Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Renoncer au polyamour

Monogamie
#
Profil

Cendre

le jeudi 28 février 2013 à 12h56

Juste un petit post comme ça pour partager ma douleur avec vous (j'ai plein d'autres sujets en tête, mais c'est pas raisonnable que je prenne le temps de les écrire)

Avec un de mes amoureux, on a renoncé à se voir.
Parce qu'il ne peut pas continuer à me voir sans mentir à sa femme.
Parce qu'il l'aime.

Je pose pas la question pour moi. (j'ai souffert de cette décision, mais je l'ai digérée depuis)
Je pose la question pour lui.

Est-ce que vous avez déjà été en contact avec des partenaires qui ont fait ce type de renoncement, qui ont renoncé à la vie polyamoureuse, qui ont réintégré le cadre rassurant du monoamour, par amour pour leur partenaire.

Encore, quand on sait pas que ça existe, qu'on est dans l'image normale de la société, on arrive (plus ou moins bien) à se faire une raison.
Mais quand on a vu que certains le vivent ???

J'ai peut être tort de me faire du soucis pour lui. C'est pas parce qu'il refuse de discuter du sujet avec moi qu'il le vit mal (il a peut être tout simplement peur de me faire mal à moi)

Si vous avez des réflexions sur la question (ou des vieux fils), je suis à votre écoute...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 28 février 2013 à 14h17

Ben surtout que si c'est le gars de ton "premier épisode", celui dont l'épouse est venue te voir, son renoncement a plus de probabilité d'être envers l'honnêteté qu'envers les relations multiples... Il a un passif adultère avant toi, et on change rarement comme ça.

C'est surtout triste pour son épouse. Je comprend bien qu'elle soit exclusive, mais elle aime un gars qui ne semble pas l'être.

Après, les gens qui renoncent, il y en a, comme il y a des gens qui changent de vie, mais c'est plus une fatalité interne quand ça marche qu'une décision de circonstances, de maintien de statu quo.

En y réfléchissant, ça dépend du point où on a besoin de la multiplicité. Chez certains c'est un besoin profond, qui les définit comme personne, chez d'autres c'est une possibilité ouverte ou non par les circonstances, et chez certains c'est un essai qui ne s'est pas conclu.

C'est valable inversement, pour des gens qui ont pratiqué la monogamie : un besoin plus ou moins profond (et c'est plus rarement important que les gens le croient, mais ils ont pas l'occasion de le vérifier).

#
Profil

bouquetfleuri

le jeudi 28 février 2013 à 14h25

Cendre,

je ressens bien ta douleur, qui ressemble à une asphyxie méthodique...

Par deux fois au long de ma vie, j'ai été amené à m'éloigner de mes polyamoureuses et à m'éloigner de ma femme, pour vivre une relation monoamoureuse avec une autre femme gravement malade. Elle me le demandait comme une grâce, alors qu'elle avait pourtant bien accepté auparavant ce mode de relation. Simplement sa maladie touchant à ses capacités de contrôle et de choix, rendait insurmontable de ne pas me voir "consacré" à elle.
Et par deux fois, j'ai accepté, persuadé de leur permettre de survivre.
Par deux fois, cette preuve d'amour n'aura pas suffi. La vie suit un autre cours que celui de l'imagination.
Et la douleur des éloignements passagers (pari sur l'inéluctable ? Je ne veux même pas penser qu'inconsciemment j'aie mis cela en scène) s'est aggravée d'éloignements définitifs.

La différence entre nos deux expériences est que ton amoureux est vivant, et que pour nourrir un sentiment amoureux, rien ne vaut la vie de l'autre. Il en va de même pour lui.

Pour l'instant, vous ne pouvez pas continuer à vous voir. Pour l'instant. Cet élément temporel cèle d'autres espoirs.
Si vous devez vous retrouver, il aura le courage de le faire sans mentir à sa femme, ce n'en sera que plus beau.

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 28 février 2013 à 15h32

bouquetfleuri
Si vous devez vous retrouver, il aura le courage de le faire sans mentir à sa femme, ce n'en sera que plus beau.

Ou pas !
Le mensonge peut être un moyen de s'aimer. Pas un moyen très positif, certes, mais ça arrive, dans une société répressive, que ça puisse garantir plus de liberté.
Faut pas jeter la pierre sur les adultères, on est derrière !

Je ne crois pas que l'adultère soit un bon substitut au polyamour, et on est plus là pour proposer quelque chose de plus constructif que pour en faire la promo. Mais on peut comprendre ce choix et certaines de ses circonstances : it's complicated, parfois.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Cendre

le jeudi 28 février 2013 à 15h40

Siestacorta
Son renoncement a plus de probabilité d'être envers l'honnêteté qu'envers les relations multiples... Il a un passif adultère avant toi, et on change rarement comme ça.

Hum...
C'est vrai que j'ai tendance, surtout ici sur ce forum, à considérer que l'honnêteté prime avant tout le reste. Mais c'est pas nécessairement le cas pour tout le monde, et quelqu'un qui n'a pas cette même exigence d'honnêteté n'est pas forcément quelqu'un de mauvais non plus.
C'est un peu tôt pour juger (si jugement il y a à porter), dans la mesure où notre relation actuelle lui permet d'être honnête sans complètement renoncer à notre relation (seulement l'amputer de sa dimension physique)

Pour l'instant.
Je préfère pas parier dessus, ça me semble bien incertain, mais l'avenir nous dira.

Merci pour vos soutiens

Edit pour Siesta qui poste en même temps que moi : on est d'accord sur le mensonge ^^

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

bouquetfleuri

le jeudi 28 février 2013 à 15h48

Oui Siestacorta, tu as évidemment raison, mais je suis un indécrottable idéaliste, pas très loin du clan des bisounours, hahaha.
De plus, je crois vraiment que le mensonge, en dehors de l'instrument qu'il est, et même proféré pour la bonne cause, dépose des scories qu'on a toutes les peines du monde à balayer ensuite.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#

(compte clôturé)

le jeudi 28 février 2013 à 15h51

Mais bien sur que ça arrive ! Et même très souvent.

Chacun est libre - et encore plus dans une relation poly - de dire un jour : stop, ça ne me va plus, je risque trop gros. Et quoi que tu en penses toi, rien à faire et rien à dire : on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux. Parce que c'est pas bien et c'est pas ce qu'ils attendent de nous.

En revanche, respecter son retrait ne ferme pas nécessairement toutes les portes entre vous. Et l'amitié, vous y avez pensé ? Et elle, sa femme, elle en penserait quoi ?

#
Profil

bouquetfleuri

le jeudi 28 février 2013 à 16h16

En fait, on ne renonce jamais au polyamour.
C'est un cheminement qui fait avancer, qui construit une individuation riche et libérée de quelques contraintes culturelles.
Tout au plus pouvons-nous renoncer à certaines expériences polyamoureuses, mais s'éloigner du polyamour me paraît vraiment être un déni de son propre progrès (progrès à prendre dans le sens de l'optimisation naturelle, évidente et obligatoire des choses)

#
Profil

Cendre

le jeudi 28 février 2013 à 18h03

Je comprends ton point de vue, BouquetFleuri, mais j'aime pas trop l'idée d'affirmer, un peu péremptoire, que le polyamour est un progrès intrinsèque.

Pour toi, pour moi, pour un certain nombre d'entre nous, ici, oui, c'est un progrès, c'est une façon d'assumer ce que nous sommes, qui ne fait aucun doute. Nous ne pouvons y renoncer.

Mais est-ce nécessairement le cas de tout le monde ?

C'est accepter qu'il existe une population, qui même ayant vu certains vivre le polyamour avec bonheur, décident que ce n'est pas bon pour eux.
Et oui, bien sur, le mensonge laisse des traces qui nous sont assez insupportables, mais nos difficultés quotidiennes à gérer nos relations en laissent aussi, non ?

@Janis, je me mélange avec les mots, en ce moment, entre amour et amitié, je n'emploie plus que celui de relation, qui implique un certain niveau d'intimité (spirituelle et/ou physique) éventuellement variable.
Mais oui, je compte bien garder cet amant là parmi mes proches. (et réciproquement). Même si on ne se touche plus, si on ne se voit plus. On partage encore tellement !
Quand à sa femme, je crois qu'elle aurait supporté que l'on reste en contacts "amicaux" si je ne lui avais pas montré à quel point j'étais amoureuse...
J'ai du vraiment lui faire peur sur ce coup là (mais alors vraiment).

ça rejoint une autre problématique que j'ai pas eu le temps de développer ici : toute vérité n'est pas bonne à dire, à montrer, même si moi, personnellement, je préfère que l'on me dise tout, que l'on me montre tout, ce n'est pas le cas de tout le monde...
(note pour le contre sens possible sur un truc qui mériterais bien plus que 4 lignes : tout, c'est tout ce que mon interlocuteur souhaite me dire, souhaite me montrer, c'est pas non plus dans un but d'exhaustivité....
Zut, j'ai vraiment pas le temps de développer là...)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

gdf

le jeudi 28 février 2013 à 18h08

Pour ma part, je peux dire que j'ai renoncé au polyamour. Je suis séduit par l'idée, mais ma femme ne considère pas que ce soit envisageable. J'ai fait mon choix. Comme on dit, choisir, c'est renoncer. Certains penseront qu'on est forcément malheureux en renonçant, mais je ne pense pas. Il ne s'agit pas d'un choix entre deux solutions tristes, mais entre deux solutions heureuses. Heureux avec elle sans polyamour ou heureux comme polyamoureux sans elle. Je reste curieux, et je passe du temps sur ce forum parce qu'il s'y dit plein de choses intéressantes, et que le niveau des discussions est particulièrement élevé (et j'ai pratiqué pas mal de forums pour dire ça), mais je ne pratique pas, sans regrets.

Gdf

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 28 février 2013 à 19h35

gdf
J'ai fait mon choix. Comme on dit, choisir, c'est renoncer.

Choisir, c'est éliminer les autres possibilités... jusqu'au prochain choix qu'on aura à faire. Je sais plus bien dans quel Ayerdhal je récupère, mais le sens est là.
On renoncer au polyamour ou à la monogamie à une époque de sa vie, mais les "toujours" et les "plus jamais", c'est des vieux pneus... heu... des vœux pieux.

#

(compte clôturé)

le jeudi 28 février 2013 à 19h56

Janis
On ne fait pas le bonheur des gens malgré eux.

(+)
Janis décidément je suis une de tes plus grandes fans :-D

#

(compte clôturé)

le jeudi 28 février 2013 à 20h12

Merci Shamal, mais je suis aussi la première à reconnaître que très souvent c'est bien plus facile à dire qu'à faire - et que c'est très très tentant parfois de vouloir éviter à quelqu'un qu'on aime de se manger des murs en pleine face.

Disons que je crois très sincèrement (même si je me plante régulièrement comme tout le monde sur cette matière) qu'aider/aimer quelqu'un ça ne consiste pas à le pousser à faire ce qu'on croit bien, mais à l'accompagner dans ce que lui a décidé - parce qu'après tout il reste mieux placé que moi pour savoir ce qui est bon pour lui.

Et si la personne qu'on aime considère que ce qui est bon pour elle à l'instant "T" c'est s'éloigner de nous, malgré la douleur qu'on ressent, le sentiment d'injustice aussi qu'il ne faut pas chercher à étouffer, l'idée que c'est un énorme gâchis, etc etc... Ben il vaut quand même mieux la laisser faire, ne pas intervenir dans la mesure du possible, et juste voir ce qu'il est possible de préserver sans lui faire violence (et sans non plus s'imposer des frustrations atroces). Et parfois on a la chance de se rendre compte alors qu'il y a encore de belles choses possibles, même si la relation change de forme. Parfois c'est hélas moins vrai - et c'est un mauvais moment à passer, il ne faut pas se leurrer.

#
Profil

gdf

le jeudi 28 février 2013 à 20h50

Siestacorta
Choisir, c'est éliminer les autres possibilités... jusqu'au prochain choix qu'on aura à faire. Je sais plus bien dans quel Ayerdhal je récupère, mais le sens est là.

On renoncer au polyamour ou à la monogamie à une époque de sa vie, mais les "toujours" et les "plus jamais", c'est des vieux pneus... heu... des vœux pieux.

Sans aucun doute ! Disons que j'ai renouvelé le choix fait il y a quelques années quand on s'est marié, et que je pense ce choix robuste pour encore quelques années. qui sait ce que l'avenir nous réserve ? Mais si on pende toujours que ce qu'on fait sera remis en cause, on ne va pas très loin non plus

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 28 février 2013 à 22h36

Pas "sera" remis en cause, seulement "peut" l'être.
Menfin bon, hé, si t'es bien comme tu vis, je vais pas t'en empêcher, quand même.

#
Profil

demeter

le vendredi 01 mars 2013 à 02h01

Cendre
Est-ce que vous avez déjà été en contact avec des partenaires qui ont fait ce type de renoncement, qui ont renoncé à la vie polyamoureuse, qui ont réintégré le cadre rassurant du monoamour, par amour pour leur partenaire.

Si c'est bien cette raison là qu'il se donne, ce renoncement ressemble plus à une idée qu'à une réalité. Le "renoncement" ne peut qu'être interne, profondément en correspondance avec celui qui le vit. On peut renoncer par fatigue, parce que les contreparties ne sont pas suffisantes, par la certitude d'avoir fait tout ce que l'on pouvait sans pouvoir aboutir, ou simplement parce que cela ne convient pas, mais renoncer "par amour pour un partenaire", je ne vois pas où cela peut mener hormis de faire porter à l'objet de cet amour une responsabilité qu'il risque d'avoir bien du mal à porter si ce n'est qu'un moyen de temporiser ou de masquer une absence de renoncement. En quoi l'amour peut il se nourrir de renoncement ? Cela ne relève-t-il pas plus du mythe que de la réalité ? Peut-être certains mythes font-ils tellement partie de la réalité, qu'ils deviennent constitutifs de la relation et "tiennent" quelque temps, mais ils permettent également de se glisser l'air de rien dans un rôle de prince ou de princesse. Hélas les rôles ne sont que des rôles, même si l'on y croit vraiment. Une façon de se protéger, mais au détriment de l'autre et parfois même de soi. En tout cas le déséquilibre engendré dans la relation entre son épouse et lui par semblable explication me paraitrait, lui, bien réel.

#
Profil

demeter

le vendredi 01 mars 2013 à 03h03

Juste une remarque en passant, je ne sais comment dire cela, mais ce que j'apprécie et me surprend Cendre dans ton questionnement au fil de tes messages c'est que tu sembles apprendre de toi et des autres avec une facilité à raisonner comme si cela t'était à la fois proche et étranger, comme si ce raisonnement te servait vraiment à savoir comment être au milieu de ce que tu ressens. C'est surement un peu vrai pour tout le monde remarque, et ce que je dis inutile du coup, mais bon, il est tard et j'avais envie de le dire....

#
Profil

audren

le vendredi 01 mars 2013 à 05h45

Je témoigne ici pour ma femme. C'est elle qui a lancé notre couple sur le chemin du polyamour en tombant amoureuse d'un ami l'année dernière. Sa femme à lui n'a jamais pu ne serait-ce qu'envisager la possibilité que l'épanouissement de son homme puisse ne pas être synonyme de souffrance pour elle. Que ma femme n'était pas une rivale.
Au final, c'est dans le déchirement que ma femme a décidé qu'il fallait arrêter (lui se serait bien contenté de mentir et de se laisser faire par les événements - pas tout à faire mature comme comportement à mon avis, et qui a rendu la chose un peu plus dure pour ma femme).
J'ai trouvé vraiment dommage que la jalousie de l'une puisse être érigée en barrière irrévocable contre l'amour des autres, sans aucun compromis ni discussion possible. Un mur.
Et pour moi ce mur est culturel et trop souvent excusé voire brossé dans le sens du poil.

#
Profil

gdf

le vendredi 01 mars 2013 à 10h03

audren
Et pour moi ce mur est culturel et trop souvent excusé voire brossé dans le sens du poil.

C'est culturel, mais ça veut pas dire que c'est facile à résoudre. C'est comme les symptômes psychosomatiques : tu as de l'eczéma parce que tu es stressé, on a beau te dire "c'est dans la tête", les symptômes sont réels, et la solution pas évidente.
Concernant le culturel, on peut être conscient d'être influencé par notre éducation, notre environnement, mais avoir du mal à sortir de cette influence. On peut aussi ne pas avoir envie d'en sortir, il y a des gens qui revendiquent de ne pas faire comme tout le monde, d'autres qui préfèrent se fondre dans la masse, ne pas se faire remarquer
Ne pas vouloir briser le mur culturel me parait une excuse valable.

#
Profil

audren

le vendredi 01 mars 2013 à 11h28

Entièrement d'accord. Je râle contre la légitimation culturelle de la jalousie, mais c'est un avis de portée générale qui ne résout le problème de personne là tout de suite. Le pragmatisme est la seule voie individuelle qui marche.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion