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Discussion : Fin de la NRE, début possible de l'intimité ?
Alabama
le mardi 21 avril 2026 à 10h26
Justement j'emets des doutes sur cette théorie "hormonale". Je pense que oui y a des hormones en jeu mais que le construit social autour de l'amour romantique a une influence sur ce cocktail hormonal
Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?
Alabama
le samedi 18 avril 2026 à 14h35
Tiao88
Mais dans le cas de ce pote, lui a l'air quand même d'avoir un peu des espaces sans cette partenaire et où il a des relations amicales.
La personne dont je parle est un peu extrême sur ce plan, elle est du genre "amoureuse de l'amour".
Tiao88
Et au vu de ce qui a déjà été dit/écrit par d'autres personnes que moi, on a tendance à constater que bcp de relations affectives mettent au centre voir un piédestal leur relation de couple/amoureuse/romantique et leur accordent la primauté parfois (pas toujours) en termes de disponibilité, intimité, affection etc... Ce qui peut donner envie de s'y réfugier à son tour par moments.
Oui complètement, j'y pensais en écrivant tout ça.
Moi-même je me suis "réfugiée" dans ma relation amoureuse cette dernière année parce que c'était la personne la plus disponible de mon entourage, et que mon entourage fait passer sa vie de couple avant tout le reste, ou le travail (travail étant entendu ici au sens large, mais en gros y a peu de place pour passer des moments "chill" entre amies).
C'est clair qu'on ne peut pas s'émanciper seule dans son coin de tout un système de couple, et en ce sens, la NRE est aussi un symptôme de tout ça : manque d'intimité et de temps dans les amitiés, et donc report sur la relation amoureuse, un terreau fertile pour la NRE.
Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?
Alabama
le samedi 18 avril 2026 à 09h59
artichaut
aujourd'hui m'est venue cette blague (pas si dénuée de réalité que ça) : la NRE ne serait-elle pas plutôt l'Égoïsme de la Nouvelle Relation ?
tant les comportements rapportés de personnes en prise avec la NRE, impliquent souvent un retrait affectif des autres relations, avec de surcroît bien souvent du déni en la matière, quand c'est pas carrément de la mauvaise foi
je précise que je ne suis pas contre l'égoïsme en soi. c'est même souvent nécessaire ou salvateur. mais se contenter de parler d'énergie, me semble un peu facile, comme si aussi ça nous échappait, comme si c'était totalement hors de notre contrôle
Je reviens sur ce fil longtemps après, j'avais loupé la suite de la discussion je pense !
J'aime bien moi cette revisite de l'acronyme. Ça me parle bien ! J'ai une personne de mon entourage qui doit probablement être en pleine NRE en ce moment, et, pfff, j'ai un peu envie de lever les yeux au ciel rien qu'à l'imaginer parler de sa relation amoureuse... tellement ça me paraît vain. Et en tous cas, je ne la vois plus...
Je ne sais pas si c'est de l'égoïsme, car je considère que les gens font bien ce qu'iels veulent, mais je dirais que c'est de l'auto-sabotage, car quand tu mises tout sur une seule relation, ça appauvrit grandement les possibles, ça isole, et quand la relation se termine bah t'es un peu tout·e seul·e. Bon et après c'est ptêt que moi mais le couple fusionnel je trouve ça hyper ennuyeux au bout d'un moment.
Dans mon cas, je n'ai pas ressenti de NRE aussi intense que décrite dans ce fil depuis une dizaine d'années je pense.
Mais avant, je le vivais, et très fortement.
Je n'ai pas décidé de "me retenir" ou quoi que ce soit de ce genre, même si l'idée de différencier le sentiment/les émotions, de ce qu'on en fait, me paraît très intéressante. Effectivement quand on est en colère, on a le choix de taper sur un mur ou quelqu'un, ou de vivre sa colère sans faire du mal à l'autre quitte à sortir faire un tour puis revenir.
Donc les personnes atteintes de NRE pourraient tout à fait chercher des manières de canaliser les effets de cette drogue, par exemple en décidant consciemment de limiter les moments avec la personne avec qui on vit cette NRE, en continuant de voir les autres personnes de l'entourage, autant, si ce n'est plus qu'avant, etc... ça pourrait aussi être, comme pour la jalousie, de se poser et décortiquer un peu ce qui se passe, quel besoin non rempli la NRE vient-elle combler ? Car pour s'emballer autant, c'est bien qu'il y avait un manque. On a pas de raison de tomber amoureux·se aussi intensément si ce n'est qu'il manquait de l'intensité dans nos vies. Si on comprend un peu ce qu'il y a derrière ça, on peut trouver d'autres manières de nourrir l'intensité, qui ne repose pas que sur l'idéalisation de l'autre.
En tous cas pour ce qui me concerne, je pense la NRE a commencé à être moins forte quand j'ai commencé à déconstruire l'amour-amoureux. Non pas pour me défaire du sentiment (je l'aime bien moi), mais plutôt pour me débarrasser de ses excès. Le féminisme m'y a grandement aidée : démystifier les relations hétéro quand on relationne avec des hommes, ça calme fort l'idéalisation...
Observer aussi ce qui se passe chez les autres, voir que peu de relations amoureuses sont saines, qu'elles soient hétéro ou pas, et donc petit à petit réaliser que peut-être, une "bonne" relation amoureuse est une relation amoureuse qui n'existe pas XD.
En tous cas, je n'ai pas très envie de revivre ça, c'est hyper chiant je trouve d'être obnubilé par quelqu'un. Même à 20 ans, je trouvais ça très chiant, même si j'étais aussi prise par l'euphorie du truc. J'avais qu'une seule hâte : être dans une relation stable pour que ça s'arrête...
Message modifié par son auteur il y a 3 jours.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le samedi 18 avril 2026 à 09h48
Aha, je savais bien que cet outil existait, sans forcément la partie besoins (ça c'est une personne proche de moi qui a eu l'idée pour elle-même) mais je connaissais pas le nom !
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 21h47
Je poursuis en vous partageant un atelier improvisé qu'on fait avec une copine.
L'idée, c'est de faire une liste des personnes qu'on apprécie d'un côté, ou avec qui on a un lien, et une liste de besoins d'interaction de l'autres. Besoin n'est pas ici au sens CNV, il est plutôt dans le sens "activité qui a du sens pour moi et que je ne veux/peux pas faire seule".
Ensuite, on fait une carte de ses relations/liens sociaux, on la fait comme on veut, mais moi je me suis mise au centre, et j'ai mis près de moi les noms des personnes dont je me sens proche émotionnellement, et éloigné progressivement celles dont je me sens moins proche. Un trait continu me relie aux personnes qui sont proches géographiquement, et un trait en pointillé pour celles qui sont loin.
Ensuite, j'ai attribué une couleur à chaque besoin d'interaction sociale.
Pour vous donne des exemples, j'avais mis :
- extérieur (sport, rando...)
- Discussions stimulantes
- Tendresse
- solidarité (se rendre des services)
- chill
- fête/fun
et j'ai entouré le nom de chaque personne avec les couleurs qui correspondent aux besoins qui peuvent être rempli avec cette personne.
Je trouve que ça va assez bien avec l'idée "d'interactions". Car là, on ne regarde pas les relations pour ce qu'elles ont d'engagement, mais simplement pour ce qu'elles apportent de manière assez pragmatique.
Il n'y avait pas vraiment de but particulier à faire ça, mais d'une, c'était sympa comme prétexte pour passer du temps avec une personne que je connais pas beaucoup, et de deux, ça m'a permis de réaliser que les personnes dont je me sens le plus proche, sont aussi les personnes avec qui je peux combler le plus de besoins de la liste, et je ne me l'étais jamais figuré comme ça.
Ensuite, ça m'a permis de voir que je n'avais peut-être pas assez de personnes avec qui combler certains besoins, et donc ça me donne des pistes sur quel type d'interactions je pourrais rechercher dans un avenir proche.
Et au-delà de cet outil, ces derniers temps j'appréhende les relations un peu plus sous l'angle de "l'utilitaire", je dis aussi de manière "autiste", car j'ai l'impression que c'est assez normal pour une personne autiste de classer les choses de manière logique. Ça m'aide à clarifier les choses et à mieux vivre ma vie.
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : Transformation relationnelle : passer d'une relation amoureuse à une relation d'amitié
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 21h01
Je décide de poursuivre ce fil plutôt que d'en créer un autre, car je me sens totalement dans la lignée des questionnements du premier post, bien que ce que je vis est un peu différent.
Nous arrivons à un stade où la relation amoureuse que nous avons vécue avec mon amoureux ne peut plus continuer telle quelle. Pour diverses raisons (sa santé mentale, le patriarcat ancré en nous, principalement). Jusqu'à il y a peu, je peinais à voir les choses autrement que de manière binaire : on est ensemble ou on se quitte. Ça marche, ou ça marche pas. Toute ma vie, je n'ai pas été en mesure de passer d'une relation sexo-affective à une amitié de manière fluide, il m'a toujours fallu un sas de rupture, plus ou moins long, pour digérer et passer à autre chose.
Sauf que l'amitié que j'ai trouvée dans cette relation est si importante pour moi que je n'arrivais pas à prendre la décision de rupture qui s'imposait. J'ai alors arrêter de vouloir rompre, et j'ai simplement laissé les choses se faire, en suivant mes ressentis et mes besoins. On a d'abord espacé les moments où on se voyait, puis on s'est mis d'accord sur une pause plus stricte d'1 mois. Ce premier mois a été très dur pour moi car il était très flou, ne savais pas trop où il en était ni ce qu'il voulait, et j'ai énormément de mal avec le flou. On se voyait quand même un peu, car nous avons maintenu la possibilité de se demander/rendre des services (on est voisins). On s'est revu pour faire un point au bout d'un mois, et il a demandé à prolonger, mais cette fois il était clair, il a pu me dire les raisons de la prolongation, et en l'occurrence c'était pour s'occuper de lui et de sa santé mentale et ça m'allait très bien.
Nous sommes arrivés au bout du deuxième mois cette semaine.
On s'est revu, et on s'est mis d'accord pour une "amitié", et diminuer la fréquence à laquelle on se voit : 1xsemaine maximum. Mais y a pas de minimum. Et pas de sexualité en tous cas pour l'instant, principalement parce qu'il n'est pas capable de lancer des discussions sur le sujet et qu'il ne sait pas sentir ni verbaliser quand il aime moins ce qui se passe, et que dans ces conditions, ça ne convient ni à moi ni à lui de continuer à faire du sexe ensemble.
J'ai mis "amitié" entre guillemets, car je ne crois pas que c'est une amitié au sens classique du terme. Nous sommes toujours amoureux l'un de l'autre, et j'ai proposé que ce soit pas interdit de se le dire. Qu'en gros, on puisse être naturel l'un avec l'autre et ne pas poser des distances artificielles qui ne correspondent pas à un besoin de sa part ou de la mienne. Donc on est ami-moureux en réalité.
Je crois que je suis dans une période où je m'en fous un peu de la relation amoureuse en tant que telle, et qu'à choisir, je préfère l'amitié. Je ne ressens pas (plus après plusieurs mois d'émotions compliquées) de frustration à me dire qu'on est plus en relation amoureuse et que je n'aurai pas de relation amoureuse dans un avenir à moyen terme.
Je ne veux pas dire par là que je suis au-dessus de l'amour amoureux, que je ne vais plus vivre de relation amoureuse ou quoi.
Mais je réalise que dans cette relation amoureuse, ce qui m'est le plus précieux à garder, c'est l'amitié. Je peux me passer de la sexualité, je peux me passer de se voir toutes les 5mn, mais imaginer me passer de l'amitié que nous avons ensemble, c'est un déchirement. J'y inclue la tendresse : ce serait très difficile de me passer du contact physique.
Pendant ces deux mois sans passer de temps ensemble, on a pu chacun de notre côté évaluer ce qui nous manquait le plus. Et c'était à peu près la même chose des deux côtés: partager des moments chill, partager nos passions communes, se faire des câlins.
Donc voilà, c'est une aventure inédite pour moi. Le passage à l'amitié est sensé m'aider à faire avec ses incapacités relationnelles. La fréquence max va dans la même logique, éviter l'effet "couple" et tout ce qui va avec. Je ne sais pas si ça va marcher ou pas, mais j'en ai très envie.
Aussi je pense que lui et moi n'espérons pas forcément la même chose pour l'avenir : il espère qu'un jour on pourra de nouveau avoir une relation amoureuse. De mon côté, je suis très au clair avec ce qu'il faudrait pour que ce soit possible pour moi, et je ne suis pas sûre qu'il puisse un jour correspondre à ça, ou qu'en tous cas ça va prendre beaucoup de temps. Aussi, je ne sais plus si je veux vivre des relations amoureuses (surtout hétéro mais c'est un questionnement global). Je n'ai pas sauté le pas comme toi @artichaut de décréter que je ne veux vivre que des amitiés, mais c'est possible qu'à un moment je décide ça aussi. Et ça ressemble en fait un peu à ta théorie des interactions je pense, car en parallèle de tout ça, mon rapport aux amitiés à lui aussi changé. Je donne plus d'importance aux amitiés "pas si profondes" car j'ai découvert qu'elles peuvent participer à mon équilibre affectif, et plus d'importance à ma solitude. L'équilibre entre les deux est un chemin subtil...
Discussion : [Lexique] Amitié — définition(s) —
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 16h24
C'est étonnant de voir que dans les définitions classiques il y a peu de notion d'intimité. Une explication féministe me vient, je ne sais pas si elle est vraie : les dictionnaires sont globalement majoritairement écrit par des hommes (wikipedia n'y échappe malheureusement pas). Les hommes il me semble, ont des amitiés basées sur les points communs, faire des choses ensemble, et pas forcément sur un partage d'intimité.
En tous cas, j'ai envie d'essayer de formuler ma définition de l'amitié :
- soutien mutuel en cas de difficultés (selon les possibilités du moment évidemment, mais en gros, si on peut, on le fait, même quand c'est chiant). Etre là seulement quand tout va bien, ce n'est pas de l'amitié pour moi c'est autre chose, de la sociabilité ?
- encourager l'autre dans ses projets, ses envies, ses aspirations
- avoir de l'estime et du respect réciproque
- de l'intimité, confidences
- confiance réciproque sans laquelle tout ce que j'ai dit au-dessus n'est pas possible
A l'intérieur de l'amitié, je dirais qu'il y a différents "modes relationnels", le prétexte pour se voir n'est pas le même, et cela influe sur la teneur de l'amitié :
- les ami·e·s "passions communes" : le mode relationnel est surtout autour du "faire ensemble"
- les ami·e·s intimes : on se voit pour se raconter nos vies, nos soucis, nos joies et nos peines, nos questionnements existentiels
- les ami·e·s glandouille : on se voit pour chiller ensemble, boire du thé, converser sans que la conversation soit forcément toujours très intime
- les ami·e·s "âme soeur" : on partage beaucoup de valeurs en commun, une vision du monde commune, être ensemble est reposant, on peut passer des heures avec ces personnes sans en avoir marre, le silence est confortable
et bien sûr toutes ces catégories sont artificielles, elles peuvent se mélanger
J'ai exclu de ma définition les "potes", dont ma définition est la suivante :
- on se voit sur des temps limités
- il n'y a pas de notion de continuité de la relation
- peu de confidences intimes
- peu de contact physique
- pas d'attachement émotionnel particulier
On peut bien sûr passer de pote à ami·e et inversement.
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 15h32
artichaut
et là que j'essaie de conceptualiser quelque chose et d'isoler 2 concepts interaction et relation, donc avec forcément un peu d'approximation ou de généralisation, tu me semble remettre en cause tout le raisonnement, toute la tentative de construction, en donnant un contre-exemple de ta vie (qui à la limite pourrait avoir pour moi ici valeur "d'exception qui confirme la règle") et qui pour le coup sort complétement du sens commun des mots
Ah merci beaucoup de clarifier cela.
C'est tout à fait possible que je m'embrouille moi-même dans les termes d'une discussion à l'autre, que je prenne un coup la norme comme référence, un coup pas. Je ne sais pas si c'est de la mauvaise foi, c'est possible, je n'en suis pas exempte, mais en tous cas j'essaierai d'y porter attention.
En fait, je suis assez perdue dans les définitions, ce qu'il y a derrière tel ou tel terme. Je ne sais pas vraiment ce qu'est une "relation" pour toi, mais je commence à avoir une idée de ce qu'est une "interaction".
Je ne sais pas où je me situe entre ces termes, j'ai une passion pour l'engagement, qui me semble plus (+) compatible avec le terme de relation, mais tout cela est en train de bouger pour moi, et notamment à la lecture de tes questionnements.
Serais-tu d'accord de redire, en quelques lignes, qu'est-ce que tu mets derrière le mot "relation" ?
Et je m'auto-cite :
Alabama
J'ai la critique facile et ce n'est pas forcément avec une intention de démonter tes idées, mais plutôt avec l'idee que tu y as réfléchi plus que moi et que tu as potentiellement des réponses à mes objections.
Pour comprendre, j'ai besoin d'aller chercher les contours, et pour trouver les contours, ma manière de faire c'est de proposer des contre-exemples. Je me dis (et sans doute que la forme mérite d'être travaillée) qu'en te proposant des situations qui ne rentrent pas dans la définition, tu vas affiner ta manière d'expliciter ton point de vue et cela va me permettre de me situer, de voir si moi je vis des choses comme ça, ou pas du tout, ou de si j'ai envie de vivre des "interactions" dans toutes mes "relations", ou pas.
Mais, mes interventions sont empruntes de méfiance à l'égard de ton genre, et ça teinte forcément le ton et la manière dont je m'exprime. Je te soupçonne en de profiter sans le visibiliser, du travail relationnel des femmes que tu côtoies et que donc ce ne soit pas tant des "interactions" mais plutôt des "relations" dans lesquelles le travail relationnel serait parfaitement invisibilisé et non questionnable puisque toi tu dis vouloir des "interactions". Plutôt que de te le faire sentir de manière indirecte, j'aurais mieux fait de le dire clairement dès le début et en ça j'ai été passive agressive je pense.
artichaut
déso, mais se voir peu, les plans qui tombent à l’eau, ou l'autre qui ne répond pas pendant des semaines à nos messages, c'est un peu tout le contraire de ce qui est habituellement attendu dans une relation, et le contraire aussi de ce que tu nous dis, à longueur de messages, attendre de tes relations —en tout cas amoureuses— habituellement…
Oui, dans mes relations amoureuses actuellement c'est impossible, même si c'est peut-être en train de changer. Je parle d'une relation amicale "forte". Dans mes amitiés j'ai une capacité beaucoup plus grande à m'adapter sans trop en souffrir. Mais par ailleurs, je ne pourrais pas avoir seulement ce type de relations, enfin je pourrais hein je n'en mourrais pas, mais j'aurais un gros manque de sécurité affective.
Biais de confirmation : tout à fait, je pense que j'ai souvent des gros biais de confimation :D
Et aussi, j'ai du mal à accepter une "théorie" s'il y a des "exceptions qui confirment la règle", car dans ce cas pour moi la théorie n'est plus vraiment valable. Le truc c'est que ça marche en maths, mais pas tellement pour ce qui est des concepts sociologiques. Donc c'est un peu idiot de ma part de chercher une logique infaillible sur ce genre de sujet...
artichaut
en soi bien sûr que je suis d'accord que le cas que tu décrit peut-être vécu et ressenti comme une relation. mais si toutes les relations étaient ainsi, et si le sens commun reconnaissait cette possibilité aux relations, alors je n'aurais pas besoin de m'atteler à isoler ces 2 concepts d'interaction et de relation.
Merci beaucoup pour cette clarification. Cela répond en grande partie à mes questionnements.
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 14h26
artichaut
Quand à la charge mentale, il y a certes la charge mentale relationnelle (ce que tu nommes maturité émotionnelle) mais ça ne me semble pas la seule.
Mais en effet peut-être que vouloir partager —égalitairement ou quasi— la charge mentale relationnelle est peine perdue. En tout cas de là où tu es.
Je maintiens mon terme de maturité. C'est pas pour rien que beaucoup de femmes parlent d'avoir un "enfant" supplémentaire à la maison. La charge mentale pour moi c'est autre chose, c'est planifier, anticiper, gérer le quotidien.
Mon amoureux a pris sa part de "charge mentale" : c'est lui qui pensait à planifier nos discussions mensuelles. Et en terme de planification/anticipation il est globalement meilleur que moi (je suis assez nulle là-dessus). D'ailleurs j'ai pas cherché à être meilleure car d'une certaine manière, ça "compensait" un peu.
Mais charge et maturité sont deux choses différentes.
Tu peux prendre en charge autant que tu veux les données matérielles d'un problème, si au niveau émotionnel, tu n'as pas dépassé le stade d'enfant qui cherche à correspondre/à se rebeller contre ce qu'on lui demande, l'épuisement émotionnel arrivera tôt ou tard pour la personne en face (plus souvent une femme dans une dynamique hétéro). Et j'ai pas de solution pour ça, à part des années de thérapie.
Et oui tu as raison, ce que je cherche n'est probablement pas possible avec un homme cis hét'. En tous cas j'en arrive à cette conclusion.
Mon choix actuel est de limiter mes interactions avec les hommes cis hét'. Enfin c'est pas un choix véritable, je ne me dis pas "je veux pas relationner avec les hommes". C'est juste que techniquement, vu que j'apprécie les relations de qualité et égalitaires, ça se passe (beaucoup) moins avec eux. En vrai je trouve ça triste. J'ai une vraie empathie pour les hommes. Je crois même que plus on est misandre, plus on considère en réalité les hommes comme des personnes à part entière et non comme des êtres un peu arriérés avec qui il faut parler comme à des bébés, dont il faut ménager l'égo pour qu'ils ne fassent pas une colère. Je crois foncièrement dans la capacité des hommes à grandir. Et tant qu'ils auront un accès quasi illimité aux ressources émotionnelles des femmes ils n'auront aucun intérêt matériel à le faire.
Je rajouterai, que ce n'est pas le retrait émotionnel des femmes qui fera automatiquement que les hommes se remettront en question.
On le voit aujourd'hui, de nombreux hommes n'ayant plus cet accès, deviennent mascu. Donc je voudrais pas avoir l'air de dire qu'il suffit que les femmes disent non pour que tout s'arrange, ce serait simpliste et faux. Ce n'est pas par le retrait individuel des femmes que le changement collectif aura lieu.
Je pense que c'est une prise en charge collective qui pourra permettre ça, et sans les capacités émotionnelles des femmes c'est impossible à mon sens. Mais du coup il faudrait une volonté politique claire, et que ça ne se passe pas dans l'intimité mais à travers l'éducation aux émotions à l'école, des groupes de thérapie, etc... et que les femmes soient rémunérées pour ces compétences et que ce soit cadré. Bon, on en est loin.
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : Fin de la NRE, début possible de l'intimité ?
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 13h35
On parle beaucoup de la NRE sur ce forum, ainsi que de la passion amoureuse, comme étant un état qui ne dure qu'un temps, et qui s'arrête si on est chanceux·se au bout de 3 ans.
J'ai comme un gros gros doute sur cette théorie.
Un gros gros doute car ce n'est pas ce que je vis, et je connais dans mon entourage plusieurs contre-exemples de couples "classiques" toujours très amoureux bien après les 3 premières années.
Ma théorie, que je vous soumets pour avoir vos points de vue, c'est que ce qu'on nomme la NRE et la passion amoureuse, ne sont pas de l'amour, mais simplement de la projection, du fantasme, qu'on va nourrir seul·e dans son coin en se faisant des films à l'eau de rose, et avec l'autre en se regardant dans le blanc des yeux et en se disant à quel point on s'aime. Jusque là je pense que j'enfonce des portes ouvertes.
Et du coup, ce que je veux dire, c'est que le sentiment amoureux, le fait de voir l'autre comme la 8ème merveille du monde, je pense que ça peut durer indéfiniment. Mais que ce qui nourrit ce sentiment amoureux/d'amour, c'est l'intimité, l'authenticité, la vulnérabilité. Et que si ça s'arrête si rapidement et si souvent dans les couples, c'est tout simplement parce que peu de couples accèdent à une véritable intimité partagée.
Ce que je nomme intimité et vulnérabilité, c'est partager avec l'autre des éléments de nous qui nous mettent à nu, dont on est pas forcément très fièr·e·s, accepter de se montrer faillible, fragile, dans le doute. Prendre le risque du jugement de l'autre. Et quand l'autre nous accueille, quand l'autre a suffisamment d'espace pour ces partages, et que c'est réciproque (s'il y en a un seul qui se montre vulnérable il n'y a pas d'intimité partagée), je pense que cela nourrit voire amplifie le sentiment d'amour/amoureux. Cette intimité et ces moments de vulnérabilité peuvent se retrouver dans ce qu'on appelle des amitiés ou des relations amoureuses, ce n'est pas réservé à l'une ou l'autre modalité, mais j'ai l'impression, j'observe que dans le couple hétéro moyen, il y a moins d'intimité que dans des relations amicales entre femmes.
Selon ma théorie, cela voudrait dire qu'il y a plus facilement et plus souvent ce degré d'intimité dans les relations lesbiennes puisque ce sont deux femmes, et je le crois. Mais je me demande si les lesbiennes vivent tout de même cette NRE et cette disparition de la "passion amoureuse" au bout de quelques mois/années ?
Est-ce que la NRE n'est pas juste un construit social que l'on nourrit, pour éviter ce qu'on pense pourtant désirer le plus, l'intimité véritable ?
Après, je me trompe peut-être, et que les concepts de NRE et intimité ne sont pas contradictoires, c'est juste que j'arrive pas à comprendre pourquoi on serait moins amoureux de quelqu'un·e au bout d'un certain temps, juste "comme ça".
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 13h18
Tiao88
Ben à part la notion de NRE (qui donc, comme la passion ne dure jamais toute une vie dans une relation sentimentale), qu'est ce qui différencie une relation amicale d'une relation sentimentale/amoureuse? Où se situe la limite? J'allais dire surtout s'il y a du sexe mais étant donné que certaines relations amoureuses sont ou deviennent platoniques... Ce dernier "critère" n'en est pas toujours un... Le fait d'habiter ou d'avoir habité ensemble? D'avoir eu des enfants ensemble? (cf les amis qui décident de faire du coparentage sans être en relation dite de couple)
Je ne vais ps tenir compte de la NRE, car à ce jour, je ne sais pas si je la vis vraiment, ou si je la vis en permanence dans une relation amoureuse, en tous cas je en perçois pas "d'avant/après NRE" dans mes relations amoureuses. Ce concept me perd.
Sur le reste, si on considère l'amitié au sens classique et la relation amoureuse au sens classique, je crois que je vis une différence. Cette différence, ben c'est le sentiment amoureux, et le manque/l'envie de voir la personne très souvent. On a déjà essayé de parler de ce qu'est le sentiment amoureux dans ce forum, et je pense que personne n'a la même définition.
Me concernant : une sorte de douceur intérieure qui m'envahit face à l'autre, l'envie de le/la serrer dans mes bras, d'intimité physique (avoir mon nez dans le cou de la personne, être collée contre le corps de l'autre, etc...), l'envie/l'élan de faire des choses pour lui témoigner mon amour qui est plus fort qu'avec mes amies : par des attentions, des cadeaux, cuisiner.
Mais.
Je me demande quelle est la part de conditionnement social là-dedans.
Est-ce que je ne m'interdis pas simplement de ressentir cela avec des amies qui ont une vision plus binaire que moi de ce qu'est l'amour/l'amitié ? Car j'ai besoin d'une forme de réciprocité dans ces élans pour pouvoir les vivre pleinement. Dans l'idée, je ne suis pas contre vivre cela avec des amies.
Ça existe un tout petit peu, notamment dans la proximité physique.
Mais toutes mes amies, sans exception, donnent la priorité à leur relation amoureuse en terme de disponibilité physique et émotionnelle. Dans ce contexte, il est possible que mes sentiments se retiennent.
Alors, je ne suis pas sûre à 100% qu'il y ait de réelle différence autre que sociale entre amitié/amour.
Par contre, je crois qu'il existe des différences d'intimité dans les relations, quelle que soit leur étiquette.
Et ça me donnerait envie de réfléchir à d'autres manières d'étiqueter/décrire les relations. On laisserait tomber la différence amitié/amour et on prendrait d'autres critères pour différencier que l'absence/présence de sexualité ou de trucs de couple.
En ce sens, je commence à avoir envie de faire un peu comme toi @artichaut, et ne parler que d'amitiés. Parce que c'est devenu trop compliqué pour moi. Actuellement, avec mon (ex ?)-amoureux on va vers une "amitié". Mais quelle amitié ? Il y a ami·e et ami·e, toutes les relations amicales ne sont pas identiques, je dirais même qu'il y a plus de différences entre deux type d'amitié différentes qu'entre la relation dite amoureuse et la relation dite amicale génériques...
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 11h36
artichaut
Merci pour ton post @LeaBridou. Il m'a fait pensé à ce texte (et que j'avais trouvé là).
Et ça me fait imaginer que peut-être relationner avec des mec-cis certes, mais qui ne seraient pas dans le "combo-perdant" (mec-cis-blanc-hétéro-valide-etc), permettraient que tu ne sois pas la seule à faire de la pédagogie dans votre relation (pour partager un peu+ la charge mentale).
Je suis en train de relire la discussion, et je tombe sur ce message.
J'ai longtemps pensé ça.
Aujourd'hui, je pense que ça ne fonctionne pas comme ça.
J'ai eu comme amants/amoureux un homme en fauteuil, plusieurs hommes originaires d'anciennes colonies françaises et donc non-blancs, un homme dépressif...
Et en fait, bien que ma relation amoureuse avec un homme noir a permis une forme de "compensation" parce qu'il a fait de l'éducation auprès de moi sur la culture politique panafricaniste et sur mes comportement de Blanche, ça ne crée pas de l'égalité et ça ne diminue pas la charge mentale. Parce que là où les hommes cis hét' faillissent, c'est sur la capacité même à relationner, exprimer leurs émotions envies désirs et tenir compte de ceux de l'autre, particulièrement difficile à faire pour un homme quand l'autre est une femme, toutes choses fondamentales dans une relation engagée (c'est fondamental aussi dans les amitiés profondes, pas que en relation amoureuse).
Bien que j'avais des angles morts sur le handicap moteur et mes biais racistes, j'étais malgré tout en capacité de prendre en compte les envies/besoin de l'autre et exprimer les miens. Donc certes, mon amoureux noir a été beaucoup plus attentifs que d'autres amoureux aux questions de féminisme, mais ça ne l'a pas empêché de se vexer fort et de ne pas se remettre en question quand je pointais des choses qui ne m'allaient pas entre nous. Il y a plein d'hommes qui sont capables de reconnaître le sexisme et les oppressions vécues par les femmes dans des situations où ils ne sont pas mis en cause. Mais se remettre en question soi et reconnaître son propre sexisme dans la manière de relationner intimement, c'est une autre paire de manches, et ça va bien au-delà d'une charge éducationnelle.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 11h10
Après quasiment 4 ans de relation amoureuse avec un homme hétéro que je considère comme "le haut du panier" des hommes cisgenres hétéro (j'ai l'impression que c'est beaucoup moins binaire chez les hommes gay et les hommes trans mais je connais trop peu pour m'avancer là-dessus), j'en arrive à cette conclusion :
J'ai l'impression, que le max qu'on puisse attendre d'un homme hétéro à ce jour, c'est d'être prestataire de services. Il doit bien exister quelques exceptions, mais j'en ai pas croisé.
Je m'explique :
Les hommes "chouettes" que je connais et qui sont en couple, ou avec qui j'ai été en relation amoureuse, sont capables d'attentions très agréables comme offrir quelque chose qui fait plaisir, cuisiner pour l'autre, répondre à des demandes précises, en plus d'être des personnes intéressantes, passionnées et intelligentes.
En gros, ces hommes-là aiment vraiment leur meuf, dans le sens où ils ont envie qu'elle soit heureuse avec ou sans eux, et si elle demande tel ou tel truc précis, à priori ils vont le faire. L'exemple le plus caricatural que je connais, c'est un couple où la meuf manage et le gars exécute. Il fait ses courses, lui fait des gâteaux presque tous les jours, à manger, lui tricote des pulls, etc... Et elle, elle lui exprime clairement et simplement ce qu'elle veut. Parfois il dit non, mais le plus souvent il est hyper content de faire ce qu'elle demande parce qu'il kiffe lui faire plaisir. Et c'est je pense le couple hétéro le plus sain que je connaisse, car personne n'est lésé ni exploité.
La meuf ne se retrouve pas à manager (charge mentale) ET faire + de la moitié des choses. En l'occurrence, elle "fait" peut-être 10 ou 15% mais elle "pense" 90%. Avant, je trouvais qu'elle abusait. Maintenant que je suis plus réaliste sur les dynamiques hétéro, je pense au contraire que c'est très équilibré.
Mon amoureux quand je lui ai parlé d'un système comme ça était ravi. Ça lui faisait très envie. Et honnêtement, la princesse qui sommeil en moi kiffe l'idée aussi.
Mais le problème, c'est que j'aspire à autre chose, j'ai envie d'avoir un partenaire amoureux, pas un prestataire amoureux. En bref, une relation d'égale à égal. Et c'est là où le bât blesse. Les hommes dans leur immense majorité, à ce jour, n'ont pas la maturité émotionnelle nécessaire pour cela (et en plus, il rechignent à apprendre mais c'est très logique car apprendre ça demande de reconnaître qu'ils sont immatures et quand on est immature on ne peut pas voir qu'on l'est, bref, ça tourne en boucle).
Pour répondre à la discussion initiale ma conclusion c'est que je pense qu'on peut tout à fait être féministe et avoir des relations amoureuses/amicales avec des hommes, si on est ok avec ce postulat de base : très certainement on sera la tête pensante et pour que ce soit équilibré il faut que l'autre soit enthousiaste à l'idée d'être exécutant. Et des hommes enthousiastes à l'idée d'être exécutant, y en a pas énormément, mais il y en a infiniment plus que des hommes avec un degré de maturité émotionnelle comparable à celle d'une femme féministe moyenne.
Ce que j'entends par maturité émotionnelle :
- être capable de voir que quelque chose ne va pas chez l'autre/dans la relation
- quand on voit qu'un truc ne va pas, en parler et chercher avec l'autre comment améliorer les choses (les hommes ont tendance à chercher la solution tous seuls, sans élaborer avec l'autre)
- quand on nous pointe un truc, plutôt que se justifier/se vexer/attaquer/fuir, tenter de comprendre ce que l'autre cherche à dire, se regarder honnêtement et voir en quoi on se sent concerné·e par ce qu'on nous reproche, et revenir vers l'autre pour chercher des solutions, l'inverse de "je suis comme ça c'est à prendre ou à laisser" ou "oui ok moi je fais ça mais toi tu fais tel et tel tuc chiants"
- avoir compris que "être amoureux·se" ou "apprécier quelqu'un·e" ne suffit pas si on souhaite une relation avec de l'engagement émotionnel. Et ça, peu d'hommes cis hétéros en ont conscience car leurs amitiés entre hommes sont souvent très peu intimes. Ils ont tendance à simplement profiter de l'intelligence émotionnelle de leur copine et à se laisser porter en ignorant totalement qu'ils ne font pas leur part dans ce domaine. Même des hommes "chouettes" qui ne paraissent pas être comme ça au premier abord car ils sont capables de beaucoup d'empathie. Moi perso, j'ai complètement surestimé mon amoureux. Et ce dont je parle, c'est paraît super exigeant quand je l'écris, mais en fait je décris juste ce qui existe dans plusieurs de mes amitiés avec des femmes sans qu'on ait jamais mis des mots dessus ensemble.
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
Alabama
le lundi 13 avril 2026 à 10h11
Je voudrais rajouter des liens vers des podcasts que j'ai découverts il y a peu et qui explorent différemment les relations, qu'elles soient amoureuses ou amicales :
- Agapé et les autres : podcast dont le but est d'explorer comment changer nos relations, les vivre autrement. Certains épisodes parlent plus particulièrement de l'amitié : J'avais mis tous les liens mais malheureusement ce n'est pas autorisé par le forum donc je vous laisse fouiller
- Amicale 3000 : un podcast qui imagine une société centrée sur l'amitié
Par ailleurs, ces podcasts me semble relayer principalement la parole de personnes bourgeoises ou du moins ayant des codes bourgeois et beaucoup de confort de vie. Il me manque les histoires d'amitiés moins favorisées, ou rurales...
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le mercredi 11 mars 2026 à 14h45
Une des réflexions qui m’habitent en ce moment, c’est qu’une relation hétéro n’est vivable que si moi en tant que femme je me fais passer en premier en tout temps. Les hommes se font déjà passer en premier en tout temps (sauf quelques exceptions). Et donc si je me comporte avec un homme comme je me comporte avec les femmes de mon entourage, cela ne fait qu’accentuer un déséquilibre déjà présent.
Je me rends compte que c’est bien plus facile à dire qu’à faire.
Quand je reçois, j’ai toujours tendance à surestimer ce que je reçois comparé à ce que je donne, et donc à vouloir surenchérir. Ça marche avec les femmes car elles font pareil (sauf exceptions). Mais avec un homme non.
Donc mon objectif pour 2026, c’est de recevoir et demander (avec les hommes) sans culpabilité et sans forcément donner en retour. Je pense que cela pourrait équilibrer un peu les choses. Et ce serait intéressant de voir si je peux arriver jusqu’au point où un amoureux trouve que je donne trop peu. Ça ne serait sans doute pas confortable, mais cela permettrait d’expérimenter un peu différemment les choses.
Discussion : Pas facile de s'accorder du temps "off" !
Alabama
le mercredi 11 mars 2026 à 14h39
Oui j’ai parfois aussi de la difficulté à avoir suffisamment de temps pour moi. Pourtant, j’en ai déjà beaucoup. Mais j’en ai tellement manqué pendant les années de phobie scolaire de ma fille qu’aujourd’hui il m’en faut triple ration.
J’ai un seul amoureux mais c’est mon voisin de palier ou presque. Résultat, entre passer du temps seule ou accepter une de ses propositions j’ai eu tendance à accepter ses propositions (qui me font envie bien évidemment).
Là aujourd’hui je réalise que ça ne me va pas car j’ai moins de temps/énergie pour prendre soin de ma santé physique notamment, ou simplement être seule.
Mes amitiés ont aussi une très grande place dans ma vie, et il faut trouve un équilibre entre tout ça.
Résultat maintenant j’ai décidé que quand l’envie de temps seule est équivalente à l’envie d’être avec mon amoureux je choisis le temps seule. Sinon je tranche toujours en sa faveur.
Plus le temps passe et plus j’apprécie ma solitude. Ce qui est bien c’est qu’il est aussi très indépendant et je n’ai nulle besoin de répondre rapidement à ses messages et il n’en envoit pas tant que ça. Je n’ai donc pas ce genre de trop plein dans ma vie.
Discussion : Expériences de vie vs modèle relationnel
Alabama
le jeudi 05 mars 2026 à 09h28
Oui, tout pareil, je me sens complètement décalée.
Et je me sens décalée même vis-à-vis de mes amies, qui ne sont pas ultra normées, mais qui gardent malgré tout une vision de la relation amoureuse très liée au couple (hétéronormé) et à l'exclusivité.
Pour ma part je me sens aussi décalée sur ce forum, car il y est beaucoup question de couple socle, d'ouverture de couple, etc. Et que je cherche autre chose : un genre de continuum amitié-amour amoureux, avec par endroits des chevauchements, des choses qui empruntent à l'un ou l'autre des modes, bref, quelque chose de beaucoup plus fluide.
Et puis, malgré tout dans mes affects, je me fais rattraper par la norme. Je me compare (je compare ma relation amoureuse à d'autres relations amoureuses), je garde une forme de différence entre relation amoureuse, un peu de mon fait, mais grandement du fait de l'environnement qui me renvoit sans cesse à cette différence.
Je ne sais pas ce qui est de la culture ou de la nature dans ces histoires, c'est difficile à dire. En regardant le monde animal, tout existe : certaines espèces forment des couples monogames jusqu'à leur mort, d'autres batifolent tout au long de leur vie avec de très nombreux partenaires et ne forment jamais de coupe. Et au sein d'une même espèce, la culture peut produire de grandes différences également (notamment chez les grands singes).
Discussion : Je suis mono exclusif mais elle doit reprendre sa liberté
Alabama
le mercredi 04 mars 2026 à 08h54
La stratégie que tu sembles privilégier, à Savoir faire le dos rond et ne rien dire, risque de te coûter ta relation.
Se sacrifier pour l'autre, c'est exactement ce qui peut être une bombe à retardement. Si tu veux mon avis c'est la pire idée.
Il n'y a rien qui justifie de mettre de côté nos besoins.
Peut-être même que tes difficultés à dégager du temps pour ton couple viennent en partie de là. Mais ça tu le sauras en allant en thérapie...
Discussion : Corps médical
Alabama
le vendredi 27 février 2026 à 19h34
Pour le psy : je te déconseille de passer sous silence le polyamour ou tout autre élément important de ta vie sauf si tu es loin d'une grande ville et réfractaire aux séances en visio. Nous sommes en 2026 et il est tout à fait possible de trouver des professionnels de la santé mentale à l'aise avec ces sujets, notamment sur instagram, j'en suis plusieurs. Je pense à Margaux terrou par exemple.
Mais il y en a plein d'autres, notamment parmi les thérapeutes de couple/sexotherapeutes car ce sont dans ces formations qu'on trouve plus facilement des professionnels curieux des différents modes relationnels.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le mercredi 25 février 2026 à 23h23
@Aki : oui peut être as tu raison. Et en même temps, quand un homme en fait ne serait ce qu'un peu, il est souvent très félicité par un entourage peu déconstruit, par exemple les "nouveaux pères". Une femme féministe elle s'en prend plein la tête, est considérée comme trop exigeante etc.
Mais de toutes façons l'idée de changer, ce n'est pas pour plaire aux autres en principe, mais bien plutôt pour accéder à un lien à soi et aux autres plus profond. En tant que femme qui relationne amoureusement avec des hommes, bien sûr ça m'arrangerait bien que les hommes fassent le taf. Mais au bout du compte, aujourd'hui, s'ils ne le font pas ça ne va pas tellement appauvrir ma vie relationnelle.
J'ai vraiment de la peine en réalité pour les hommes qui me semblent passer à côté de choses qui me paraissent o combien importantes.
Malgré tous les désavantages à être une femme dans ce monde, et sans doute aussi parce que j'ai plein d'autres privilèges par ailleurs, vraiment je n'echangerais pas. Je crois que si les hommes pouvaient éprouver pendant une journée la profondeur et la joie qui se vit entre femmes, alors changer deviendrait une urgence vitale.