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Sommes-nous sur la bonne voie?

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Ayna

le lundi 12 septembre 2022 à 09h58

J’en suis au même stade qu’elle.
Mon chéri a pris la décision de n’être qu’avec moi pendant 15j. Ce qui me permet de me «  déposer » car je ne m’en rendais pas compte mais j’étais en tension intérieure constante de par la fréquence de leurs rencontres. Du coup chaque fois que mes stratégies de gestion émotionnelle étaient mise en échec par une mauvaise compréhension de mes besoins de l’autre côté c’était la catastrophe.
Je suis désolée pour la personne qui est C dans notre trio mais je crois que c’est pas bon pour elle non plus si moi je suis pas détendue. Je suis tellement reconnaissante envers mon compagnon de poser un acte. Les mots ne suffisaient plus. Il lui a aussi formulé à elle qu’il n’avait aucunement l’intention de me quitter, et cela m’a procuré à moi un énorme soulagement d’entendre qu’il ne le verbalisait pas qu’à moi mais aussi à elle.

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Mashkwa

le lundi 12 septembre 2022 à 16h39

Ayna
J’en suis au même stade qu’elle.
Mon chéri a pris la décision de n’être qu’avec moi pendant 15j. Ce qui me permet de me «   déposer » car je ne m’en rendais pas compte mais j’étais en tension intérieure constante de par la fréquence de leurs rencontres. Du coup chaque fois que mes stratégies de gestion émotionnelle étaient mise en échec par une mauvaise compréhension de mes besoins de l’autre côté c’était la catastrophe.
Je suis désolée pour la personne qui est C dans notre trio mais je crois que c’est pas bon pour elle non plus si moi je suis pas détendue. Je suis tellement reconnaissante envers mon compagnon de poser un acte. Les mots ne suffisaient plus. Il lui a aussi formulé à elle qu’il n’avait aucunement l’intention de me quitter, et cela m’a procuré à moi un énorme soulagement d’entendre qu’il ne le verbalisait pas qu’à moi mais aussi à elle.

J'ai ajusté entre mes désirs de voir (C) et ce qui laissait ma conjointe (A) confortable aussi. Je ne la vois qu'au maximum 2 fois par mois.

J'ai reporté nos rencontres plus intimes au mois prochain. Cela laisse ma conjointe (A) s'adapter à l'idée, à voir mon comportement avant/après mes rencontres avec (C), rencontre tout de mêmes empreintes d'un tendresse que je n'aurais pas avec une simple amie.

Merci de ton témoignage Ayna :)

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Ayna

le lundi 12 septembre 2022 à 17h17

Mashkwa

Merci de ton témoignage Ayna

Tout pareil 🙏

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Mashkwa

le mardi 13 septembre 2022 à 03h32

Il n'y a jamais rien de facile comme on dit.

J'ai des tensions avec (A) sur un autre point de ma relation avec (C).

Le clavardage.

Je suis un homme branché. J'ai toujours me cellulaire à la ceinture (oui, c'est pas très homme moderne, mais je l'ai vraiment à la ceinture).
La montre connectée aussi.

(C), comme je l'ai déjà dit, est seule. Bon, ok, elle a un conjoint, mais disons qu'il fait office de figurant. Et il travaille de soir.

(C) et moi sommes des télétravailleur. Donc, oui, on clavarde pendant la journée.

Et le soir venu, (C) étant seule, clavarde avoir moi. Je lui réponds lorsque je peux.
J'évite de le faire lorsque je suis avec mes enfants, ma conjointe (A), lorsqu'on fait des activités ensemble.
J'ai bien dit évite, mais il serait mentir de dire que je ne le fais jamais.

Je tente, par contre, de faire en sorte que cela n'ai absolument aucune interférence avec le temps que je passe avec ma famille et ma conjointe.

Par contre, (A) se sent mal à l'aise face à cela.

Exemple : Ce soir (A) est partie faire des courses. J'avais une intervention à faire pour mon travail (je suis informaticien et je dois travailler parfois de soir en dehors des heurs d'ouverture de mon employeur). (C) était au courant et m'a écrit pour me souhaiter succès pendant mon travail. Nous avons échangés quelques banalité.

(A), en revenant de faire les courses à vu par la fenêtre de mon bureau (je suis dans le sous-sol) que je clavardais avec (C).

Elle m'en a fait le reproche.

Je comprends que (A) trouve que (C) prends de la place. C'est vrai. Je ne peux le nier, si on relit l'ensemble de ce fil (merci d'ailleurs encore une fois à tout le monde pour vos commentaires!). Mais j'avoue avoir un peu de misère avec ce cas de figure.

J'ai accepté de réduire mes espérances face à mes rencontres avec (C).
J'ai accepté de reporter mes rencontre plus intimes avec (C) pour laisser le temps à (A) de voir mon comportement et mon implication auprès d'elle.
Là, j'ai un peu de misère à savoir quoi faire.

Ignorer (C) toute la journée?
Je clavarde avec d'autres de mes ami.e.s. Elle voit que je suis en ligne. Elle va comprendre que je l'ignore volontairement.

Des conseils à me donner par rapport à ce point particulier ?

Ou, de façon générale, me donner des exemples de la façon dont vous gérer les communications entre les membres de votre polycule?

Merci!

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Ayna

le mardi 13 septembre 2022 à 11h00

Je suis intéressée par les réponses aussi (même souci).

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jeanluc66

le mardi 13 septembre 2022 à 11h13

Poly ou mono, j'ai envie de dire que le problème à la base est le clavardage et c'est déjà là qu'il faut travailler, non ? Personne n'aimerait être à la place de l'autre de façon très naturelle, ce problème de dépendance pourrait même provoquer les mêmes soucis et réactions qu'une dépendance affective. Bon je pousse peut-être assez loin, mais pour moi-même j'ai souvent tendance à me dire que la résolution d'un problème dans la relation commence par la résolution d'un problème individuel... isn't it ? Résoudre son propre problème c'est aussi rentrer dans le respect et la conciliation avec l'autre.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Noli

le mardi 13 septembre 2022 à 11h59

Le problème ce n'est pas que tu converses avec C. Le problème c'est que ta conjointe n'accepte pas ta relation.
Ce genre de conflits continueront à apparaître tant que ta conjointe ne sera pas entièrement consentante de la situation actuelle, c'est symptomatique d'un problème plus gros. Et là, après avoir lu tout le thread, c'est clairement pas le cas, elle se force pour toi et par soucis d'égalité, mais n'accepte pas la situation.

J'ai bien peur que ce genre de problématique ne feront qu'apparaitre les unes après les autres, même si tu trouves des compromis à chaque fois.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Siestacorta

le mardi 13 septembre 2022 à 12h56

@Mashkwa
Un truc à tenter, c'est te donner des limites tenables pour toi et les proposer à ta conjointe et à ton amoureuse, voir si elles les comprennent. Et ce sont des limites pour toi et C, mais, en creux, c'est aussi la recherche de ce qui est ouvert.

Je suis le plus souvent pas pour donner des limites durables pour trop de choses en PA, selon une logique "plus de règles = plus de situations où vivre ne pourra amener qu'à chercher à les transgresser". Mais par ailleurs, mettre des mots sur les besoins et les demandes permet aussi de savoir où on en est, ce qui va être faisable. Et c'est sans doute plus intéressant de profiter de ce qui est réellement faisable que de ne rien dire en espérant que TOUT est faisable - ce qui, à un moment de changement de "paradigme" des relations comme le votre, n'est pas vrai.

Donc quand tu dis que tu évites de clavarder en présence de ta famille, déjà, ça peut être explicité à A comme à C.
Tu peux préciser des temps où tu te sens capable de vraiment pas répondre : à table, lors de sortie, au lit, par exemple.
Le gros problème "pratique" que je vois, c'est le soir, moment où toi et C n'avez pas la même disponibilité. Tu peux peut-être te donner un temps maxi, des horaires. Ou faire ce qu'on dit parfois aux pré-ados de faire, après une certaine heure, le tel n'est plus dans la main, il est posé quelque part, et on ne le consulte que pour quelques raisons concrètes.

Poser des mimites et s'y tenir, pas pour le principe mais pour dire que tu donnes de la place aux gens, consciemment, explicitement, ça peut être rassurer et au final permettre de faire avec plus de tranquillité ce qu'on faisait de façon "coupable".
Encore une fois, c'est une question de débuts. C'est bien possible que les demandes changent, et s'adaptent parfois en mieux au quotidien, quand à mesure de la prise de confiance, les personnes concernées ont un regard moins stressé sur ce qui se passe.

La discussion sur ces limites au quotidien peut en dire beaucoup sur le confort ou la difficulté du polyamour - à tel moment donné.
Je suis en partie d'accord avec @Noli quand elle t'avertit : si A a un rejet encore fort de la situation, tu vas le sentir dans plein de situations pratique qui peuvent avoir l'air seulement pratiques, mais qui sont finalement l'expression de la situation relationnelle et émotionnelle du moment.
Ca peut bouger : du dialogue, de la bonne volonté, de l'intérêt pour ce genre de relation peuvent laisser espérer que ce soit le cas. Mais il faut effectivement sentir à quel moment un "oui mais mais mais" est bien un "non" qui se cache.
Je parlais plus haut de "consentement enthousiaste", pour différencier d'un consentement plus superficiel. Le consentement marche de toute façon toujours seulement sur le moment, le droit de dire "non" à quelque chose qu'on a accepté avant reste valable. Mais quand le consentement est sans réserve, enthousiaste dans le meilleur des cas, c'est qu'au delà du oui, ce qui motive ce dernier a de la substance, un sens pour la personne.

(bon j'en parle pas mais après, ce consentement est une question de cadre traditionnel des relations romantiques. Dans l'absolu on ne consent pas à la liberté d'un autre quand il vit sa vie : il l'a, c'est tout. En revanche on consent ou non à rester avec...)

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Mashkwa

le mardi 13 septembre 2022 à 15h46

Noli
Le problème ce n'est pas que tu converses avec C. Le problème c'est que ta conjointe n'accepte pas ta relation.

J'ai bien peur que c'est effectivement la cause principale de tout ceci. La difficile acceptation de la situation par (A).
La peur, la jalousie et l'envie.

Un beau mélange pour mettre le feu aux poudres, en effet.

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Noli

le mardi 13 septembre 2022 à 16h31

Mashkwa
J'ai bien peur que c'est effectivement la cause principale de tout ceci. La difficile acceptation de la situation par (A).
La peur, la jalousie et l'envie.

Un beau mélange pour mettre le feu aux poudres, en effet.

Quand A te dit qu'elle te laisse vivre ta relation avec C, car c'est "la chose juste (...) pour se faire pardonner", est-ce qu'elle y ajoute une notion de "sérénité" ? Est-ce qu'elle souhaite te laisser vivre ta relation avec sérénité pour tout le monde inclus ? Tu ressens cette notion de bienveillance ou quelque part, elle compte juste les points pour sa conscience ?

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Mashkwa

le mardi 13 septembre 2022 à 17h56

Noli
Quand A te dit qu'elle te laisse vivre ta relation avec C, car c'est "la chose juste (...) pour se faire pardonner", est-ce qu'elle y ajoute une notion de "sérénité" ? Est-ce qu'elle souhaite te laisser vivre ta relation avec sérénité pour tout le monde inclus ? Tu ressens cette notion de bienveillance ou quelque part, elle compte juste les points pour sa conscience ?

La réponse n'est pas 100% claire.

Oui, elle se sent partiellement responsable de la situation.

Oui, pour elle même avoir passé proche de vivre de quoi de semblable, elle veut me laisser la chance que je ne lui ai pas donné dans le passé. Elle dit que cela ne servirait à rien de m'en priver "par principe" ou par "égalité".

Elle reconnaît par contre qu'entre ce que je vis et ce qu'elle aurait réellement pu vivre, ce que je vis est beaucoup plus intense et que cela la déstabilise. Elle aurait probablement préférée que je ne vive qu'une aventure d'un soir (ou de 2!) sans attachements émotionnel ni psychologique envers (C) et que cela la dérange d'avantage.

Elle essaie de faire preuve de compersion, de compréhension et de patience dans le contexte.

Je ne peux que la remercier et l'aimer d'avantage.

Elle (A) venir se joindre à nous, dans ce forum, d'ici peu. Elle prépare un texte. Elle veut elle aussi commenter la situation, selon son point de vue et son ressenti. C'est tellement une belle communauté ici. Nous aimons votre approche et votre écoute!

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Bluedahlia

le mercredi 14 septembre 2022 à 05h32

Bonsoir,
Lectrice dans l’ombre depuis plusieurs semaines, Je suis la protagoniste majeure de toute cette saga, celle qui incarne (A) si bien exposée par l’homme de ma vie ,ce cher Mashkwa. Vos réflexions respectueuses, nuancées, ponctuées de votre humanité et riches expériences m’ont amené à cheminer ces dernières semaines et de remettre certains éléments en évidence, de mieux exprimer mon ressenti, mes besoins, mes limites etc.

Mashkwa a bien raconté notre histoire au tout début. Sachez que je suis encore au prise dans cette culpabilité face aux actions que j’ai posé a l'encontre de mes valeurs et notre engagement amoureux. La trahison, les mensonges, les cachotteries, la manipulation pour en arriver a mes fins. Le désir fou d’assouvir cette passion foudroyante et vivre a tout prix un moment avec (R) semblait me dépasser. Je savais qu’il avait bien peu a m’offrir, voir rien du tout, sinon un café de temps a autres lorsque bon lui semblait… et peut-être ce petit moment que je voulais tant vivre avec lui. Cela a tergiversé si longtemps ''je veux, je ne veux plus''.

De façon plus ou moins consciente, j’ai quand même passé deux ans a séduire cet homme envers qui je parvenais tant bien que mal a obtenir quelques miettes d’attention de temps a autres, le temps d’une pause-café. Son intérêt envers ma personne était chancelant. Il était comme une petite bouffée d'air frais qui passait une fois de temps en temps dans ma vie. J'était incapable de mettre des mots sur cette relation mais j'ai eu l’impression de vivre une vraie connexion avec cet homme, une connivence absolument parfaite mais qui s'est effritée avec le temps. Il avait cette façon de tendre son oreille et s’intéresser a moi et de me parler. Une force tranquille si enveloppante qui me transportait ailleurs. La routine, la lourdeur de la charge professionnelle et mentale, le stress, les soucis; il incarnait cette légèreté, cette tranquillité par son calme inouïe. Il m’en fallu pas plus pour m’attacher a lui et lui donner une place spéciale dans ma vie. Place qu’il n’est jamais venu combler réellement. Avec le temps, le désir de lui a pris une forme de fantasme presque douloureux dans lequel je me réfugiais. Je demeurais disponible et toujours prête a le revoir même si les échanges étaient bien trop courts et que j’en aurais tellement voulu davantage. J’étais captivée par la découverte de ce personnage de 15 ans mon aîné, et je voulais tout connaître de lui. Je rêvais qu’il devienne un ami significatif dans ma vie. Même s’il ne pouvait être présent, je me contentais de ce qu’il m’apportait. Le plaisir de le retrouver a chaque rencontre était si fort, si bon. J’aimais cette euphorie et cette intensité qu’il me faisait vivre. J'aimais le séduire. Bien que je semblais la seule créature existante sur cette terre lorsqu'il me regardait, Il soufflait le chaude et le froid dans sa façon d’être, ses paroles qui se contredisaient. ‘’je te désire mais on ne peut pas, il ne faut pas’’. Sans le vouloir, sa présence aussi minime qu’elle soit dans ma vie a contribué a faire perdurer une flamme qui ne s’est jamais éteinte jusqu’à cet été. Lorsqu'il a vu à quel point j'étais une femme d'une rare intensité, il a commencé à mettre une distance entre nous. Un jour, alors que je ne m’attendais plus a rien du tout de sa part, il me surpris en me proposant un instant intime, un vrai. Bien sûr, avec une manière très chirurgicale d’aborder le sujet. Cela se déroulerait une seule fois, sans plus. Tout était sous son contrôle et selon des règles bien strictes. Il cherchait à connaître mes motivations. Je ne lui alors rien caché de mes sentiments. Il me faisait comprendre que cela allait être rien d’autre qu’une expérience et non une relation d’amour, ni une liaison amant-maitresse etc. Il ne souhait aucune conséquence sur sa vie. Il ne souhaitait surtout pas devoir me ramasser à petite cuillère ni se retrouver avec mon conjoint jaloux sur le dos. Cela devait avoir lieu il y a un an. Mon chum en a décidé autrement.

Ce jour-là, mon conjoint a réussit a mettre la main sur des courriels échangés avec lui dans lesquels on planifiait sans équivoque cette ultime rencontre. Mashkwa a très mal réagit et m’a forcé a mettre fin a ce lien avec R. Il lui a même écrit afin de faire connaître a R comment cette histoire m’avait perturbée et que ça allait briser notre famille. C’était assez troublant pour que R décide de mettre fin a notre relation. Il ne souhaitait même plus me revoir. J’en ai pleuré des nuits blanches toutes les larmes de mon corps. Je me sentais a mon tour trahie, humiliée, abandonnée. J’en ai extrêmement voulu a Mashkwa et croyez-moi le mot est faible; pendant un an, il a du composé avec ma froideur, ma colère, ma tristesse, mes remarques déplaisantes, mon désamour, ma non-acceptation d’avoir décidé à ma place faute d’en être incapable. Dans ma tête, il n'a jamais été question de choix à faire puisque R n'enlevait rien à Mashkwa. À la certitude de mon amour et au fait que mon projet de vie était toujours avec mon conjoint. C’est dans ce contexte de souffrance et de rejet de ma part que Mashkwa a fait son bout de chemin. Un jour, ce dernier m’a fait savoir qu’il accepterait que je reprenne contact avec R. Il avait beaucoup cheminé. Il disait clavarder avec une femme intéressante, en occurrence C. Il souhaitait la rencontrer. Nous avons eu une grande discussion afin d’ouvrir notre couple. Je devais tenter de revoir R dans l’espoir de reprendre notre histoire là où nous l’avions laissé. J’étais plein d’espoir. Si R me refusais, je savais que j’avais une autre chance de vivre une aventure avec un autre mec qui m’attirait mais d’une manière plus sexuelle. Mais disons que je le voyais plus comme un prix de consolation. C'était bien loin d'être le même besoin viscéral que j'avais envers R. Somme toute, cette rencontre fut un désastre totale. Après m'être excusée de mon intensité émotionnel, et l'avoir informé de la récente ouverture de mon couple, R m’a fait comprendre son souhait de me voir passer à autre chose car, vraisemblablement, je lui avait fait peur. C'est ainsi que je l'ai interprété. J'ai alors tombée de haut. Il m'exigeait un désengagement total envers sa personne. C'est alors que tout m'a sauté aux yeux. Cette relation n'allait jamais prendre la direction que je souhaitais. Décidemment, il n'avait ni intérêt, ni temps à consacrer pour développer un lien amical plus fort avec moi. Il m'avoua que son désir à mon égard n’avait été qu’une simple pulsion du moment et que sa morale avait repris le dessus depuis le temps. J'avais du mal à le croire et je me suis tellement sentie ridicule d'avoir ébranlée toute ma stabilité amoureuse avec mon conjoint pour un homme qui semblait en avoir rien à foutre de moi. Qui plus est, ne tenait même pas à mon amitié. Je m'en voulais tellement!

Ce jour-là, c’était en juillet dernier. Je suis revenue à la maison, démolie. Néanmoins, il me faisait bon de retrouver refuge dans les bras de mon chum qui m’attendait chaleureusement en souhaitant que j'arrive avec une bonne nouvelle. Cette fois-ci, plus rien ne serait caché entre nous. Puis, j’ai pleuré dans ses bras comme une Madeleine et j’ai dis ‘’c’est fini, je te jure que c’est fini’’. J’ai voulu qu’il fasse marche arrière avec C. Pour moi, c'était évident, il fallait se retrouver et arrêter tout ça, on venait de se faire vivre tant de stress et tant d'émotions de part et d'autres....Il n'avait eu qu'une simple rencontre avec elle alors à mes yeux, il pouvait décliner facilement. Cependant, il a insisté et est quand même allé la voir le lendemain. Mon calvaire ne faisait que commencer. J’ai vite compris qu’il ne reculerait pas. Il a admis que ça semblait bon et qu’il n’avait aucunement envie de se retirer. De se sentir attirant, intéressant et désirable aux yeux d’une autre femme lui faisait un bien fou, comme un baume sur son coeur usé près avoir vécu tant de rejet de ma part ces dernières années. La situation est rapidement devenue un tournant de 180 degrés. Vous connaissez le reste de l’histoire.

J’ai tenté de dissuader mon conjoint de continuer à voir cette fille, trop jalouse de la relation profonde que je voyais s’installer entre eux. J'avais ce felling qu'il se perdait.... j'avais raison. Cette fille venait le chercher. Jamais je n’aurai eu une parcelle de l’attention qu’il prête à cette C de la part de R. Mashkwa tente de me faire voir que si R m’en avait donné davantage, je n'aurais point hésiter deux secondes à lui faire une place de choix dans ma vie. Je ne le sais pas! Cela n'est pas arrivé. Mais j'ai peine à croire qu'il aurait laissé R prendre une si grande place de façon réelle. De simplement me savoir dans ce fantasme semblait si souffrant. Je conçois mal comment il aurait pu me laisser vivre quelque chose d’aussi fort et vrai avec R. Maintenant, il me dit qu'il ne verrait aucun problème à ce que R devienne un C pour moi. Pourtant, il aurait été inconcevable pour moi de lui en demander autant. C'est une impression. Bref, vous devinez mon trouble quant à la nature de la relation qui se développe en parallèle à notre vie de couple, de la place qu'il lui donne.. En effet, je l’accepte mal et très très mal; D’entendre mon conjoint qui est dans le bain en train d’écouter le même style musical que cette fille me trouble. Il a toujours détesté le jazz. De savoir qu’il clavarde avec cette fille tous les jours me trouble aussi. De savoir qu’elle est amoureuse de lui et pleinement disponible pour lui m’est intolérable. De voir qu’il choisit de sortir avec elle en moyenne deux fois par mois alors que notre couple n’a pas plus cette chance depuis l’arrivée des enfants, ça me fait extrêmement mal. Je me sens hautement pénalisée. Cela prend une place bien trop grande et il y a des jours où je me crois même de trop dans sa vie. Je connais très bien les conséquences de couper le lien avec cette femme. Je sais que je ne peux plus lui demander ça, connaissant très bien le tourment émotionnel qu’il devra vivre. Il m’en voudra, comme je lui en ai voulu. Ce scénario me semble peu viable. Certains d’entre vous avez évoqué la notion de consentement enthousiasme qui devrait être à la base de cette ouverture et non reposé sur le remord d’avoir fait souffrir l'autre ou se sentir redevable d'une quelconque façon. Cela laisse sous-tendre mon désir que l'autre prenne le choix qui s'impose sans que ce soit moi qui ai l'odieux de le priver de cette relation. C’est effectivement et malheureusement beaucoup dans cette logique que j’ai accepté de le laisser aller. De me convaincre qu'il va finir par se réveiller.. Se rendre lui-même à l'évidence que ce que je lui ai fait, il me le fait goûter de plein fouet en retour. Se rendre compte qu'aimer l'autre c'est espérer ne pas le voir souffrir. En ce qui me concerne, je ne pouvais le priver lui de ce qu’il m’a privé moi. Et d’après tout, c’est à cause de moi qu’il s’est transformé, Donc oui, par amour, je sens très très fort que je lui dois bien ça. Qu'autrement je perd un peu la face. Ma conviction d'autrefois que je serais prête a le laisser vivre une relation comme je le souhaitais secrètement avec R, n'a jamais été réellement mentalisée dans ma tête, c'est un fait. J'étais tellement obnubilée par ce fantasme que je ne pouvais me représenter cette réalité à sens inverse.

Ce que Mashkwa souhaitait vivre avec C, c'est une vraie relation polyamoureuse. Son investissement affectif et émotionnel se rapprochait encore beaucoup de ça dernièrement. L’amitié étant déjà très engagée entre eux. Nous avons donc balisé sur la fréquence mais je me rends compte qu’elle demeure omniprésente dans sa vie, dans son intimité de tous les jours et ça j’ai beaucoup de mal à accepter. J'ai du mal à m'autoréguler dans cette jalousie presque maladie. Naïvement, je ne m'étais préparé à cette éventuelle réalité, ce retour d'ascenseur aussi brutal qu'il puisse l'être. Depuis des semaines, j’ai juste l’impression d’avancer, puis de reculer sans arrêt. Ce que je pense une journée peut être bien différent le lendemain au gré de mes émotions et de mes insécurités. J’ai vraiment la vague impression qu’il m’est trop difficile d’accepter que mon conjoint partage une relation d'intimité si proche avec une autre femme que moi. Cela me fait du mal et je vous avouerai qu’il y a des jours où je ne sais plus si je fais bien de rester là-dedans. Pour être honnête, il m’arrive parfois de lui en vouloir encore de m’avoir privé de vivre cette expérience de mon côté. De réaliser qu’il vit déjà tellement plus que du peu que j'aurais tant souhaité vivre avec R me plonge dans un état lamentable quelques fois. Ce n'est pas facile et plutôt frustrant, injuste.

Merci de m’aider dans mon cheminement vers l’acceptation et une plus grande ouverture de ma part. Présentement, j’ai perdu tout intérêt de vivre d’autres histoires extraconjugales. J'avoue que la finalité avec R me laisse pantoise. Nul envie d'investir à nouveau, hors de ma relation conjugale actuelle. J'ai juste le goût de me concentrer sur mon homme, de prendre soin de lui. Celui dont je me sens en train de retombée en amour. Pourquoi m'a t-il fallu ça pour me secouer??? Plus ça va, plus je crois de plus en plus que cette envie, ce fantasme était intimement lié à un seul et unique être qui est rentré dans ma vie par simple hasard. Maintenant que cet oiseau rare s'en envolé, je souhaiterais juste reprendre ma vie là où je l’ai peut-être délaissée il y a 3 ans. J'ai compris que mon bonheur est là, tout près de moi chaque jour depuis 18 ans. Je n'ai pas besoin de plus. Retrouver la quiétude, ce fleuve tranquille dans ma relation avec mon conjoint, réinvestir mon énergie sur ma vie familiale que j'ai peut-être voulu fuir un temps. J’ai l’impression que je retrouverai mon calme et la paix intérieure que lorsque cette histoire sera terminée avec C. En souhaitant qu'il continue à me choisir malgré la présence de l'autre, malgré le tout nouveau tout beau qu'elle représente. Je le remercie de ne ménager aucun effort pour me prouver qu'il m'aime encore et toujours malgré tout.

Merci de vos commentaires, critiques et réflexions. Je suis très ouverte.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Siestacorta

le mercredi 14 septembre 2022 à 09h44

Bonjour @Bluedahlia

merci à toi, et à tous les deux, pour ces confidences riches, réelles, aussi factuelles qu'affectives.
Je ne crois pas que j'aurai le temps d'être très détaillé de suite, mais je note déjà mes premières réactions.

- votre parole posée ici, à tous les deux, montre qu'il y a un désir de compréhension. Je ne sais pas si ça montre la qualité d'un dialogue, ou si ça compense ses limites... tout en montrant qu'il y en a potentiellement un, et sensible encore.

- une partie de tes réactions à la rencontre de Mashkwa et C. semble se baser sur une interprétation en miroir de ta propre expérience. Si je me trompe pas là, tu t'étais racontée un projet limité dans le temps, et as imaginé celui de ton conjoint comme comparable. Non : ce sont des rencontres différentes ; et par définition, dans une rencontre on sait pas ce que ça donnera, ce qu'on ressentira, et on en décide qu'assez partiellement - de ce qu'on fait plus que de ce qu'on éprouve. On peut à certains moments estimer ce que c'est, avoir une idée de ce qu'on ressent, mais pas le mettre dans un type, une case de "relation supplémentaire qui sera comme-ci comme ça mais pas comme ça", c'est source d'erreurs d’interprétation et d'attentes déçues.

- je crois que tu es à la fois lucide sur ce que tu a (pas) vécu avec C. et moins sur ce que tu as ressenti à ce moment, et ce que ça change pour toi et pour toi dans ton couple historique.
Cela a été très passionnel pour toi, et tu es persuadée que c'était "parce que c'était R. et pas un autre". Quelque chose d'accidentel. Je le crois pas trop. Tu es, je crois, cérébrale et "intense". Et même si tu peux donner beaucoup dans une relation mono avec la même chose comme carburant sentimental, ce que tu évoques de la maternité, de ton couple, de ton travail, du besoin d'évasion : tu voulais à la fois être à la hauteur de tout ça, mais tu avais besoin de plus. Et ton intensité, ta sensibilité, je les vois pas se ranger gentiment avec le linge de maison.
Certes une relation mono, Mashkwa, peuvent ne pas être forcément frustrants - partons pas du principe que la non-exclusivité serait la terre promise de tous les cheminements amoureux. Je veux tout de même souligner que dans le cadre que tu décris, et même avec ce que tu laisses voir de toi en écrivant, ça n'est pas étonnant que d'autres désirs naissent. Même si ce serait différent avec quelqu'un d'autre que R., ta vie affective pourrait te surprendre, si tu ne t'acceptes pas comme "désirante". Il s'agit pas d'être plus honnête sur ton désir pour R., mais d'être honnête et indulgente avec ce que c'est que désirer.
Je crois que la recherche de contrôle dans l'histoire avec R. (une seule nuit, "j'ai pris en compte mes déceptions et ses règles, je me fais mon film mais je coupe quand je veux") est proportionnelle à ta propre surprise de ressentir quelque chose, et répond un peu à ta culpabilité à l'égard de Mashkwa et de votre couple. Tu sembles estimer que ce contrôle et les émotions qui y étaient liées garantissaient une limite à ta situation. Tout en disant que tu as mariné là-dessus pendant deux ans, que tu étais prête à des concessions entre tes désirs et ce qu'on t'offrait, tout en étant bien claquée quand tu as compris que tu aurais "même pas ça". Pour moi, c'est là où tu n'es pas complètement lucide : croire que ce moment passionnel est "à part" de qui tu es et peux être.
C'est pas grave d'être comme ça, mais il faut se connaitre.
J'engageais ton conjoint, il y a quelques pages, à aller avec toi voir un conseiller conjugal. Je crois que c'est encore vrai, et que ce serait aussi utile d'aller toi voir un psy. Pour te connaitre mieux, plus pour que te "soigner" : je sais que t'en as bavé mais votre parole ici me fait penser que vous avez été plutôt solides ; en revanche, pour la suite, ya sans doute du taf pour que ça continue à tenir. Et ce taf c'est aussi se connaitre.
Tu parles d'un fleuve tranquille à retrouver... Tu désires la terre ferme au moment de la tempête, mais je suis pas certain que tu ne désireras plus rien une fois en cale sèche. J'en sais rien, mais je veux dire que cette envie de calme arrive maintenant comme l'envie de R. est arrivée à un moment de contraintes. C'est pas une question de vertu de vouloir l'un puis l'autre, ce qui est bon c'est de se comprendre vraiment, être ouvert à qui on est pour avoir le même regard indulgent sur les changements des autres, de la vie.
Je note en passant que @Mashkwa fait la même erreur "miroir" que toi : quand il dit qu'il n'aurait aucun problème que R. soit pour toi ce que C. est pour lui... C'est pas comme ça que ça marche. Les personnes que vous rencontrez, vos réactions, ça peut pas se conformer à ça. Quand on est au début de ses expériences non-exclusives assumées, c'est difficile de dire ce qu'on va chercher soi tout comme ce sur quoi on va bloquer dans les recherches de l'autre. Ici ou dans le forum, il y a souvent des témoignages de "je croyais que comme je le faisais j'aurai pas de problème à ce que l'autre le fasse", et puis ça bute.

- je crois enfin que la culpabilité que tu exprimes influence ton regard (en miroir, comme je dis plus haut) mais aussi la façon que tu as de faire, d'être dans ce ressenti d'être juste ou que c'est pas juste ce que vit ton conjoint. Et je pense que ça te donne une fausse idée des limites que tu as, de celles que tu peux poser, ça inhibe votre dialogue pour parler non pas de ce C. après R., mais tout simplement de ce que chacun ressent.
La situation avec C. a ses propres limites dans le temps. Pour l'instant, tous les deux vous raisonnez en pensant "c'est un moment à passer" - mauvais pour toi, troublant et complexe pour lui.
Peut-être que c'est un épisode et qu'on en reparlera plus... On peut pas savoir ça à votre place.
Mais, là comme pour tout ce que j'ai dit c'est qu'un point de vue très personnel, ça semble dommage (et peut-être pas pragmatique) de regarder ça comme ça. De pas apprendre sur vous. Même pas pour expérimenter le PA lui-même : pour apprendre qui vous êtes, quoi faire pour vous aimer maintenant différemment d'avant, et peut-être comment faire pour continuer à vous aimer alors que vous constatez (comme plein de couples pas poly, le poly accélère juste les ressentis) chacun continue à évoluer différemment de ce qu'il était à votre rencontre - qu'est pas récente dans votre histoire à deux donc vous avez eu le temps de changer ou au moins de vous retrouver, presque 20 ans après, avec un regard sur vos vies différent.

Bon, j'ai été long, et je crains d'avoir loupé des choses, de pas avoir assez mis en valeur les qualités que vous semblez avoir, comme personnes, comme relation.
En vous lisant je sens vos stress, les incertitudes sur vos propres désirs, et je sens aussi le lien vital entre vous. Vous êtes allés chacun de votre côté faire autre chose que ce couple, mais ça ne veut pas dire qu'il n'existe pas : vous cherchez vraiment une prise en compte de l'autre. Peut-être de façon maladroite, en alternant moments égoïstes, moments culpabilisés, moments d'empathie... C'est humain. Votre lien n'est pas juste son histoire, il est surtout votre envie d'être là pour l'autre, et celle-ci est très lisible, ici.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Siestacorta

le mercredi 14 septembre 2022 à 09h51

(ah et aussi : si tu as dit à R. que désormais ton conjoint était au courant, ça a pu faire partie de ce qui l'a décidé à pas y aller. Avec ses petites règles de cinq à sept sans conséquence, il préfèrait sans doute de loin un adultère avec ses contraintes (bien) pratiques qu'une non-exclusivité où il serait obligé de tenir compte de ton mari et n'aurait par ailleurs pas d'excuse pratique pour refuser une perspective qui aille plus loin que des "nuits sans suites".)

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Topper

le mercredi 14 septembre 2022 à 12h35

Bonjour @Bluedahlia, merci à toi de venir t'exprimer ici. C'est très intéressant d'avoir les deux points de vue de la situation.

Bluedahlia
Il était comme une petite bouffée d'air frais qui passait une fois de temps en temps dans ma vie. J'était incapable de mettre des mots sur cette relation mais j'ai eu l’impression de vivre une vraie connexion avec cet homme, une connivence absolument parfaite mais qui s'est effritée avec le temps. Il avait cette façon de tendre son oreille et s’intéresser a moi et de me parler. Une force tranquille si enveloppante qui me transportait ailleurs. La routine, la lourdeur de la charge professionnelle et mentale, le stress, les soucis; il incarnait cette légèreté, cette tranquillité par son calme inouïe. Il m’en fallu pas plus pour m’attacher a lui et lui donner une place spéciale dans ma vie.

Ce que je présentais dans mon message en réponse à @Mashkwa sur la première page me semble encore plus proche de ta réalité à la lecture de ton témoignage. Tu semblerais avoir vécu une crise de la quarantaine. Tu as plongé dans cette relation qui t'a donné de l'attention, de la validation, de la nouveauté, des émotions positives, un souffle dans le quotidien, en bref, ça t'a fait du bien et t'a fait sentir vivante.

C'est un schéma classique, dans ce "milieu de vie", où la vie ne semble être qu'une succession de semaines qui se ressemblent avec le poids des responsabilités et un manque de nouveauté qui viendrait bousculer cette monotonie ou fatigue du quotidien.

Bluedahlia
Place qu’il n’est jamais venu combler réellement. Avec le temps, le désir de lui a pris une forme de fantasme presque douloureux dans lequel je me réfugiais. Je demeurais disponible et toujours prête a le revoir même si les échanges étaient bien trop courts et que j’en aurais tellement voulu davantage. [...] J’aimais cette euphorie et cette intensité qu’il me faisait vivre. J'aimais le séduire. Bien que je semblais la seule créature existante sur cette terre lorsqu'il me regardait, Il soufflait le chaude et le froid dans sa façon d’être, ses paroles qui se contredisaient. [...] J'ai alors tombée de haut. Il m'exigeait un désengagement total envers sa personne. C'est alors que tout m'a sauté aux yeux. Cette relation n'allait jamais prendre la direction que je souhaitais.

Pour toi, cela a été R parce qu'il était là à ce moment là. Cela aurait pu être n'importe qui d'autre avec qui tu aurais eu une connexion particulière. Tu as sublimé ce lien qui s'est créé avec lui parce que ça te faisait du bien et tu avais besoin de ça, besoin d'y croire. Peu importe ce qu'il pouvait t'offrir, ce jeu de séduction te stimulait. Tu étais prête à accepter la moindre miette de sa part, car même si ce n'était pas assez, c'était toujours mieux que rien. J'imagine que cela faisait embellir ta journée. Cette sublimation peut expliquer aussi le désenchantement que tu as pu ressentir et le décalage entre ton enthousiasme et son implication dans la relation.

Bluedahlia
Il lui a même écrit afin de faire connaître a R comment cette histoire m’avait perturbée et que ça allait briser notre famille. C’était assez troublant pour que R décide de mettre fin a notre relation. Il ne souhaitait même plus me revoir. J’en ai pleuré des nuits blanches toutes les larmes de mon corps. Je me sentais a mon tour trahie, humiliée, abandonnée. J’en ai extrêmement voulu a Mashkwa et croyez-moi le mot est faible; pendant un an, il a du composé avec ma froideur, ma colère, ma tristesse, mes remarques déplaisantes, mon désamour, ma non-acceptation d’avoir décidé à ma place faute d’en être incapable.

Je comprends ta colère du fait que Mashkwa ait court-circuité ta personne pour interférer dans ta relation. C'est extrêmement dur à vivre. Peu importe la raison, même si selon le contrat moral qu'il y avait entre toi et Mashkwa cette relation ne devait pas exister, ce n'est pas quelque chose qu'il faut faire. C'est irrespectueux, contrôlant, violent et infantilisant.

Cela aurait dû être fait autrement. En discutant préalablement de ce qu'il s'est passé, et que tu gères toi-même le devenir de ta relation avec R, que ce soit pour la continuer, la mettre en pause ou l'arrêter définitivement.

Prenez une leçon de cet évènement pour ne pas le reproduire. Faites-vous confiance pour que l'un ou l'autre gère ses relations, même si des erreurs ont été commises.

Bluedahlia
J’ai voulu qu’il fasse marche arrière avec C. [...] Il n'avait eu qu'une simple rencontre avec elle alors à mes yeux, il pouvait décliner facilement. Cependant, il a insisté et est quand même allé la voir le lendemain. Mon calvaire ne faisait que commencer. J’ai vite compris qu’il ne reculerait pas. Il a admis que ça semblait bon et qu’il n’avait aucunement envie de se retirer. De se sentir attirant, intéressant et désirable aux yeux d’une autre femme lui faisait un bien fou, comme un baume sur son coeur usé près avoir vécu tant de rejet de ma part ces dernières années. La situation est rapidement devenue un tournant de 180 degrés.

C'est le problème d'avoir ouvert cette boîte de pandore sans en mesurer les conséquences. Tant que tu vivais ça cachée de ton côté, ça ne posait pas de problème. Le résultat est que ça a été découvert et il y a eu des conséquences. Mashkwa a dû cheminer sur les relations non-monogame pour accepter ce qu'il s'est passé, se projeter, et dans le même temps s'est lié à une personne qui lui a permis aussi de comprendre les bienfaits de ce que tu as vécu pendant deux ans. Aujourd'hui, il est possible que c'est Mashkwa qui vit sa crise de la quarantaine en ayant de nouvelles envies et le besoin d'explorer autre chose.

Bluedahlia
J’ai tenté de dissuader mon conjoint de continuer à voir cette fille, trop jalouse de la relation profonde que je voyais s’installer entre eux. J'avais ce felling qu'il se perdait.... j'avais raison. Cette fille venait le chercher. Jamais je n’aurai eu une parcelle de l’attention qu’il prête à cette C de la part de R.

Ce n'est pas un concours. Si vous décidez de continuer dans les relations non-monogames, il faut vous extraire de ce genre de rivalités. Ce n'est pas parce que l'un reçoit plus d'attention que l'autre que ça doit être un problème. C'est un reflexe naturel de faire des comparaisons mais c'est délétère.

Peu importe que X ou Y donne de l'amour, du sexe, de l'attention, du temps, fasse rire, lui fasse découvrir des choses, partage des activités avec, partage son quotidien, lui donne goût à quelque chose qu'il n'aimait pas. C'est l'intérêt des relations non-monogames.

Plutôt que de se focaliser là-dessus :

- Questionnez vos propres relations. Qu'est-ce que vous voulez vraiment comme relation ? Est-ce que les partenaires que vous avez vous conviennent ou pas du tout ? Est-ce que vous devez chercher des personnes qui vous conviennent davantage ?

- Créez vous des moments de qualité avec votre partenaire (et c'est à faire à deux). Communiquez, partagez votre journée, vos envies, donnez vous du temps, de l'attention, etc. Ne faites pas des comparaisons du type "je veux qu'on aille au restaurant, parce qu'il en a fait un avec elle". Faites ce que vous avez envie, parce que vous en avez vraiment envie tous les deux. Cultivez votre spécificité en tant que couple plutôt que de vouloir un équilibre illusoire qui favorise encore plus une comparaison malsaine. "Il a fait un restaurant plus romantique ou plus cher avec elle".

Il y a aussi des choses primordiales à comprendre et accepter :

- Il n'y aura jamais un équilibre de vos relations en terme d'attention apportée, de fréquence de rencontre, etc. Même si vous tentez dans votre couple d'équilibrer l'investissement dans les relations extérieures, dans ces relations, il y a aussi une autre personne. Cette autre personne a aussi des envies et des besoins. Cela influe sur la dynamique de la relation.

- Vous n'êtes pas obligé d'avoir les mêmes envies relationnelles. L'un peut préférer des relations légères et essentiellement sexuelles, l'autre des relations plus profondes. Si chacun y trouve ce qu'il souhaite, c'est le plus important.

- Il peut y avoir des moment à vide avec un déséquilibre très difficile à vivre. C'est à dire que l'un à un ou plusieurs partenaire, et l'autre aucun. Cela peut être très compliqué à gérer, en particulier lorsque c'est une phase d'apprentissage, de confusion ou d'adaptation. C'est toujours plus simple de gérer des insécurités, l'absence de l'autre, le sentiment d'abandon, lorsque l'on a soi-même une autre relation qui compense.

Bluedahlia
Mashkwa tente de me faire voir que si R m’en avait donné davantage, je n'aurais point hésiter deux secondes à lui faire une place de choix dans ma vie. Je ne le sais pas! Cela n'est pas arrivé. Mais j'ai peine à croire qu'il aurait laissé R prendre une si grande place de façon réelle. De simplement me savoir dans ce fantasme semblait si souffrant. Je conçois mal comment il aurait pu me laisser vivre quelque chose d’aussi fort et vrai avec R. Maintenant, il me dit qu'il ne verrait aucun problème à ce que R devienne un C pour moi. Pourtant, il aurait été inconcevable pour moi de lui en demander autant. C'est une impression.

Peu importe que ça aurait été inconcevable pour toi de lui en demander autant. Ce qui importe, c'est que en faisant son propre cheminement et surtout en se liant à C, il a compris ce que c'est que d'être de l'autre du miroir. Lorsque l'on vit soi-même les choses, c'est plus facile de comprendre ce que ça apporte, cela permet de comprendre que ça ne signifie pas non plus la fin de l'attachement à son partenaire d'origine, que l'amour, le désir, l'affection que l'on ressent pour une personne ne vient pas forcément annihiler ce que l'on ressent pour une autre.

Ce n'est pas pour rien que l'on demande souvent à quelqu'un qui vit mal l'ouverture du couple si il/elle a une autre relation. Et la plupart du temps, la réponse est : non. Cela ne règle pas tous les problèmes, mais ça permet d'énormément relativiser certaines angoisses.

Bluedahlia
Pour être honnête, il m’arrive parfois de lui en vouloir encore de m’avoir privé de vivre cette expérience de mon côté. De réaliser qu’il vit déjà tellement plus que du peu que j'aurais tant souhaité vivre avec R me plonge dans un état lamentable quelques fois. Ce n'est pas facile et plutôt frustrant, injuste.

Je comprends encore ta frustration. Les opportunités qui croisent notre vie, je les vois comme des comètes. Soit on la choppe au passage, soit on la loupe et elle ne se représentera pas et c'est peu probable qu'il y ait une seconde chance. Lorsque une relation est arrêtée contre ta volonté, c'est d'autant plus frustrant et difficile à accepter.

Là encore, il est inutile de comparer avec ce que vit Mashkwa et C. Ce n'est pas pertinent. Ce qui est fait, est fait. Ce n'est pas possible de revenir en arrière. Il y avait un contexte d'adultère qui a provoqué ce qu'il s'est passé.

Bluedahlia
Présentement, j’ai perdu tout intérêt de vivre d’autres histoires extraconjugales. J'avoue que la finalité avec R me laisse pantoise. Nul envie d'investir à nouveau, hors de ma relation conjugale actuelle. [...] Maintenant que cet oiseau rare s'en envolé, je souhaiterais juste reprendre ma vie là où je l’ai peut-être délaissée il y a 3 ans. J'ai compris que mon bonheur est là, tout près de moi chaque jour depuis 18 ans. Je n'ai pas besoin de plus. Retrouver la quiétude, ce fleuve tranquille dans ma relation avec mon conjoint, réinvestir mon énergie sur ma vie familiale que j'ai peut-être voulu fuir un temps.

Cette réaction est tout à fait normale. Tu es perturbée. Tu te raccroches à ta relation de couple et tu aspires à de la sérénité. Tu dois également faire le deuil de ce que tu aurais voulu vivre avec R et ce qui n'a pas pu se faire.

Tu ne peux présager du futur. Peut-être que ton envie d'explorer et vivre des aventures reviendra. La différence est que le contexte sera différent et que si vous faites ce chemin ensemble, tu pourras cette fois-ci vivre pleinement ces émotions qui te stimulaient et te faisaient du bien, la culpabilité en moins.

Il y aura d'autres comètes.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Siestacorta

le mercredi 14 septembre 2022 à 12h58

Aie, j'avais sauté la ligne qui disait que c'est @Mashkwa qui avait pris contact avec R.
Je suis un peu plus indulgent avec la retraite de celui-ci (même si bon... Je continue à trouver le personnage agaçant, dans le contraste entre la passion et ses propositions un peu froides).
Je trouve effectivement que Mashkwa s'est montré lourdement paternaliste. Je dis pas que n'importe qui aurait fait mieux, c'est faux. Et je peux comprendre sa trouille face l'emballement de Bluedahlia, et peut-être éventuellement que lui aussi ait senti un R. un peu foireux.
Mais c'est une intervention qui met effectivement du ressentiment en plus, un côté très adversaire.

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Mashkwa

le mercredi 14 septembre 2022 à 15h19

@Siestacorta
@Topper

Premièrement, je dois vous dire merci pour vos commentaires. Je suis content que ma conjointe @Bluedahlia (A dans l'histoire) soit venue nous rejoindre, ici, sur ce forum.
Les gens et les conseils qu'on y trouve sont de précieux conseils.
On se rends compte qu'on navigue en eaux inconnue.
Nous avions tendance à nous confier à notre entourage depuis des années.
Les même personnes qui m'encourrageaient à quitter ma conjointe lorsqu'elle vivait son amour pour R lui recommande aujourd'hui de faire de même.
Mais, je ne l'ai pas fait. L'amour que j'avais, et ai toujours, pour ma conjointe est trop fort.
Je me suis rendu compte qu'elle avait changé et que, si je l'aimais, je devais faire moi aussi mon bout de chemin pour tenter de la rejoindre.
Pour qu'on continue de s'aimer.
Pour qu'on continue d'avancer ensemble.

Aussi, le polyamour, les couples ouverts, etc. sont des sujets assez tabous. Les gens nous répondent en s'inspirant de leur propres valeurs, de leur propre vision.
Il est difficile de trouver des gens assez ouvert d'esprit pour ne pas juger et mettre l'un, ou l'autre, dans une case du "parfait salaud".

Nous avons une amie en commun avec qui nous échangeons. Une Travailleuse sociale, homosexuelle.
Et ma conjointe a un collègue psychologue, homosexuel, avec qui elle discutte de la situation.
Ce sont les seules personnes qui ne sont pas dans le jugement, mais dans la compréhension, l'écoute réelle.
Déformation professionnelle?
Est-ce que leur homosexualité leur font voir les relations amoureuses sous un autre spectre?
Je l'ignore, mais toujours est-il que les gens auxquels on peut se confier sans se faire dire "part de là" sont peu nombreux.
Et, au Québec, le polyamour (et ses variantes) n'est pas aussi bien compris qu'en France. Les psychologue, sexologue, etc. qu'on peut avoir ici sont de peu d'aide, en fin de compte.
Ou sinon, c'est que nous n'avons pas trouvé les bons.

Je ne vais pas répondre à la place de ma conjointe. Ce n'est pas mon rôle. Mais il y a quand même des commentaires qui m'ont fait réagir.

Siestacorta
Votre parole posée ici, à tous les deux, montre qu'il y a un désir de compréhension. Je ne sais pas si ça montre la qualité d'un dialogue, ou si ça compense ses limites... tout en montrant qu'il y en a potentiellement un, et sensible encore.

A et moi communiquons beaucoup.
Souvent. Peut-être même trop?
Mais nous remarquons une certaine difficulté depuis un certains temps. Il nous manque de vécu pour nous aider à cheminer et je crois que c'est un peu ce qu'on l'on recherche, ici.
S'inspirer du vécu des autres.
Tenter de voir la situation sous un angle différent.

Siestacorta
...rencontre on sait pas ce que ça donnera, ce qu'on ressentira, et on en décide qu'assez partiellement

Lorsque j'ai rencontré C, cela devait être qu'une amie avec bénéfice.
C voulait par contre établir tout de même un lien plus que supperficiel avec moi, elle disait que le tout ne serait que meilleur, plus vrai.
Et c'est là que nos cerveaux se sont rencontrés et que tout a déboulé.
Je suis une personne qui a de l'écoute, qui encourage les gens, aussi.
Ma présence, même virtuelle, dans la vie de C l'a aidé à prendre des décisions.
Donc celle de vouloir déménager, ou au minimum quitter son conjoint.
Cela la rendue plus disponible d'une certaine façon.
Cela a aussi ajouté un stress à notre relation, vu qu'elle a une minuterie d'apposée dessus, maintenant.
Entre ce que j'avais initialement prévu (une amie avec qui avoir des moments de tendresses) et ce que c'est devenu, je ne pouvais pas prévoir.
Mais lorsque j'ai accepté d'ouvrir le couple, j'avais averti ma conjointe qu'on ouvrait une boîte de Pandore et que nul ne pouvait savoir où cela nous mènerais.
Et que c'était peut-être aussi un quitte ou double pour notre couple.

Siestacorta
Et ton intensité, ta sensibilité, je les vois pas se ranger gentiment avec le linge de maison.
...
Tu parles d'un fleuve tranquille à retrouver... Tu désires la terre ferme au moment de la tempête, mais je suis pas certain que tu ne désireras plus rien une fois en cale sèche. J'en sais rien, mais je veux dire que cette envie de calme arrive maintenant comme l'envie de R. est arrivée à un moment de contraintes. C'est pas une question de vertu de vouloir l'un puis l'autre, ce qui est bon c'est de se comprendre vraiment, être ouvert à qui on est pour avoir le même regard indulgent sur les changements des autres, de la vie.

Cette réflexion, je l'ai eu souvent envers ma conjointe. Une partie de moi est persuadée que dès que la tempête va se calmer elle ressentira ce désir (ou besoin?) de revivre ce dont je l'ai privé.
Seul l'avenir nous dira ce qu'il en sera réellement.
Mais à voir comment C a changé ma façon de voir les choses, il m'est difficile de croire que le passage de R n'aura pas provoqué de changements semblables chez ma conjointe.

Siestacorta
comment faire pour continuer à vous aimer alors que vous constatez (comme plein de couples pas poly, le poly accélère juste les ressentis) chacun continue à évoluer différemment de ce qu'il était à votre rencontre

C'est là un peu tout le trouble qu'on vit.
Comment se laisser l'un l'autre vivre ce qu'il désir sans trop en souffrir soi-même et sans faire souffrir l'autre tout en continuant de s'aimer, de se désirer.
Tout en maintenant l'équilibre.
C'est difficile de voir l'autre changer.
C'est difficile de voir qu'on ne "suffit plus" pour l'autre.
C'est difficile d'accepter qu'en fait, on n'a probablement jamais "suffit" pour l'autre, complètement, mais que notre schéma de pensée nous empêchait d'accepter cela, trop conditionné dans le monoamour.

Topper
Tu semblerais avoir vécu une crise de la quarantaine. Tu as plongé dans cette relation qui t'a donné de l'attention, de la validation, de la nouveauté, des émotions positives, un souffle dans le quotidien, en bref, ça t'a fait du bien et t'a fait sentir vivante.

En ce qui me concerne, je ne sais pas si c'est une crire de la quarantaine. Mais les autres points viennent me chercher.
L'attention, la validation, la nouveauté, les émotions positives, l'excitation. Ce bol d'air nouveau.
Oui, tout ça, je le vis aussi avec C.

Topper
Créez vous des moments de qualité avec votre partenaire (et c'est à faire à deux). Communiquez, partagez votre journée, vos envies, donnez vous du temps, de l'attention, etc

On l'a toujours fait, mais c'est plus difficile qu'avant. Nous avons des enfants en bas âge (6 et 8 ans).
Nous n'avons pas de gardienne/nounou pour s'en occuper.
Nous nous reposons donc sur la soeur de ma conjointe et mes parents (69 ans!).
Il nous est donc rare d'avoir des moments ensemble, sans les enfants, pour nous retrouver.
Bien sur, une fois les enfants couchés le soir, on se retrouve.
Fatigué.
La journée dans le corps et l'esprit préoccupé par les tâches quotidiennes, etc.
Nous devons travailler à trouver des solutions pour avoir plus de temps de qualité en amoureux.
Pas que nous n'aimons pas êtres avec nos enfants, loin de là, mais c'est quand même moins reposant.
Et plus limitatif pour les activités et sorties qu'on peut faire.

Topper
Peu importe que ça aurait été inconcevable pour toi de lui en demander autant. Ce qui importe, c'est que en faisant son propre cheminement et surtout en se liant à C, il a compris ce que c'est que d'être de l'autre du miroir. Lorsque l'on vit soi-même les choses, c'est plus facile de comprendre ce que ça apporte, cela permet de comprendre que ça ne signifie pas non plus la fin de l'attachement à son partenaire d'origine, que l'amour, le désir, l'affection que l'on ressent pour une personne ne vient pas forcément annihiler ce que l'on ressent pour une autre.

Ma rencontre avec C m'a fait comprendre tout ce dont j'ai pu priver ma conjointe.
Dire que je m'en veux amèrement n'est qu'un euphémisme.
J'aurais toujours de la misère à me pardonner de l'avoir privé de ces moments avec R.
Et de son amitié.

Topper
Je comprends ta colère du fait que Mashkwa ait court-circuité ta personne pour interférer dans ta relation. C'est extrêmement dur à vivre. Peu importe la raison, même si selon le contrat moral qu'il y avait entre toi et Mashkwa cette relation ne devait pas exister, ce n'est pas quelque chose qu'il faut faire. C'est irrespectueux, contrôlant, violent et infantilisant.

Cela aurait dû être fait autrement. En discutant préalablement de ce qu'il s'est passé, et que tu gères toi-même le devenir de ta relation avec R, que ce soit pour la continuer, la mettre en pause ou l'arrêter définitivement.

Prenez une leçon de cet évènement pour ne pas le reproduire. Faites-vous confiance pour que l'un ou l'autre gère ses relations, même si des erreurs ont été commises.

Topper
C'est le problème d'avoir ouvert cette boîte de pandore sans en mesurer les conséquences. Tant que tu vivais ça cachée de ton côté, ça ne posait pas de problème. Le résultat est que ça a été découvert et il y a eu des conséquences. Mashkwa a dû cheminer sur les relations non-monogame pour accepter ce qu'il s'est passé, se projeter, et dans le même temps s'est lié à une personne qui lui a permis aussi de comprendre les bienfaits de ce que tu as vécu pendant deux ans. Aujourd'hui, il est possible que c'est Mashkwa qui vit sa crise de la quarantaine en ayant de nouvelles envies et le besoin d'explorer autre chose.

J'ai décidé de commenter ces deux parties en même temps.
J'ai été un peu vague sur mon comportement et de mon intrusion dans la vie de ma conjointe par rapport à R.
En fait, j'ai été un monstre. Rien de moins.
Je suis informaticien de métier.
Pour mon travail et mes connaissances personnelles, je gère mon réseau informatique comme on le fait en entreprise.
J'ai donc accès à tous les ordinateurs, tous les comptes, tous les fichiers.
J'ai ma propres solution de courriel, utilisée aussi par ma conjointe et mes enfants.
J'ai mon propre système de surveillance du réseau.
Lorsque j'ai senti que ma conjointe me mentait par rapport à R (qu'elle semblait continuer à vouloir aller de l'avant même si elle me disait le contraire), je l'ai très mal pris.
Je me suis transformé en espion.
Je me suis mis à lire les courriels de ma conjointe.
J'ai développe des système de capture d'écrans et du clavier pour capturer ses mots de passe professionnels. J'ai pu entrer dans les courriels de son employeur.
J'ai configuré un iPhone sur le même compte que le sien pour obtenir copie des SMS et des iMessages.
Je suivait ses conversations Messenger. Je suivait les sites qu'elle regardait.
Je savais tout. Je voyait tout.
Je me suis servi de ces information pour tenter de tuer dans l'oeuf à plusieurs reprises les tentatives de rencontres entre ma conjointe et R.
En fait, je ne faisais que me créer de l'anxiété immense.
Je détruisait la confiance de ma conjointe.
Je l'ai retournée contre moi.
Et cela n'a fait qu'exacerber son désir de fuir pour voir R, pour avoir son bol d'oxygène.
J'ai écrit à R des remarques peu élogieuses sur ma conjointe. J'ai tenté de le faire sentir coupable de ce que nous vivions, ma conjointe et moi.

Mais au final, plus personne n'était heureux.
J'étais anxieux. Je n'avais plus confiance en ma conjointe. Je détestait le reflet que me renvoyait mon miroir. Mais quel homme étais-je devenu? Rongé par la jalousie, l'incompréhension, la peur, je n'étais que l'ombre de celui que j'avais déjà été.
Ma conjointe m'en voulait, s'éloignait de moi. Me détestait. Je sentait que ma simple présence l'incommodait.
Il fallait que cela change. Et j'ai compris que j'aimais trop ma conjointe pour la quitter, réelement. Je me suis rendu compte qu'au final, il me serait plus facile de me changer MOI que de lui demander à elle de revenir en arrière sur ses désirs, sa nouvelle ouverture d'esprit.
Et c'est ainsi que j'ai entrepris de me changer.
Et que finalement j'ai proposé qu'on ouvre cette boîte de Pandore.
Par amour pour elle, pour qu'elle puisse enfin vivre ce qu'elle voulait vivre. Avec R ou un autre. Ou des autres. Rendu là, mon esprit me disait simplement "advienne que pourra!"
Par amour pour moi-même, pour que je puisse retrouver en moi la personne dont j'étais fière. Pour m'appaiser. Pour me calmer. Et par curiosité, aussi, de voir si moi aussi je pourrais vivre de quoi de bon, au final. Pour mieux comprendre ce qu'avait vécu ma conjointe.

Je ne veux plus revenir en arrière.
Je ne veux plus qu'on vive dans le mensonge, la surveillance, la cachotteries.
Je ne veux plus que l'un, ou l'autre, aie à écraser ses sentiments pour un.e autre.
On a ouvert une boîte de Pandore. Sans trop savoir à quoi s'attendre finalement.

Il faut maintenant faire avec ce que l'on a découvert. Mais c'est plus difficile que prévu.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Topper

le mercredi 14 septembre 2022 à 17h47

Mashkwa
Nous avons une amie en commun avec qui nous échangeons. Une Travailleuse sociale, homosexuelle.
Et ma conjointe a un collègue psychologue, homosexuel, avec qui elle discutte de la situation.
Ce sont les seules personnes qui ne sont pas dans le jugement, mais dans la compréhension, l'écoute réelle.
Déformation professionnelle?

Possible. Il y a des communautés qui sont plus compréhensives/tolérantes/ouvertes aux relations ouvertes. Ici, il y a beaucoup de polyamoureux ou non-monogames dans les milieux LGBT, queers, de gauche, féministes.

Mashkwa
Et, au Québec, le polyamour (et ses variantes) n'est pas aussi bien compris qu'en France. Les psychologue, sexologue, etc. qu'on peut avoir ici sont de peu d'aide, en fin de compte.

C'est pareil ici. Les psychologues ne sont pas très bien informés des relations non-monogames. Il y en a qui sont jugeants et qui cherchent à faire revenir leur patient dans la monogamie pour régler les problématiques. Il y en a qui demeurent ouverts mais qui sont désemparés devant les problématiques que ça peut engendrer. C'est une profession qui a du mal à se remettre en question. Il y a néanmoins des psychologues/coachs/conseillers conjugaux qui se spécialisent sur ces questions.

Il faut faire avec et au moins éviter ceux qui sont jugeants. Avec les autres, c'est possible d'avancer sur des questions de confiance en soi, travailler sur des insécurités, des traumatismes, sur la communication, la dépendance affective, etc.

Mashkwa
Lorsque j'ai rencontré C, cela devait être qu'une amie avec bénéfice.
C voulait par contre établir tout de même un lien plus que supperficiel avec moi, elle disait que le tout ne serait que meilleur, plus vrai.
Et c'est là que nos cerveaux se sont rencontrés et que tout a déboulé.
Je suis une personne qui a de l'écoute, qui encourage les gens, aussi.
Ma présence, même virtuelle, dans la vie de C l'a aidé à prendre des décisions.
Donc celle de vouloir déménager, ou au minimum quitter son conjoint.
Cela la rendue plus disponible d'une certaine façon.
Cela a aussi ajouté un stress à notre relation, vu qu'elle a une minuterie d'apposée dessus, maintenant.
Entre ce que j'avais initialement prévu (une amie avec qui avoir des moments de tendresses) et ce que c'est devenu, je ne pouvais pas prévoir.

Je rebondis là dessus parce que ça raisonne énormément avec mon expérience.

Dans le passé, j'ai débuté une relation avec une femme avec qui cela devait être une relation principalement sexuelle. A côté de ça, j'avais ma relation de couple principale et une autre relation amoureuse que je ne voyais pas souvent. C'était donc une nouvelle relation qui paraissait idéale dans ma configuration. L'entente était top. On discutait beaucoup. C'était léger. Je m'attendais à ce que la relation soit à l'image de ça, c'est à dire "légère". Puis j'ai découvert que son couple n'allait pas très bien. BAM ! Alors que ça faisait trois mois que j'étais en relation avec cette femme, cette dernière quitte son mari. Après ça, elle a eu beaucoup de temps à me consacrer, beaucoup trop même. Je suis quelqu'un qui répond "présent" quand quelqu'un a besoin d'aide. J'ai été là pour elle et je suis une très bonne écoute. La teneur de la relation a complètement basculé. Elle s'est énormément investie dans notre relation au point qu'une dépendance affective s'est installée très rapidement. Avec le temps, elle a été très demandeuse. Cela a été un bordel à gérer incommensurable avec des dégâts collatéraux. J'ai eu beau freiner au maximum, ça n'a pas été suffisant.

Chaque personne est différente. Les histoires peuvent évoluer également différemment. Cependant, sois prudent. C'est un contexte instable et imprévisible.

Si j'ai des conseils à te donner pour ne pas faire les mêmes erreurs que moi :
- Fixe un cadre stricte dans lequel peut évoluer cette relation. Si ça dépasse, recadre et dit "ça c'est pas possible, je peux te proposer ça par contre".
- N'implique pas @Bluedahlia dans tes contraintes. Si C est demandeuse de quelque chose et que tu ne peux pas lui offrir, c'est ta décision et seulement la tienne. Ce n'est pas la faute à ta compagne qui d'ailleurs fait énormément d'effort pour te donner de la liberté. @Bluedahlia ne doit pas être vue comme l'ennemie à ton histoire avec C. Cette interprétation peut être rapidement faite sans que tu ne le veuilles.
- Toi et C, parlez de vos attentes respectives. Voyez ensuite si elles sont compatibles avec vos situations de vie. C'est à questionner de temps en temps (par exemple tous les 6 mois, tous les ans ou au besoin), car les attentes évoluent.

Mashkwa
En ce qui me concerne, je ne sais pas si c'est une crire de la quarantaine. Mais les autres points viennent me chercher.
L'attention, la validation, la nouveauté, les émotions positives, l'excitation. Ce bol d'air nouveau.
Oui, tout ça, je le vis aussi avec C.

C'est quand même un grand chamboulement dans ta vie, et que tu alimentes. Il y a un podcast sur le sujet qui se nomme "Quarante". Cela ne va pas vous aider à avancer sur le sujet de la non-monogamie, mais ça peut aider à mieux se comprendre et ce qui se joue en nous à cette période de la vie.

Mashkwa
On l'a toujours fait, mais c'est plus difficile qu'avant. Nous avons des enfants en bas âge (6 et 8 ans).
Nous n'avons pas de gardienne/nounou pour s'en occuper.
Nous nous reposons donc sur la soeur de ma conjointe et mes parents (69 ans!).
Il nous est donc rare d'avoir des moments ensemble, sans les enfants, pour nous retrouver.
Bien sur, une fois les enfants couchés le soir, on se retrouve.
Fatigué.
La journée dans le corps et l'esprit préoccupé par les tâches quotidiennes, etc.
Nous devons travailler à trouver des solutions pour avoir plus de temps de qualité en amoureux.
Pas que nous n'aimons pas êtres avec nos enfants, loin de là, mais c'est quand même moins reposant.
Et plus limitatif pour les activités et sorties qu'on peut faire.

Je connais bien le problème. Avec ma compagne, nous avons été confronté à cette problématique. Nous avons un enfant, compliqué à gérer, sans solution de garde. Cela implique que l'un garde l'enfant quand l'autre est de sortie, ou que l'un soit avec l'enfant quand il/elle voit un de ses partenaires. Il y a mieux comme contexte. Il y a aussi le fait que les moments privilégiés en couple sont très rares et cela peut créer des comportement envieux et de la jalousie du fait que les metamours aient le droit aux sorties et aux moments cools.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Mashkwa

le mercredi 14 septembre 2022 à 18h48

Topper
Si j'ai des conseils à te donner pour ne pas faire les mêmes erreurs que moi :
- Fixe un cadre stricte dans lequel peut évoluer cette relation. Si ça dépasse, recadre et dit "ça c'est pas possible, je peux te proposer ça par contre".
- N'implique pas @Bluedahlia dans tes contraintes. Si C est demandeuse de quelque chose et que tu ne peux pas lui offrir, c'est ta décision et seulement la tienne. Ce n'est pas la faute à ta compagne qui d'ailleurs fait énormément d'effort pour te donner de la liberté. @Bluedahlia ne doit pas être vue comme l'ennemie à ton histoire avec C. Cette interprétation peut être rapidement faite sans que tu ne le veuilles.
- Toi et C, parlez de vos attentes respectives. Voyez ensuite si elles sont compatibles avec vos situations de vie. C'est à questionner de temps en temps (par exemple tous les 6 mois, tous les ans ou au besoin), car les attentes évoluent.

C'est déjà fait.
(C) sait que je ne quitterai pas ma conjointe (point important!)
Elle sait que mon horaire est chargé et que je ne peux la voir souvent (d'où le clavardage un peu plus intense)
Elle sait que lorsqu'on se voit, ce n'est que pour quelques heures. On ne fera pas d'activités qui dépassent une demi-journée. Par de camping, pas de voages, pas de sortie dans un "spa" ou autres non plus.
Je ne rends pas ma conjointe responsable de ces limitations d'aucune façon. Elle m'offre déjà beaucoup! (C) n'a pas à prendre ma conjointe en grippe.
Je sais que (C) voudrait plus. Je devine que lorsqu'elle aura réellement quitté son conjoint, elle se cherchera une personne avec qui refaire sa vie mais que pour le moment, ce que je lui donne lui convient.

Topper
Il y a aussi le fait que les moments privilégiés en couple sont très rares et cela peut créer des comportement envieux et de la jalousie du fait que les metamours aient le droit aux sorties et aux moments cools.

C'est une des problématiques ici.
@Bluedahlia me fait comprendre que j'ai avec (C) des sorties que je n'ai pas avec elle et cela la rends jalouse.
Mais ces mêmes sorties que j'ai avec (C), je ne peux les avoir de toutes façon avec ma conjointe vu le manque de solution de garde.
Bien sur, lorsqu'on a un répis grâce à la famille, c'est avec @Bluedahlia que je suis/serai. Pas avec (C).

Une partie de moi aimerais aussi que ma conjointe rencontre une personne (même si juste amical) pour qu'elle aie aussi la chance de sortir et d'avoir des activités de son côté mais elle ne semble pas en ressentir le besoin autant que moi pour le moment.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Bluedahlia

le mercredi 14 septembre 2022 à 20h27

Merci de vos réflexions, ça fait tellement de sens.

Topper: Ton analyse est assez juste de ce que cette relation avec R pouvait m'apporter et il me parait clair que ce besoin viscérale était symptomatique de la crise de la quarantaine et d'un sentiment d'étouffement dans ma vie en générale. Il est vrai que j'étais dans un moment de ma vie où j'étais très vulnérable aussi. J'avais vécu deux accouchements en deux ans, mon nouveau rôle de mère m'amenait un stress de performance, puis il y a eu l'achat d'une première maison, je vivais beaucoup d'isolement au travail et je me retrouvais avec des situations complexes à devoir gérer sans support. Mon appétit sexuel avait pris une méchante débarque alors que j'avais toujours eu une libido forte. Je me sentais incapable d'être une blonde satisfaisante. Je me voyais plus comme femme mais comme mère. Bref, plus rien n'allait. J'ai toujours pensé que cet homme a retardé ma dépression. On dirait que je m'étais agrippée à lui comme on s'agrippe à une bouée Ce n'était plus professionnel. D'ailleurs, j'ai vécu un long arrêt de travail lorsque son mandat professionnel auprès de moi s'est terminé. J'en ai ressentie une détresse profonde. Une partie de mon bonheur semblait désormais reposé sur cet être qui pourtant était très peu disponible et engagé en réalité avec moi outre que professionnellement. Certes, nous avons continuer de nous voir pour discuter autour d'un café, mais de façon très occasionnelle est le lien semblait maintenue que par mes propres initiatives à garder le contact, lui faire des relances, prendre de ses nouvelles etc. Rien ne venait réellement de son propre chef, je le voyais très bien et ça me faisait mal. Je le questionnais sur son intérêt pour moi à savoir si je n'étais pas en train de forcer la note. J'avais besoin qu'il me rassure à plusieurs reprises. Il semblait me trouver exigeante. J'ai malgré tout continué d'entretenir le lien. Le peu que ça m'apportait était bon quand même....

Siestacorta
Cela a été très passionnel pour toi, et tu es persuadée que c'était "parce que c'était R. et pas un autre". Quelque chose d'accidentel. Je le crois pas trop. Tu es, je crois, cérébrale et "intense". Et même si tu peux donner beaucoup dans une relation mono avec la même chose comme carburant sentimental, ce que tu évoques de la maternité, de ton couple, de ton travail, du besoin d'évasion : tu voulais à la fois être à la hauteur de tout ça, mais tu avais besoin de plus. Et ton intensité, ta sensibilité, je les vois pas se ranger gentiment avec le linge de maison.

Je le pensais puisque ce genre de truc ne m'était jamais arrivé auparavant. Cette brèche est arrivée soudainement, je ne m'étais juste pas rendu compte qu'elle avait peut-être toujours été là. Le terreau était juste parfait pour que tout s'installe à ce moment là. En même temps, c'est vrai que je suis une passionnée. J'ai eu tant de plaisir à découvrir un autre homme pour le peu que j'ai pu explorer. Je me surprends encore à cette envie de plaire, de séduire, au plaisir de me faire regarder et désirer. J'ai été longtemps en surpoids, et après ma perte de poids mon image de moi-même à changer. Mais R.j'ai l'impression d'avoir vécu une passion comme il en arrive rarement dans une vie. J'ai encore du mal à dissocier ce besoin qui est pour moi encore rattachée à cet homme. Je ne m'emballe pas si facilement dans ma vie.

Mashkwa
Aussi, le polyamour, les couples ouverts, etc. sont des sujets assez tabous. Les gens nous répondent en s'inspirant de leur propres valeurs, de leur propre vision.
Il est difficile de trouver des gens assez ouvert d'esprit pour ne pas juger et mettre l'un, ou l'autre, dans une case du "parfait salaud".

Je réalise que cela m'influence beaucoup et que ça joue sur mes humeurs. Je gagnerais en avantage de ne pas en parler à certaines personnes. Alors que j'en parlais à ma soeur dernièrement, j'avais l'impression d'être en train de lui répondre en me convainquant que cette modalité de PA est compatible avec mes besoins. Elle ne faisait que me renvoyer le reflet de mes propres insécurités et le rappel des valeurs traditionnelles qui, il ne faut pas se leurrer, sont quand même bien encrées dans nos schémas de pensées. Évidemment que le moi du passé n'est plus avec ce que j'ai vécu. J'ai compris que je pouvais facilement aimer au pluriel. Je me suis surprise même à prendre la défense de mon conjoint à ce moment là. Ensuite, je ne savais plus trop dans quel camp me situer. C'est un peu comme si je ''surfais'' entre les deux. Suis-je vraiment rendu réellement là dans ma vision de l'amour et du couple mais trop influencée par la norme sociétale pour l'assumer comme une normalité? Pourquoi, je me sens humiliée lorsqu'un proche me mentionne ''mon chum ne me ferait jamais vivre un tel enfer''. Ou encore, '' Menace de le quitter, il va finir par se réveiller et se rendre à l'évidence qu'il risque de te perdre''. Ces propos me choquent mais en même temps me ramènent moi-même à une vision étroite, traditionnelle, avec très peu d'ouverture. Me font vivre encore plus de culpabilité car je ne fais que me voir comme l'artisan de mon propre malheur dans tout ça. Pour moi il est devenu réducteur de penser ''s'il m'aimait vraiment, il serait capable d'arrêter tout ça''. Cela n'a pas été suffisant pour que moi-même j'ose arrêter et j'étais loin d'être aussi désirée par R. Je sais que je suis rendu plus loin que ça mais on dirait que je lutte encore contre mes pensées. Je passe par toute une amalgame d'émotions ces derniers temps car mes pensées vont dans toutes les directions.

Merci encore de vos réflexions, j'ai beaucoup de plaisir à vous lire et relire. J'en ai parfois les larmes au yeux de voir à quel point vous saisissez mes enjeux actuels. Le très grand respect entre les membres de cette tribune me touche beaucoup.

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