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Agressions sexuelles. La parole (manquante) des hommes.

Sexualités
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artichaut

le mardi 25 juin 2019 à 09h50


Avertissement :
Ce fil aborde le sujet des agressions sexuelles. Lisez-le, avec la prudence qui vous conviendra...
De même, ces sujets touchants à des choses intimes particulièrement sensibles, merci de veiller à la manière de vous y exprimer.
Cet avertissement n'est pas là pour encourager des propos et récits violents, sexistes, etc. Plutôt, au contraire, pour prévenir et anticiper.

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Profil

artichaut

le mardi 25 juin 2019 à 09h50

Il y a eu #MeToo et #BalanceTonPorc.
Beaucoup de femmes se sont exprimées. Et les choses bougent peu-à-peu.
Mais le sexisme et la culture du viol sont toujours prédominantes dans ce monde.
Que faire quand on est du côté des agresseurs ? Parler ? Se taire ? La question est complexe et n'est pas tellement traitée en français…

Pour ma part, j'ai décidé, après avoir longtemps pesé le pour et le contre, de commencer à parler et raconter mon cheminement autour des questions de consentement.
J'ai donc ajouté à mon profil, une note à ce sujet. Et comme les profils ne sont lus que si on en prend la peine, j'ouvre ce fil de discussion pour le notifier plus largement.

Pourquoi cette démarche ?
Principalement, et ici, car je co-organise, via ce forum, des événements polys.
Il me semble donc important de ne pas cacher certaines choses. Que les personnes qui décident de venir à ces événements, puisse le faire en connaissance de cause.
J'aurais pu faire le choix de renoncer à organiser de tels événements. Ce n'est pas le choix que je fait.

Je ne prétend à aucune vérité sur le sujet. Je ne suis pas convaincu que ma démarche est la bonne, mais j'ai le sentiment de n'avoir déjà que trop attendu et ne souhaite plus aujourd'hui éluder la question.

Je publie donc ici la première mouture de cet ajout à mon profil.
Il se peut que je modifie des choses sur mon profil, en fonction de vos critiques ou remarques. Mais je laisserais donc intacte cette citation (par souci d'archive et de transparence vis-à-vis de mon cheminement) :

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Profil

artichaut

le mardi 25 juin 2019 à 09h50

ajout au profil d'artichaut, juin 2019
[Ajout, juin 2019]

Mon long et laborieux cheminement dans les questions de consentement.


Avertissement :

Cette partie aborde le sujet des agressions sexuelles. Parfois lire des choses sur ces sujets peut réactiver des choses enfouies, éventuellement traumatiques. Alors, lisez cette partie, avec la prudence qui vous semble adaptée...


Pourquoi je veux aborder ce sujet ici ?

Je co-organise des événements polys (cafés-poly, séjour poly, et même soutien poly). Dans ces événements poly que je co-organise, on insiste beaucoup sur le fait de poser un cadre et des règles "afin que tout le monde puisse se sentir bien", on insiste sur le fait que ce ne sont "pas des lieux de drague", etc. On est donc garant d'une sécurité physique et émotionnelle des personnes, ou du moins, on tiens à prendre le maximum de précautions, et à rendre visible la manière dont ces précautions sont prises.
Par conséquent, il me semble important d'en dire un peu plus sur qui je suis et d'expliquer en quoi mon cheminement fait…
- d'une part, que je suis bien placé pour savoir à quel point ces règles de sécurité sont importantes
- et d'autre part, que je me sens redevable d'une transparence, qui autrement serait du mensonge et de la dissimulation.
Je souhaite donc dire qui je suis et d'où je parle. Que chacune et chacun puisse aussi venir en conscience aux événements que je co-organise.

Par ailleurs je tiens à aborder ce sujet car je trouve que trop peu d'hommes prennent conscience et racontent leur erreurs en matière de consentement. Et car c'est, entre autre, une parole d'homme (voir plus loin) qui m'a aidé à prendre conscience de l'ampleur du problème, et de ce que j'avais fait.

Enfin, dans ma vie aujourd'hui, j'ai fait le choix de raconter mon passé aux gens qui m'entourent
- pour ne plus cacher qui je suis, qui j'ai été,
- pour tâcher de ne plus commettre de tels actes dans mes nouvelles relations,
- pour que d'autres hommes racontent à leur tour (sans se glorifier de le faire),
- pour que l'on cesse collectivement de se cacher la face.

Ce dont il va être question ici, sont des actes tellement banals et courants, qu'il est possible de ne pas avoir conscience, de la violence qu'ils portent en eux. C'est ce qui m'est arrivé et que je souhaite partager.


Ce que je veux dire

Il me semble important de nommer et d'écrire ici que j'ai commis par le passé ce qu'aujourd'hui je suis capable de nommer : des agressions physiques et sexuelles.
En l'occurence, ces agressions ont toutes pour point commun d'avoir été commises par surprise, sans recherche de consentement verbalisé, ni avant, ni pendant, ni après.
C'est arrivé au moins 5 fois, et ça a concerné au moins 4 femmes.

Je fait le choix de ne pas donner le détail des faits sur ce forum, juste nommer ce qu'ils sont.


Le chemin

Le chemin de la prise de conscience à été long. Très long.

Ce n'est que grâce à de micro-confrontations (protestation de la partenaire, intervention d'un tiers), de nombreuses discussions initiées par des féministes, la patience d'une amoureuse-féministe, et la lecture de livres, brochures et blogs... que j'ai finis par prendre conscience du caractère violent et inapproprié de mes comportements, que j'ai eu le désir de changer, et que aujourd'hui j'arrive à nommer mes actes passés pour ce qu'ils sont.

Un des éléments déclencheurs fut la lecture de la brochure « Je ne veux plus être un violeur » d'un auteur anonyme. Lorsque je l'ai lu, ma première réaction fut "il exagère" et "si ça c'est des agressions ou des viols, alors on ne peut plus rien faire"… car j'avais commis des actes exactement identiques à ceux qu'il décrit dans sa brochure et que je n'était pas prêt à me remettre en question.
Il m'a fallu ensuite un an, deux ans, ou trois ans (je ne sais plus) pour pouvoir me dire qu'il avait raison et que ces actes que j'avais commis étaient bien des agressions ou des viols.

Ces actes me semblaient tellement banals que je n'en voyait pas la violence. Et en effet ils sont tellement répandus, et sociétalement admis ou invisibilisés, qu'il est possible de ne pas voir leur violence, aussi bien quand on les commet que quand on les subis. Pourtant la violence est bien là. Et elle agit dans les corps.

Un autre élément déclencheur fut la lecture de ce paradoxe, que j'avais lu sur internet :
- si j'interroge mes copines proches, la quasi totalité ont vécues des agressions sexuelles ou des viols
- si j'interroge mes copains proches, aucun d'eux n'a jamais commis ni viol, ni agression sexuelle
Alors la question se pose : Où sont les agresseurs ?
Et le paradoxe devient encore plus problématique, si on rajoute à cela que contrairement au mythe du "viol par un inconnu dans une ruelle sombre", les statistiques sont formelles : "la majorité (1) des viols et agressions sexuelles sont commises par des proches de la victime" (famille, amis, conjoint, etc).
Alors la question se pose plus cruement encore : « Qui sont les agresseurs ? », « Suis-je moi-même un agresseur ? »

Par contre le problème du concept d'agresseur (comme celui de victime d'ailleurs), et que comme pour toute les catégorisations, il tend à réduire le statut de la personne à l'une de ses catégorie d'actions, l'un de ses vécus.
Il est par conséquent très difficile de se s'auto-désigner « agresseur », a fortiori au présent.

Par ailleurs je sais aujourd'hui pour l'avoir vécu, que l'on peut commettre des agressions sexuelles sans même en avoir conscience, il me semble par conséquent d'autant plus primordial de nommer, et raconter. Et sans vouloir en aucune façon minoriser la violence de mes actes, je suis a peu près persuadé que la très grosse majorité des hommes ont commis des actes exactement similaires et soit n'ont toujours pas conscience de la gravité de tels actes, soit ne racontent pas.

Autre fait notable. Quand j'ai posé la question à des femmes et à des hommes : « Avez-vous déjà outrepassé le consentement de quelqu’un ? ». Les femmes à qui j'ai posé la question ont généralement pris le temps de se poser la question, alors que les hommes interrogés répondaient : « non, jamais ». Et même, tout en reconnaissant l'importance du consentement dans les relations, ils avaient tendance à considérer que le consentement est une chose facile : « Il suffit de dire Non. ». Pourquoi, nous les hommes, même quand on nous pose la question, même quand on nous met une brochure sous le nez, est-on aussi réticent à reconnaître que l'on puise, nous aussi, avoir commis des agressions ? J'ai bien peur que ce "point aveugle" ne soit l'un des piliers de ce qu'il est convenu d'appeler "la culture du viol".

Ensuite, après avoir pris conscience de ces actes, et avoir été capable de les nommer pour moi-même, il m'a encore fallut plusieurs années pour être capables de les nommer à d'autres et les raconter à mes proches, comme je le fais aujourd'hui.

Je précise que j'ai moi aussi, dans ma vie d'adulte, subis quelques actes de dépassement de consentement, mais c'est sans commune mesure, en fréquence et en intensité, avec ce que j'ai fait subir à d'autres …de surcroît, le serait-ce, que ça ne pourrais être mis en parallèle et comparé car ne s'inscrivant pas dans les structures de ce système sociétal où la norme est : la domination masculine et la culture (masculine) du viol.


Et aujourd'hui ?

On m'a posé la question "Que fais-tu vis-à-vis des femmes concernées ?". Faut-il chercher à les recontacter pour entamer un processus de réparation ? Mais veulent-elles seulement avoir le moindre contact avec moi aujourd'hui ? Difficile de trancher.
En l'occurence j'en suis à des endroits différents selon les personnes concernées. Et pour, au moins l'une d'elle, je n'ai plus aucun moyen de la joindre.
Si tu es une de ces femmes et que tu lis ceci, je te présente mes excuses et si tu le souhaite, tu peux me faire savoir ce que je peux faire en guise de "réparation".

D'autre part, c'est en renonçant à initier des contacts sensuels sans les avoir verbalisé avant ET en dialoguant le +possible (avant, pendant, après), que je peux aujourd'hui avoir le sentiment de ne plus avoir de comportement agressif ou déplacé sur le plan sensuel/sexuel. Pourtant mon histoire récente m'a montré, qu'il faut se garder d'être trop confiant en la matière, et que des malentendus ou incompréhensions en terme de consentement sont encore possible (même en prenant la peine de tout verbaliser). Je me suis rendu compte que verbaliser ne suffit pas, et qu'il faut trouver des manières de faire qui soient opérantes en actes, et non pas seulement en parole.

Arrêter d'être dans le déni est le premier pas que je fais (enfin) aujourd'hui, en parallèle au fait de rechercher activement comment avoir enfin des relations plus satisfaisantes, et aller ensemble vers, je le souhaite, une culture du consentement en lieu et place de la culture du viol.

J'ai conscience qu'encourager l'autre a connaître ses limites, à les dire, et les dire moi-même… est plus facile à dire qu'à faire et qu'il me faut rester vigilant. D'autant que +je montre que je réfléchis, +la personne en face est susceptible de me faire confiance et donc "baisser sa garde".

Rien n'est jamais fini, rien n'est jamais acquis.
J'ai (nous avons) encore beaucoup de pain sur la planche.

Artichaut.

PS1 : Je remercie toutes les personnes qui m'ont aidé, conseillé, soutenu dans cette démarche. Je ne sais si les choix que je fait sont les bons, mais je sais que sans ce soutien, j'aurais fait des choix bien pire que ceux que je fait là. Merci à vous.

PS2 : Je remercie la copine qui m'a récemment fait découvrir les hastags #ItWasMe et #IHave

*
1) « En France, les chiffres officiels de 2017 font état de 93 000 femmes victimes de viol ou tentative de viol sur l’année, soit 0,4 % de la population féminine, et 15 000 hommes victimes de viol ou tentative de viol, soit 0,07 % de la population masculine. Parmi ces victimes, 91 % connaissaient leur agresseur et 45 % desdits agresseurs étaient leur conjoint ou ex-conjoint. »
Source : Assemblée Nationale, rapport d’information du 22 février 2018

[Fin de l'ajout de juin 2019]

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artichaut

le mardi 25 juin 2019 à 09h50

Je ne souhaite pas qu'on me félicite, ni qu'on m'encourage. Et je m'excuse par avance, si ma démarche choque ou blesse des personnes.

J'ai fait le choix de ne pas entrer dans la description littérale des faits (contrairement à la brochure citée) et me suis contenté de nommer le type d'agression (agressions commises par surprise, sans recherche de consentement verbalisé, ni avant, ni pendant, ni après) et donner une idée du nombre de fois où ça s'est produit.

Ce n'est pas un refus en soi de raconter (je raconte auprès de mes proches qui le souhaitent). Mais une certaine prudence me semblait ici de mise, se serait-ce que vis-à-vis des victimes avec qui je ne suis plus en contact.

Cela-dit, comme je l'indique, les faits sont très proche de ceux de la brochure citée. Donc on pourra se reporter à cette brochure si l'on veut une idée de la chose.

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Profil

artichaut

le mardi 25 juin 2019 à 09h50

Si ce fil a un sens, outre le fait de porter une réflexion sur les démarches de type #ItWasMe et #IHave ou de partager une expérience sur le cheminement complexe lié au consentement, ce pourrait être celui d'une invitation à l'introspection, principalement adressée à mes pairs, les hommes-cisgenre-hétérosexuel :


« Suis-je certain de n'avoir jamais commis d'agression sexuelle ? »,
« Pourquoi en suis-je si certain ? »


Merci de ne pas profiter de ce fil, pour déballer vos témoignages sans précautions, ..comme c'est déjà arrivé sur ce forum.

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Siestacorta

le mardi 25 juin 2019 à 10h12

En fait, j'ai une petite expérience, sur laquelle j'ai fait mon chemin ainsi qu'auprès de la personne concernée. Mais j'avoue que la prise de parole avec ce témoignage est super délicate,
- pas avoir l'air de se présenter comme un petit saint en rédemption, juste pour narcissiser
- pas se faire caricaturer non plus dans l'autre sens, quand justement on tente de faire ce qu'il faut pour ne plus être la personne capable de merder.

Dans des espaces de paroles ultra-réactifs sur le sujet, j'avoue vraiment pas savoir quoi faire. Et même si je parle pas au nom d'autres hommes, je pense que certains ont pu aussi ne pas savoir où quand comment parler de ça.

Je suppose qu'on pourrait trouver des débuts d'idée dans des textes parlant de justice restaurative...

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bidibidibidi

le mardi 25 juin 2019 à 12h58

artichaut
Merci de ne pas profiter de ce fil, pour déballer vos témoignages sans précautions, ..comme c'est déjà arrivé sur ce forum.

Cette ligne m'ennuie. Déjà parce que le "sans précautions" n'est pas clair. Quelles précautions pourrait-on prendre ?
Ensuite, parce que si on veut commencer à en parler, et bien il faut aussi que la parole se libère.

Je sais que j'aurais bien envie de parler de mes expériences. Sans rentrer dans les détails, plus en détaillant les circonstances qui peuvent amener à commettre un acte sans un vrai consentement.
Et la question de savoir si je dois lui en parler se pose, pour moi. Elle revient périodiquement.

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gdf

le mardi 25 juin 2019 à 15h48

Je suis tout à fait d'accord sur le besoin de prise de conscience, mais je suis très mal à l'aise avec l'extension des termes "aggression sexuelle" et "viol".
Tels qu'ils sont, j'ai déjà agressé sexuellement (je m'en suis rendu compte après coup) et peut être même violé (mais personne ne m'a dit après coup "en fait j'avais pas envie").
Mais j'ai moi aussi été agressé sexuellement et violé. Oui ça m'est arrivé d'être réveillé au milieu de la nuit, j'avais pas envie mais j'ai pas osé dire non et je me suis forcé. C'est bien un viol, non ?
Ben ça me pose problème d'utiliser le même mot pour décrire quelqu'un qui réveille son conjoint au milieu de la nuit, quelqu'un qui s'impose à son conjoint par la force, quelqu'un qui s'impose à un inconnu par la force.
Ça ne veut plus rien dire...

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bidibidibidi

le mardi 25 juin 2019 à 16h10

Non, tu fais une confusion gdf.
J'apprécie la définition légale : "Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol."
La question qui se pose est : Est-ce-que ton partenaire t'a sauté dessus et que tu n'as vraiment pas eu le temps de réagir, ou est-ce-que tu as eu le temps de pouvoir poser un désaccord ?

Le fait de n'avoir pas vraiment envie ne suffit pas pour faire un viol.

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(compte clôturé)

le jeudi 27 juin 2019 à 18h19

Etant enfant (entre 5 et 8 ans je crois), un ami de mon beau-père a abusé de moi. Appelons un chat un chat, il m'a forcé à lui faire des fellations. C'est arrivé deux ou trois fois et je n'en n'ai jamais parlé. Pour tout dire, j'ai même occulté ce truc-là pendant des années et je ne m'en suis rappelé que vers 2011.

J'en ai jamais parlé à mon beau-père parce que sur le moment j'ai pas vécu ça comme une agression, puis j'ai oublié...

Quand je m'en suis rappelé en 2011, c'était pendant une séance avec mon psychiatre de cette époque, j'étais donc bien adulte. J'en ai parlé à personne d'autre que lui puis j'ai fini par le dire à ma mère en 2014 (lors d'une conversation par SMS) et elle ne m'a pas cru et a été assez violente dans ses réponses...on s'est rabiboché depuis et j'en ai pas reparlé.

J'en ai pas pas parlé à mon beau-père ni quand j'étais enfant ni adulte. Mon beau-père pratiquait les punitions corporelles quand je faisais une connerie, il me faisait mettre cul nu les mains sur un radiateur et me donnait des coups de pelle en bois...jusqu'à ce que mon père et ma belle-mère s'en rendent compte et fasse des démarches pour reprendre la garde de ma sœur et moi. Avec du recul, je ne sais pas si mon beau-père m'aurait cru et si je me serais pas repris une raclée. Et même s'il m'avait cru...connaissant son tempérament à l'époque, il aurait foncé chez son ami et l'aurait probablement massacré...mon beau père pensait m'aimer à sa façon, il n'aurait pas laissé son beau-fils ou sa belle-fille être abusée.

A ce jour, je ne lui en ai toujours pas parlé, déjà parce que je ne me rappelle plus le nom de son ami, ensuite parce que sa santé et sa mémoire décline rapidement et que ma mère envisage de le placer en EHPAD et que si je lui disais maintenant ou si je lui crachais au visage que ce qu'il m'a fait lui-même étant enfant était effroyable, il oublierait probablement ce que je lui ai dis...

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HeavenlyCreature

le jeudi 27 juin 2019 à 19h28

J'ai déjà raconté plus tôt une situation se rapprochant des situations décrites dans le prospectus.. Par chance je me suis réveillée avant, je sais pas comment j'aurais réagi..

Par contre, je peux aussi transposer ces situations dans le sens femme-homme, me concernant...
En tous cas, avec le recul, je ressens un certain malaise vis à vis de situation vécues.
Il m'est arrivé, étant plus jeune, de plus ou moins "forcer" le mec à coucher avec moi. Que ce soit dit implicitement ou explicitement, le mec n'avait vraiment pas envie (ex : 1er soir).. Je suppose qu'à l'époque je vivais ça comme un rejet, du coup je me débrouillais pour le "chauffer" suffisant pour qu'on fasse du sexe. Je l'avais à l'usure en quelques sortes. J'ai jms "violé", au sens juridique du terme (la définition me convient moyen à ce propos.. ) mais j'ai déjà clairement "forcé la main" en jouant sur l'excitation physique (purement mécanique pour le coup.. Pas très dur de faire bander un homme) là où il n'y avait pas d'envie ni de réel consentement.

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bovary3

le lundi 01 juillet 2019 à 06h01

bonjour
je trouve intéressante ta contribution , HeavenlyCreature, parce qu’elle montre que les choses sont fondamentalement différentes biologiquement dans une relation entre homme et femme.
Je suppose que tu n'as jamais eu de retour de la part des hommes avec qui tu as fait l'amour, plus jeune, cotre leur consentement?

Ceux, et celles, qui attaquent le féminisme prétendent, entre autres, que ce mouvement veut réduire les différences de sexe jusqu'à rendre l'humanité totalement uniforme, ton exemple montre que c'est bien impossible, pour des raisons d'anatomie.

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laurent59

le lundi 01 juillet 2019 à 10h18

Bonjour,
@bovary3, je trouve tes propos subversifs (cela n'engage que toi) et inutilement polémiques. C'est juste mon avis subjectif.
L'argument anatomique me semble par contre totalement fallacieux car s'il est mécaniquement possible de provoquer une érection chez un homme (et encore, suivant le contexte cela peut être impossible) cela ne signifie en rien qu'il fournit alors son consentement pour une quelconque relation sexuelle.
De plus, la formulation de ta phrase est équivoque puisque sous prétexte de dénoncer des anti-féminismes tu utilises un argument afin de démontrer qu'un des arguments de certain.e.s féministes 'égalité homme-femme' (je n'ai jamais entendu de féministe réclamer une humanité uniforme, ça m'aurait choqué, mais je ne suis pas sociologue ou en contact permanent avec des milieux féministes, c'est juste mon expérience) est impossible (je cite 'ton exemple montre que c'est impossible'). Et de ce fait j'interprète ta phrase comme anti-féministe.
Pour en revenir au sujet, je plussois la réflexion de @bidibidibidi, la définition légale des termes 'agressions sexuelles' (délit) et 'viols' (crime) sont très clairs (et c'est un des points qui me fait enrager lorsque les juges requalifient un viol en agression sexuel, apparté perso) je pense que dans le cas de @gdf ce serait plus qualifié d'abus sexuel (donc une agression sexuelle) que de viol (je précise que je n'y connais rien au niveau juridique, je me suis juste retrouvé une fois confronté à ce problème de sémantique et ses conséquences légales).
Pour ce sujet de discussion je pense donc qu'il est important pour respecter ce que j’interprète comme une des volontés d'origine du sujet lancé par @artichaut à savoir une grande prudence dans les mots et un phrasé au plus explicite, clair, assertif, compréhensible avec le minimum interprétation.

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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gdf

le lundi 01 juillet 2019 à 13h15

laurent59
Pour en revenir au sujet, je plussois la réflexion de @bidibidibidi, la définition légale des termes 'agressions sexuelles' (délit) et 'viols' (crime) sont très clairs (et c'est un des points qui me fait enrager lorsque les juges requalifient un viol en agression sexuel, apparté perso) je pense que dans le cas de @gdf ce serait plus qualifié d'abus sexuel (donc une agression sexuelle) que de viol .

Je précise qu'il ne me viendrait jamais à l'idée de me plaindre de cet événement, même s'il peut être juridiquement qualifié d'"agression sexuelle". Ce que je voulais dire, c'est que ça me dérange d'avoir une définition tellement vague qu'elle englobe une relation où on est pas forcément très motivé (au milieu de nombreuses autres relations consentantes), le fait de toucher les cheveux de quelqu'un pour essayer, maladroitement, de manifester son affection (c'est un des exemples donné dans la brochure je ne veux plus être un violeur) et le fait de faire des attouchements sexuels (mains aux fesses, pelotage, etc.).
Ce n'est pas du même ordre, et on risque de tout mélanger. Et même les attouchements, ils peuvent être de plusieurs ordres. Ca m'est arrivé de toucher les seins d'une fille, juste par provocation, à une soirée. J'ai pris son verre de bière dans la gueule, c'était bien mérité, et ça m'a bien fait rire. Mais dans le même ordre d'idée, mon groupe de potes jouait souvent à touche zizi, donc j'ai moi même subi de nombreuses "agressions sexuelles" avec des gens qui touchaient mes parties intimes à travers les vêtements par surprise.
Je ne dis pas que toucher les parties intimes, des garcons ou des filles, c'est très malin, mais bon, on avait 15 ans, et on découvrait la vie. Toucher les seins d'une amie ou le pubis d'un ami à une soirée, c'est irrespectueux mais ce n'est pas non plus la fin du monde, et ce n'est pas aussi grave, par exemple, que de se coller à un(e) inconnu(e) dans le métro.

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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bonheur

le lundi 01 juillet 2019 à 13h32

Je n'ai pas tout lu, mais le témoignage d'HeavenlyCreature me rappelle ma première fois. Ben oui, il en faut une.

J'avais choisi la personne. Je l'appréciais beaucoup mais je n'étais pas amoureuse. Je considérais à juste titre (enfin de mon souvenir, ça date quand même de 1984) que la première fois reviendrait à garer un 35 tonnes dans un garage à voiture classique. J'espère ne pas choqué, mais c'est le comparatif qu'il m'était venu à l'esprit à cette époque.

Aussi, j'avais entendu l'homme que j'avais chois, de part sa maturité (bien plus âgé que moi), son expérience et aussi le fait qu'il aime les "premières fois". Il avait aussi confié en ma présence qu'il ne résistait pas à une femme qui lui caresse les cuisses.

Le jour J, je suis allée chez lui, on s'est assis sur le canapé lit non replié (il ne l'était jamais) de son studio et tout en parlant de ma mésaventure du moment (décision de quitter le lycée, le jour même), je lui ai caressé sciemment les cuisses et provoquer ce qui devait arriver. Il m'a dit simplement que si je continuais ce geste, il ne pourrait plus répondre de lui... et j'ai continué en indiquant que s'il en avait envie, mais que ce serait la première fois pour moi.

Je l'ai incité volontairement. Il s'est senti contraint, je ne sais pas. J'étais jeune, très jeune. Il a été très précautionneux avec moi. D'ailleurs je ne doutais pas de cela. Nous avons agi comme je le projetais, donc aucun traumatisme pour moi. Ce fut la seule fois ensemble. Il s'est inquiété quelques jours après, savoir comment j'allais. Je lui ai répondu bien et l'ai remercié.

J'ignore s'il garde un souvenir. Le mien est neutre, comme je le désirais. Exactement ce que je désirais. Je ne voulais surtout pas d'une première fois romantique et encore moins avec une personne que j'aimais d'amour.

Donc, oui, on peut faire faire à un homme ce qu'il n'aurait pas envisager au départ. On peut solliciter en tout cas.

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bidibidibidi

le lundi 01 juillet 2019 à 14h11

Chauffer quelqu'un n'est pas répréhensible, de quelconque manière que ce soit. A la rigueur, ça peut être intrusif, mais on ne dépasse pas le consentement de la personne. Le concept de "je n'ai pas pu résister", ça n'existe pas, c'est d'ailleurs une très bonne excuse à des comportements néfastes. Donc, Bonheur, tu n'as absolument pas à t'en vouloir, si tu ne lui avais pas plu, il t'aurait repoussée. D'ailleurs, en disant qu'il ne pouvait résister à une caresse sur les cuisses, cet homme t'indiquait comme lui indiquer ton consentement.

gdf
Ce n'est pas du même ordre, et on risque de tout mélanger. Et même les attouchements, ils peuvent être de plusieurs ordres. Ca m'est arrivé de toucher les seins d'une fille, juste par provocation, à une soirée. J'ai pris son verre de bière dans la gueule, c'était bien mérité, et ça m'a bien fait rire. Mais dans le même ordre d'idée, mon groupe de potes jouait souvent à touche zizi, donc j'ai moi même subi de nombreuses "agressions sexuelles" avec des gens qui touchaient mes parties intimes à travers les vêtements par surprise.

Pour moi, le fait de ne pas faire de différence entre toucher le zizi d'un pote par jeu et toucher les seins d'une femme par provocation est problématique. Tu ne peux comparer un jeu entre potes et une agression sur quelqu'un qui n'a à aucun moment émit le désir d'être touché. C'est comme ne pas faire de différence entre un passage à tabac et un match de boxe.

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bonheur

le lundi 01 juillet 2019 à 14h51

Je ne m'en veux pas. Lui non plus je pense (je ne peux en être certaine). Après, on peut entrevoir une forme de "manipulation" pour avoir retenu des propos qui ne m'était pas adressé et m'en être servi pour arriver à mes fins, à un but que lui n'avait même pas envisagé. Je ne sais pas si je lui plaisais ou non. Il était exciter et est passé à l'acte avec mon consentement. Le tout étant malgré tout qu'il y avait une volonté de ma part, qui initialement n'existait pas pour lui. Il a été emporté par la situation que j'ai provoqué. J'en ai toujours eu conscience.

Je voulais juste dire que l'incitation est peut être moins possiblement à réfréner que chez une femme. Après, l'excitation féminine, dans mon cas, reste encore un mystère. Je veux dire par là, je crois que chez moi les déclencheurs ne se situent pas là où on s'en fait une idée normative. J'ai connu plus souvent de l'excitation en milieu érotique qu'ailleurs. Un milieu où je ne ressentais pas d'amours (respect considération admiration). Je crois que le lien amour émotionnel et sexe, chez moi, n'est pas automatique, jamais. Juste, je peux me laisser aller à une sexualité exprimant l'amour, passer de la tendresse à la sexualité et vivre une autre forme de complicité. L'excitation vient, ou pas. Le plaisir de mon chéri par contre, m'est essentiel à me sentir bien dans ma sexualité, ça oui.

Il est fort possible que je sois une exception. Dans mes fantasmes, dans mon imaginaire, il y a du sexe mais pas de "visages" particuliers (ou alors des regards, mais toujours inconnus).

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bonheur

le lundi 01 juillet 2019 à 15h08

Pour dire à Merlyn : je suis désolée de cet épisode de ta vie. L'oubli est souvent fréquent dans ces situation. Le cerveau met des verrous pour bien vivre l'avenir. C'est à double tranchant. J'espère que cette découverte a été bien prise en charge. En tout cas, sache que la notion de responsabilité ne t'incombe pas. Encaisser est déjà pas mal. Perso, je dirais ne pas pardonner, sauf si tu penses que ça te fait du bien. Prend soin de toi surtout !

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gdf

le lundi 01 juillet 2019 à 15h49

bidibidibidi
Tu ne peux comparer un jeu entre potes et une agression sur quelqu'un qui n'a à aucun moment émit le désir d'être touché. C'est comme ne pas faire de différence entre un passage à tabac et un match de boxe.

Ce qui me dérange, c'est le mot "agression" à toutes les sauces. C'est comme mettre dans le même panier le fait de pousser l'épaule de quelqu'un, une gifle qui laisse une marque rouge quelques instants, un coup de poing qui laisse un cocard plusieurs jours et un passage à tabac qui envoie à l'hôpital. On peut appeler tout ça "agression", mais on mélange des trucs dont le niveau de gravité n'a rien à voir.
Tu me diras, qui vole un œuf vole un bœuf, et qui touche les seins d'une fille va ensuite lui sauter dessus à la première occasion, c'est la culture du viol. Mais je ne suis pas d'accord. Et à mon humble avis, mettre le gars qui pousse l'epaule et le gars qui passe à tabac dans le même panier, ça dessert le message plutôt qu'autre chose.

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kill-your-idols

le lundi 01 juillet 2019 à 16h04

bidibidibidi

Pour moi, le fait de ne pas faire de différence entre toucher le zizi d'un pote par jeu et toucher les seins d'une femme par provocation est problématique. Tu ne peux comparer un jeu entre potes et une agression sur quelqu'un qui n'a à aucun moment émit le désir d'être touché. C'est comme ne pas faire de différence entre un passage à tabac et un match de boxe.

Parfois, toucher le zizi d'un pote peut lui faire très mal. Des fois, les jeux peuvent devenir très violents (et les potes à qui on touche le zizi ne sont pas consentants non plus).

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