Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
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artichaut
le dimanche 10 août 2025 à 23h57
cactus
j'y pense tout simplement trop !
Voilà qui ressemble au titre d'un autre livre de Christel Petitcollin…
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MPB
le lundi 11 août 2025 à 10h30
Alabama
Je découvre ces dernières années qu'en fait, j'ai un point de saturation dans les moments partagés avec mes amies moi aussi ! Et ça c'est nouveau. Auparavant je pensais ne jamais avoir "assez", mais c'est parce que j'idéalisais ce que j'aurais pu vivre de plus avec ces personnes.
Ah c'est très drôle, c'est quelque chose que j'expérimente aussi depuis très récemment, que cela soit en vrai ou à distance : avec une de mes amie, nous échangions (beaucoup !!) par vocaux tous les jours à une époque, et je me suis rendu compte que ça me demandait beaucoup d'énergie, et surtout que je navais pas forcement ce besoin, contrairement à ce que je pensais. C'est un exemple parmi d'autres, mais c'est chouette aussi de pouvoir avoir cette forme de lucidité sur les liens amicaux.
Alabama
Et sinon je suis très contente que mon message t'ait ouvert des pistes ! Si raconter mes errances peut t'aider, c'est vraiment super
C'est clairement le cas, et a priori je ne suis pas la seule à bénéficier de ton expérience vu que @cactus semble sy retrouver aussi ! (De même que je retrouve du moi dans les propos de @cactus !)
Ces partages sont si précieux, j'y retrouve des réflexions par lesquelles je suis passée, des états présents, et des idées que j'aimerais faire miennes pour le futur.
J'avoue qu'il y a tellement de fils de discussion que j'ai parfois peur de poster dans le mauvais et je ne veux pas détruire le travail appliqué d' @artichaut (d'ailleurs, quelle énergie tu as pour alimenter tous ces fils, faire les liens entre eux, les déterrer si besoin, merci et bravo pour ça 🙏), mais je me nourris beaucoup de tout ça. Merci à toutes les personnes qui contribuent à ces riches discussions !!
Message modifié par son auteur il y a 8 mois.
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artichaut
le lundi 11 août 2025 à 12h36
MPB
il y a tellement de fils de discussion que j'ai parfois peur de poster dans le mauvais et je ne veux pas détruire le travail appliqué d' @artichaut
Oui, désolé, j'ai conscience de créer beaucoup de fils de discussion, et je ne voudrais pas créer des injonctions supplémentaires (on en a bien assez comme ça) et de la peur de mal faire.
J'ai besoin de ranger les choses, ranger mes idées, mais fait/faites comme bon vous semble. Et du reste moi-même je suis loin de respecter tout ce que je mets en place.
MPB
(d'ailleurs, quelle énergie tu as pour alimenter tous ces fils, faire les liens entre eux, les déterrer si besoin, merci et bravo pour ça 🙏),
merci. et content si ça sert à d'autres qu'à moi.
Il y a le flux et il y a l'archive.
Sur ce forum, je suis plus du côté de l'archive.
J'aime pouvoir retrouver ce qui s'est dit, et (pour)suivre des développements d'idées dans le temps.
Les réponses et échanges ici, me font moi aussi, grandement avancer.
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artichaut
le lundi 11 août 2025 à 15h34
Alabama
Je découvre ces dernières années qu'en fait, j'ai un point de saturation dans les moments partagés avec mes amies moi aussi ! Et ça c'est nouveau. Auparavant je pensais ne jamais avoir "assez", mais c'est parce que j'idéalisais ce que j'aurais pu vivre de plus avec ces personnes.
Quand à moi, c'est plus dans la sexualité que ça m'est arrivé.
Mon genre est de celui à qui on a inculqué qu'on est censé avoir toujours envie de sexe, et qu'il faut saisir tout occasion qui se présente. Et oui, sans doute que j'ai pu idéaliser aussi ce que j'aurais pu vivre sur ce terrain-là.
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crest
le mercredi 13 août 2025 à 18h12
Je ne sais pas trop où mettre cela, mais je signale ces deux choses :
> Le 30 août, un nouveau festival s’invite à Lyon pour célébrer ce lien essentiel, trop souvent invisibilisé : l’amitié !
https://rebellyon.info/Nos-Puissantes-Amities-Open...
> Le Monde, 30/07/2025 : Ils sont amis et se marient : « Ça faisait un moment que je réfléchissais à décentrer l’amour romantique de ma vie »
Difficiles à quantifier car souvent non officielles, les unions entre amis se développent. Une façon de marquer l’amitié, à l’heure de la remise en question du couple hétéronormé et de ses attributs.
https://justpaste.it/j0120
Message modifié par son auteur il y a 8 mois.
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artichaut
le mercredi 13 août 2025 à 20h27
crest
Je ne sais pas trop où mettre cela, mais je signale ces deux choses
C'est tout à fait bien ici. Merci !
Et du coup je signale aussi ceci : Festival des Amitié.es
les 29 et 30 août 2025, au BCBG, à Bédée (Ille-et-Vilaine, France)
https://www.onparticipe.fr/b/TnRAfHy7
(merci @Alabama de m'avoir signalé ce festival)
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Alabama
le jeudi 14 août 2025 à 11h44
artichaut
J'ai même jadis organisé des événements pour vivre ça : de l'intensité.
Mais aujourd'hui je recherche plutôt la douceur, le calme et la sérénité.
Je reviens sur ces deux phrases.
Elles présentent l'intensité et la sérénité comme étant incompatibles.
Ce qui me fait me questionner. Que met-on chacun·e derrière le terme "intense" ?
Pour moi, intensité dans le contexte de la relation (amicale/sexuelle/amoureuse) signifie : profondeur, connexion forte, sentiment d'amour puissant.
Je n'y vois aucune incompatibilité avec les termes "douceur, calme et sérénité".
Je dirais même que ça va ensemble.
L'intensité que je recherche dans la sexualité, je l'atteins par beaucoup de douceur, d'amour et de tranquillité : zéro pression, zéro script, beaucoup de tendresse. Bon ça sort du thème de l'amitié, mais avec tous ces fils de discussion ouverts, j'avoue ne plus tout à fait savoir où donner de la tête :)
Et d'ailleurs c'est passionnant. Et intense :)
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artichaut
le jeudi 14 août 2025 à 13h13
Alabama
Ce qui me fait me questionner. Que met-on chacun·e derrière le terme "intense" ?
Tu aurais presque créer un fil C'est quoi l'intensité ? !
Je plaisante ! (à moitié)
Alabama
Bon ça sort du thème de l'amitié,
Non, je ne trouve pas justement. Ou à la limite ça rejoint la question Qu'est-ce que l'amitié ?
Dans ce que tu porte ici, il me semble que ça signifie : revalorisons l'amitié où l'on peut vivre des liens intenses, au même titre qu'en couple amoureux. Et pour le coup p-être plus sereinement…
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artichaut
le jeudi 14 août 2025 à 13h29
Alabama
Pour moi, intensité dans le contexte de la relation (amicale/sexuelle/amoureuse) signifie : profondeur, connexion forte, sentiment d'amour puissant.
Je n'y vois aucune incompatibilité avec les termes "douceur, calme et sérénité".
Je dirais même que ça va ensemble.
L'intensité que je recherche dans la sexualité, je l'atteins par beaucoup de douceur, d'amour et de tranquillité : zéro pression, zéro script, beaucoup de tendresse.
C'est un point de vue intéressant.
J'ai l'impression alors que peut-être c'est une question de ce qui prime, ou ce qui vient en premier.
En amour-amoureux normé l'intensité est première et souvent vécue en tant que telle pour elle-même. La tendresse (sur l'oreiller) est au mieux une résultante.
En amitié la serrenité est première (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'intensité) ou je dirais prime sur l'intensité : on ne remet pas toute sa vie et tous ses amours en jeu, juste parce qu'on rencontre un·e nouvel·le ami·e (ce qu'on fait en relation amoureuse normée).
Si l'on réinvente l'amour-amoureux au point que la serrenité, la douceur et la tendresse y prime, alors ok. Perso j'apelle ça de l'amitié (ou alors mettre de l'amitié dans l'amour-amoureux).
Quand à la sexualité, aujourd'hui je ne veux en vivre que depuis le territoire de la tendresse. Si la tendresse n'est pas là avant tout chose, la sexualité ne m'intéresse pas.
La tendresse seulement sur l'oreiller après le sexe, non merci. La sexualité sans tendresse, non merci.
Donc en un sens faire rimer intensité et douceur/calme/sérénité pourquoi pas, mais faut savoir de qu'elle intensité on parle. Pas de celle qui emporte tout, qui va toujours trop vite, qui nous fait chavirer, qui met l'autre ou nous-même en danger.
Une douce intensité, une tendre intensité, une lente intensité, ok. Mais les adjectifs me semblent indispensables pour bien savoir de quoi l'on parle.
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Alabama
le jeudi 14 août 2025 à 14h47
artichaut
En amitié la serrenité est première (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'intensité) ou je dirais prime sur l'intensité : on ne remet pas toute sa vie et tous ses amours en jeu, juste parce qu'on rencontre un·e nouvel·le ami·e (ce qu'on fait en relation amoureuse normée).
Je pense que j'interviens souvent sans prendre en compte l'amour normé extérieur car après tout même s'il y a un script que l'on peut retrouver notamment dans les comédies romantiques, personne ne l'interprète exactement pareil.
Je pars de mes normes perso. Je ne sais pas précisément à quoi c'est dû, mais même en ayant été une grande amoureuse, l'amitié a toujours primé pour moi. Même si je n'ai pas toujours eu de l'amitié dans mes relations amoureuses. Peut-être même parce que je n'ai pas toujours eu de l'amitié dans mes relations amoureuses, il était impensable pour moi de faire passer mes amitiés en second.
En tous cas, j'ai vécu autant de coups de foudre amicaux que de coups de foudre amoureux, sinon plus, et c'est quand même sacrément intense. Et dans ces cas-là l'intensité a primé au début, et a débouché sur la relation amicale ensuite. Je crois que pour moi, l'ordre dans lequel ça se fait n'a pas d'importance. Ce qui m'importe, c'est qu'est-ce qu'on fait ensemble ? Que choisissons-nous de partager, de nourrir, prenons-nous des engagements envers l'autre, si oui lesquels ?
Mais ce que j'entends dans ce que tu dis, c'est d'inverser la norme pour vivre autre chose, explorer des manières de faire qui si on ne se les impose pas, n'arrivent jamais ? Je pense notamment au fait qu'à une période, bien qu'étant bi, je n'affichais que les profils de femmes et non-binaires sur les applis, car je sais bien que si j'ai le choix avec les hommes, il y a peu de chances que je rencontre des femmes, tellement il est plus aisé de les rencontrer.
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artichaut
le jeudi 14 août 2025 à 15h16
Alabama
prenons-nous des engagements envers l'autre, si oui lesquels ?
Ah, on y revient !
Alabama
Mais ce que j'entends dans ce que tu dis, c'est d'inverser la norme pour vivre autre chose, explorer des manières de faire qui si on ne se les impose pas, n'arrivent jamais ? Je pense notamment au fait qu'à une période, bien qu'étant bi, je n'affichais que les profils de femmes et non-binaires sur les applis, car je sais bien que si j'ai le choix avec les hommes, il y a peu de chances que je rencontre des femmes, tellement il est plus aisé de les rencontrer.
Oui il y a quelque chose de cette ordre-là.
La norme prend généralement toute la place.
Il faut alors parfois défocaliser. Voire forcer le trait dans l'autre sens, au moins provisoirement. Pour par exemple, pouvoir un jour accéder à de vrais choix, ou juste pour compenser l'énormité de la norme.
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Alabama
le lundi 13 avril 2026 à 10h11
Je voudrais rajouter des liens vers des podcasts que j'ai découverts il y a peu et qui explorent différemment les relations, qu'elles soient amoureuses ou amicales :
- Agapé et les autres : podcast dont le but est d'explorer comment changer nos relations, les vivre autrement. Certains épisodes parlent plus particulièrement de l'amitié : J'avais mis tous les liens mais malheureusement ce n'est pas autorisé par le forum donc je vous laisse fouiller
- Amicale 3000 : un podcast qui imagine une société centrée sur l'amitié
Par ailleurs, ces podcasts me semble relayer principalement la parole de personnes bourgeoises ou du moins ayant des codes bourgeois et beaucoup de confort de vie. Il me manque les histoires d'amitiés moins favorisées, ou rurales...
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Alabama
le vendredi 17 avril 2026 à 13h18
Tiao88
Ben à part la notion de NRE (qui donc, comme la passion ne dure jamais toute une vie dans une relation sentimentale), qu'est ce qui différencie une relation amicale d'une relation sentimentale/amoureuse? Où se situe la limite? J'allais dire surtout s'il y a du sexe mais étant donné que certaines relations amoureuses sont ou deviennent platoniques... Ce dernier "critère" n'en est pas toujours un... Le fait d'habiter ou d'avoir habité ensemble? D'avoir eu des enfants ensemble? (cf les amis qui décident de faire du coparentage sans être en relation dite de couple)
Je ne vais ps tenir compte de la NRE, car à ce jour, je ne sais pas si je la vis vraiment, ou si je la vis en permanence dans une relation amoureuse, en tous cas je en perçois pas "d'avant/après NRE" dans mes relations amoureuses. Ce concept me perd.
Sur le reste, si on considère l'amitié au sens classique et la relation amoureuse au sens classique, je crois que je vis une différence. Cette différence, ben c'est le sentiment amoureux, et le manque/l'envie de voir la personne très souvent. On a déjà essayé de parler de ce qu'est le sentiment amoureux dans ce forum, et je pense que personne n'a la même définition.
Me concernant : une sorte de douceur intérieure qui m'envahit face à l'autre, l'envie de le/la serrer dans mes bras, d'intimité physique (avoir mon nez dans le cou de la personne, être collée contre le corps de l'autre, etc...), l'envie/l'élan de faire des choses pour lui témoigner mon amour qui est plus fort qu'avec mes amies : par des attentions, des cadeaux, cuisiner.
Mais.
Je me demande quelle est la part de conditionnement social là-dedans.
Est-ce que je ne m'interdis pas simplement de ressentir cela avec des amies qui ont une vision plus binaire que moi de ce qu'est l'amour/l'amitié ? Car j'ai besoin d'une forme de réciprocité dans ces élans pour pouvoir les vivre pleinement. Dans l'idée, je ne suis pas contre vivre cela avec des amies.
Ça existe un tout petit peu, notamment dans la proximité physique.
Mais toutes mes amies, sans exception, donnent la priorité à leur relation amoureuse en terme de disponibilité physique et émotionnelle. Dans ce contexte, il est possible que mes sentiments se retiennent.
Alors, je ne suis pas sûre à 100% qu'il y ait de réelle différence autre que sociale entre amitié/amour.
Par contre, je crois qu'il existe des différences d'intimité dans les relations, quelle que soit leur étiquette.
Et ça me donnerait envie de réfléchir à d'autres manières d'étiqueter/décrire les relations. On laisserait tomber la différence amitié/amour et on prendrait d'autres critères pour différencier que l'absence/présence de sexualité ou de trucs de couple.
En ce sens, je commence à avoir envie de faire un peu comme toi @artichaut, et ne parler que d'amitiés. Parce que c'est devenu trop compliqué pour moi. Actuellement, avec mon (ex ?)-amoureux on va vers une "amitié". Mais quelle amitié ? Il y a ami·e et ami·e, toutes les relations amicales ne sont pas identiques, je dirais même qu'il y a plus de différences entre deux type d'amitié différentes qu'entre la relation dite amoureuse et la relation dite amicale génériques...
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artichaut
le vendredi 17 avril 2026 à 14h08
Alabama
Me concernant : une sorte de douceur intérieure qui m'envahit face à l'autre, l'envie de le/la serrer dans mes bras, d'intimité physique (avoir mon nez dans le cou de la personne, être collée contre le corps de l'autre, etc...), l'envie/l'élan de faire des choses pour lui témoigner mon amour qui est plus fort qu'avec mes amies : par des attentions, des cadeaux, cuisiner.
Mais.
Je me demande quelle est la part de conditionnement social là-dedans.
Est-ce que je ne m'interdis pas simplement de ressentir cela avec des amies qui ont une vision plus binaire que moi de ce qu'est l'amour/l'amitié ? Car j'ai besoin d'une forme de réciprocité dans ces élans pour pouvoir les vivre pleinement. Dans l'idée, je ne suis pas contre vivre cela avec des amies.
Oui, pour moi ce que tu décris c'est de l'amour (donc pas réservé —autre que socialement— au contexte amoureux)
Alabama
En ce sens, je commence à avoir envie de faire un peu comme toi @artichaut, et ne parler que d'amitiés. Parce que c'est devenu trop compliqué pour moi. Actuellement, avec mon (ex ?)-amoureux on va vers une "amitié". Mais quelle amitié ? Il y a ami·e et ami·e, toutes les relations amicales ne sont pas identiques, je dirais même qu'il y a plus de différences entre deux type d'amitié différentes qu'entre la relation dite amoureuse et la relation dite amicale génériques...
franchement, depuis que je vis ça intérieurement (pas juste que je le nomme : me le nomme, et ose le nommer aux autres) ça m'apaise beaucoup, et ça simplifie beaucoup de choses.
mais ça m'a pris du temps de le ressentir profondément dans mon corps, et pas juste en théorie dans ma tête ou dans les mots.
et "bien sûr" (malheureusement, mais sans surprise) je n'arrive que peu à configurer ça concrétement avec grand'monde. entre les barrières sociales, ma timidité/pudeur acquise de longue date, mes peurs liées au consentement, le mépris sociétal sur le concept d'amitié, etc le chemin est semé de beaucoup d'embûches.
mais je me sens comme libéré d'un g-i-g-a-n-t-e-s-q-u-e poids.