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artichaut

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Rennes (France)

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samedi 12 août 2017

Polyamour : orientation relationnelle intime non-exclusive et consensuelle.

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La dimension "avoir plusieurs relations amoureuses et/ou sexuelles en même temps" (qui peut même, si on n'y prends pas garde, devenir une injonction supplémentaire !) ne me semble pas le plus important dans le « polyamour ».
Ce qui en revanche me semble primordial, décisif et spécifique à la fois c'est :
- le refus de correspondre à une norme sociétale imposée en matière de relations affectives (et-ce quels que soient les mots et les cases qu'on utilise pour définir ces relations) ;
ET
- la volonté sincère de prendre soin de toutes les personnes impliquées dans et par nos relations, et de chercher à augmenter le bien-être collectif et individuel.

Inversement, chercher à tirer son épingle du jeu, imposer ses points de vue, ne pas prendre en compte ses partenaires ou les partenaires de ses partenaires, mentir et dissimuler, refuser de ralentir ou refuser de se remettre en question …n'est trop souvent, qu'une gestion +ou- foireuse des relations non-exclusives, et ne fait parfois que reproduire des schémas, en les multipliant, que la norme monogame, tout à la fois, cautionne et canalise : adultère multiple, viol conjugal, emprise psychologique, domination masculine, compétition relationnelle, mépris de l'autre, exclusion, vantardise, etc.

Le polyamour, c'est donc pour moi, tendre vers plus d'amour, de solidarité, de prendre soin.
Je ne dis pas que j'y arrive, — et même je me plante encore souvent —, mais ça donne un horizon.

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J'habite vers Rennes.

Il y a un peu plus de 10 ans, je suis passé de "relations exclusives de fait" à la non-exclusivité puis le polyamour.

Après être passé par tout un tas de travers ou expériences peu joyeuses, j'ai le sentiment aujourd'hui d'y voir plus clair et mieux savoir de quoi j'ai envie et comment on s'y prend. Même si bien sûr rien n'est figé, et que j'apprends encore tous les jours.

Je n'imagine pas pouvoir revenir en arrière (revenir à des relations affectives exclusives et normées) et me définit comme "polyamoureux" même lorsque je n'ai aucune relation amoureuse et/ou sexuelle.

Je suis ici, pour partager des expériences, lire des témoignages, des réflexions, participer au site, promouvoir le polyamour, organiser des événements.

Voici des exemples des événements que je co-organise :
- café poly-pop
- soutien poly
- séjour poly à la Ferme
- we metamour

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[Je suis un mec, cis, hétéro, blanc, valide, intello… précaire et neuro-atypique]




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[Ajout, juin 2019]

Mon long et laborieux cheminement dans les questions de consentement.


Avertissement :

Cette partie aborde le sujet des agressions sexuelles. Parfois lire des choses sur ces sujets peut réactiver des choses enfouies, éventuellement traumatiques. Alors, lisez cette partie, avec la prudence qui vous semble adaptée...


Pourquoi je veux aborder ce sujet ici ?

Je co-organise des événements polys (cafés-poly, séjour poly, et même soutien poly). Dans ces événements poly que je co-organise, on insiste beaucoup sur le fait de poser un cadre et des règles "afin que tout le monde puisse se sentir bien", on insiste sur le fait que ce ne sont "pas des lieux de drague", etc. On est donc garant d'une sécurité physique et émotionnelle des personnes, ou du moins, on tiens à prendre le maximum de précautions, et à rendre visible la manière dont ces précautions sont prises.
Par conséquent, il me semble important d'en dire un peu plus sur qui je suis et d'expliquer en quoi mon cheminement fait…
- d'une part, que je suis bien placé pour savoir à quel point ces règles de sécurité sont importantes
- et d'autre part, que je me sens redevable d'une transparence, qui autrement serait du mensonge et de la dissimulation.
Je souhaite donc dire qui je suis et d'où je parle. Que chacune et chacun puisse aussi venir en conscience aux événements que je co-organise.

Par ailleurs je tiens à aborder ce sujet car je trouve que trop peu d'hommes prennent conscience et racontent leur erreurs en matière de consentement. Et car c'est, entre autre, une parole d'homme (voir plus loin) qui m'a aidé à prendre conscience de l'ampleur du problème, et de ce que j'avais fait.

Enfin, dans ma vie aujourd'hui, j'ai fait le choix de raconter mon passé aux gens qui m'entourent
- pour ne plus cacher qui je suis, qui j'ai été,
- pour tâcher de ne plus commettre de tels actes dans mes nouvelles relations,
- pour que d'autres hommes racontent à leur tour (sans se glorifier de le faire),
- pour que l'on cesse collectivement de se cacher la face.

Ce dont il va être question ici, sont des actes tellement banals et courants, qu'il est possible de ne pas avoir conscience, de la violence qu'ils portent en eux. C'est ce qui m'est arrivé et que je souhaite partager.


Ce que je veux dire

Il me semble important de nommer et d'écrire ici que j'ai commis par le passé ce qu'aujourd'hui je suis capable de nommer : des agressions physiques et sexuelles.
En l'occurence, ces agressions ont toutes pour point commun d'avoir été commises par surprise, sans recherche de consentement verbalisé, ni avant, ni pendant, ni après.
C'est arrivé au moins 5 fois, et ça a concerné au moins 4 femmes.

Je fait le choix de ne pas donner le détail des faits sur ce forum, juste nommer ce qu'ils sont.


Le chemin

Le chemin de la prise de conscience à été long. Très long.

Ce n'est que grâce à de micro-confrontations (protestation de la partenaire, intervention d'un tiers), de nombreuses discussions initiées par des féministes, la patience d'une amoureuse-féministe, et la lecture de livres, brochures et blogs... que j'ai finis par prendre conscience du caractère violent et inapproprié de mes comportements, que j'ai eu le désir de changer, et que aujourd'hui j'arrive à nommer mes actes passés pour ce qu'ils sont.

Un des éléments déclencheurs fut la lecture de la brochure « Je ne veux plus être un violeur » d'un auteur anonyme. Lorsque je l'ai lu, ma première réaction fut "il exagère" et "si ça c'est des agressions ou des viols, alors on ne peut plus rien faire"… car j'avais commis des actes exactement identiques à ceux qu'il décrit dans sa brochure et que je n'était pas prêt à me remettre en question.
Il m'a fallu ensuite un an, deux ans, ou trois ans (je ne sais plus) pour pouvoir me dire qu'il avait raison et que ces actes que j'avais commis étaient bien des agressions ou des viols.

Ces actes me semblaient tellement banals que je n'en voyait pas la violence. Et en effet ils sont tellement répandus, et sociétalement admis ou invisibilisés, qu'il est possible de ne pas voir leur violence, aussi bien quand on les commet que quand on les subis. Pourtant la violence est bien là. Et elle agit dans les corps.

Un autre élément déclencheur fut la lecture de ce paradoxe, que j'avais lu sur internet :
- si j'interroge mes copines proches, la quasi totalité ont vécues des agressions sexuelles ou des viols
- si j'interroge mes copains proches, aucun d'eux n'a jamais commis ni viol, ni agression sexuelle
Alors la question se pose : Où sont les agresseurs ?
Et le paradoxe devient encore plus problématique, si on rajoute à cela que contrairement au mythe selon lequel n'existerait que le "viol par un inconnu dans une ruelle sombre", alors que les statistiques sont formelles : "la majorité (1) des viols et agressions sexuelles sont commises par des proches de la victime" (famille, amis, conjoint, etc).
Alors la question se pose plus cruement encore : « Qui sont les agresseurs ? », « Suis-je moi-même un agresseur ? »

Par contre le problème du concept d'agresseur (comme celui de victime d'ailleurs), et que comme pour toute les catégorisations, il tend à réduire le statut de la personne à l'une de ses catégorie d'actions, l'un de ses vécus.
Il est par conséquent très difficile de se s'auto-désigner « agresseur », a fortiori au présent.

Par ailleurs je sais aujourd'hui pour l'avoir vécu, que l'on peut commettre des agressions sexuelles sans même en avoir conscience, il me semble par conséquent d'autant plus primordial de nommer, et raconter. Et sans vouloir en aucune façon minoriser la violence de mes actes, je suis a peu près persuadé que la très grosse majorité des hommes ont commis des actes exactement similaires et soit n'ont toujours pas conscience de la gravité de tels actes, soit ne racontent pas.

Autre fait notable. Quand j'ai posé la question à des femmes et à des hommes : «  Avez-vous déjà outrepassé le consentement de quelqu’un ? ». Les femmes à qui j'ai posé la question ont généralement pris le temps de se poser la question, alors que les hommes interrogés répondaient : «  non, jamais ». Et même, tout en reconnaissant l'importance du consentement dans les relations, ils avaient tendance à considérer que le consentement est une chose facile : « Il suffit de dire Non. ». Pourquoi, nous les hommes, même quand on nous pose la question, même quand on nous met une brochure sous le nez, est-on aussi réticent à reconnaître que l'on puise, nous aussi, avoir commis des agressions ? J'ai bien peur que ce "point aveugle" ne soit l'un des piliers de ce qu'il est convenu d'appeler "la culture du viol".

Ensuite, après avoir pris conscience de ces actes, et avoir été capable de les nommer pour moi-même, il m'a encore fallut plusieurs années pour être capables de les nommer à d'autres et les raconter à mes proches, comme je le fais aujourd'hui.

Je précise que j'ai moi aussi, dans ma vie d'adulte, subis quelques actes de dépassement de consentement, mais c'est sans commune mesure, en fréquence et en intensité, avec ce que j'ai fait subir à d'autres …de surcroît, le serait-ce, que ça ne pourrais être mis en parallèle et comparé car ne s'inscrivant pas dans les structures de ce système sociétal où, en matière de genre, la norme est : la domination masculine et la culture (masculine) du viol.


Et aujourd'hui ?

On m'a posé la question "Que fais-tu vis-à-vis des femmes concernées ?". Faut-il chercher à les recontacter pour entamer un processus de réparation ? Mais veulent-elles seulement avoir le moindre contact avec moi aujourd'hui ? Difficile de trancher.
En l'occurence j'en suis à des endroits différents selon les personnes concernées. Et pour, au moins l'une d'elle, je n'ai plus aucun moyen de la joindre.
Si tu es une de ces femmes et que tu lis ceci, je te présente mes excuses et si tu le souhaite, tu peux me faire savoir ce que je peux faire en guise de "réparation".

D'autre part, c'est en renonçant à initier des contacts sensuels sans les avoir verbalisé avant ET en dialoguant le +possible (avant, pendant, après), que je peux aujourd'hui avoir le sentiment de ne plus avoir de comportement agressif ou déplacé sur le plan sensuel/sexuel. Pourtant mon histoire récente m'a montré, qu'il faut se garder d'être trop confiant en la matière, et que des malentendus ou incompréhensions en terme de consentement sont encore possible (même en prenant la peine de tout verbaliser). Je me suis rendu compte que verbaliser ne suffit pas, et qu'il faut trouver des manières de faire qui soient opérantes en actes, et non pas seulement en parole.

Arrêter d'être dans le déni est le premier pas que je fais (enfin) aujourd'hui, en parallèle au fait de rechercher activement comment avoir enfin des relations plus satisfaisantes, et aller ensemble vers —je le souhaite—, une culture du consentement en lieu et place de la culture du viol.

J'ai conscience qu'encourager l'autre a connaître ses limites, à les dire, et les dire moi-même… est plus facile à dire qu'à faire et qu'il me faut rester vigilant. D'autant que +je montre que je réfléchis, +la personne en face est susceptible de me faire confiance et donc "baisser sa garde".

Rien n'est jamais fini, rien n'est jamais acquis.
J'ai (nous avons) encore beaucoup de pain sur la planche.

Artichaut.

PS1 : Je remercie toutes les personnes qui m'ont aidé, conseillé, soutenu dans cette démarche. Je ne sais si les choix que je fait sont les bons, mais je sais que sans ce soutien, j'aurais fait des choix bien pire que ceux que je fait là. Merci à vous.

PS2 : Je remercie la copine qui m'a récemment fait découvrir les hastags #ItWasMe et #IHave

*
1) « En France, les chiffres officiels de 2017 font état de 93 000 femmes victimes de viol ou tentative de viol sur l’année, soit 0,4 % de la population féminine, et 15 000 hommes victimes de viol ou tentative de viol, soit 0,07 % de la population masculine. Parmi ces victimes, 91 % connaissaient leur agresseur et 45 % desdits agresseurs étaient leur conjoint ou ex-conjoint. »
Source : Assemblée Nationale, rapport d’information du 22 février 2018

[Fin de l'ajout de juin 2019]

(voir aussi le fil associé : Agressions sexuelles. La parole (manquante) des hommes.)





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Ci-dessous vous trouverez des articles que j'ai publié sur ce site :

Un Bouquet d'amoureux — par Morning Glory Zell

Texte de Morning Glory Zell-Ravenheart (née Diana Moore), réputé pour être l'un des premiers texte (en mai 1990) à utiliser le mot « Polyamour » (Polyamory), de surcroît dans son sens très actuel.

Ce texte, bien que datant de mai 1990, contient déjà beaucoup de ce que ne cessera de prôner le polyamour jusqu'à aujourd'hui, et laisse supposer une longue pratique collective de non-monogamie-responsa…

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Filmographie sur le polyamour

Liste de films, classés par ordre chronologique, traitant de près ou de loin du polyamour.

Pour savoir si un film est polyamoureux, et donc s'il mérite de figurer dans cette liste, on lui applique le « Test de Toinou » :

  • le film contient-il au moins une relation ou une prob…

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