Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Polyamoureuse pas assumée

#

femme parti (invité)

le vendredi 20 septembre 2013 à 20h01

Je vais essayer de répondre aux diverses questions.

Pourquoi abandonner ma vie de mono? Pour me redécouvrir à travers les autres, par une certaine lassitude peut-être de pas tout partager hormis mon mari, par une envie de donner aux autres, un peu fouillis mais pas réellement explicable, juste un besoin qui a germé doucement en moi.

Sur le chantage, qui pour vous n'en est pas un, mais je le ressens tel quel. Effectivement vos avis m'interpellent et sont unanimes. J'en conclue que si un de nous deux ne change pas d'avis, je me séparerai de mon mari. Quel dilemme!
Lorsque je le vois à l'ouverture de la porte, j'en aurait presque des larmes de joie. Il n'est pas parfait, reste très ouvert mais cette situation le perturbe fortement à un point qu'il ne peut l'exprimer clairement. Cela se passe en lui, c'est viscéral.

Au début, lorsque je lui ai parlait du poly, il a accusé le coup mais est resté digne. Il m'a écouté, j'ai répondu à ses questions. Il s'est remis totalement en cause, comme s'il devait me reconquérir. Il m'a réellement surprise lorsqu'il a consulté une psy et accepté de rencontrer mon autre amoureux. Actuellement, nos discussions concernent les divers efforts et avancées de chacun et il se sent perdant. Il ne souhaite plus aborder le sujet, car cet immobilisme n'est pas constructif. Il ressent une épée de Damoclès au dessus de lui, sa logique est que je puisse développer des sentiments pour un autre et le quitter par la suite. Le rassurer sur mon envie de finir mes jours avec lui aggrave ma plaidoirie puisqu'il est certain que les sentiments ne se maitrisent pas et qu'un jour j'en préférerai un autre.

J'ai la responsabilité d'avoir brulé les étapes, de l'avoir trahi quant à mon autre amoureux. J'ai cherché à le ménager en m'y prenant mal. Je le sens s'éloigner de moi et j'ai l'impression d'un retour de manivelle.

J'ai bien relevé votre optimisme de part sa présence à la maison. Il est clair qu'il n'est pas responsable de cette crise, car je le vis ainsi. Est-il en phase de construction? Je ne le sais pas, mais il m'a tellement surprise pas ses actes contre nature, psy, rencontre de mon amoureux, que je ne sais plus quoi penser. Je crois qu'il m'a réellement déstabilisé quant à cela, comme je le sens s'éloigner de moi et j'ai l'impression d'un retour de manivelle. Le fait qu'il ne me demande pas de cesser mon poly, car il juge ne pas en avoir le droit, rajoute encore à mon incompréhension : avance t-il ou pas, je pensais qu'il m'aurait imposer de stopper mon poly.

J'ai commandé les amours plurielles et me tarde de le recevoir. J'ai l'impression d'attendre une bouée de sauvetage.

#
Profil

LuLutine

le samedi 21 septembre 2013 à 01h07

femme parti
Actuellement, nos discussions concernent les divers efforts et avancées de chacun et il se sent perdant.

Malheureusement, la plupart des efforts que tu feras pour lui risquent de passer pour "moins coûteux" que les siens, pour "normaux" voire inaperçus...

Comme il avait été dit il y a quelque temps sur ce fil ou un autre (je ne sais plus), il est courant que le mono ne se rende pas compte des efforts du poly (et de ce qu'ils coûtent viscéralement à ce dernier) car ces efforts sont considérés comme "normaux" (voire pas comme des efforts) dans un univers mono.
Au contraire, la plupart des poly parce qu'ils connaissent aussi l'univers mono vont plus facilement se rendre compte des efforts d'un partenaire mono, même si pour eux (poly) ce ne seraient pas des efforts.

femme parti
Il ressent une épée de Damoclès au dessus de lui, sa logique est que je puisse développer des sentiments pour un autre et le quitter par la suite. Le rassurer sur mon envie de finir mes jours avec lui aggrave ma plaidoirie puisqu'il est certain que les sentiments ne se maitrisent pas et qu'un jour j'en préférerai un autre.

Alors...d'un point de vue viscéral, purement alogique son sentiment est compréhensible.

Par contre, comme raisonnement c'est totalement illogique. Je pense qu'il s'en rend compte ?

En effet, si tu redevenais exclusive pour lui, comme les sentiments ça ne se maîtrise pas, le jour où tu tombes amoureuse d'un autre, il est sûr que tu le quittes !
Alors que dans une configuration poly, si tu tombes amoureuse d'un autre, comme vous ne seriez pas exclusifs, tu n'aurais aucune raison de le laisser tomber, car cela ne t'interdirait pas de vivre ton autre histoire.

femme parti
Le fait qu'il ne me demande pas de cesser mon poly, car il juge ne pas en avoir le droit, rajoute encore à mon incompréhension : avance t-il ou pas, je pensais qu'il m'aurait imposer de stopper mon poly.

Ben moi ça me semble plutôt sain de sa part, de ne pas essayer de te contraindre, que ce soit ouvertement ou par manipulation (je n'ai pas non plus l'impression qu'il soit dans cette optique-là mais je peux me tromper).

Il n'a pas à te dire comment vivre, tout ce qu'il peut faire c'est te dire ce qu'il vit mal et (si possible) pourquoi pour que toi tu aies les cartes en main pour t'adapter du mieux que tu le peux.

Pourquoi rentrerait-il dans un rapport de force ? Ce serait malsain je trouve.

femme parti
J'ai commandé les amours plurielles et me tarde de le recevoir. J'ai l'impression d'attendre une bouée de sauvetage.

Attention toutefois, chaque histoire individuelle est unique, le guide des amours plurielles n'est pas un remède miracle et ne "sauvera" pas forcément votre couple (je dis ça parce que tu parles de bouée de sauvetage...ce n'en est pas une, en tout cas certainement pas pour votre couple - à mon avis !).

Par contre, je ne dis pas que c'est inutile au contraire, ça t'aidera sans doute à progresser sur la voie qui est la tienne, et à mieux appréhender ce qui compte vraiment pour toi dans cette situation, tes priorités, tes options etc.

#
Profil

aviatha

le samedi 21 septembre 2013 à 02h12

femme parti
Pourquoi abandonner ma vie de mono ? Pour me redécouvrir à travers les autres, par une certaine lassitude peut-être de pas tout partager hormis mon mari, par une envie de donner aux autres, un peu fouillis mais pas réellement explicable, juste un besoin qui a germé doucement en moi.

Honnêtement, je ne vois pas en quoi ce que tu expose est incompatible avec la vie de mono (pas plus qu'avec la vie de poly d'ailleurs), moi même ayant une vie très ouverte sur les autres, très proche de beaucoup de gens, très dans l'affection profonde avec beaucoup de proches, donc j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de changements chez toi, et pas juste le passage de mono à poly, peut-être que ça brouille les cartes du coup.

femme parti
J'ai la responsabilité d'avoir brulé les étapes, de l'avoir trahi quant à mon autre amoureux. J'ai cherché à le ménager en m'y prenant mal. Je le sens s'éloigner de moi et j'ai l'impression d'un retour de manivelle.

A mon avis c'est un peu le cas. Je ne porte aucun jugement, je ne fais qu'analyser. Mais tu lui as parlé du poly, lui as parlé de la nécessité de la confiance, de la transparence, du fait de dire la vérité comme une forme de respect de l'autre, et il se rend compte que tu as commencé cette transformation, cette relation avec ton autre amoureux en faisant exactement le contraire, même si ça partait d'une bonne intention. Comment veux-tu qu'il puisse désormais te faire confiance ? Il va lui falloir du temps pour digérer avant de le pouvoir à nouveau. Comment veux-tu qu'il soit rassuré par ce que tu lui expliques tu fonctionnement poly (si j'en aime un autre je ne te quitterais pas pour autant, je veux passer ma vie avec toi même s'il y en a d'autres etc...) s'il a comme seul expérience un cas où il n'a été respecté ni par toi (qui lui a caché ton amoureux au début) ni par ton amoureux (qui n'était pas du tout dans un fonctionnement poly en lui réclamant de l'être) ? Ce n'est pas étonnant que tu le sentes s'éloigner de toi, même si, ça se trouve, il ne cherche qu'à prendre un peu de recul.
Mais si tu ajoutes à ça le fait d'un rejet viscéral du poly comme tu sembles le décrire, ce n'est pas étonnant qu'il soit perturbé.

LuLutine
Par contre, comme raisonnement c'est totalement illogique. Je pense qu'il s'en rend compte ?
En effet, si tu redevenais exclusive pour lui, comme les sentiments ça ne se maîtrise pas, le jour où tu tombes amoureuse d'un autre, il est sûr que tu le quittes !
Alors que dans une configuration poly, si tu tombes amoureuse d'un autre, comme vous ne seriez pas exclusifs, tu n'aurais aucune raison de le laisser tomber, car cela ne t'interdirait pas de vivre ton autre histoire.

Je pense au contraire que son raisonnement est très logique. Car il a accepté les explications et la théorie sur le poly pour se rendre compte qu'elles n'étaient appliquées véritablement par aucun des membres du "trio" (sa femme et son amoureux donc) qui s'en revendiquait. Il a toutes les raisons de refuser de croire désormais à ce qu'on lui explique sur "la configuration poly qui permet que..." comme il se dit qu'il a eu tort de croire à ces explications sur la transparence, la mise au parfum du conjoint, la recherche du consentement du conjoint "officiel"... Peut-être qu'il a tort. Il n'empêche que son expérience actuelle lui indique clairement qu'il n'a aucune raison de croire à nouveau les explications qu'on lui donne à ce sujet.

#
Profil

Anarchamory

le samedi 21 septembre 2013 à 11h57

LuLutine
Oui, un mono qui est indépendant affectivement et qui ne se braque pas plus parce que tu es à ton cours de macramé (exemple piqué à LittleJohn ! :p) ou parce que tu es avec un amant, vivra cette situation très bien.
D'ailleurs, une telle personne serait presque polyamoureuse. La seule chose qui l'empêcherait peut-être d'être qualifiée de polyamoureuse (par moi en tout cas) serait éventuellement le fait qu'elle ne désire pas d'autre relation...

Un poly ne désire pas nécessairement d'autre relation, ni même de relation tout court. Un poly est juste capable d'être attiré par plusieurs personnes simultanément, et ouvert à l'idée d'entretenir plusieurs relations "amoureuses" simultanées, si le cas se présente.

D'ailleurs c'est même en en discutant avec toi qui j'ai pris une conscience plus aiguë de cette nuance entre "désirer des relations" et "être ouvert à des relations" : comme quoi l'élève MetaZet surpasse le maître LuLutine ! :P

LuLutine
Alors...d'un point de vue viscéral, purement alogique son sentiment est compréhensible.

Par contre, comme raisonnement c'est totalement illogique. Je pense qu'il s'en rend compte ?

En effet, si tu redevenais exclusive pour lui, comme les sentiments ça ne se maîtrise pas, le jour où tu tombes amoureuse d'un autre, il est sûr que tu le quittes !
Alors que dans une configuration poly, si tu tombes amoureuse d'un autre, comme vous ne seriez pas exclusifs, tu n'aurais aucune raison de le laisser tomber, car cela ne t'interdirait pas de vivre ton autre histoire.

Je plussoie à la puissance 10 ! :-) Tu m'ôtes les mots de la bouche...
Je pense, "Femme partie", que tu devrais insister là-dessus avec lui.

(J'ajoute que certaines personnes sont tout à fait capables de maîtriser leurs sentiments, peut-être est-ce ton cas, qu'en sait-il ?)

aviatha
Honnêtement, je ne vois pas en quoi ce que tu expose est incompatible avec la vie de mono (pas plus qu'avec la vie de poly d'ailleurs), moi même ayant une vie très ouverte sur les autres, très proche de beaucoup de gens, très dans l'affection profonde avec beaucoup de proches,

Ah bon ? Même sexuellement et amoureusement tu veux dire ? Si oui, bah alors t'es sur la voie pour être poly :P (te reste plus qu'à accepter la même chose de la part de ton copain !). Si non, bah alors tu vois bien qu'il y a des domaines de l'existence pour lesquels "Femme partie" ne peut se "redécouvrir à travers les autres", qu'elle ne peut pas "partager", qu'elle ne peut pas "donner aux autres".

aviatha
A mon avis c'est un peu le cas. Je ne porte aucun jugement, je ne fais qu'analyser. Mais tu lui as parlé du poly, lui as parlé de la nécessité de la confiance, de la transparence, du fait de dire la vérité comme une forme de respect de l'autre, et il se rend compte que tu as commencé cette transformation, cette relation avec ton autre amoureux en faisant exactement le contraire, même si ça partait d'une bonne intention. Comment veux-tu qu'il puisse désormais te faire confiance ? Il va lui falloir du temps pour digérer avant de le pouvoir à nouveau. Comment veux-tu qu'il soit rassuré par ce que tu lui expliques tu fonctionnement poly (si j'en aime un autre je ne te quitterais pas pour autant, je veux passer ma vie avec toi même s'il y en a d'autres etc...) s'il a comme seul expérience un cas où il n'a été respecté ni par toi (qui lui a caché ton amoureux au début) ni par ton amoureux (qui n'était pas du tout dans un fonctionnement poly en lui réclamant de l'être) ? Ce n'est pas étonnant que tu le sentes s'éloigner de toi, même si, ça se trouve, il ne cherche qu'à prendre un peu de recul.
Mais si tu ajoutes à ça le fait d'un rejet viscéral du poly comme tu sembles le décrire, ce n'est pas étonnant qu'il soit perturbé.

[...]

Je pense au contraire que son raisonnement est très logique. Car il a accepté les explications et la théorie sur le poly pour se rendre compte qu'elles n'étaient appliquées véritablement par aucun des membres du "trio" (sa femme et son amoureux donc) qui s'en revendiquait. Il a toutes les raisons de refuser de croire désormais à ce qu'on lui explique sur "la configuration poly qui permet que..." comme il se dit qu'il a eu tort de croire à ces explications sur la transparence, la mise au parfum du conjoint, la recherche du consentement du conjoint "officiel"... Peut-être qu'il a tort. Il n'empêche que son expérience actuelle lui indique clairement qu'il n'a aucune raison de croire à nouveau les explications qu'on lui donne à ce sujet.

Il me semble que tu mélanges deux phases temporellement distinctes dans leur rapport à la situation :
- dans un premier temps, la relation était cachée car, visiblement, "Femme partie" craignait une réaction négative de la part de son mari.
- à présent, la logique est plutôt d'assumer la chose est de mettre cartes sur table : l'idée n'est plus de cacher des choses, mais de les exposer et d'en discuter. Ce n'est plus la même logique qui est à l’œuvre.
De toute façon, ça ne change rien à la démonstration de LuLutine : si les sentiments ne se maîtrisent pas, ils ne se maîtrisent pas, donc, que "Femme partie" adopte un comportement poly ou mono n'y changera rien. On pourrait arguer qu'adopter un comportement poly serait davantage "jouer avec le feu", mais c'est pas dit : adopter un comportement mono (contre sa nature profonde) peut aussi induire un effet "cocotte minute sous pression" qui finit par exploser...
Et si elle se force à faire la mono, puis qu'un jour elle tombe sur un mec aussi bien que son mari, mais qui, en plus, accepte le poly : hé bien elle risque vraiment, pour le coup, de quitter son mari pour lui... Tandis que si son mari acceptait le poly, il y aurait moins de chances que ça arrive. Car quand on est poly et qu'on a la chance de tomber sur quelqu'un de bien qui, en plus, est poly-acceptant, je ne pense pas qu'on ait envie de le quitter comme ça !

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

Siestacorta

le samedi 21 septembre 2013 à 12h06

MetaZet
Car quand on est poly et qu'on a la chance de tomber sur quelqu'un de bien qui, en plus, est poly-acceptant, je ne pense pas qu'on ait envie de le quitter comme ça !


Je suis pas sûr que l'argument touche les deux gens partis avec qui nous discutons ici, en revanche, c'est une réalité : un polyamoureux va être très très très attaché à une relation avec un poly-acceptant, fera sans doute beaucoup d'efforts pour elle, et fera durer la relation sans doute beaucoup plus longtemps qu'il ne l'aurait pu avec un exclusif.
Faut vraiment comprendre et faire comprendre que la pérennité et la stabilité ne sont pas du tout exclues par principe de la démarche poly, elles peuvent être même activement recherchées.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

Anarchamory

le samedi 21 septembre 2013 à 12h50

Siestacorta
Je suis pas sûr que l'argument touche les deux gens partis avec qui nous discutons ici, en revanche, c'est une réalité : un polyamoureux va être très très très attaché à une relation avec un poly-acceptant, fera sans doute beaucoup d'efforts pour elle, et fera durer la relation sans doute beaucoup plus longtemps qu'il ne l'aurait pu avec un exclusif.

Tout à fait, ceci d'autant plus que les poly-acceptants sont si rares... donc quand on en trouve un, on a envie de le garder, comme un trésor précieux ! (sauf que "le garder", en langage poly, ça ne veut pas dire le garder juste pour soi égoïstement : c'est un trésor précieux — et inépuisable sinon en facteur temps, comme pour tout autre type de relations : amicales, familiales, professionnelles, etc. — où d'autres sont libres d'aller puiser, si le trésor en question est d'accord ;-) )

Siestacorta
Faut vraiment comprendre et faire comprendre que la pérennité et la stabilité ne sont pas du tout exclues par principe de la démarche poly, elles peuvent être même activement recherchées.

D'ailleurs, j'étais moins choqué par l'idée d'indissolubilité du mariage que bien des catholiques patentés... :P
Par contre, il est certain que je n'avais pas la même idée de la fidélité... mais je pense que réclamer à la fois l'indissolubilité et l'exclusivité, c'est assez "casse gueule" si on veut bien me pardonner l'expression... Un peu une sorte de double contrainte (même si elle est librement choisie, soit).

#

polydébutante (invité)

le samedi 21 septembre 2013 à 12h51

Je ne pense pas que le poly soit une modification ou une évolution du mono, mais bien une pratique à part entière.

De ce fait, se référer à sa vie de mono pour comprendre le poly est déja une erreur d'approche.

Comprendre que le poly pense en terme d'inclusion, un partenaire ne chasse pas l'autre mais s'ajoute à l'autre.

Pensez-vous que cette base est correcte, car je crois qu'homme partit projette le poly comme une mauvaise évolution du mono.

#
Profil

aviatha

le samedi 21 septembre 2013 à 16h40

@ MetaZet
Non je ne mélange pas, et je comprend bien ces deux phases distinctes. Seulement je dis que, lorsque homme parti a entendu parler du poly pour la première fois, tous les arguments qu'on lui donnait était "de fait" faussés car une part de la situation était cachée. Puis il s'y est confronté, cherchant à se convaincre que les arguments qu'on lui avait donnés étaient bien fondés (la transparence, le consentement du conjoint, l'idée qu'on peut vivre une relation sans qu'elle en chasse une autre...). Sauf que à ce moment-là, il se rend compte qu'en face, on ne respecte pas du tout les principes qu'on aimerait le voir accepter : il n'y a pas eu de transparence car leur relation a commencé sur de l'adultère "classique caché, le conjoint de l'autre n'est absolument pas au courant, ce qui fait que même lui ne vit pas une relation "au grand jour" en prenant des risques pour la première. L'impression qui en ressort pour lui (même si c'est une fausse impression et qu'il y a eu beaucoup plus de maladresses que de mauvaise volonté à mon avis) est qu'on s'est bien fichu de sa tronche. Alors maintenant quand on lui dit "oui mais là je veux être honnête avec toi (ce qu'il a déjà entendu avant) et partir sur des bases honnêtes et transparentes (ce qu'il a aussi entendu avant) pour en discuter (ce qui était aussi le cas avant)" il a toutes les raisons du monde de ne pas y croire et de se dire que, puisqu'on lui a déjà menti avec ce genre de discours, il n'a aucune raison d'accorder de nouveau sa confiance.
Ce n'est sans doute pas le meilleur comportement à adopter pour aller vers une réconciliation et un travail commun, c'est sûr et certain, et je suis d'accord avec ce que tu dis sur la stabilité de la relation avec un poly-acceptant. Il n'empêche que sa réaction est totalement logique au vu de ce que s'est passé.

Quand à ce que j'ai dit pour l'ouverture pas incompatible avec la vie de mono, femme parti ne parle pas d'amour ni de sexualité dans ses envies d'ouverture, même si elles en font visiblement partie, ce qui me fait dire, effectivement, qu'il y a sans doute chez elle d'autres envies et d'autres changement qui viennent s'ajouter au poly sans en être, et qui eux ne sont pas incompatibles avec la monogamie.

#

femme parti (invité)

le lundi 23 septembre 2013 à 17h14

Malgré son mutisme, j’ai forcé une nouvelle discussion. Il a accepté à la condition d’apporter de nouvelles idées. Il soulève que je me répète, qu’il se répète également. Le résumé est clair, je suis poly, il ne l’accepte pas malgré avoir essayé. Effectivement nous sommes dans une sorte de statisme plus destructeur que constructif. Je n’ai plus d’argument en fait je n’en trouve plus car je me sens coupable de son état. Même s’il ne se plaint pas, le langage du corps parle pour lui.

Il me rétorque également que son statut avéré de mono correspond à celui que j’ai épousé et qu’il ni a pas de raison que ses efforts pour accepter le poly soient moins considérés que les miens pour continuer dans cette découverte. Le fait de vouloir le rassurer ne plaide que ma cause. Donc, il persiste dans son investissement perdant. Il aurait même une tendance à se dévaloriser à s’être laissé convaincre de mon poly.

Sur les risques d’en aimer un autre plus que lui n’est pas une question d’être poly ou mono, les conséquences elles ne seront pas identiques. Dans le cadre d’un couple exclusif, cela entrainerai l’éclatement du couple.

Voilà que je me pose la question à savoir si mon homme n’est pas plus important que mon poly ? J’en viens à douter de mon droit à mon évolution. Pourquoi suis-je obligé de le faire souffrir afin de me permettre d’évoluer et de quel droit ? Aurais-je atteint sa limite de tolérance ?

Je me rends compte finalement que je suis dépendante de mon mari. Malgré tout ce qu’il endure, il est à mes côtés. Il m’aime mais, par détachement affectif, me le montre beaucoup moins et cela me manque. A force de lui dire que son état de souffrance est du à sa dépendance affective, je me rends compte que c’est moi qui suis dépendante de lui.

Je voudrais lui proposer d’aller ensemble consulter un thérapeute de couple. Si l’idée me parait fondée, j’ai peur de voir un praticien orienté contre le poly et d’endosser le rôle de la méchante femme. Connaissez-vous des personnes qui ont eu recours à des thérapeutes pour ce genre de situation ?

#
Profil

aviatha

le lundi 23 septembre 2013 à 18h14

Pour une tendance à se dévaluer, je le comprends, c'est une réaction un peu épidermique (aka "on s'est bien foutu de ma gueule") mais elle est globalement erronée, et chez moi en tout cas, elle n'est pas restée longtemps, donc je ne m'en ferais pas trop là-dessus.

Cela rejoint exactement la question qui (je sais plus si c'est MetaZet ou Siesta qui l'avait formulée ainsi) est apparue dans plusieurs fils "est-ce que c'est plus dur pour moi de vivre poly sans lui ou mono avec lui ?" (en gros). Et il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse il n'y a que celle qui est vraie pour toi. Ce n'est pas une question de "droit à l'évolution", c'est de savoir ce que tu est prête à risquer, prête à payer pour ça. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Quand à savoir si tu as atteint sa limite de tolérance, je ne saurais le dire, mais demander le divorce n'est pas un geste anodin.
Sur ta dépendance c'est une belle prise de conscience, autre le fait qu'elle te permette d'avoir une idée de la forme de souffrance à laquelle il fait face, à toi de voir ce que tu en fait.

Pour ce qui est des thérapeutes, je ne sais pas, et d'abord quelle région cherches-tu ? Toutefois, je tenais à vous faire part à tous de ma découverte agréable du 190 dans le XIème, centre de santé sexuelle majoritairement, où les médecins, les secrétaires et les infirmières ont l'habitude de tout entendre et ne vont JAMAIS émettre le moindre jugement. J'y suis allée pour un dépistage général, et ça m'a fait du bien de ne pas entendre la moindre critique à l'égard de mon compagnon ou de voir le moindre regard condescendant quand j'explique la situation. Je conseille donc.

#

femme parti (invité)

le lundi 23 septembre 2013 à 20h14

Aviatha, tu as raison sur le foutage de gueule. Je m'en veux à un point inimaginable.

A un moment, je pensais contrôler mon couple, mes envies. Je crois que les cartes sont inversées, je me suis rendu dépendante de mon homme. Sans lui, ma vie ne serai plus la même. Il me dit que le divorce est l'officialisation de ma rupture de contrat, pas d'une séparation prononcée, bien que je l'appréhende fortement. J'ai comme l'impression qu'il a retourné la situation à son avantage, car je pense souffrir plus que lui de cette "ultimatum". De toute façon, je lui ai donne mon accord pour que la procédure aille jusqu'à son terme, et il ne désire plus la stopper.

Le dilemme, redevenir exclusive pour le garder ou continuer ma route et advienne que pourra. Lorsque je lui demande son choix, il me répond qu'il est trop tard pour choisir, que je l'ai déjà fait et qu'il ne veut en rien le faire pour moi.
Il m'a donné sa propre version de mon poly, en avoir beaucoup mais jamais assez.

Nous sommes dans la banlieue bordelaise .J'ai une adresse d'une thérapeute de couple. Je voudrais avoir la certitude que mon mari vienne avec moi, je suis encore demandeuse.

Aviatha, si j'ai bien compris, tu es mono vivant avec un poly. Qu'est ce que tu attends de l'avenir, que ton homme redevienne mono?

Merci.

#
Profil

Siestacorta

le lundi 23 septembre 2013 à 20h25

Ben le coup de la thérapeute conjugale, si ton mari parle de divorce sans séparation, ça vaut le coup. Vous n'y allez pas pour savoir seulement si poly ou pas, mais pour savoir où - vous deux - souhaitez aller.

Par contre, la dépendance affective de ton côté, c'est peut-être pas si simple ? En gros, c'est pas que tu es dépendante, mais juste que tu ne remettais pas ton attachement en cause, malgré ta deuxième histoire.

Sinon, tu parles beaucoup d'un retour de manivelle, ton mari t'a t'il si il y avait un aspect punitif dans son attitude ? Il ne serait pas le seul aspect, évidemment, il cherche à se préserver lui, mais ce que tu ressens comme contre toi, est-ce que lui aussi le voit comme ça, et jusqu'à quel point ?

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

#
Profil

LuLutine

le lundi 23 septembre 2013 à 22h30

MetaZet
Un poly ne désire pas nécessairement d'autre relation, ni même de relation tout court. Un poly est juste capable d'être attiré par plusieurs personnes simultanément, et ouvert à l'idée d'entretenir plusieurs relations "amoureuses" simultanées, si le cas se présente.

Non mais c'est exactement mon point de vue hein !

Sauf que dans la situation que je décris, il se peut que le mono s'il fait une rencontre à potentiel amoureux décide d'y renoncer parce qu'il est déjà en relation, et en gros je considère que tant que le cas ne s'est pas présenté, j'ai un doute sur le côté réellement poly ou mono de la personne...

En gros, même si je suis capable de dire à des personnes qui se disent mono (comme Katouchka à une époque ;) ) que pour moi elles sont poly, peut-être que pour d'autres je leur laisserai "le bénéfice du doute" ^^ en me disant que dans le cas d'une rencontre, oui peut-être que ces personnes renonceraient à une relation supplémentaire parce qu'eux, ça ne leur convient pas. C'est un peu au feeling en fait...

Tu observeras que ma formulation n'avait rien de ferme et définitif : j'ai employé "peut-être" et "éventuellement"... c'était pour ne pas avoir à détailler tout ce que je viens de détailler, mais bon tant pis c'est fait.

Siestacorta
un polyamoureux va être très très très attaché à une relation avec un poly-acceptant, fera sans doute beaucoup d'efforts pour elle, et fera durer la relation sans doute beaucoup plus longtemps qu'il ne l'aurait pu avec un exclusif.

Je plussoie puissance mille ! (+)

aviatha
il y a eu beaucoup plus de maladresses que de mauvaise volonté à mon avis

Je pense exactement la même chose, et c'est bien pour ça que le raisonnement logique serait de voir la pérennité potentielle du fonctionnement poly comme je le disais plus haut !
Quelqu'un qui ne voit pas que c'était de la maladresse (quand on débute, on se casse régulièrement la figure et c'est nor-mal !) ne raisonne pas logiquement, il laisse ses ressentis le guider (donc, de façon alogique).

Après, le poly comme le mono sont un pari. Le poly est en général moins risqué, du moins avec des personnes de bonne volonté (mais si "homme partit" pensait ou ressentait que sa femme soit totalement de mauvaise volonté, il aurait laissé tomber toute relation même amicale).

#
Profil

aviatha

le mardi 24 septembre 2013 à 00h06

Je pense que ce n'est pas un "ultimatum". Un ultimatum c'est "fais ça, sinon...", mais là il ne te demande pas une décision et il ne veut pas faire un choix pour toi, tu l'as dit toi-même, il a "juste" pris une décision (juste étant un euphémisme là, clairement).

Quand mon compagnon et moi en avons discuté, ça a été très simple. Je lui ai dit "si c'est un coup de cœur, quelque chose qui te manque à vivre (il n'a eu qu'une seule histoire avant moi et l'exclusivité ne lui a posé aucun problème pendant plus de cinq ans), je veux bien faire cet effort et essayer de te donner le temps de vivre ça, mais si tu envisage d'en faire un mode de vie, j'arrête les frais, et je les arrête là maintenant tout de suite, je sais que je ne suis pas capable de te suivre là-dedans". Il m'a confirmé ne pas vouloir vivre comme ça, et lui même, je cite, n'aime pas ce qu'il est en étant dans cette situation. Tous nos projets se font toujours à deux, et cela a été très clair depuis le début avec son amoureuse, qui est une personne que j'aime beaucoup par ailleurs, que je reçois chez moi, que j'aide, écoute et console, au moins si ce n'est plus qu'il ne le fait. Cela n'enlève rien au fait que je n'ai pas envie qu'elle fasse partie de ma vie de couple, et je lui ai dit, elle sait, et quelque part ça la rassure car, comme je lui ai expliqué "je ne lui demanderai jamais de te quitter, je ne veux pas qu'il te quitte, ça je m'en fous, je veux qu'il t'aime plus, c'est très différent". Un faux-semblant ne m'intéresse pas, je ne veux pas qu'il ne soit qu'avec moi si c'est pour que toutes ses pensées se tournent en permanence vers elle, ça n'a pas de sens. Mais il sait parfaitement que j'ai des limites, qu'elles sont soumises à rude épreuve depuis des mois, et que chaque jour de plus qui passe dans cette situation est un pas de plus que je fais en direction de la sortie.

#

femme parti (invité)

le mardi 24 septembre 2013 à 00h17

aviatha, tu souhaites que ton homme cesse d'aimer son amoureuse mais pas de la voir. Ne crois-tu pas qu'il y a une sorte de paradoxe, car des sentiments créés ne peuvent cesser sur commande et le fait de se voir ravive tant soit peut la flamme.

J'ai le sentiments que tu apportes à l'amoureuse ce que ton homme ne lui donne pas, comme si tu creusais ta propre tombe. Tu es une poly amicale admirable.

Tu souffres de cette situation mais jusqu'à quel point es-tu prête à aller? N'as-tu pas la sensation de repousser sans cesse tes limites afin de donner du temps supplémentaire à ton homme.

#
Profil

aviatha

le mardi 24 septembre 2013 à 00h48

De toute façon, c'était une amie à lui avant, et ça n'a pas de raison de s'arrêter. Donc ils se verraient de toute façon. De plus je pars du principe qu'interrompre les choses par la violence, à terme, ne créée que de la rancune, et je n'ai pas envie de passer ma vie avec quelqu'un qui m'en veut.
Ouais, je fais ça souvent, j'ai le chic pour aider les autres et me nuire en même temps... Plus sérieusement, c'est un être humain. Un être humain en grande détresse, qui avoue elle-même n'avoir personne vers qui se tourner ou à qui parler véritablement. Et en désespoir de cause (et aussi dans l'espoir que ça apaiserait un peu l'affaire), elle s'est tourné vers la seule personne au monde qui peut ressentir ce qu'elle ressent, amoureuse du même homme, souffrant de ce mode de vie, et désireuse que l'autre disparaisse sans pour autant vouloir lui nuire le moins du monde. Peut-être que je creuse ma propre tombe, sans doute plus que si je ne lui parlais pas et œuvrais contre elle chaque jour. Mais au moins je peux me regarder dans la glace.
Jusqu'à quel point, c'est une excellente question, et je ne sais pas y répondre moi-même, je ne suis tout simplement pas assez lucide pour l'instant. Oui, je repousse sans cesse mes limites, car je tiens toujours mes promesses et je prends toutes mes paroles, très au sérieux. "Je te donnerai tout le temps que je pourrais donner", tant que je peux, je reste. C'est vrai, mes forces s'épuisent, les remparts autour de mon esprits cèdent, les uns après les autres, ma maladie gagne en force chaque jour, et il le voit et le sait. Mais je suis de la race de ceux qui ne se rendent pas, quoi qu'il leur en coûte. C'est peut-être stupide, sans doute même, mais c'est comme ça. Je fais partie de ceux qui restent "jusqu'à ce que la mort nous sépare" ou presque (mais du coup, cause ou conséquence, je suis très rarement amoureuse). Il me semble, étrangement, que c'est elle qui a trouvé les mots juste pour me décrire : "il y a des soldats qui hissent le drapeau blanc quand ils sentent qu'ils risquent d'y passer, toi, pour que tu t'avoues vaincue, il faudra t'abattre sur la barricade". J'ai promis que je resterai tant que j'aurais des forces. Je reste.

#
Profil

LuLutine

le mardi 24 septembre 2013 à 00h53

aviatha
Mais je suis de la race de ceux qui ne se rendent pas, quoi qu'il leur en coûte.

"Tu es de ma famille" ;)

#

femme parti (invité)

le mercredi 25 septembre 2013 à 16h55

aviatha, mon mari a prit une décision afin de ne plus subir mon poly, à contrario, tu survis à celui de ton homme. Si je comprends les décisions de mon conjoint qui m'aiguillent sur ses ressentis, ne crois-tu pas que le tien se voile la face en te voyant sans trop de réaction?

#
Profil

aviatha

le mercredi 25 septembre 2013 à 17h21

Je te rassure, le "sans trop de réactions" est erroné... Survivre, puisque c'est toi qui utilise le terme, ne veut pas dire faire comme si tout allait bien. Je ne vais pas bien, je lui dis, il le sait, il redouble d'attention à mon égard, il guette la moindre de mes sautes d'humeur, il surveille le niveau de mes bouteilles dans mes placards et ma consommation de médicaments, il sait qu'il faut peu de choses pour que mon état s'aggrave brutalement. Nos longues heures de discussion font que je sais qu'il est loin de se voiler la face et qu'il est très au courant de notre ressenti, à moi et à son amoureuse également, qui vit difficilement la situation.

#
Profil

demeter

le mercredi 25 septembre 2013 à 20h52

aviatha
... De plus je pars du principe qu'interrompre les choses par la violence, à terme, ne créée que de la rancune...

Je ne le pense pas. Ce qui crée de la rancune est une situation qui ne convient pas et qui dure. Si la violence amène une situation qui convient véritablement, je ne crois pas qu'elle crée de la rancune. Il est possible qu'elle soit source de progrès. Il y a chez chacun une capacité d'actualisation qui ne dépend pas de la réflexion ni du raisonnement mais de ce que l'on vit. Après que cela provoque un déséquilibre dans la relation, probablement, mais il sera plutôt dû au ressenti, à la symbolique du présent. Bon...

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion