilise beaucoup par chez moi pour parler d'égratignures. Je patoise, c'est ma faute : la fourche m'a langué, précisément parce que je voulais pas remettre ça sur le tapis, j'imagine.

Je les évoquais comme ces petites blessures très douloureuses, même si elles ne paient pas de mine : lorsqu'on est hypersensible, tout fait monter les larmes aux yeux, ou sauter au plafond sous le coup de l'indignation.

Au temps pour moi :)
Je ne connaissais pas cette expression patoisante, j'y ai donc vu une référence, effectivement, à un sujet qui me semblait clôs, désolée.

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Popol (invité)

le mercredi 10 août 2011 à 19h18

Oh, pas de souci, et puis en plus dans mon cercle de potes, on parle de carrosserie pour évoquer le corps et la peau, et puis, aussi, j'ai fait le tour de ma bagnole aujourd'hui, après avoir constaté qu'un yoncou (c'est en verlan) s'était amusé à sauter à pieds joints sur le coffre avant :-( et j'ai vu toutes les bosses et les rayures, et, et, et j'ai les lobes du cerveau qui sont allés s'embrasser le coude, je pense; donc je vais aller scrogneuner en regardant "Mot de passe" sur la 2, tout en bouffant des chips et des fraises tagada, avec une grosse bouteille de soda. Grmbbml, signé Carmen Crû.

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lam

le mercredi 10 août 2011 à 20h16

Bon je sais pas trop si cette réponse appartient à ce fil, ou bien à celui sur les précisions lexicales (?)

Popol
Va pour le choix polyamoureux, mais je cherche autre chose pour le dénommer, alors ; en te lisant, je pense là au choix confirmé, une fois tout bien pesé, versus une inclination naturelle (comment vont tes dents, Siesta ? :-) ) qui ne remettrait pas tout en cause, parce que tout-à-coup on chamboule tout dans son mode et sa vie. Heuh, du genre « J’ai toujours vécu comme ça, ou, toute ma trajectoire m’y portait, ou, c’est nouveau mais ça semble couler de source ». Je tiens le début d’une réflexion, là, je creuse pas plus, tu vas sûrement m’aider à affiner mon intuition.

(...)

Je trouve le concept polyamoureux assez clair… mais les divers modèles, interprétations, vécus des gens, ça c’est en plein :

Individuel
Naturel à chaque individu, ou,
Un passage par un questionnement/expérimentation.

Alors pour la réponse personelle, dans les trois choix que tu poses je choisis de reformuler le second:
'je m'y suis amenée'
Pour expliciter un peu: j'ai toujours des attirances physiques pour des personnes des deux genres, et suis généralement troublées par celleux qui ne sont pas cis-genre (pour faire trèès trèès simple des personnes ostensiblement femme ou homme qui assument leur coté masculin ou féminin)
En pratique j'ai eu des relations mono pendant 10 ans ( 15 à 25 ans) majoritairement hétéro. mais c'est pas mon orientation sexuelle ouverte qui m'a poussée vers les relations non-exclusives, plutot des réflections basées sur des ressentis de frustration de ne pouvoir me sentir libre d'interactions avec des personnes qui m'attiraient parce que j'étais 'en couple'. Ce n'était pas forcément de la frustration sexuelle, aussi et souvent le poids des codes sociétaux 'non ne prends pas cette personne dans tes bras parce qu'ille va penser que, les autres vont penser que..."
Finalement ce qui m'a amenée vers les relations non exclusives c'est le fait d'avoir cherché à comprendre mes malaises, commencé à comprendre que quasi rien de ce que je pensais être moi c'était vraiment des idées et valeurs issues d'un choix que j'avais fait. j'ai commencé à questionner les dogmes avec pas mal d'assiduité et questions relations j'en suis venue aux relations non exclusives par des lectures et discussions dans un contexte anarcho-libertaire. plus tard seuleument j'ai découvert les bouquins plus 'mainstream' qui parlent de ça.

Donc le polyamour c'est quelque chose qui pour moi relève et de la dimension individuelle, et de passages par des questionnements/expérimentations, et qui me parait en accord avec mes ressentis profonds (non je ne dirait pas 'naturel', pas possible :-) )

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lam

le mercredi 10 août 2011 à 20h24

Par ailleurs, par rapport au 'profit' je rejoins tout à fait ton idée de réciprocité dans la relation "les deux (ou X) doivent être nourris".

J'ai une vision assez matérialiste, certain-e-s l'ont même qualifiée 'utilitariste' des relations affectives. Et à ce propos j'adore la formulation de demeter, et encore plus l'adjonction de ce pseudo avec ce discours:

demeter
L’existence même de ce forum n’est possible que du fait de l’évolution effective de cette norme (et de la technologie aussi évidemment) et n’est qu’une composante d’un courant social qui la crée et/mais la réfléchit. Que cela permette un progrès ou simplement une évolution (une révolution sire), force est de constater encore que l’on n’a jamais autant justifié, recherché le lien par et pour l’amour de l’autre, et que jamais ce lien n’a été aussi peu solide. La valorisation de l’amour comme unique ciment de la relation, et par conséquent valorisation du subjectif, impose de fait une espèce de catéchisme du psychologique qui se substitue aux dictats économique et religieux précédents, et induit une philosophie, une idéologie de l’amour qui oublie par ailleurs de cerner les définitions des mots qui la constitue : amour, amitié, bonheur, etc… et incapable également de trouver un accord sur la réalité des sentiments qu’ils recouvrent. Ce que certains appellent amour parce que mélangé à la sexualité du fait d’un affaiblissement de l’importance qui lui est accordée n’est pour d’autres qu’amitié, alors que les seconds verront dans la vision des premiers un renoncement à leur liberté.

Les discussions qui s’ensuivent remettent en cause l’identité des différents intervenants, chacun trouvant dans son modèle une satisfaction, attendant cependant de la norme sociale une reconnaissance de sa légitimité, mais tous cherchant à fuir la lourdeur de la solitude d’exister, mais tous considérant la relation comme un des plus grands bienfaits de l’existence.

Je considère en effet la relation comme une grande chance d'évolution pour l'individu-e qui a envie de la vivre en préservant son individualité et du coup sa lucidité. Perso j'essaie de dire Non à la recherche de passion permanente! straight edge et les yeux grandq ouverts ;-)

Ca mériterait bien d'ouvrir un fil sur 'c'est quoi l'amûr pour vous?' !!

Bon je diverge 8-) un peu trop et je sors

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Boucledoux

le mercredi 10 août 2011 à 21h16

Ce que dit Lam me parle carrément même si mon histoire est plutôt en sens inverse. Le polyamour (ou quelque chose en tout cas qu'on peut mettre sous ce large drapeau : non exclusivité, non possession, pas trop de dispositions à la jalousie) c'est quelque chose que j'ai toujours ressenti et formulé, avant même d'avoir des histoires amoureuses... et bien avant mes premières expériences concrètement poly.

Par contre, ce n'est qu'après une petite 20aine d'année de vie amoureuse hétéro que je m'ouvre (de plus en plus) à l'idée que les garçons c'est aussi très attirant parfois. Est ce que je "découvre" ma bisexualité, quelque chose que je me serais caché pendant 20 ans ? Je n'ai sincèrement pas l'impression. J'ai été 20 ans hétéro (je ne suis pas bien sûr d'être autre chose ou en tout cas pour l'instant, la question de l'étiquette ne se pose pas pour moi), très bien comme ça et pour toute un tas de raisons, d'autres portes, d'autres possibles s'ouvrent aujourd'hui mais ce n'est pas pour autant un choix à priori, volontaire (je suis compréhensible là ?). Je poserais plutôt le truc en terme d'itinéraires en l’occurrence que dans une opposition nature/choix.

L'autre aspect qui me dérange dans la notion de nature c'est le lien avec l'inné. Ça ne veut pas forcément dire la même chose mais le terme est au minimum ambigu. Or des constructions personnelles peuvent être profondes, complétement inconscientes, complétement structurante d'une personnalité et néanmoins... complétement construite dans un parcours qui est en même temps individuel et en même temps culturellement et socialement situé. (cf Déméter)

Dernier point en vitesse sur inné/nature/choix/prédisposition (je vais rater mon pique nique là...) c'est à propos de ce que dit Ladys (merci au passage pour tes posts super intéressants) sur Asperger qu'elle semble vivre comme un des éléments la prédisposant vers le polyamour (si j'ai bien tout lu en un peu rapide). Or nous avons déjà eu il y a quelques mois une intervention d'une Aspie... qui le vivait en sens complétement inverse en terme de besoin d'exclusivité dans sa relation... et les deux ont très certainement raison dans leur ressenti de comment cette particularité construit/s'articule/prédispose dans une personnalité...

c'est là : /discussion/-pj-/Partenaire-jalouse-besoin-d-aide/...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Popol (invité)

le mercredi 10 août 2011 à 21h20

"Ca mériterait bien d'ouvrir un fil sur 'c'est quoi l'amûr pour vous?' ! ! "

Ou alors le polyamour choisi?
Le polyamour naturel?

Vi vi. Et puis on y parlerait des idéaux, du réel et de comment on arrive ou pas à raccorder les deux.

Et pourquoi pas, mais gaffe, parce que mézigues, je me sens un peu à la rue ces temps. Y'a du gros changement dans l'air, ça me fiche une grande trouille passque ça sent la benne basculante... Merci la psy qui laisse rien passer. Ca va vers du bon, c'est inéluctable, mais je glisse un peu sur les grenouilles en ce moment.

J'en suis à des lectures comme Claire Reid, sur les solitaires et les fusionnels, pour capter pourquoi les amours ça ressemble par moments autant à une partie de ping-pong avec smashes sauvages au ras des oreilles qu'à cet échange nourricier que tu évoques, Lam.

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Popol (invité)

le mercredi 10 août 2011 à 21h33

Boucledoux, ouais, ben ouais, tout ton dernier post, ça m'évoque tous les multiples de possibles de pourquoi c'est comment, le polyamour de chacun :-)

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ladys

le mercredi 10 août 2011 à 23h30

Bonsoir Boucledoux, et merci de me remercier (je ne vois pas comment l'exprimer autrement)

Ton témoignage me conforte dans l'idée que les préférences sexuelles sont souvent plus culturelles, fruit du vécu, qu'innées. Et je ne parle pas seulement du distingo homme/femme mais de tout ce qui fait que de prime abord, on ressent, ou pas, une attirance vers quelqu'un.
Par exemple, en tant que femme, on peut être attirée par les grands costauds.
Parce qu'on a été élevé dans l'idée qu'une femme devait être attirée par un homme.
Parce qu'on a été élevée dans l'idée qu'un homme devait être plus grand que sa femme.
Parce que le coté costaud répond à un besoin de protection généré par le vécu.

C'est caricatural, je sais, mais c'est une illustration que je pense nécessaire à la clarté de mon propos.

On peut transposer cett caricature à l'aspect psychologique.
Etre attirée par les machos, parce qu'un mec, un vrai, ça doit l'être un peu (argh, même en exemple, j'ai du mal à l'écrire).
Par quelqu'un d'immatûre par besoin de materner.
Par quelqu'un de toxique afin de reproduire un shéma dans lequel on évolue depuis toujours.

Bref, devenir sensible à des charmes auxquels on ne portait guère attention auparavent, parce qu'on évolue, qu'une rencontre à transformé nos a priori, qu'on change de regard sur l'existence, ça me paraît assez compréhensible.

Et je te rejoins sur l'idée d'itinéraire; en ajoutant que cet itinéraire commence dès l'enfance, qu'il n'est pas seulement l'itinéraire amoureux qu'on débute à l'adolescence.

Concernant l'Asperger, j'ai cité mon exemple afin de vérifier que je comprenais correctement de quoi parlait Popol. Je reflechis toujours à cette idée de prédisposition et de disposition.

Je pense effectivement que des particularités telles que les autismes et assimilés (les asperger ne sont pas les seuls à parvenir à s'intégrer dans la société) peuvent créer de facto une prédisposition au polyamour tel qu'il est décrit en définition du site.
Car l'hypersensibilité favorise la compersion.
Le rejet du mensonge, la franchise et la transparence.
Et enfin, l'incompréhension des conventions sociales atténue grandement le poids du ragard de la société.

Par exemple, je n'ai aimé d'amour que trois personnes dans ma vie, et il se trouve que j'en aime deux simultanément aujourd'hui.

Quand j'ai pris conscience de l'amour que je portais à mon amant, je ne me suis pas demandé si c'était bien ou mal, correct ou pas d'aimer deux personnes en même temps. J'ai juste trouvé normal d'en informer l'interessé et mon compagnon.

Bien sûr, je vis dans la société, donc je suis consciente que certaines personnes peuvent être choquées de cette situation, mais... Ca ne me fait ni chaud ni froid. Ca ne m'a jamais fait ni chaud ni froid, ce n'est pas quelque chose dont j'ai été obligée de me liberer comme certains d'entre vous.

Donc, en quelque sorte, je pense que le mot "prédisposition" est plus adéquat que "nature".

Par ailleurs, pour les asperger, comme pour tout le monde (et même peut être plus), le vécu amène à des dispositions.
Je crois que j'ai été "gâtée" aussi de ce côté là, ayant été élevé dans un milieu qu'on peut qualifier de libertaire, où les seules règles importantes étaient le respect et la politesse.
Or, les aspies ont besoin de s'accrocher à des règles, et y trouvent une certaine... volupté, jouissance cérébrale (?). Elles sont indispensables à notre fonctionnement.
Les seules règles "sociales" qui m'étaient proposés étant la politesse et le respect, je les ai intégré avec avidité, au point aujourd'hui de passer pour trop exigente avec mes enfants à ce sujet.
Comme ça ne suffisait pas, j'ai comblé mon besoin de règles avec les maths, la grammaire, la génétique et un tas d'autre interêts qui ont été restreints sur une période donnée.
Mais jamais je n'ai eu besoin de trouver dans les règles sociétales des supports concernant la fidélité, la vie de couple, la monogamie etc.
Je préfère les maths.

J'arrive donc à la discussion que tu signales et que j'avais déjà lue, concernant Hypatie.
J'avoue que malgré la gravité de cette discussion et la souffrance des intervenantes, il m'est arrivé de sourire en lisant certains passages, qui me semblaient limpides, mais qui nécéssitaient explications "à l'usage des NT".

J'ai perçu les propos d'Hypatie, d'abord, comme une incompréhension totale que Tangy et son ami aient pu lui mentir, sciemment, pas seulement par omission.
Que son ami ait pu lui dire:"Ne t'inquiète pas, il ne se passe rien entre Tanguy et moi, ce serait mal, etc..." alors que leur relation avait déjà débuté, c'est énorme. Pour elle. Pour moi aussi en quelque sorte, même si je ne suis aucunement impliquée.
J'ai du mal à expliquer. Ce n'est pas juste un sentiment de trahison, c'est carrément un système de communication qui s'écroule. c'est générateur d'intenses angoisses, de grande souffrances, ce genre de destruction d'un système de fonctionnement qu'on croyait juste et efficace. Et j'imagine que ça a du aussi générer des doutes quand au côté autistique de cet homme.
Je sens bien les limites de mon incommunicabilité, là, je vous assure.
Concenrant l'exclusivité, j'extrapôle mais si Hypathie a grandi avec des règles construites, énoncées, concernant les rapports amoureux, les rapports de couples, la fidélité, l'exclusivité, qu'elle les a intégrées et en a fait son mode de vie, les voir transgressées ainsi a du être très douloureux également.
Et puis surtout, ce que je lis d'elle, c'est un manque terrible d'affection de la part de Tangy. Après, on peut s'imaginer qu'Hypatie est trop exigente, trop demandeuse, trop tout. Mais le sentiment de manque qu'elle éprouve, je pense qu'il n'en est pas moins réel.

Même si les autistes ont des difficultés à communiquer avec des inconnus, à se laisser toucher par eux, ou peut être justement à cause de cela, ils ont en revanche besoin de boucoup d'interactions avec leurs proches.
Nous avons souvent besoin "qu'on nous fasse un dessin", le langage non verbal nous étant assez obscur. Besoin donc de gestes forts, de signes répétés pour se sentir aimés. Besoin de "preuves d'amour", peut être.

Je pense que Tangy a cessé d'en donner "suffisament" à Hyperie. Que c'est arrivé lorsqu'elle a commencé sa relation avec leur ami et qu'Hyperie, en toute logique, a déduit que la simultanéité des deux évenements était révélatrice d'une cause à effet.

Tout ceci, c'est ma lecture, bien entendu, avec ma sensibilité aspie et tout ce qui lui manque parfois pour bien comprendre l'autre.

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Siestacorta

le jeudi 11 août 2011 à 01h13

Arf, Ladys, tu devrais copicoller et mettre cette réponse dans le fil cité, je pense que ça leur ferait vachement de bien d'entendre un témoignage qui soit aussi "compréhensif".

Et sinon, merci pour ça :

Ladys
Je pense effectivement que des particularités telles que les autismes et assimilés (les asperger ne sont pas les seuls à parvenir à s'intégrer dans la société) peuvent créer de facto une prédisposition au polyamour tel qu'il est décrit en définition du site.
Car l'hypersensibilité favorise la compersion.
Le rejet du mensonge, la franchise et la transparence.
Et enfin, l'incompréhension des conventions sociales atténue grandement le poids du ragard de la société.

J'étendrais le truc à des gens à parcours psy un peu décalé, pas seulement aux autistes de haut niveau : moi j'ai juste quelques "Troubles de Déficit de l'Attention", mais c'est clair que ça m'a mis dans des positions sociale où j'ai dû penser l'empathie à mla manière. Je pense que les bipolaires/cyclothimiques aussi. En fait, à chaque fois que pour vivre en société, un individu doit créer SA façon d'y être attaché...

En même temps, je veux pas aller jusqu'à dire qu'il faut avoir un petit grain pour être poly. C'est, comme le disait Boucledoux, plus globalement une question d'itinéraire. Dans une société chaotique, dont les bases se remettent rapidement en cause (à l'échelle de l'Histoire, hein), être poly, ce n'est pas être "anormal" au sens "moins que les autres", mais "mutant", au sens susceptible de porter l'embryon de ce qui se fera ensuite.
( Popol, tu vois bien, sans en avoir l'air, j'arrive à parler de nature... Suffit de désédéologiser un poil le truc).

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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ladys

le jeudi 11 août 2011 à 06h47

Bonjour Siestacorta.

Le copiage collage est fait, c'est très moche et assez peu lisible :-( mais j'ai mis le lien qui permet de venir retrouver le message ici.

Je te rejoins, l'hypersensibilité n'est pas spécifique aux TED (Troubles Envahissants du Développement), c'est par exemple un des traits de caractère les plus visibles des personnes à haut potentiel et des enfants intellectuellement précoces.
Par ailleurs, concernant les TDA, il arrive que certains spécialistes les classent parmi les TED, notament dans le cadre de l'hyperactivité.

Il n'y a pas d'émoticone qui précise qu'on est pas véxée, alors, je l'écris:
A propos de ce qui va suivre, je ne suis pas véxée.

Je ne considère pas l'autisme, les TDA, la bipolarité etc. comme "un petit grain".
Pour moi, ce sont des systèmes de fonctionnement différents les uns des autres.
Plus ou moins bien adaptés aux différentes situations que la vie propose.

J'allais presque dire "pour moi, c'est vous qui êtes différents!", mais ce serait exagéré. Comme je le disais en parlant du témoignage d'Hyperie, cette faculté de mentir en conscience en répondant à une question directe, au délà des motifs du mensonge et du contexte m'est totalement étrangère. Je sais que ça existe, mais c'est une sorte de 4ème dimension pour moi. Bien sûr, je sais "mentir", par exemple le temps de faire une plaisanterie, ou mentir par omission en laissant mes enfants "croire au père Noël" tant qu'il ne me posent pas directement la question.
Mais même ça, ça me dérange. C'est une tâche dans le décor, cette information fausse. C'est du désordre. Comme une fausse note au milieu d'une harmonie.

Cela fait-il de moi quelqu'un qui a un petit grain?

Enfin, je crois qu'entre les différentes interventions, ici et sur le fil "lexique", je commence à comprendre de quoi nous parlons, rires.

Prédisposition, disposition, influence de l'itinéraire, permettent à un moment M donné d'être apte à envisager de vivre le polyamour ou pas.
Mais comme après cet instant M, l'itinéraire se poursuit, l'aptitude peut apparaître plus tard, jamais, ou encore l'aptitude qui était là au moment M peut avoir disparue au moment M+1 en fonction de l'itinéraire.

Cette partie est claire pour moi (j'espère que mon propos l'est pour vous, au passage).
Reste que je continue, (cf le fil "lexique"), à réfléchir sur la possibilité de "diriger" son itinéraire dans le sens d'une acceptation de la non exclusivité.

Je voulais vous remercier, tous, et je vais faire de même sur la discussion concernant le lexique, d'une part de la façon dont vous m'avez accueillie sur le forum, d'autre part pour vos interventions qui, qu'elles me soient "destinées" ou pas, me permettent de mieux comprendre, d'ordonner mes idées. c'est important pour moi de comprendre, et j'aime que mon cerveau soit bien rangé . :-D

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demeter

le jeudi 11 août 2011 à 10h30

lam
Ca mériterait bien d'ouvrir un fil sur 'c'est quoi l'amûr pour vous?' ! !

Celui-ci est parti tellement loin de la question de départ (et est en même temps si proche ) que je me permets de répondre à la question tant elle me parait essentielle en effet... Je n'ai pas trouvé pour ma part de définition meilleur que cet extrait d'un livre de Guy Corneau, N'y a-t-il pas d'amour heureux ?
Le contenu, les lieux, les faits, les actions, les comportements des personnages n'ont aucune importance. Les principes qui les sous tendent non plus, juste ce ressenti là, quelque part... Le sens des mots a ses limites, les mots en ont beaucoup moins...

Guy Corneau
Elle

Enfin les vacances ! Compte tenu de vos antécédents avec Lui, ça se déroule plutôt bien. Petite station balnéaire aux Etats-Unis. Réservation à l’aveugle juste avant de partir. Chambre minable au dessus d’un ventilateur bruyant. Nourriture qui laisse à désirer. Tout pour vous irritez. Bizarrement, ça vous rapproche. Il y a quelque chose comme un renouveau amoureux dans l’air. Mais vous parlez trop vite… Le voilà en train de se dévisser la tête pour regarder passer une adolescente qui balade ses seins sur la plage. Vous vous sentez blessée instantanément. Vous allez lui faire une remarque, mais il est tellement drôle avec son air de petit garçon coupable, déjà prêt à jurer qu’il ne regardait pas, que vous pouffez de rire. Non, décidément, il n’en sortira jamais de sa mère.

Lui

Vous étiez en train de courir après elle dans ce parking américain sur de l’asphalte trop chaud avec un Coke et un cornet de frites graisseuses à la main. C’est alors que cette déesse est passée… Wow ! Quels seins ! Ca ne devrait pas être permis. Vous ne vouliez pas regarder, histoire de ne pas blesser Elle. Mais c’est plus fort que vous. Tout à coup, vous sentez vos jambes partir. Non, ce n’est pas possible, Elle s’est rapprochée de vous uniquement pour vous faire un croc-en-jambe et repartir au galop en vous criant à tue-tête : « Je t’aime, mon amour ! Je t’aime, mon amour ! ». C’est bien beau, vous venez quand même de laisser échapper votre cornet ! Pendant quelques secondes, vous sentez une colère immense vous envahir. Elle n’arrêtera donc jamais de vous emmerder. Puis, c’est trop drôle. La situation vous apparaît soudain d’un ridicule consommé. Et là, sur cette asphalte trop chaud, les pieds englués dans les frites et dans le Coke, vous vous sentez transporté par une vague d’émotion si belle, si profonde que vous lui criez à tue-tête : « Je t’aime, mon amour ! Je t’aime » Assez fort pour que la moitié de la plage vous entende. Ce « je t’aime », elle peut bien l’enregistrer sur cassette. Il vient de tellement loin en vous, vous l’attendiez depuis si longtemps. Il vous fait tellement de bien que vous vous mettez à pleurer de joie comme un enfant. Vous la voyez qui sourit à travers vos larmes et Elle vous prend dans ses bras doucement, doucement…

Ça risque de faire grincer des dents, peut-être...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Siestacorta

le jeudi 11 août 2011 à 10h33

Pour "le petit grain", j'estime en avoir un, pour expliquer la portée de ça.

Je suis décalé, je le sais, certains trucs qui paraissent évidents en société me passent à côté (plutôt qu'au-dessus : c'est pas que je les vois pas, je m'en contre-fous jusqu'à ce qu'on me fasse remarquer que c'est dessus que je bute), ça joue sur mon intégration sociale, ça fait que pour que je me sente dans une société saine, il faut que je sois seul dans la pièce.
Donc, le problème, c'est moi, c'est sûr. Enfin... je pose problème. Moi, je me sens pas mal, je dois juste vivre un peu différemment pour que ça crée pas de conflits....

Par contre, j'essaie de pas penser tout ça comme un rapport à la norme, dans le sens où la norme est toujours moraliste : le normal est bon, le marginal mauvais, malade, dangereux. Par ailleurs, ça suppose qu'il y aurait des références "optimales" dans les fonctionnements sociaux. La diversité des sociétés, des moeurs, prouve assez que non, ça existe pas, "optimal". Toute orientation sociale est un choix, et même, presque tout est choix valide, c'est à dire que si dans un cadre normé un individu peut se retrouver rejetable, alors qu'il traverserait une mer et trois montagnes, et serait super bien intégré.

Enfin, pour finir sur les normes, un extrait d'un livre fictif "Ne sifflez pas quand vous pissez", de Hagbard Céline (auteur fictif,) qui est en vrai extrait d'un vrai roman épuisé en France depuis des lustres, La pomme d'Or de Robert A. Wilson et Robert Shea (auteurs réels, le premier est même mort ya quelques années) :

Hagbard Celine
La personne la plus méthodiquement et implacablement damnée, bannie, exclue, condamnée, interdite, ostracisée, ignorée, supprimée, réprimée, volée, brutalisée et diffamée de toutes les choses damnées est la personne humaine. Les bâtisseurs de société, statisticiens, psychologues, sociologues, chercheurs économiques, banquiers, gouverneurs, commissaires, rois et présidents ne cessent de faire entrer cette chose damnée dans un cadre soigneusement prédéfini et sont perpétuellement irrités de constater qu'elle ne tient pas dans la place qui lui est assignée.
Le théologien la traite de pécheresse et tente de l'amender.
Le gouverneur la traite de criminelle et tente de la punir.
Psychothérapeute la traite de névrotique et tente de la soigner. Et malgré tout, la chose damnée refuse toujours de rentrer dans leurs cadres.

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