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La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?

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Aureliea

le vendredi 03 octobre 2025 à 16h18

je ne vois pas en quoi le fait de "retenir" est intéressant. Tout est question de diriger cette fameuse énergie dans les bonnes directions. "refuser de céder", "se reternir" autant de termes qui me sembles vouloir contenir quelque chose qui pourrait amener du bon. Qui en a amené beaucoup dans mon cas, elle m'a permis d'aimer encore mieux, j'espère que mes partenaires seraient du même avis

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(compte clôturé)

le vendredi 03 octobre 2025 à 16h23

Se retenir pour Camus ne signifie pas s'empêcher de. C'est simplement dépasser l'état purement émotionnel. Ou plutôt, l'Homme n'est pas qu'un animal qui sait rire.

Edit: Je peux développer si tu le souhaites. Mais en gros, c'est penser les relations au delà des intérêts personnels. On est en plein dans le sujet.
Re eddit, attention, il ne faut pas résumer la pensée de Camus uniquement aux relations inter personnelles.

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Aureliea

le vendredi 03 octobre 2025 à 16h49

je pense qu'on est d'accord sur le fond, ne pas limiter la NRE à la seule relation que ça concerne. Prendre en compte ses autres partenaires voire encore plus leur accorder d'attention

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(compte clôturé)

le dimanche 05 octobre 2025 à 14h35

Oui mais pas que. La NRE c'est comme tous les sentiments humains qui dépassent notre raison, comme la colère, l'envie,...
C'est la différence entre le mec en colère qui va foutre son poing dans la gueule de sa femme et celui qui va faire un tour, se calmer, réfléchir et revenir discuter calmement (vous voyez l'idée)

A entendre les unes (les uns) et les autres la NRE ne se contrôle pas. En fait il s'agit d'un choix conscient de ne pas vouloir la contrôler.
On sait que l'on fait du mal à l'autre mais on le fait quand même.

Le cerveau est un organe plastique, il apprend et il aime le plaisir (circuit de la récompense).

Ce que je fais fait du mal, à moi mais surtout aux autres et je le fais quand même car cette relation me procure du plaisir. Oui, c'est ce que l'on appelle l'égoïsme.

Je ne sais plus qui, ici, avait dit: si t'es un pourri dans ta vie de mono, tu le seras dans ta vie de polya. Bon résumé je crois.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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Aki

le mardi 07 octobre 2025 à 17h21

Oui, si le fait de ressentir un emballement (ENR) ne se décide pas (comme pour la colère, la peur, etc), on décide de s'y abandonner ou pas, d'en tenir compte ou pas.
Et, dans le cadre de relations polyamoureuses, il semble nécessaire de parler de ce sujet avant que ça n'arrive, d'être honnête avec ses partenaires sur comment on réagit en ENR, de discuter de ce qu'on met en place, etc. #anticipation.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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artichaut

le samedi 18 avril 2026 à 04h04

Je propose ici deux nouveaux concepts que l'on peut retrouver sous forme de dynamiques dans la NRE : amour mythologique et amour idéalisant.

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Alabama

le samedi 18 avril 2026 à 09h59

artichaut
aujourd'hui m'est venue cette blague (pas si dénuée de réalité que ça) : la NRE ne serait-elle pas plutôt l'Égoïsme de la Nouvelle Relation ?

tant les comportements rapportés de personnes en prise avec la NRE, impliquent souvent un retrait affectif des autres relations, avec de surcroît bien souvent du déni en la matière, quand c'est pas carrément de la mauvaise foi

je précise que je ne suis pas contre l'égoïsme en soi. c'est même souvent nécessaire ou salvateur. mais se contenter de parler d'énergie, me semble un peu facile, comme si aussi ça nous échappait, comme si c'était totalement hors de notre contrôle

Je reviens sur ce fil longtemps après, j'avais loupé la suite de la discussion je pense !
J'aime bien moi cette revisite de l'acronyme. Ça me parle bien ! J'ai une personne de mon entourage qui doit probablement être en pleine NRE en ce moment, et, pfff, j'ai un peu envie de lever les yeux au ciel rien qu'à l'imaginer parler de sa relation amoureuse... tellement ça me paraît vain. Et en tous cas, je ne la vois plus...
Je ne sais pas si c'est de l'égoïsme, car je considère que les gens font bien ce qu'iels veulent, mais je dirais que c'est de l'auto-sabotage, car quand tu mises tout sur une seule relation, ça appauvrit grandement les possibles, ça isole, et quand la relation se termine bah t'es un peu tout·e seul·e. Bon et après c'est ptêt que moi mais le couple fusionnel je trouve ça hyper ennuyeux au bout d'un moment.

Dans mon cas, je n'ai pas ressenti de NRE aussi intense que décrite dans ce fil depuis une dizaine d'années je pense.
Mais avant, je le vivais, et très fortement.
Je n'ai pas décidé de "me retenir" ou quoi que ce soit de ce genre, même si l'idée de différencier le sentiment/les émotions, de ce qu'on en fait, me paraît très intéressante. Effectivement quand on est en colère, on a le choix de taper sur un mur ou quelqu'un, ou de vivre sa colère sans faire du mal à l'autre quitte à sortir faire un tour puis revenir.

Donc les personnes atteintes de NRE pourraient tout à fait chercher des manières de canaliser les effets de cette drogue, par exemple en décidant consciemment de limiter les moments avec la personne avec qui on vit cette NRE, en continuant de voir les autres personnes de l'entourage, autant, si ce n'est plus qu'avant, etc... ça pourrait aussi être, comme pour la jalousie, de se poser et décortiquer un peu ce qui se passe, quel besoin non rempli la NRE vient-elle combler ? Car pour s'emballer autant, c'est bien qu'il y avait un manque. On a pas de raison de tomber amoureux·se aussi intensément si ce n'est qu'il manquait de l'intensité dans nos vies. Si on comprend un peu ce qu'il y a derrière ça, on peut trouver d'autres manières de nourrir l'intensité, qui ne repose pas que sur l'idéalisation de l'autre.

En tous cas pour ce qui me concerne, je pense la NRE a commencé à être moins forte quand j'ai commencé à déconstruire l'amour-amoureux. Non pas pour me défaire du sentiment (je l'aime bien moi), mais plutôt pour me débarrasser de ses excès. Le féminisme m'y a grandement aidée : démystifier les relations hétéro quand on relationne avec des hommes, ça calme fort l'idéalisation...
Observer aussi ce qui se passe chez les autres, voir que peu de relations amoureuses sont saines, qu'elles soient hétéro ou pas, et donc petit à petit réaliser que peut-être, une "bonne" relation amoureuse est une relation amoureuse qui n'existe pas XD.

En tous cas, je n'ai pas très envie de revivre ça, c'est hyper chiant je trouve d'être obnubilé par quelqu'un. Même à 20 ans, je trouvais ça très chiant, même si j'étais aussi prise par l'euphorie du truc. J'avais qu'une seule hâte : être dans une relation stable pour que ça s'arrête...

Message modifié par son auteur il y a 3 jours.

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artichaut

le samedi 18 avril 2026 à 13h15

Alabama
Je reviens sur ce fil longtemps après, j'avais loupé la suite de la discussion je pense !
J'aime bien moi cette revisite de l'acronyme. Ça me parle bien ! J'ai une personne de mon entourage qui doit probablement être en pleine NRE en ce moment, et, pfff, j'ai un peu envie de lever les yeux au ciel rien qu'à l'imaginer parler de sa relation amoureuse... tellement ça me paraît vain. Et en tous cas, je ne la vois plus...
Je ne sais pas si c'est de l'égoïsme, car je considère que les gens font bien ce qu'iels veulent, mais je dirais que c'est de l'auto-sabotage

l'Égarement de la Nouvelle Relation !!
(blague)
(quoique)

Alabama
Donc les personnes atteintes de NRE pourraient tout à fait chercher des manières de canaliser les effets de cette drogue, par exemple en décidant consciemment de limiter les moments avec la personne avec qui on vit cette NRE, en continuant de voir les autres personnes de l'entourage, autant, si ce n'est plus qu'avant, etc... ça pourrait aussi être, comme pour la jalousie, de se poser et décortiquer un peu ce qui se passe, quel besoin non rempli la NRE vient-elle combler ? Car pour s'emballer autant, c'est bien qu'il y avait un manque. On a pas de raison de tomber amoureux·se aussi intensément si ce n'est qu'il manquait de l'intensité dans nos vies. Si on comprend un peu ce qu'il y a derrière ça, on peut trouver d'autres manières de nourrir l'intensité, qui ne repose pas que sur l'idéalisation de l'autre.

graaave !!

voilà résumé, des choses que j'essayais d'exprimer dans plusieurs posts.
merci.

et je connais des personnes (très enclines à la NRE) qui font ça, et s'en portent beaucoup mieux depuis

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Tiao88

le samedi 18 avril 2026 à 13h57

Aki
Oui, si le fait de ressentir un emballement (ENR) ne se décide pas (comme pour la colère, la peur, etc), on décide de s'y abandonner ou pas, d'en tenir compte ou pas.
Et, dans le cadre de relations polyamoureuses, il semble nécessaire de parler de ce sujet avant que ça n'arrive, d'être honnête avec ses partenaires sur comment on réagit en ENR, de discuter de ce qu'on met en place, etc. #anticipation.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

-> Ben j'ai clairement un exemple de personne dans mon entourage qui n'a pas eu ce recul (je ne sais même pas si il y a déjà pensé même si il avait un bouquin de polyA dans sa bibliothèque)... Qui clairement s'est pris ça de plein fouet (sa partenaire aussi je pense). Résultat au bout de 3 mois sa partenaire est venue habiter avec lui et il a "raccroché" du polyA (avec une personne dans sa vie affective/amoureuse qui s'est pris ça un peu "en pleine poire").
Certes, la nouvelle partenaire était bcp plus disponible que l'autre personne, avec des passions communes dans laquelle ils ont passé du temps ensemble et beaucoup plus proche géographiquement (et en plus cette nouvelle partenaire n'était pas à l'aise avec tout ce qui est polyA/non exclusivité etc). Mais je dois admettre que venir habiter avec et chez quelqu'un après seulement 3 mois de relation, je trouve ça assez casse-gueule (mais je suis flippée de la vie à 2 sous le même toit).

Alabama
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Je ne sais pas si c'est de l'égoïsme, car je considère que les gens font bien ce qu'iels veulent, mais je dirais que c'est de l'auto-sabotage, car quand tu mises tout sur une seule relation, ça appauvrit grandement les possibles, ça isole, et quand la relation se termine bah t'es un peu tout·e seul·e. Bon et après c'est ptêt que moi mais le couple fusionnel je trouve ça hyper ennuyeux au bout d'un moment.

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Donc les personnes atteintes de NRE pourraient tout à fait chercher des manières de canaliser les effets de cette drogue, par exemple en décidant consciemment de limiter les moments avec la personne avec qui on vit cette NRE, en continuant de voir les autres personnes de l'entourage, autant, si ce n'est plus qu'avant, etc... ça pourrait aussi être, comme pour la jalousie, de se poser et décortiquer un peu ce qui se passe, quel besoin non rempli la NRE vient-elle combler ? Car pour s'emballer autant, c'est bien qu'il y avait un manque. On a pas de raison de tomber amoureux·se aussi intensément si ce n'est qu'il manquait de l'intensité dans nos vies. Si on comprend un peu ce qu'il y a derrière ça, on peut trouver d'autres manières de nourrir l'intensité, qui ne repose pas que sur l'idéalisation de l'autre.

En tous cas pour ce qui me concerne, je pense la NRE a commencé à être moins forte quand j'ai commencé à déconstruire l'amour-amoureux. Non pas pour me défaire du sentiment (je l'aime bien moi), mais plutôt pour me débarrasser de ses excès. Le féminisme m'y a grandement aidée : démystifier les relations hétéro quand on relationne avec des hommes, ça calme fort l'idéalisation...
[...]

En tous cas, je n'ai pas très envie de revivre ça, c'est hyper chiant je trouve d'être obnubilé par quelqu'un. Même à 20 ans, je trouvais ça très chiant, même si j'étais aussi prise par l'euphorie du truc. J'avais qu'une seule hâte : être dans une relation stable pour que ça s'arrête...

Message modifié par son auteur il y a 3 heures.

-> Oui quand tu as bcp misé sur une relation mise un piédestal, c'est très casse-gueule si ça se barre. Mais dans le cas de ce pote, lui a l'air quand même d'avoir un peu des espaces sans cette partenaire et où il a des relations amicales.
Perso, j'ai besoin de fusion à certains moments mais pas partout et tout le temps...

-> Pour ce qui est de l'intensité de l'emballement, en plus de l'idéalisation, je pense aussi qu'il y a le facteur "nouveauté" (et certainement que dans d'autres relations affectives il n'y a plus de "sortie des sentiers battus"?). Je veux dire toujours faire les mêmes activités, aller aux mêmes endroits etc. Facteur disponibilité aussi parfois. Facteur fusion et intimité (pas forcément sexuelle mais ne serait-ce que pouvoir se confier)... Et au vu de ce qui a déjà été dit/écrit par d'autres personnes que moi, on a tendance à constater que bcp de relations affectives mettent au centre voir un piédestal leur relation de couple/amoureuse/romantique et leur accordent la primauté parfois (pas toujours) en termes de disponibilité, intimité, affection etc... Ce qui peut donner envie de s'y réfugier à son tour par moments.

-> Et j'ai l'impression que les femmes (en tout cas certaines) décentrent l'amour amoureux, autant moins certains hommes. J'ai l'impression qu'il y a 2 catégories : ceux pour qui la bande de potes passent en premier et ceux qui mettent leur relation amoureuse sur un piédestal. Et pas trop d'entre deux...

-> Et être obnibulée par un ou des gens, oui c'est fatiguant... Quand tu en es à être contente parce que quelqu'un met un pouce dans une conversation et à surinterprêter chaque truc, guetter chaque signe, ça devient éprouvant (et en ce qui me concerne en ce moment, décevant).

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Profil

Alabama

le samedi 18 avril 2026 à 14h35

Tiao88
Mais dans le cas de ce pote, lui a l'air quand même d'avoir un peu des espaces sans cette partenaire et où il a des relations amicales.

La personne dont je parle est un peu extrême sur ce plan, elle est du genre "amoureuse de l'amour".

Tiao88
Et au vu de ce qui a déjà été dit/écrit par d'autres personnes que moi, on a tendance à constater que bcp de relations affectives mettent au centre voir un piédestal leur relation de couple/amoureuse/romantique et leur accordent la primauté parfois (pas toujours) en termes de disponibilité, intimité, affection etc... Ce qui peut donner envie de s'y réfugier à son tour par moments.

Oui complètement, j'y pensais en écrivant tout ça.
Moi-même je me suis "réfugiée" dans ma relation amoureuse cette dernière année parce que c'était la personne la plus disponible de mon entourage, et que mon entourage fait passer sa vie de couple avant tout le reste, ou le travail (travail étant entendu ici au sens large, mais en gros y a peu de place pour passer des moments "chill" entre amies).
C'est clair qu'on ne peut pas s'émanciper seule dans son coin de tout un système de couple, et en ce sens, la NRE est aussi un symptôme de tout ça : manque d'intimité et de temps dans les amitiés, et donc report sur la relation amoureuse, un terreau fertile pour la NRE.

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