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Profil

Siestacorta

le jeudi 15 septembre 2022 à 14h23

Mashkwa

Je me suis transformé en espion.
Je me suis mis à lire les courriels de ma conjointe.
J'ai développe des système de capture d'écrans et du clavier pour capturer ses mots de passe professionnels. J'ai pu entrer dans les courriels de son employeur.
J'ai configuré un iPhone sur le même compte que le sien pour obtenir copie des SMS et des iMessages.
Je suivait ses conversations Messenger. Je suivait les sites qu'elle regardait.
Je savais tout. Je voyait tout.
Je me suis servi de ces information pour tenter de tuer dans l'oeuf à plusieurs reprises les tentatives de rencontres entre ma conjointe et R.

Avant de passer à ma réaction, je te remercie pour l'honnêteté dans le détail. Ca ne suffit pas, dans une situation conflictuelle, de dire "je suis comme ça, je le reconnais, faute avouée à moitié pardonnée", mais c'est au moins un point de départ.

Il y a pas mal de choses à dire en plus que "regarde pas le téléphone de ton partenaire". En vrai, les intimités de chacun ça se construit pas toujours pareil, la façon dont on aborde les difficultés non plus.

Je pense que tu en as conscience, mais c'est grave, cet élément. Même dans le contexte.
Je ne dis pas que ce qui t'est passé par la tête est incompréhensible, mais dans le rapport avec l'autre, c'est une transgression qui n'est pas "seulement" une réponse à celle de l'adultère de départ : au Québec je ne sais pas, mais en France ce que tu décris est punissable par la loi, même avec un conjoint, avec une peine max de un an de prison et une amende max de plusieurs dizaines de milliers d'€.
C'est de l'atteinte à la vie privée, pour dire les mots. Et comme tu es "admin" de ses systèmes de communication, je pense que ça alourdit ta responsabilité.
Encore une fois, tu es au courant j'imagine. Normalement tu devrais savoir bien faire sans qu'on te parle de la loi. Mais c'est une façon de te dire que c'est pas qu'une "péripétie" de l'histoire, ça parle de s'approprier quelque chose de la vie d'un autre.

D'accord, sans doute, "ça c'était avant".
Oui. Mais c'est récent.
Et si on reparle du sujet du clavardage que tu évoquais plus haut, ça prend un sens particulier : quand Bluedhalia a discuté avec quelqu'un, certes avec un contexte adultère, tu t'es transformé en Big Brother domestique. Aujourd'hui, tu sens comme une petite tension dans son regard quand elle te voit clavarder avec C.
Bien sûr c'est pas le même cadre, mais finalement, ça parle toujours de votre intimité.
Et ça fait un passif à digérer pour Bluedhalia, en plus de ta relation non-exclusive. Pas forcément ces incidents en eux-même, mais sur ce qu'elle peut projeter à partir de ça.

J'ai l'impression que pour cette question précise de la connexion, de ce qui est libre de communiquer, ya un enjeu un dialogue important à avoir (à mesure du déroulement). Il faut que tu trouves une façon de lui garantir sa vie privée, un cadre où ce qui pourrait arriver un jour serait matériellement, pas juste "moralement" différent. En clair, au minimum, la rendre au maximum indépendante de ton réseau informatique. Oui, c'est probablement plus cher et moins safe dans l'absolu. Mais vu qu'elle s'est déjà prise la plus grosse violation de vie privée numérique... depuis l'intérieur, finalement, ça peut faire relativiser.
Peut-être un smartphone que tu lui apprends à protéger, d'où elle peut reprendre à volonté les commandes sur ses comptes ?
Je trouverais ce genre de démarche, ou votre version, utile et significative, une façon de fabriquer l'évolution de chacun et de votre relation.

(j'ai peut-être d'autres échos à faire, je résume pas tes confidences à ça, mais ça m'avait marqué).

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Profil

GeorgyPorgy

le jeudi 15 septembre 2022 à 15h39

C'est un des aspects qui m'avait interpellé dans les premières interventions de @Mashkwa - cette intrusion dans l'intimité numérique de se compagne. Déformation pro peut être (je travaille aussi dans l'informatique)... Tu n'es pas simplement tombé par accident sur une boite mail laissée ouverte (dans le contexte, on peut comprendre qu'on cède à une curiosité morbide, quoique...) - tu as mis en place des outils spécifiques pour capter le max d'info sur la durée. C'est super intrusif.

Je n'avais pas raccroché cet aspect de l'histoire avec un autre que tu développes plus loin @Mashkwa lorsque tu évoques tes difficultés lorsque tu clavardes avec C, ce que ça génère comme gêne chez ta compagne & ta difficulté à l'accepter sa réaction.

Si on raccroche les deux parties de votre histoire, tout ça donne un tableau assez différent.

Au delà du fait que préserver des espaces dédiés à chacune, même si c'est pas toujours évident avec la présence des outils numériques aujourd'hui, je pense que ça dit quelque chose de plus profond que j'avais pressenti au moment de mes lectures de tes premiers posts.

Initialement, je voulais réagir, mettre en perspective cette intrusion dans l'intimité de ta compagne & le sens de l'histoire qu'elle vivait. J'avais un peu le sentiment que peut-être, ce qui se jouait pour elle, n'était pas le polyA, mais plutôt un flirt avec les frontières de sa vie monogame - cette volonté de s'échapper face à une sensation d'étouffement.

Le fait que tu sois autorisé à aller aussi profond dans son intimité dit certainement beaucoup de ce qui peut se jouer intuitivement dans les relations mono traditionnelles. Il y a une sorte de phénomène de fusion, qui autorise l'un.e ou l'autre à cela inconsciemment. De mon point de vue, c'est pas forcément genré (mon expérience propre me dit le contraire, mais c'est peut-être une exception). Mais il y a cet aspect où, en fonction des rôles inconscients qu'on a pris dans la relation, l'un.e ou l'autre peut être amené.e à "s'autoriser" ce non-respect de l'autonomie émotionnelle, sentimentale, comportementale de l'autre. C'est pas forcément éclatant de clareté en période calme, mais je trouve qu'en temps de crise dans le couple, ça apparait très fortement.

Dans ce que j'ai vécu, ce que j'ai appris, c'est que la relation a beau être belle, satisfaisante sur tout un tas d'aspects, il y a cette dimension qui révèle beaucoup des enjeux de pouvoir qui se construisent depuis le tout départ de la relation. Ainsi, quand l'un.e ressent le besoin d'activer plus d'autonomie (= trigger de la crise), il / elle va aussi se rendre compte que l'autre ne comprend pas ce changement & va en réaction du même coup brider cette même autonomie en agissant sur son intimité propre (=intrusion, interrogatoire, mise en doute de la parole, remise en question de ses émotions), tout ce qui lui appartient en plein en tant qu'individu. C'est à la fois à la source & à la conséquence du conflit.

C'est l'un des plus gros noeuds à déconstruire dans mon histoire : comment le couple évolue pour laisser la place à cette autonomie. Au delà même de ne pas s'autoriser à violer l'intimité de l'autre, plutôt dans l'espace qui est laissé à l'expression de cette volonté d'autonomie de chacun.e dans la relation. Est-ce que la relation est *capable* de donner de cet espace?

Par exemple, affirmer de manière pré-emptoire : "tu aurais du me dire AVANT que tu voulais vivre cela" dans le cadre d'une attirance extérieure, ça ne présume pas de la possibilité que la relation autorisera à vivre le "cela". Vraiment? C'est plutôt souvent le contraire. Si je te dis que je suis attiré par Bidule AVANT, je suis quasiment certain que ca va déclencher tout un bordel de contrôle - précisemment parce que je pressens que la relation ne me laisse pas cette autonomie de ne serait-ce que de ressentir du désir pour quelqu'un d'autre.

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Profil

Mashkwa

le vendredi 16 septembre 2022 à 15h19

Premièrement, merci de vos commentaires. Malgrés qu'ils soient inconfortables à lire, ils sont nécessaires.
Ils réveillent une partie peu glorieuse de l'histoire, une partie qui me gêne énormément et qui me rappelle la personne que je suis devenue bien malgré moi dans les circonstances.
Je ne tente pas de fuir ou de minimiser ce que j'ai fais. Je l'assume pleinement, sinon je n'en parlerais pas.
Je me réconforte en me disait que si je n'étais pas ainsi et que je le suis devenu, c'est que c'est du à une situation hors de mon contrôle et qui jouait trop sur mes valeurs profondes du moment et que si je change cette façon de voir la vie, je devrais réussir à ne pas retomber dans ce même piège.
Du moins, je l'espère!

Siestacorta
... mais en France ce que tu décris est punissable par la loi ...
... ça parle de s'approprier quelque chose de la vie d'un autre ...

GeorgyPorgy
... tu as mis en place des outils spécifiques pour capter le max d'info sur la durée. C'est super intrusif.

Effectivement, ce que j'ai fais était non seulement immoral, mais surtout très illégal. C'est effectivement punissable par la loi. Et fortement. Les communications sont du domaine fédéral et les conséquences sont désastreuses.
Si @Bluedahlia avait déposé plainte contre moi, on serait à la rue. Et possiblement en prison en ce qui me concerne.
Elle de l'a pas fait, je l'en remercie. J'ose espérer que c'était par sa capacité à comprendre la logique qui m'habitait à ce moment là.

Il n'empêche, lorsque je disais que je n'étais plus capable de vivre avec la jalousie, cela voulait aussi dire que je n'étais plus capable de vivre avec ce côté de moi que je détestait.
Je devais arrêter. Mais pour arrêter de jouer à l'espion, je devais arrêter d'être jaloux. Ce n'est pas facile.
C'est extrêmement difficile, en fait. Ça m'a pris du temps. Beaucoup de temps. Trop.
Et les dommages étaient fais. La relation entre @Bluedahlia et (R) avait été atteinte par mon comportement.
Et @Bluedahlia m'en voulait à mort. De mon sabbotage. De mon intrusion. De ma perte de contrôle, ou plustôt, de ma prise de contrôle sur toute sa sphère privée.
Encore aujourd'hui cela laisse des traces. Et je ne sais pas si on va réussir à passer au travers.

Siestacorta
Il faut que tu trouves une façon de lui garantir sa vie privée...

J'ai déjà commencé à modifier certains trucs. Devant elle j'ai effacé le téléphone "cloné".
Elle sait comment changer son "NIP" sur son cellulaire et son iPAD.
J'ai activé le 2FA chez Apple pour m'empêcher de pouvoir recommencer le processus de clonage.
J'ai retiré mes logiciels que j'avais créé.
Il ne resterait qu'à changer ses mots de passes sur le réseau. Bien sur, je peux toujours les rechanger, mais si je ne connais pas le mot de passe antérieur, elle le saurait.
Mais depuis mon changement de position, je n'ai plus rien regardé.
J'ai ***finalement*** compris que cela ne servait à rien. Ne pouvais que me stresser, me rendre anxieux et, surtout, la blesser et la faire sentir emprisonnée.

Siestacorta
Aujourd'hui, tu sens comme une petite tension dans son regard quand elle te voit clavarder avec C.

La tnesion ici est due à autre chose qu'une réaction face à la surveillance selon moi.
Lorsque @Bluedahlia communiquait avec (R), c'était par courriel. Très peu. Rarement plus qu'une ou deux fois par semaine.
Il n'était pas très présent. Ce n'était que dans les heures de bureau. Ils ne clavardaient pas ensemble.
Et jamais ils ne communiquaient en dehors des heures de bureau. Il ne voulait pas laisser entrer ma conjointe dans sa vie privée.

Il en est tout autrement avec (C) et moi. C'est une femme disponible. Trop peut-être?
Moderne, elle est sur différents réseaux sociaux. iPod, cellulaire. Une femme branchée.
Et on est entré chacun dans la vie privée de l'autre.
C'est vraiment le fréquence des communications ici qui dérange.
Comme si je partagait mon présent et mon quotidien avec deux femmes. Une physiquement et l'autre virtuellement.
Et cela affecte beaucoup @Bluedahlia.

Je suppose que c'est du à la "NRE". Puissant comme "drogue". Partout sur le forum on dit d'y faire attention. Je n'ai pas été assez prudent. C'est parti en vrille.
Aussi, je suis une personne qui répond toujours présent à ses ami.e.s. de façon naturelle. Si une personne qui m'est chère ne va pas bien, à besoin de parler, s'ennui, je suis toujours là pour cette personne. Peut importe le moment.
Je n'ai pas toujours été ainsi. Mais je le suis devenu suit au suicide d'un ami.
Cette personne était venue vers moi pour me parler et je l'avait retourné de bord pour divers prétextes.
Depuis, je ne suis plus capable vraiment d'ignorer les gens qui m'écrivent, même si ce n'est pas le bon moment.

Donc, si on combine la "NRE", l'attirance, l'affection et les sentiments que j'ai envers (C) avec ce côté de moi un peu "sauveur" et qui réponds toujours présent, c'est un méchant cocktail émotionnels et je comprends @Bluedahlia de ne pas être à l'aise la dedans.
Surtout que j'ai "embrassé" le PA et que ma conjointe, finalement, aurait préféré que des amitiés avec bénéfices, dans un cadre occasionnel. Pas des relations amoureuses parallèles.

GeorgyPorgy
J'avais un peu le sentiment que peut-être, ce qui se jouait pour elle, n'était pas le polyA, mais plutôt un flirt avec les frontières de sa vie monogame - cette volonté de s'échapper face à une sensation d'étouffement.

C'est possible. Une crise de la quarantaine? Un besoin d'oxygène du au stress de la vie, des responsabilités, une humeur dépressive?
Ce n'est pas clair tout ce qui a pu se passer et ce que @Bluedahlia voulait exactement.
Et entre ce que son coeur désirait et ce qu'on lui offrait, il y avait aussi une immense différence.
Mais c'est sur ce qu'elle désirait (ou me faisait voir qu'elle désirait) que j'ai changé.
J'ai "avancé" trop vite, trop loin, par rapport à elle.

GeorgyPorgy
Il y a une sorte de phénomène de fusion, qui autorise l'un.e ou l'autre à cela inconsciemment.

Nous sommes en effect un couple fusionnel. Très fussionnel.
C'est une force.
Mais aussi un problème, car on a de la misère à pouvoir partager l'autre.
Moi, avant.
Elle, maintenant.
C'est difficile d'accepter de laisser une partie de ce qui faisait le "tout" d'un couple être partagé avec des personnes extérieures. Les sentiments, les corps, les esprits.
On a l'impression qu'on se fait priver de quelque chose qui nous appartement, à "nous". Que ce "nous" n'est plus aussi complet qu'avant. Ou aussi unique du moins.

GeorgyPorgy
Ainsi, quand l'un.e ressent le besoin d'activer plus d'autonomie (= trigger de la crise), il / elle va aussi se rendre compte que l'autre ne comprend pas ce changement & va en réaction du même coup brider cette même autonomie en agissant sur son intimité propre (=intrusion, interrogatoire, mise en doute de la parole, remise en question de ses émotions), tout ce qui lui appartient en plein en tant qu'individu. C'est à la fois à la source & à la conséquence du conflit.

GeorgyPorgy
Est-ce que la relation est *capable* de donner de cet espace?

Exactement. Lors de l'histoire avec (R), j'ai voulu tout controler.
Avec mon histoire avec (C), @Bluedahlia réagit par les émotions.
Menacer de me quitter. Me demander d'ajuster mes attentes. Ajuster mes rencontrer.
Besoin de savoir que je recadre ma relation avec (C). Vouloir contrôler mon temps passer à clavarder.

Et cela a provoqué chez moi des réaction semblables aux mensonges que ma conjointe me servait par rapport à (R).
On s'était entendu à ce que je ne vois (C) qu'un maximum de 2 fois par mois.
Je l'ai vu dimanche passé.
Et je la revois jeudi prochain.
Mais hier j'avais des tests ITSS à passer et cela était juste à côté du bureau de (C).
J'aurais pu simplement continuer ma route après pour rentrer au travail, mais je lui avais déjà dit (à C - Avant cette entente de 2 fois par mois) que je serai dans le coin.
Je l'ai donc rencontré. 5 minutes. Devant les portes du métro. Pour lui remettre un livre.
Et je l'ai dit à @Bluedahlia. Elle ne l'a pas vraiment bien pris.

Même si elle s'en doutait. Je l'avais averti la veille que je passerait peut-être lui porter ce livre sans m'arrêter.
Elle (@Bluedahlia) m'a dit plus tard hier qu'elle doutait de mes intentions et qu'elle avait été fouiller dans mon sac (où il y avait effectivement le livre des Femmes de Stepford que je voulais prêter).
Et qu'elle s'est mise à chercher pour voir si je n'avais pas des condoms dans mon sac, aussi, pensant que je n'irai pas travailler.

Les rôles se sont inversés un peu. Ce n'est pas idéal.

Il faut apprendre à se laisser l'un et l'autre plus d'autonomie et, surtout, se faire confiance par rapport à nos sentiments.

Parlant de sentiments, ce qui trouble @Bluedahlia aussi, c'est qu'elle connaît mes sentiments pour (C). Et ne remarque aucun changement de qui je suis avec elle lorsqu'on est ensemble.
Elle a de la misère à comprendre ce double partage de mon être.
Je me surprends moi-même aussi.

Un des éléments par rapport à notre autonomie est aussi la surveillance GPS. On a tous des produits Apple et on est dans un groupe familial.
On sait donc qui est où, à tout moment. On utilise cette fonctionnalité pour coordoner l'heure du souper, qui va chercher les enfants, demander à l'autre de faire un arrêt pour acheter du lait, etc.
Ce qui était au début un outil technologique est maintenant un objet de surveillance, aussi.
Et de désactiver cela ne fera que faire comprendre à l'autre qu'on est avec quelqu'un, possiblement.

On avance, on recule, on fait des pas de côtés.
Une danse complexe.
Et on essaie de ne pas trop s'écraser les pieds pendant qu'on apprends les pas.

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Siestacorta

le vendredi 16 septembre 2022 à 18h51

Mashkwa

Siestacorta
Aujourd'hui, tu sens comme une petite tension dans son regard quand elle te voit clavarder avec C.


La tnesion ici est due à autre chose qu'une réaction face à la surveillance selon moi.
Lorsque @Bluedahlia communiquait avec (R), c'était par courriel. Très peu. Rarement plus qu'une ou deux fois par semaine.
Il n'était pas très présent. Ce n'était que dans les heures de bureau. Ils ne clavardaient pas ensemble.
Et jamais ils ne communiquaient en dehors des heures de bureau. Il ne voulait pas laisser entrer ma conjointe dans sa vie privée.

Il en est tout autrement avec (C) et moi. C'est une femme disponible.
(...)
C'est vraiment le fréquence des communications ici qui dérange.

(...)

Même si elle s'en doutait. Je l'avais averti la veille que je passerait peut-être lui porter ce livre sans m'arrêter.
Elle (@Bluedahlia) m'a dit plus tard hier qu'elle doutait de mes intentions et qu'elle avait été fouiller dans mon sac (où il y avait effectivement le livre des Femmes de Stepford que je voulais prêter). Et qu'elle s'est mise à chercher pour voir si je n'avais pas des condoms dans mon sac, aussi, pensant que je n'irai pas travailler. Les rôles se sont inversés un peu. Ce n'est pas idéal.

Tu as raison sur le fait que les conditions de ces relations jouent beaucoup sur les émotions.
Mais l'histoire de la surveillance entre vous c'est aussi un moment de normalisation de la peur et de la surveillance.
Je vois un impact, et une prise de conscience, non pas de la "faute", mais du fait que ça apprend à projeter sur l'autre les sentiments. Il s'agit pas forcément de s'en vouloir d'avoir mal réagi, mais d'avoir intégré qu'on peut réagir comme ça, que votre relation a cette forme, que l'intrusion est un commerce compréhensible pour vous : elle a compris que tu l'aies fait, tu es censé comprendre qu'elle le fasse. L'ardoise ne s'est probablement pas effacée.
Je parle donc de ce point comme signe de ce qui se joue sur votre intimité. Cela a été douloureux et ce souvenir de douleur peut parler à la place de ce que vous pourriez ressentir au présent, puis dans d'autres circonstances.

Je salue le geste d'avoir commencé à changer techniquement les modalités de communications codes, etc. Je suis pas capable de dire ce que ça garantit ou non comme sécurité de la vie privée, mais je trouve les gestes significatifs.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Ayna

le vendredi 16 septembre 2022 à 21h48

Mashkwa

Mais aussi un problème, car on a de la misère à pouvoir partager l'autre.
Moi, avant.
Elle, maintenant.

Tu ne la partages pas. Actuellement. Tu ne l’as en réalité jamais partagée.

Je lis sans intervenir depuis que j’ai lu la version des faits de @Bluedahlia qui m’a plongée dans un état dubitatif. Sur ce forum je suis toujours gênée par le fait de n’entendre qu’un protagoniste qui rapporte soit disant des «  faits ». Je salue vraiment votre démarche.
Quelle horreur cet espionnage électronique, ce gps Google «  pour faciliter la vie de famille », mon dieu mais où va-t-on avec ces outils ?? Mon chéri est du métier aussi et sa maison lui obéit au doigt et à l’œil… Et en plus c’est une balance (la maison) ! Je peux même pas lui cuisiner des cookies surprise sans qu’il le sache! je lui dis souvent que son rêve doit être de m’ajouter moi dans ses paramètres domotiques. Ça me rappelle une bd érotique tiens: «  le déclic » ! Votre histoire m’a fait frémir sur ce sujet.

Enfin voilà. Je souhaite pas trop donner mon avis ou éclairage ou je ne sais quoi pour le moment. Juste te rappeler que toi, actuellement, tu ne la partages pas. Elle t’es complètement acquise, amoureuse, te souhaitant pour elle seule. Tu n’es pas en dehors de ta zone de confort et si j’ai bien compris, tu n’as jamais vécu ce qu’elle vit actuellement avec toi dans ta relation avec C.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Mashkwa

le vendredi 16 septembre 2022 à 21h54

Ayna
Juste te rappeler que toi, actuellement, tu ne la partages pas. Elle t’es complètement acquise, amoureuse, te souhaitant pour elle seule. Tu n’es pas en dehors de ta zone de confort et si j’ai bien compris, tu n’as jamais vécu ce qu’elle vit actuellement avec toi dans ta relation avec C.

Tu as tout à fait raison Ayna. Je ne la partage pas.

Je faisais surtout allusion à l'idée de la partager dans le temps qui m'étais impossible à accepter. Elle partageait son coeur, mais rien de plus, en effet.

Et effectivement, je suis rendu beaucoup plus loin avec (C) qu'elle ne l'a jamais été avec (R), c'est indéniable.

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Ayna

le vendredi 16 septembre 2022 à 22h06

Alors écoute-la.
Tu seras peut-être bien content un jour de recevoir la même chose quand toi tu seras en difficulté.
Car crois-moi, tu n’es pas «  rendu » plus loin qu’elle. Elle n’a juste pas interféré dans ta relation avec C et elle se sent coupable, fautive, la responsable de cette «  évolution » de votre couple.
Tu seras «  rendu » plus loin qu’elle en polyamour le jour où ELLE aura une autre relation et que tu lui diras frétillant comme un gardon : «  bonne soirée ma chérie amuse-toi bien avec ton amoureux ! »

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Mashkwa

le samedi 17 septembre 2022 à 00h03

Ayna
Alors écoute-la.
Tu seras peut-être bien content un jour de recevoir la même chose quand toi tu seras en difficulté.
Car crois-moi, tu n’es pas «   rendu » plus loin qu’elle. Elle n’a juste pas interféré dans ta relation avec C et elle se sent coupable, fautive, la

Par écoute-la, tu entends quoi?

Écouter ses peurs, ses craintes, ses réticences et tender de l'apaiser, la rassurer, la réconforter?
Tenir compte de ses demandes de diminuer les contacts, etc?
Si c'est ce que tu veux dire, oui, je le fais.
Ce n'est pas facile. J'ai l'esprit en vrille. Mais j'essaie le plus possible de la réconforter, lui montrer mon indéfectible amour, ma tendresse, mon désir, ma présence, etc.

Par contre, si tu entends par là de mettre fin à ma relation avec (C), alors c'est plus difficile.
Ne serait-ce pas ainsi céder à une sorte de vengeance? Tu m'as privé de (R), je te prive de (C) ?

Surtout qu'encore hier (et aujourd'hui) ma conjointe me disait vouloir revivre ce qu'elle n'a pas pu vivre au complet avec (R).
Qu'elle souhaite de nouveau vivre cette NRE avec un autre homme.
Qu'elle aimerait donc ça pouvoir encore découvrir une personne pour la première fois.

Arrêter avec (C) pour qu'on repartes tous les deux à zéro?

Car malgré tout, je ne crois plus que le monoamou/monogamie soit ce qu'il nous faut. On s'est fait énormément souffrir la dedans.

Ayna
Car crois-moi, tu n’es pas «   rendu » plus loin qu’elle. Elle n’a juste pas interféré dans ta relation avec C...

C'est ce que je voulais dire par m'être rendu plus loin.
J'ai avec (C) plus qu'elle n'a eu avec (R) (rencontres, sorties, rapprochements, etc.)
Je ne faisait pas allusion ici au concept de polyA ou autre.
Juste que l'ouverture dont fait preuve ma conjointe m'a permis d'aller "plus loin" dans cette nouvelle relation qu'elle ne l'a pu par ma faute avec (R).

Ayna
Tu seras «   rendu » plus loin qu’elle en polyamour le jour où ELLE aura une autre relation et que tu lui diras frétillant comme un gardon : «   bonne soirée ma chérie amuse-toi bien avec ton amoureux ! »

J'espère qu'elle pourra vivre une telle nouvelle relation. Vraiment.
Et j'ose espérer que tout ce que j'ai appris me permettra de faire ce que tu dis.
Présentement, je crois que oui. Et lorsque j'aurais des doutes je devrais me rappeler ce que moi-même j'ai vécu et que je lui ai fait vivre pour m'apaiser.

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Ayna

le samedi 17 septembre 2022 à 08h08

Mashkwa

Par contre, si tu entends par là de mettre fin à ma relation avec (C), alors c'est plus difficile.

Non, je ne dis pas ça. De toute façon je ne me permettrais pas de donner ce genre de «  conseils », ni dans la «  vraie vie », encore moins à qqn de la vie duquel je ne connais que quelques aspects.

Je dis «  écoute-la » dans le sens de l’écouter, pas d’obéir. Écoute active. Écoute profonde. Écoute de chaque partie de son corps. De chaque signe intérieur ou extérieur qui te donnera le «  la », la tonalité de ce qu’elle est capable ou non de jouer sur la partition.
J’ai l’impression qu’il y a trop de passif qui vient interférer dans votre relation actuelle. Comme si vous essayiez de réécrire une partition alors qu’il y a encore plein de notes de l’ancienne. Pourtant la nouvelle partition vous l’avez en vous, mais l’écouter demande de faire silence.

Mon chéri m’écoute comme jamais personne ne m’a jamais écoutée. Je découvre en ce moment ce que c’est d’être écoutée. Pleinement. Longuement. Patiemment. Avec une présence longue. Pleine présence. La tête qui n’est pas ailleurs. La tête qui n’est pas embrouillée de résistances (oui mais si tu me demandes ça c’est de la vengeance etc… non… vierge).
Il a déconnecté la situation actuelle de toutes les situations qui l’ont fait souffrir ces derniers mois et il regarde la situation actuelle avec des yeux neufs. Mais pourquoi est-il si disponible pour écouter ? Parce que j’ai lâché. Je me suis rendue disponible moi aussi.

Je suis pas en train de te dire de faire pareil. Chaque situation est différente et les protagonistes sont des êtres uniques aux besoins différents. Je dis juste que je constate que ce qui permet aujourd’hui une évolution spectaculaire dans MON ressenti lorsqu’il voit son autre amoureuse, c’est la disponibilité que nous nous sommes donnée pendant ces deux derniers mois. Tant qu’on était lui ou moi dans une forme de résistance, de maintien volontaire de nos convictions et envies, il n’y avait pas de réelle écoute. Elle n’était pas pleine, cette écoute. J’imagine que mes parents «  m’écoutaient » comme ça, avec cette partielle indisponibilité, quand j’étais enfant. L’écoute de mon chéri me guérit, m’apaise, me donne une place tellement pleine que je n’ai plus peur d’être remplacée.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Ayna

le samedi 17 septembre 2022 à 09h16

Je voudrais ajouter une chose aussi, qui je pense joue un grand rôle dans mon «  réassurement », c’est l’écoute de mon corps, par mon chéri. L’attention à mon corps. Depuis qu’il voit cette autre femme - je ne dis pas qu’il ne le faisait pas avant, il l’a toujours fait, mais c’est d’autant plus important en ce moment et mes besoins sont décuplés - il est hyper disponible pour moi physiquement, charnellement. Il me caresse beaucoup, longtemps, me fait des massages, nous faisons l’amour comme si on venait de se rencontrer, parfois on passe la moitié de la journée au lit, bref il y en a qui passent 4h par jour sur leurs écrans (ou plus), nous on les passe à se papouiller… 😉
Je ressens que ça joue énormément sur mon sentiment de sécurité affective. L’attachement est renforcé et c’est dans mon corps que ça se passe, pas dans ma tête. L’ocytocine m’aide à dépasser les effets angoissants du «  partage ». Je vois dans un miroir grossissant les bénéfices et dans un miroir rapetissant les désagréments. En quelque sorte il me fait revivre une NRE en même temps qu’il vit l’autre (parce que je sais qu’il vit l’autre, vu comment ils ont envie de se voir tout le temps).
Vous allez me dire on n’a pas beaucoup le temps de faire l’amour avec les enfants, le boulot, etc… j’ai envie de dire: que te dit ton rapport hebdomadaire de temps d’écran? Oui, t’es pas sur ton écran que à la maison ok, mais t’y es qd même aussi à la maison non?
Beaucoup de peau à peau augmente considérablement l’ocytocine, et ça c’est pas difficile: on s’enroule dans une couverture torse nu devant un film, même les enfants ça les dérange pas.
Bref voilà. Une idée comme une autre pour aller vers plus de légèreté ❤️

Pour ceux que ça intéresse ce podcast sur les hormones de l’amour est très intéressant :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/l-amour-aur...

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Mashkwa

le dimanche 18 septembre 2022 à 19h26

Ayna
Je dis « écoute-la » dans le sens de l’écouter, pas d’obéir. Écoute active. Écoute profonde. Écoute de chaque partie de son corps. De chaque signe intérieur ou extérieur qui te donnera le « la », la tonalité de ce qu’elle est capable ou non de jouer sur la partition.
J’ai l’impression qu’il y a trop de passif qui vient interférer dans votre relation actuelle. Comme si vous essayiez de réécrire une partition alors qu’il y a encore plein de notes de l’ancienne. Pourtant la nouvelle partition vous l’avez en vous, mais l’écouter demande de faire silence.

J'entends ses peurs, ses craintes, ce qu'elle me dit. À chaque jour. Plusieurs fois par jour.
J'entends sa détresse et sa tristesse.
J'entends son appel à l'aide comme quoi tout cela va trop vite pour elle, finalement.
J'entends ses demandes répétées à prendre mon temps, du recul.
Mais même si je l'entends, je ne sais pas quoi, ou surtout comment, faire pour l'apaiser, la rassurer plus que je ne le fais présentement.

Elle me dit qu'elle aimerait que je vois (C) moins souvent. J'ai accepté de diminuer mes attentes et mes rencontres dès le mois prochain.
Elle me dit qu'elle aimerait ne pas être seule avec les enfants lorsque je vais avoir mes moments avec (C). J'ai contacté de possibles gardienne/nounou dans mon secteur pour pouvoir offrir à @Bluedahlia de sortir, elle aussi, lors de mes sorties.
Elle me demande de réduire mes conversations avec (C) dans la mesure du possible. J'essaie de le faire. Je me retiens pour prendre plus de temps pour répondre. Je ne suis pas toujours le premier à entamer une discussion.
Elle me demande d'éviter de trop faire voir à (C) l'image d'une relation amoureuse, mais plus celle d'une amitié (avec bénéfices). J'essaie donc de ne pas relancer (C) sur ses commentaires qui vont dans ce sens, je change le sujet ou réponds que par un emojji à la place d'une réponse textuelle qui aborderait dans le même sens.

Elle me dit qu'elle aimerait que mes rencontres soient uniquement "amicales" pour le moment. Mais, comment faire cela? J'ai déjà eu des raprochements avec (C). Comment revenir en arrière sachant très bien que nous irons de l'avant plus tard?
Elle me dit qu'elle aimerait que tout soit terminé pour Décembre. Que l'on revienne comme "avant" rendu là. Les émotions et les sentiments sont difficiles à encadrer dans le temps.
Elle me dit aussi que sa tête et sa logique va vers le polyamour mais que ses émotions et sont coeur sont a contre courant. Qu'elle aimerait pourvoir être sereine à me laisser aller de l'avant, de me laisser vivre cela de tout coeur mais que finalement, elle se résigne sachant le mal que j'aurais à me retirer. Ce n'est pas ce que je voulais. Ce n'est pas ce qui était convenu. On devait être bien la dedans. Mais continuer lui fait mal. M'arrêter va me faire mal. On est dans une sorte d'impasse.

J'entends. J'écoute. Mais je ne sais pas plus quoi faire. Mon coeur est occupé par deux personnes.
J'ai l'impression de faire soufrir tout le monde. L'une en la privant de ce à quoi elle a eu droit pendant 18 ans, c'est à dire ma personne et mon amour en exclusivité. L'autre, en la laissant dans l'attente de ma personne.
J'ai l'impression qu'aucun de mes choix ne sera le bon, pour personne. Je me sens pris dans un piège que j'ai moi-même ouvert. Oui, il m'est facile de dire que j'ai ouvert cette porte pour (A), mais c'est réducteur. Je l'ai fais surtout pour moi, qui n'était plus capable de vivre avec mon ressentis, mon anxiété, mes peurs. J'aurais pu décider de partir, de quitter ma conjointe, me sentant incapable de continuer de vivre dans ce stres, la peur, la jalousie.
J'ai ouvert une porte pour me donner la chance d'avoir le coeur léger en laissant (A) vivre ce qu'elle voulait vivre. Et pour assouvir une curiosité qui, à la longue, c'était installée en moi aussi.
"Beau" revirement de situation.
Ce qui devait nous permettre de diminuer notre stress, nos peurs, notre colère ne fait qu'en fait déplacer les sentiments à l'autre personne.

Plus on en parle, plus on se fait de mal, plus on se rends compte qu'on n'est pas nécessairement rendu au même endroit, qu'on n'a pas les mêmes visions, les mêmes désirs.
On ne peut pas non plus faire comme de rien n'était.

Mais on semble d'accord sur le fait que de revenir comme "avant" ne soit plus vraiment possible non plus.
On doit trouver une solution pour aller de l'avant dans ce nouveau "nous", mais c'est plus difficile qu'on le croyait au départ.

Ayna
... il est hyper disponible pour moi physiquement, charnellement. Il me caresse beaucoup, longtemps, me fait des massages, nous faisons l’amour comme si on venait de se rencontrer, parfois on passe la moitié de la journée au lit ...

Du temps de (R), j'aurais vraiment aimé que ma conjointe se comporte comme ton chéri, qu'elle me donne plus de tendresse, de présence, de câlins. Mais le contrôle que j'exerçait sur la situation la mettait en collère et elle me fuyait. M'évitait.
Je me sentais d'autant plus rejetté et cela ne faisait qu'accroître ma peur.

Depuis que (C) est dans ma vie (tournure de phrase que (A) n'aime pas ententre ou lire, elle n'aime pas que je dise "qu'elle est dans ma vie"), mon désir pour elle (A) est accru.
J'ai encore plus le désir de la coller, de la toucher, de la caresser, de lui faire l'amour comme à nos premiers jours.
Mais présentement, elle m'évite. La situation la rends incapable d'accepter mes élans de tendresse. Moi qui a tellement d'amour à donner, je me sens incapable de le donner à ma conjointe de mes 18 dernières années.
C'est douloureux. Encore plus quand tu sais que, d'une certaine façon, c'est un peu à cause de toi.

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Mashkwa

le dimanche 18 septembre 2022 à 19h43

Je me rends compte qu'entre mon message initial, qui laissait présager une mise en place d'une ouverture polyamoureuse au sein de notre couple, de façon harmonieuse et consensuelle, et ce qu'il en ressors présentement, on est loin du compte.

La peur, la jalousie, le clash entre mes désirs/envies et ce que ma conjointe (@Bluedahlia) est finalement capable de m'accorder, rien ne va plus comme on l'entendait.

Je me demande s'il est encore pertinent de continuer dans ce fil de discussion qui est, ma fois, long et qui pourrait faire peur aux nouveaux lecteurs ou s'il ne serait pas plus avantageux d'en créer un nouveau sur la gestion de l'ouverture du polyamour au sein d'un couple mono/poly tout simplement (tout en faisant un lien vers ce fil de discussions pour les plus curieux).

Vous en pensez-quoi ?

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Ayna

le lundi 19 septembre 2022 à 07h45

Mashkwa
J'entends ses peurs, ses craintes, ce qu'elle me dit. À chaque jour. Plusieurs fois par jour.
J'entends sa détresse et sa tristesse.
J'entends son appel à l'aide comme quoi tout cela va trop vite pour elle, finalement.
J'entends ses demandes répétées à prendre mon temps, du recul.
Mais même si je l'entends, je ne sais pas quoi, ou surtout comment, faire pour l'apaiser, la rassurer plus que je ne le fais présentement.

«  Entendre » veut dire «  tendre vers », c’est une intention, c’est déjà une attitude positive.
«  Écouter » vient de «  auscultare », c’est littéralement «  ausculter » l’autre comme le médecin ausculte/écoute le corps. Cette dimension du corps me paraît essentielle et fait toute la différence.

Je vais te raconter l’épisode de ma vie qui m’a fait comprendre cette différence. Je sortais d’un stage de je ne sais plus quoi où une intervenante nous avait montré comment écouter l’autre avec son ventre. Pour faire court, il s’agissait d’imaginer un «  huit » entre le ventre de l’autre et le sien. Une circulation entre les deux corps, en qq sorte. A l’époque, j’étais aux prises avec un ex-mari père de mes enfants dans une colère inapaisable depuis plusieurs années. J’étais dépitée, épuisée, sans espoir d’amélioration. Je suis allée récupérer mes enfants chez lui et affronter une énième fois le déballage de tous ses reproches. Je me suis assise en face de lui et j’ai décidé de tester le «  truc » de l’écoute du corps. J’ai fait circuler le «  huit » pendant dix minutes, cerveau débranché. Je n’ai rien écouté avec ma tête, rien suivi de son discours. Une fois qu’il a fini, il s’est tu, m’a regardé intensément, et m’a dit : «  «  c’est fou j’ai l’impression que c’est la première fois que tu m’écoutes. » Autant te dire que je suis littéralement tombée des nues (je n’avais littéralement rien «  écouté » justement !!)
Le contexte est différent, je ne dis pas que tu dois rien écouter du texte, moi je le connaissais par coeur le texte, mais c’est pour dire qu’il se passe vraiment qqc quand on entre dans la dimension du corps. Et peut-être que c’est une piste pour vous, de revenir dans le corps. Quand tout semble verrouillé, c’est souvent que l’on est bloqué dans le mental. On tourne en rond parce qu’on cherche la sortie avec notre intellect, mais «  Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu'il a été créé » (Einstein)

Message modifié par son auteur il y a 15 jours.

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Ayna

le lundi 19 septembre 2022 à 08h29

Mashkwa
Elle me dit qu'elle aimerait que mes rencontres soient uniquement "amicales" pour le moment. Mais, comment faire cela? J'ai déjà eu des raprochements avec (C). Comment revenir en arrière sachant très bien que nous irons de l'avant plus tard?

Encore une fois, je réponds avec ce que je vis, c’est ma seule référence et j’espère que d’autres vous apporteront d’autres pistes. Je me permets de partager car pour le moment je vais bien dans cette dynamique et mon chéri aussi. Nous avons traversé des moments difficiles où le positif l’emporte largement, ni lui ni moi ne regrettons nos choix. Notre relation en est sortie renforcée.

Je rappelle la situation antérieure à celle d’aujourd’hui (qui s’est inversée) : j’avais deux relations en plus de ma relation avec lui, qu’il n’acceptait pas. C’était un choix de ma part de vivre ce que j’avais besoin de vivre à ce moment et j’étais prête à le perdre tant ce désir était fort. Il savait que s’il restait avec moi, c’était avec une «  moi » qui avait totale liberté de corps et d’esprit.

Il est arrivé un moment où j’ai eu le désir de remettre notre relation comme priorité dans ma vie. J’ai vu durant ces longs mois la pureté de l’amour qu’il me portait et j’ai découvert des parts de lui que je n’avais jamais même soupçonnées. Je me suis mise à l’admirer pour qui il était profondément, et non le personnage conventionnel qu’il montrait au monde. Mon amour pour lui a supplanté mon désir incontrôlable de liberté.

Je suis revenue en arrière.

La relation avec la personne C était intime et engagée. La relation avec D en était à son début. Avec D il a suffi de clarifier mes intentions et mon évolution. Avec C cela a demandé plus de dialogue et d’efforts. De ma part et de sa part. J’ai transformé ce lien en lien d’amitié. Parce que c’est ce que mon chéri pouvait accepter. Je n’ai pas perdu C. Il est toujours dans ma vie. Pour reprendre l’expression que @Bluedahlia n’aime pas. Il est toujours dans ma vie et je le remercie du fond du cœur de ne pas avoir fermé la porte. Car je l’aime. C est qqn de très empathe. Il m’aime aussi. Et il m’aime assez pour souhaiter mon bonheur quoiqu’il en coûte. Le lien d’amitié qui nous lie aujourd’hui est un lien fort, intime mais sans sexualité. Depuis, il a rencontré une autre personne, ce qui n’est pas facile pour moi, mais mon amour pour lui est assez grand pour souhaiter son bonheur avec une autre. Et notre lien n’a pas bougé depuis la venue de cette autre personne dans sa vie. J’ai l’impression que je pourrai toujours compter sur lui, sur sa tendresse, sur son écoute. J’aime beaucoup ce que notre lien est devenu. Et surtout, ce choix consenti a généré un apaisement total dans ma relation avec mon chéri, ce qui a soulagé tout le monde finalement.

Peut-être qu’un jour ce sera à nouveau différent. La vie est mouvement. Dès qu’on fige les choses, il y a douleur, crispation, tension, on fait barrage au flot de l’existence. J’accepte totalement cette circulation, ce mouvement, j’accepte de bouger mes lignes pour que l’autre trouve sa place.

L’amour n’est pas qqc de figé. L’amour est plus grand que le lien d’intimité.

Peut-être que tu ne te sens pas capable de lâcher ton lien tel qu’il est aujourd’hui avec C. Peut-être qu’elle non plus. Mais la crispation autour de votre situation à tous les trois semble tellement souffrante qu’il est peut-être quand même nécessaire de réfléchir à poser un acte pour créer de l’espace qq part… L’espace pour vous n’est pas forcément au même endroit que pour nous, mais il faut de l’espace pour que les choses bougent.

Je suis persuadée que j’ai agi avant qu’il soit trop tard et je me félicite aujourd’hui de n’avoir pas trop traîné car aujourd’hui l’apaisement est réel, bienfaisant, notre histoire évolue vers de l’ouverture, tranquillement, dans l’enthousiasme de ce qu’on découvre, progressivement, sans souffrance. Trop attendre crée du passif de souffrance qui met d’autant plus de temps à se dissoudre par la suite… Tout peut changer, je ne connais pas le futur, et je suis aujourd’hui challengée sur bien des aspects, mais j’ai une confiance en lui et en nous qui
me rassure énormément. Ce socle de sécurité, de confiance, d’amour, j’en ai besoin pour être enthousiaste à vivre de nouvelles expériences.

Message modifié par son auteur il y a 15 jours.

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Ayna

le lundi 19 septembre 2022 à 08h47

Mashkwa
Ce n'est pas ce que je voulais. Ce n'est pas ce qui était convenu. On devait être bien la dedans. Mais continuer lui fait mal. M'arrêter va me faire mal. On est dans une sorte d'impasse.

Tu as déjà mal, non?
Il n’y a d’impasse que lorsque l’on réfléchit en deux dimensions. Dès que Super Mario trouve la troisième, il sort du traquenard.
Peut-être que t’extraire toi de la situation et prendre qq jours seul pour toi sans téléphone et sans lien ni avec l’une ni avec l’autre te permettrait de prendre le recul nécessaire pour trouver ta troisième solution ?

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Ayna

le lundi 19 septembre 2022 à 08h58

Mashkwa
J'ai encore plus le désir de la coller, de la toucher, de la caresser, de lui faire l'amour comme à nos premiers jours.
Mais présentement, elle m'évite. La situation la rends incapable d'accepter mes élans de tendresse. Moi qui a tellement d'amour à donner, je me sens incapable de le donner à ma conjointe de mes 18 dernières années.

Elle est incapable ou tu es incapable ?
Qqc n’est pas logique dans ta formulation.
Vous avez essayé de partir en amoureux tous les deux? De débrancher du quotidien ? De retrouver ce lien du corps? C’est une clef à mon sens. L’attachement reviendra avec l’ocytocine, et avec ce lien d’attachement, le sentiment de sécurité. Il faut renverser la vapeur si tu tiens à cette relation. Vous êtes dans le cercle vicieux de la peur : rétablissez le cercle vertueux de l’amour! Faites-vous du bien! Tu verras que par ricochet, la relation avec C s’en trouvera mieux elle aussi!
Tu crois que tu vas faire du mal à C mais qu’en sais-tu ? Est-ce que ta présence ne la maintient pas dans un certain confort finalement ? Si elle te perd (en apparence, car si votre lien est réel elle ne te perdra pas, quelle que soit la forme qu’il prend), n’aura-t-elle pas enfin la force de quitter ce mari qu’elle n’aime plus? C’est curieux parfois comme les trios maintiennent un statu quo dans certaines situations. On ne peut pas savoir, mais si ça se trouve elle trouve un équilibre grâce à toi qui l’empêche d’avancer aussi!!! Pour faire un pas en avant on a besoin de se mettre en déséquilibre un instant!
D’ailleurs est-ce que C lit nos échanges ici? Ne serait-ce pas bénéfique et honnête qu’elle puisse les lire? Et si ça te met inconfortable de penser cela: qu’est-ce qui est inconfortable ?

Message modifié par son auteur il y a 13 jours.

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Mashkwa

le lundi 19 septembre 2022 à 15h01

Ayna
Elle est incapable ou tu es incapable ?
Qqc n’est pas logique dans ta formulation

Par incapable, je voulais dire que je VEUX donner cette tendresse, cet amour, ce lien physique à ma conjointe (A) mais que la peur, la tristesse, la colère la rend non-réceptive et elle s'éloigne de moi.
Je veux lui donner, mais je ne peux pas car elle me repousse.
En effet, c'était mal formulé.

Par contre, hier, il y a eu un déblocage. Après un grosse journée de travaux sur la maison (réorganisation des meubles des chambres des enfants et de la zone de jeu du sous-sol) et de tensions en nous deux, nous nous somme collés. Et avons fait l'amour. Toute la tension est retombée. Ma conjointe disait même, en farce, que je pourrais lui demander n'importe que, même de faire une chambre à (C) dans le sous-sol et que cela ne la dérangerait pas. Elle m'a demandé de lui rappeler ce moment les prochaines fois. Que lorsqu'elle se sens en colère contre moi, qu'elle a peur ou qu'elle s'imagine le pire, de lui rappeler d'agir au contraire de ses émotions. D'aller se rassurer auprès de moi au lieu de me craindre et de m'éviter.

Ayna
... n’aura-t-elle pas enfin la force de quitter ce mari qu’elle n’aime plus?

Lorsque je l'ai rencontrée (C), elle maintenant ce statut quo. Rester en couple mais chercher de l'affection, de l'amitié et de la sexualité en dehors de son couple. Elle ne se sentait pas prête à le quitter. Je ne sais pas si je suis pour quelque chose dans ses nouvelles décisions, mais je sais qu'elle m'a dit que ma présence la rassure, la réconforte et, surtout, lui donne du courage.

(C) a pris la décision de demander une relocalisation en Gaspésie (zone géographique du Québec à près de 1000 km de Montréal, sur le bord de la mer). Elle y va sans lui, refaire sa vie. Et si cela lui est refusé (elle attends toujours la réponse) elle m'a dit qu'elle va le quitter. Qu'elle n'est plus capable, qu'elle sent que sa vie est ailleurs, autrement, sans lui.

Ayna
Peut-être que tu ne te sens pas capable de lâcher ton lien tel qu’il est aujourd’hui avec C. Peut-être qu’elle non plus.

Pour ce qui est de ma relation avec (C), je ressens une sorte d'urgence d'agir, de la vivre en fait. Son déménagement probable dans quelques mois à une distance rendant tout lien physique impossible (sauf en voiture, mais conduire +1000km aller/retour plus le temps là bas ne fais pas partie des libertés que je pourrais avoir dans ma vie) joue ici un rôle important dans ce stress je dois avouer.

Ayna
Vous avez essayé de partir en amoureux tous les deux? De débrancher du quotidien ? De retrouver ce lien du corps?

Partir sans les enfants est difficile. La famille de ma conjointe ne nous aide pas vraiment avec nos enfants pour nous donner du répit. Ou si peu. Mes parent nous offraient quelques fois par années de garder nos filles 2 nuits. Mais très peu cette année. Ma mère joue à l'aidante naturelle avec sa propre mère, une semaine sur deux. Je ne veux pas trop les déranger. Mes parents ont quand même 69 ans.

N'empêche, nous allons dans un chalet en montagne toute la famille en octobre. Ce sera un beau moment pour être juste nous autres ensemble.

Je n'ai pas commenté tout tes points, @Ayna, mais j'ai tout lu.

Je vais tenter t'intégrer et d'absorber tout cela et voir comment je peux traduire cela en actions dans notre histoire.

Merci beaucoup de t'ouvrir ainsi et de nous partager ton vécu. C'est vraiment apprécié.

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Noli

le mardi 20 septembre 2022 à 14h28

Je ne vois pas comment c'est possible d'envisager d'ouvrir son couple au polyamour alors que vous ne pouvez pas vous accorder du temps de qualité sans les enfants tous les deux.
C'est un coup à mourir d'envie et de jalousie devant les moments de qualités passés avec les autres partenaires.
Vous devriez clairement commencer par là et trouver des solutions pour que ça soit possible, avant de penser au reste.

Message modifié par son auteur il y a 13 jours.

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Bluedahlia

le mardi 20 septembre 2022 à 18h42

Noli
Je ne vois pas comment c'est possible d'envisager d'ouvrir son couple au polyamour alors que vous ne pouvez pas vous accorder du temps de qualité sans les enfants tous les deux.
C'est un coup à mourir d'envie et de jalousie devant les moments de qualités passés avec les autres partenaires.
Vous devriez clairement commencer par là et trouver des solutions pour que ça soit possible, avant de penser au reste.

C'est tellement là qui est le problème! le temps de qualité où nous pouvons avoir du bonheur à l'extérieur de notre maison, en dehors de la routine bien établie est exceptionnellement rare. Nous avons très peu de moments de répit pour nous permettre de s'évader tous les deux. Il prévoit la voir et sortir avec elle deux fois par mois. Je me sens complètement à l'envers, frustrée et jalouse. Presque punie d'avoir mis au monde deux enfants. Le temps que je souhaiterais vivre et me divertir, avoir du fun avec mon chum, c'est avec une autre qu'il partagera ce temps. C'est donc avoir moi que ça sera occasionnel car une gardienne ça coute cher quand même.

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Caoline

le mercredi 21 septembre 2022 à 09h57

Bluedahlia
C'est tellement là qui est le problème! le temps de qualité où nous pouvons avoir du bonheur à l'extérieur de notre maison, en dehors de la routine bien établie est exceptionnellement rare. Nous avons très peu de moments de répit pour nous permettre de s'évader tous les deux. Il prévoit la voir et sortir avec elle deux fois par mois. Je me sens complètement à l'envers, frustrée et jalouse. Presque punie d'avoir mis au monde deux enfants. Le temps que je souhaiterais vivre et me divertir, avoir du fun avec mon chum, c'est avec une autre qu'il partagera ce temps. C'est donc avoir moi que ça sera occasionnel car une gardienne ça coute cher quand même.

Avez vous l'intention de faire garder les enfants pour que tu puisses sortir en même temps quand @Mashkwa ira voir C ? Ça peut être une bonne idée si vous en avez la possibilité, le temps passe plus vite et on stresse moins si on fait quelque chose de sympa. Mais si ça vous empêche, du fait du budget, de sortir ensembles une autre fois, c'est peut-être dommage. Et si ce n'est pas le cas, ça ne vous enlève pas de temps de qualité ensembles qu'il en est avec C. Et à un autre moment tu peux aussi sortir et qu'il garde les enfants, pas nécessairement avec une autre relation sentimentale, ça peut être seule, avec des ami.e.s faire quelque chose que lui n'apprécie pas, ou qu'il apprécie mais que tu as envie de faire seule ou avec quelqu'un d'autre. C'est ce que mon compagnon a fait quand j'ai commencé à partir seule pour passer du temps avec quelqu'un d'autre, à d'autres moments, il s'est autorisé à aller à des activités associatives pour avoir ses moments à lui.
Il me vient une idée, peut-être qu'en trouvant d'autres poly localement vous pourriez sympathiser et faire des échanges de garde d'enfants car je pense que c'est souvent un souci rencontrer par les couples la jalousie du fait que l'on puisse plus facilement sortir seul.e avec un.e autre qu'ensembles.

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