Fin de la NRE, début possible de l'intimité ?
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Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 13h35
On parle beaucoup de la NRE sur ce forum, ainsi que de la passion amoureuse, comme étant un état qui ne dure qu'un temps, et qui s'arrête si on est chanceux·se au bout de 3 ans.
J'ai comme un gros gros doute sur cette théorie.
Un gros gros doute car ce n'est pas ce que je vis, et je connais dans mon entourage plusieurs contre-exemples de couples "classiques" toujours très amoureux bien après les 3 premières années.
Ma théorie, que je vous soumets pour avoir vos points de vue, c'est que ce qu'on nomme la NRE et la passion amoureuse, ne sont pas de l'amour, mais simplement de la projection, du fantasme, qu'on va nourrir seul·e dans son coin en se faisant des films à l'eau de rose, et avec l'autre en se regardant dans le blanc des yeux et en se disant à quel point on s'aime. Jusque là je pense que j'enfonce des portes ouvertes.
Et du coup, ce que je veux dire, c'est que le sentiment amoureux, le fait de voir l'autre comme la 8ème merveille du monde, je pense que ça peut durer indéfiniment. Mais que ce qui nourrit ce sentiment amoureux/d'amour, c'est l'intimité, l'authenticité, la vulnérabilité. Et que si ça s'arrête si rapidement et si souvent dans les couples, c'est tout simplement parce que peu de couples accèdent à une véritable intimité partagée.
Ce que je nomme intimité et vulnérabilité, c'est partager avec l'autre des éléments de nous qui nous mettent à nu, dont on est pas forcément très fièr·e·s, accepter de se montrer faillible, fragile, dans le doute. Prendre le risque du jugement de l'autre. Et quand l'autre nous accueille, quand l'autre a suffisamment d'espace pour ces partages, et que c'est réciproque (s'il y en a un seul qui se montre vulnérable il n'y a pas d'intimité partagée), je pense que cela nourrit voire amplifie le sentiment d'amour/amoureux. Cette intimité et ces moments de vulnérabilité peuvent se retrouver dans ce qu'on appelle des amitiés ou des relations amoureuses, ce n'est pas réservé à l'une ou l'autre modalité, mais j'ai l'impression, j'observe que dans le couple hétéro moyen, il y a moins d'intimité que dans des relations amicales entre femmes.
Selon ma théorie, cela voudrait dire qu'il y a plus facilement et plus souvent ce degré d'intimité dans les relations lesbiennes puisque ce sont deux femmes, et je le crois. Mais je me demande si les lesbiennes vivent tout de même cette NRE et cette disparition de la "passion amoureuse" au bout de quelques mois/années ?
Est-ce que la NRE n'est pas juste un construit social que l'on nourrit, pour éviter ce qu'on pense pourtant désirer le plus, l'intimité véritable ?
Après, je me trompe peut-être, et que les concepts de NRE et intimité ne sont pas contradictoires, c'est juste que j'arrive pas à comprendre pourquoi on serait moins amoureux de quelqu'un·e au bout d'un certain temps, juste "comme ça".
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