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Comment aider mon amoureux à accepter le polyamour...?!

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Polpolp (invité)

le lundi 23 mars 2015 à 16h54

Je suis d'accord avec Aviatha, c'est plus une histoire de contrat et de voie choisis que de contrôle du corps de l'autre ou je ne sais quoi.

Et tant qu'aucun des deux n'imposent sa voie a l'autre alors chacun garde sa liberté de choisir et de partir si sa ne lui convient pas.

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Nurja

le lundi 23 mars 2015 à 17h23

Je ne parle pas de méchants monos. Je dis juste ma complète incompréhension (et la seule manière dont je le comprends, c'est de la possession. Si ce n'est pas ça, c'est quoi ? C'est une vraie question pour moi).

Le fait que j'ai vécu une histoire avec une personne m'ayant dit "ok pour le polyamour, je sais de quoi il s'agit et cela me convient" pour se refermer et refermer la relation petit à petit joue sans doute dans mon ressenti (je n'aurais pas entamé une relation avec un monogame, je sais que cela ne me convient pas). Et aujourd'hui, après 3 mois de réflexion, je n'arrive toujours pas à voir autre chose qu'une envie de possession de sa part.

Si l'exigence d'exclusivité s'explique par autre chose que le fait qu'on possède le corps de son partenaire, très bien. Pourriez-vous m'expliquer alors de quoi il s'agit ?

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Apsophos

le lundi 23 mars 2015 à 18h10

Nurja, ça t'intéresse un poste à responsabilité dans mon goulag ? <3

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Nurja

le lundi 23 mars 2015 à 18h21

A condition qu'on m'explique d'abord en quoi ce n'est pas de la possession (histoire de pouvoir torturer correctement tes pensionnaires).
Et puis, je risque de ne pas réussir l'examen d'entrée : j'aime pas la bière.

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aviatha

le lundi 23 mars 2015 à 19h20

Dans le cas des gens qui changent d'avis en cours de route, je ne peux pas dire, pour moi un accord est un accord, et s'il est toujours possible de demander à renégocier en cours de route, il me parait inconcevable d'en changer les termes tout seul pour faire la vie dure à l'autre, pour moi il ne s'agit pas de monogamie, polyamour ou possession ou ce qu'on veut, c'est de la maltraitance émotionnelle, point.

Pour ce que c'est réellement, sans doute est-ce aussi varié que ce qui motive les poly dans le poly, mais le premier que je vois, c'est la réciprocité. Un mono qui n'aime personne d'autre que son conjoint a envie d'une affection réciproque qui ait la même forme (c'est d'ailleurs souvent le cas pour les poly aussi, comme le disait LuLutine, qui ont rarement envie qu'un de leur conjoints n'aime que eux). C'était une des sources de tensions avec mon ex : il était L'homme que j'aimais, je n'étais plus qu'UNE DES femmes qu'il aimait, la réciproque avait disparu.
Il y aussi que tout le monde n'a pas les mêmes besoins/envies affectifs, certains se contentent très bien de voir l'être aimé un soir par semaine et d'autres ont envie de s'endormir tous les soirs dans ses bras. Or les gens n'étant pas doués d'ubiquité, il y e des configurations qui ne peuvent du coup tout simplement pas marcher.
Et enfin (je vais sans doute me faire flécher à vue, mais comme toi je parle d'expérience, et elle me donne raison au moins en ce qui me concerne donc je m'en fous), un besoin d'intensité. Être concentré sur une seule personne ou plusieurs ne permet pas du tout à mon sens la même intensité de relation (on a déjà eu ce débat avec Siestacorta, ça n'empêche pas que ce soit de l'amour, ni une très belle relation, c'est juste effectivement moins intense), et si certaines personnes ne sont pas très portées sur le passionnel, d'autres le sont. Et il n'y a qu'à voir le nombre de sujets sur le forum où il est question de NRE qui fout le bordel pour comprendre que quelqu'un qui a une vraie envie d'intensité affective avec son conjoint ne peut que très mal vivre l'arrivée d'une nouvelle relation et la phase passionnelle que cela implique.

Voilà pour quelques exemples, j'en ai encore plein dans ma manche s'il faut mais j'ai pas trop envie de m'étaler, ça va finir hors sujet.

(Et si, au passage, parler "d'exigence" d'exclusivité, de "possession" du corps de l'autre, et de "ton corps m'appartient", c'est clairement mettre une grosse flèche rouge clignotante marquée "vilain pas beau" au-dessus de la tête des monos)

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maximum

le lundi 23 mars 2015 à 19h40

Nurja

Quand tu parles de possession du corps,je n'entends que "contrôle" , exclusivité sur la sexualité de l'autre: C'est réducteur.Il n'y a pas que "ça", ce n'est peut-être d'ailleurs pas là ou le bât blesse le plus.Il y a du relationnel, de l'affectif, des atomes crochus, des affinités, de la complicité, quelque chose que certains appelles "amour".Je ne peux pas penser ces termes avec la notion de possession; c'est bien autre choses.
Et c'est tout cela que le "mono" doit accepter de laisser vivre à son/sa partenaire poly, pas seulement la sexualité.
Le mono qui se trouve confronté à la nouveauté de la relation poly de son/sa partenaire a à faire évoluer en lui l'idée d'exclusivité s'il veut faire perdurer sa relation, je suis d'accord.
Le mot possession, ne convient pas ,je trouve à tout ce qui fait la complexité, la richesse, le mystère d'une relation entre deux être.

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Nurja

le lundi 23 mars 2015 à 22h01


Et si, au passage, parler "d'exigence" d'exclusivité, de "possession" du corps de l'autre, et de "ton corps m'appartient", c'est clairement mettre une grosse flèche rouge clignotante marquée "vilain pas beau" au-dessus de la tête des monos

Actuellement, ça ne me convient pas de mettre une flèche sur les monos (flèche qui dit "personne exclusive, ne pas envisager de relation amoureuse avec", flèche que je suis seule à voir). Pas pour les juger, juste pour me rappeler que c'est le genre de personnes que je dois fuir si je veux me préserver.


Quand tu parles de possession du corps,je n'entends que "contrôle" , exclusivité sur la sexualité de l'autre: C'est réducteur.Il n'y a pas que "ça", ce n'est peut-être d'ailleurs pas là ou le bât blesse le plus

En pratique, dans toutes mes relations avec des monos soient disant poly ou soit disant ouvert au polyamour, c'est ça qui a posé problème. Tout le reste était envisageable. D'autres personnes autour de moi sont dans le même cas. Il y a probablement d'autres cas.

Je ne sais toujours pas ce qu'apporte l'exclusivité.

J'ai entendu des notions de temps (fusion). Hors, dans mes relations aucune n'avait de souci que je parte 3 jours pour des raisons familiales. Par contre, passer une après-midi où on ne pouvait de toutes façons pas se voir à faire des galipettes était inconcevable.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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aviatha

le lundi 23 mars 2015 à 22h21

Dans toutes TES relations avec des monos. Ce n'est pas le cas pour tout le monde. Je tolérais très bien les relations sexuelles de mon amoureux avec sa nouvelle demoiselle, c'est quand il s'est rendu compte qu'il était vraiment amoureux que ça m'a posé problème, donc je ne peux juste pas être d'accord.
De même que je connais plusieurs couples d'amis qui n'ont pas de problème à laisser l'autre faire des galipettes de son côté (tant que l'aspect sanitaire est respecté, bien entendu) avec ou sans eux, mais pour qui il est inenvisageable que les autres deviennent des compagnons de vie.

Donc je pense surtout que tu as rencontré des gens qui faisaient une fixette sur la sexualité, ce qui soit dit en passant n'est à mon sens, et je rejoins maximum, qu'une part de l'exclusivité.

Et si tu ne vois pas ce que leur apporte l'exclusivité avec ce que je t'ai dit dans le post précédent, de la fusion à la réciprocité, du temps consacré à l'intensité, ce n'est pas un drame, moi je ne comprend pas qu'on puisse être poly, je ne vois pas ce que ça apporte, et je refuse dans ma vie désormais les gens qui le sont, ça ne m'empêche pas de considérer que ces gens-là existent, avec une vision différente toute aussi juste, et que s'ils sont heureux comme ça c'est tout ce qui compte.
Là c'est comme si tu jouais au rugby à quinze et tu regardes le terrain d'en face en disant "Mais pourquoi ils jouent à deux seulement ? C'est nul. - Ben non, ils jouent badminton, ça se joue à deux. - Mais c'est plus drôle de jouer à quinze. - Au rugby, peut-être, mais ça c'est pas du rugby." C'est pareil, pas le même jeu, pas les mêmes règles.

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Apsophos

le mardi 24 mars 2015 à 00h55

Nurja
A condition qu'on m'explique d'abord en quoi ce n'est pas de la possession (histoire de pouvoir torturer correctement tes pensionnaires).
Et puis, je risque de ne pas réussir l'examen d'entrée : j'aime pas la bière.

Ah mais on ne possède personne dans le goulag, on reconditionne juste les gens pour les amener vers la liberté.
Le couple, c'est de la possession, oui, dans tous les cas, même si on est en couple avec plusieurs personnes.

Et pas besoin d'aimer la bière. Tu aimes les cookies ?

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LittleJohn

le mardi 24 mars 2015 à 11h51

Il y a un biais dans l'énoncé de tes contrats, aviatha... et je pense qu'une décontextualisation aidera à mieux en distinguer la dissymétrie :
- poly : "J'ai besoin de manger de la viande tous les jours pour que notre relation fonctionne, si ça ne te va pas, je suis désolé, ce sera sans moi, je ne peux pas"
- mono : "j'ai besoin que tu ne manges pas de viande pour que notre relation fonctionne, si ça ne te va pas, je suis désolé, ce sera sans moi, je ne peux pas"

(tout troll végé est totalement involontaire de ma part ^^)

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aviatha

le mardi 24 mars 2015 à 12h19

Vous avez quand même un sérieux problème avec l'interdit, tous...
La question n'est pas, telle que je l'ai comprise de Nurja en tout cas, la question de l'exclusivité dans un couple mono-poly, mais celle de l'apport de l'exclusivité tout court. Ce n'est pas un interdit, puisque dans la plupart des couples mono, les deux sont d'accord, c'est aussi absurde que si tu me disais "lui il est végétarien, mais sa femme lui interdit quand même de manger de la viande", ben non elle lui interdit que dalle, puisque c'est quelque chose qu'il a décidé de lui même.
Imaginer les couples monos en train de passer leur vie à s'enfermer l'un l'autre dans des carcans, c'est aussi absurde que d'imaginer que tous les végétariens du monde passe leur vie à baver devant des steaks en se filant des claques pour ne pas céder à la tentation.

Du coup merci pour le "troll végé", en fait ^^

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bonheur

le mardi 24 mars 2015 à 12h58

Petite touche d'humour à prendre comme telle : Suivre un régime bière - cookies :-D :-D :-D

Bon, dans le rôle de l'élément poly d'un couple mono-poly (se dorant la pilule rue de la paix :-D avec tous ces amours). Qu'est ce qui empêche de cuisiner deux plats (un avec et l'autre sans viande) et de savourer chacun son plat préférer ensemble.

Je dirais même mieux, qu'est ce qui empêche de savourer TOUS ENSEMBLE, le plat de son choix, avec le bonheur que prendront chacun-e à manger ensemble (pas façon Oldelaf, clin d'oeil à Apsophos). C'est le menu que nous avons commandé pour les vacances d'été, sur fond de vacances de l'an passé mais en encore plus hum !!! Bon, donc pour nous ce sera deux végé, un carnivore et un plat avec pas trop de viande

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Nurja

le mardi 24 mars 2015 à 14h35

Aviatha
Dans toutes TES relations avec des monos. Ce n'est pas le cas pour tout le monde.

Je sais que je parle à partir de mon expérience et n'ai jamais dit le contraire. (y compris des collègues, des amis, ...)


"Donc je pense surtout que tu as rencontré des gens qui faisaient une fixette sur la sexualité, ce qui soit dit en passant n'est à mon sens, et je rejoins maximum, qu'une part de l'exclusivité"

Je pense que cette fixette (comme tu dis) est assez répandue dans la société actuellement.


"Et si tu ne vois pas ce que leur apporte l'exclusivité avec ce que je t'ai dit dans le post précédent, de la fusion à la réciprocité, du temps consacré à l'intensité, ce n'est pas un drame"

Je n'en fais pas un drame, je dis simplement que je ne comprends pas et que je voudrais comprendre. Le temps consacré ne dépend pas que du fait d'être exclusif ou pas (mais du boulot, des autres activités, etc.). pareil pour tout le reste. Je me rappelle d'un homme qui aurait voulu une relation exclusive avec moi, qui avait un boulot à temps plein 9-17h du lundi au vendredi, un sport à niveau professionnel 4 soirées par semaine (19-22h) + une journée le week-end et qui avait encore un petit boulot complémentaire. C'est sûr qu'une relation exclusive avec lui permet de passer beaucoup plus de temps "en amour" qu'une relation avec moi qui bosse à 3/4 temps et qui suis polyamoureuse.

Je sais que les exclusifs existent (ils sont l'immense majorité, je te rappelle). Je considère que sur un forum polyamoureux, j'ai le droit de poser mes questions de polyamoureuses.

Ton parallèle rugby et badmington ne tient pas. Il s'agit de deux sports différents quand de l'autre côté, il s'agit de relations amoureuses.

Apsophos, la possession dont je parlais, c'était l'exclusivité. Comment reconditionner et amener vers la liberté si on ne sait pas à quoi est due la cage qu'ils s'auto-imposent ?


"Le couple, c'est de la possession, oui, dans tous les cas, même si on est en couple avec plusieurs personnes."

très d'accord.
"Tu aimes les cookies ? " Quand ils sont véganes et au chocolat, beaucoup.


"Ce n'est pas un interdit, puisque dans la plupart des couples mono, les deux sont d'accord"

Ce n'est pas parce que je suis d'accord avec un interdit que ce n'est plus un interdit. Exemple, je m'interdis de manger des produits animaux, cela me pèse rarement. C'est quand même un interdit.

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Apsophos

le mardi 24 mars 2015 à 16h32

Nurja
Comment reconditionner et amener vers la liberté si on ne sait pas à quoi est due la cage qu'ils s'auto-imposent ?

Je lisais tout à l'heure une discussion sur une université mormone qui excluait les étudiants (ex-)mormons qui abandonnaient leur église. Un contributeur parlait du monde comme un océan plein de requins et de la cage qu'était censée constituer leur communauté et que si nous aussi nous voyions le monde comme un océan plein de requins nous voudrions sans doute une cage nous aussi.

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aviatha

le mardi 24 mars 2015 à 19h44

Nurja, bien sûr que tu as le droit de poser toutes les questions que tu veux, il manquerait plus que ça, mais là j'ai juste l'impression que tu ne lis pas les réponses.


Apsophos, la possession dont je parlais, c'était l'exclusivité. Comment reconditionner et amener vers la liberté si on ne sait pas à quoi est due la cage qu'ils s'auto-imposent ?

J'ai répondu deux posts plus haut : Imaginer les couples monos en train de passer leur vie à s'enfermer l'un l'autre dans des carcans, c'est aussi absurde que d'imaginer que tous les végétariens du monde passe leur vie à baver devant des steaks en se filant des claques pour ne pas céder à la tentation.

Je maintiens, pour avoir des exemples en nombre, que la sexualité n'est pas un aspect si majoritaire que ça, c'est un aspect qu'on croit et qui parait majoritaire, mais quand on connait les couples dans l'intimité, beaucoup ont une ouverture sur cet aspect-là qu'ils n'envisagent pas sur l'aspect "vie commune" ou l'aspect "amoureux". Simplement ils n'en parlent pas en public et personne ne le soupçonne chez eux.

Mon parallèle tient au contraire très bien la route, il s'agit de sport dans les deux cas, et ils ne sont pas beaucoup plus éloignés l'un de l'autre que peuvent l'être le mode de vie "anarchie relationnelle" et "couple marié avec huit enfants", qui pourtant sont tous les deux des relations affectives.

Je tiens d'ailleurs à l'expression "relations affectives" parce que le terme "amoureux" est pour moi problématique. Pour en avoir longuement débattu avec Siestacorta et Metazet (qui a changé trois fois de pseudo entre temps^^), le fait d'avoir du désir pour quelqu'un, d'aimer passer du temps avec lui, partager des choses, activités, passions ensemble, d'avoir pour lui une affection profonde et sincère, une tendresse véritable, voire des projets en commun ne suffit pas pour moi à dire qu'on est "amoureux". J'ai aimé beaucoup de gens comme ça, des gens très bien, et je comprends parfaitement qu'on puisse et puisse vouloir aimer simultanément plusieurs personnes ainsi, même si ce n'est pas ma tasse de thé. Mais quand je suis "amoureuse" déjà c'est infiniment plus rare (ça a dû arriver deux fois dans ma vie), infiniment plus fort, et ça efface tout simplement toute envie d'autre (je sais plus qui m'avait sorti "de la même façon qu'on ne voit pas les lampes allumées en plein soleil", mais j'aime bien c'est exactement ça). On me dira que c'est de la NRE, mais dans mon cas alors ça a été de la NRE qui dure plusieurs années, et je ne suis pas sûre que ça corresponde à la définition dans ce cas.

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Nurja

le mardi 24 mars 2015 à 22h06

Aviatha, oui, j'ai lu les réponses et pour moi une limite qu'on se fixe reste une limite. Je pense que nous ne parviendrons pas à nous comprendre, donc je laisse.

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Strega

le mercredi 25 mars 2015 à 13h14

Aviatha
Mais quand je suis "amoureuse" déjà c'est infiniment plus rare (ça a dû arriver deux fois dans ma vie), infiniment plus fort, et ça efface tout simplement toute envie d'autre (je sais plus qui m'avait sorti "de la même façon qu'on ne voit pas les lampes allumées en plein soleil", mais j'aime bien c'est exactement ça).

Je rejoins Aviatha sur la distinction relation affective/relation amoureuse. Il y a des rencontres dans la vie qui «  surpassent » les autres, par leur évidence, leur intensité et parce qu'elles offrent un exceptionnel espace d'épanouissement et de croissance. Ces histoires-là sont rares et c'est ce qui contribue à leur beauté. Pour autant elles ne sont pas incompatibles avec le poly. Déjà parce que si l'amour et l'intensité existent chez chacun des partenaires (un amour non partagé ne peut avoir cette puissance), elles ne sont pas forcément réciproques (même niveau d'intensité, même vécu). Aussi parce que les partenaires peuvent se trouver dans des phases de vie qui leur permettent de déployer cette intensité sans nuire par ailleurs aux relations déjà existantes. Donc un amour beau, intense et fécond peut se déployer sur une terre poly sans faire d'ombre ou éclipser les autres. Ca demande certainement beaucoup de vigilance (à soi et aux autres) et des conditions de vie particulières pour y arriver, mais cela reste possible et je peux en témoigner (j'ai deux relations affectives poly dont une amoureuse selon cette définition).

La question que je me pose pour ma part c'est ce qui se passe lorsque l'un des amoureux est dans la tourmente, ou qu'un fossé se creuse parce que les conditions de vie changent ou simplement du fait de l'évolution de chacun. Lorsqu'une relation amoureuse demande d'un coup beaucoup de patience, de dialogue, de bienveillance, de temps et que ce n'est pas la relation «  primaire » (au sens de vie commune, enfant, etc), est-il possible lorsqu'on est poly de déployer la même patience, tolérance, en somme répondre aussi bien d'une relation amoureuse alors qu'on en a deux à gérer en même temps ? Que l'un est par ailleurs engagé dans une relation primaire et pas l'autre ?
Je sais que c'est possible, puisque je connais des polys qui vivent ça. Cela dit, il me semble que c'est un phénomène encore plus rare que de tomber amoureux... et ça demande là quelque chose qui me semble être de l'ordre de ce qui tient beaucoup de couples monogames : l'engagement. Un engagement non pas à être toujours là ou à maintenir la relation vaille que vaille, mais à rester responsable de cet amour qui a surgi, s'est déployé et nous a fait tutoyer le sublime autant que le moins beau (ce qui peut impliquer que la relation change de forme hein).
Et pour citer Robert Misrahi dans son livre "La joie d'amour", «  il ne s'agit pas le moins du monde d'assumer un devoir et de remplir ses obligations (conjugales par exemple). Il s'agit de bien saisir librement toutes les implications d'un acte d'amour qui est la joie prise à l'existence et à l'être d'un autre » (l'amour étant pour Misrahi la joie que l'on a de savoir que l'autre existe).
Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je trouve que c'est un sacré programme, pas donné à tout le monde et qu'il peut effectivement être plus «  simple » avec un seul amour qu'avec plusieurs. C'est en ce sens que je comprends les interventions d'Aviatha (qui a besoin non seulement d'amour mais aussi d'engagement et de responsabilité) et aussi peut-être son agacement d'entendre plus parler sur le forum de relations affectives que de relations amoureuses (selon la distinction donnée au début). Tout en étant pas d'accord avec elle sur l'opposition mono/poly dans ce cadre.

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Nurja

le mercredi 25 mars 2015 à 14h38

Il me semble possible d'être à la fois polyamoureuse, engagée, responsable et amoureuse. C'est en tous cas comme cela que j'essaie au maximum de fonctionner (même si je constate que pour certaines personnes engagement et polyamour ne font pas bon ménage. Cela dit, pour d'autres personnes, l'engagement n'existe pas plus malgré leur exclusivité)

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Apsophos

le mercredi 25 mars 2015 à 14h46

Ah, on pourrait discuter de la notion d'engagement et de son rôle dans la société en général, ça pourrait être intéressant.

Je propose ça comme premier document à étudier sur le sujet : https://youtu.be/VQQumVbmic4

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Strega

le mercredi 25 mars 2015 à 15h16

Nurja
Il me semble possible d'être à la fois polyamoureuse, engagée, responsable et amoureuse.

J'ai pas dit le contraire. Je dis que c'est rare (dans la définition de l'amour donnée), difficile, exigeant, et je me demande si c'est à la portée de tous, à tout moment de la vie.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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