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Rennes (France)

Polyamour : orientation relationnelle intime non-exclusive et consensuelle.

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La dimension "avoir plusieurs relations amoureuses et/ou sexuelles en même temps" (qui peut même, si on n'y prends pas garde, devenir une injonction supplémentaire !) ne me semble pas le…

« Poly yes ! », « Polyamour 2.0 » : la question du consentement relationnel. 2/2

Rédigé le mardi 01 septembre 2020 à 00h45

Mis à jour il y a un mois

S'il n'y a pas de consentement éclairé, volontaire et enthousiaste d'une des parties à vivre le polyamour, peut-on vraiment parler de polyamour ? [Temps de lecture total : 2x20=40 min. environ] — 2ème Partie.

Plan (des 2 parties)


....I. De quoi parle t-on ?
........Manifeste « Poly yes ! ».
........D'où je pars ?
........Qui suis-je ?
........Au fait le consentement c'est quoi ?

II. Les contradictions du polyamour
........Vous avez dit "Polyacceptant·e" ?
........Le polyamour subit n'existe pas.
........Poly-Mono.
........C'est la relation qui est poly ou ne l'est pas.
........Et le "Poly hiérarchique" ?

III. La question du choix.
........Responsabilité affective.
........Vivre en société capitaliste avancée (la dimension structurelle des relations).
........Le polyamour n'est pas du marchandage.
........L'hypocrisie du « ça-ou-rien ».
........Être poly c'est poser des choix de vies.

IV. Et si on essayais vraiment ?
........Il est +facile d'être mono que d'être poly.
........Metamours et compersion.
........Questionner nos attirances.
........Les avantages et les inconvénients.
........« Poly yes !», on y va ?!

Conclusion
Pour aller +loin




Nous vous suggérons de lire d'abord la 1ère Partie : « Poly yes ! », « Polyamour 2.0 » : la question du consentement relationnel. 1/2.




[sommaire / I / II / III / IV / Liens]

III. La question du choix.

Vivre le polyamour c'est poser des choix. Des choix qui vont avoir des conséquences décisives sur nos vies. Mais encore faut-il les assumer réellement ces choix.


Responsabilité affective.

Lorsque l'on est poly et que l'on entre en relation avec une personne non-poly (ne se définissant pas comme poly, ou ne connaissant que très peu le polyamour), il ne suffit pas de dire "Au fait je suis poly, j'espère que ça te va ?" mais il est de notre devoir d'expliquer en long, en large et en travers ce qu'est le polyamour, en quoi c'est radicalement différent, expliquer les bons et les mauvais côté, etc.
Je pense qu'on a une responsabilité en tant que poly, d'expliciter clairement ce que c'est, et ne pas attendre des autres qu'ils/elles le comprennent (alors que nous-même on ne comprends pas tout !).
Proposer le poly à un·e non-poly c'est proposer de naviguer sur des eaux mouvementées alors que jusqu'à présent —peut-être— il/elle était restée au port. (même si y'a plein d'autres façons —chouette et moins chouettes— de naviguer sur des eaux mouvementées).
Il vaux mieux être emballé par le voyage (le voyage poly, pas juste le voyage avec l'autre), et pas juste le faire par dépit (accepter pour ne pas renoncer à la relation), ou juste par un "oui, bon, ok".
Je pense qu'il faut être clair·e et sincère avec ça. Sur une échelle de 1 à 10 ( 1 "je consent à vivre le polyamour" et 10 "j'ai super grave envie de le vivre"), je dirais qu'il est dangereux d'entrer en relation avec des personnes si elles se placent en dessous de 7/8. Dangereux pour l'autre et dangereux pour soi.

Il s'agirait en outre, d'annoncer très vite qu'on est poly. Ça veut dire parler des modalités de ce que l'on vit, de ce que l'on veut vivre, avant même que quoi-que-ce-soit puisse se jouer avec qui-que-ce-soit. Idéalement s'assumer et s'afficher poly. Et si besoin de proposer des aménagements (centrés surtout sur LA relation concernée, non sur les relations périphériques). C'est à dire prendre vraiment en compte LA nouvelle relation comme relation à part entière, où tout se discute, où tout peut être remis en question.

Qu'il s'agisse de sexualité ou de relations amoureuses, on vit dans un monde où l'on semble —surtout si l'on est un mec-cis-hétéro (mais pas que)— devoir conquérir une terra incognita. Le sexe ou les relations se gagnerais à la force de volonté, par pugnacité. Tous les coups seraient permis, tant que l'on parviens au but.
Alors on s'autorise à ne pas tout dire, à cacher des choses, à ne parler que des choses qui nous arrangent, à faire pencher la balance de notre côté. Par exemple, en tant qu'homme la société nous dit qu'on devrait obtenir les faveurs des femmes. Il y a toujours cette idée d'une conquête, de fortifications à dépasser ou faire tomber.
Tout cela est tellement triste. Quand cessera t-on de se comporter ainsi ? Tout est à repenser complétement.

Alors il est urgent d'apprendre à cesser de sauter soi-même dans le vide autant que d'arrêter de pousser l'autre à sauter dans le vide.
Le poly ne devrait pas être un prétexte pour faire de la merde multiplié par le nombre de nos relations (et accentué encore par la moindre disponibilité en temps), appelons ça faire de la poly-merde, si l'on veut.

Soyons responsables de nos choix affectifs. Discutons sereinement des pour et des contre. Donnons des outils à l'autre pour faire ses propres choix. En aucun cas il ne devrait s'agir de contraindre (ni même de convaincre) l'autre. Si tu vis celà (que tu le subisse, ou le fasse subir) il est peut-être temps de te poser vraiment la question d'arrêter cette relation.

Là encore ralentir pour prendre le temps de se poser la question de notre responsabilité affective.


Vivre en société capitaliste avancée (la dimension structurelle des relations).

Je mettrais un seul bémol à (presque) tout ce qui précède : si vous êtes dans un couple structurellement déséquilibré, à savoir que l'un·e appartient à une (ou un ensemble de) catégorie sociale opprimée, c'est un peu différent. Classiquement, dans un couple cis-hétéro homme-femme, si vous êtes la femme : c'est un peu différent. Si vous êtes non-blanc·he en relation avec une personne blanche : c'est un peu différent. Si vous êtes une personne précaire en relation avec une personne de classe aisée : c'est un peu différent. Et ainsi de suite.

Il convient alors de prendre en compte, les dimensions sociologiques de domination structurelles.

C'est sans doute une autre raison, qui m'a fait hésiter à publier ce texte : peur que des hommes cis en couple "voulant rester mono, alors que leur conjointe voudrais gagner en liberté" s'en emparent et tentent d'asseoir encore+ leurs privilèges monos.

Déjà parce que dans un couple cis-hétéro c'est presque toujours la femme qui gère toute la charge relationnelle du couple (valoriser la relation, convoquer une discussion en cas de problème, etc).
Ensuite parce que ce sont le +souvent les hommes qui refusent de bouger, qui refusent de discuter, qui refusent d'envisager les changements. Les hommes-cis-hétéro ont l'adultère a leur disposition, ils n'ont pas besoin du polyamour… « Alors pourquoi permettrais t-ils la même chose à leur femme ? Au yeux de tous de surcroît ? ».
Enfin parce que le mariage, la vie de couple bien installée est trop souvent une manière d'emprisonner les femmes, de régencer le corps des femmes. Alors une femme qui voudrait s'en libérer est bien +légitime de le faire.

Si tu es un mec et relationne avec une femme, si tu es blanc·he et relationne avec une personne racisée, si tu es cis et relationne avec une personne trans, etc …ne part pas du principe que tu es à égalité dans la relation, qu'elle a les même possibilités relationnelles, que tout se vaut et se traîte de la même façon.

Le polyamour peut ne pas être un choix pour cette personne (soit qu'elle n'ai pas d'autre choix que d'être poly, soit inversement qu'elle n'ai pas envie d'être poly). Tu peux sans t'en rendre compte exercer du pouvoir sur l'autre. Ne profite pas de ton ascendant (blanc, hétéro, cis, neurotypique…) pour imposer tes préférences relationnelles.

Dans ce monde, le mépris marche mieux que la prévenance, la domination est +efficace que le dialogue, et ne pas se poser de questions, fonctionne mieux que de s'en poser. Ce n'est pas nouveau-nouveau, comme conclusion. Bienvenue dans ce monde de misère affective où seule l'efficacité sexuelle et amoureuse semble avoir le droit d'exister, où les mâles alpha se frayent un chemin dans le "Game", et où presque tou·te·s les autres tentent de les imiter ou d'en ramasser les miettes. Il n'y a qu'un vaste marché du sexe et des relations, ou chacun·e use de ses privilèges pour asseoir toujours+ sa domination sociale, culturelle, symbolique, ou même financière. Alors oui, tant qu'on pense les relations en terme de rendement et d'efficacité, le capitalisme est sans conteste le "meilleur" des modèles.

Mais où est l'amour dans tout ça ? Où est le poly-amour ?
Si le polyamour n'est pas capable d'inventer autre chose, à quoi bon le polyamour ?
Si vous ne voulez pensez qu'à vous, et faites de la polymerde à répétition, ne vous revendiquez pas du polyamour.

On vit dans un monde où la misère affective fait loi et règne en maître. Nous aurions besoin de trouver les moyens d'inventer de nouvelles solidarités qui aille contre les rapports d'oppressions (de classe, de race, de genre, etc).
Je ne vois que bien peu d'amour dans ce qui semble présider à nos choix relationnels. Où est l'amour de soi, l'amour de l'autre, des autres ? Comment nos peurs, nos frustrations, nos constructions sociétales peuvent-elles à ce point nous rendre intolérant·e·s, protectionnistes, égoïstes… et vaniteux de surcroît ?


Le polyamour n'est pas du marchandage.

Le polyamour c'est du prendre soin. Si vous ne prenez pas soin de toutes les personnes impliquées, vous n'êtes pas en polyamour.

Le polyamour ce peut-être l'art du compromis : créer le maximum de bonheur possible pour un maximum de personnes impliquées. Mais si chacun tire la couverture à soi, on n'y arrivera jamais. Il nous faudrait apprendre à renoncer à un peu de bonheur pour en procurer encore+ a quelqu'un d'autre.

Le polyamour n'est pas du marchandage, c'est du partage d'empathie à +que deux.

Trop souvent les relations (pas que amoureuses) sont vécues/pensées/construites par la pression. On vit perpétuellement sous pression (injonctions sociétales multiples et même contradictoires). C'est pareil pour le consentement.

Tant qu'on pensera les relations sous forme des "moyens de pression", ou qu'on utilisera la pression comme moyen d'être ou rester en relation, on continuera de se faire du mal les un·e·s aux autres, de s'oppresser les un·e·s les autres.

Alors oui, il faut beaucoup de courage pour accepter de perde un moyen de pression (et +encore pour le fêter). C'est un long chemin, très long chemin. Encore une fois il n'est ni possible ni souhaitable de sauter dans le vide (les habitudes sont tenaces !). Ça demande d'y aller lentement. Céder un peu de pression, l'accepter, le fêter, puis aller encore un peu +loin sur ce pont de cordes où le sol manque de +en+. C'est extrêmement difficile et confrontant, ça fait grave peur.
Aller enfin et lentement vers une vraie égalité des êtres (homme/femme mais pas que). Comment penser le consentement poly sans cette direction ?

Ce qu'invente le polyamour ce n'est pas tant la possibilité d'avoir plusieurs relations amoureuses et/ou sexuelles au lieu d'une seule-et-unique-relation-de-couple-monogame, c'est surtout de dire : qu'il y a plein de possibles dans ce monde, qu'il n'y a pas de raison de réserver (accorder, octroyer) notre amour à une seule et même personne, que chaque relation est unique et devrait être construite (être négociée disent certains) selon des règles qui lui sont propres, et qui peuvent changer à tout moment, et qui doivent donc être discutées et réguliérement re-discutées.
Mais ces règles ne sont pas un enjeu de marchandage, ces règles, le +souvent provisoires, sont là pour nous aider mutuellement à avancer, trouver des compromis pour mieux vivre ensemble.

Le compromis n'est pas à entendre ici sous l'angle de la résignation, ce n'est pas renoncer ou s'oublier soi-même, c'est prendre en compte +de points de vue, y compris le notre.
Peut-être le mot compromis ne convient pas. Je n'en ai pas d'autre à proposer pour l'instant. Le terme voudrais dire qu'on avance ensemble et pas-à-pas.

Même le polyamour semble conserver ce précepte mono de sauter dans le vide pour ne pas rater une bonne occasion. Alors on fonce dans le poly tête baissée, comme on fonçait avant dans la monogamie. L'occasion poly c'est oser franchir de pas de la non-Norme. Mais on applique les préceptes monogames et l'on saute dedans sans parachute. Non une fois de+ il n'y a pas+ à sauter dans le vide pour devenir poly, que pour se mettre en couple mono. Il s'agit de changer complétement de paradigme. Et c'est ça qui est si complexe à comprendre au début. Avoir confiance dans la liberté de l'autre, dans la pertinence de ses choix, et ce, de quelque côté que l'on se trouve.


L'hypocrisie du « ça-ou-rien ».

Si vous êtes poly et entrez en relation avec une nouvelle personne, proposer le « ça-ou-rien » est une manière de ne pas vous mettre en jeu, de ne pas vous impliquer avec la nouvelle personne, voire de la sous-considérer, de traiter ses convictions avec condescendance, a fortiori si cette personne est en dessous de vous dans la pyramide des privilèges. En tout cas ça revient souvent à poser un dogme. Pourquoi proposer le « ça », si l'on est pas prêt à le questionner ?

Quand vous proposez, par exemple, a quelqu'un·e d'être en relation "secondaire", pouvez-vous vraiment considérer ça comme de l'amour, a fortiori comme du polyamour ?

Alors certes on peut avoir expérimenté beaucoup de choses et savoir ce qu'on veut. Mais pourquoi l'imposer aux autres ?

Mon expérience du « ça-ou-rien », pour l'avoir aussi pratiqué, c'est que souvent l'on se plante, mais surtout on se place dans une position de supériorité, de sachant, qui ne laisse pas de place à une relation. Si réellement on se pense dans cette position, alors seul le rien est possible.
Proposer le « ça-ou-rien » c'est être dans une bulle non rejoignable (autrement que par dépit et auto-résignation).

Soit tu proposes « ça », l'autre peut proposer « ci », et la discussion peut commencer. Soit tu (ne) propose rien. Le « ça-ou-rien » (en bloc), au contraire, c'est se placer dans un déséquilibre relationnel revendiqué et donc favoriser les rapports de domination.
La nuance peut paraître faible entre pouvoir proposer « ça », "proposer « rien »" (ne rien proposer), et proposer (en fait imposer) « ça-ou-rien ». Pourtant elle est de taille.

Je vais prendre un cas extrême à titre d'exemple : je relationne avec A et je recontre B. Il n'est en aucun cas pour moi question d'arrêter ma relation avec A sous prétexte que je rencontre B. Mais si B, dans sa logique, tout aussi respectable que la mienne, ne peut concevoir que je relationne avec A, pourquoi lui proposerais-je une relation ?
Pourquoi B bougerait plutôt que moi ? Si je n'envisage pas un seul instant la possibilité de bouger, je trouve irrespectueux de penser que B puisse le faire.
Et sans doute que si je ne vois pas le problème c'est que je suis dans une position de privilège (sans forcément m'en rendre compte).
Et sur des choses moins catégoriques, je me suis souvent surpris à bouger là où je ne m'y attendais pas. C'est ne pas faire confiance en l'amour dans sa capacité à nous changer, à nous faire évoluer, à nous transformer.

Proposer le « ça-ou-rien » c'est faire croire à l'autre que c'est lui qui pose un choix, alors que bien souvent c'est nous. C'est trop souvent reporter la responsabilité sur l'autre, en+ de se penser droit dans ses bottes.

On peut certes imaginer quelques rares cas où le « ça-ou-rien » serait une arme de défense contre un pouvoir oppressif (cf III.2) mais le +souvent si l'on se sent légitime à le pratiquer c'est qu'on est confortablement assis·e sur nos privilèges (de mec, de blanc, de couple-mono, etc).
Alors si tu es tenté de proposer le « ça-ou-rien » prend le temps de vérifier que tu le fait dans un cadre purement défensif et non pour asseoir toujours+ tes privilèges.


Être poly c'est poser des choix de vies.

Oppressions structurelles mises à part, ou si l'on préfère prises en compte, c'est à la personne voulant devenir poly, de poser des choix clairs, ET d'assumer la responsabilité et les conséquences de ses choix. Le consentement comme le polyamour, c'est du relationnel, c'est quelque chose qui existe dans les deux sens ou n'existe pas. Il n'y a pas une personne qui veut quelque chose et une qui y consent, il y a 2 personnes (ou+) qui décident ensemble de faire quelque chose, et ce de manière éclairé, enthousiaste et volontaire.

S'il n'y a pas consentement éclairé, enthousiaste et volontaire, il n'y a pas polyamour. Tout simplement. Sinon, être poly, n'est pas +éthique, qu'être mono et on est d'autant moins éthique qu'on multiplie les relations.

S'il/elle considère qu'il ne peut pas changer, c'est aussi au poly de ne pas entrer en relation avec des non polys, de stopper une relation où le consentement relationnel n'est pas vraiment là.
Aller vers des monos, sous prétexte que le monde poly est restreint, revient souvent à adopter des stratégies de type séduction par pression, donc à forcer la main, à forcer le consentement, voire à profiter de la faiblesse affective de certaines personnes.

De même, quand on ne sait pas déjà prendre soin d'une relation, il est absurde et catastrophique de vouloir en avoir plusieurs. Autant dire qu'être "poly" peut vite vouloir dire laisser beaucoup de cadavres émotionnels sur sa route.

Être poly c'est prendre soin de ses relations, comme de ses metamours (*). Vouloir avoir 3 relations par exemple, c'est accepter de prendre soin de chacun·e individuellement, de chacun·e vis-à-vis des 2 autres, de chacun·e vis-à-vis de leurs propres relations, etc… C'est un travail de chaque instant.

Être poly c'est aussi questionner ses privilèges. On est pas toutes et tous égaux devant la question du choix. Quand personne ne veut de nous car l'on ne correspond a aucun critère d'attirance admise, peux-t-on vraiment dire Non à une proposition, même totalement injuste ou déséquilibrée ?

Être poly c'est aussi en cas de difficulté/complication ne pas arrêter une relation au profit d'une autre sans tenir compte de celle qu'on arrête. C'est prendre soin de nos ruptures, c'est préférer la transformation relationnelle plutôt que le clash. C'est continuer à aimer même après une séparation. As-tu vraiment aimé, si tu n'aimes plu dès que des problèmes se font jour ?

Être poly c'est considérer chaque relation séparément, aussi bien que considérer les interactions entre toutes les personnes et prendre tout le monde en compte. Être poly c'est une charge, non une facilité. Être poly c'est faire le choix d'augmenter notablement notre charge relationnelle.

Toi qui veut des relations "sans prise de tête" qu'entends-tu par là exactement ? Ne pas te remettre en question ? Tout obtenir sans aucun effort ? Ne serais-tu pas en train de te conformer au modèle dominant ou de vouloir asseoir tes acquis sociaux-culturels ? Est-ce vraiment viable ? Est-ce vraiment ça que tu veux ? Vivre en assisté·e dans un monde où tout t'es dû ?

Mais être poly ce n'est pas remplacer un dogme par un autre, donc c'est aussi accepter que l'on puisse changer, se tromper et sans cesse se remettre en question, au gré des rencontres que l'on fera.




[sommaire / I / II / III / IV / Liens]

IV. Et si on essayais vraiment ?

On y est presque. Que nous manque t-il pour que le polyamour devienne le catalyseur d'une transformation en profondeur de la société ?


Il est +facile d'être mono que d'être poly.

Soyons clair, il est +facile d'être mono que d'être poly. Et c'est à entendre de deux manière :
- devenir poly n'est pas "facile", ça ne se décrète pas, si vous n'êtes pas prêt·e à faire de vos relations un chantier, à y travailler activement tous les jours, et à y consacrer le temps et l'énergie nécessaire, vous ne pourrez jamais devenir poly ; comme dit Brigitte Vasallo : «  Le polyamour ça ne fonctionne pas, il faut le faire fonctionner. » ;
- être mono au contraire c'est plutôt se laisser couler dans la norme, c'est bénéficier des privilèges monos : être toujours à sa place dans le monde social, avoir ses choix relationnels validés par l'ensemble du corps social, ne pas avoir à se justifier en famille, au travail, ne pas passer pour un éternel célibataire ou une salope, etc

Mais il y a une autre façon d'entendre qu'il est +facile d'être mono que d'être poly :
- si vous êtes déjà multi-privilégiés, et que votre partenaire, dont la relation implique pour elle/lui une oppression structurelle, il est +facile pour vous de rester mono, donc tenez en compte, tachez de vous remettre en question et de ne pas juste vous contenter de camper sur vos positions (sur vos privilèges).


Metamours et compersion.

Plus ça va, +je me demande s'il peut réellement y avoir polyamour sans metamours (*) et sans compersion (*).
La statégie du secret, le cloisonnement, même si je m'astreint encore à les respecter, me semblent à l'opposé des valeurs du polyamour. Je n'ai pas de réponses à cette complexe question, et pour l'instant je tente de respecter du mieux que je peux les volontés de secret des personnes de mon entourage proche, mais je m'interroge sur les volonté de contrôle sous-jacentes et les privilèges induits en la matière.

Que fait-on quand notre partenaire poly rencontre et entame une relation avec une personne mono, à fortiori si celle-ci est peu ouverte au polyamour ? Que fait-on des implications pour les autres relations ? Qu'elle part de responsabilité affective prends tu en charge quand tu prend la décision d'intégrer une personne mono à un polycule (*) déjà existant ?

A moins d'être dans des dynamiques d'ouvertures et d'inclusion, la monogamie n'aura de cesse de venir nous grignoter ce que nous avions pourtant mis du temps à construire.

Que fait-on des rapports de pouvoir de la monogamie à notre encontre et comment les gère t-on collectivement ? Comment combattre la monogamie sans combattre les personnes monos ?

Questionner nos attirances.

Pourquoi sommes nous attirés par telle ou telle personne ? Qu'est-ce qui se joue comme instance de pouvoir dans nos attirances même ?

Pourquoi tombe tu amoureux/amoureuse ? Qu'est-ce qui tombe en toi ? Qu'est-ce qui lâche en toi ? Est-ce ton moi-profond qui parle, ou au contraire ta construction sociétale et tes injonctions contradictoires qui commandent à ta place ?

Oui, même toi qui pense être libre de tes choix. Surtout toi, pour qui l'amour et l'attraction amoureuse sont une chose magique, instinctive, que l'on ne contrôle pas. Pourquoi ne contrôlerais t-on pas l'amour ? Pourquoi ça nous dépasse forcément ? Et comment ça nous dépasse ?

« Une autre chose (…) qui (pour moi) contredit frontalement la pensée féministe est le manque d’action lorsque l’on tombe amoureuse. L’idée que c’est inévitable, que lorsque l’amour arrive, il n’y a rien à faire, est une notion extrêmement dangereuse. » nous dit Brigitte Vasallo.

Si tu es libre de tes choix, réellement libre, c'est que tu es au sommet de la pyramide des privilèges. Peux t-on alors encore dire que tes choix sont libres ? Ne sont-ils pas plutôt l'exercice de ta domination, que tu ne veut pas voir, qu'il t'arranges bien de ne pas voir, de considérer comme une chose magique ou qui nous échappe ?

Se poser ces questions, ce peut même être d'ailleurs une manière de remettre en question ce qu'est (ou n'est pas) une relation.

Pourquoi (tant) vouloir être en relation avec telle personne ? Que cherches-tu à travers elle ?
Exerces-tu du pouvoir sur elle ? Si oui que fais-tu, que fait-elle, pour atténuer ce pouvoir ?
Exerces-t-elle du pouvoir sur toi ? Si oui que fais-tu, que fait-elle pour atténuer ce pouvoir ?

As-tu vraiment envie d'être en relation avec cette personne ? De rester avec cette personne ? Ou le fait tu par "obligation morale", par habitude, par pression, faute de mieux, par injonction sociétale et familiale, parce qu'il y a une injonction à être en relation (voire dans le milieu poly à avoir plusieurs relations !).

Prends le temps de te poser toutes ces questions. Parles en avec la personne, avec des amies. Prends ton temps. Si tu es vraiment poly, il n'y a pas d'urgence. Peu importe qu'une autre personne risque d'entrer aussi en relation avec cette personne. Ça ne te mets pas en concurence. Quoique là aussi le filtre des privilèges risque de te faire passer ton tour.

Pourquoi, par exemple, sommes-nous +attirés par des personnes "jeunes et minces" que par des personnes +âgées ou +grosses que nous, ou moins dans les normes de beautée ?
Que cherchons-nous à obtenir ainsi ?

Pourquoi nos attirances sexuelles, affectives ne seraient pas socialement construites, comme tout le reste ? Te penses-tu déconstruit·e à ce point ?


Les avantages et les inconvénients.

Être poly n'est donc pas une chose facile. Le « Poly yes ! » c'est ne pas me mettre en relation si je n'en ai pas vraiment très envie, c'est ne pas inciter l'autre à se mettre en relation s'il/elle n'en a pas vraiment très envie. Appliquer vraiment le « Poly yes ! » c'est s'exposer à renoncer à des relations, renoncer à des privilèges.

Être poly c'est donner du pouvoir à l'autre, surtout si cette personne n'en a généralement pas ou peu. Et donner du pouvoir à l'autre, c'est forcément en perdre soi-même.

Alors pourquoi irait-on vers ça ? Pourquoi s'astreindre soi-même à moins de relations, et possiblement à moins de sexe, alors qu'en ce monde tout nous pousse à vouloir toujours+ ? Et que peut-être même c'est pour ce+ qu'on en est venu au polyamour ? Pourquoi ne pas tirer son épingle du jeu, comme tous les autres ? Oui pourquoi ?

Il n'y a pas de réponse à cela. Si vous ne voyez pas pourquoi, ne le faites pas.

Moi, sur le chemin déjà parcouru, j'y ai gagné en éthique relationnelle ou en éthique tout court.
C'est loin d'être facile, mais on y gagne en estime de soi, donc en capacité à donner et recevoir de l'amour (parce qu'on se croit super fort, mais qu'on est en réalité bien branquignolles). Surtout on y gagne en autonomie, en maîtrise de sa propre vie.
Ce peut-être aussi la satisfaction d'avancer ensemble vers un monde meilleur. Quoique là aussi on puisse grave se planter : promouvoir des privilèges, en croyant améliorer le monde. Je me suis beaucoup planté à cet endroit là précisément.

Perdre en quantité pour gagner en qualité. Quoique ça puisse être une autre forme de quantité (comme revaloriser ses relations "d'amitié", y mettre de l'amour).

Et sans doute plein d'autres choses à inventer. Certes il faut avoir un peu le goût de l'invention, de l'expérimentation, il faut oser sortir de ses zones de confort. Ce n'est pas forcément pour tout le monde.


« Poly yes ! », on y va ?!

Alors après ce cheminement à travers les méandres des questions poly, vous en pensez quoi ? On y va ?! On se le tente ce polyamour inclusif, ce poly qui questionne les privilèges, ce poly qui prend réellement en compte toutes les personnes impliquées, ce poly qui ne cherche pas à forcer la main ?

Le polyamour a été inventé pour en finir avec les relations plurielles subies, secrètes ou imposées. Ne vous servez pas du polyamour pour justifier vos comportements abusifs ou le non-respect de vos partenaires.

Il s'agit de (re)valoriser les liens de metamours et le travail de compersion, de retrouver un enthousiasme à travailer sur soi, à se remettre en question. Sans doute il y a t-il une dimension collective à trouver dans tout ça. Ce n'est pas de chacun·e face à lui-elle-même, dont-il s'agit, mais de ce que nous voulons construire ensemble.

J'ai le sentiment qu'on est toutes et tous des "handicapés affectifs" et qu'on ne sait plu partager de l'amour, du sexe, de la tendresse, de la sensualité. Que ces mots n'ont plu de sens, ou se confondent dans un espèce de méli-mélo monogame à la sauce Disney, à la sauce porno-mainstream ; où l'on ne sait plu ce qui est quoi, ni avec qui et comment le partager.
On vit tellement dans la frustration et la misère affective, que l'on rêve d'un idéal au lieu de se satisfaire de ce qui est là. Dès qu'une personne nous montre un tant soit peu d'intérêt, nous donne un tant soit peu d'affection ou de tendresse, ou juste nous donne un "je t'aime", on en est bouleversé·e et on veut tout partager avec elle/lui. Les scripts se mettent en marche malgrès nous, même chez les polys.

On ne sait plu partager de la tendresse sans partager de la sensualité, partager de la sensualité sans partager de la sexualité. Tout se brouille. Les mots et les gestes n'ont plu de sens. Le pire c'est que l'on croit que ce brouillage c'est ça « la magie de l'amour », la fusion des êtres dans le sexe. On croit se comprendre sans devoir communiquer. On voudrais retomber dans un univers proche de l'enfance où la tendresse et l'affection (pour les +chanceux/chanceuses d'entre nous) nous arrivait gratuitement sans qu'on ai à le demander. Recevoir de l'amour a gogo, sans rien donner en échange.

Chez les "poly" on sait qu'il ne faut pas "mettre tous ses œufs dans le même panier", qu'il est préférable de composer son puzzle affectif avec plusieurs personnes, plutôt que de chercher une pseudo relation unique qui nous apporterais tout. Mais on démultiplie souvent les problèmes. Multiplier les relations, c'est multiplier la complexité et parfois multiplier notre capacité à faire du mal à l'autre.

C'est aussi parfois ne jamais être satisfait·e, puisque l'on peut toujours ajouter une nouvelle relation à celle·s existante·s. Et le capitalisme nous enclin à cela : vouloir toujours+, toujours mieux, donc être voué·e à être toujours frustré·e (car en amour comme dans le reste le capitalisme entretient notre frustration pour nous faire consommer toujours+). Et le polyamour devient parfois bien pire que la monogamie. Le monde poly se croit souvent +fort et +malin que le monde mono. En réalité c'est la même misère partout, la même frustration partout. Et encore, on vit —pour la plupart— dans un monde d'ultra-privilégiés.

Le polyamour peut facilement nous faire croire qu'on va résoudre notre frustration par le nombre (de nos conquètes). C'est une fatale erreur. Une erreur impérialiste (déjà car il n'y a rien à conquérir) autant que capitaliste (la quantité se substituant à la qualité).
C'est un peu le même raisonnement inversé que le raisonnement mono selon lequel nos relations sont forcément moins (intense, importantes, impliquées, etc) puisque plurielles.

Quand cessera cette course sans fin ? Quand apprendrons nous enfin à partager un peu d'affection, un peu de tendresse, un peu de sensualité, ou un peu de sexualité, avec untel ou untelle, sans pour autant fermer les autres portes à double tour, sans dévellopper des attentes oppressantes pour l'autre ? Quand apprendrons nous à donner sans réclamer en retour ? Quand cesserons nous de hiérarchiser la sexualité, la sensualité, la tendresse, l'affection ? Quand irons-nous vraiment ensemble vers la diminution de nos privilèges ? Quand saurons nous questionner nos attirances pulsionelles, les déconstruire, elles aussi ?

Tout est à réinventer.

Il ne s'agit pas de réclamer+ mais d'apprendre à donner+.
Voilà le véritable enjeu du polyamour. Donner sans imposer. Donner sans réclamer en retour.
Et aussi, apprendre à recevoir.

Tour le monde peut le faire. Ça ne dépend pas de notre pedigree, ni de notre cotation boursière sur le marché relationnel et du sexe.
Ce n'est pas forcément la peine de donner aux +riches. Si ça se trouve ils/elles ne verront même pas la différence.

Revenons à la citation de Mark Manson citée au paragraphe sur le consentement :

Le grand mérite de la règle du « fuck yes! », c’est qu’elle simplifie tout le contexte des rencontres amoureuses. Quand on se tient à la règle, il ne reste éventuellement que deux problèmes.
Le premier problème, c’est quand on n’est emballé par personne. (…) Il faut apprendre à savoir apprécier les personnes qu’on rencontre, et ça s’apprend. Alors allez-y. (…)
Le second problème, c’est quand on ne rencontre jamais personne à qui on inspire le moindre enthousiasme. (…) alors il faut commencer à s’améliorer soi-même.
Et s’il ne doit rester qu’un seul conseil de séduction, c’est bien celui-là : qu’on soit homme femme, hétéro, homo, trans, furry ou que sais-je encore, la seule vraie recette de séduction, c’est de travailler sur soi-même. Tout le reste ne sert qu’à perdre son temps et à se débattre inutilement dans le marécage pour satisfaire son ego.

Mark Manson, traduction française d'Audren le Rioual

Ce n'est en réalité pas aussi simple que Mark Manson le dit, et ça mérite d'être creusé et recreusé.

1. Le premier problème, c’est quand on n’est emballé par personne.

Apprendre à aimer les autres. Cesser de chercher à relationner en fonction de ce que les autres en penseront. Envoyer bouler les injonctions sociétales : si tu t'affiches —et encore+ si tu es en couple— avec une personne correspondant au canons en vigueur tu es valorisée. Mais que signifie cette valorisation ? Veux-tu vraiment être valorisé·e ainsi ? Est-ce que tes choix à toi ne sont pas bien +importants ?
Apprendre à regarder derrière la face des corps physiques et des situations sociales.
Aller à la rencontre des autres, sans a-priori. En finir avec la binarité des personnes "oui" et des personnes "non". Questionner notre désir.
Apprendre à voir les qualités plutôt que les défauts.

2. Le second problème, c’est quand on ne rencontre jamais personne à qui on inspire le moindre enthousiasme.

Tu n'es attiré·e que par des personnes qui ne veulent pas de toi ?
Travailler sur soi. Travailler à être meilleur·e +empathique, +enthousiaste. Prendre soin de son corps et de son amour propre. Là encore, aller à la rencontre de l'autre, des autres.
On est des milliards à ne pas s'y retrouver dans le marché sexuel et relationnel actuel. Ce n'est qu'ensemble qu'on réussira à changer la donne.
Apprendre à proposer (même si on doit essuyer des non). S'autoriser a envisager des relations qui n'implique pas quelque chose de totalisant.
Non pas "se contenter du peu qu'on nous donne", mais apprendre à le recevoir vraiment (ce n'est pas aussi simple qu'on le croit). Apprendre à donner.
Surtout s'entraider. Se trouver des complices.

Peux t-on construire ce Polyamour 2.0 ? Parfois j'en doute. Parfois j'ai envie de m'y atteler. Mais moi-même je suis bien loin d'y arriver. Je déborde de mes privilèges, tout en trouvant le moyen de me sentir frustré. Je suis encore tellement épris de ce monde capitalo-monogame que je galère. J'ai aussi envie d'être indulgent avec moi-même et avec les autres. Indulgent et exigent à la fois. C'est possible ça ?




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Conclusion

Je regrette le ton très didactique, très impératif, et même répétitif, de ce texte.
En un sens, j'aurais préféré ne pas (avoir à) écrire ce texte.
Mais il me semblait que certaines chose se devaient d'être mises au clair. Et j'ai sans doute durcis le trait +qu'il ne faut par endroit.
Et je ne suis pas encore détaché de ma construction de mec-cis, à vouloir expliquer le monde, à avoir le prétention de le comprendre.

Peut-être je ne le fais pas de la bonne manière. Alors je compte sur d'autres pour rédiger d'autres textes mieux écrit que le mien.

J'ai conscience aussi que ce texte est trop long, ne correspond pas à la norme du web, à l'attention qu'on est capable d'accorder à un texte numérique, dans ce monde obsédé par l'urgence, le flux, la consommation rapide. Même là je ne suis pas dans les clous. Tant pis.

Je voulais vous partager ceci aujourd'hui.

N'hésiter pas à commenter, à compléter, à développer.

Et puis vous pouvez proposer des idées pour une amélioration du « Manifeste Poly Yes ! ». Je le mettrais à jour si besoin.

Merci. Bisous.



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___________________________________

Pour aller +loin

Les astérisques (*) dans le corps du texte renvoient au Lexique du site.

Le blog Les Fesses de la crémière
- Les Fesses de la crémière, le blog d'Audren le Rioual, élucubrations éhontées sur l'infidélité, le couple libre, le polyamour.
- Fidélité : si on remplaçait « engagement » par « consentement » ?, février 2014.
- La règle du « Fuck Yes! », février 2015.
- Consentement 2.0 = enthousiasme !, mars 2016.

Mark Manson
- markmanson.net, le site de Mark Manson (en).
- Fuck Yes or No, l'article en anglais de Mark Manson sur le « Fuck Yes! ».

La «  Roue des trois oui » du consentement
- [Outil] La roue du consentement, la page dédiée sur polyamour.info
- La roue des trois oui en pdf

Brigitte Vasallo
- Le site, de Brigitte Vasallo, autrice espagnole.
- La page sur Brigitte Vasallo sur polyamour.info.
- La conférence Rompre la monogamie comme pari politique, réseaux affectifs et relations non possessives ni exclusives (stFr).

Le site Non monogamie féministe
- Non monogamie féministe, le site d'Elisende Coladan sur la non-monogamie : nombreuses traductions de textes en espagnol et catalan.
- Le polyamour, Le nouveau miracle au pouvoir dégraissant, Brigitte Vasallo, janv 2018.
- Belles-sœurs et crapauds. Amour Disney et agence féministe, Brigitte Vasallo, janv 2020.
- Pensée monogame au-delà des couples « ou mémoires d’une C » (ou pourquoi je déteste vraiment la monogamie), Natàlia Wuwei, février 2018.

Sur la responsabilité affective
- « Tu sais, bébé, mon cœur n’est pas sur liste d’attente », par Solène Hasse, nov 2011.
- La responsabilité affective est un mensonge – Alba Centauri – Blog « El diario de Eva ».

Sur le terme "polyacceptance"
- Polyacceptant·e (ou poly-acceptant·e) poly-compatible — pertinence et définition —, avril 2019

Polybéral
- Polybéral #1— le nombre de relation-s (quantité ou qualité).
- Polybéral #2— le style d'attachement et les metamours.

Sur le "Game", les "mâles Alpha" et autres "pick-up artist"
- Le "Game", les "mâles Alpha" et autres "pick-up artist"

Sur les privilèges structurels :
- La pyramide des privilèges et les privilèges monos.

Sur la charge relationnelle ou charge émotionnelle, variante de la charge mentale. :
- [Outil] La charge émotionnelle (ou charge relationnelle) , la page dédiée sur le forum.



Remerciements : (à venir)


Voir aussi la 1ère Partie : « Poly yes ! », « Polyamour 2.0 » : la question du consentement relationnel. 1/2.


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