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Sommes-nous sur la bonne voie?

Poly/Mono
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Mashkwa

le jeudi 25 août 2022 à 22h53

Bonjour à vous tous!

Ceci est mon premier message sur ce forum francophone en lien au polyamour. Je suis du Québec, je vais tenter d’éviter les expressions trop propres à mon coin de pays, mais n’hésitez pas à me le dire si je ne suis pas clair.

Je viens ici, aujourd’hui, pour avoir vos commentaires, vos impressions, votre aide. Ma conjointe et moi avons décidé d’ouvrir notre couple, plus précisément dans le but de tenter de se réorienter vers le polyamour.

Ce fut un cheminement long et complexe. Pour moi surtout. Mais pour elle, aussi.

Je me dois de vous conter notre histoire des 3 dernières années pour que vous compreniez d’où nous venons, ce que nous avons vécus. Le tout pour nous aider à mieux nous préparer pour la suite.

Je vais commencer par un petit sommaire des personnes de notre histoire.
- Il y a moi, homme de 40 ans
- Il y a ma conjointe (que je vais identifier sous la lettre A), 42 ans.
- Moi et A sommes en couple monoamour/fermé/exclusif depuis près de 18 ans. Nous avons deux enfants (6 et 8 ans)
- Il y a R, le premier homme que ma conjointe (A) a rencontré et qui est à la base de cette transformation que nous voulons apporter à notre vie. Cet homme est marié. Dans une relation fermée/monoamour/exclusive, aussi.
- Il y a M, le deuxième homme que ma conjointe (A) a rencontré. Cet homme est en relation ouverte (mais non polyamoureuse).
- Il y a C, une femme que j’ai rencontrée. Elle est dans une relation fermée/monoamour/exclusive non satisfaisante et se cherche un ami avec bénéfice ou un amoureux.

Et maintenant, commençons.

Il y a environ 3 ans de cela, ma conjointe (A) a rencontré R dans le cadre de son travail. Un collègue d’une autre équipe avec qui elle devait travailler sur un nouveau dossier complexe et R était là en tant que soutien clinique. Ma conjointe (A) s’est rapidement mise à me parler de R, me parler de ses qualités, de son charme, de ce qu’il dégage. Et surtout de la connexion intellectuelle qu’ils ont. À ce moment, j’ai apprécié cet homme pour ce qu’il apportait de bien à ma conjointe (A) qui n’a que peu d’amis masculins.

Mais rapidement, au fil du temps, de la façon dont elle me parlait de lui, je commençais à deviner que d’autre sentiments commençaient à s’installer. Un soir, elle s’est mise à pleurer dans le lit et m’a avoué les sentiments qu’elle avait pour R, tout en tentant de me rassurer sur son amour, son désir qu’elle avait pour moi. Elle voulait savoir si j’aurais de l’ouverture pour la laisser avoir une aventure avec R. J’étais fermée à l’idée. Cela était incompatible avec ma vision d’un couple où la fidélité et l’exclusivité devait se trouver à la base même de la relation. J’avais peur. Peur du rejet. Peur de la perdre. J’avais de l’incompréhension, aussi. La quantité de nos ébats amoureux étaient en baisse depuis un certain temps. Fatigue, travail. Nouvelle maison. Les enfants. Je ne comprenais pas comment elle pouvait vouloir avoir des rapprochements intimes avec R alors que moi, j’attendais souvent après elle pour en avoir.

Dans les mois qui ont suivis, cela a pris de plus en plus de place dans nos discussions. Elle me parlait de ses fantasmes. D’activités qu’elles voudrait faire avec lui. Et même, parfois, d’activités qu’elle voudrait faire avec nous deux. La jalousie s’est installée. Informaticien de métier, j’ai malheureusement utilisé à mauvais escient mes capacité. Espionnage technologique, capture d’écran, géolocalisation, capture du clavier et des mots de passes. Je voyais tout. Je savais tout.

Nous avons commencé une thérapie de couple mais cela n’a pas donné grand-chose. Trop prise dans son désir pour cet homme, elle y a mis fin. Mais nous avons tous les deux continué nos thérapies individuelles cependant. Je tentais de travailler principalement sur mon anxiété. Mon psychologue me faisait lire de multiple ouvrage sur la gestion de la jalousie, de la peur, de la confiance en soi. Des articles, aussi, sur l’infidélité et, parfois, sur des visions alternatives au couple monoamour.

Pendant une certaine période, alors que je frôlais la dépression, j’ai décidé de faire ce que j’avais souvent fait dans un tel cas. Me reconnecter sur les vieux réseaux de chat de type IRC et discuter avec de pur inconnu. Lors d’une soirée quelconque, j’ai rencontré une femme, C. Sa façon d’écrire, ses intérêts, sa beauté. Tout, en fait, me plaisait. Insatisfaite de sa vie sentimentale et sexuelle elle m’a rapidement, après 2-3 jours, fais des avances. J’ai décidé de fermer cette porte avec elle, ne me sentant pas prêt et ne voulant pas jouer avec ses émotions.

Mais … mais … elle venait de déposer dans les engrenages de mon esprit le sable ce qui allait m’aider à me changer.

Pendant toute cette période qui a duré près d’un an, ma conjointe (A) à rencontré un autre collègue, M. Qui lui a fait des avances directes et purement génitales. Ma conjointe a refusé ses avances mais m’en a parlé et m’a dit qu’elle avait résistée mais qu’elle aurait aimé avoir une aventure avec cet homme. Pas de connexion sentimentale réelles avec ce dernier. Elle pensait que l’absence d’amour rendrait le tout plus acceptable pour moi et elle y voyait une façon d’expurger son désir physique pour R. Mais je suis resté ferme sur ma position.

Quelques mois plus tard, j’ai intercepté, par deux fois, des courriels entre ma conjointe (A) et R. Il y avait planification pour une journée dans un hôtel. État de crise. Je suis parti une semaine. Je suis revenu ensuite. Nous avons discuté. Beaucoup. Comme toujours. Ça toujours été la base de notre relation.

Elle a accepté de tout arrêter. Mais ma jalousie et ma peur demeurait. Je continuais l’observation. Je voyais les brouillons de courriels qu’elle n’osait jamais lui envoyer. Je voyais ses textes, sous forme de journal intime, qu’elle écrivait. Je suivais son état de pensée. Et je voyais bien qu’elle restait accrochée à R. Et, j’ai même intercepté des échanges de photos entre elle et M. Je n’en ai pas trop fait de cas, j’ai une amie exhibitionniste qui m’envoie des photos, parfois.

On continuait nos thérapies. Toujours. Mon psychologue continuait à me questionner sur ma jalousie, sur ses causes. Je me questionnais aussi. Mais, surtout, je voyais le malheur que je provoquais chez ma conjointe. Je détestais l’anxiété qui m’empoisonnait la vie. Et, surtout, je détestais l’espion que j’étais devenu, qui était à l’encontre même de mes valeurs les plus profondes.

Je me suis rendu compte que, en fin de compte, ça ne s’arrêterait jamais. Il fallait que ça change. Et ma conjointe ne changerait pas, prise comme elle ne l’était pas les sentiments. De mon côté, j’avais encore en tête ces discussions que j’avais eu avec C, près d’un an plus tôt. Je me sentais rassuré sur ma capacité de plaire. Et, aussi, trouvait une certaine excitation à pouvoir vivre peut-être de quoi avec une autre femme. J’ai pris sur moi, donc, de me transformer. De mieux comprendre mes peurs, mes craintes. Mais je n’en dis point mots à ma conjointe. Je ne voulais pas lui donner de faux espoirs. Il s’agissait ici de me changer drastiquement, après tout. J’ai lu, des forums. Des discussions. Je me suis renseigné sur les couples ouvert, le polyamour, le libertinage, l’échangisme. J’ai lu des histoires de vie, aussi. Vivre plusieurs amours, en dehors de la jalousie, libre de la rancœur, de la peur. Une partie de moi voulait y croire. Y croyait, même. On est des êtres humains. Des êtres de raisons mais, surtout, de sentiments. Et pourquoi, en fin de compte, se priver du plus fort et plus doux des sentiments qu’est l’amour?

Un jour, ma conjointe m’a dit qu’elle avait pris rendez-vous avec M vers la fin de la semaine pour une aventure d’un soir. Mais qu’elle se sentait trop mal pour le faire.

Je me suis rendu compte, que, finalement, il n’y avait que les issues suivantes à notre histoire
- Continuer à tout refuser et que ma conjointe soit toujours triste. Cela aurait fini par tuer notre couple
- Continuer à tout refuser et que ma conjointe me joue dans le dos et réussisse, cette fois, à avoir ce qu’elle veut
- Finalement, accepter. Accepter le changement. Accepter l’aventure. Accepter d’essayer. Au pire? Ça ne fonctionnerait pas et devrions faire face aux conséquences. Au mieux, notre couple en sortirait grandit et plus fort, plus heureux.

J’ai donc proposé à ma conjointe qu’on essaie d’ouvrir notre couple. J’avais en tête la vision du polyamour, inspiré par les fantasmes qu’elle m’avait projeté dans le passé. Aussi, me sachant un être très émotionnel, je me savais incapable d’avoir des relations intimes sans un minimum de connexion cérébrales avec une femme et que cela, inévitablement, me ferrait aussi tomber amoureux d’elle. Aussi, je me souvenais de mes jeunes années où il m’était arrivé d’être amoureux de plus d’une femme en même temps et me sentant dans l’obligation de choisir, car, après tout, un ne peut aimer qu’une personne à la fois à ce qu’on me disait. Et, surtout, j’avais cheminé, sans le dire, en me gardant bien de le dire.

Et, pour achever ma réflexion, je me suis dit qu’aimer une personne, l’aimer vraiment, c’est de vouloir son bonheur. Et il me semblait plus facile de changer mon point de vue, de me transformer que de continuer avec la tristesse que ma fermeture lui provoquait.

Nous avons mis en place quelques règles de bases :
- Pas chez nous
- On ne dort pas ensemble. On rentre le soir même, peu importe l’heure
- On se protège
- « Je t’aime », c’est pour nous

L’effet fut immédiat chez ma conjointe. Elle s’est mise à me questionner de la meilleure façon d’approcher R pour lui annoncer tout cela, elle voulait trouver les bonnes formulations, etc.

Moi, de mon côté, j’ai relancé C. On s’est mis à chatter. Tous les jours. Tous les soirs quand je le pouvais. Pendant les heures de bureau, aussi. D’une personne intéressante, elle passa rapidement à une personne que je savais pouvoir être amoureux.

Pendant cette période, ma conjointe hésitait. R? M? R et M? M et après R? R et s’il ne veut pas, M?

J’ai eu une première rencontre plus qu’agréable avec C. La chimie était là.

J’ai pris un autre rendez-vous avec C deux semaine plus tard.

La veille de cette rencontre, ma conjointe a vu R. Douche froide. Il ne veut plus rien savoir. Pire, il niait même ses propres courriels (que j’avais lu!). Le soir, ma conjointe voulait tout annuler. Oublier tout ça.

Problème. C m’était rentré droit au cœur et dans la tête. Je suis tout de même allé la voir, une deuxième fois. Rapprochements réels, cette fois. Pas de sexualité, mais disons que j’ai vécu de l’euphorie lors de cette rencontre.

Nouvelle crise. Rôles inversés. C’est moi, maintenant, le méchant.

Discussion. Beaucoup. Comme à chaque fois.

Reconnaissance que j’ai changé, par amour, pour elle. Pour lui faire plaisir, en premier lieu. Mais aussi pour moi. Pour qu’on ait un nouveau « nous ». Finalement, elle reconnait que j’ai raison. Qu’elle me l’avait demandé. Que j’ai cheminé. Que j’ai changé. Et qu’elle ne veut pas me faire vivre ce qu’elle a vécu.

Redéfinition de la vision. Mise en place de limites de nombres de rencontre. D’un nombre de fois. Je ne suis pas d’accord. Elle me parle maintenant d’un couple libertin. Plus de polyamour. Mais C, au plus profond de moi, je sens déjà que je vais finir par l’aimer.

Discussions, encore.

Redéfinition.

Retour en arrière. Retour à la première vision, soit celle du polyamour. On est ainsi. On avance de deux pas, recule d’un. On reconnait que nous somme des êtres entiers et que de vivre de quoi à moitié n’est pas pour nous, réellement. On lit. Beaucoup. Des sites web. Des glossaires. Des livres sur le sujet. On s’excite à l’idée, finalement. Je lui parle de C. Elle me pose des questions. S’intéresse à sa vie, aussi. Elle, elle regarde pour M. Elle cherche quand même à vivre de quoi avec lui. Ils sont des amis après-tout et la chimie sexuelle est quand même là. Mais elle s’est inscrite sur des sites de rencontres, pour trouver une personne plus proche. Pour vivre de quoi de plus émotionnel. De plus relationnel.

Elle reconnaît que, finalement, l’idée lui plaît depuis sa rencontre avec R. C’est ce qu’elle voulait, dans le fond, depuis ce moment. Qu’elle avait de la jalousie que finalement moi, qui ne voulait rien, allait peut-être avoir mieux que ce qu’elle aurait eu avec R. Je reconnais mes erreurs. Mes peurs. Mes craintes. On reconnaît aussi l’amour qu’on a l’un pour l’autre. On s’aime. Fort. Mais notre histoire nous a mené à découvrir qu’on pouvait en aimer d’autre, aussi.

Ce n’est pas gagné, je sais. Mais la communication est à la base de notre relation. Comme notre amour. Et de l’amour, on en a à donner. Beaucoup. L’amour crée l’amour, après tout.

Donc, chère communauté, quels sont vos impressions sur notre histoire?

Et surtout, vos recommandations?

Les écueils à éviter?

Les réflexions qu’on devrait se poser?

Les petits pas à faire pour bien réussir cette transition vers le nouveau sens qu’on veut donner à nos vies ?

Merci. Je sais. J’ai écrit un roman. Et je suppose qu’il pourrait en être de même pour chacun de vous, aussi.

Merci.

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BlackOrchid

le vendredi 26 août 2022 à 09h46

<3 <3 <3 Un plaisir à lire et joli cheminement ! Jolie communication ! Bravo à vous deux ! Je suis débutante, donc pas de conseils à donner, désolée ! Bonne continuation !

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Aiemama

le vendredi 26 août 2022 à 10h40

Bonjour,

Ton message fut ma lecture du soir :-) . D'autres reprendront tout le détail de ton post avec des analyses bien senties et très pertinentes. Personnellement, je vais te parler de mon vécu. Avant le confinement de 2020 je suis tombée amoureuse, (je dirai plutôt en situation de dépendance affective aujourd'hui :-)) de quelqu'un qui était marié et qui voulait s'essayer au polyamour car sa femme légitime avait un amoureux qu'il acceptait. Une fois les relations intimes apparues entre nous, j'ai très vite mal vécu le fait de ne pouvoir se voir comme on le voulait, très mal vécu le confinement. Lui en ai fait part et du coup prise de recul pour lui, cependant amoureux de moi également. Le bilan : beaucoup plus facile pour moi que pour lui, la faute à l'ocytocine (hormone de l'attachement)? A mon contexte familial (gros problèmes avec mes parents depuis l'enfance) ? Aux problèmes dans ma relation primaire également ?
Au final je n'ai absolument pas touché du doigt la compersion, j'ai été profondément blessée et meurtrie : par son silence nécessaire sans doute, le fait qu'il décide d'établir des règles avec sa femme... ect ect. Un beau matin de printemps j'ai décidé de le ghoster purement et simplement, sans explication aucune. C'était pour moi contre nature de faire cela et pourtant cela m'a fait énormément de bien. Je pense également que les règles qu'il m'a imposé alors que c'était fragile entre nous ont fini de mettre un terme à notre courte histoire...

Il y en a une des vôtres qui m'a d'ailleurs fait mal au coeur en la lisant le : "je t'aime c'est pour nous". Ca n'engage que moi mais personnellement je tournerai les talons directs. Je trouve ça hyper excluant car je pense que l'on peut être amoureux et même aimer plusieurs personnes car aimer c'est prendre soin.

C'est un avis personnel qui n'engage que moi. Mais les règles que l'on établie dans la relation primaire sont parfois extrêmement excluantes pour les autres amoureux ses. Je pense que si l'on a de véritables sentiments en dehors du couple de base il faut y aller doucement quand on pause les jalons pour ne heurter personne.

Ces règles sont sans doute nécessaires et même indispensables pour que cela fonctionne, par contre personnellement quelqu'un qui les impose direct de but en blanc avant même que les sentiments ne naissent entre nous, cela peut facilement avorter une relation, qui pourtant pouvait être prometteuse. Je conseillerais, loin de toutes querelles partisanes et par rapport à mon expérience perso d'y aller doucement quand à l'imposition de ses règles à une relation contingente toujours plus fragilisée car secondaire.

Je souhaite d'ailleurs à toutes tes relations futures de trouver le bonheur à tes cotés :)

Bonne continuation.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Topper

le vendredi 26 août 2022 à 10h59

Bonjour @Mashkwa,

Il y a quelque chose qui m'interpelle sur la situation de départ que tu as exposée. D'un côté, je sens une grande communication entre vous et ta conjointe t'a à plusieurs reprises informé avec une grande transparence des relations naissantes qu'elle a pu avoir, et ses envies par rapport à ça. Cela a dû lui demander beaucoup de courage. D'un autre côté, elle dissimulait une partie de sa vie, en cachant des conversations et des projets de rencontre. J'y reviendrai.

Je note également que les deux personnes qu'elle a prise pour cible viennent du cadre de son travail. Ce sont peut être des personnes qui ont plein de qualités et très attirantes, elle est peut être amenée à rencontrer beaucoup de monde dans son travail, mais ça me laisse perplexe. Le fait de tomber sur une personne dans ton entourage professionnel qui te fasse prendre autant de risques pour ton couple, c'est une probabilité faible. Que cela arrive deux fois en si peu de temps, ça me laisse perplexe. Cela me fait penser à une crise de la quarantaine (je n'y met pas de jugement) et un besoin de stimulation, de séduire, de vivre des émotions fortes, de la passion, du désir.

Nous faisons tous une sélection plus ou moins inconsciente de nos partenaires potentiels. Nous avons des critères physiques, des tempéraments qui nous attirent, des points communs, une entente particulière, etc. La personne importe moins que ce qu'elle représente et qu'elle est ouverte à vivre la même chose. Dans cette circonstance, le fait d'envisager un partenaire uniquement parce qu'il est disponible et donne de l'attention peut amener à des déconvenues comme a pu l'expérimenter ta compagne.

Le fait qu'elle parle de coup d'un soir ou d'aventure et que ça ne s'inscrit pas dans la durée, cela me fait également pencher pour cette phase de la vie pleine de bouleversements. Cependant, cela peut être aussi une formulation utilisée pour que ce soit plus acceptable et moins insécurisant.

Ce serait bien d'en discuter avec elle et voir quel est son sentiment par rapport à ça. Cela pourrait l'aider à comprendre ce qui se joue en elle et pourquoi elle a ces envies et pulsions aujourd'hui.

Pour ce qui est qu'elle accepte mal ta relation, que les rôles s'inversent, au moment où tu profites de l'ouverture alors que c'est la déception de son côté est terriblement classique. C'est une situation qu'on retrouve souvent lorsqu'une personne du couple ne voit l'adultère/l'ouverture/le polyamour que par son prisme et son intérêt personnel. Elle ne se projette pas dans le fait de ce qu'implique d'offrir la même liberté à l'autre. Elle ne se projette pas non plus dans le fait que chacun peut avoir une façon de vivre cette liberté de manière très différente, par exemple, l'une de manière plus sexuelle, et l'autre plus sentimentale.

Pour les écueils à éviter :

- Il y a le fait de vouloir imposer sa propre vision de la liberté à l'autre. Si il y a une ouverture du couple et si vous vous offrez une liberté sexuelle et amoureuse, chacun devrait pouvoir en faire ce qu'il veut. Si quelqu'un a envie de s'épanouir en multipliant les partenaires sexuels et en explorant de nombreux fantasmes, très bien. Si l'autre a envie de s'épanouir en développant une ou deux relations suivies et profondes, très bien aussi. Acceptez que vous n'ayez pas les mêmes envies et que l'autre veuille profiter de sa liberté de manière différente. Ce qui compte, c'est que vous soyez heureux de ce que cette liberté peut vous offrir, et peu importe si vous en profitez pas de la même façon. De plus, vos envies pourraient évoluer en fonction des personnes avec qui vous créez un lien. Ne soyez donc pas rigide sur le cadre des relations, que ce soit pour vous-même ou pour l'autre.

- Attention à la NRE. Elle peut être catastrophique si elle est mal gérée. Créer une connexion, une intimité et une complicité avec une autre personne, c'est merveilleux. Cependant, cela peut faire que certaines personnes se laissent emporter par leurs émotions et font beaucoup d'erreur. Cela peut être d'idéaliser un partenaire, porter trop d'attention/énergie à la nouvelle relation par rapport aux anciennes, intensifier déraisonnablement le rythme des rencontres, mal réagir aux insécurités de ses partenaires plus anciens et mal réagir aux frustrations. Il est bon d'avoir conscience de la façon dont la NRE nous influence pour se modérer et éviter les dégâts qu'elle peut nous amener à faire. Cela n'empêche pas de profiter de ce petit nuage qui est précieux.

- Eviter d'édicter trop de règles qui pourraient être remises en cause, même par vous-même. Posez-vous la question de pourquoi vous voulez mettre ces règles. Pourquoi vous voulez laisser votre partenaire libre, tout en exerçant un contrôle sur cette liberté ? Qu'est-ce que cela dit de vous et de vos propres insécurités ? C'est quelque chose qu'il est pertinent de discuter entre vous. Il sera d'ailleurs bien plus constructif de parler de vos ressentis, de ce qui vous met mal à l'aise et de vos peurs, plutôt que de mettre des verrous un peu partout.

Le problème d'une règle, c'est qu'elle sera, tôt ou tard, en confrontation avec la réalité. D'un côté elle va créer de la frustration, de l'autre elle va créer un hypersensibilité par rapport à l'éventualité que cette règle puisse être enfreinte.

Il faut prendre en compte également que entre ce qu'on veut faire passer dans cette règle, comment on l'exprime, comment l'autre l'entend, comme il l'interprète, et comment il la met en implication, il peut y avoir une énorme différence, ne serait-ce que parce que le vocabulaire n'est pas assez précis ou on ne met pas le même sens sur certains mots. On peut être aussi surpris sur la manière dont peut être contorsionnées les règles selon les situations.

Cette différence d'appréciation d'une règle peut causer de gros dommage et une rupture de confiance qui peut être très compliquée à rattraper.

En outre, mettre des règles, c'est mettre un verrou sur une insécurité. Cela crée un sentiment (discutable) de sécurité et ne fait pas travailler sur soi. Pourtant l'insécurité restera là et sera toujours présente, règle ou pas.

Pas de règle, pas de risque de l'enfreindre, pas de rupture de confiance.

Par exemple, pourquoi vous réserver les "je t'aime" ? Est-ce qu'on ne peut pas dire à quelqu'un qu'on l'aime sans que cela implique une vie en couple ? Est-ce qu'on ne peut pas dire à quelqu'un de notre famille ou un ami qu'on l'aime ? Pourquoi il en serait autrement dès lors que l'on partage une attirance, une intimité et des émotions ? Et si vous le pensez très fort, si vous adoptez tous les comportements amoureux, qu'est-ce que ça change de le verbaliser ou pas ? Si vous l'aimez, vous l'aimez, ne pas le dire n'y changera rien. Et je peux vous assurer d'une chose : si le "je t'aime" est interdit, vous trouverez un moyen de contourner cette règle en l'exprimant autrement. Et qu'est ce qui se passe si une de vos relation vous dit "je t'aime" ? Est-ce que vous avez pensé à cette éventualité ?

Le fait de dormir avec un autre partenaire, pourquoi voulez-vous empêcher ça ? C'est une question qui va forcément se poser à un moment donné. Voulez-vous vraiment remettre ce problème à plus tard ? Sachant que ce sera fatalement un contexte où l'un de vous aura cette envie très forte, ce qui amènera à une négociation difficile.

- Plutôt que des règles qui peuvent parfois sembler arbitraires, je vous invite à communiquer sur les choses qui vous sont difficiles, ce qui vous fait peur, ce à quoi vous n'êtes pas prêt pour le moment tout en sachant que ça peut changer. Cela aide à mieux comprendre ce sur quoi vous devez porter votre attention par rapport à votre partenaire. Prenez en compte pour y aller doucement et par étape en fonction de ce que vous dit l'autre. Si vous faites quelque chose qui vient taper dans les insécurités de l'autre, cela peut être compliqué à gérer, demander de la réassurance, de la communication, mais c'est moins impactant qu'une règle enfreinte.

- Passez des moments de qualité en couple. Ne les réservez pas aux autres partenaires. Le temps est limité, votre énergie et charge mentale aussi.

- Si vous vous autorisez à avoir d'autres relation, attendez-vous à ce que l'autre séduise, flirte, envoie des mots doux, échange des envies et des fantasmes, des photos, etc. C'est normal et il n'y a pas de mal à ça. Acceptez-le, cela fait partie des relations multiples. respectez l'intimité de l'autre et ne fouillez pas dans ses conversations, etc.

- Si vous décidez d'être transparents et de vous raconter vos rencontres et sorties, au retour de l'autre, retrouvez-vous en tant que couple. Inquiétez-vous de comment ça s'est passé, comment chacun se sent et passez à autre chose. Evitez le debriefing direct. D'une part, cela peut être violent émotionnellement et cela peut créer une angoisse supplémentaire du retour de l'autre. Je vous invite à laisser passer un peu de temps et attendre que l'autre se sente prêt à accueillir les informations, selon son rythme et le niveau de détail souhaité.

Pour bien réussir cette transition, prenez votre temps. Ne vous précipitez pas, que ce soit concernant vos ambitions relationnelles, vos envies, ou avec vos futurs partenaires.

Communiquez, communiquez, communiquez... Cependant, si vous parlez plusieurs heures tous les jours de polyamour et relations libres, ça va vous épuiser. Accordez-vous aussi des périodes pour souffler et mettre ces sujets de côté. Cela aide à intégrer ce qui a été dit et à réfléchir de son côté. Faire évoluer ses propres réflexion cela prend du temps et il faut avoir l'esprit libre pour ça. Il n'est pas inutile de s'accorder des moments seul pour ça.

Ne développez pas trop de relations au début, surtout si elles sont suivies et impliquantes. Attendez de trouver un équilibre avant d'ajouter d'autres relations.

Pensez au fait qu'une autre relation, c'est aussi une autre personne qui peut venir aussi avec son lot de difficultés. Cette autre personne aura aussi des sentiments, des attentes, des insécurités, des envies qui pourraient entrer en confrontation avec vos règles et des frustrations qu'il va falloir gérer.

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BlackOrchid

le vendredi 26 août 2022 à 11h32

Ah oui, j'avoue, le "pas de je t'aime" et le fait de dormir toujours avec son partenaire socle m'avait interpellé.

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Siestacorta

le vendredi 26 août 2022 à 11h55

Assez d'accord sur l'esprit, la lettre et le mauvais esprit des règles concrètes.

Plutôt tendance à en mettre le moins possible.
Je comprend très bien qu'elles puissent être éprouvées comme un besoin, mais je crois que si c'est indispensable, c'est fait pour être temporaire, le temps de voir vivre, de voir les questions réelles par rapport à ce qu'on anticipait.

Par contre, je comprend leur fonction de symbolique rassurante.
Si c'est leur but, je propose de remplacer ce genre de limites spécifiques (nuits, "je t'aime" réservé au couple socle) par des projets et des habitudes tout aussi symboliques, et plus fertiles. Incarner le couple plutôt que des limites imposées aussi aux tiers.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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alinea7

le vendredi 26 août 2022 à 12h04

Siestacorta
Assez d'accord sur l'esprit, la lettre et le mauvais esprit des règles concrètes.

Plutôt tendance à en mettre le moins possible.

Par contre, je comprend leur fonction de symbolique rassurante.
Si c'est leur but, je propose de remplacer ce genre de limites specifiques (nuits, "je t'aime" réservé au couple socle) par des projets et des habitudes tout aussi symboliques, et plus fertiles. Incarner le couple plutôt que des limites imposées aussi aux tiers.
Message modifié par son auteur il y a quelques instants.

Tu aurais un/des exemples ?
Parce que là en projet de couple je me dis que "on continue de dormir toutes les nuits ensemble" ça pourrait convenir mais c'est concret et absolument équivalent à "pas de découchage".
Du coup si y a des exemples de règles pas concrètes qui seraient plus adaptées/moins risquées, je crois que ça aiderait à percevoir la nuance. Mais même sans rapport avec le découchage.

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bonheur

le vendredi 26 août 2022 à 12h34

@Mashkwa bonjour,

Ma vision du polyamour c'est avant tout mettre l'amour (romantique) en avant, le reconnaitre, le vivre (sentimentalement) et en profiter, au présent tout en envisageant un avenir qui ne met pas en péril l'existant. L'état d'esprit : surtout pas d'espionnite, même si c'est tentant. Ce que l'on désire savoir, on le demande à la personne concernée (aux personnes concernées).

Dire "je t'aime" est à mes yeux la base de l'amour. Entendre (ou lire) "je t'aime" est aussi primordial. C'est ce qui permet d'éjecter le conformisme sociétal et surtout me réchauffe le coeur, me conforte dans mes émotions, mes ressentis et m'encourage à poursuivre le lien. Evidemment pas que ça, mais c'est l'ingrédient essentiel. Ce n'est tant les mots eux-mêmes (qui ne sont que des mots) que l'expression de l'amour que l'on me porte et celui que j'offre.

Dans le sens où je ne couche pas, j'exclue de mon discours cet aspect là.

Question "sous le même toit", j'invite chez moi (pas dans mon lit) mes amours. J'ai ce bonheur de disposer d'une chambre d'amis. Je reconnais ne pas aller y dormir, même si je peux m'y allonger juste comme ça, gentiment, pour causer ou rester ensemble à se taire, juste respirer le même air, échanger des regards... Par choix, la porte sera ouverte, je n'ai rien à cacher. Je sais que cet instant d'intimité sera respecté.

Je hiérarchise ? Oui. J'ai lu ci-dessus "la crise de la quarantaine" et ça m'a fait sourire. Au début, j'ai cru à cela et nous avions mis le fait que je puisse aimer en dehors de mon couple, sur le dos de cela. Cela fait 14 ans que ma crise dure, ce n'est pas une crise. Une crise est éphémère. Juste, lorsque l'on regarde les humains avec également le coeur, l'amour survient aisément. Pas obligatoirement intensément dès le départ, mais il s'ancre assez facilement. Rien à voir avec une quelconque crise. Reste la possibilité déjà de la réciprocité, ensuite de l'équilibre et de l'acceptation. C'est là que ça se complique et que je délaisse aujourd'hui, aisément également.

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Siestacorta

le vendredi 26 août 2022 à 13h22

alinea7
Tu aurais un/des exemples ?
Parce que là en projet de couple je me dis que "on continue de dormir toutes les nuits ensemble" ça pourrait convenir mais c'est concret et absolument équivalent à "pas de découchage".
Du coup si y a des exemples de règles pas concrètes qui seraient plus adaptées/moins risquées, je crois que ça aiderait à percevoir la nuance. Mais même sans rapport avec le découchage.

Oui, tu as raison de demander.
Pour dire ça : je crois que tout ce qu'on organise par défaut et sans y penser pour une relation exclusive a le potentiel de devenir quelque chose qu'on fait par choix dans une relation poly. Tout ce qu'on se disait "boh, on projettera et on en parlera ce soir, demain ou plus tard quand on y pensera ya le temps" demande finalement d'être plus concret pour représenter ce qu'on vit déjà ensemble et qu'on désire maintenir.

C'est à dire,donc : un resto ou telle sortie tels jours du mois, les hobbys communs maintenus s'il yen avait, à mettre en place peut-être si on avait pas pris le temps de le faire à une époque où yavait pas de contrainte en vue, les projets de vacances qu'on consolide d'autant plus qu'on doit dire aux tiers que ces dates ne seront pas dispo, des "coutumes" de retrouvailles à inventer après découchage (et même pendant : on se fait signe, on s'appelle, on se texte), des voyages et des w-e.

L'intérêt de voir ce genre de temps comme des projets, c'est justement de se projeter ensemble dans l'avenir. Plutôt que de contraindre le moment où on sera absent, on donne de l'attention aux moments où on se montrera qu'on aime être ensemble. Et savoir que ces moments vont exister, que pour le coup on s'engage à les faire exister, peut aider à limiter la crainte que la relation se perde dans le changement.

Attention, cet investissement "en conscience" de ces projets de couple doivent avoir un équilibre de quantité et de qualité pour ne pas devenir des stratégies d'occupation du terrain ne laissant pas de marge à la non-exclusivité.

Il y a une question de fiabilité : si on dit qu'on sera revenu à telle heure, on fait tout pour, et si ça change, on appelle en amont avant d'être déjà en retard, en expliquant, pour pas que l'attente inattendue se charge de stress supplémentaires.

Ceci-dit, il y a une limite plus "négative" à laquelle je suis plus sensible : quand tu manges avec moi, quand on fait un truc qu'on partage, tu textes pas un autre.
Bon, j'ai cette limite avec mes amis et ma famille, et ça passe pas pareil selon les gens et les cas. Mais pendant la NRE, ça peut piquer plus.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Ayna

le vendredi 26 août 2022 à 14h20

Bonjour
Je suis un peu dans le cas de ta compagne.
J’ai ouvert une brèche dans son esprit avec mes désirs de liberté.
Il a finalement lui aussi rencontré qqn.
J’ai mis en pause de mon côté car trop souffrant pour lui.
Je le laisse découvrir qu’il est lui capable d’aimer plusieurs personnes sans que cela n’enlève de l’amour à l’une ou à l’autre.
Je le laisse découvrir qu’en terme de timing c’est possible aussi que tout le monde peut y trouver son compte.
On verra dans quelques temps ce qu’il se passe. J’offre ce que j’aurais envie de recevoir, sans savoir si je le recevrai un jour. Si ça se trouve je n’en aurai même pas besoin. Mes relations me manquent mais je préfère aller doucement. Même pour moi. Je crois que si on avait plongé dans des relations multiples des deux côtés directement cela aurait bcp trop déséquilibré notre relation à nous car émotionnellement il n’est pas toujours évident de démêler pourquoi je ressens ceci ou cela, pourquoi là et pas là, alors je préfère des situations assez simples au départ pour bien identifier ce qu’il se passe dans nos intérieurs et progresser tranquillement.
Quant aux «  règles » je n’en mets pas. Je dis juste: «  je crois que c’est plus facile pour moi quand ça se passe comme ci ou comme ça », et il fait comme il veut après. Comme il m’aime très fort, il est très à l’écoute. Pour l’instant ça se passe bien. Je ne pensais pas que ça allait me remuer comme ça, tout de même. Mais je ne reviendrais pas en arrière car j’aime l’évolution que cela nous apporte et je souhaite qu’il continue cette relation qui lui fait du bien. Et qui prendra la place qu’elle prendra.
Je suis assez d’accord avec les conseils de @Topper donc ne vais pas faire de redites, mais on peut échanger sur l’évolution de nos relations. Étant donné que je suis à l’autre place, cela peut être intéressant.

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Mashkwa

le vendredi 26 août 2022 à 15h12

@Topper @Aiemama @Siestacorta

Je vous remercie ÉNORMÉMENT pour vos commentaires. Ils me font réfléchir beaucoup.

Les règles ont surtout été proposée par ma conjointe (A), en s'inspirant de ce que son ami/amant (M) a comme règle. Mais comme ce dernier est en couple ouvert, et non polyamoureux, les règles sont plus là pour protéger l'union sentimentale entre M et sa conjointe.

Je ne suis pas 100% en accord avec ces règles. Ma conjointe (A) le sais mais je crois qu'il vaut mieux commencer avec certaines balises au début quitte à élargir le spectre du possible ensuite que de tout se permettre le jour #1 pour ensuite réduire, ce qui serait d'autant plus frustrant.

Pour le "je t'aime", je sais que ce ne sera pas un problème entre ma conjointe (A) et M. Et entre moi et C, c'est peut-être mieux ainsi. En relation d'adultère et me disant déjà vouloir, un jour, une relation monogame/exclusive, cela lui éviter de trop s'attacher à moi et de remettre en question son idéal ou de se convaincre d'attendre de voir si mon couple primaire se brise un jour où l'autre. Je ne veux pas être un frein à son bonheur à long terme.

Je ne commenterais pas chacune de vos recommandations mais je vais transférer le lien de ce fil de discussion à ma conjointe pour qu'elle lise, elle aussi, vos commentaires. Cela aidera à animer nos discussions.

Encore une fois, merci!

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Mashkwa

le vendredi 26 août 2022 à 15h25

topper
Il y a quelque chose qui m'interpelle sur la situation de départ que tu as exposée. D'un côté, je sens une grande communication entre vous et ta conjointe t'a à plusieurs reprises informé avec une grande transparence des relations naissantes qu'elle a pu avoir, et ses envies par rapport à ça. Cela a dû lui demander beaucoup de courage. D'un autre côté, elle dissimulait une partie de sa vie, en cachant des conversations et des projets de rencontre. J'y reviendrai.

Elle était dans un dilemme. Vouloir tout me dire et sentir ce besoin viscéral de vivre, ne serait-ce qu'une fois, de quoi avec R.

Incapable de se convaincre d'arrêter avec R, mais en même temps sachant que je n'était pas prêt et qu'une infidélité, à cette époque, aurait sonné le glas de notre couple, elle s'est convaincue que "ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal".

Récemment, nous avons vécu l'opposé. J'ai eu la malheur de parler de tout ceci à un ami proche mais qui est trop ancré dans les valeurs traditionnelle. Au lieu de comprendre l'orientation qu'on voulait donner à notre couple il y voyait le signe que je n'était probablement plus amoureux, réellement, de ma conjointe (A) et que mon avenir serait plus avec C.

J'en ai discuté avec A. Cela s'est transformé en chicane. Et m'a demandé de tout arrêter avec C.

Je m'en savais incapable. Et je ne suis pas un menteur. Je ne pouvais choisir. Je refusais de choisir.

J'aurais pu agir de la même façon qu'elle avait fait, mais cela était à l'encontre même de ce qu'est le polyamour.

Nous avons du beaucoup discuter pour se recadrer. Et surtout, cela nous a donné une leçon à savoir avec QUI aborder ce sujet. On s'est rendu compte que même si c'est relativement clair dans nos têtes, les gens autour de nous ne sont pas rendu là et qu'il tenterons, involontairement, de nous remettre "sur le droit chemin".

C'est ce qui m'a poussé à venir ici, finalement, vous parler. Je crois que j'avais plus besoin de personne qui vivent de quoi de semblable que de mes amis qui me connaissent depuis trop longtemps et qui ont, en mémoire, l'ancien moi et qui me renvoient leurs doutes et leurs craintes basées ce qui j'étais, avant.

Merci.

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Mashkwa

le vendredi 26 août 2022 à 15h34

Ayna
Bonjour
Je suis un peu dans le cas de ta compagne.
J’ai ouvert une brèche dans son esprit avec mes désirs de liberté.
Il a finalement lui aussi rencontré qqn.
J’ai mis en pause de mon côté car trop souffrant pour lui.
Je le laisse découvrir qu’il est lui capable d’aimer plusieurs personnes sans que cela n’enlève de l’amour à l’une ou à l’autre.
Je le laisse découvrir qu’en terme de timing c’est possible aussi que tout le monde peut y trouver son compte.
On verra dans quelques temps ce qu’il se passe. J’offre ce que j’aurais envie de recevoir, sans savoir si je le recevrai un jour. Si ça se trouve je n’en aurai même pas besoin. Mes relations me manquent mais je préfère aller doucement. Même pour moi. Je crois que si on avait plongé dans des relations multiples des deux côtés directement cela aurait bcp trop déséquilibré notre relation à nous car émotionnellement il n’est pas toujours évident de démêler pourquoi je ressens ceci ou cela, pourquoi là et pas là, alors je préfère des situations assez simples au départ pour bien identifier ce qu’il se passe dans nos intérieurs et progresser tranquillement.
Quant aux «   règles » je n’en mets pas. Je dis juste: «   je crois que c’est plus facile pour moi quand ça se passe comme ci ou comme ça », et il fait comme il veut après. Comme il m’aime très fort, il est très à l’écoute. Pour l’instant ça se passe bien. Je ne pensais pas que ça allait me remuer comme ça, tout de même. Mais je ne reviendrais pas en arrière car j’aime l’évolution que cela nous apporte et je souhaite qu’il continue cette relation qui lui fait du bien. Et qui prendra la place qu’elle prendra.
Je suis assez d’accord avec les conseils de @Topper donc ne vais pas faire de redites, mais on peut échanger sur l’évolution de nos relations. Étant donné que je suis à l’autre place, cela peut être intéressant.

Merci beaucoup de ton offre pour discutter!

Est-ce possible d'avoir des conversations privées ici?

Je revois C ce soir, avant ses vacances. Elle sera déconnecté tout au long ce celle-ci.

Ce sera dur pour moi. Les médias sociaux nous habituent à la proximité virtuelle de l'autre.

Cette petite pose nous fera du bien, à A et moi, pour se retrouver. Et gérer correctement le retour à l'école de nos petites puces!

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bonheur

le vendredi 26 août 2022 à 15h39

Le mot polyamour est très imaginé par les personnes qui ne connaissent pas réellement le sujet. De mauvaises interprétations peuvent se faire et c'est préjudiciable. Parler de soi, plutôt que définir par ce mot, qui peut revenir en pleine face comme un boomerang. Après, c'est difficile d'indiquer que l'on aime deux personnes, s'il est interdit par des règles internes d'aimer ? J'avoue que sur cela, je beug.

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Ayna

le vendredi 26 août 2022 à 15h41

Il est possible de discuter en mode privé mais je n’ai pas activé la fonction sur mon profil. Je trouve que ce partage autour de ce qu’on vit de similaire peut servir à d’autres. Il y a qq années j’ai bcp lu sur ce forum et cela m’a fait grandir. Je connais aujourd’hui les noms de ceux qui ont une réflexion qui m’oblige à revoir mes acquis !!! S’ils avaient répondu aux gens de façon uniquement privée je n’aurais pas bénéficié de leurs lumières ;-)

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Mashkwa

le vendredi 26 août 2022 à 15h57

Ayna
Il est possible de discuter en mode privé mais je n’ai pas activé la fonction sur mon profil. Je trouve que ce partage autour de ce qu’on vit de similaire peut servir à d’autres. Il y a qq années j’ai bcp lu sur ce forum et cela m’a fait grandir. Je connais aujourd’hui les noms de ceux qui ont une réflexion qui m’oblige à revoir mes acquis !!! S’ils avaient répondu aux gens de façon uniquement privée je n’aurais pas bénéficié de leurs lumières ;-)

Belle réflexion et merci de me partager ton point de vue.

De toute façon, le pseudonyme que j'utilise ici est unique (il m'a été donné comme surnom par C) et je n'ai donc pas à m'inquiéter que des gens de mon entourage que je voudrais tenir loin, pour le moment du moins, de cette reconstruction du "nous" entre A et moi puissent suivre mes conversations.

Il me fera plaisir d'échanger avec toi ici, donc.

Encore merci!

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Mashkwa

le vendredi 26 août 2022 à 17h14

bonheur
Le mot polyamour est très imaginé par les personnes qui ne connaissent pas réellement le sujet. De mauvaises interprétations peuvent se faire et c'est préjudiciable. Parler de soi, plutôt que définir par ce mot, qui peut revenir en pleine face comme un boomerang. Après, c'est difficile d'indiquer que l'on aime deux personnes, s'il est interdit par des règles internes d'aimer ? J'avoue que sur cela, je beug.

Je crois que ma conjointe est un peu mélangée entre le polyamour et les couples ouverts. Et elle semble se situer entre les deux pour le moments.

Mais tout peut évoluer. Je crois en être moi-même un bon exemple.

Seul le temps nous le dira.

Pour l'instant, je suis à l'aise avec cela. On peut démontrer qui on est sans les mots, aussi.

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bonheur

le vendredi 26 août 2022 à 19h09

@Mashkwa. Je voulais juste te préciser que sa quête (ta conjointe) et la tienne n'obligent pas à aboutir à la même conclusion et encore moins au même vécu.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Mashkwa

le vendredi 26 août 2022 à 20h36

bonheur
@Mashkwa. Je voulais juste te préciser que sa quête (ta conjointe) et la tienne n'obligent pas à aboutir à la même conclusion et encore moins au même vécu.




Message modifié par son auteur il y a une heure.

Je comprends, mais si j'en suis rendu au polyamour, avec l'idée de pouvoir aimer réellement plus d'une personne et vouloir pouvoir le dire et que si ma conjointe a plus une vision couple ouvert (exclusivité amoureuse sans exclusivité sexuelle), cela risque de faire des flammèches quand même.

C'est ce qui reste à résoudre dans notre situation.

Mais on n'est pas obligé de tout résoudre la première journée non plus. On trouvera notre voie, j'en suis certain.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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bonheur

le samedi 27 août 2022 à 10h52

@Mashkwa. Un entre deux que je te suggère et facile à mettre en œuvre. Tu achètes un cahier, tu y écris ce que tu vis et tu le laisses en libre accès de lecture à ta compagne. Ainsi, c'est elle qui fait le choix de te lire, ou non. Toi, tu respectes tes convictions, tu exprimes et elle fait à sa guise.

Dans l'autre sens, c'est plus compliqué. A toi de savoir si tu peux vivre sachant que tu ne sais pas ce que elle vit.

Après, vos différentes façons de percevoir si qui vous rend heureux, revient à ce dénominateur commun : faire le constat que l'autre est heureux, aussi en dehors du couple originel (compersion ?).

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