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Mono+Poly = ? Quelle est l'issue de l'équation

Monogamie
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Youyou (invité)

le jeudi 04 décembre 2014 à 20h16

Bonjour,

Je suis en couple depuis 9 ans nous étions nos premiers partenaires. Nous vivions depuis qqes années chez ses parents, qui ont déménagé durant l'été. Nous étions enfin tous les deux... et il y a un mois et demi, mon copain m'annonce qu'il ne sait plus où sont ses sentiments pour moi. Nous avons fait un break de 3 jours. Puis il est revenu vers moi me disant qu'il m'aimait qu'il voulait faire des enfants avec moi etc...
Mais il a besoin de plus, il veut vivre d'autres relations amoureuses/sexuelles, les deux. Cela est devenu un pré-requis pour lui, çà s'est révélé d'une manière assez brutale pour moi, même si durant ces années il m'avait déjà parler de faire des plans à 3 etc...
Puis il m'a révélé qu'il avait eu des sentiments forts pour d'autres femmes durant notre relation mais qu'il avait toujours écrasés pour ne pas me faire souffrir. pendant nos 3 jours de break il a été sur un site de rencontre, flirter avec une fille, qu'il a ensuite rencontré de manière amicale.
Je me sens impuissante face à cette situation, et profondément choquée, j'ai l'impression d'être avec un autre homme, qui n'est plus celui dont je suis tombée amoureuse. Il me dit pourtant m'aimer mais a besoin d'autres amour, c'est sa nature. et moi je ne peux pas l'imaginer avec une autre femme, j'ai essayé, cela me hante chaque jour, je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse vouloir autant avoir d'autres relations (bien que j'ai vu que çà existait en lisant des articles et des postes), cela devient urgent pour lui et il en souffre. j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'issue pour notre couple. Soit il est condamné à souffrir avec moi et je culpabiliserai, soit je suis condamner à souffrir avec lui si j'accepte qu'il vive son polyamour, soit nous nous séparons.cette situation me fait souffrir ainsi qu'à lui depuis 6 semaines. Je suis certaine qu'une situation similaire a due arrivée à pleins de couples. Avez-vous des conseils?
Merci

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Anarchamory

le jeudi 04 décembre 2014 à 21h09

Salut,

On dirait un peu mon histoire, du point de vue de ton copain... Si tu fais déjà la démarche de demander conseil sur ce site, c'est déjà bien. Jamais pu avoir la même démarche de la part de mon ex. Si la monogamie est vraiment ancrée en toi et le polyamour en lui, je crains que la moins mauvaise issue reste la séparation. Tout ce qu'on pourra faire ce sera de te rassurer sur le fait qu'il t'aime encore et ne souhaite pas te quitter, mais après, la balle est dans ton camp... Peut-être qu'une analogie avec l'amitié pourrait te permettre de mieux cerner ses envies ? Imagine qu'il ne veuille pas que tu aies d'ami en dehors de lui, je suppose que ça te contrarierait pas mal, et que tu te demanderais de quel droit il pose une telle exigence ? Ben là c'est un peu pareil... Je ne veux pas parler au nom de tous les polys de la Terre mais, personnellement, je pense qu'entre une partie de tennis et une partie de jambes en l'air, la différence en est une de degré d'intimité, mais pas de nature. Le polyamour, tel que je le conçois, ce n'est que l'extension du domaine de l'amitié aux activités jugées intimes et corporelles... Mais puisque nous ne sommes pas de purs esprits, il semble naturel que toute intimité mentale (comme on peut en avoir en amitié) puisse trouver écho dans une intimité physique, non ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 05 décembre 2014 à 00h14

La difficulté entre mono et poly, c'est que chacun souffre que l'autre ne soit pas comme lui. Le (ou la) mono voudrait que son partenaire poly soit mono, le ou la poly voudrait que son partenaire mono soit poly. Donc chacun contrarie la nature de l'autre.
Le seul couple mono-poly viable (j'en connais quelques-uns), c'est celui où le (ou la) mono dit: "Écoute, ça ne me dit rien d'aller voir ailleurs, mais je comprends que tu puisses avoir ce genre d'envies. Dans ce cas convenons que tu as cette liberté mais que tu ne me racontes rien parce que ça me ferait trop mal, tu me préviens juste quand tu sors et si tu ne rentres pas dormir à la maison. D'autres demanderont au contraire que Poly raconte bien en détail ce qu'il (elle) vit, car ça les rassure d'être tenus au courant, ça dépend de la personnalité de chacun. De son côté, Poly dit: "J'ai envie d'autres relations, mais sache que je t'aime et que je ne veux pas te faire souffrir, je ne fais pas cela contre toi, ni parce que tu ne me satisfaits pas mais parce que j'en ai besoin, et tu n'y es pour rien. Merci de le comprendre et de mon côté je ferai tout pour que tu te sentes aimé(e) et rassuré(e)."
Pour résumer, le couple mono-poly fonctionne si le mono admet qu'il est mono mais que ce n'est pas une valeur universelle, et si le poly admet qu'il est poly mais ne cherche pas à convertir le mono ni à lui dire que la monogamie est stupide. Chacun admet que l'autre est différent, et que cette différence n'est pas une raison pour se séparer lorsqu'on s'aime et qu'on a un projet de vie ensemble.

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Siestacorta

le vendredi 05 décembre 2014 à 00h14

Dieu (oué. On a Dieu sur notre forum. On s'en vante même pas...) t'a fait part d'une façon de penser poly (une parmi quelques autres quand même), mais je comprend aussi que pour toi, ça fait un gros fossé à franchir.

Maintenant, sur votre situation, c'est la première ligne qui m'a le plus titillé l'écran. Je pense que tu as conscience d'une partie du problème en le mentionnant dès le début, mais ce n'est pas la partie que tu développes. Pourtant, c'est "the elephant in the room", quelque chose d'évident mais qu'on ne regarde plus quand ça fait longtemps que c'est là, tout en cherchant des explications et des solutions ailleurs :

Youyou
Je suis en couple depuis 9 ans nous étions nos premiers partenaires.

C'est évident qu'au bout de 9 ans, tu es avec "un homme différent de celui dont tu es tombée amoureuse". Cette différence, c'est pas un besoin nouveau qui vient d'apparaître, c'est que vous n'êtes plus des adolescents, vous être différents de cette époque de la rencontre.

Vous n'êtes plus adolescents mais vous n'avez apparemment pas l'expérience amoureuse qu'ont aujourd'hui la plupart des adultes quand ils entrent dans une relation vouée à durer.
Je pense que dans ta souffrance, il y a aussi cette perception-là. Tu as probablement peur qu'un changement arrive, parce que tu sais qu'il peut arriver.

Oui, même comme ça, la situation arrive à pas mal de couples, mais chacun, selon la personne qu'elle est devenue dans le temps, va décider d'une issue particulière : continuer sur le même contrat qu'avant, ou se donner une marge d'expérience, et/ou accepter qu'ils s'aiment aujourd'hui différemment que lors de leurs premiers émois, et/ou que les questions que vous vous posez aujourd'hui sont très différentes de celles quequ'ils se posaient (ou pas...) il y a 9 ans, ou constater qu'il y a une remise encore plus grande à faire...

Peut-être pensais tu que le break lui ferait craindre une rupture, et qu'après un peu de respiration, en quelque sorte, il reviendrait à la raison. Il craint peut-êtrre de rompre, mais les changements en lui qui l'ont mené à ce break sont probablement plus profonds et plus anciens qu'une envie de trainer sur un site d'annonces. La raison, pour lui, c'est de se donner une chance de continuer à mûrir dans sa vie...

Je sais pas s'il est vraiment dans un esprit poly (accessoirement ça voudrait dire qu'il veut te garder et en même temps qu'il est prêt à te le voir toi avoir d'autres relations - pas seulement avoir envie d'autres relations pour lui-même).
Je pense que "plusieurs relations", dans son cas, c'est surtout "de nouvelles relations", parce qu'il a des envies, des curiosités, des morceaux de vie qu'il n'a pas eu.

C'est clairement pas ta faute, au cas où tu en douterais.
Ni de la faute d'une mauvaise dynamique récente dans votre relation.
Tu pourrais être neurochirugienne, top-model et milliardaire à la fois, vous pourriez n'avoir aucun soucis et aucune circonstance qui permettrait d'expliquer le changement, vous pourriez être des Ames Soeurs Liées par le Destin et des Sentiments Plus Forts Que Tout, il pourrait encore avoir ces envies.

Mon conseil... je sais pas si c'est tenable... ce serait d'essayer de comprendre ces envies, sans que ça signifie adhérer en même temps à un projet poly : dialoguer et creuser avec lui de quoi il s'agit, autant pour faire le point pour lui que pour te situer toi. Dire qu'il a envie d'autres personnes, ça veut rien dire tout seul : même les monogames les plus exclusifs, ont, de temps en temps, des idées qui leur passent par la tête. Même les prêtres ont des heures de doute. Le tout, c'est de savoir ce dont il a envie maintenant. De séduction ? De sexe ? De romance ? De tendresses ? D'une personne en particulier ? D'une vie différente, d'être une personne différente de celle d'il y a 9 ans ?
Je pense qu'il se découvre, même s'il est affirmatif sur son "pré-requis", il affirme là plus son besoin de changement qu'un projet précis de ce qu'il en attend.

Si en faisant le point sur ses désirs, tu ne veux pas de changement du tout, ou aucun de ceux qu'il te décrira, "l'issue" est une rupture... Si tu sens que, dans ton attachement à lui, et dans tes propres attentes (pas forcément amoureuses), il y a ya une place pour du changement, alors ça doit pas se dialoguer sur "je rejette ou je me rend à contre-coeur", mais sur comment négocier le virage ensemble, en testant peu à peu ce qui est possible.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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MagentadeMars

le vendredi 05 décembre 2014 à 08h32

Siesta me fait penser à un principe plus large : plus qu'on a confiance en soi, moins on sent menacé d'un partenaire qui va voir au monde. Si profondément on pense ne pas être au niveau (sexuellement ou autre), plus qu'il y aura peur que l'autre trouvera mieux ailleurs.
Ce ne serait pas facile d'éviter ce type de doute dans vos cas... mais pas facile non plus de continuer sans te poser la question "mais c'est comment ailleurs ?"

Si j'ose un conseil, ce sera de profiter de votre amitié. Vous aurez eu l'occasion d'avoir d'autres amis, sans que vous ayez décidé à vous vous quittez. Si vous pourriez partir à l'aventure d'apprendre comment sont des autres personnes, en couple... ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le vendredi 05 décembre 2014 à 09h36

Je crois que la souffrance n'est jamais éternelle. Elle montre que la relation évolue, peut-être pas comme on arrivait à le projeter avec les erreurs inhérentes à toute projection.
La souffrance est le symptôme du travail nécessaire et qui se réalise pour que chacun trouve sa place ou trouve une autre place avec l'autre.
Je parle là dans les conditions du respect qu'évoque aimerplusieurshommes.

De même que je ne crois pas que la douleur doive s'installer durablement, je sais aussi que tout peut se vivre. Il n'y a pas d'opposition entre mono et poly, il y a simplement deux personnes qui évoluent sans cesse, même quand elles n'en ont pas conscience et parlent différemment leur vie, inscrivant leurs appétits et leurs besoins changeants dans le dialogue qui continue de construire leur projet amoureux.

Cela ne peut pas être facile ou simple, mais cette difficulté donne aussi du prix à la confiance qu'ils se font de pouvoir, ensemble, continuer de grandir.

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(compte clôturé)

le vendredi 05 décembre 2014 à 12h00

Comme souvent, je plussoie ce qu'écrit Siestacorta, avec une nuance. Siesta, tu as flashé sur la phrase: "Je suis en couple depuis 9 ans nous étions nos premiers partenaires." C'est important parce qu'effectivement cela peut impulser l'envie de connaître d'autres relations, parce qu'on a peu d'expérience, mais en fait, le changement dans les couples existe quels que soient leurs débuts. Je reçois des dizaines de lettres me disant "il (elle) ne m'aime pas comme au premier jour", et je réponds toujours que c'est normal, parce que six mois, deux ans ou dix ans après, ce n'est plus le premier jour et heureusement, car si on en restait toujours au premier jour, comme dans "Un jour sans fin", quelle monotonie! Le devenir de la relation dépend de la façon de vivre le changement de l'un et de l'autre, de l'un ou de l'autre, mais vouloir revenir à la situation d'avant ne marche pas, puisque cette situation a disparu.
Youyou, j'ai été frappée par le fait que votre vie en couple "face à face" est récente puisque vous avez passé plusieurs années chez les parents de ton copain, ce qui fait que vous restiez des enfants, quel que soit votre âge. Brusquement, vous vivez ensemble, tous les jours, sans la distraction apportée par les parents, et vous êtes des adultes. Ça fait beaucoup, ça peut être un choc. Je te le dis d'autant plus aisément, moi qui ai connu mon mari à 17 ans, que sur nos premières 30 années ensemble, nous avons vécu seulement trois ans en tête-à-tête (le reste en communauté, co-loc, ou dans des lieux distants) et ça a été la période la plus difficile de notre relation. Sans que ça ait quoi que ce soit à voir avec le fait de s'aimer. Ça relevait de l'angoisse d'être rangés dans une petite case, une jolie maison, des potes qui nous invitaient toujours tous les deux alors qu'on a parfois envie de les voir seul(e).... Bref, ça relevait de la sensation que le couple fermé sur lui-même tue l'amour. Alors même que lui et moi étions déjà polys! Pour beaucoup de gens- dont sans doute ton copain- le désir d'exister en tant qu'individu est très fort, essentiel pour se sentir bien dans sa peau, non dépendant, pour avoir confiance en soi (et dans les autres). Ton copain a exprimé le désir d'avoir d'autres relations, ce n'est pas seulement une question amoureuse et/ou sexuelle, c'est une façon de te dire "laisse-moi découvrir parfois le monde sans toi". De la réponse que tu apporteras à cette demande (qui implique que tu lui exprimes aussi tes doutes, tes peurs, tout ce que tu ressens) dépend l'avenir de votre relation.

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Siestacorta

le vendredi 05 décembre 2014 à 12h38

aimerplusieurshommes
, mais en fait, le changement dans les couples existe quels que soient leurs débuts. Je reçois des dizaines de lettres me disant "il (elle) ne m'aime pas comme au premier jour", et je réponds toujours que c'est normal, parce que six mois, deux ans ou dix ans après, ce n'est plus le premier jour

Vivi, je voulais pas dire que c'est spécifique à la relation de Youyou, seulement que cet élément du récit me semblait central.
Après, clairement, quelle que soit la situation de départ, le temps qui passe apporte des changements, de dehors, ou de la personne.

Dans le cas de Youyou, non seulement ce n'est plus le premier jour, comme pour tout le monde, mais en plus le premier jour avait un cadre vraiment particulier : elle et son homme étaient très jeunes, peu expérimentés, et leur mode de vie a ensuit été forcément influencé par la présence des parents au domicile (sans parler de possibles rapports de dépendance matérielle enfant/parents, assez "castrateurs" quand il y en a, de liens affectifs qui peuvent avoir facilité la dépendance matériellement...).

Et c'est moi qui te plussoie sur le surplus de pression ajouté par la vie chez les parents ; bien sûr que c'est après ça que le caractère du monsieur s'épanouit et montre plus fortement d'autres facettes affectives. 'est un gros changement de conditions... Il n'est plus confronté aux mêmes rapports humains, il n'a plus le même cadre "moral", donc il a l'espace pour explorer autre chose. Et son couple, sans doute en partie illusoirement, fait pour lui partie des territoires connus. Il ne le rejette pas, pas plus qu'il va cesser d'aimer ses parents... mais il ressent la présence d'autres aspects de la vie, plus fortement qu'avant.

Bref : le changement n'est pas seulement interne pour l'amoureux de monsieur, c'est un gros changement de vie, une évolution dans le temps, auquel répond un changement affectif.
Il veut "voir le monde", sans ses parents, et il a besoin que Youyou lui laisse aussi découvrir un peu le monde sans elle. Comme je le disais, ça dépend aussi de ses envies à lui actuelles, parce que la marge de liberté nécessaire est pas la même quand on a envie de "jeter sa gourme" et juste baisouiller un peu, ou séduire, ou inventer une autre vie radicalement différente de celle passée.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le vendredi 05 décembre 2014 à 13h18

un petit lien réjouissant : /discussion/-Qg-/Besoin-de-conseils/#msg-72331

le dernier post de Kallista du 5 décembre, en ayant bien présent à l'esprit que toutes les expériences sont différentes...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Apsophos

le vendredi 05 décembre 2014 à 14h26

Youyou
en couple depuis 9 ans
[...]
j'ai l'impression d'être avec un autre homme, qui n'est plus celui dont je suis tombée amoureuse.

i0.kym-cdn.com/photos/images/original/000/210/119/...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 06 décembre 2014 à 16h46

aimerplusieurshommes
[...] c'est une façon de te dire "laisse-moi découvrir parfois le monde sans toi".

J'aime beaucoup cette formule, je retiens :-)

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youyou (invité)

le samedi 06 décembre 2014 à 23h04

Tout d’abord merci pour tous vos postes et ainsi que vos conseils.
En toute franchise j’ai écrit ce poste car mon copain en avait envie et je voulais lui faire plaisir.
Je n’aurai jamais pensé que Dieu me dirai ce genre de choses un jour mais la phrase « aimer vous les uns les autres prend tous son sens maintenant » . Je n’aurai jamais pensé non plus qu’une partie de Monopoli pouvait se jouer comme cela.
En effet il n’est pas commun de n’avoir connu qu’un seul partenaire durant si longtemps de nos jours et cela peut influer.
Il m’invite à avoir d’autres relations de mon côté, mais cela ne m’intéresse pas aujourd’hui. Je pense comprendre ses envies mais n’arrive pas à y adhérer, peut être dans quelques années mais je ne peux pas le laisser m’attendre. Avoir connues plusieurs relations peut surement changer notre perception du couple. Nous avons tous les deux 29 ans et nous sommes connus à 19.
Oui je l’avoue la petite case, une jolie maison, des potes me convenait bien. Je dois avoir une vision surréalistes des choses et oui certainement restée plus enfant que la plupart des personnes de mon âge.
Mais aujourd’hui je n’arrive pas à le laisser aller voir le monde sans souffrir et je souffre d’autant plus que j’ai l’impression de le tenir en cage. Je l’aime vraiment alors j’ai décidé de le laisser y aller, sans moi car je ne peux pas.

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Siestacorta

le samedi 06 décembre 2014 à 23h42

youyou

Mais aujourd’hui je n’arrive pas à le laisser aller voir le monde sans souffrir et je souffre d’autant plus que j’ai l’impression de le tenir en cage. Je l’aime vraiment alors j’ai décidé de le laisser y aller, sans moi car je ne peux pas.

Je comprends que tu ne voies pas d'autre solution que ce choix ou la rupture, pour l'instant... Mais ça n'est pas, je crois, une bonne direction. Ca peut devenir un rapport de force caché derrière un " j'ai fait une concession, MOI".
Parce qu'à priori, le cas le plus probable, c'est que c'est une concession qui va "te servir" à montrer (à lui comme à toi) que tu souffres. Il irait en culpabilisant, et si c'est pas le cas, tu le ferais culpabiliser en montrant ta souffrance, ça montrerait que ça ne marche pas.
Et à la fin, ça ramènerait quand même à "tu arrêtes ou je pars", avec en bonus "j'ai essayé le sacrifice et toi tu n'est pas capable de revenir sur tes idées farfelues".

Je pense que tu ne cacules pas réellement ça, que tu espères une autre solution idéale (il réalise à quel point tu l'aimes et il arrête, ou finalement tout va redevenir comme avant) et que tu offres sincèrement de "le laisser y aller"... mais au fond, tu te rends compte que, pour ne pas chercher de compromis, tu fais une concession que tu feras payer cher ? (je te recommande de suivre ce lien, différencier les deux peut être important dans votre situation)

Le compromis, là, c'est un dialogue. Concéder "va voir ailleurs, je souffrirai en silence", c'en est pas.
Le questionner sur ses envies, comme je te le conseillais quelques messages plus haut, et lui faire part de tes craintes, oui, ça y ressemblerait beaucoup plus...

A part ça, deux choses...

Youyou
En toute franchise j’ai écrit ce poste car mon copain en avait envie et je voulais lui faire plaisir.

Ca, ça me fait penser que ton copain aussi est dans un rapport de force pas bien assumé.
Si c'est le cas, il faut le dire pour passer à autre chose ensuite : en ce moment, vous semblez dans un rapport de force. C'est pas grave, ça arrive dans toutes les relations humaines, le tout est d'en faire autre chose de mieux.
Mais, là, ton copain assume pas - pas encore ?
En tout cas, lui aussi doit prendre en main la situation, les questions à se poser. C'est pas parce qu'il a décrété qu'il était polyamoureux que ça va se résoudre "à la polyamoureuse". Il te demande un travail sur toi, sur le couple, mais il en a lui aussi beaucoup à faire ! Et t'envoyer toi ici, comme si c'était toi qui avais un problème à régler et que lui il n'avait rien à faire, je trouve pas que ce soit une bonne façon de faire non plus.
(EDIT : peut-être que lui-même fait sa part du travail et du dialogue à côté, mais ça ne paraît pas dans ton témoignage)

Et aussi, quand tu dis

Youyou
Je dois avoir une vision surréaliste des choses et oui certainement restée plus enfant que la plupart des personnes de mon âge.

d'une certaine manière, j'entend que tu revendiques ta vision des choses, face à un discours poly qui ne t'intéresse pas.
Je comprend bien, vraiment ; et tout ce que moi je te dis ici, c'est pas dans le sens "deviens poly tout ira bien". Il se peut très bien que ça soit pas simple, et surtout, il se peut que le polyamour ne puisse pas t'épanouir du tout. Donc quand je te parle de ça, c'est en étant bien conscient que la façon d'aimer dont nous parlons ici, c'est pas évident, accessible par quelques secondes de raisonnement et de bonne volonté.

Mainteant, quand tu dis "je suis restée plus enfant" - tu hésites pas àme dire si je surinterprètes - mais moi, j'entend : "j'ai gardé une certaine innocence alors que le reste du monde est plein de pourris, d'aigris et de gens qui savent pas que l'Amour c'est l'Innocence des Enfants".

- déjà, tu as près de trente ans, tu n'es pas restée enfant. Ce n'est pas une question de surréalisme ou de manque d'imagination, c'est que tu es une femme, adulte, capable de penser et de transcrire ses pensées, capable de sentiments, et de dialogue.
- ensuite, les gens qui ne restent pas enfant ne sont pas des messagers du Mal. Ici, on te propose de parler d'amour et de parler dans la relation amoureuse, de dialoguer, de dépasser les peurs comme les désirs compulsifs... En somme, une façon de faire les choses bien.

Avant de regarder les attentes, il s'agit de pas découper le monde entre des gentils romantiques qui croient à l'amour des princes et des princesses, et des méchants pervers égoïstes qui aiment pas vraiment leur partenaire !
(je caricature beaucoup, mais l'opposition entre les deux visions peut être vécue sur ce mode-là : si tu ne "reconnais pas l'homme dont tu es tombée amoureuse", même si ça s'explique après tout ce temps passé pour lui et pour toi, ça dit aussi qu'il te devient étranger par cette attente.
On est différents, certes, mais l'amour d'un non-exclusif, et a fortiori celui d'une personne non-exclusive qui t'aime, n'est pas quelque chose d'étranger. Tu peux ne pas le comprendre, mais n'y met pas la démarche de quelqu'un qui veut briser un "paradis" de la relation - seulement l'expression d'une évolution des sentiments.

Je me suis attardé sur ce point, parce que dans tes messages tu dis ne pas comprendre qu'on puisse avoir besoin d'autreS personnes, donc que tu pourrais, du coup, juger ceux qui le font, ton mari, ou ceux qui ici répondraient à ton témoignage...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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MagentadeMars

le dimanche 07 décembre 2014 à 00h04

Siesta, il se peut bien que tu aies raison, mais tu ne vas pas un peu lourdement en supposant que ces discussions n'aient pas eu lieu, que les rapports (de force ou autre) ne soient pas assumés ?

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Siestacorta

le dimanche 07 décembre 2014 à 00h41

C'est possible...
J'espère qu'on me le dira si je me suis emballé, Youyou, hésite pas, je fonce direct parfois, mais c'est en partant du principe qu'on peut me ramener facilement au réel quand je fais erreur, je me vexerais pas et j'espère ne pas vexer, c'est juste une opinion personnelle sur un forum où on est anonyme...

Magenta, Disons qu'avec le bout d'histoire qui est là et la façon de la raconter, je crois pas me planter. Mais si c'est le cas, on pourra sans doute faire avec.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le dimanche 07 décembre 2014 à 01h30

Moi je ne "lis" pas du tout ça dans les messages de Youyou, Siesta.
Mais si ça se trouve, c'est toi qui as raison, j'en sais rien...

Siestacorta
c'est juste une opinion personnelle sur un forum où on est anonyme...

Oui, d'ailleurs je ne te connais pas et je ne t'ai jamais vu ;) :P

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Siestacorta

le dimanche 07 décembre 2014 à 01h41

LuLutine
Moi je ne "lis" pas du tout ça dans les messages de Youyou, Siesta.

La partie sur les rapports de force ?
Je le reformule : je crois à ce que je dis, mais c'est une interprétation, évidemment que je ne connais pas mieux la situation de Youyou qu'elle-même.
Si je me plante, c'est pas grave, j'ai dit une connerie et je fais ça souvent ; si je me plante pas, ça vaut le coup d'être dit.

J'ai ajouté une ou deux tournures de recul et quelques conditionnels pour pas en faire trop, après vos messages.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le dimanche 07 décembre 2014 à 01h52

Plutôt ce genre de passages :

Siestacorta
Ca peut devenir un rapport de force caché derrière un " j'ai fait une concession, MOI".
[...]mais au fond, tu te rends compte que, pour ne pas chercher de compromis, tu fais une concession que tu feras payer cher ?
[...]
Mainteant, quand tu dis "je suis restée plus enfant", tu me dis si je suis excessivement parano et si je surinterprètes, mais moi, j'entend "j'ai gardé une certaine innocence alors que le reste du monde est plein de pourris, d'aigris et de gens qui savent pas que l'Amour c'est l'Innocence des Enfants".

Par contre, dans le fait que le copain "l'envoie" ici (et ne vienne pas lui-même si j'ai bien compris), là oui y a peut-être un genre de rapport de force pas trop assumé.

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Siestacorta

le dimanche 07 décembre 2014 à 02h12

Encore une fois, je peux me tromper.
Mais quand je lis
" Je l’aime vraiment alors j’ai décidé de le laisser y aller, sans moi car je ne peux pas. "
ce sont des mots qui sonnent aussi bien pour parler d'une rupture que pour parler d'un "sacrifice", d'une concession. C'est ressenti violemment (le mot "souffrir" revient très très souvent dans les posts) et la réaction "j'ai laissé aller" est une réaction "soudaine", donc avec sa part de force.
Si c'était vraiment de la rupture, je pense que ce serait dit.
Donc, en attendant, ce sont des mots qui parlent d'une position de "d'un seul coup, j'ai lâché tout, je dis oh et puis tant pis si ça doit arriver, moi j'ai exprimé ce que je veux, si ça pète ça pète".
Dans ce genre de situation, quand il y a eu un dialogue plus posé, c'est aussi sensible dans ce qui est décrit. Là, je me dis qu'il peut y avoir compréhension mutuelle, mais sans le côté écoute et construction progressive.

Je crois que le triangle dramatique de Karpman est quelque chose de très plausible, quand il y a ces mots-là, cette rapidité-là face à cette intensité-là.

Pour la partie innocence Vs méchants poly blablabla... J'ai mis une grosse couche, bien épaisse, de "si ça se trouve je vois plus qu'il n'y a" avant de me lancer dans mon délire d'interprétation.
Mais à mon sens cette réaction que je projette serait très cohérente avec l'histoire de la rencontre à dix-neuf ans, la longue cohabtation avec les parents, la surprise de voir le gars changer après leur déménagement... quelqu'un qui a vécu comme ça avec son partenaire a probablement des attentes affectives assez carrées, et, comme Youyou l'a exprimé, assez loin de nos conceptions d'ici. Je m'attend donc à ce qu'il y ait un regard sur aimer bien "mono" contre pas vraiment aimer "poly".
Et pour moi, quand Youyou dit à propos de ses sentiments "surréaliste" et "enfant", des mots assez forts pour quelqu'un qui se voyait bien dans la petite maison les copains le même partenaire depuis longtemps, elle prend en compte le regard que j'ai proposé, mais ça pousse un peu plus loin que ça : il y a aussi son étonnement à ce qu'on puisse la regarder d'une façon si éloignée de ses références à elles.

Voilà, c'est peu, hein ?
Encore une fois : si je me trompe, j'ai aucun amour-propre :-) , j'aurai pas de complexe à entendre que j'ai compris tout de travers.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le dimanche 07 décembre 2014 à 02h25

après, mon expression "une concession que tu feras payer cher", comme je le dis, c'est pas un calcul.. pas une intention de vengeance à l'avance.
C'est seulement que si on prend pas conscience que la pression intérieure monte dans cet esprit de sacrifice/concession, quand ça sort, ça fait du dégât. Pas avec la volonté préméditée de faire mal, mais avec la possibilité de répondre avec autant de force que ce qu'on a ressenti soi-même.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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