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Être Polyamoureux·se (en couple) et "Non-Pratiquant·e"

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GeorgyPorgy

le lundi 21 novembre 2022 à 16h31

Bonjour à tous.tes,

Je lance un petit sujet pour susciter quelques réactions / partage d'expérience quant à des situations proches de ce que j'ai pu vivre.

En effet, je lis beaucoup ici, et interragit sur des posts qui m'interpellent.

Cependant, j'ai l'impression de trouver relativement peu de partages qui se rapprochent de mon vécu & des orientations que j'ai décidé de prendre après mon acceptation de "mon" polyA & de mon coming out.

Je schématise à outrance hein mais j'ai l'impression de lire beaucoup de témoignages de type :

- poly qui se découvre & cherche à y voir plus clair

- conjoint.e ou personne en relation avec un poly, ou avec quelqu'un qui s'interroge dessus (=polyacceptant ou poly"refusant" pour ainsi dire)

Mais j'ai beau chercher, je ne trouve aucun témoignage de personnes (en couple) ayant compris, accepté d'être polyamoureux.se - tout en décidant de ne pas pratiquer "in real life" de relation concrète. Or, je me dis que ça doit bien être plus répandu que ce qui est visible, représenté dans le forum ou ailleurs.

Je serai très intéressé pour engager de l'échange sur ces dimensions, sur le vécu de la situation, quelles sont les manières de vivre (bien ou mal?) cette situation, comment elle a évolué dans le temps, comment ça s'articule dans le temps avec votre conjoint.e...

Message modifié par son auteur il y a 10 jours.

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bonheur

le lundi 21 novembre 2022 à 16h43

Vaste sujet. J'espère que le débat sera ouvert et serein.

Ma réponse (qui n'est que mienne).

Le polyamour n'est pas favorisé ni même connu. Donc la découverte me semble inévitable. Et c'est là que l'on a besoin d'échanger (lire des témoignages, se questionner, etc). Embarquer avec soi, après l'introspection ou la sortie du brouillard, les amours ancien et naissant.

Il en va de même pour l'acceptance. Les poly n'interagissent pas qu'avec des poly. Alors oui, tôt ou tard, on place autrui, qui ne connait pas ou peu le polyamour, face à une réalité, celle de l'autre. Ça demande du temps et de l'énergie pour arriver, ou pas, à faire sienne ce mode de vie et cette philosophie.

Ton troisième point me semble flou. Veux-tu dire une personne poly qui n'a qu'une seule relation ou qui n'aspire pas à en avoir plusieurs ? Une personne dont la philosophie est poly et qui fait le choix de ne pas vivre les relations potentielles que la vie présente à iel ?

En écrivant ses mots, je reconnais un peu mon chéri de vie (oups).

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GeorgyPorgy

le lundi 21 novembre 2022 à 17h22

Hello,

Désolé je me rends compte que j'ai manqué de clarté dans mon post :)

Le "périmètre" de ma question se limite à une catégorie très précise de personnes (auxquelles je me rattache), que je pourrais définir avec les éléments suivants :

- Personne qui est en couple
- Qui se découvre & accepte en soi-même le fait d'être polyamoureux.se,
- Qui adhère donc à la philosophie & à l'éthique poly
- Qui potentiellement l'a explicité à son/sa partenaire (ainsi qu'à l'autre personne éventuellement)
- Qui fait le choix de ne pas entretenir de relation autre qu'avec son / sa partenaire "historique" (pour diverses raisons : incompatilité des attentes, volonté de respecter le positionnement & le consentement des autres, ou tout autre raison).

Je ne sais pas si c'est plus clair?

bonheur

Ton troisième point me semble flou. Veux-tu dire une personne poly qui n'a qu'une seule relation ou qui n'aspire pas à en avoir plusieurs ? Une personne dont la philosophie est poly et qui fait le choix de ne pas vivre les relations potentielles que la vie présente à iel ?

C'est plutôt un.e poly qui prend acte qu'il/elle ne peut entretenir de relations poly pour rester aligné.e à une certaine éthique, malgré le fait qu'il/elle aurait idéalement à coeur de le faire :)

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Siestacorta

le lundi 21 novembre 2022 à 17h39

GeorgyPorgy


Mais j'ai beau chercher, je ne trouve aucun témoignage de personnes (en couple) ayant compris, accepté d'être polyamoureux.se - tout en décidant de ne pas pratiquer "in real life" de relation concrète. Or, je me dis que ça doit bien être plus répandu que ce qui est visible, représenté dans le forum ou ailleurs.

On peut être polyamoureux ( = souhaiter du polyamour, à soi et aux autres) et choisir un mode de vie exclusif.
Je me dis que ça peut aussi bien être pour un partenaire qui le demande ou même, soi-même, parce qu'à ce moment-là de sa vie on ne saurait pas forcément vivre en poly.
Je peux même te dire qu'on peut être poly et choisir de vivre célibataire, pour quelques raisons en commun avec le choix de rester exclusif.

Ca peut poser par ailleurs la question de "quelles exclusivités". A priori je me dis que certains atavismes monos font que la réponse courante est souvent l'exclusivité sexuelle, mais en réalité quand on gratte un peu, les histoires ou moments d'histoire où c'est telle intimité qui est impossible et pas telle autre (dormir chez, faire des sorties avec...) m'ont semblé plutôt moins rares qu'il n'y parait - mais c'est une vision cafés+forums sur le long terme, en lisant des passages dans des témoignages où ce n'est pas le premier sujet.

Plus généralement encore, "non-pratiquant", je l'ai plutôt entendu souvent. Je ne sais pas où ça mène, à quel point le choix demeure ou évolue.

Dans mon histoire de poly, après des histoires poly, j'ai eu des époques d'exclusivité. J'étais moins bloqué par un manque de pluriel que par le manque de possible, la crainte pas tellement de commettre une faute envers mes partenaires que d'une incompréhension de fond.
Après, il y avait une différence, c'est que ma réflexion poly n'arrivait pas après la mise en route de l'escalator.
Mais quand même, je veux dire que se reconnaitre poly fait de l'exclusivité l'objet d'un véritable choix.
(digression en fait l'exclusivité valorise l'idée de choisir les personnes "toi mieux qu'un.e autre, c'est sans doute ça qui fait que beaucoup de gens ont l'impression que la liberté existe sans non-exclusivité et basent sur ce choix-là un enjeu narcissique important - tu m'étonnes que quand on leur dit "je te choisi toi ET un.e autre, ça dissone).

Message modifié par son auteur il y a 10 jours.

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bonheur

le lundi 21 novembre 2022 à 19h03

@GeorgyPorgy.

Je reprends l'exemple de mon chéri de vie. Il considère que l'amour est compliqué. Ça demande du temps, de l'énergie et de s'y consacrer en profondeur (émotions, sentiments, communication...). Il a déjà admis être amoureux en dehors de moi (me le confier). Il refuse d'entrer en relation car il aspire à la simplicité et ne se sent pas d'entretenir plusieurs relations. Et puis, les équilibres en polyamour, c'est extrêmement impactant (je trouve).

Il sait qu'il ne faut jamais dire "jamais". Cela fait des années et il en est à rester mono par choix. Dire qu'il se découvre poly, non. Puisque justement, il n'entretient pas d'autres relations. Il a découvert que l'émotion amoureuse pouvait s'inviter dans son petit intérieur. C'est tout. Ça lui suffit, je crois.

En revanche, il ne viendra pas écrire ici. Déjà il n'aime pas écrire, ensuite il ne veut pas alimenter des controverses. Et puis, comme il n'est pas poly, il n'a aucune légitimité à intervenir ici. Dernier point, il vit avec moi, donc vit aussi par ricochet ma polyaffectivité. Il préfère vivre que philosopher (c'est pas dans sa nature).

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Insecte (invité)

le mardi 22 novembre 2022 à 01h37

Bonjour,
Dans mon cas j'ai abandonné.
Je suis pourtant poly. Mais je suis avec un poly-refusant. Je suis par ailleurs tombée amoureuse d'un mono, qui évidemment n'a rien compris. J'y ai cru quelques temps, que je pourrais leur parler du polyamour. Ça ne les intéresse même pas de comprendre de quoi il s'agit. J'ai fait aussi quelques rencontres de mecs irrespectueux, qui sont, il faut bien le dire, majoritaires. Ça m'a rappelé ma jeunesse, lorsque j'étais célibataire, et toutes les affres sentimentales dûes à des comportements totalement égoïstes, "ghosting", etc. Donc, j'ai laissé tomber. Trop compliqué, trop douloureux. Trop de boulot.
Ce message rejoint fortement le sujet "quelle relation puis je envisager avec un homme cis sans nuire à mon féminisme".
Franchement, c'est trop épuisant, je suis à un âge où je préfère maintenant me consacrer à d'autres activités.
Pour autant, je me considère comme poly. Poly-démotivée !

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artichaut

le mardi 22 novembre 2022 à 06h04

GeorgyPorgy
- Personne qui est en couple
- Qui se découvre & accepte en soi-même le fait d'être polyamoureux.se,
- Qui adhère donc à la philosophie & à l'éthique poly
- Qui potentiellement l'a explicité à son/sa partenaire (ainsi qu'à l'autre personne éventuellement)
- Qui fait le choix de ne pas entretenir de relation autre qu'avec son / sa partenaire "historique" (pour diverses raisons : incompatilité des attentes, volonté de respecter le positionnement & le consentement des autres, ou tout autre raison).

Qui peut le plus, peut le moins.

Tu ne veux pas nous raconter plutôt, pourquoi toi, tu fait le choix de ne pas entretenir de relation autre qu'avec ton/ta partenaire "historique" ?

Il me semble qu'un problème poly(béral) récurent c'est plutôt le contraire : ceux/celles qui, bien qu'étant déjà en relation choisie (couple), n'envisagent pas —même temporairement— de ne pas "pratiquer" (l'adultère fonctionne sur le même principe, d'ailleurs).

L'abstinence n'a pas bonne presse en milieu capitaliste libéral.

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bonheur

le mardi 22 novembre 2022 à 10h50

@artichaut

Peux-tu préciser ce que tu entends par "abstinence" ?

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GeorgyPorgy

le mardi 22 novembre 2022 à 10h56

Merci pour vos partages / commentaires, je prépare une réponse que j'espère poster dans la journée :)

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artichaut

le mardi 22 novembre 2022 à 11h07

bonheur
@artichaut
Peux-tu préciser ce que tu entends par "abstinence" ?

Le fait de s'abstenir de "pratiquer le polyamour" (au sens où @GeorgyPorgy semble l'entendre).
Ou pour utiliser ses propres mots : le fait de ne pas entretenir de relation autre qu'avec son / sa partenaire "historique".
Ou encore : abstinence amoureuse et sexuelle au delà du couple.

Wikipédia
L'abstinence est un renoncement volontaire et durable à la satisfaction […] d'une envie. Dans la plupart des cas, le terme désigne l'abstention […] d'une pratique addictive.

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bonheur

le mardi 22 novembre 2022 à 11h09

Merci @artichaut :-)

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Alabama

le mardi 22 novembre 2022 à 11h14

J’ai envie de parler de trois histoires :
- ma première relation amoureuse, à 19 ans, était monogame «  de fait ». Mais je m’y sentais à l’étroit. A l’époque, il y a 20 ans, je ne connaissais pas le polyamour, ni de personnes pratiquant le couple libre. Sauf mes parents, qui vivaient une forme de non-exclusivité mais je n’en savais pas grand chose (en gros en 20 ans il leur est arrivé d’aller «  voir ailleurs » et c’était autorisé mais ils ne s’en parlaient pas forcément et c’était seulement des aventures sexuelles).
Je me souviens de discussions où j’essaie de plaider en faveur d’une ouverture de notre couple, sans grand succès mais sans me sentir jugée pour autant.
Je savais déjà à cette époque que le couple exclusif c’était pas mon truc mais je me sentais très seule avec ce sentiment, mes amis n’étaient pas du tout là dedans. Bref je me suis coulée dans le moule monogame car je pensais que sinon je devais renoncer aux relations amoureuses ce que je n’étais pas prête à faire. J’ai été infidèle plusieurs fois dès que j’étais loin géographiquement, je suis d’ailleurs tombée amoureuse. Mais pour moi ce n’est pas être pratiquante dans le sens où je pensais encore continuer dans la monogamie par contrainte.

- quelques années plus tard je vis des relations affectives plurielles dont deux relations amoureuses. Je décide de quitter un amoureux pour entrer dans une relation monogame avec le deuxième. Cette monogamie (qui n’a duré que 5 mois) ne m’a pas été difficile à vivre car contrairement à ma première histoire, c’était un vrai choix de ma part, je ne me retrouvais pas «  monogame faute de mieux ». J’ai découvert alors que j’avais plus de liberté et plus de choix possibles dans ma vie : je suis polyamoureuse mais je peux décider d’être monogame si ça me chante. Cependant je ne me connais pas dans la durée sur ce type de choix, je ne suis pas sûre de pouvoir être monogame longtemps sans en souffrir car quand je tombe amoureuse c’est toujours très puissant.

- je suis actuellement en relation polyamoureuse, mais j’ai un seul amoureux. J’ai par ailleurs des amitiés intenses, qui comptent tout autant. Je n’envisage pas vraiment d’autre relation amoureuse : c’est de l’énergie, des émotions, du temps et bcp de discussions. Mais savoir que c’est possible m’apporte énormément. Et dans mon expérience, je n’ai jamais vraiment voulu entamer de deuxième relation amoureuse. C’est toujours «  arrivé ». Mon seul vrai besoin est que ce ne soit pas totalement interdit car l’interdit m’angoisse, je me sens enfermée voire amputée d’une partie de moi-même. En gros, que la decision vienne de moi et non de l’extérieur.

Je n’exclue pas un jour de refaire le choix d’une relation monogame mais je sais quand même que je me sens mieux en polyamour. Par ailleurs je trouve qu’avec les personnes ouvertes au polyamour il y a aussi tout un tas d’autres sujets plus faciles à aborder.

Message modifié par son auteur il y a 9 jours.

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Olyve (invité)

le mardi 22 novembre 2022 à 12h46

Bonjour Georgy

Je suis tout à fait dans ce cas.
Je suis poly, à n'en pas douter, et pour autant je fais le choix de ne pas être pratiquante. Parce que mon mari est complètement poly refusant pour reprendre le terme d'insecte.

J'ai déjà fait un post il y a quelques semaines, tu m'avais d'ailleurs répondu mais je n'avais pas pris le temps d'en faire autant.

De mon point du vue, c'est difficile chaque jour et je me demande vraiment si c'est viable à très long terme. L'avenir nous le dira.

Aujourd'hui mon mari ne veut pas entendre parler de polyamour, il comprend et accepte que je puisse aimer d'autres personnes mais ça doit en rester là. Et moi je le comprends aussi. C'est un cercle vicieux où chacun se bouffe la queue.

D'où mon scepticisme quant à la réussite de notre couple sur le très long terme. Ça fait 3 ans que ça dure, que ça végète, que j'y pense chaque jour, que je sais qu'une relation poly aurait été possible avec l'autre homme que j'aime (parce que oui, 3 ans après, sans plus aucun contact, je l'aime toujours), et j'ai l'impression que ça me tue à petit feu. Et j'en arrive à avoir des sentiments polyvalents envers mon mari. Je l'aime toujours autant, nous sommes heureux ensemble, et en même temps parfois j'en viens à le détester, à le trouver égoïste de ne pas me laisser cette liberté.

J'ai l'impression de sombrer petit à petit dans la dépression tellement ça me mine le moral. Et je ne sais pas quoi faire pour que ça change.
Quel que soit le choix, le résultat ne me convient pas. Rester avec mon mari et oublier le polyamour ( plus facile à dire qu'à faire selon moi) ou quitter mon mari et vivre pleinement le polyamour. Quoi qu'il arrive ça me brisera le cœur.

3 ans que je suis dans une impasse...
Si certains ont la solution, je suis preneuse ! (Mais je doute qu'il y en ait vraiment une...)

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bonheur

le mardi 22 novembre 2022 à 13h18

Alabama
- je suis actuellement en relation polyamoureuse, mais j’ai un seul amoureux. J’ai par ailleurs des amitiés intenses, qui comptent tout autant. Je n’envisage pas vraiment d’autre relation amoureuse : c’est de l’énergie, des émotions, du temps et bcp de discussions. Mais savoir que c’est possible m’apporte énormément. Et dans mon expérience, je n’ai jamais vraiment voulu entamer de deuxième relation amoureuse. C’est toujours « arrivé ». Mon seul vrai besoin est que ce ne soit pas totalement interdit car l’interdit m’angoisse, je me sens enfermée voire amputée d’une partie de moi-même. En gros, que la decision vienne de moi et non de l’extérieur.

Je me retrouve pas mal dans cette description. J'ai eu des périodes sans amour(s) extérieurs. Toutefois, savoir que si je tombe amoureuse et que la relation est possible, me conforte. Je dirai que c'est en cela que je peux être bien au sein de ma relation historique.

@Olyve. Ce doit être horrible à vivre :-( . La réponse est la même que pour les mono en acceptance d'une relation avec un-e poly. C'est un choix de continuer ou non. Ma propre idée est que quand on insiste de trop, la haine de l'autre peut prendre la place de l'amour pour l'autre.

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Ayu (invité)

le mardi 22 novembre 2022 à 14h46

Je suis tombée passionnément amoureuse il y a une dizaine d'années et ai alors découvert le polyamour.
Mon compagnon a toujours refusé de réfléchir sur cette question et de fait,  je le crois absolument incapable de supporter une vie en polyamour,  du moins avec moi.
J'ai renoncé à cette première histoire désirée mais la porte s'étant entrouverte, et pleine de rancoeur,  je me suis lancée 2 ou 3 ans + tard dans une relation adultère... qui s'est vite révélée insupportable car adultère. J'ai mis fin à cette relation,  décidé de me séparer de mon premier compagnon pour me vivre poly (tout en étant pas très certaine qu'il ne s'agissait pas d'une chimère et que je serais capable de supporter de voir mes amours aimer ailleurs). Après quelques péripéties j'ai choisi de poursuivre ma route avec mon compagnon historique,  dans la monogamie (c'est un élément parmi d'autres mais il y avait 3 enfants dans l équation).
J'ai cru un temps pouvoir trouver un consensus et satisfaire le besoin d exclusivité de mon compagnon tout en nourrissant ma soif de rencontre en nouant des "relations affectives", ou "amitiés amoureuses". En réalité le bilan s'est révélé assez pietre . Mon compagnon n'a jamais bien supporté ces relations, m'obligeant à les vivre de façon plus ou moins cachée. D'autre part ces hommes ont manifesté des capacités de dialogue et d empathie très limités, quand ils ne montrèrent pas violents psychologiquement (comme @insecte, je suis avec intérêt la discussion sur quelle relation puis je envisager avec un homme cis sans nuire à mon féminisme). Sans doute par ailleurs ce que je leur offrais n'était il pas assez satisfaisant, toujours est il que tandis que de mon côté je developpais mes réflexions sur l engagement, les  responsabilités affectives, la compersion, ces hommes ne parvenaient  pas à poursuivre une relation un tant soit peu engagée et honnête avec moi dès qu'ils tombaient amoureux ailleurs.
Bref, aujourd'hui bien que j'adhère philosophiquement au polyamour, bien que j'ai changé dans ma manière de penser et vivre les relations humaines en grande partie en lien avec la réflexion sur le polyamour , bien que je me "sente" polyamoureuse, j'ai choisi la monogamie. 
J'ai dans l'idée que si j'en venais un jour à me séparer de mon compagnon actuel, je vivrais polyamoureuse...tout en me disant que ça pourrait bien ressembler à nouveau à de la monogamie...voire à du célibat,  vu la difficulté à construire des relations satisfaisantes!

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Ayu (invité)

le mardi 22 novembre 2022 à 15h00

Et donc j'ai réussi à vivre polyamoureuse monogame dès lors que j'ai décidé que je faisais ce choix, en acceptant + ou moins bien les frustrations et les tristesses liées à ce choix, mais en les acceptant, parce que j'avais choisi.

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GeorgyPorgy

le mardi 22 novembre 2022 à 17h37

@artichaut & co :)

Merci pour les réponses, qui sont riches.
@artichaut Oui je peux bien sur partager ici mon propre vécu & ce qui m'a amené à faire ce choix. Je l'ai déjà fait dans d'autres fils ici, mais en rappeler le contexte participera certainement à alimenter la conversation :)

D'abord une précision qui a son importance pour rebondir sur ton point :
La relation pour laquelle je me suis compris un "nouvel" amour a commencé dans un contexte adulterin (pour moi, elle étant séparée). La relation effective (où on se voyait vraiment, avec des interractions physiques, des rdvs etc) s'est étalée sur une durée courte mais intense de quelques semaines. Ce contexte a été un mélange de bonheur intense & de difficultés importantes (culpabilité, conscience de l'impossible de la situation, immense confusion quant aux répères établis & stables de ma vie sentimentale). A l'époque, je n'avais pas connaissance du polyA. Je me suis trouvé attiré par cette relation, je m'y suis engoufré avec la forte envie de la vivre ("advienne que pourra") jusqu'à comprendre que j'étais tombé amoureux. La relation s'est rapidement révèlée de mon côté & j'ai cherché à comprendre ce qui m'arrivait, pour finalement trouver des réponses dans l'éthique & la litterature poly. Cette période de quelques semaines se situe il y a un peu plus de 3 ans maintenant, et n'existe plus depuis pas mal de temps (difficile de dire quand le lien a "disparu" avec exactitude, car je ressens encore ces sentiments & tout ça ne s'est jamais arrêté de manière nette - plutôt une lente prise de distance physique & émotionnelle je dirais). Pour finir, je reste attiré par la perspective de m'ouvrir à des modalités non-exclusives dans mon couple quand & si les circonstances évoluent, c'est une chose qui s'est confirmée dans mon cheminement MAIS je ne cherche pas actuellement à vivre d'autres relations. Je suis simplement tombé amoureux de quelqu'un tout en confirmant mon amour "historique" - ce que j'ai compris au fil d'un long & difficile processus & que j'ai communiqué explicitement aux intéressées. Pendant longtemps, tout ce bazar m'a enormément tourmenté, créant une fatigue mentale intense, un sentiment immense d'absurdité contre lequel je me suis donné l'impression d'être le Sysiphe de l'histoire (pour piquer une image à Camus) tentant de faire advenir un idéal probablement impossible.

Les raisons qui m'ont amené à faire ce choix sont multiples (et je suis encore en train de les digérer je pense) :

- La prise en compte de l'altérité

Comme je l'ai expliqué, mon cheminement m'a fait passer d'une volonté forte (illusoire?) de faire advenir un schéma relationnel poly nous impliquant tous les 3, à une écoute & prise en compte beaucoup plus fine des vécus qui étaient exprimés par ma compagne & par mon autre relation.
En cela, le temps a fait son oeuvre progressivement car je pense avoir que pendant longtemps j'ai été aveuglé par, à la fois, ma NRE & par paradoxalement mes nouvelles "lunettes" polyA. Toute l'éthique, la philosophie me paraissait être une source de solution à la situation compliquée que nous vivions. Comme une voie d'alignement possible des planètes. Mais j'ai fini par comprendre que tout ceci n'était QUE ma vision des choses, et que le vécu des autres pouvaient être tout autre.
Comme l'a bien décrit @Siestacorta dans un autre fil, l'important pour moi a été assez tôt de valider si on était dans un consentement enthousiaste des différentes personnes. Et j'ai fini par comprendre que ça n'était pas le cas.

- L'acceptation de l'impossibilité de "communiquer" (qui est une sorte de corrolaire au 1er point) & de transformer la relation tierce

J'ai pris acte en conscience, via une meilleure prise en compte de l'altérité, de nos impossibilités à communiquer réellement sur cette situation (j'entends ici communication dans une optique plus orientée CNV, recherche de voies d'évolution satisfaisantes pour les besoins de chacun).
Je n'ai jamais eu le sentiment que ma relation avec ma nouvelle amoureuse se dirigeait dans une communication de ce type.

J'ai beaucoup cherché à interroger avec bienveillance les sentiments dans une authenticité défaite de tout parasitage lié à la structure possible (ou impossible) de la relation. En vain, globalement, les maigres éléments que j'ai réussi à recevoir étaient vagues & trop définitifs pour sentir le terrain propice à plus de communication active.

En parallèle, j'avais & j'ai toujours eu affaire à de signaux contradictoires, que je ne suis pas parvenu à interprêter, que je mets tour à tour sur le compte de mes projections ou sur le fait que malgré le silence, il y a aussi des sentiments forts, de l'amour peut-être qui persiste.

- La volonté de reprendre du pouvoir sur une situation souffrante AUSSI pour moi via changement de positionnement

Comme certain.e.s l'ont déjà exprimé plus haut, j'ai traversé une longue période difficile moi aussi, me trouvant dans une équation impossible à résoudre. Ca s'est matérialisé par de la tristesse, le sentiment d'inachevé, de subir une situation à mes yeux absurde, en plus d'un certain épuisement mental dans mes tentatives de communication. J'ai longtemps eu le sentiment de me trouver bloqué dans des boucles qui se répetaient malgré moi.

A un moment, j'ai ressenti le besoin de reprendre du "pouvoir" dans la situation, pour me donner le sentiment d'avancer. Faire un pas de côté pour casser certaines de ces boucles qui généraient de la souffrance & de la tristesse de mon côté.

C'est passé par :

- Bouger mon positionnement activement dans le tableau général : décider de pas continuer à être l'acteur de la pièce qui apporte la difficulté, la souffrance (tant pour ma compagne que pour l'autre amour). En outre, ma compagne a eu une aventure quasiment en même temps que moi. On n'a pas vécu la même histoire, mais la mienne a beaucoup servi à crystaliser nos difficultés de couple bizaremment. En évoluant vers une non-pratique affirmée & explicite, vérifiable, j'ai le sentiment que je désactive un schéma néfaste dans mon couple. Aussi, vis-à-vis de ma relation, je me suis toujours donné le sentiment d'être celui qui prenait des initiatives, demandait des nouvelles, proposait quelque chose, essayait de communiquer. A un moment, j'ai décidé de sortir de ça activement - au final, ca a finit par s'apparenter à du breadcrumbing à mes yeux. Peut-être était-ce une manière de "rompre" en douceur, mais j'ai vécu le silence comme extrêmement violent à mon égard.

- Prendre ma part de responsabilité en acceptant de laisser sortir cet autre amour de ma vie : puisque le peu d'attentes formulées sur lesquelles me baser se résument à cette unique possible, que c'est si inflexible, alors j'en prends acte & j'accepte, malgré les intuitions, les non-dits, etc. Je place aussi cela dans une dimension de compersion : même s'il est souffrant de laisser partir (pour moi), c'est aussi accepter que le bonheur de l'autre puisse se jouer sans moi.

- Faire preuve d'indulgence envers moi-même : j'ai exprimé mes ressentis, mes sentiments dans l'authenticité & la vulnérabilité, j'ai tenté des choses peut-être maladroites mais toujours dans la bienveillance. Je ne peux pas agir sur tout & c'est okay.

- Déjouer le choix "imposé" par la norme, pour poser mon propre choix. Les termes du choix imposé sont simples : soit tu quittes ta compagne, soit tu mets de côté ta nouvelle relation. C'est excessivement binaire pour moi, et si c'est satisfaisant pour plein de gens, je ne me reconnais pas dedans. Du coup, j'ai "crée" mon propre choix : j'ai choisi d'affirmer mon polyamour explicitement, mes désirs & mon cheminement dans ce contexte tout en démontrant dans la réalité de mon comportement que je respecte les choix faits par les deux femmes pour lesquelles j'ai des sentiments.

Au delà, adopter ce choix m'a aussi permis de clairement exprimer à ma compagne que je ne souhaitais exercer aucune espèce de contrôle sur son autonomie (émotionnelle, sentimentale, sexuelle) - mon polyamour s'affirme aussi de cette manière. Je l'ai incitée à réflechir pour elle, en dehors de "nous", à ce que sont ses véritables désirs / aspirations quant à ces questions car compte tenu de son aventure, j'ai l'intuition que beaucoup de choses restent en suspens sur ce plan de son côté.

Aujourd'hui, et depuis quelques mois, même si une tristesse demeure, je vais beaucoup mieux qu'à une certaine époque. Me donner le sentiment de retrouver plus d'alignement m'a donné de l'air & m'a fait du bien globalement. Je ne sais pas si ça va durer, le désir d'ouverture & d'exploration restant présents...

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GeorgyPorgy

le mercredi 23 novembre 2022 à 11h29

@Siestacorta : pour répondre à ton message initial, je pense que ma manière d'appréhender tout cela est assez proche de ce que tu décris. En gros, je crois avoir compris que ma recherche se situe plus dans "plus de fluidité possible" dans ma vie sentimentale, émotionnelle, ou sexuelle avec des variations possibles entre plus ou moins d'ouverture... qu'un changement vers un mode de vie radicalement à l'opposé de ce que je pratique aujourd'hui.

Mon histoire simplement a été marquée par une rencontre forte que j'ai pas forcément cherchée "activement" (le "hasard" de la vie), je suis convaincu que la probabilité où une telle situation pourra se reproduire à l'avenir est assez forte. L'impossibilité de lui laisser s'intégrer dans mon existence d'une manière ou d'une autre a été très très complexe à digérer, et j'aimerais ne pas avoir à revivre cela dans ces circonstances. Cependant, je reste lucide en admettant que ca pourrait se reproduire, et aussi pas aligné avec l'absurdité (à mes yeux) d'écarter ces rencontres significatives simplement parce que j'ai un engagement établi (qui par ailleurs continue de me satisfaire, qui reste fondamental à mes yeux).

@Insecte, @Olyve, @Ayu : vos messages & vos vécus me touchent. Peut-être que je suis dans le déni en m'inventant des raisons de croire cela (décrites dans mon précédent message), mais j'ai à coeur de continuer à considérer que je n'ai pas abandonné par dépit. Je pense que je prends tout cela sous d'autres angles, en reconnaissant & prenant acte des dimensions sur lesquelles je ne peux agir & en me concentrant sur les endroits où je peux le faire.

Dans mon couple, les questions liées à l'ouverture potentielle, après le raz-de-marée émotionel, ont amené une réelle réflexion profonde sur la relation, l'autonomie de chacun, les attentes réelles. On essaie d'être bienveillant & indulgent envers les vulnérabilités de l'autre, bon an mal an, de se donner le temps de se concentrer aussi sur d'autres endroits joyeux de notre vie commune. En cela, je trouve de la satisfaction & je constate que laisser la question de la non-exclu en "jachère", sans l'amener sur le tapis toutes les 2 semaines, nous fait du bien & permet (quand la discussion s'y engage finalement), de l'évoquer de manière plus sereine. J'arrive à trouver dans la situation des espaces de progression qui ne sont certes pas ceux que j'auraient imaginé au tout départ, mais qui s'avèrent bénéfiques & satisfaisants.

Comme l'a dit @Siestacorta, je mesure aujourd'hui combien la question de l'ouverture se matérialise en des endroits pas forcément "évidents" ou "attendus" de prime abord.

Ce qui m'interroge personnellement dans ce contexte serait de savoir comment transformer mon besoin d'ouverture que je continue de ressentir, dans des stratégies en accord avec les possibles (mouvants) de la relation : certains d'entre vous ont-ils réussi à dépasser la frustration, et à satisfaire ces besoins dans des dimensions nouvelles de votre vie quotidienne? (et notamment dans la durée?)

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