Participation aux discussions
Discussion : Comment être épanoui quand je ne fais aucune rencontre?
Alabama
le mercredi 19 août 2026 à 15h15
Enrique
J'ai juste pas envie de me retrouver dans cette situation où je ne le vis pas bien et où ma compagne ne voudra plus être en relation libre avec moi car je souffre trop.
C’est pour ça que je t’ai posé quelques questions, afin que tu te questionnes sur ce que tu recherches vraiment dans le fait d’avoir d’autres relations amoureuses.
Loin de moi l’idée de te faire abandonner les relations non exclusives. Mais je t’invite à élargir l’imaginaire autour de ça.
Je suis moi même en relation “libre” avec un homme cis het (c’est peut être le dernier aussi car franchement malgré toutes ses qualités quel labeur 😅), et n’ai pas eu d’autre relation “amoureuse” depuis qu’on se connaît. Lui a eu quelques dates qui ont pour l’un d’eux débouche sur une amitié.
De mon côté par contre j’ai d’autres relations amicales très significatives, dont une avec parfois du sentiment amoureux.
Et je ne pense pas que je serais frustrée si mon ami-moureux avaient d’autres relations amoureuses et moi pas. Enfin je veux dire, je vivrais bien un peu de jalousie, et de la frustration s’il me laissait en plan au profit d’autres personnes, mais pas de frustration sur un éventuel déséquilibre car je ne me compare pas là dessus. Si tu as de la frustration sur ce plan, cela peut vouloir dire tout un tas de choses, qu’il serait intéressant à mon sens que tu explores : pourquoi as tu besoin “d’égaliser” ? Est ce que ça vient toucher ton ego ? (Apparemment oui puisque tu te demandes si tu plais encore ou pas) Est ce qu’il y a du manque sur certains plans dans ta vie affective ? Etc…
Toutes ces questions sont pour t’aider à y voir plus clair dans ta situation en admettant que ça dure encore longtemps.
Et sinon je plussoie les conseils pratico pratiques de Topper : Okcupid est pas mal car il est possible de beaucoup remplir le profil. En tant que meuf bi féministe comme ta compagne, je ne donne pas suite aux hommes au profil trop vide, aux prises de contact trop fades.
Et oui plus on est exigeant ou minoritaire sur ce qu’on cherche et plus c’est difficile.
Discussion : Questions sur ma période d'ouverture
Alabama
le mercredi 19 août 2026 à 14h57
OpiKante
Bruno est une réf, et comme toute réf, on l'a ou pas, et si pas, on la cherche ou pas :) mais ce n'est pas la réf qui est importante, seulement l'est le message qui l'utilise et celui-là est plutôt clair, je crois.
Sympa 🤦🏽♀️
Je te laisse avec tes private jokes du coup.
Discussion : Comment être épanoui quand je ne fais aucune rencontre?
Alabama
le mercredi 19 août 2026 à 12h07
As tu des ami•e•s ?
Que te manque t’il concrètement ? Être transporté par une rencontre ? Le tactile avec une personne nouvelle ? Avoir une vie sociale en dehors de ta relation amoureuse ? En fonction des réponses, les pistes à creuser seront différentes.
Ta compagne a peut être une propension à sublimer les rencontres : parfois, les rencontres sont incroyables parce qu’on les rend incroyables.
Étant une femme cis moi même ayant eu pas mal de rencontres hetero, et de plus en plus féministe , je ne vis pas tellement de rencontres incroyables avec des hommes, mais j’en ai vécu quand j’étais moins regardante. Je ne dis pas que c est le cas pour ta compagne mais c’est à prendre en compte. Parfois on se compare et en fait, on enjolive ce que vit l’autre.
Je vais te donner mon point de vue de femme avec des lunettes féministes tres sévères.
Rencontrer une femme quand on est un homme en relation libre, c’est difficile pour plusieurs raisons :
- la plupart d’entre vous n’êtes pas doués pour prendre soin du lien et des affects de l’autre dans une seule relation, donc dans 2… ça fait peur.
- dans le sexe, vous n’êtes pas souvent à l’écoute et ne connaissez pas grand chose au plaisir féminin
- vous savez souvent bien ce qu’une femme peut vous apporter, mais moins ce que vous pouvez lui apporter.
C’est un constat dur, mais réel.
Je ne sais pas si tu coches ces lignes, en tous cas il est statiquement improbable que tu n’en coches aucune. Je ne dis pas ça pour te décourager, mais plutôt comme des pistes pour avancer.
Toutes ces choses s’apprennent. Et tu peux commencer par nourrir et prendre soin de tes amitiés, à mon avis ça pourrait nourrir pas mal des éléments que tu recherches pour l’instant dans une relation sexo-affective. Et cela te donnera de bonnes compétences pour naviguer plusieurs relations amoureuses et donnera confiance à une femme pour se dire qu’elle ne sera pas la dernière roue du carrosse en se lançant avec un homme poly déjà en couple.
Discussion : Questions sur ma période d'ouverture
Discussion : Questions sur ma période d'ouverture
Alabama
le mardi 18 août 2026 à 10h52
De ce que je comprends de ton dernier message @OpiKante, tu as relancé la discussion uniquement sur le polyamour, et pas sur ce qui se passe entre vous, sur le plan de la sensualité/sexualité. C'est à mon sens mettre la charrue avant les bœufs.
En gros ,il y a un souci dans votre relation sur ce plan, et un manque de ton côté. Étant sexotherapeute, je suis sans doute déformée, mais il me semble que cela dit quelque chose de votre dynamique, qu'il y a quelque chose à creuser, et qu'en fonçant tête baissée vers une solution pragmatique (manque de tactile = trouver ailleurs= polyamour), vous risquez comme dit hestia que les non-dits ressortent au pire moment et mettent en péril votre relation, qui semble très importante pour toi.
Après, si vous êtes à l'aise avec les conflits peut être que ça ira, seuls vous le savez. Disons que c'est un pari risqué. Le polyamour, quand les deux sont enthousiastes, c'est déjà pas simple. Donc quand un des deux l'accepte par dépit... Ça rajoute un degré de difficulté non négligeable.
Le tantra : je ne savais pas que c'était surveillé par la miviludes, mais en fait c'est une pratique, il n'y a pas un seul groupe qui proposerait du tantra et qui serait une secte. Il y a de très nombreuses pratiques, différents courants, comme le yoga. Si on disait "le yoga est surveillé par la miviludes" ça ne voudrait pas dire grand chose, là c'est pareil. Je connais plusieurs praticiennes en massage tantrique, elles sont très différentes et à ma connaissance ne sont pas embringuees dans quelque groupe sectaire que ce soit. Comme pour beaucoup de choses c'est à chacun d'utiliser son discernement. Aussi, c'est différent de payer pour un massage, qui est une prestation de service, et de participer à des stages de tantra, qui sont bien plus engageants et où effectivement il y a dans certains cas un manque de cadre (et à mon sens un gros manque de féminisme, ce qui pose problème concernant les dynamiques de domination/consentement).
Discussion : Comment se passent vos temps de parole ?
Alabama
le lundi 17 août 2026 à 08h16
Mon ami-moureux est plutôt comme toi, et il prend des notes avant les discussions. Et il m'envoit des messages après coup pour clarifier ce qu'il vivait sur le moment.
Nous n'avons plus rien de cadré depuis des mois.
Discussion : Questions sur ma période d'ouverture
Alabama
le lundi 17 août 2026 à 08h12
Salut @OpiKante,
Ce que m'evoquent tes messages, comme Hestia, c'est que ta compagne n'est pas partante mais n'ose pas te dire non.
Dans ce contexte, pas terrible d'aller vers le polyamour.
Aussi, je trouve que vos discussions semblent manquer de profondeur. Ça reste en surface.
Peut-être que ta compagne est asexuelle, mais comme il n'y a pas non plus de proximité physique non sexuelle, ça me met la puce à l'oreille. Tu n'as pas vraiment répondu sur si elle est tactile avec d'autres personnes, comme par exemple les enfants.
Moi j'aurais envie de te conseiller d'aller voir un thérapeute à deux. Pour vraiment déblayer les choses entre vous et pas qu'en surface. Là tu ne sembles pas avoir accès à ses affects, ses pensées intimes en tous cas sur le sujet du polyamour. Sur les autres sujets, échangez vous plus en profondeur ? Sur ce que vous ressentez chacun ?
Il se pourrait qu'elle culpabilise de son asexualité/non tactilité et te laisse aller voir ailleurs pour compenser son "défaut". Sans se rendre compte que ça va chambouler en réalité beaucoup de vos habitudes.
J'ai une piste alternative à te proposer, si ce qui te manque c'est le toucher sensuel : les massages tantriques. Tu pourrais aller voir un/une pro de ce type de massage.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le jeudi 14 mai 2026 à 08h21
Sur mon blog il y a un formulaire de contact, il ne fonctionne pas ?
@artichaut : ok c'est noté
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le mercredi 13 mai 2026 à 20h06
Sweet Queer
J'ai mis un terme à des relations amicales avec des amies en relation avec des mecs cis.
Tu pourrais expliquer pourquoi ?
artichaut
euh, non…
Un homme (cis) est un oppresseur (en tant qu'homme, dans ce monde). Point. Il ne saurait y avoir de preuve du contraire.
Je ne sais pas ce qui m'agace le plus. Que tu mansplaines ou que tu aies raison ?
artichaut
…je me demande parfois, si l'objet de ce fil n'est pas un genre de "syndrome de Stockolm" ou la recherche d'un #NotAllMen, pour se rendre compte à chaque fois au bout du compte que si #AllMen.
La comparaison avec le syndrome de stockholm me semble assez condescendante dans ton message.
Mais si on reprend les mécanismes psy qui sous-tendent ce fameux "syndrome" (qui n'est pas vraiment validé en tant que tel), c'est à dire des mécanismes de survie en milieu hostile, alors oui, probablement toutes les femmes, toutes les minorités, toutes les personnes concernées par de la violence développent ce type de mécanismes. A savoir, réduire la dissonance cognitive en trouvant des excuses à la personne/aux contextes violents, s'identifier à l'oppresseur pour diminuer l'anxiété, etc. Donc en soi, c'est une réaction psychologique tout à fait saine et normale dans un environnement violent/anxiogène.
Mais j'ai aussi envie de t'inviter à relire bell hooks qui l'exprime plutôt bien : beaucoup de femmes ont une peine profonde devant l'absence d'amour des hommes, et en premier leurs pères et leurs frères. Beaucoup de femmes veulent aimer les hommes de leur entourage : c'est douloureux en vériter de décider de ne pas aimer. Parce qu'on est éduquées au lien, au prendre soin, au maintien des communautés, mais aussi plus spirituellement parlant on ne peut vivre sans aimer/être aimé·e.
Décider de ne plus côtoyer les hommes cisgenres, de ne plus faire de sexe avec eux, de ne plus en êtres amoureuses etc... me demande un deuil immense, et de m'empêcher de suivre mes élans de coeur, juste parce que les hommes les prennent et ne rendent pas. Peut-être que je n'en suis pas encore à un degré suffisant de misantropie (je ne parle pas ici de misandrie parce que pour moi c'est autre chose). Dans la misantropie il y a pour moi une forme de cynisme, un désabusement vis-à-vis de l'humain, que je ne me résous pas à avoir parce que c'est sans doute, pour moi, encore plus douloureux que d'aimer et être déçue.
Au moins, quand je suis déçue, je vis pleinement.
Quand je me coupe de mes élans de coeur, je me coupe de moi-même.
Donc oui, sans doute, cela mène à une forme d'espoir vain, un genre de déni.
Bon. Ben je navigue avec.
Et je comprends aussi le choix que font d'autres, comme Sweet Queer, d'arrêter de côtoyer les hommes cisgenres autant que possible. Je ne fais pas ce choix mais dans les faits, ça revient quasiment au même puisque je côtois très peu d'hommes.
Message modifié par son auteur il y a 3 mois.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le mercredi 13 mai 2026 à 09h42
Aki
Les relations entre femmes sont-elles plus égalitaires (et moins violentes) qu'entre homme et femme ? La réalité n'est peut-être pas si simple non plus.
Tu parles uniquement de relations amoureuses je suppose ?
Car si l'on prend les amitiés, de mon expérience elles sont plus égalitaires. Mais j'ai pas de données statistiques sur le sujet.
Pour ce qui est du couple, c'est un peu plus nuancé effectivement. Il y a plein de dynamiques toxiques dans les couples lesbiens aussi, personne n'échappe à l'hétéronormativité.
Cependant, il y a une différence majeure, c'est que les rôles ne sont pas distribués "d'avance", en fonction du genre. Il n'y a pas tout un système, toute une société, qui encourage la domination de l'une sur l'autre.
Un exemple tout bête : si un homme vient chez moi et laisse traîner son assiette sale, je remarque aussitôt et je vais observer s'il se comporte en consommateur systématiquement où s'il fait sa part (relationnelle, matérielle, etc).
Si une femme vient chez moi et fait la même chose, je ne me formalise pas, il faudra qu'elle soit très constante dans le fait de prendre et rien donner pour que je prenne de la distance, parce que c'est beaucoup plus rare, et que c'est juste une particularité individuelle, pas un système qu'elle reproduit, et ça, ça fait une énorme différence. Une femme qui se comporte comme ça, tout le monde va la trouver chiante et profiteuse. Un homme qui fait pareil est juste normal.
Un homme est un oppresseur jusqu'à preuve du contraire.
Une femme est une alliée jusqu'à preuve du contraire.
Message modifié par son auteur il y a 3 mois.
Discussion : À propos de responsabilité dans la rupture.
Alabama
le mercredi 22 avril 2026 à 16h32
J'ai vécu les deux situations.
Une situation où mon amant/amoureux voulait une relation de couple avec moi mais moi non. Je lui ai proposé une relation de type sexfriend, j'ai vérifié auprès de lui que c'était vraiment ok, et voyant que c'était le cas (il n'avait pas l'air de souffrir outre mesure), je ne vois pas pourquoi j'aurais décidé à sa place.
Dans l'autre situation, je vivais une relation amoureuse avec un homme qui n'était pas amoureux et moi oui. J'ai eu besoin de pouvoir exprimer mes sentiments et que ce soit ok pour lui. J'aurais détesté qu'il décide à ma place de l'avenir de notre relation. Je me sentais vraiment aimée, bien mieux que dans toutes mes relations précédentes y compris celles où l'autre était "amoureux". En ce qui me concerne je me fiche que l'autre se dise "amoureux" quand moi je le suis, tant que ce qui se passe dans la relation me convient.
Donc mon avis, c'est qu'on a le devoir de rompre quand on a plus de pouvoir dans la relation que l'autre, et que l'autre souffre en raison de la situation qui ne lui convient pas. Non pas pour décider à la place de l'autre, mais parce qu'il me semble que quand on aime une personne, on ne souhaite pas la voir souffrir à cause de nous.
Discussion : Fin de la NRE, début possible de l'intimité ?
Alabama
le mercredi 22 avril 2026 à 16h25
siestacorta
Je crois que tu confonds le niveau émotionnel et le niveau sentimental.
Moi je crois que non je ne confonds pas :)
siestacorta
Mais son contenu émotionnel est bien réel de toute façon.
Oui personne ne remet ça en doute je crois.
Un construit culturel peut complètement agir sur nos émotions et nos hormones.
Une réalité biologique peut changer, et les scientifiques ne sont pas extérieurs à la culture dans laquelle ils étudient.
@Nouna
Je suis allée lire l'article que tu as mis en lien, et il ne me convainc pas du tout. Le discours du scientifique interviewé est plein de croyances. On parle de cette histoire de 2/3 ans qui seraient biologiques pour permettre au couple d'élever un enfant jusqu'au sevrage dans de bonnes conditions. Ça ne correspond pas à ce qu'on observe dans différentes organisations culturelles. Premièrement, le sevrage naturel de l'enfant, ce n'est pas établi que ce soit réellement 3 ans. Dans de nombreuses cultures, on allaite jusqu'au 5 ou 6 ans de l'enfant. Deuxièmement, le couple parental tel qu'on le connaît n'est pas universel. Il existe des sociétés humaines où le géniteur n'élève pas sa progéniture, il élève les enfants de sa soeur.
Je pense qu'on a encore beaucoup à apprendre sur ces questions.
Et mon expérience de déconstruction de la NRE et de l'idéal romantique, me porte à croire que la NRE n'est pas forcément un passage obligé, ou qu'en tous cas, il pourrait ne pas avoir l'importance qu'on lui donne dans notre culture à l'heure actuelle.
Discussion : Fin de la NRE, début possible de l'intimité ?
Alabama
le mardi 21 avril 2026 à 10h26
Justement j'emets des doutes sur cette théorie "hormonale". Je pense que oui y a des hormones en jeu mais que le construit social autour de l'amour romantique a une influence sur ce cocktail hormonal
Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?
Alabama
le samedi 18 avril 2026 à 14h35
Tiao88
Mais dans le cas de ce pote, lui a l'air quand même d'avoir un peu des espaces sans cette partenaire et où il a des relations amicales.
La personne dont je parle est un peu extrême sur ce plan, elle est du genre "amoureuse de l'amour".
Tiao88
Et au vu de ce qui a déjà été dit/écrit par d'autres personnes que moi, on a tendance à constater que bcp de relations affectives mettent au centre voir un piédestal leur relation de couple/amoureuse/romantique et leur accordent la primauté parfois (pas toujours) en termes de disponibilité, intimité, affection etc... Ce qui peut donner envie de s'y réfugier à son tour par moments.
Oui complètement, j'y pensais en écrivant tout ça.
Moi-même je me suis "réfugiée" dans ma relation amoureuse cette dernière année parce que c'était la personne la plus disponible de mon entourage, et que mon entourage fait passer sa vie de couple avant tout le reste, ou le travail (travail étant entendu ici au sens large, mais en gros y a peu de place pour passer des moments "chill" entre amies).
C'est clair qu'on ne peut pas s'émanciper seule dans son coin de tout un système de couple, et en ce sens, la NRE est aussi un symptôme de tout ça : manque d'intimité et de temps dans les amitiés, et donc report sur la relation amoureuse, un terreau fertile pour la NRE.
Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?
Alabama
le samedi 18 avril 2026 à 09h59
artichaut
aujourd'hui m'est venue cette blague (pas si dénuée de réalité que ça) : la NRE ne serait-elle pas plutôt l'Égoïsme de la Nouvelle Relation ?
tant les comportements rapportés de personnes en prise avec la NRE, impliquent souvent un retrait affectif des autres relations, avec de surcroît bien souvent du déni en la matière, quand c'est pas carrément de la mauvaise foi
je précise que je ne suis pas contre l'égoïsme en soi. c'est même souvent nécessaire ou salvateur. mais se contenter de parler d'énergie, me semble un peu facile, comme si aussi ça nous échappait, comme si c'était totalement hors de notre contrôle
Je reviens sur ce fil longtemps après, j'avais loupé la suite de la discussion je pense !
J'aime bien moi cette revisite de l'acronyme. Ça me parle bien ! J'ai une personne de mon entourage qui doit probablement être en pleine NRE en ce moment, et, pfff, j'ai un peu envie de lever les yeux au ciel rien qu'à l'imaginer parler de sa relation amoureuse... tellement ça me paraît vain. Et en tous cas, je ne la vois plus...
Je ne sais pas si c'est de l'égoïsme, car je considère que les gens font bien ce qu'iels veulent, mais je dirais que c'est de l'auto-sabotage, car quand tu mises tout sur une seule relation, ça appauvrit grandement les possibles, ça isole, et quand la relation se termine bah t'es un peu tout·e seul·e. Bon et après c'est ptêt que moi mais le couple fusionnel je trouve ça hyper ennuyeux au bout d'un moment.
Dans mon cas, je n'ai pas ressenti de NRE aussi intense que décrite dans ce fil depuis une dizaine d'années je pense.
Mais avant, je le vivais, et très fortement.
Je n'ai pas décidé de "me retenir" ou quoi que ce soit de ce genre, même si l'idée de différencier le sentiment/les émotions, de ce qu'on en fait, me paraît très intéressante. Effectivement quand on est en colère, on a le choix de taper sur un mur ou quelqu'un, ou de vivre sa colère sans faire du mal à l'autre quitte à sortir faire un tour puis revenir.
Donc les personnes atteintes de NRE pourraient tout à fait chercher des manières de canaliser les effets de cette drogue, par exemple en décidant consciemment de limiter les moments avec la personne avec qui on vit cette NRE, en continuant de voir les autres personnes de l'entourage, autant, si ce n'est plus qu'avant, etc... ça pourrait aussi être, comme pour la jalousie, de se poser et décortiquer un peu ce qui se passe, quel besoin non rempli la NRE vient-elle combler ? Car pour s'emballer autant, c'est bien qu'il y avait un manque. On a pas de raison de tomber amoureux·se aussi intensément si ce n'est qu'il manquait de l'intensité dans nos vies. Si on comprend un peu ce qu'il y a derrière ça, on peut trouver d'autres manières de nourrir l'intensité, qui ne repose pas que sur l'idéalisation de l'autre.
En tous cas pour ce qui me concerne, je pense la NRE a commencé à être moins forte quand j'ai commencé à déconstruire l'amour-amoureux. Non pas pour me défaire du sentiment (je l'aime bien moi), mais plutôt pour me débarrasser de ses excès. Le féminisme m'y a grandement aidée : démystifier les relations hétéro quand on relationne avec des hommes, ça calme fort l'idéalisation...
Observer aussi ce qui se passe chez les autres, voir que peu de relations amoureuses sont saines, qu'elles soient hétéro ou pas, et donc petit à petit réaliser que peut-être, une "bonne" relation amoureuse est une relation amoureuse qui n'existe pas XD.
En tous cas, je n'ai pas très envie de revivre ça, c'est hyper chiant je trouve d'être obnubilé par quelqu'un. Même à 20 ans, je trouvais ça très chiant, même si j'étais aussi prise par l'euphorie du truc. J'avais qu'une seule hâte : être dans une relation stable pour que ça s'arrête...
Message modifié par son auteur il y a 4 mois.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le samedi 18 avril 2026 à 09h48
Aha, je savais bien que cet outil existait, sans forcément la partie besoins (ça c'est une personne proche de moi qui a eu l'idée pour elle-même) mais je connaissais pas le nom !
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 21h47
Je poursuis en vous partageant un atelier improvisé qu'on fait avec une copine.
L'idée, c'est de faire une liste des personnes qu'on apprécie d'un côté, ou avec qui on a un lien, et une liste de besoins d'interaction de l'autres. Besoin n'est pas ici au sens CNV, il est plutôt dans le sens "activité qui a du sens pour moi et que je ne veux/peux pas faire seule".
Ensuite, on fait une carte de ses relations/liens sociaux, on la fait comme on veut, mais moi je me suis mise au centre, et j'ai mis près de moi les noms des personnes dont je me sens proche émotionnellement, et éloigné progressivement celles dont je me sens moins proche. Un trait continu me relie aux personnes qui sont proches géographiquement, et un trait en pointillé pour celles qui sont loin.
Ensuite, j'ai attribué une couleur à chaque besoin d'interaction sociale.
Pour vous donne des exemples, j'avais mis :
- extérieur (sport, rando...)
- Discussions stimulantes
- Tendresse
- solidarité (se rendre des services)
- chill
- fête/fun
et j'ai entouré le nom de chaque personne avec les couleurs qui correspondent aux besoins qui peuvent être rempli avec cette personne.
Je trouve que ça va assez bien avec l'idée "d'interactions". Car là, on ne regarde pas les relations pour ce qu'elles ont d'engagement, mais simplement pour ce qu'elles apportent de manière assez pragmatique.
Il n'y avait pas vraiment de but particulier à faire ça, mais d'une, c'était sympa comme prétexte pour passer du temps avec une personne que je connais pas beaucoup, et de deux, ça m'a permis de réaliser que les personnes dont je me sens le plus proche, sont aussi les personnes avec qui je peux combler le plus de besoins de la liste, et je ne me l'étais jamais figuré comme ça.
Ensuite, ça m'a permis de voir que je n'avais peut-être pas assez de personnes avec qui combler certains besoins, et donc ça me donne des pistes sur quel type d'interactions je pourrais rechercher dans un avenir proche.
Et au-delà de cet outil, ces derniers temps j'appréhende les relations un peu plus sous l'angle de "l'utilitaire", je dis aussi de manière "autiste", car j'ai l'impression que c'est assez normal pour une personne autiste de classer les choses de manière logique. Ça m'aide à clarifier les choses et à mieux vivre ma vie.
Message modifié par son auteur il y a 4 mois.
Discussion : Transformation relationnelle : passer d'une relation amoureuse à une relation d'amitié
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 21h01
Je décide de poursuivre ce fil plutôt que d'en créer un autre, car je me sens totalement dans la lignée des questionnements du premier post, bien que ce que je vis est un peu différent.
Nous arrivons à un stade où la relation amoureuse que nous avons vécue avec mon amoureux ne peut plus continuer telle quelle. Pour diverses raisons (sa santé mentale, le patriarcat ancré en nous, principalement). Jusqu'à il y a peu, je peinais à voir les choses autrement que de manière binaire : on est ensemble ou on se quitte. Ça marche, ou ça marche pas. Toute ma vie, je n'ai pas été en mesure de passer d'une relation sexo-affective à une amitié de manière fluide, il m'a toujours fallu un sas de rupture, plus ou moins long, pour digérer et passer à autre chose.
Sauf que l'amitié que j'ai trouvée dans cette relation est si importante pour moi que je n'arrivais pas à prendre la décision de rupture qui s'imposait. J'ai alors arrêter de vouloir rompre, et j'ai simplement laissé les choses se faire, en suivant mes ressentis et mes besoins. On a d'abord espacé les moments où on se voyait, puis on s'est mis d'accord sur une pause plus stricte d'1 mois. Ce premier mois a été très dur pour moi car il était très flou, ne savais pas trop où il en était ni ce qu'il voulait, et j'ai énormément de mal avec le flou. On se voyait quand même un peu, car nous avons maintenu la possibilité de se demander/rendre des services (on est voisins). On s'est revu pour faire un point au bout d'un mois, et il a demandé à prolonger, mais cette fois il était clair, il a pu me dire les raisons de la prolongation, et en l'occurrence c'était pour s'occuper de lui et de sa santé mentale et ça m'allait très bien.
Nous sommes arrivés au bout du deuxième mois cette semaine.
On s'est revu, et on s'est mis d'accord pour une "amitié", et diminuer la fréquence à laquelle on se voit : 1xsemaine maximum. Mais y a pas de minimum. Et pas de sexualité en tous cas pour l'instant, principalement parce qu'il n'est pas capable de lancer des discussions sur le sujet et qu'il ne sait pas sentir ni verbaliser quand il aime moins ce qui se passe, et que dans ces conditions, ça ne convient ni à moi ni à lui de continuer à faire du sexe ensemble.
J'ai mis "amitié" entre guillemets, car je ne crois pas que c'est une amitié au sens classique du terme. Nous sommes toujours amoureux l'un de l'autre, et j'ai proposé que ce soit pas interdit de se le dire. Qu'en gros, on puisse être naturel l'un avec l'autre et ne pas poser des distances artificielles qui ne correspondent pas à un besoin de sa part ou de la mienne. Donc on est ami-moureux en réalité.
Je crois que je suis dans une période où je m'en fous un peu de la relation amoureuse en tant que telle, et qu'à choisir, je préfère l'amitié. Je ne ressens pas (plus après plusieurs mois d'émotions compliquées) de frustration à me dire qu'on est plus en relation amoureuse et que je n'aurai pas de relation amoureuse dans un avenir à moyen terme.
Je ne veux pas dire par là que je suis au-dessus de l'amour amoureux, que je ne vais plus vivre de relation amoureuse ou quoi.
Mais je réalise que dans cette relation amoureuse, ce qui m'est le plus précieux à garder, c'est l'amitié. Je peux me passer de la sexualité, je peux me passer de se voir toutes les 5mn, mais imaginer me passer de l'amitié que nous avons ensemble, c'est un déchirement. J'y inclue la tendresse : ce serait très difficile de me passer du contact physique.
Pendant ces deux mois sans passer de temps ensemble, on a pu chacun de notre côté évaluer ce qui nous manquait le plus. Et c'était à peu près la même chose des deux côtés: partager des moments chill, partager nos passions communes, se faire des câlins.
Donc voilà, c'est une aventure inédite pour moi. Le passage à l'amitié est sensé m'aider à faire avec ses incapacités relationnelles. La fréquence max va dans la même logique, éviter l'effet "couple" et tout ce qui va avec. Je ne sais pas si ça va marcher ou pas, mais j'en ai très envie.
Aussi je pense que lui et moi n'espérons pas forcément la même chose pour l'avenir : il espère qu'un jour on pourra de nouveau avoir une relation amoureuse. De mon côté, je suis très au clair avec ce qu'il faudrait pour que ce soit possible pour moi, et je ne suis pas sûre qu'il puisse un jour correspondre à ça, ou qu'en tous cas ça va prendre beaucoup de temps. Aussi, je ne sais plus si je veux vivre des relations amoureuses (surtout hétéro mais c'est un questionnement global). Je n'ai pas sauté le pas comme toi @artichaut de décréter que je ne veux vivre que des amitiés, mais c'est possible qu'à un moment je décide ça aussi. Et ça ressemble en fait un peu à ta théorie des interactions je pense, car en parallèle de tout ça, mon rapport aux amitiés à lui aussi changé. Je donne plus d'importance aux amitiés "pas si profondes" car j'ai découvert qu'elles peuvent participer à mon équilibre affectif, et plus d'importance à ma solitude. L'équilibre entre les deux est un chemin subtil...
Discussion : [Lexique] Amitié — définition(s) —
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 16h24
C'est étonnant de voir que dans les définitions classiques il y a peu de notion d'intimité. Une explication féministe me vient, je ne sais pas si elle est vraie : les dictionnaires sont globalement majoritairement écrit par des hommes (wikipedia n'y échappe malheureusement pas). Les hommes il me semble, ont des amitiés basées sur les points communs, faire des choses ensemble, et pas forcément sur un partage d'intimité.
En tous cas, j'ai envie d'essayer de formuler ma définition de l'amitié :
- soutien mutuel en cas de difficultés (selon les possibilités du moment évidemment, mais en gros, si on peut, on le fait, même quand c'est chiant). Etre là seulement quand tout va bien, ce n'est pas de l'amitié pour moi c'est autre chose, de la sociabilité ?
- encourager l'autre dans ses projets, ses envies, ses aspirations
- avoir de l'estime et du respect réciproque
- de l'intimité, confidences
- confiance réciproque sans laquelle tout ce que j'ai dit au-dessus n'est pas possible
A l'intérieur de l'amitié, je dirais qu'il y a différents "modes relationnels", le prétexte pour se voir n'est pas le même, et cela influe sur la teneur de l'amitié :
- les ami·e·s "passions communes" : le mode relationnel est surtout autour du "faire ensemble"
- les ami·e·s intimes : on se voit pour se raconter nos vies, nos soucis, nos joies et nos peines, nos questionnements existentiels
- les ami·e·s glandouille : on se voit pour chiller ensemble, boire du thé, converser sans que la conversation soit forcément toujours très intime
- les ami·e·s "âme soeur" : on partage beaucoup de valeurs en commun, une vision du monde commune, être ensemble est reposant, on peut passer des heures avec ces personnes sans en avoir marre, le silence est confortable
et bien sûr toutes ces catégories sont artificielles, elles peuvent se mélanger
J'ai exclu de ma définition les "potes", dont ma définition est la suivante :
- on se voit sur des temps limités
- il n'y a pas de notion de continuité de la relation
- peu de confidences intimes
- peu de contact physique
- pas d'attachement émotionnel particulier
On peut bien sûr passer de pote à ami·e et inversement.
Message modifié par son auteur il y a 4 mois.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 15h32
artichaut
et là que j'essaie de conceptualiser quelque chose et d'isoler 2 concepts interaction et relation, donc avec forcément un peu d'approximation ou de généralisation, tu me semble remettre en cause tout le raisonnement, toute la tentative de construction, en donnant un contre-exemple de ta vie (qui à la limite pourrait avoir pour moi ici valeur "d'exception qui confirme la règle") et qui pour le coup sort complétement du sens commun des mots
Ah merci beaucoup de clarifier cela.
C'est tout à fait possible que je m'embrouille moi-même dans les termes d'une discussion à l'autre, que je prenne un coup la norme comme référence, un coup pas. Je ne sais pas si c'est de la mauvaise foi, c'est possible, je n'en suis pas exempte, mais en tous cas j'essaierai d'y porter attention.
En fait, je suis assez perdue dans les définitions, ce qu'il y a derrière tel ou tel terme. Je ne sais pas vraiment ce qu'est une "relation" pour toi, mais je commence à avoir une idée de ce qu'est une "interaction".
Je ne sais pas où je me situe entre ces termes, j'ai une passion pour l'engagement, qui me semble plus (+) compatible avec le terme de relation, mais tout cela est en train de bouger pour moi, et notamment à la lecture de tes questionnements.
Serais-tu d'accord de redire, en quelques lignes, qu'est-ce que tu mets derrière le mot "relation" ?
Et je m'auto-cite :
Alabama
J'ai la critique facile et ce n'est pas forcément avec une intention de démonter tes idées, mais plutôt avec l'idee que tu y as réfléchi plus que moi et que tu as potentiellement des réponses à mes objections.
Pour comprendre, j'ai besoin d'aller chercher les contours, et pour trouver les contours, ma manière de faire c'est de proposer des contre-exemples. Je me dis (et sans doute que la forme mérite d'être travaillée) qu'en te proposant des situations qui ne rentrent pas dans la définition, tu vas affiner ta manière d'expliciter ton point de vue et cela va me permettre de me situer, de voir si moi je vis des choses comme ça, ou pas du tout, ou de si j'ai envie de vivre des "interactions" dans toutes mes "relations", ou pas.
Mais, mes interventions sont empruntes de méfiance à l'égard de ton genre, et ça teinte forcément le ton et la manière dont je m'exprime. Je te soupçonne en de profiter sans le visibiliser, du travail relationnel des femmes que tu côtoies et que donc ce ne soit pas tant des "interactions" mais plutôt des "relations" dans lesquelles le travail relationnel serait parfaitement invisibilisé et non questionnable puisque toi tu dis vouloir des "interactions". Plutôt que de te le faire sentir de manière indirecte, j'aurais mieux fait de le dire clairement dès le début et en ça j'ai été passive agressive je pense.
artichaut
déso, mais se voir peu, les plans qui tombent à l’eau, ou l'autre qui ne répond pas pendant des semaines à nos messages, c'est un peu tout le contraire de ce qui est habituellement attendu dans une relation, et le contraire aussi de ce que tu nous dis, à longueur de messages, attendre de tes relations —en tout cas amoureuses— habituellement…
Oui, dans mes relations amoureuses actuellement c'est impossible, même si c'est peut-être en train de changer. Je parle d'une relation amicale "forte". Dans mes amitiés j'ai une capacité beaucoup plus grande à m'adapter sans trop en souffrir. Mais par ailleurs, je ne pourrais pas avoir seulement ce type de relations, enfin je pourrais hein je n'en mourrais pas, mais j'aurais un gros manque de sécurité affective.
Biais de confirmation : tout à fait, je pense que j'ai souvent des gros biais de confimation :D
Et aussi, j'ai du mal à accepter une "théorie" s'il y a des "exceptions qui confirment la règle", car dans ce cas pour moi la théorie n'est plus vraiment valable. Le truc c'est que ça marche en maths, mais pas tellement pour ce qui est des concepts sociologiques. Donc c'est un peu idiot de ma part de chercher une logique infaillible sur ce genre de sujet...
artichaut
en soi bien sûr que je suis d'accord que le cas que tu décrit peut-être vécu et ressenti comme une relation. mais si toutes les relations étaient ainsi, et si le sens commun reconnaissait cette possibilité aux relations, alors je n'aurais pas besoin de m'atteler à isoler ces 2 concepts d'interaction et de relation.
Merci beaucoup pour cette clarification. Cela répond en grande partie à mes questionnements.
Message modifié par son auteur il y a 4 mois.