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Rennes (France)

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Discussion : Rencontre vs Relation (dynamique de rencontre vs dynamique relationnelle)

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artichaut

le mardi 04 mars 2025 à 11h20

Du coup si je résume,
- il y a d'abord une rencontre, qui s'accompagne éventuellement d'une NRE-rencontre (et qui n'a pas besoin de NRE-relation)
- puis pour prolonger ça, mille possibles (dont la classique relation monogame et/ou poly, amoureuse et sexuelle) et dans ces mille possibles (où l'on trouvera l'amitié, la comète, l'interaction-sans-relation, les liens de Schrödinger, les micros-ruptures assumées, et tout ce qui ne rentre pas dans les clous de la RAS) il pourrait y avoir… une évolution de la rencontre vers… une dynamique de rencontre sans cesse renouvelée.

Cette dynamique de rencontre ne cherche pas à figer quoi que ce soit en relation, assume de ne pas être dans une logique d'urgence (une rencontre, et la dynamique qui s'ensuivra, peuvent prendre tout leur temps), n'a pas d'autre but que poursuivre la dynamique, et de ce fait n'a pas d'attentes, ne craint pas la rupture (puisqu'il n'y a pas volonté de relation), ou plutôt assume les micro-ruptures, est peu affectée par les notions de possessivité, etc.

On pourra m'objecter bien sûr, que c'est une modélisation idéaliste, utopique, qui ne prend pas en compte nos failles, nos dépendances affectives, nos besoins concrets de rassurance et de stabilité, nos jalousies effectives, etc.
Mais en tant que modélisation c'est un paysage, pas un but à atteindre. Une dynamique, pas une solution toute faite. Une construction évolutive, pas un bunker affectif.
Modélisation qui peut à la limite se superposer, à une réalité plus complexe. Pour venir parfois, dans nos relations existantes, donner de l'air, ouvrir des espaces, ou nous aider à apprivoiser l'impermanence de toute chose.

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Discussion : [Décortiquons la NRE] Énergie de la nouvelle… Rencontre.

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artichaut

le mardi 04 mars 2025 à 01h26

Alinea7
J'aime beaucoup l'idée de remplacer relation par rencontre, ça me paraît vraiment traduire ce qui se passe pour moi.

Alastor
Je trouve cette réflexion sur la "rencontre" plutôt que la "relation" très intéressante et beaucoup plus juste en ce qui me concerne...

Merci pour vos retours.

Alastor
Ce qui m'intéresse c'est de rencontrer quelqu'un, je m'intéresse a essayer de connaître, comprendre et respecter qui iel est.
C'est vraiment le plus important pour moi.
(…)
Bref pour moi ce qui est important c'est justement rencontrer les gens.

Merci pour ça. Ça m'éclaire. Et j'y vois un truc assez genré.
Ça m'a inspiré un post sur un autre fil.

Et même en allant plus loin, je me demande si… cet élan à rencontrer l'autre ne pourrait pas se prolonger au delà de la NRE, et même remplacer ce que l'on nomme Relation, supprimant du même coup, la dynamique de l'escalator qui direct tend à faire passer cette rencontre ou ce rencard vers de l'amoureux, du sexuel, du relationnel.

Et j'ai aimé que tu parle de rencontre de tout un groupe et pas seulement de la modalité à deux. Ça donne envie d'étudier plus avant cette dimension là : la rencontre à plus que deux.

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Discussion : Rencontre vs Relation (dynamique de rencontre vs dynamique relationnelle)

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artichaut

le mardi 04 mars 2025 à 01h25

J'ai envie ici de parler de Rencontre vs Relation.
Et peut-être d'inverser quelque chose, ou de me détacher de ce terme de "Relation".

[Avertissement pour les personnes qui me connaissent ou me rencontre dans la vraie vie : sur ce site j'aime théoriser un monde meilleur, j'aime étudier comment vivre des relations plus saines, etc. Pour autant il y a en général un fort écart entre ce que je peux ici prôner, et ce que concrétement je réussis à vivre dans la vraie vie, dans de vraies interactions, là où mon individualisme ou mon égoïsme, prennent bien souvent le dessus.] / J'ai senti que cet avertissement pouvait être utile pour ce fil en particulier. Et tant qu'à faire, je l'ai ajouté de manière générique sur mon profil.

J'ai déjà ici proposé de remplacer Relation par Rencontre dans l'expression Énergie de la Nouvelle Relation.
Et récemment, un post de @Alastor m'a inspiré… et donné envie d'aller un peu plus loin encore.

*
On considère généralement que la rencontre précède la relation.

En un sens c'est vrai. Surtout si l'on pense la rencontre à l'aune des "sites de rencontres", comme un rencard, un date… qui bien souvent à pour objet justement d'aller vers quelque chose d'autre : amourosité, sexualité, relation et tout ce qui s'ensuit, escalator oblige.

Mais admettons un instant que l'on désactive cet escalator, et qu'il n'y ai plus cette question de transformer la rencontre en Relation.

Et regardons ce qu'il se passe.

*
Le terme Relation me plaît de moins en moins.
Certes il m'a été utile, fût un temps, pour remplacer de manière générique les mots : couple, amoureux, sexuel, etc. Voire amitié, pote, famille, etc. Il m'a permis de ne pas nommer ce que contenait le lien, de ne pas présupposer si c'est du polyA, de l'anarchie relationnelle, une relation hétéro-homo-bi, etc. Bref d'utiliser un langage plus inclusif pour nommer les choses de manière plus large, plus ouverte.

Mais d'une part j'ai constaté avec le temps que le mot relation finissait toujours par désigner ce que je cherchais pourtant à défocaliser : la RAS (relation amoureuse et sexuelle). Les amitiés, potes, famille… n'ont généralement pas le droit d'accéder au vocable de Relation, qui par défaut désigne quelque chose d'intime (sexuel), d'intense (amoureux), de stable (couple & co).

D'autre part je ne voyais pas que ce mot de Relation contenait en lui-même un fort taux de monogamie résiduelle. Dans ce qu'il connotte de ce qu'est une "vraie" relation, en ne défocalisant pas grand'chose, en multipliant des relations de types monogames.

Enfin je ne voyais pas que ce mot de Relation implique une idée de stabilité, d'inscricption dans la durée voire dans le marbre, et même une manière de compter sur des acquis. Je ne vis pas des échanges qui peuvent s'arrêter demain, donc je n'ai pas trop besoin de me remettre en question, je vis une relation, sous entendu presque un truc linéaire, homogène, solide ; un peu en mouvement certes, mais pas trop non plus. Remettre cette stabilité en cause, c'est risquer la rupture relationnelle.

Au biais de progression (l'escalator), s'ajoute un biais hiérachique (la primauté de la RAS), et un biais de stabilité (la relation, qui s'oppose à la rupture).

*
Et si on désactivait la relation, pour rester dans la rencontre ?

Rencontre sera entendu ici au sens du rapprochement de deux mondes qui vont s'observer et comme le dit @Alastor s'intéresser à essayer de [se] connaître, [se] comprendre et [se] respecter.

Une rencontre n'a pas de progression définie, ne se compare à aucune autre, et est toujours en mouvement.

Une rencontre est un mouvement de curiosité empathique vers l'autre, et non pas le fait d'attirer l'autre à soi.

Si cette curiosité empathique disparaît, alors à la limite il n'y a plus que… relation.

*
Et j'ai le sentiment, justement que dès qu'on quitte la NRE, cette curiosité empathique (si elle était réellement là en NRE, et que ce n'était pas que faux-semblants) tend à s'estomper, voire à disparaître avec le temps, au fur et à mesure que la relation s'installe.

Et que l'on soit en dynamique mono ou poly ne change pas grand'chose.

On connaît l'autre par coeur, ou on croit le/la connaître par coeur.

Il n'y a plus de goût pour connaître, comprendre et respecter l'autre, juste des habitudes relationnelles.

Cette installation dans la stabilité, dans l'habitude, voire dans la moristé, à mon sens, fait partie intégrante de l'escalator.

*
Est-ce que rester dans une dynamique de rencontre, c'est à dire de curiosité empathique, sans d'ailleurs forcément aller dans l'intensité et l'urgence de la NRE relationnelle, permettrais de désamorcer l'escalator, et par la même occasion l'inélucatbilité de l'affadisssement du lien ?

*
Évidemment ça peut paraître une belle utopie sur le papier, et pas du tout réalisable dans le concret.
On ne choisis pas forcément comment évolue notre curiosité ni notre empahie.

Mais on pourrait se dire aussi qu'on arrête le lien, si cette curiosité empathique disparaît ?

*
J'ai aussi le sentiment qu'il y a un fort biais de construction genrée.
Qui s'intéresse réellement à l'autre et sur la durée en ce monde ?
Qui au contraire s'y intéresse, ou fait mine de, le temps d'un rencard, ou d'une NRE, et désinvestit totalement la chose, une fois certaines étapes franchies (sexualité, mise en relation…) ?

Mais aussi qu'est-ce qui des deux côtés de la construction genrée peut nous emmener vers des travers aux conséquences possiblement identiques ?

Bref ça me fait pas mal réfléchir sur les causes de nos échecs relationnels hétéros.

*
Peut-on garder la dynamique de rencontre vivante au delà d'un certain stade ?
Si oui, comment ?

Peut-on empêcher que la rencontre bascule — via un mode relationnel — vers un genre d'indifférence (unilatérale ou réciproque) ?

Est-ce que arrêter de chercher à l'aller de l'avant, de chercher à stabiliser la relation, de chercher à hiérarchiser les liens, permettrait de nouvelle modalités interactionnelles ?

La sincère curiosité empathique pour l'autre est-elle viable dans la durée ?
Et comment y accède t-on quand on n'a pas été construit dedans ?

En quoi nos constructions genrées réciproques sont des freins à une rencontre sans cesse renouvelée ?

*
J'ai en tout cas le sentiment qu'il y a quelque chose à regarder à la racine.

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Discussion : Changer de paradigme (relationnel)

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artichaut

le lundi 03 mars 2025 à 23h42

Un post de @Alastor m'a inspiré…

Je me dis que la conquête pourrait être remplacé par la rencontre.

Non pas la rencontre au sens des "sites de rencontres" (on date et on nique), mais une rencontre au sens de découvrir l'autre : chercher à savoir qui il/elle est, comme dit @Alastor essayer de connaître, comprendre et respecter, bref s'intéresser réellement à l'autre.

La conquête a un but, caché ou visible, conscient ou inconscient.
La rencontre, n'a d'autre but qu'elle-même.

La conquête utilise le rencard pour arriver à ses fins, mais ne se place pas véritablement dans une dynamique de rencontre de l'altérité.

La rencontre elle, construit son chemin au fur et à mesure, n'a ni but, ni attentes, ni étapes. Il n'y a pas d'escalator dans une rencontre en tant que telle. Juste une exploration réciproque du monde de l'autre.

Peut-être qu'il y a quelque chose du changement de paradigme, qui commence déjà là.
Ne rien attendre, ne pas aller vers, mais faire avec l'existant. Inventer en construisant. Chaque rencontre étant unique (et duale, puisque chacun·e découvre le monde de l'autre).

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Discussion : Grossesse en relation avec deux hommes

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artichaut

le dimanche 02 mars 2025 à 18h27

Intermittent
Chez tous les polyamoureux que j'ai pu lire, le projet d'enfant entraine de facto l'absence des relations sexuelles avec les autres que le père revendiqué pendant la période de conception.

Ce n'est pas mon vécu. Plutôt même le contraire : la femme enceinte, rapidement ne partage plus de sexe avec le père biologique, mais uniquement avec d'autres personnes.

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Discussion : Grossesse en relation avec deux hommes

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artichaut

le dimanche 02 mars 2025 à 15h58

Suknyeo
on se questionne sur la possibilité de l'enlever tous les 3.

…étonnant cette faute de frappe, on se demande comment l'interpréter…

Oui, c'est légitime que la paternité génétique questionne beaucoup les deux hommes.
Oui la question du test de paternité se pose, voire s'impose (aussi pour tout un tas de raison sociétale, légale, médicale, etc. …et parce que les ruptures ça fait partie de la vie, donc mieux vaut anticiper que souffrir.).
En même temps à la naissance, parfois, il n'y a aucun doute possible, sur qui est le père.
Donc ça peut aussi être après la naissance, si c'est ok comme ça pour tout le monde.

Il me semble important aussi de décider (en fonction du test ou pas, en accord avec le test ou pas) qui va reconnaître l'enfant à l'état civil. Ça aura des conséquences décisives pour la suite.

Pour le reste (choix du/des prénom/s ; accompagnement de la grossesse, présence aux rv de sage femme et à l'accouchement ; élever l'enfant) tout peut se faire à trois.

En tout cas vous avez l'air de faire les choses avec beaucoup d'amour et de discussions, donc il n'y a pas de raison que ça se passe mal.
Le regard de la société sera dur, mais il l'est déjà. Et vous êtes déjà rompu à ça, non ?

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Discussion : Polydays #2 - 4 jours pour grandir ensemble dans nos relations plurielles

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artichaut

le dimanche 02 mars 2025 à 13h04

Merci de partager l'événement ici.

Remarques sur les tarifs :
- Je m'étonne du peu de différence de prix entre dortoir (170e) et chambre (190e).
- J'imagine que la chambre double, pour deux, c'est 2x190e ; mais je trouve ça peu clair dans l'intitulé (puisqu'il est question de louer une chambre et non une place dodo dans une chambre).
- Il faut lire le descriptif de l'événement pour comprendre quel tarif solidaire est débloqué par un tarif de soutien (sur HelloAsso c'est pas clair).
- Les prix indiqués dans les descriptifs HelloAsso ne correspondent pas aux prix associés aux-dits tarifs (ex "Ce tarif de 180 € inclut…" pour dortoir et chambre).

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Discussion : Changer de paradigme (relationnel)

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artichaut

le dimanche 02 mars 2025 à 09h21

Tiao88
[Et que c'est un peu plus compliqué que ça de sortir de scripts/idéaux auquel on t'a biberonnée même quand tu as l'impression de t'en être débarrassée. Puis encore faut-il que ce soit également le cas de l'autre en face]

[C'est clair. Double challenge.]

Tiao88
Après, en tant que femme cis, si j'ai conscience de certains enjeux concernant les hommes cis

Tu veux détailler ?
(même si on est un peu hors-sujet)

Tiao88
Mais effectivement, si quelqu'un a plaisir à partager et vivre des choses avec moi sans sexe et ce pendant un certain temps, c'est peut-être plus sécure. Et ça permet aussi de faire un certain tri.

Moi plus ça va, plus je me rends compte à quel point la question du sexe (hétéro) est obnubilante chez les hommes cis.
On nous apprend que le but ultime pour un homme c'est la sexualité hétéro (pour le dire crûment mettre sa bite dans un vagin). Et c'est fou tout ce qu'un homme est prêt à faire (même inconsciemment) pour obtenir ça. Et le pire c'est qu'une fois obtenu, une fois le graal atteind, ça n'a quasi plus de valeur (ou ça va la perdre très très vite). On ne cherchais pas à rencontrer l'autre, on cherchais à obtenir ça. À obtenir ce qui me semble être LA validation pour un homme cis. Si t'as pas ça t'es un râté, un moins que rien.
Il me semble y avoir dans la rencontre hétéro une vraie faille sociétale. On ne vient, instinctivement, pas y chercher la même chose.
Je sais pas pour les femmes, mais ce qu'on vient y chercher en tant qu'homme me semble très égoïste. On y vient pour soi, pas pour la rencontre. Il n'y a pas de vraie volonté de rencontrer empathiquement l'autre. On vient y nourrir ses 'besoins', se faire valider, accéder à un statut social, …éventuellement se faire materner et trouver l'air de rien du confort affectif (enfin ça faut pas trop le dire).
L'homme est un guerrier quand il est dans sa conquête de sexe. Il (re)devient un enfant quand il est en couple.
Évidemment je caricature. Heureusement ce n'est pas aussi catégorique que ça. Mais quand même… il me semble y avoir un bon gros schisme à la base.

Et du coup supprimer la conquête du sexe (hétéro), en tout cas pour les homme cis, me semble être à la fois libérateur (pour soi-même) et bénéfique pour les femmes (qui cessent d'être perçues comme des proies).

Si on pouvait supprimer la conquête (la drague, les faux semblants, le forcing, la pression) en gardant le sexe (charnel, joyeux, réconfortant) ça serait génial. Mais malheureusement mon expérience me dit que c'est loin d'être facile.

Pas si facile, en effet, de se débarasser de ce à quoi tu as été biberonné.

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Discussion : [Décortiquons la NRE] Énergie de la nouvelle… Rencontre.

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artichaut

le dimanche 02 mars 2025 à 08h50

Kief
Pour ma part si j ai un coup de coeur pour la personne et ces coups de coeur que je ressens alors forts...n ont jamais été "que"amicaux mais forts voire très parce qu ils comportaient en tout cas en envies, l aspect sexuel ou amoureux...

Tu veux dire que dès qu'il y a coup de coeur, forte complicité, belle rencontre… l'ecalator du sexuel_et_amoureux se met en branle ?

Y compris avec les personnes de ton sexe (si t'es hétéro /ou le contraire si t'es homo) ? Y compris avec des personnes cumulant des caractéristiques sociales stigmatisées (gros, 'moche', handi, âgé, non-blanc…) ?

J'ai tendance à penser que ça peut être lié à un mécanisme réflexe de survie (affective) monogame. Le amoureux_et_sexuel étant une manière de transformer la rencontre en relation. Et dans une logique d'escalator, d'aller vers du confort affectif.

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Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?

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artichaut

le samedi 01 mars 2025 à 10h01

Aki
Je ne sais pas vous, mais personnellement si je fais en sorte de ne pas m'emballer lors d'une rencontre (j'utilise mon cerveau contre lui-même : cortex pré-frontal VS striatum), si je prends beaucoup de temps pour connaître la personne (et ne pas céder à une potentielle ENR), le résultat est que je ne ressens effectivement ni sentiment amoureux ni désir pour la personne (on devient "amis", voir colloc) et il n'y a plus aucune chance que ça change avec le temps.

Pour moi ne pas s'emballer c'est ne pas griller les étapes, c'est justement éviter tout ce que tu décris ensuite de foireux (l'aveuglement, le déraisonnable, le disproportionné éphémère, l'addictif et le futur "vide").
Tu décides de ne pas monter dans un supersonic, donc tu ne vis pas les émotions supersonic. CQFD.
Mais ça n'empêche en rien l'amour-amitié (non hollywoodien) ni les partage de corps (non scriptés par les autoroutes du désir inculqué).

On nous a inoculé une seule manière d'aimer, une seule manière de désirer.
La NRE, même chez les polys, est le vestige de cette façon d'aimer/désirer. Qui n'est autre qu'une façon de s'oublier soi-même, de se jeter dans la relation, et de chercher à forcer l'autre (à assouvir nos "besoins", à combler nos manques…). On connaît les catastrophes que ça engendre (déni de consentement, rejet de l'autre et de soi-même, appauvrissement affectif, désillusion à long terme…).

Le problème c'est que le mirage est encore clinquant, qu'il nous servi sur un plateau d'argent à longueur de temps, qu'il n'est pas si facile de se réinventer un monde affectif, avec très peu de modèles.
Alors la NRE continuera de faire des ravages, même en milieu poly, avec parfois même encore plus de dégâts collatéraux en milieu poly.

Est-ce parce que c'est difficile qu'il faudrait renoncer à inventer autre chose ?

Finalement c'est comme l'écologie (des relations, pour reprendre un terme cher à F. Simpère). Renoncer à foncer droit dans le mur, ne se fait pas sans renoncer aux mirages du supra-capitalisme, où tout nous semble dû et acquis, où l'on trouve normal d'utiliser l'autre et ses ressources pour combler nos manques.

Donc oui quitter la NRE et ses mirages, ça demande de se retrousser les manches, de se regarder en face, d'oser regarder nos failles et celles de l'autre, des autres.
Et rien ne sera acquis, il va falloir réinventer, re-construire autrement.
Ça peut être ardu, surtout passé un certain âge (quand les relations toutes crues dans le bec, ont disparues).

Ça peut signifier une traversée du désert (affectif). Alors qu'autour tout continue de tourner (de manière toujours aussi clinquante, même si pourrie dans l'oeuf). Ça peut faire douter, beaucoup même.

Surtout quand y'a des gens tout autour qui continue de clâmer "Make l'aaaaamour great again"…

Aki
On peut logiquement remettre en question l'ENR.
Mais quels sont les risques de jeter le bébé avec l'eau du bain ?

Pour moi il faut accepter de jeter le clinquant, le tout cru dans le bec, le tout-scripté d'avance, l'idée même de où on croit sincérement avoir encore envie d'aller… avec l'eau de la NRE et de l'aaaaamour romantico-sexuel disneyisé.

Mais ça ne veut pas dire jeter l'affectif. Ni les autres formes d'amours, ni les partages de corps.

Intermittent
Je ne pense pas que ça ne puisse pas changer dans le temps, mais ça donne des amitiés un peu amoureuses qui sont extrêmement agréables à vivre.

Et pour une fois, je suis d'accord avec @Intermittent !

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Discussion : Changer de paradigme (relationnel)

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artichaut

le mardi 25 février 2025 à 23h16

Plus ça va, plus j'ai l'impression — et j'en suis triste, en soi — que pour comprendre ce changement de paradigme que je propose, il faut au moins dans un permier temps, l'envisager en dehors de toute sexualité.

D'où sans doute mon pro-activisme à relavoriser l'amitié.
Et c'est peut-être pour ça aussi que je tique sur les expressions où le flou, concerne la potentialité non-dite de la sexualité.

J'aimerais que la sexualité soit un champ purement intime, mais vu le monde dans lequel on vit, c'est aussi et surtout un lieu de pouvoir.
Et j'ai l'impression que ce changement de paradigme à besoin d'établir de nouvelles connexions basées sur la confiance. Travailler avec ce qui fonctionne déjà, je disais dans mon 1er post, donc pas avec ce qui est clairement dysfonctionnel en ce monde, comme le rapport hétéro à la sexualité.

C'est pas très joyeux pour moi, de le dire/penser ainsi, mais j'ai l'impression que sinon il y a trop d'enjeux foireux, et trop de risques que ce 'nouveau paradigme' devienne un énième terrain de jeu pour les mecs cis hétéros relous de ce monde. Qui même avec les meilleures intentions du monde, leur fera tout faire pour obtenir ce qui est censé les valider dans ce monde : de la sexualité hétéro (pénétrative de préférence, de l'homme sur la femme).

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Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?

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artichaut

le mardi 25 février 2025 à 21h58

Je propose ici, de remplacer le R de "Relation" dans NRE, par le R de "Rencontre" et d'étudier l'Énergie de la nouvelle… Rencontre.

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Discussion : [Décortiquons la NRE] Énergie de la nouvelle… Rencontre.

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artichaut

le mardi 25 février 2025 à 21h50

J'ai envie de poser ici une réflexion que je me suis faite au sujet de la NRE :
J'ai eu envie de remplacer le R de "Relation" dans NRE, par le R de "Rencontre" et de voir ce que ça fait.

Ce terme Relation me plaît de moins en moins, en tant que même s'il élargit les notions habituelles liées à la monogamie (couple, mariage, conjugalité…), il me semble tout de même le plus souvent conserver ou sous-entendre ce qui est censé en être le centre (amour-amoureux, sexogamie…) et en ce sens, me semble continuer de fabriquer des hiérachies relationnelles.

Parler de cette énergie de la nouvelle relation, selon moi sous-entend que l'on se place déjà dans une dynamique de relation, ce qui bien souvent revient à se jeter comme par réflexe dans la fièvre monogame, alors même que l'on vit en relations poly, ou assimillées.
Et qui justement me semble dénoter un caractère 'mettre la charrue avant les boeufs'.

Si l'on fait un pas en arrière, ou un pas de côté, si l'on a envie de se préserver de cette fièvre monogame réflexe, ou a-minima de la regarder avec un peu de recul et d'esprit critique, il me semble pertinent de remplacer "Relation" par "Rencontre".

Sauf cas exceptionnel, d'une relation (par exemple de travail ou d'amitié) qui se transformerait en relation avec plus d'intensité (par ex. amoureuse et/ou sexuelle) ce qu'on appelle NRE est généralement lié à une nouvelle rencontre.
Et même dans ces cas exceptionnels, où l'on connaît déjà la personne, d'une part on peut considérer qu'il y a re-rencontre (sur d'autres plans), d'autre part puisqu'il y a transformation, il serait plus juste de parler d'énergie de la relation amoureuse et/ou d'énergie de la relation sexuelle, voire énergie de la relation monogame (notamment sur le plan de l'urgence). Ce qui permettrait de préciser de quoi l'on parle et de pouvoir mieux l'édudier.

J'ai donc envie de proposer de découper la NRE en plusieurs plans. Et déjà d'étudier
l'énergie de la nouvelle rencontre.
Non pas étudier les symptômes et venir justifier les travers de ce qu'une nouvelle relation provoque de désengagement dans nos autres relations, mais mettre sciemment de la lenteur et déjà étudier ce que provoque en nous une nouvelle rencontre stimulante (avant même que se pose la question d'une quelconque relation).
Ça permet d'élargir à un champ plus vaste que ce qu'on a communément l'habitude d'appeler relation, donc NRE. Ça permet de s'intéresser aux NRE amicales, professionnelles, artistiques, ou ce que l'on voudra. De s'intéresser aux "NRE" sans sexe ou sans amour-amoureux. Aux "NRE" sans lendemain. Bref à ce qui se passe dans une nouvelle rencontre, quelque qu'elle soit, même éphémère, pour peu qu'elle nous procure un sentiment d'énergie particulier.

Enfin cet élargissement m'intéresse, car il défocalise l'attention de ce que j'ai nommé ailleurs la RAS (relation amoureuse et sexuelle), donc de la monogamie.

Je propose donc sur ce fil, d'évoquer l'énergie de la nouvelle rencontre.
Comment on la vit ? Comment on a envie de la vivre ?
Comment on s'y rapporte ?
En quoi elle ne bascule pas nécessairement (escalator oblige) vers une "relation", ni vers une relation… de type monogame (RAS, polymonogamie…) ?
En quoi elle peut être joyeuse, stimulante, mais aussi confrontante ?
Que fait-on de cette énergie ? Et il y a t-il réellement création d'énergie nouvelle ? Si oui, pourquoi ?
Quelle incidence ça a sur nos autres relations ? Et comment s'y rapporte t-on ?
Etc.

Bref observons, regardons, analysons, au lieu de subir.
Célébrons aussi, et en se gardant d'immédiatement basculer vers autre chose.
Prenons le temps de la rencontre.


___
- À propos de NRE voir ce fil générique : La NRE, vous connaissez ?
et ce post, où je recense des liens vers d'autres pages sur le sujet.
- voir aussi le fil-chantier : Décortiquons la Monogamie

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Discussion : Les relations sont des conversations

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artichaut

le mercredi 19 février 2025 à 00h30

J'aime l'idée que la relation, à l'instar d'une conversation, puisse s'arrêter et reprendre. Ça casse ce mythe de la relation perpétuelle (pas au sens infinie, mais au sens continue). Ça démythifie les ruptures. Ça évite les tenus pour acquis.

En réalité toute relation est en pointillé, jamais en ligne continue, constituée de micro-moments interactionnels, donc de micro-ruptures.

Et on pourrait dire : ce qui définit qu'il y a relation c'est… l'envie (mutuelle) de poursuivre la conversation.
Juste ça.

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Discussion : Les relations sont des conversations

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artichaut

le mercredi 19 février 2025 à 00h13

crest
je propose la notion de conversation.

J'aime bien.
Merci de faire des propositions sémantiques ! (je me sens moins seul).

À la fois ça va dans le sens de ce que je ressent, à la fois j'ai l'impression que ce que tu écrit revient à dire :

Les relations sont des interactions

Je m'attache personnellement un peu à ça, appréhender mes relations par le prisme interactionnel (qui aide à moins focaliser sur la durée comme preuve, sur le futur, sur les attentes, sur les ruptures potentielles, etc).
Et en même temps, ça dédouane (positivement et négativement) d'un regard sur le passé pour vivre le seul présent.

Mais du coup, forcément, on perd un peu la notion de lien dans la durée. Même si tu tentes de la maintenir avec les conversations qui se poursuivent.
Et tu aurait même pu écrire :

Les relations sont des conversations qui durent

(ou qui se prolongent, etc)

(tu dis : qui continue)

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Discussion : Changer de paradigme (relationnel)

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artichaut

le mardi 18 février 2025 à 23h48

Encore une fois @Tiao88, désolé, je n'ai pas voulu t'incendier, encore moins te blesser. Je ne te connais pas, ne connais pas ta vie (ou juste ce que tu dévoiles ici), qui serais-je pour te juger ?

Au début, j'ai vraiment juste réagis sur "tes" mots (des mots écrits par toi). Et puis ce faisant je me suis dit "ah c'est quand même pas très cool de faire ça" (sans culpabiliser au point de ne pas le faire), et alors… — crois moi ou pas —, c'est parce que j'apprécie tes posts sur ce site, que je me suis un peu forcé à quand même revenir à ton message, et a essayer de dire des choses en lien avec ta problématique.
Visiblement ce fut échec total (en tout cas sur la dimension, "je fait un effort pour être moins désagréable").
Je pense que le point de départ est dur à recevoir : je prends tes mots pour parler d'autre chose. En l'occurence, clairement pour parler de moi.
Puis j'essaie de répondre un peu à ton post, tout en revenant au sujet du fil général. Notamment cette histoire d'immeuble avec des étages, dont je suis métaphoriquement très content, même si désolé que ça t'ai blessée.

Parfois (souvent) je parle tout seul sur ce forum (sans trop chercher à être compris). C'est un peu l'endroit où je viens déposer/rassembler mes idées.

Bon en tout cas, j'ai bien compris que ça t'avais blessée. Déso pour ça.

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Discussion : Tips pour désamorcer la jalousie de l'autre

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artichaut

le lundi 17 février 2025 à 00h14

Bonjour @PattiSim,
Tu as l'air de confondre la jalousie de l'autre et… les effets, les comportements, les paroles induites par la jalousie de l'autre, bref l'expression de sa jalousie… voire de ses stratégies d'évitement de sa jalousie.
Ça peut paraître anodin, mais c'est pourtant essentiel.

Déjà, désamorcer la jalousie de l'autre, toi tu ne peux pas, seul l'autre, éventuellement pourrait.
Ensuite la jalousie, il ne faut surtout pas, et en aucun cas chercher à la désarmorcer. C'est une émotion, elle doit se vivre pleinement, être acceuillie, validée, réconfortée, remerciée.
Sinon, elle reviendra toujours, et en pire.

Après tout cette émotion n'est là que pour te signaler (signaler à l'autre) que quelque chose ne te convient pas (ne convient pas à l'autre) dans la situation.

Et soit dit en passant, chercher des Tips pour désamorcer la jalousie de l'autre, c'est partir d'un très mauvais pied : ce serait vouloir/pouvoir contrôler les émotions de l'autre.

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Discussion : Changer de paradigme (relationnel)

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artichaut

le dimanche 16 février 2025 à 17h08

Tiao88
Waow, je ne pensais pas qu'un "simple" mot allait déclencher une foudre pareille (oui là j'ai clairement l'impression de me faire incendier)

Ah ben désolé, ça n'était pas du tout le but.
J'ai pris la peine de nommer que je ne parlais pas de toi…
mais visiblement ça n'était pas suffisant.

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Discussion : Changer de paradigme (relationnel)

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artichaut

le dimanche 16 février 2025 à 14h09

Tiao88
j'ai eu au moins deux fois, en l'espace de deux ans, deux personnes qui m'ont dit qu'elles avaient envie de coucher avec moi

Désolé, je ne vais (dans un 1er temps) ne pas du tout répondre à ton message. Je note juste que cette phrase me fait tiquer, et j'ai envie d'essayer — pour moi-même — de comprendre pourquoi. Et j'ai conscience que c'est sans doute anecdotique par rapport à ce que tu exprimes.

Pourquoi "deux personnes qui m'ont dit qu'elles avaient envie de coucher avec moi" me fait tiquer ?
(et à la limite peu importe ici, si ce sont tes mots à toi, ou les mots utilisés par les deux personnes concernées … je suis plus dans une réflexion sur les mots, que sur ta situation vécue).

Peut-être c'est l'expression "coucher" qui me fait tiquer. J'ai vraiment de plus en plus de mal avec les euphémismes. Car j'imagine bien qu'il n'est pas ici question de se coucher côte à côte sur le sol pendant 3 minutes, ni même de "juste" co-dodoter ensemble (même si je déteste l'usage du mot "juste" ici).
On est d'accord que ça parle de sexe, hein ?! Et du coup l'abscence flagrante du mot, qui est pourtant le noeud de la question,… me fait tiquer.

Mais j'ai l'impression que cette fois-ci, il y a plus, que juste cette "facilité de langage", cet "euphémisme pour parler de choses intimes", cette "culture ado" (sortir, coucher…).
J'ai l'impression que dans ce "avoir envie de … avec moi", il y a un truc où le moi disparaît en tant que sujet, et devient un objet de convoitise et d'utilisation.
C'est comme si l'envie de était indépendante et séparée de l'éventuelle envie de l'autre personne (ici personnifiée par "moi").
Ça me fait un effet comme si quelqu'un venait me voir, et à brûle pourpoint me disait "j'ai envie de te raser les cheveux et te mettre un gode dans le cul"… euh… tu sais je suis une personne…
Enfin ça me fait un effet comme si l'autre imaginait déjà dans quel hôtel on allait descendre lors de tel voyage avec moi, et ce qu'on allait me faire manger comme plat au restaurant, alors que je ne me suis même pas encore exprimé, si j'aurais ne serait-qu'envie de déjà parler de la possibilité d'un voyage ensemble.
Comme si tout ça, toute cette réflexion, toute cette projection, pouvait se passer sans moi. Comme si c'était un chemin tout tracé d'avance, déjà imaginé sans moi, et non pas un chemin à initier ensemble.
Ça me fait vraiment un effet de rejet "t'as envie de coucher-avec-moi ?? whaou, moi pas du tout". Ou plutôt, "mais c'est quoi cette envie chelou ? me vois-tu vraiment comme une personne ?"

Je sais bien que notre culture fabrique ça, qu'on est tellement imbibé·e·s d'images et de scripts sexuels, que l'on projette beaucoup sur l'autre, au lieu de construire avec l'autre, que l'on arrive à avoir envie (ou croire avoir envie) de vivre précisément tel truc (du 'sexe'…) avec telle personne. Ça me donne l'impression que l'on saute mille étapes. Et qu'en sautant ces mille étapes ont supprime la possibilité de se comprendre et de construire ensemble quelque chose de nouveau, et qu'au lieu de ça, on va vers du pré-conditionné.
Comme si aussi on oubliait les besoins ou les envies réelles qui peuvent se loger dans une envie de sexualité : besoin de connexion, envie de partage et de rencontre, etc. Et que ça devient juste "j'ai envie de cul, j'ai besoin de baiser".
J'ai l'impression que ce que ça raconte, c'est que je comprends de moins en moins le monde normé. Et qu'avoir 'envie de coucher' en tant que tel, avec une personne me paraît aujourd'hui extra-terrestre.

*
Évidemment, j'ai sorti ta phrase de son contexte, donc ça ne correspond très certainement pas à votre réalité.
Mon enjeu n'était pas de parler de ta/votre situation.

*
Si maintenant je reviens à ton message.
Tu évoques les relation officialisées, le non-besoin d'estampiller la relation "couple" ou "amoureuse", la différence entre "amour-amoureux" et "amour-amical", etc. …et je me dis que oui, les mots fabriquent du sens.

Et là du coup, ça me fait penser à un immeuble avec des étages. Y'a l'étage connaissance, l'étage pote, l'étage ami·e, l'étage coucher, l'étage amoureux, l'étage couple, etc.
Et non seulement il y a une progression chronologique et convenue (cf les escalators relationnels et tactiles), mais surtout il n'y a pas de porosité entre les étages.
Il y a des choses qui se font à l'étage "coucher" et d'autres à l'étage "potes", des choses qui se font à l'étage "ami" et d'autres à l'étage "amoureux", des choses à l'étage "couple" et ainsi de suite.
Et ça me semble d'une banalité et d'une tristesse incommensurable.
Comme si nos vies étaient réglées comme du papier à musique.
Comme si je pouvais choisir sur la carte "Big mac" ou "Cheese burger", mais inventer notre propre repas par contre, ce serait beaucoup trop flippant.

Ça me donne le sentiment que ce monde manque cruellement de créativité.

*
Et après je sais bien qu'on deale avec nos traumas, nos insécurités, nos failles etc. Qu'on avance à tâtons, et qu'on ne réinvente malheureusement pas ce monde d'un coup de baguette magique.
Et j'ai conscience que mes envolées sur la créativité, ou un changement de paradigme, peuvent ressembler à un discours post-hippie totalement insécurisant.

*
C'est comme si, je voyais où aller, mais que je n'ai pas la carte pour y aller.
Et en même temps, j'ai l'impression que justement, la carte, il s'agit de l'inventer, de la tracer, en même temps qu'on y va.
Que c'est à la fois ce qui est beau et compliqué.

Et donc par exemple "coucher avec", la "sexualité", tout ça n'existe pas.

Revenir au début du début. Revenir donc aussi a ce qu'est réellement le consentement (et idéalement pas avec ce mot-là).

*
Et du coup, oui, c'est sans doute différent @Tiao88 de ce que tu évoques de
relationner avec une personne en tant que relation amicale tout en ayant des relations sensuelles ou sexuelles avec
…qui est un brouillage de carte, un effacement du contour des cases, à la fois plus simple à opérer, mais peut-être plus risqué aussi, car les scripts et les quiproquos rôdent juste à côté.

Dans ce que tu décris @Tiao88 je vois le fait d'ajouter de la liberté, et de s'enlever de la pression sur le respect des cases à cocher.
Le risque étant de se faire utiliser, ou de se retrouver malgré soi dans des scripts non voulus, car le flou (généré par la liberté), amène un manque de clarté, donc de l'insécurité potentielle.

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Discussion : [Outil] Escalator relationnel

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artichaut

le mercredi 12 février 2025 à 20h29

La NRE mono c'est sauter dans le vide, parce que faudrait pas risquer passer à côté de sa life.
La NRE poly, c'est la même chose, en —théoriquement— un peu moins de tout pour le tout. Même s'il reste parfois beaucoup de traces de la monogamie dans la NRE poly. C'est même parfois le retour en force de la monogamie au sein d'une constellation poly : être monobnubilé par la nouvelle relation au point de déprécier toutes les autres.

Le toboggan c'est bien souvent se servir d'une relation nouvelle pour quitter une relation en place. Même si ça revient à quitter (une partie du) shème monogame, et donc retrouver sa liberté, ça reste bien souvent sauter dans le vide. Et en ce sens ça reste pour moi, de nature monogamique. Je ne sais pas où je fonce (dans le mur ou vers ma liberté), mais je fonce. Et qu'importe les dégâts alentour.

Faut-il quitter la monogamie de manière monogamique ? Là est peut-être la question… Peut-on la quitter autrement ? En douceur, avec soin…

Répondre à ça, c'est aussi, vieux-de-la-vielle-du-milieu-poly, accepter de regarder en face, par où nous sommes nous-même passés…

Perso, j'en ai blessé des gens pour arriver là où je suis. Sans doute ai-je plus blessé quand j'étais mono-de-fait (car mes ruptures étaient alors radicales et définitives), mais même depuis le virage non-exclusif, il y a de ça bien longtemps, il y a eu beaucoup de dégâts.
Donc je peux critiquer théoriquement la NRE, mais je me trouve bien mal placé, pour jeter la pierre et critiquer le toboggan (autrement que sur un plan théorique).

Par contre, je n'en ferait certes pas l'apologie. Passer par là est une chose, en faire un mode de vie assumé et décomplexé en est une autre.
Et il est vrai qu'autant le toboggan, on en est rarement fièr·e·s, autant la NRE se revendique et s'étale en norme induscutable, même au sein des milieux poly.

Et c'est une norme qui s'autoalimente et fait des petits, tel le polybéralisme le plus décomplexé.

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