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Poly un jour, poly toujours ?

Monogamie
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Lagentda

le samedi 11 octobre 2014 à 00h08

J'ai parcouru un peu le forum, et je n'ai pas trouvé de sujet sur ce thème...
On a beaucoup de témoignages d'archéopolys, de monos en transition (avec toutes sortes de transitions) vers le poly (je suis plutôt de ce côté-ci), voire de mono voulant comprendre leur partenaire poly, mais on n'a peu de témoignages de poly (re)devenus mono...
Je me demande si ça existe, et comment ça se passe dans ce cas...
Admettons qu'une personne qui a vraiment adhéré (corps et âme) donc au polyamour, se retrouve confronté à une sorte de choix de Sophie après être tombé amoureux d'un(e) mono : continuer à entretenir ses relations polyamoureuses et se faire quitter, ou abandonner le polyamour et rester avec la personne. Et, qu'il fasse le second choix, et qu'il en soit content...
Est-ce que cette satisfaction peut durer sur le long terme, ou est-ce qu'un moment où un autre (quand la Nouvelle Energie Amoureuse se sera estompée), il voudra revenir à plus de liberté (du genre par exemple faire de sa relation mono une relation primaire, en s'autorisant des relations polyamoureuses tierces) ?
Je sais que la réponse à la question va être "ça dépend des personnes"...Naturellement... Mais, je serais curieux d'avoir certains témoignages (même si peut-être que justement les polys redevenus monos ne sont pas légions sur ce forum car ils en sont "interdits" de par leur couple)...
Enfin, bref, question en l'air....

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Siestacorta

le samedi 11 octobre 2014 à 00h25

Il y a ce sujet qui n'est pas loin de ta question.
Et c'est pas forcément que les gens sont bloqués par un conjoint, s'ils ne viennent plus ici, c'est aussi parce que parfois, ça peut bien se passer, et qu'ils ne sont plus intéressés par les questions sur le poly...

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Apsophos

le samedi 11 octobre 2014 à 00h47

Lagentda
(même si peut-être que justement les polys redevenus monos ne sont pas légions sur ce forum car ils en sont "interdits" de par leur couple)...

Voilà, oui.
Et puis si ils postent ici on pourra toujours leur dire que c'est juste une phase.

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Lagentda

le samedi 11 octobre 2014 à 01h01

AH ! Merci ! Je n'avais pas pensé à chercher avec le mot-clé "éponge"... ;)

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ScottBuckley

le samedi 11 octobre 2014 à 01h47

Bonjour,

Oui j'ai déjà croisé des personnes qui, à un moment donné, ont exprimé l'envie de revenir à une vie monoamoureuse (pour une durée inconnue), et les raisons que j'ai entendues ou devinées -enfin celles dont je me souviens- sont à peu près celles-ci :

- " les quelques polys que j'ai croisé-es ne m'ont pas permis de construire une relation ou un couple assez stable/sérieux/engagé pour avoir un (premier) enfant ensemble, et l'horloge biologique tourne, donc j'ai fait le choix de revenir au monoamour, mais je reste très intéressé-e par les discussions sur le polyamory car j'y ai rencontré de belles personnes et des points de vues très riches " ,

ou :
- " je voulais me prouver que j'en étais capable (de vivre le verbe aimer & amour au pluriel), et maintenant que je crois avoir trouvé LA ou Une bonne personne, je me recentre sur le monoamour " ,

ou :
- " entre mon/ma partenaire actuel-le de longue date (mono, avec parfois enfant-s ensemble) et le tout nouveau polyamory (que je ne connais pas encore assez), j'ai choisi ma/mon partenaire actuel-le, car j'ai construit quelque chose avec elle/lui dont je suis assez satisfait-e à ce jour " .

Bon, il y en a sûrement d'autres, et il y aurait aussi à lire les ' 10 bonnes raisons d'être en couple libre ' (Et ' les 10 mauvaises raisons ' à lire aussi !) sur le super blog Les fesses de la crémière, qui permettent aussi de soupeser des choix faits.

Et une précision pour brièvement conclure ce soir :
> a priori personne ne peut dire " je suis définitivement revenu-e au monoamour " ou " au polyamory ",

... car la vie est impermanence, elle est vivante, et chercher " LA bonne personne Unique exclusive pour satisfaire tous tes désirs pour les 10/20/40/50 années à venir " est une quête qui perd un peu de son sens je trouve, au jour d'hui
( au sens où > faire reposer 100% de son bonheur affectif, sensuel, sexuel, + une belle éducation & éveil d'un ou plusieurs enfants Si on en veut, faire reposer tout ça sur une seule personne pour quelques années ou décennies, je trouve ça limite dangereux et j'ai du mal à le croire, même pour les autres :-/ ... )

.... sauf si on se dit que c'est soi-même, la Bonne personne à trouver, en se posant les bonnes questions, en avançant à petits pas,
et en essayant d'être au plus juste de soi-même, au quotidien
( ce joli défi qui commence chaque matin :-D )

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le samedi 11 octobre 2014 à 02h41

Pas beaucoup mieux, j'ai vu des personnes ici dire qu'elles faisaient le choix de l'exclusivité, au moins pour un temps, et en général comme dit Siesta on ne les revoit pas forcément passer...

Soit que ça rassure leur partenaire "mono" de savoir qu'elles ne viennent pas se faire influencer par les méchants poly :P , soit - et ça me semble potentiellement plus courant finalement, mais je me trompe peut-être - qu'elles ne ressentent plus le besoin de venir ici parce qu'étant satisfaites (au moins pour un temps) d'une relation exclusive.

GreenPixie
- " entre mon/ma partenaire actuel-le de longue date (mono, avec parfois enfant-s ensemble) et le tout nouveau polyamory (que je ne connais pas encore assez), j'ai choisi ma/mon partenaire actuel-le, car j'ai construit quelque chose avec elle/lui dont je suis assez satisfait-e à ce jour " .


Y a aussi l'opposé, la version "entre mon/ma partenaire actuel(le) de longue date poly, avec qui j'ai des projets, et le/la tout(e) nouveau(elle) partenaire mono que je connais à peine, j'ai choisi le/la nouveau(elle) partenaire..." :P :D
Je ne rajoute pas le pourquoi, mais je dirais sans doute la NRE...

GreenPixie
.... sauf si on se dit que c'est soi-même, la Bonne personne à trouver, en se posant les bonnes questions, en avançant à petits pas,
et en essayant d'être au plus juste de soi-même, au quotidien

Toutafé d'accord ! :) (+)

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Dreltak

le samedi 11 octobre 2014 à 09h06

GreenPixie
Bonjour,

Oui j'ai déjà croisé des personnes qui, à un moment donné, ont exprimé l'envie de revenir à une vie monoamoureuse (pour une durée inconnue), et les raisons que j'ai entendues ou devinées -enfin celles dont je me souviens- sont à peu près celles-ci :

- " les quelques polys que j'ai croisé-es ne m'ont pas permis de construire une relation ou un couple assez stable/sérieux/engagé pour avoir un (premier) enfant ensemble, et l'horloge biologique tourne, donc j'ai fait le choix de revenir au monoamour, mais je reste très intéressé-e par les discussions sur le polyamory car j'y ai rencontré de belles personnes et des points de vues très riches " ,

ou :
- " je voulais me prouver que j'en étais capable (de vivre le verbe aimer & amour au pluriel), et maintenant que je crois avoir trouvé LA ou Une bonne personne, je me recentre sur le monoamour " ,

ou :
- " entre mon/ma partenaire actuel-le de longue date (mono, avec parfois enfant-s ensemble) et le tout nouveau polyamory (que je ne connais pas encore assez), j'ai choisi ma/mon partenaire actuel-le, car j'ai construit quelque chose avec elle/lui dont je suis assez satisfait-e à ce jour " .

ou
- "Il faudrait déjà que j'arrive à entretenir une relation amoureuse avec UNE personne, et c'est déjà une sacrée prise de tête que j'ai pas forcement le temps/l'envie/le courage d'assumer."

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bodhicitta

le samedi 11 octobre 2014 à 10h34

Dreltak, ton affirmation n'est à mon sens pas un motif pour redevenir mono (comme les exemples à greenpixie)
Je pense que ça nous aide à "assumer" qui nous sommes vraiment, le polyamory nous pousse à se poser des questions, à étre en accord avec nous méme.
On échappe également aux obligations normées.

Je suis p t etre bien une des premières à bien garder à l'esprit l'impermanence de la vie. Mais perso je suis obligée d'admettre, que le monoamour, j'y crois pas, un gas qui me dit m'aimer mais à tel ou tel condition (exclusivité) je me dis qu'il ne m'aime pas vraiment.
Du moins, c'est pas ça l'amour pour moi, ça ne correspond pas à l'image que j'en ai. P t etre que ça va évoluer... :-/ mais je pense pas.

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ScottBuckley

le dimanche 12 octobre 2014 à 00h06

Dreltak
ou
- "Il faudrait déjà que j'arrive à entretenir une relation amoureuse avec UNE personne, et c'est déjà une sacrée prise de tête que j'ai pas forcement le temps/l'envie/le courage d'assumer."

Oui, j'ai déjà entendu cet argument, mais je ne suis pas d'accord avec.

C'est comme si une personne me disait : “ j'ai déjà du mal à escalader l'Everest & ses 8848 mètres de hauteur, alors vivre des aventures sur 3 belles collines en parallèle, durant une semaine ou un mois, c'est trop me demander ” .

C’est parce qu’on ne parle pas de la même chose, en fait : quand je dis ' aimer ' & ' amour ' , je parle de deux personnes qui apprennent à se connaître, à s'apprivoiser façon le Petit Prince (de Saint Exupéry), rien de plus ( ‘ y a pas de quoi fouetter un chat ’ comme dirait cette chère Carsie Blanton ) .

Cela peut être aimer danser ensemble ( même et Surtout si on ne sait pas danser façon-moi-je-suis-pro, youhoooo!! :-D ), ou se peloter & se rouler des pelles dans les toilettes ou dans une ancienne cabine téléphonique après quelques verres, peu importe.
Le verbe aimer se moque bien de “l’AAAmoouur”, en fait.

Et quelle que soit la nature de la ou des relations que ces deux personnes vont ensuite partager (ou pas), si les deux en ont envie, et si elles & ils savent s'extraire des pseudos diktats de la société
(tout posséder, tout consommer, tout comparer et mettre en concurrence, tout relooker, tout contrôler, tout consumer...),

... alors ce qu’ils & elles partageront > ce sera ça qui est bon, et juste ça ! (pas la montagne froide, oui parce qu’en plus + on monte + on attend et + il fait froid tout là-haut, brrrrrr ).

Quant à la personne qui nous affirme : " j'ai déjà du mal à aimer une seule personne " , je me demande si " l'AAAmour " qu'elle recherche ne serait pas un peu perché** là tout là-haut sur une très haute montagne où vivrait (selon une légende criminelle) " sa moitié qui elle-n’est-pas-prise-de-tête parce que c’est-ma-mienne " .

( * Note aux personnes qui attendraient l’amour façon meetic : une relation “sans prise de tête” ça n’existe Pas, ... ou alors ça s’appelle un sextoy et ça n’a pas de bouche ni cerveau pour penser et parler, bref une relation sans queue ni tête, enfin surtout sans tête ;) )

À force de chercher une licorne “parfaite & exclusive” pendant des années ou +, parfois voire souvent en vain, on finit par voir le temps passer, avec des rides sur le coeur mais sans les plaisirs qui vont avec de belles années inédites à partager à deux ou +, et c’est bien dommage, non ? Y en a qui ont fini vieux-jeu pour moins que ça.

À un moment dans sa vie, il faut accepter l'idée que nous sommes juste & avant tout des êtres mortels, humains, qui avons juste besoin de nous amuser avec des personnes qui partagent au moins un goût délicieux à partager avec nous (cuisine, montagnes, jeux, danses, grains de folies, délires, sorties culturelles, sensualités... ou un mix de tout cela ^_^ ) , et non pas quelqu’un qui aurait déjà " Tout le package du parfait petit boyfriend/girlfriend inaccessible " (et pas forcément toujours excitant-e, d'ailleurs, car parfois trop accessible puisque censé être exclusif/ve ) .

Vive les belles relations affectives avec attractions réciproques légères et*ou intenses !

** amour perché = amour, nom masculin possessif.
Amours non perchées = amours, nom féminin, pluriel, non-possessives <3 !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Lagentda

le lundi 13 octobre 2014 à 23h54

C'est fort bien dit, ce que tu dis, GreenPixie. Comme, dans une chanson de Bénabar, le bonheur se trouve en petite monnaie plutôt qu'en lingot.

Après, effectivement, ceux qui vont revenir à un mode de vie mono font en quelque sorte un all-in.

Les raisons exposées plus haut me semblent toutes assez pertinentes - et finalement, il y a un continuum en général entre le polyamour et le monoamour (beaucoup plus que dans l'autre sens, où il y a un déchirement, et une peur de plonger dans l'incertitude), c'est un choix qui est fait en fonction de la communication avec ses partenaires, et en particulier son partenaire devenu fétiche...)
Le fétichisme ne dure parfois qu'un temps, et parfois plus longtemps...

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Bexi

le jeudi 16 octobre 2014 à 19h57

Question fort intéressante à laquelle je peux apporter mon témoignage.

Tout d'abord je tiens à dire que je n'aime pas l'étiquette "être poly" ou "être mono" on peut vivre plusieurs relations sur le mode polyamoureux (qui est bien différent pour moi du mode adultère) mais dire "nous on est des polys et il y a les autres (sous entendant même parfois que ces derniers ne sont pas sortis de certains carcans )" me gêne beaucoup ... je dis cela car en lisant parfois certains écrits ici, cela me fait l'effet d'une communauté bien pensante et pas forcément toujours si bienveillante qui considère un peu que les autres (les "monos") ont une vie un peu étriquée... Oui oui tous ne pensent pas ça ici mais bon, c'est un ressenti que j'ai parfois en lisant ceux qui "pensent" le polymamour. Ouh la la,
« j’attaque » un peu, je commence bien :-) .

De toute façon rien ne vaut l'expérience et les témoignages me parlent plus que les théories générales sur le polyamour.
En ce qui concerne la mienne, la voici.

J'ai rencontré mon actuel compagnon, H, lors d'un café poly il y a deux ans et c'était mon premier café poly ! (des bisous au passage à Lili et Bouquetfleuri s’ils passent par là et qui ont toujours été des ressources éclairantes :-))
Nous sommes H et moi tous les deux actuellement sur un mode amoureux plutôt de type "exclusif"...
Eh ! Mais que s'est-il donc passé ?? Comment peut-on arriver à une telle "régression" ;-) ? (Oui oui, humour)

Je m'étais rendue à ce café avec mon compagnon de l'époque, G, qui est d'ailleurs toujours mon conjoint officiel car nous sommes encore mariés et vivons dans la même maison (mais nous allons vivre séparément prochainement, nous essayons de voir ce qu'il y a de mieux pour tous, sachant que nous avons trois enfants âgés de 5 à 10 ans)
Oui j'ai cru, un temps, corps et âme (pour reprendre l'expression de Lagentda) au polyamour pour moi (car bien sûr je continue à y croire pour d'autres, à qui cela convient et qui s'épanouissent dans de multiples relations amoureuses) mais, et j'ai d'ailleurs écrit sur ce forum l'année dernière à ce sujet, que ce mode là ne me convenait pas, après expérimentation !
Alors c'est étrange oui, car j'ai vraiment cru que c'était possible pour moi, c'était presque devenu un "idéal", une façon nouvelle d'envisager les relations amoureuses qui me plaisait au plus haut point, j'avais l'impression de vivre au plus près d'un absolu d'amour, le livre de Thalmann sur le sujet me parlant alors complètement.

Avec G, nous étions confiants, épris de la vie, épris d'absolu. Ceci dit je peux encore mettre cette phrase au présent car ces données là n'ont pas changé même si parfois la confiance a été un peu ébranlée...
L'amour brûlait (et brûle toujours :-)) dans nos cœurs... Seulement j'ai cessé d'être amoureuse de lui, mon amour pour lui a pris une autre forme, est devenue une amitié, ce qui reste encore difficile pour lui qui m'appelle encore son amour.
La différence (pour moi, bien sûr) entre amitié et amour se situe au niveau du désir physique, du lien sensuel, du langage qui accompagne ce désir et ce lien particulier.

J'ai senti assez vite que mon nouvel amoureux, H, n'était pas très à l'aise avec le polyamour avec lequel il semblait en accord intellectuellement mais qu'il vivait de manière assez complexe, en étant trop "brassé" émotionnellement... Je pense (mais il pourrait me contredire) qu'il est arrivé à vouloir vivre le mode polyamoureux sous l'impulsion de son ex épouse mais que fondamentalement ce n'était pas son aspiration, son envie profonde.
De mon côté, au début de ma relation avec H, je ressentais un nouvel élan d'amour très puissant pour G avec qui je vivais depuis 10 ans. Je lui étais très reconnaissante de son ouverture d'esprit, de sa capacité à m'accompagner dans cette nouvelle forme d'amour multiple, de m'aider, du mieux qu'il le pouvait, à me libérer de toute culpabilité. Lui même a eu d'autres relations et nous communiquions beaucoup, portés ensemble par une grande vague d'amour et de liberté qui réveillait notre "couple".

H, de son côté, a commencé d'autres relations et étrangement cela a été difficile pour moi. Il y a plusieurs éléments qui participent à cette difficulté mais disons que l'un d'eux était le fait que H n'était pas à l'aise, que je ressentais de sa part une forme de culpabilité et surtout une si grande peur de me blesser que cela provoquait exactement ce qu'il redoutait : je me sentais blessée. J'envisageais le polyamour comme je le vivais avec G, dans la discussion, l'échange, la rencontre possible avec les autres amoureux-ses. H avait tendance à cloisonner et c'était difficile pour moi.
J'ai eu aussi d'autres relations (brèves, plaisantes, parfois intenses) mais je sentais bien que H avait pris une place centrale dans mon cœur.
Et je me sentais de plus en plus déchirée entre lui et G, père de mes enfants avec qui je vivais. Même si aucun des deux ne me le demandait, j'ai ressenti le besoin, impérieux, de faire un choix... Curieux, n'est ce pas ?
Je sentais que la forme polyamoureuse ne me convenait pas, je ne pouvais passer d'un "corps à l'autre" (avec ce que j'y mettais d'implication), il y a eu des moments très grisants puis je me suis sentie perdue, comme un peu morcelée.
Et mon cœur revenait inexorablement vers H. Le jour où j'ai posé un choix : LUI, j'ai ressenti un apaisement, une justesse, une libération de tensions qui m'habitaient.

Sauf qu'à ce moment là H n'était pas prêt, cela lui faisait peur (bien que, je le précise, je ne lui demandais pas la même chose, à savoir faire un choix, il me semblait vraiment possible qu'il puisse continuer une autre relation qu'il avait débuté depuis peu, le seul élément qui était incompatible pour moi étant le trop grand cloisonnement entre son autre relation et celle qu’il avait avec moi).
J'en suis arrivée à rompre un temps avec lui, comme j'ai cessé à ce moment là toute autre relation amoureuse. J'ai cessé de dormir avec mon conjoint, je me suis retrouvé dans une chambre seule au sein de notre maison, une sorte de cocon pour me retrouver, en paix : retour au calme, recentrage total !

Quand j’ai retrouvé H, il n’avait plus d’autre relation. Nous étions pour la première fois ensemble sans avoir d’autre relation amoureuse, ni lui ni moi. Et … à ce moment là il y a eu beaucoup d’apaisement de part et d’autre… Nous nous sommes redécouvert, notre relation physique a pris de l’ampleur comme jamais, une nouvelle confiance nous a permis d’explorer toute une palette de sensations, émotions, gestes que nous n’osions peut-être pas avant. En tout cas il n’y avait plus de frein … allez savoir pourquoi, peut-être plus la peur (parfois « inconsciente », tapie dans l’ombre) d’être comparé ? En tout cas, une immense envie de se donner l’un à l’autre, totalement.

Je pourrais dire, au jour d’aujourd’hui, que l’Everest est suffisamment vaste pour moi, ce n’est pas que c’est trop pour moi d’escalader des collines parallèles, c’est juste que l’exploration de l’Everest est infiniment riche, qu’elle remplit mon être de joie, que la découverte est sans fin, que mon cœur et mon corps y vivent des émotions intenses, subtiles et variées.
J’ai escaladé d’autres montagnes, j’ai vécu des richesses incomparables, mais là, en ce moment, c’est juste là où je suis bien, c’est juste immense.

Avec H, on est un peu comme des ados, on revient à un mode plus « classique » d’amour romantique, avec la palette de mots d’amour qui touche à l’absolu (genre : « c’est toi que j’attendais », « si j’ai vécu tout cela auparavant c’était pour mieux te rencontrer » …), oui un absolu un peu « enfantin » qui aime à s’illusionner (c’est si bon l’illusion ) mais qui n’est pas incompatible avec la sincérité…
Et si je fais des projets sortie concert spectacle ou voyage c’est avec lui que j’ai envie de les partager.
Ouh là là mais est-ce que c’est dangereux ? Là franchement je m’en fiche, j’aime le danger :-) j’ai toujours pris des risques :-)

Les amitiés sont aussi extrêmement importantes pour moi mais encore une fois ce n’est pas du tout le même mode de relation que le mode amoureux qui a son langage propre et que perso, il m’est très difficile de « démultiplier ».

Alors, pour revenir à la question de départ, j’ai adhéré pendant une année, oui c’est très court à l’échelle d’une vie, mais très intense comme expérience, corps et âme au polyamour. Je pensais même impossible de revenir en « arrière » …
Je ne suis pas « tombé » sur un « mono » qui m’a demandé de choisir, mais quelque part je suis tombé sur un « mono » qui s’ignorait « mono » et je me suis redécouverte « mono » sous mes aspirations « poly » passagères. :-) simple, non ?
Bon, au final, on est heureux :-)

G lui a toujours semblé plus à l’aise avec le mode polyamoureux (ce qui est dur pour lui actuellement est le fait que j’ai fait un choix « amoureux » qui se porte sur un autre que lui), il peut aimer plusieurs personnes (sans ressentir de tension intérieure, voir de déchirement comme moi j’ai pu le vivre à un moment donné), vivre plusieurs relations avec amour, intensité, mais il dit bien que ce mode n’est pas une fin en soi. Il ne se définit pas comme étant « poly », il est peut-être en capacité de s’épanouir dans des relations amoureuses multiples, mais il dit qu’il pourrait fondamentalement être tout aussi heureux avec une personne qui souhaiterait « l’exclusivité ». Par amour, TOUT lui semble possible (même les idées les plus saugrenues comme celle d’être exclusif :-)).
Et la satisfaction peut même être durable, pour reprendre les termes de Lagentda, la notion de liberté est bien au-delà de la capacité à vivre plusieurs relations en simultané… elle est, je pense, intérieure, et pas du tout incompatible avec une relation dite exclusive.

Et, je pousse le bouchon (j’aime ça :-) se définir comme étant « polyamoureux », n’est-ce pas enfermant ? Cela n’exclut-il pas une relation amoureuse avec une personne qui justement ne peut fondamentalement pas vivre sur ce mode ? Le but n’étant pas (on est d’accord ?) de la convaincre à tout prix du bien-fondé du choix de ce mode de vie ? Du coup, le choix serait de ne pas vivre cette relation ? Mais si l’amour est si fort qu’il nous pousse à la vivre, malgré ce « handicap » ? Car je ne sais pas comment vous le vivez mais pour moi l’amour a quelque chose d’impérieux, on le choisit sans le choisir, on a besoin de le vivre, l’exprimer, le confronter à l’autre, ses mots, sa peau, ses émotions… Y’a juste un truc énorme qui nous remplit le coeur et qui se contrebalance bien des étiquettes polys ou monos.

Dans les relations affectives, ce qui est important, pour moi, par dessus-tout, est la notion de sincérité. Même si pour G le passage est difficile en ce moment je pense qu’il m’est reconnaissant de ma sincérité. C’est ce souci de vérité, de sincérité qui nous a d’ailleurs fait cheminer ensemble vers le polyamour à un moment donné.

C’est ce qui fait que nous communiquons encore beaucoup, que nous pouvons partager des repas, des discussions, tous les trois, H, G et moi…

Ce n’est pas toujours simple la sincérité (car il faut déjà l’être envers soi-même) mais c’est être au plus près de ce que l’on est, et c’est oser dire à l’autre, aux autres, ce que l’on ressent, ce que l’on souhaite. Et l’on peut changer, on a le droit de changer… !

Pour moi, en résumé, c’est mode poly un jour, mode mono un autre, selon mes besoins profonds d’une période de vie particulière, en respect, le plus possible, avec les aspirations des personnes avec qui j’ai un lien affectif fort.

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Goldmund

le jeudi 16 octobre 2014 à 21h53

Qu’importe qu’ils soient poly ou mono ce qui me semble essentiel est ce que les partenaires choisissent ensemble de vivre par Amour. Tout le reste n’a pour moi aucun sens.

Le mot toujours est peut être un rêve ou un idéal dont nous avons besoin pour nous rassurer mais il est tout aussi illusoire pour moi que ce rêve de permanence et d’éternité.

Nous sommes mouvements et je crois qu’il est juste de suivre notre mouvement et celui de nos partenaires. Ils peuvent être concordant un jour et discordant un autre. Ainsi va la vie, cela n’a rien de dramatique même si cela peut être douloureux à vivre.

Penser qu’un état d’être est plus juste et plus vrai qu’un autre c’est risquer de devenir sectaire et profondément injuste. Ce qui est juste c’est notre tentative bien ardu de reconnaitre en nous notre essentiel et de s’y conformer. En sachant que cet essentiel est mouvant selon les expériences vécues et la compréhension que nous en avons.

Aimer est sans doute ce qu’il y a de plus beau au monde et de plus difficile. On peut aimer profondément un être sans le désirer physiquement. A l’inverse on peut le désirer éperdument sans l’aimer. Il y a souvent un instant ou les deux existent de façon puissante mais il est rare qu’il perdure. Tout peut passer et s’émousser avec le temps, le besoin d’autres horizons semble inéluctable voire nécessaire pour raviver la flamme ou faire naître une nouvelle histoire amoureuse.

Je crois que pour vivre plusieurs histoires d’amour simultanément, il faut déjà en solidifier une. Sinon le risque est grand de n’avoir finalement que des partenaires sexuels multiples sous couvert d’amour qui n’assouvissent que notre désir et notre soif de reconnaissance.

Il m’arrive de penser que, peut être, ce que l’on nomme polyamour « n’est » que la reconnaissance de ce que l’Homme est dans son essence : polysexuel .

l'essentiel n'est pas d'adhérer à un mouvement mais de se reconnaître et d'accepter ETRE mouvement.

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Lagentda

le jeudi 16 octobre 2014 à 23h48

Très beau témoignage Bexi. Je n'ai pas vraiment de questions à te poser (et certainement pas de conseils à te donner, vu comme tu sembles mener ta vie dans la sincérité vis-à-vis de ton ressenti). Car, tu as tout expliqué : évoquant ta dynamique durant cette dernière année, tes motivations, évoquant aussi le ressenti de tes partenaires-clés, G. et H., durant cette année, et face à la situation nouvelle. En tout cas, la communication semble très bien passer entre vous, si bien qu'effectivement les petits moments de trouble, doute et déception que chacun a pu connaître, ne sont pas un obstacle à l'avancée de chacun en confiance dans la vie.
Ce qu'il faut retenir aussi, c'est que rien n'était prémédité : il ne s'agit pas d'un polyamour transitionnel (du type "on verra bien") entre deux histoires monoamoureuses. Tu t'es donnée corps et âme dans tes différentes relations, polyamoureuses pendant un an, et monoamoureuse maintenant. Tu as juste suivi ton ressenti et son évolution au fur et à mesure, en bonne intelligence avec les gens qui te sont chers.

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LuLutine

le mardi 21 octobre 2014 à 12h27

Goldmund
Il m’arrive de penser que, peut être, ce que l’on nomme polyamour «  n’est » que la reconnaissance de ce que l’Homme est dans son essence : polysexuel .

Je ne partage pas du tout cet avis. (Je voulais le dire.)

Lagentda (à Bexi)
Tu as juste suivi ton ressenti et son évolution au fur et à mesure, en bonne intelligence avec les gens qui te sont chers.

Tout-à-fait.
Et ça se passe bien parce que tout le monde a fait de même... :)

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