Polyamour.info



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Polyamoureuse pas assumée

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homme partit (invité)

le samedi 24 août 2013 à 15h44

Merci aviatha et gcd38 pour vos interventions.

Perso, je ne connais pas l'autre et ne veux pas le connaitre. La raison est que je ne supporte plus la souffrance de cette situation et que j'ai quitté ma femme pour me retrouver, me ressourcer. Si je n'ai rien contre le poly, je ne suis pas prêt pour cela.

J'ai bien pensé rencontrer l'autre, ma femme me l'a demandé à maintes reprises. Mais cet individu est en parti responsable de ma souffrance et je le considère comme un rival. La peur de l'autre est réelle, la peur qu'il l'aime plus que moi, la peur qu'elle est raison de l'aimer plus que moi, la peur de la perdre. Je vous assure que j'ai tenté de comprendre, d'analyser, de tester mais cela ne me convient pas. Dans ma logique, quand tu coupes quelques choses, la part qui te revient est moindre. Le poly ne fait pas abstraction à cela. Quand elle est avec lui, elle n'est pas avec moi. Concernant ma femme, j'ai plus à perdre que lui.

Le respect de l'autre est une belle théorie. Si ma femme de me demande rien, ses actes parlent pour elle. J'ai, par amour pour elle, essayé de subir une situation impensable pour moi. Mais tout à une fin et ma période d'essai est terminée. Subir c'est survivre. N'ais-je pas droit à être heureux comme ma femme?

J'ai accepté ma femme telle qu'elle était, pas ce qu'elle est devenue. J'analyse le poly comme une infidélité au grand jour. Comme toute nouvelle évolution du couple, chacun doit faire des concessions afin de s'y retrouver.

L'analyse de gcd est censée afin de comprendre le monde des poly. Mais je pense avoir essayé, analysé et assez donné pour affirmer que ce mode de vie n'est pas pour moi.
Lorsque je lis certains témoignages de ce forum, l'acceptation de son conjoint devenu poly n'est pas si simple. Mais une chose m'exaspère, c'est que le poly donne la possibilité à l'autre de faire pareil, afin de comprendre, de tester et de satisfaire son désir d'amours plurielles. Pour moi, c'est un marchandage unilatéral qui propose une nouvelle personne à la place de son autre.

Maintenant que se passerait-il si je rencontre une autre femme qui me plait? Je n'ai pas encore de réponse à cela, mais il est sur que je ne saurais pas gérer 2 relations.

Ma femme et moi avons eu une grande discussion. Ses envies n'ont pas changé, les miennes non plus. Ce désaccord nous entraine vers une séparation définitive. Je lui ai donc demandé un date pour un RDV chez un avocat et elle a craqué, ne veut pas d'une séparation, mais n'a pas de solution. Je sais qu'elle lit ce forum, mais puisque nous restons sur nos positions, le divorce s'impose à moi comme la moins pire des solutions.

L'être humain évolue en permanence et a besoin de découvrir de nouvelles sensations, de nouvelles relations et de se découvrir soi en priorité. Mon couple ne survivra pas à cette évolution.

Cette analyse m'appartient, n'est pas totalement juste mais me correspond. Mon cœur ne bat plus que pour moi actuellement et j'en souffre. Placer les sentiments humains dans des cases n'est que théorique.

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Cendre

le samedi 24 août 2013 à 16h24

Yann Kerninon, Vers une libération amoureuse
Plutôt que de se haïr, les amants et les amantes se rencontreraient autour d’une table et s’aideraient mutuellement, comme les couples, à deux, déjà s’entraident.

Ah la belle utopie.
Celle à laquelle j'aspire. Pire, que je vois, que j'entends à l'œuvre, pas tant sur le forum (qui parle plutôt des problèmes) mais dans les cafés poly, dans les rencontres que j'ai pu y faire, dans les histoires des uns et des autres.
Oui, c'est possible, ça marche, même, très bien.

Mais pas avec tout le monde.

Il y en a, comme Aviatha, comme homme parti, comme Ti-punch, qui ont beau aborder le truc avec le maximum de bienveillance, de compréhension, d'amour, même, ils ne peuvent pas adhérer.

Bien sûr, être d'accord sur la non exclusivité n'aplani pas tous les problèmes, loin de là, je pense même que ça en crée pas mal. Mais c'est pas du même ordre, ça crée pas le même sentiment de défaitisme.
« T'es comme ça, je suis autrement, donc on a pas d'autre choix que de souffrir, soit que l'un souffre de maintenir l'autre dans une condition qui ne lui convient pas, soit de souffrir d'une séparation »
C'est structurel.
C'est dans sa recherche même de ses envies, de son moi profond, cette même démarche qui a poussé le poly à tenter son aventure, cette même démarche montre à ceux-là combien ils sont attachés à cette valeur de l'unicité, de l'exclusivité, combien elle est constitutive de leur notion d'amour.
Et à ce niveau là d'introspection, ne leur parlez plus de conditionnement social : c'est une injure.
Et là, se mettre tous ensemble autour d'une table, pour constater une fois de plus combien les états actuels sont inconciliables, cela semble ne mener nulle part.

Et pourtant, il y a de l'espoir, parce que le pire n'est jamais certain et que la vie continue coûte que coûte. Et cet espoir ne peut être que celui du changement, de l'évolution.

Et là, je buggue.
Comment peut-on à la fois être respectueux de l'autre, de son essence, ne pas vouloir le changer mais au contraire l'accompagner dans l'accomplissement de ce qu'il est, et à la fois souhaiter aussi intensément que ça change, que quelque chose change, voire de bouger soi-même les choses, histoire de sortir de cette situation insoluble en l'état...
Et alors, si on décide de bouger, qui serait légitime pour donner la direction ? Celui qui a le plus mal ? Celui qui est le plus fort, le plus sûr de lui au contraire ? Celui qui a la norme sociale pour lui ?
Nous sommes d'accord sur le but final (être tous heureux) mais comment en déterminer les étapes intermédiaires sans avoir l'impression que certains prennent l'ascendant sur les autres ?

Une contradiction dans la métamorphose des relations, une forme de profitation, qui me tarabuste pas mal quand même...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le samedi 24 août 2013 à 16h43

Cher homme partit, je comprends ta souffrance, je la vis chaque jour, la seule différence étant que je n'est pas (plus) peur ni de l'autre ni de la situation en général, et cela me permet de la supporter quelques temps encore.
Après, elle et moi avons beaucoup parlé, et malgré beaucoup d'affection entre elle et moi, il y a une forme de rivalité évidente. nous le savons, nous nous le sommes dit, mais comme j'ai dit également "le fait qu'au bout du compte il n'y en aura qu'une qui puisse vivre comme elle le désire n'implique pas de se tirer dans les jambes tout au long du chemin", la souffrance ne disparaît pas, mais la situation est plus sereine.
Même si nous ne sommes pas mariés, je suis dans ta position, j'ai plus à perdre qu'elle, mais j'ai plus à gagner aussi, j'ai un vrai projet de vie avec cet homme et y renoncer est pour moi (pour l'instant en tout cas) une souffrance supérieure à celle que j'endure actuellement, j'ai fait aussi ce choix parce qu'il me préserve, il est normal que le tien puisse être différent.
J'ai moi aussi essayé de comprendre, je comprends, mais une part de moi ne peut l'accepter et ne l'acceptera sans doute jamais, je ne suis pas faite comme ça, c'est aussi simple que cela.
Je comprends ton exaspération, elle est un peu la mienne aussi parfois ^^ Sache que les gens du forum sont bienveillants, vraiment, et quand ils nous répètent "mais essayez, et alors vous verrez, tout ce que vous viviez avant n'était qu'un "rétrécissement du cœur" (je crois que c'est l'expression utilisée au début de ce fil)" c'est parce qu'ils l'ont vécu comme ça, ils ont l'impression de s'être contraints longtemps et de s'être découverts tout à coup (ou pas tout à coup d'ailleurs^^) et ils se disent que notre problème vient du même endroit. Pour certains ça marche (parle un peu avec Katouchka, je suis plus sûre de l'orthographe, désolée), pour d'autres non (moi-même j'ai essayé, je sais que je ne suis pas faite de ce métal là, voilà, c'était à tenter, ça ne marche pas pour moi, tant mieux ou tant pis).
Alors je comprends, les deux parties, et je vais essayer de faire un truc qui permette à tout le monde de se rendre compte. Imagine, c'est comme si avec un ami vous vous disputez parce que vous vous êtes retrouvés à la mer et que tu voulais aller à la montagne. Quand il te sort "mais toi aussi tu peux te baigner aller viens !" t'as juste envie de lui dire "mais j'en ai rien à foutre de me baigner je veux faire du ski !". Ce n'est pas pour t'énerver, c'est juste par qu'il aime vraiment beaucoup se baigner et il ne conçoit pas qu'il y ait des gens qui détestent l'eau. Alors il va te dire "oui, mais c'est peut-être parce que t'as peur de l'eau, il faut pas, c'est sympa et puis bon pour la santé, et puis y a pas d'animal marin dangereux dans la région", oui peut-être qu'il y a une part de ça, mais plus simplement tu n'aimes pas être mouillé dans l'eau froide et tu veux faire du ski ! Bref, je divagues, mais j'avais envie de faire cet exemple ^^
Après, pour la discussion que tu as eu avec ta femme, elle as fait son choix sans que tu ais vraiment à donner ton avis dessus, tu fais ton choix et tu refuses de revenir sur ta décision, c'est ton droit le plus légitime. Je me permet tout de même une réflexion. Si je n'ai pas imposé de séparation à mon conjoint (autre le fait que pour moi c'est très difficile à envisager), c'est parce que je sais bien que cela l'anéantirait tellement qu'il serait prêt, de désespoir, à revoir sa position. Or, je ne veux pas qu'il la quitte, je m'en fous qu'il la quitte, je veux qu'il ne l'aime plus, et précipiter une séparation dans l'espoir que/ayant pour effet collatéral que il se sépare d'elle ne me rendra pas la seule chose qui m'importe vraiment, ça fera juste du mal à tout le monde pour "rien". Donc, comme ta femme a l'air pas loin du craquage nerveux, de ce que tu nous en dit, je te conseille de te préparer à cette éventualité et de savoir ce que tu veux vraiment à ce sujet.
Et je te souhaite beaucoup, beaucoup de courage <3

PS: Cendre tu m'as doublée, mais effectivement ça relance une autre question : à partir de quel moment vouloir faire évoluer l'autre devient une volonté de le changer, alors que c'est justement contre ce changement qu'on lutte pour soi-même...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Len

le samedi 24 août 2013 à 16h48

En complément de ta citation, très intéressant.

www.youtube.com/watch?v=Z56MaCmALjE

https://soundcloud.com/yann-kerninon/yann-kerninon...

J'ai toujours cru au fond de moi que le schéma de la véritable amitiés est une très bonne solution pour des relations entre humains beaucoup plus sereines. L'entraide, et encore plus loin la fraternité.

Pour répondre à tes interrogations Cendre, je dirais l'entraide, la fraternité entre personnes ça passe par:

De manière imagé:

Nourrir la personne jusqu'à ce qu'elle reprenne des forces et lui apprendre à pêcher.

Pendant ce temps, l'aider à comprendre pourquoi elle se trouve dans une situation X (la cause de son problème) et comment elle peux guérir cette cause profonde et spirituelle de cette situation.

Lorsque nous ne sommes pas là, occupé ailleurs à vaquer à nos occupations, la personnes se nourrit et transforme sa vie de manière autonome.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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homme partit (invité)

le samedi 24 août 2013 à 17h27

aviatha, tu as écrit une situation que j'ai vécu, celle d'avoir plus à perdre à le quitter qu'à vivre cette situation. Maintenant, le ratio s'est inversé et j'ai donc quitté ma femme.
Permets moi une réflexion sur le fait que vous êtes 2 pour le même homme et qu'au bout du compte, il n'en restera qu'une. Où est donc le poly amour s'il faut qu'il n'es reste qu'une?
Tu souhaites que ton homme cesse d'aimer l'autre femme, donc de quitter ce mode de vie.

L'exemple de la montagne et de la mer m'a fait sourire. Mais pourquoi ne pas couper la poire en 2 et aller à la campagne?
Avoir peur de l'eau n'est traumatisant que si tu es dans l'eau, personne de doit t'y pousser. Effectivement tu peux apprendre à nager, faut-il pouvoir et le vouloir.

Le fait que ma femme, moi aussi d'ailleurs, soit en train de craquer est un fait. La différence est que j'ai testé son nouveau mode de vie et je n'ai pas adhéré, alors qu'elle a quitté notre principe de départ pour découvrir et conserver le poly. Je ne lui ai jamais demandé de faire un choix, tout comme toi. Elle m'a explicitement proposé de tout stopper pour moi, j'ai refusé, si elle doit cesser le poly, c'est pour elle uniquement. Ce qu'elle est devenue ne me plait pas, le temps passant, j'espère me détacher d'elle encore plus rapidement afin de pouvoir refaire ma vie. Elle a prit conscience de ce fait car elle m'en a parlé. Elle m'a également proposé de la laisser vivre ainsi durant une période et de cesser pour retrouver notre couple. J'ai l'impression quelquefois d'être un objet en perpétuelle estimation.

J'ai suivi les messages de Cendre. Je me demande au final, si elle plus heureuse maintenant qu'auparavant. Bien sur il doit en sortir du positivement concret, mais à quel prix. Quand je penses aux problèmes de couple, je me dit qu'en multipliant les relations, on doit également multiplié les difficultés, mais ce n'est que mon raisonnement basique, pas un jugement.

Comme elle l'a si bien exprimé, comme sortir de cette situation insoluble...

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aviatha

le samedi 24 août 2013 à 17h46

Alors ta question est pertinente. Je ne suis pas polyamoureuse, et je n'ai pas envie de ce mode de vie, elle est comme moi et lui n'a pas envie de ce mode de vie au long terme et... on sait pas trop en fait, MetaZet et moi-même avons eu de longs débats là-dessus, on pense qu'il n'est pas réellement polyamoureux (mon compagnon, pas Meta^^). Nous nous sommes connus très jeunes, il a eu très peu d'expériences avant, peut-être qu'il manque quelque chose à sa construction plus qu'à son mode de vie. Bref, dans ton les cas, la gestion au quotidien et les problèmes émotionnels générés sont les mêmes, donc je me sers des conseils ici pour tenir la barque.
Après, que fait-on si aucun des deux n'aiment la campagne ? Couper la poire en deux n'est pas toujours possible (je SAVAIS qu'il était cool cet exemple ^^)
Je comprends ton raisonnement d'autant plus que, un, je ne sens pas moi de changement chez mon compagnon dans ce qu'il est, sinon, sans doute que comme toi je serais partie, mais ce n'est pas le cas, et deux, je sais que si je pars, tôt ou tard, il essayera de revenir, peut-être le temps que ça se plante avec elle, mais je n'ai pas envie d'être un plan B.
Tu parles du prix et tu as raison. Je pense que si mon état affecte autant mon compagnon, c'est en partie pour ça : il commence à trouver très cher le prix à payer pour vivre cette histoire. Ceci, et le fait que quand on est amoureux, je ne vois pas comment être heureux si l'autre ne l'est pas.

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homme partit (invité)

le samedi 24 août 2013 à 18h08

Ton message correspond à mes idées sur la tierce personne, est-elle également poly? Si oui, alors le poly du couple n'aura qu'une situation difficile à gérer, celle de son couple. Dans le cas contraire, c'est la loi de Murphy, la loi de l'emmerdement maximum. Comment trouver son bonheur dans 2 relations avec des mono?

Il est effectivement possible que ton mari soit à la recherche d'expérience. Etre en couple trop jeune fait ressentir un certain manque au fil du temps. Mais qu'elle va être la finalité de cette situation? Vous souffrez tous les trois pour qu'une des 2 soit quitté dans quelques temps?

Si demain ton homme cesse son autre relation, penses-tu parvenir à repartir sereinement dans ton couple? N'y a t-il pas quelque chose de cassé?

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aviatha

le samedi 24 août 2013 à 18h40

Questions intéressantes (encore^^). Alors, elle n'est pas poly non plus (et est naturellement très jalouse, mais elle "se soigne" comme elle me le dit en plaisantant). Le comment est une grande question, et pour être honnêtes, on en sait rien, toujours est-il que parmis les conditions que j'ai posées (et qui ont été acceptées) il y a le fait que je tolère la situation un temps, mais que je ne le pourrais pas éternellement, donc cette deuxième relation ne pourra pas vivre sur le long terme.
Après, ça donne deux possibilités. Soit cette condition (ou d'autres) n'est pas respectée, auquel cas je plie bagage sans retour en arrière possible, car ce sera une trahison de ma confiance et un irrespect total de mes limites, ce qui n'est pas tolérable. Soit elle est respectée (vraiment, pas juste la quitter parce qu'il a peur, mais parce qu'il sent que ce n'est plus possible, que le temps imparti est révolu, ou parce que les sentiments se sont éteints), et ça abouti à tes deux dernières questions.
Je ne resterais pas si je n'étais pas sûre de parvenir à reconstruire. Parce que respecter ces conditions, c'est aussi montrer un profond respect de mes sentiments et de mes limites, fussent-elles au détriment des siennes, un peu comme ce que je fais actuellement. Bien sûr les choses seront différentes, et je mettrais sans doute quelques temps à m'en remettre (soigner ma dépression ne se fera pas d'un coup de baguette magique), mais je pense qu'il y aura du bon qui en ressort. Le fait de savoir qu'on peut faire confiance à l'autre, le fait de se sentir respectée, le fait de savoir qu'on n'a pas à craindre ni le chantage, ni la maltraitance psychique ni qu'on nous force la main, le fait d'être plus soudés et plus forts aussi parce que "même ça", on a pu y survivre à deux. Il y a eu phrase que j'aime beaucoup, et que je ressors dans les moments difficiles, en prévision de temps où ils seront derrière nous "we are graduated members of the class of We Made It"

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homme partit (invité)

le samedi 24 août 2013 à 19h19

Selon tes conditions, la relation de ton homme avec l'autre n'est que ponctuelle, ton conjoint lui a t-il précisé que cette relation est un CDD? Dans le cas contraire, ce serait un manque de respect pour cette tierce personne.

Maintenant, je pense que cette situation a un impact sur votre couple. Dans quelle mesure penses-tu pouvoir reconstruire, car plus le temps passe, plus ton conjoint doit s'attacher à l'autre femme et plus l'impact sur toi devient lourd et néfaste. Si tu as une limite pour subir la relation poly, tu as également une limite quant aux sentiments que tu as pour ton conjoint.

Ne pourrait-on pas se dire qu'aimer plusieurs personnes est une attitude de quelqu'un qui veut rien se refuser?

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aviatha

le samedi 24 août 2013 à 20h16

Il a été dit depuis le début que leur relation ne serait pas "viable", selon les propres mots de mon compagnon, de même que je lui ai clairement dit lorsque j'ai parlé avec elle que cette situation ne serait pas indéfiniment possible pour moi. Après, il a toujours la possibilité de passer outre mon avis, mais il connait les conséquences.
C'est un fait, c'est pour quoi nous en parlons beaucoup, il sait quand mes forces diminue, il saura quand je commencerais à être à bout. Je t'avoue, je ne sais pas si c'est rassurant ou pas, mais l'impact est lourd pour moi depuis le début, je ne sais pas s'il augmente avec le temps, il m'use juste plus.
Je ne peux pas te répondre, juste te dire comment cela s'est passé pour nous. Il a voulu refuser, il a lutté avec lui-même pendant des mois avant de céder, et je pense que s'il avait pu se refuser cela, il l'aurait fait pour ne pas me l'infliger.

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Cendre

le samedi 24 août 2013 à 20h49

Juste en passant, je vais essayer de pas monopoliser la parole :

homme partit
J'ai suivi les messages de Cendre. Je me demande au final, si elle plus heureuse maintenant qu'auparavant. Bien sur il doit en sortir du positivement concret, mais à quel prix. Quand je penses aux problèmes de couple, je me dit qu'en multipliant les relations, on doit également multiplié les difficultés, mais ce n'est que mon raisonnement basique, pas un jugement.

Oui, je suis plus heureuse. Indéniablement. Plus dynamique, en meilleur forme physique, j'ai besoin de moins manger, de moins dormir etc.
J'ai plus confiance en moi, en l'avenir. Je suis plus capable de faire confiance aux autres, de déléguer. Je vis beaucoup plus dans le présent et bien moins dans la lune et les rêves que j'y entretenais. Je prends certaines décisions plus vite, je m'adapte mieux aux imprévus, je râle moins etc...
La liste des bienfait que m'a apporté cette réflexion est phénoménale. Et quand je relis mes vieux posts (ça fait un an exactement que j'écris à propos de ça, même si je n'ai pas commencé ici), je suis heureuse de constater que je ne me contredis pas trop, que je n'ai pas trop changé d'avis non plus. Juste plus sereine, plus affirmée dans le fait que c'est indéniablement le mode de vie, la prise de risque qui me convient.
J'aime pas le ski, j'y vois rien : le neige m'y fait mal aux yeux, j'avais toujours peur de ceux qui déboulent derrière moi. J'y étais parce que je n'y connaissais rien d'autre.
Par contre, j'aime la mer. On est porté par l'eau, c'est plus facile pour moi d'y aller à la rencontre de soi même et des autres. Au début, j'avais peur des vagues, mais maintenant, je commence à savoir les anticiper et à m'y amuser vraiment.
Mon compagnon me regarde, pieds nu, il laisse quelques vagues l’effleurer, mais pas plus. Il a gardé sa chemise, il a pas envie de se baigner. Même s'il constate le bien que ça me fait que j'y aille tous les jours, il est pas bien sûr que ça lui soit aussi bénéfique.
(Ah zut, j'avais dit que je monopolisais pas la parole, c'est raté)
La campagne, on sait pas où c'est, comment y aller, avec qui, etc... C'est en cours d'invention...

Sinon, sur vos interventions :
Pour moi, dans la situation d'Aviatha, il a été assez rapidement déclaré qu'il ne s'agissait pas d'une situation voulant évoluer vers le polyamour, cet état étant transitoire en attendant un retour à un état d'exclusivité. Et de ça, les trois protagonistes étaient d'accord.
Mais finalement, pourquoi l'amour en CDD serait-il moins digne d'être vécu que celui en CDI ?

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MissO

le samedi 24 août 2013 à 21h40

Juste en passant , pour ne pas monopoliser la discussion ou détourner le fil
Aviatha et homme partit, votre discussion, à mon sens, touche au fond des choses. Et c'est une polyamoureuse en "couple" avec un mono qui vous le dit.Je lis dans vos post beaucoup d'ouverture, de réelle compréhension, d'altruisme, comprendre l'alter, l'autre, qui est en fait si proche de vous. Et assumer son identité (l'identité poly n'est pas mieux que les autres, c'est une identité, c'est tout,)
Beaucoup de "monos" viennent ici se rassurer, essayer de comprendre, comme vous. Moi "poly" (qu'est ce que je peux détester ces mots!), j'apprends de vous.
PS: et de cendre aussi. J'adore les sourires de J.(mon compagnon officiel) quand il te lit

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homme partit (invité)

le samedi 24 août 2013 à 21h51

Cendre, comment peut-on vivre pleinement un amour à durée limité? Serait-ce finalement le symptôme du poly que d'avoir des relations CDD?

Je m'aperçois que la quête d'info sur ce mode de vie n'est pas terminée, je pense qu'au fond de moi j'espère une autre fin que la séparation d'avec ma femme. Que c'est dur de comprendre les autres quand on les aime.

Comment penses-tu faire par rapport à ton homme? Avez-vous également posés des limites?

J'ai relu un de tes messages de ce fil où tu parlais de l'acceptation de ton officiel. Par la suite, tu as consommé ta relation cachée du moment, qui ne l'était plus, mais une 2ème et encore une autre. Dois-je en conclure qu'une relation poly n'est pas limitée dans le nombre?

C'est là que je lâche, que ma compréhension en prend un coup. Je ne peux assimiler le fait d'aimer plusieurs personnes. Pour moi, cela signifie ne vivre aucun amour pleinement et donc empêche de faire des projets à long terme, comme faire des enfants.

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homme partit (invité)

le samedi 24 août 2013 à 22h05

MissO, merci de ton message.

J'ai lu ton fil entre d'eux. Je m'y suis retrouvé sur les angoisses, les insomnies. Je ne sais si je voudrais connaitre les ressentis de ton officiel tellement j'ai peur de me tromper sur mon comportement. Mais l'attitude que j'ai adoptée est la mienne, elle vient des tripes et du cœur.

Comment peut-on accepter de voir partir son autre dans d'autre bras, comment pourrais-je accepter de savoir ma femme avec un autre? Je ne le peux pas. Que dirais-tu sincèrement de ton officiel : qu'il est à plaindre ou qu'il en tire une réelle satisfaction?

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aviatha

le samedi 24 août 2013 à 22h06

Pour répondre un peu à tes interrogations (en attendant que Cendre revienne^^), je me souviens de mes colonies de vacances, où je vivais pleinement des relations amoureuses que je savais arrivées à terme le jour du départ, par avance. Mais concernant le "CDD", je ne pense pas être la meilleure personne pour te renseigner, le jugement de Cendre à l'égard de ma situation est assez juste à mon avis.
Pour ce qui est de l'avis et des projets de Cendre, elle te répondra d'elle-même, mais je te rejoins sur un point : j'ai clairement dit à mon compagnon (et à son amoureuse) que jamais je n'accepterais d'avoir des enfants avec lui dans cette situation. Pas parce que je l'estime mauvaise pour les enfants ou quoi que ce soit, mais parce que j'y suis beaucoup trop vulnérable (encore plus si je suis gorgée d'hormones) pour y faire une bonne mère, équilibrée, aimante et attentive. C'est une limite que je connais chez moi, et il sait que c'est un choix à faire, s'il veut un jour des enfants avec moi il doit y renoncer, s'il ne veut pas y renoncer au final, il y aura des enfants, peut-être, mais sans moi. Je pense que ce n'est pas une question de vivre "pleinement", c'est une question de vivre "en harmonie", et l'harmonie est difficilement possible quand un des deux subit la situation.

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homme partit (invité)

le samedi 24 août 2013 à 22h41

aviatha, des amours de colonies de vacances restent des amourettes. Présentement, mon questionnement concerne l'amour réel et fort. A part connaitre ce genre de sentiments, à quoi bon être poly?

Par-contre, j'ai reçu un sms me demandant un RDV. De qui? De l'autre. Je suis assez en colère sur le fait que ma femme lui ait donné mon numéro. Maintenant, d'après les précédents messages, il serait bénéfique de le rencontrer, mais je n'en ai réellement ni l'envie et certainement pas le courage. Comment pourrais-je rester calme devant celui qui brise mon couple, même s'il n'est pas totalement responsable?

Du coup, je me sens l'objet d'une manipulation de la part de ma femme, lisant ce forum. je suis relativement déboussolé et je vais sortir m'aérer avant d'éclater.

aviatha, nous avons pas mal de point commun concernant le fait de subir nos conjoints se disant poly et cela m'aide de dialoguer ici, sans faire avancer mon acceptation pour cela. Suis-je trop égoïste pour cela?

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aviatha

le samedi 24 août 2013 à 23h07

Dans l'ordre (je suis quelqu'un d'ordonnée^^)
- Oui, mais non. Parfois on a de bonnes surprises, j'ai rencontré mon cher et tendre comme cela, et ça fait six ans que même quelque chose d'aussi difficile à vivre que moi en fauteuil roulant, 250 km de distance et ce genre de situation ne peuvent pas nous séparer. Pour le reste de la question, il faut demander aux polys du site, moi si je suis amoureuse de quelqu'un, je ne suis pas capable de l'être de quelqu'un d'autre, donc je ne suis pas la bonne personne pour te renseigner.
- Ça, c'est pas bien, si tu n'as pas donné ton accord elle n'avait pas à le faire. Parce que quand j'ai moi-même reçu le mail de l'autre demoiselle, je lui avais déjà envoyé une lettre, que j'ai faite passée par mon compagnon (comme ça, si elle en voulait pas, il pouvait la reprendre) dans laquelle je lui disais qu'elle pouvait me répondre ou pas, en passant par lui ou pas, et qu'il lui donnerait mon mail si elle voulait. Donc du temps c'était écoulé, j'ai été surprise, mais c'était cohérent avec ce que j'avais proposé, il lui a juste fallu du temps, et cela je peux le comprendre. Il serait bénéfique de le rencontrer, peut-être, mais si tu n'en a pas envie, rien de bon n'en ressortira à mon avis. Si je peux te donner un conseil (au cas où), pars toujours du principe qu'il ne fait rien pour "t'emmerder". Tu ne sais pas ce qu'elle lui dit, peut-être qu'il a cru que tu serais d'accord pour qu'il te contacte et que ça t'aiderait de lui parler, tu n'en sais rien. Donc demande des explications en partant du principe que c'est un malentendu, elle-même a peut-être cru te rendre service en faisant ça (elle s'est planté, ça arrive).
- Pour ce qui est de rester calme, je te rassure (ou pas), c'est dur, même pour moi. Mais c'était dur aussi pour elle. Donc la voir aussi mal à l'aise m'aidait à ne pas m'écrouler, je me disais que j'allais pas lui infliger ça, et puis mon compagnon, qui était présent lors de notre unique entrevue, faisait ce qu'il pouvait pour nous mettre à l'aise, à voir si c'est mieux ou pas pour toi. Par contre, c'est sûr que s'il arrive le menton haut, sûr de son bon droit et "ne voyant pas où est le problème", tu vas avoir envie de lui envoyer la table dans la tête, donc renseigne-toi avant et sois sûr que tu le fais parce que tu es convaincu que ça peut aider, parce que tu veux le faire, sinon ne t'inflige pas ça, j'ai moi-même mis du temps à me décider.
- Je subis la situation, je ne subis pas mon conjoint, au contraire, je ne l'ai jamais vu aussi attentif à moi (pas attentionné, il a toujours été attentionné), il guette chez moi le moindre soupire, le moindre air triste, la moindre contraction de mâchoire, il s'inquiète, il s'en veut, il ne faut pas croire qu'ils (que ce soit ta femme, mon compagnon, les polys en général je pense) suivent leur chemin en s'en fichant, le mien n'aime pas ce qu'il est actuellement (un homme qui fait terriblement souffrir la femme avec qui il veut vivre), et c'est pour ça, entre autres, qu'il ne veut de la situation sur le long terme.
- Non. Clairement, non. Quelqu'un qui essaye de comprendre et de s'adapter à l'autre quand ce qu'il lui demande le fait souffrir est tout sauf égoïste. C'est un humain, et un humain a ses qualités, ses défauts, ses limites, ses faibles, c'est un être faillible, il y a des choses qui ne sont rien pour certains et insurmontables pour d'autres. Si c'est quelque chose qu'on peut changer, on peut essayer, il en sort du positif, si c'est dans notre nature profonde, c'est ainsi, rien ne sert de se faire violence pour être un autre. On peut faire deux choses. La mienne, partir du principe que c'est une épreuve de la vie qu'on ne peut pas/veut pas fuir, comme une maladie, et attendre, économiser ses forces et faire face et rester, en attendant la guérison. La tienne (du moins, celle que tu commence à prendre), partir du principe que c'est une violence ponctuelle, comme la guerre, et partir, et chercher un endroit où il fait meilleur, rencontrer d'autres gens et reconstruire, pour vivre dans la paix ailleurs. Tout dépend du point de vue qu'on adopte, et il n'est pas forcément définitif. Je comprends que cela t'aide de parler ici, ça m'a beaucoup aidée moi aussi, ça m'aide encore aujourd'hui.

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Goldmund

le samedi 24 août 2013 à 23h17

Bonsoir Homme parti
Cela fait un moment que je ne suis pas venu sur le forum. Je suis tombé par hasard sur ton témoignage qui m'a beaucoup touché.
Pour moi le polyamour ne peut se vivre sereinement et pleinement que si tous les partenaires qui composent les relations ont librement et consciemment choisis ce mode de vie, sans quoi la souffrance devient immanquablement le quotidien. Et qui veut vivre dans la souffrance ?
Vivre plusieurs amours implique une vision spécifique de l'amour que tous ne partagent pas. Vouloir "l'imposer" à son partenaire en jouant sur le lien affectif, ou en le mettant face à une réalité de fait, n'est pas pour moi un signe d'amour.
Si pour toi il ne peut y avoir d'amour véritable que dans un lien unique, si l'amour véritable est pour toi nécessairement ancré dans la durée et le projet alors tu as eu raison de quitter ton épouse malgré la douleur légitime que ce choix courageux a occasionné. Ta conviction intime est ce que tu dois suivre avant toute chose. Si cette conviction évolue, elle ne peut être forcée ou contrainte elle ne peut venir que de toi. Un discours, une parole ne touchent et ne convainquent que lorsque ceux-ci rejoignent une vérité profonde inscrite en nous. Sinon nous y restons sourd et fermé.
Je te souhaite de trouver et de vivre l'amour qui te correspond.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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anges

le dimanche 25 août 2013 à 00h32

Homme parti, Ti-punch, je ressens beaucoup de colère dans vos propos. La colère est respectable, mais elle entraîne souvent beaucoup plus loin qu'on ne le souhaiterait. Je trouve dommage de "gâcher" une relation pour si peu. N'y a t-il pas entre vous et vos épouses respectives plus de points vous rassemblant que d'éléments de désaccord ? Ne pourriez-vous pas vous concentrer sur un projet commun ? Organisation d'un voyage, inscription à une activité commune (danse de couple, tennis, musique, dessin, cuisine, ...), travaux dans la maison, etc. Il me paraît important de consacrer son énergie à se (re-)construire ensemble, plutôt qu'à réfléchir à se qui nous divise.

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anges

le dimanche 25 août 2013 à 01h25

Hommme parti, mon histoire est très similaire à celle de Cendre: mon mari est mono, je suis polyamoureuse depuis environ un an et demi et il est resté. J'ai eu (ai) 3 relations depuis. Nous sommes mariés depuis 6 ans et ensemble depuis 10 ans.
Pour répondre à certaines de tes questions:
J'aime mon mari, il est irremplaçable, il est unique, il est même exceptionnel. Nous avons d'importants projets de vie (enfants, etc.) et je n'ai jamais eu l'intention de les balayer. Au contraire, le fait de me sentir libre me donne envie de m'engager bien plus à ses côtés. Oui, j'ai besoin d'avoir d'autres amours, mais ces amours ne lui enlèvent rien. Bien au contraire, grâce à elles, je lui mets moins la pression, je râle moins, je suis moins exigente pour des bêtises, je suis plus tolérante avec lui, avec ses envies, je suis bien plus à l'écoute. La liberté qu'il m'offre est si précieuse que je l'aime d'autant plus. Lorsque je suis avec lui, je me rends complètement disponible (pas d'appels téléphoniques de mes autres amours, pas de mail, pas de SMS). Nous profitons vraiment du moment présent. Le polyamour nous a permis d'en connaitre la valeur.
Pour les règles que nous nous sommes fixées: pas d'enfant avec quelqu'un d'autre, pas de vacances avec un autre amour, prévenir à l'avance de mes sorties pour qu'il puisse organiser sa soirée.
Par ailleurs, je fais attention de ne pas abuser. Pour voir un autre amoureux, j'essaye quand c'est possible de prendre ce temps sur mes loisirs. Je fais attention à la fréquence aussi. J'essaye de faire en sorte que l'effort soit partagé, qu'il ne porte pas tout.
Volià, je vous souhaite vraiment d'avancer ensemble. Partir un temps te fera sans doute du bien pour faire le point avec toi-même, te retrouver, dédramatiser. Cependant, je reste persuadée qu'un chemin commun est possible et que vous trouverez les forces et les mots qui y mènent.
Bon courage à toi.

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