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En relation ouverte mais mono de coeur

Monogamie
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(compte clôturé)

le mercredi 17 février 2016 à 11h02

Bonjour,

Je me suis toujours considérée comme étant monogame. Mon ouverture d'esprit ces dernières années me met sur le chemin de personnes récusant l'idée du couple. Toutes mes idées reçues ont en pris un coup du même que mon besoin de sécurité affective. Mais d'aussi loin que je m'en souvienne ces relations amoureuses sont les plus fortes que j'ai jamais connu. J'ai reconnu ma dépendance affective et pas mal travaillé sur ma possessivité et ma jalousie. Pourtant le couple reste pour moi un cocon rassurant, un appui, un repère, un idéal.

Je suis à ce jour en relation ouverte et longue distance avec un grand voyageur qui se sait non exclusif mais qui n'est pas encore allé ailleurs depuis le début de notre relation. Avec son nouveau voyage, le besoin que nous formalisions des règles de conduite était très présent chez moi. Mais nous avançons à petits pas. Mon ami a émis la possibilité de m'informer si quelque chose se passait et dans le même temps m'exprime son goût de la liberté, du voyage et des femmes : une vie parallèle où je n'ai pas de place.

Jusqu'à très récemment je n'avais jamais ressenti le besoin d'avoir d'autres relations. Je me le suis toujours interdit. Mais la semaine dernière j'ai eu un rapport sexuel avec un autre homme alors qu'il y a quelques semaines encore cette idée m'aurait rendue malade et coupable. J'ai aimé ça. Je me sens bien avec cette personne qui me plait et aimerais la revoir. Mais je ne me reconnais plus. Par honnêteté j'en ai informé mon ami qui me laisse libre de poursuivre cette relation car ce qui compte le plus à ses yeux c'est mon bonheur, mais j'ai peur.

J'ai envie d'expérimenter la nouveauté mais j'ai peur de cette nouvelle liberté qui m'étais jusqu'ici inconnue. J'ai peur de me perdre au final. Puis je suis en terrain inconnu. Je n'ai plus aucun repères, je ne sais sur quel pied danser. Je ne sais pas si je parviendrai à faire le deuil de ma relation telle qu'elle était avant même si je sais que c'est pure illusion. Je ne veux pas que cette possible nouvelle relation prenne le pas sur ma relation actuelle qui reste ma priorité quoiqu'à distance. Je ne me vois pas entretenir de sentiments amoureux pour une autre personne même si je dois reconnaître que je concois cette idée intellectuellement mais me l'interdis dans les faits. Du coup j'ai peur de devenir le type de personne qui refuse l'engagement que je critiquais hier... Je ne veux faire souffrir personne.

J'avance en âge. Je suis à un âge où on commence à penser à construire sa vie, à fonder une famille. Je crains de ne jamais atteindre cette stabilité et cette sécurité en dehors du cadre du couple.

Si vous avez des témoignages qui pourraient m'éclairer dans sens ou l'autre, ça m'aiderait beaucoup.

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Profil

bonheur

le mercredi 17 février 2016 à 11h19

Personnellement, la seule réponse que je puisse te faire, c'est d'écouter ton instinct. Te lancer dans une situation que tu vis bien sur l'instant mais qui te ronge ensuite ??? (enfin, si j'ai bien compris).

Je crois que fonder une famille... ne rend pas tout le monde heureux. Ca convient à certains, mais pas à tous.

Le couple n'offre aucune garanti de stabilité ou de sécurité. Le mariage non plus. La vie commune n'est pas valorisante pour tout le monde. Donc, le célibat est une façon de vivre heureux.

Ce sont quelques réflexions. Simplement cela.

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(compte clôturé)

le mercredi 17 février 2016 à 14h01

Après quelques années d'expérience, je peux dire que le couple est de loin la pire manière de fonder une famille. La meilleure option serait de trouver une personne de confiance, qui soit de sexe biologique opposé et qui n'habite pas trop loin, et créer une famille basée sur l'amitié et sur la confiance, tout en restant libre de poursuivre des relations amoureuses avec des personnes qui nous fascinent mais qui ne sont pas adaptées pour fonder une famille.

On s'y perd avec tout ça? Au début oui. Puis on y fait l'habitude, et on y pense même plus! :-)

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Profil

bonheur

le mercredi 17 février 2016 à 14h46

Je crois que si l'on ne tient pas compte des schémas pré-établis (très mis à mal ces dernières années par l'évolution même de la société), tout est possible. La compatibilité est ce qu'il y a de plus important, avec l'équilibre et l'authenticité.

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Tcheloviekskinoapparatom

le mercredi 17 février 2016 à 15h31

Souvent il vaut mieux plier sous le vent, suivre les flots, que de jouer la rigidité, le cadre qu'on veut solide mais qui est d'autant plus fragile. Evidemment, il est parfaitement normal que tu sois déstabilisée par ces nouvelles perspectives, et par l'idée que tout peut changer, fluctuer, évoluer.... mais c'est ainsi qu'est la vie.
Une famille ça ne marche pas sur les mêmes rythmes qu'une histoire d'amour. Avoir un enfant ça engage pour vingt ans environ.... qui peut promettre d'aimer pendant vingt ans ? Mais ça n'empêche pas d'avoir des enfants avec quelqu'un en qui on a confiance, avec qui on partage la même approche, etc.
Pour ce qui est de tes relations actuelles par exemple, pourquoi vouloir a priori empêcher que la nouvelle prenne le pas sur l'autre ? Peut-être le fera-t-elle, peut-être pas, peut-être le fera-t-elle pour un temps seulement. Que tu veuilles garder un lien fort avec ton voyageur, c'est une chose, et c'est normal que ça demande parfois un effort conscient - mais ça ne veut pas dire qu'il soit adéquat de poser un cadre a priori, alors que la vie peut vous emmener sur d'autres chemins.

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Siestacorta

le mercredi 17 février 2016 à 15h53

Tu sais, benedicta, tu vas pas devenir quelqu'un qui ne respecte pas l'autre et l'engagement... Beaucoup de gens ici cherchent justement au contraire à aller plus vers ça à travers leur approche de la non-exclusivité.

Donc ya des peurs, des vertiges face à la nouveauté, puis des trucs dont t'auras tout simplement pas envie. Mais les ressources pour bien faire, il ya toute chance pour que tu les aies en toi, et que ton voyageur aussi.

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(compte clôturé)

le mercredi 17 février 2016 à 18h46

Merci pour vos réponses. Elles m'aident à y voir plus clair et à relativiser pas mal de choses malgré la peur de l'inconnu.

Ce qui me saisis dans vos réponses, c'est que la situation n'est pas si compliquée qu'elle n'en a l'air. Je devrais prendre les choses avec plus de légèreté sans tout dramatiser et davantage lâcher prise mais j'ai cette obsession du contrôle.

Le-retour-du-prince-charmant
On s'y perd avec tout ça? Au début oui. Puis on y fait l'habitude, et on y pense même plus!

Tcheloviekskinoapparatom
Souvent il vaut mieux plier sous le vent, suivre les flots, que de jouer la rigidité, le cadre qu'on veut solide mais qui est d'autant plus fragile.

Je manque de recul pour être aussi catégorique mais vos réponses me laissent penser que c'est possible. J'ai le droit moi aussi de vivre mes expériences et c'est en faisant qu'on apprend. Si vraiment la situation ne me convient pas, je pourrais toujours y mettre un terme en connaissance de cause.

Bonheur
Personnellement, la seule réponse que je puisse te faire, c'est d'écouter ton instinct. Te lancer dans une situation que tu vis bien sur l'instant mais qui te ronge ensuite ??? (enfin, si j'ai bien compris)

En fait si je n'avais pas déjà écouté mes envies et mon instinct, je ne me serais pas permise une telle "prise de risque". Je savais que la situation pouvait déraper. J'ai vécu l'instant. Je me doutais aussi que mon ami tolèrerais cette sortie de route à mes principes. En en discutant avec lui, j'en ai eu la confirmation. Du coup, je ne me suis pas sentie coupable. Ce qui me déstabilise le plus c'est moi. En poussant plus loin l'expérience, ce serait aussi une façon de mieux me connaître.

Tcheloviekskinoapparatom
Que tu veuilles garder un lien fort avec ton voyageur, c'est une chose, et c'est normal que ça demande parfois un effort conscient - mais ça ne veut pas dire qu'il soit adéquat de poser un cadre a priori, alors que la vie peut vous emmener sur d'autres chemins.

Oui c'est sûr, je ne sais pas ce que la vie me réservera, ni lui d'ailleurs. Aujourd'hui, je veux que mon ami soit ma priorité. Malgré la distance nous sommes très fusionnels. Je suis très attachée à ce lien. C'est ce qui cimente notre relation.

bonheur
Je crois que si l'on ne tient pas compte des schémas pré-établis (...), tout est possible. La compatibilité est ce qu'il y a de plus important, avec l'équilibre et l'authenticité.

En même temps, je sens que mon ami a besoin de moi. Je suis sa meilleure amie, sa béquille. Je ne veux pas qu'il se sente abandonné. Mais je sais aussi que j'aurais aussi besoin de prendre un peu plus de temps pour moi mais je n'arrive pas à lui exprimer. J'endosse un rôle que j'ai déjà endossé dans une autre relation pas très épanouissante qui m'a beaucoup usée. Si je tiens à ce que ma relation reste saine et équilibrée, je vais devoir parvenir à le lui faire entendre.

Siestacorta
Tu sais, benedicta, tu vas pas devenir quelqu'un qui ne respecte pas l'autre et l'engagement... Beaucoup de gens ici cherchent justement au contraire à aller plus vers ça à travers leur approche de la non-exclusivité.

Je repense à cette idée de cadre dont parlait Tcheloviekskinoapparatom. Pour me protéger je crois que je risque d'avoir tendance à écarter toute possibilité d'une relation sérieuse avec quelqu'un d'autre. Il me semble que c'est refuser de s'engager mais je pense que par respect justement, je dois être honnête.

bonheur
Le couple n'offre aucune garanti de stabilité ou de sécurité. Le mariage non plus. La vie commune n'est pas valorisante pour tout le monde. Donc, le célibat est une façon de vivre heureux.

Je ne sais pas quoi en penser. Je ne me suis jamais fait ce type de réflexion. Ma vision du célibat était hors-mariage. Je ne mettais pas la vie commune dans ce cadre. Je pensais que la vie commune dans un cadre exclusif ou non pouvait être enrichissante à la condition de ne pas s'oublier. Cela n'implique pas forcément pour atteindre cet équilibre d'être non-exclusif à mon sens.

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bonheur

le mercredi 17 février 2016 à 19h14

Je voulais dire que la notion de couple n'offre pas le bonheur à tout le monde. Quelque soit le mode de fonctionnement interne du couple. On peut s'aimer sans vie commune.

Certaines personnes, et je peux en parler parce que j'aime l'une d'elle, vivent plus heureuses seules qu'en couple. Cette personne en question ne supporterait pas une vie commune, que ce soit amoureuse ou même en colocation.

Chassons les idées reçues de la vieille fille ou du vieux garçon. Le célibat convient et fait le bonheur de certains d'entre nous. Cela loin des clichés, n'empêche pas du tout une vie sociale épanouie et certainement très enrichissante. Parce que justement, on choisi beaucoup mieux son entourage. On n'est pas "dépendant" de l'entourage de l'autre.

Vivre ensemble, ça peut être super comme néfaste à l'individu. Par définition, le célibat, c'est ne pas partager son quotidien et vivre "seul". Ce qui n'implique pas ne rien vivre.

Une vie de couple, c'est une vie à deux : ça peut convenir, comme ça peut ne pas convenir. Et c'est une question de personne. Autant j'ai pu aimer un grand nombre de personnes au cours de ma vie, autant avec un grand nombre d'entre elles, une vie commune aurait été un véritable cauchemar.

J'ai cette "chance" d'avoir épousé un homme avec qui je peux vivre. Nous sommes extrêmement complémentaires. Nous faisons des choses séparément, nous faisons des choses ensemble, nous invitons l'autre à partager nos ressources personnelles (sachant que l'on n'est qu'invité). Cela permet compréhension et entraide. Cela permet de ne pas laisser l'autre à l'écart. Quant au mariage, il n'a rien d'obligatoire.

Par contre, je ne pourrai pas partager le quotidien de tout le monde, même de personnes que j'aime. On peut réaliser des projets communs sans vie commune (comme l'explique LRPC).

Je ne sais pas si je me fais comprendre, j'ai des difficultés à expliquer.

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(compte clôturé)

le samedi 20 février 2016 à 08h25

Oui Bonheur, je saisis où tu veux en venir. Pas besoin de cohabiter pour s'aimer et cela n'est pas possible avec tout le monde.

Je crois que c'est le cas de mon ami voyageur qui tient d'une certaine façon a être libre et indépendant. Plutôt que lui faire des reproches, car je ne le changerai pas, je dois être dans l'acceptation. Jamais personne ne satisfera entièrement mes attentes en couple ou non, oserais-je dire en relation mono ou non ?

Quoiqu'il en soit rien n'est jamais acquis. Peut-être se réfugier dans l'illusion d'une sécurité affective au sein du couple est un leurre. Bon je sais pas trop où je mets les pieds mais je vais lâcher prise et de ne pas me poser trop de questions. On verra bien. Je peux pas tout contrôler. J'apprécie que mon ami voyageur me soutienne et accepte que je puisse voir d'autre homme et que l'autre homme que je vois en ce moment me respecte et ne me met pas de pression. Je ne sais pas où me mènera cette relation mais comme pour les autres il me semble qu'elle mérite d'être vécue.

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(compte clôturé)

le samedi 20 février 2016 à 10h38

Bonjour Benedicta, cette opposition entre "célibat" et "couple" n'est pas forcément aussi importante que tu le penses. Tu le crois, parce que lorsque tu penses "couple", c'est avec la vision traditionnelle du couple, monogame, fusionnel ou presque. Quand tu penses célibat, tu y vois à la fois la liberté et la solitude.
Ces deux concepts ne sont que des mots, c'est à toi d'y mettre ce que tu souhaites.
Je suis mariée depuis plus de 40 ans- en couple, donc- mais j'entretiens des relations plurielles depuis à peu près le même temps (j'ai commencé un an après mon mariage, mon mari deux ans avant). Nous avons certes connu, comme n'importe quelle relation au long cours, des moments rock-and roll, des doutes et des vertiges. Mais aussi des sommets de complicité, de joie de vivre, de liberté. Et le plaisir de nos deux filles, aujourd'hui adultes et bien dans leur peau.
Tout ceci, je l'ai raconté dans "Aimer plusieurs hommes", donc je ne m'étends pas. La seule chose que je peux te dire, c'est que nous n'avons pas mis de règles intangibles, qu'elles ne cessent d'évoluer au fil du temps, de la confiance croissante et de l'âge qui change aussi les perspectives. Si, de son côté, l'immense travail a été de se dire que ce qu'il vivait, une femme pouvait aussi le vivre (ouais, on est dans une société patriarcale, l'éducation et la culture comptent...) de mon côté, je me suis toujours dit que je ne voulais ni le priver, ni me priver de quoi que ce soit sous le prétexte que nous vivions ensemble. J'ajoute que cette vie commune ne nous empêche nullement de partir seuls, chacun de notre côté, en solitaire ou avec des ami(e)s, des amours, plusieurs fois dans l'année.
Donc c'est possible. Mais c'est du boulot!

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Profil

bonheur

le samedi 20 février 2016 à 18h26

Je confirme qu'il n'y aura dans ton couple que ce que tu voudras, enfin vous voudrez, y vivre.

Par contre, être marié(e), ben c'est quelque chose de concret. C'est un fait contre lequel on ne peut plus rien (sauf divorcer) une fois que tu as signé. A titre personnel, je ne peux que conseiller de vivre certes à sa guise, seul ou à plusieurs, mais en dehors de la rigidité imposée, même si cette rigidité n'est pas imposée dans le couple, elle le sera pour l'entourage, elle le sera pour les rencontres que tu feras (même avec toutes les explications). D'ailleurs, une vie commune même hors mariage peut provoquer cette même rigidité, le mariage n'étant qu'une aggravation suite à une formulation et à un engagement civil complémentaire.

C'est possible, je confirme. C'est du boulot, je confirme. C'est une rigidité, également (vu de l'extérieur).

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(compte clôturé)

le dimanche 21 février 2016 à 22h50

Bonsoir,

Je vous remercie pour vos partages. Je trouve très instructif de bénéficier de points de vue autres. Je suis dans une phase où je dois déconstruire et reconsidérer pas mal de choses issues d'une vision normée de la société. C'est assez troublant, mais cela fait avancer aussi. Je réalise que je pose pas mal d'étiquettes sur le couple. En tout cas je trouve très appréciable de pouvoir me forger ma réalité dans le respect d'autrui et de mes limites.

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