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[Lexique] Pourquoi oppose-t-on "monoGAMIE" et "polyAMOUR" ?

Monogamie
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PomPoire

le mercredi 28 octobre 2020 à 18h34

Bonjour, je ressens rarement le besoin d'un vocabulaire précis sur ce que je ressens ou vis, tout comme le besoin de nommer ce que je pense (décrire me suffit), mais je me pose tout de même cette question : pourquoi lit-on partout "monoGAMIE" et "polyAMOUR" ? Pourquoi pas "monoamour" quand on sait que tant de gens vivent en couple sans union civile ni religieuse aucune ? Est-ce que "gamie" est utilisé de manière extrapolée pour signifier "être en couple exclusif" ?Est-ce que "monoamoureux" serait plus juste ? Ou bien introduirait-il une confusion possible ? Merci par avance pour le débat !

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PomPoire

le mercredi 28 octobre 2020 à 18h36

Ah mince je crois que je n'ai pas posté ce message dans le bon thème...

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Polyamour.info

le mercredi 28 octobre 2020 à 18h42

thème corrigé

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oO0

le mercredi 28 octobre 2020 à 19h25

Personellement, je n'utilise pas ces distinctions, mais la disposition à une relation exclusive ou non-exclusive de la même manière que l'amour a tendance à être exclusif et l'amitié non-exclusive dans nos sociétés. C'est comme ça que je comprend la distinction entre la monogamie et le polyamour.

Le suffixe "gamie" désigne en fait des structures familiales qui présuppose une ou plusieurs relation conjugale : monogamie et polygamie. Le fait d'utiliser le terme monogamie vient du fait que nous vivons dans une société où la norme légale est la monogamie. Et les seules sociétés où la norme légale est la polyagmie sont polygyne : plusieurs femmes pour un seul homme. Il n'y a pas de société polyhandre : plusieurs hommes pour une seule femme. Certaines sociétés, comme les Na en Chine pourrait s'y apparenter, mais la famille ne se base pas sur la conjugalité, mais la fraternité. L'homme a des responsabilités familiales non pas en tant que géniteur, mais en tant que frère de la mère. Historiquement, dans nos sociétés, le fait de vivre une relation hors mariage n'est devenu un fait courant et surtout socialement accepté que dans les dernières décennies. Tout comme le fait de dissocier la vie de couple et la vie de famille l'est en fait, d'où probablement la persistance du terme "monogamie" anachronique.

Le terme "polyamour" est une traduction de l'anglais, "polyamory" [Définition du site] et non "polylove" [Recherche sur le site] d'où un risque de confusion qui se fait moins en anglais. Comme le dit la définition, implicitement l'amour est par défaut exclusif, donc, oui, par opposition, la monogamie signifie être dans une relation de couple exclusive. Par opposition au polyamour, le terme "monoamour" [RsS] et "monoamoureux.se" [RsS] sont occasionnellement utilisés, mais peu.

Avant l'introduction du terme polyamour, il y a eu celui des “amours plurielles" de Françoise SIMPERE qui, à mon sens, aurait été une meilleure traduction. L'usage du terme "lutin.e" vient d'ailleurs d'elle. Ce qui fait le succès de la traduction du terme anglais vient probablement du fait des études réalisées dans le monde anglo-saxon. Cela ne veut pas dire que la pensée francophone était inexistante, l'anarchie relationnelle vient d'une tradition de pensée qui remonte au début du XX° siècle, mais qui ne s'est pas formée comme un champ d'étude, mais la revendication de la liberté d'une autre manière d'être en relation. Le terme ne désigne d'ailleurs probablement ce qu'il désignait à l'époque.

Bref, finalement, les termes se font selon les usages des utilisateurs à l'intérieure de la langue française et en dehors comme se font en fait toutes les langues. Donc, oui, c'est sujet à débat, mais ce qui tranche le débat, ce sont les usages.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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bonheur

le mercredi 28 octobre 2020 à 19h25

Bonjour Pompoire :-D ,

Il y a une interprétation du vocabulaire qui est souvent individuelle, de ce que je constate. J'en suis la première à indiquer mes pensées, perception, en utilisant un vocabulaire mal interprété. C'est comme ça :-/

Le terme monoamour est pourtant souvent utilisé ici, je trouve. Gamie (mariage) est peu représentatif, intellectuellement, en tout cas dans le discours poly.

Pourquoi personnellement je différencie (je ne parle pas d'opposer) l'amour et le mariage. Le mariage version française est un acte d'état civil qui régit plus des droits, des biens, des devoirs... L'amour n'est pas non plus toujours à définition unique et identique. Toutefois, le polyamour tend plus à l'ouverture sans stéréotype. Les droits, les devoirs, les règles, s'il en existe ne sont pas régit par une quelconque loi, sauf les accords internes aux personnes concernées. Donc sans opposer, on ne peut ne pas amalgamer du tout.

Pourquoi monogamie est plus utilisé (pas ici, en général). Parce que cela correspond à ce que tout le monde connait. Je crois aussi que nombre de poly, on vécu sous l'égide de la monogamie (c'est mon cas). En fait, gamie précise justement la "légalité" dont aujourd'hui beaucoup se moquent offerte par les institutions civiles et religieuses. Mais oui, le monoamour est très présent dans notre société, sauf que les mot utilisé est concubinage, Terme reconnu par la société, d'ailleurs, donc avec un cadre législatif.

En revanche rien n'empêche d'être colocataire et en monoamour. S'il n'y a pas d'enfant (parce que là, on doit régir aussi civilement au moins) évidemment. Je ne suis pas experte et j'espère ne pas avoir indiqué de stupidités. Me le signaler gentiment si c'est le cas :-D

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oO0

le mercredi 28 octobre 2020 à 19h28

bonheur
Je ne suis pas experte et j'espère ne pas avoir indiqué de stupidités. Me le signaler gentiment si c'est le cas :-D

(+)

Après, le sens de l'usage dépend surtout des usagers qui s'y reconnaissent, mais chaque usager à son explication sur l'usage qu'il en fait.

Par exemple, je serais curieux si dans la logique des distinctions qu'introduit le sujet du polyamour, les personnes dites "exclusives", "monogames" ou encore, "monoamoureuses" se reconnaissent dans l'usage de ces termes. L'existence même du sujet implique probablement une redéfinition qui peut être mal vécue. Rendre explicite le principe implicite de l'exclusivité peut apporter une lumière qui semble dénaturer ce que les personnes vivent sous le régime de cet implicite dont l'évidence pouvait être telle qu'elle n'était même pas consciente.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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bonheur

le mercredi 28 octobre 2020 à 20h48

oO0
Rendre explicite le principe implicite de l'exclusivité peut apporter une lumière qui semble dénaturer ce que les personnes vivent sous le régime de cet implicite dont l'évidence pouvait être telle qu'elle n'était même pas consciente.

Tout à fait d'accord. J'ai théorisé. Et oui, j'avais oublié que souvent l'implicite est admis, requis. Et je suppose que ça fout parfois la merde. Juste une supposition. Ce monde est tellement loin de moi aujourd'hui.

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Siestacorta

le mercredi 28 octobre 2020 à 21h25

Pompoire
Pourquoi pas "monoamour" quand on sait que tant de gens vivent en couple sans union civile ni religieuse aucune ?

Parce que le couple est malgré tout structuré par le modèle du mariage dans un gros nombre d'engagements : propriété, projets, parentalité, vie sociale...

Mais oui, c'est un amalgame et des distinctions possibles... que soulignent justement l'existence de nouvelles options.

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oO0

le jeudi 29 octobre 2020 à 13h49

Histoire de développer les contradictions interne de l'amalgame :

Monogames et polyamoureux ? Quid d'un couple marié avec des enfants dont la conjugalité est librement et consciemment ouverte ?!? Par exemple, sans désir d'enfants dans leurs relations hors mariage, conservant à la vie parentale de leur famille une forme monogame ? Encore une fois, la monogamie désigne le fait d'être marié légalement à une seule personne, soit le plus souvent un projet de vie conjugal, mais aussi parental.

Les personnes qui entretiennent plusieurs relations qu'elles soient ou non librement et consciemment consenties ne pouvaient être - à ma connaissance - inculpées de polygamie. Il pouvait y avoir un constat d'adultère pour dissoudre le mariage et prononcer le divorce. Le fait d'entretenir plusieurs foyer conjugaux et parentaux simultanément est plus ambivalent, bien qu'avec le phénomène des familles recomposées, cette ambivalence est relative. D'un autre côté, la polygamie ne s'accorde pas avec l'éthique non-exclusive du polyamour puisque, le plus souvent, aucune relation n'est tolérée pour les femmes qui ont contracté une union avec le même homme qui, de son côté, peut accroître le nombre de ses unions non sans parfois le consentement de ses épouses.

D'un côté, il y a les usages, certes, où celui de la monogamie prédomine et de l'autre, celui de la logique où l'opposition entre monogamie et polyamour conduit à de nombreux paradoxes. L'usage vient surtout des pays anglo-saxon qui ont défini le "polyamory" comme étant de la "non-monogamy" à une période où la vie conjugale se concevait rarement en dehors du mariage et d'un projet de vie familial.

Quid de Françoise Simpère lorsqu'elle parle d'hommes et de femmes qui réinventent leur conjugalité, mais qui n'a jamais eu d'autre vie de famille ? Aux yeux de la loi, elle est et reste monogame. Après, c'est à chaque personne de voir comment elle reconnaît ses choix, mais son cheminement personnel ressemble beaucoup à celui des couples US-UK étudiés sous l'appelation "non-monogamy".

Quid de François Mitterand ?

Ici, encore, j'imagine que ce genre de débat sur des choix qui ne regardent que les personnes qui s'y sont engagées ou qui les ont vécus ne pourrait qu'en dénaturer le vécu. La question de pouvoir se reconnaître dans la désignation de ses choix semble être l'un des critères, ici, d'authenticité mais il y a aussi les faits et la logique . Sans ces critères, l'usage de désignations de nouvelles options ne peut être socialement accepté et il y a donc aussi un critère de convention : "homosexualité" qui est devenue socialement plus acceptable que "déviance sexuelle" pour des raisons d'égalité de droits, "queer" qui est devenu une revendication de la légitimité de ne pas être dans la norme sexuelle après avoir été d'abord un usage péjoratif.

Est-ce cela que désigne chercher une "licorne", ce problème d'une possibilité logique qui ne repose sur aucun fait ? "Je suis une licorne, je vous assure !"
_____

Sinon, l'usage du terme "polyamorie" pour rester proches de l'anglais "polyamory" existe aussi. Monoamorie ? Il est, ici, possible de voir que le succès d'un usage peut dépendre aussi de la possibilité de succès de ses oppositions conceptuelles.

C'est d'ailleurs bien le problème soulevé, à savoir ce qui reste du sens de la norme dominante "monogame" au vu de la diversité des choix relationnels socialement acceptés ou tolérés, dans les oppositions conceptuelles qui structurent ces choix, comme celle avec le polyamour.

Mais est-ce que cette majorité dominante y trouve un quelconque intérêt, notamment celui de mieux se connaître ou vaut-il mieux éviter cette question ?

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bidibidibidi

le jeudi 29 octobre 2020 à 14h10

Personnellement, j'utilise monogame quand je parle d'une structure de relation et monoamoureux quand je parle d'un penchant relationnel. Je désigne par monoamoureuse une personne qui ne peut aimer qu'une seule personne à la fois (quelque soit son statut relationnel actuel).

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artichaut

le jeudi 29 octobre 2020 à 15h36

bidibidibidi
Je désigne par monoamoureuse une personne qui ne peut aimer qu'une seule personne à la fois (quelque soit son statut relationnel actuel).

Cette définition de la personne monoamoureuse ne désigne telle pas de facto le polyamoureux/la polyamoureuse comme une personne qui peut aimer +qu'une seule personne à la fois (quelque soit son statut relationnel actuel) ?

Et donc par extension, le polyamour comme la capacité à aimer +qu'une seule personne à la fois (quelque soit son statut relationnel actuel) ?

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bidibidibidi

le jeudi 29 octobre 2020 à 15h53

artichaut
Cette définition de la personne monoamoureuse ne désigne telle pas de facto le polyamoureux/la polyamoureuse comme une personne qui peut aimer +qu'une seule personne à la fois (quelque soit son statut relationnel actuel) ?

Et donc par extension, le polyamour comme la capacité à aimer +qu'une seule personne à la fois (quelque soit son statut relationnel actuel) ?

J'aurais du mieux formuler monoamoureux.
Pour moi, est monoamoureuse une personne qui ne peut avoir qu'une relation à la fois, soit qu'elle ne peut aimer qu'une personne en simultanée soit qu'elle ne peut prendre soin que d'une relation en simultanée.
Polyamoureux désigne pour moi une personne qui peut avoir plusieurs relations en simultanée, aussi bien parce qu'elle peut aimer plusieurs personnes à la fois que parce qu'elle est prête à faire le travail relationnel permettant de maintenir plusieurs relations.

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