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Polyamoureux mais monogame par choix

Monogamie
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Profil

Jak

le vendredi 09 décembre 2011 à 12h15

Bonjour,

J'ai cherché longtemps en quoi j'étais différent. Depuis quelques mois, je découvre le polyamour, et j'ai donc mis ce mot sur ma "différence".
Je découvre encore le polyamour, même si moi-même, je pense en être un depuis longtemps.

Je suis jeune (23 ans), mais en regardant en arrière, j'ai vécu des dilemmes amoureux très difficiles à vivre étant enfant.
J'ai été amoureux pendant près de 10 ans de mon tout premier amour, jusqu'à mes 15 ans (étant enfant intellectuellement précoce, j'étais capable de comprendre les sentiments amoureux vers 5 ou 6 ans). Pendant le collège, j'ai rencontré plusieurs filles : une que je n'ai pas approché étant encore "officiellement" avec mon premier amour, et la deuxième, avec qui j'ai tenté une histoire à 14 ans (dont la fin fût très brutale, elle confondant amitié et amour) après la fin officielle de ma relation avec mon premier amour.
Cette relation a été très culpabilisante, étant encore amoureux de mon premier amour, et j'en ai beaucoup souffert. À cet âge-là, je ne sais pas si on peux parler de polyamour, mais j'ai le sentiment que cette histoire n'est pas étrangère dans le fait de pouvoir aimer sincèrement deux personnes en même temps.

Après cela j'ai tourné la page de mes amours, préférant la solitude choisie à la souffrance d'un amour pluriel impossible (à cause du manque de maturité de l'âge, je pense).

J'ai quand même tenté une nouvelle relation au début de mes années lycée. Relation qui s'est malheureusement terminée d'un commun accord, sans pour autant que l'on ne s'aime plus, à cause de son déménagement.

Par la suite, j'ai rencontré mon actuelle compagne, avec qui les complications sont arrivées. Étant encore amoureux de mon ex-copine, j'ai beaucoup hésité avant d'entamer cette relation. J'ai été honnête avec ma future compagne, qui ne savait pas trop comment prendre la chose. De l'autre côté, mon ex-copine ne sachant trop quoi en penser non-plus, mais qui semblait ouverte à une relation poly (à l'époque, aucun d'entre nous ne connaissait le terme "polyamour", donc nous étions encore dans le formatage traditionnel de la monogamie).

Ayant quand même fait un choix, je m'y suis tenu. Je n'ai pas rompu le contact avec mon ex-copine, ce qui a provoqué d'énormes tensions dans mon couple. Ma compagne et moi-même avons beaucoup souffert de cette situation. En ce qui concerne mon ex-copine, je suppose que ça a été difficile pour elle aussi, mais vivant à quelques centaines de kilomètres, je n'ai pas plus de certitudes.

Cela fait maintenant six ans que je suis en couple, la situation étant plus stable depuis deux ans. J'ai continué de prendre contact avec mon ex-copine, sans le cacher à ma compagne, mais sans lui faire subir.
Je n'ai pas cessé de chercher des gens qui pouvaient me comprendre ou qui étaient dans le même cas.
Je suis tombé par hasard sur un article traitant du polyamour, et plus récemment, sur une émission traitant du sujet. J'ai donc relancé le "débat" avec ma compagne pour qu'elle comprenne avec moi ce que je venais de découvrir.

Le problème, c'est qu'elle reste bloquée sur certains stéréotypes et malgré sa visite sur le site, elle ne semble pas vouloir comprendre, qu'il ne s'agit pas de sexe, ou d'un partage d'une "quantité d'amour" au profit d'une autre à son détriment, entre autre choses. Elle s'attend aussi à ce que je tente de la convaincre de me laisser vivre mon polyamour, alors que j'ai choisi (non sans en souffrir) de rester dans la monogamie.

Je lui laisse pourtant le temps de comprendre, sans lui mettre aucune pression. Et elle semble se culpabiliser de ma monogamie "forcée" alors que je lui ai bien dit que c'était mon choix.

Tout ça est assez nouveau, même pour moi, j'espère donc que vous pourrez m'aider à y voir plus clair.

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Mezrahi (invité)

le vendredi 09 décembre 2011 à 13h27

Bonjour Jak, bienvenue. Tout ça me parle bien, je pense être dans le même cas : faire le choix monogame quand le partenaire ne capte pas. Je dirais plutôt parce qu’il n’a pas (pas encore ou peut-être même jamais) intégré que le polyamour ne prive pas, en théorie du moins. Si le partenaire a une histoire de vie qui le pousse à se sentir privé, on n’y peut rien, c’est son histoire et sa trajectoire, qu’il décidera d’explorer ou d’infléchir selon son propre choix. Être confronté à ce que tu décris pourrait alors être un déclic ?
Problème suivant : ton choix de monogamie pour qu’elle ne souffre pas, et qui te fait souffrir. Si l’un ne souffre pas, c’est l’autre… Je ne sais pas à quoi ressemblerait l’équation gagnant-gagnant dans ce cas. Cherchons ensemble ?
Déjà ceci : sortir de l’idée que tu souffres par ta faute, alors que c’est la relation qui veut ça, pas la personne. Il y a peut-être des choses qui gagneraient à être examinées séparément, chacun de son côté, pour voir pleinement combien ça résonne différemment pour chacun ? Qu’en penses-tu ?

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Profil

Jak

le vendredi 09 décembre 2011 à 14h23

Merci pour ta réponse,

Pour bien insister sur ce point, ma compagne a découvert le polyamour depuis peu de temps, alors que moi, je connais ce terme depuis plusieurs mois déjà. Du coup, cela explique très bien qu'elle n'ai pas intégré toutes les subtilité du polyamour.

Après, je pense qu'elle est capable de comprendre, même, si de son côté, elle n'est pas poly et restera monogame.
Pour son histoire de vie, son enfance l'a privé de l'amour de ses parents, et elle a souvent été mise à l'écart pendant sa scolarité. Elle a souvent eu la sensation d'être abandonnée par les gens qui l'entouraient. De cela, je peux lier son expérience passée à ce que tu me dis, et je comprends très bien tout ça. Et d'ailleurs, j'ai tendance à penser que de son côté, c'est ce qui bloque.

Le souci est que plusieurs fois (pendant les 4 premières années sur les 6 de notre vie commune), j'ai été en position de la tromper, mais sans le faire, car n'ayant pas cette vision mensongère d'une relation durable, sachant que la notre est basée sur la confiance.
Le sujet du polyamour, qui nous oblige à revenir sur cet épisode difficile pour elle, ajoute à son ressentiment. Ce qui rend compliqué l'échange que je tente de mettre en place.

En ce qui concerne la faute, je ne mets la faute de la souffrance sur personne, j'ai compris assez vite que c'est les aléas de la vie, et que je n'y peux rien.
Mon seul objectif était de découvrir ce que je ne connaissais pas de moi-même concernant cette situation.

Maintenant que je sais que je suis poly, j'aimerai juste que ma compagne comprenne cette partie de moi, même si elle n'est pas d'accord pour que je le vive (même si j'espère pouvoir vivre mon polyamour un jour).

Mezrahi
Il y a peut-être des choses qui gagneraient à être examinées séparément, chacun de son côté, pour voir pleinement combien ça résonne différemment pour chacun ? Qu’en penses-tu ?

Essayer d'entrevoir l'équation gagnant-gagnant m'intéresserait. Sur ce point, que penses-tu que nous devrions "examiner" ?

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Mezrahi (invité)

le vendredi 09 décembre 2011 à 15h11

Alors là, je n'ai rien à proposer comme recette, mais tout à explorer en ta compagnie, si tu veux bien!

J'ai juste eu ce flash en te lisant, sur le terme gagnant-gagnant.

Comme tu me reposes la question, pour tenter un regard neuf, j'ai mis ça en recherche sur Google, et ça m'envoie direct sur l'article de wikipedia

fr.wikipedia.org/wiki/Gagnant-gagnant

J'aurais envie de lire l'article pour voir ce que ça propose, j'ai l'intuition qu'en abordant les choses avec un instrument de réflexion "marketing" un peu froid, on peut prendre du recul avec de l'émotionnel et de ce qui fait directement mal. On verra bien ce qu'il en sort!

Je fais ça de mon côté, et on revient comparer pour voir où ça nous projette? Va savoir :-) ... Moi je vais essayer de remplacer les mots en rapport avec le commercial par des "mots de sentiments".

Elle pourrait peut-être aussi se livrer au petit jeu? Parce que si toi tu continues d'avancer, et qu'elle reste sur place, l'écart va se creuser, non?
C'est ce que je voulais dire par "sortir de l’idée que tu souffres par ta faute", car je pensais en fait au fait que elle, elle puisse sortir de l’idée que tu souffres par sa faute, en restant monogame.
Il y a beaucoup de fautes imaginaires, peut-être, dans votre histoire? Comme dans la mienne: c'est déjà très compliqué, sans ces couches de culpabilités supplémentaires. Alors avec, quelle salade!

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Profil

Jak

le vendredi 09 décembre 2011 à 15h56

Ok,
Pour le gagnant-gagnant, j'avais compris comme ça.

Et pour être honnête, c'est l'impression que ça me donnait d'avancer pendant qu'elle restait sur-place.

Mezrahi
Alors avec, quelle salade !

Ça, c'est clair, et ça va pas faciliter la tâche. Mais bon, on va faire avec.

En tout cas, ton idée a l'air intéressante, je vais tenter de creuser ça.
Je te tiens au courant dès que j'ai quelque chose de nouveau.

Merci encore de ton aide, ça me donne de l'espoir pour la suite.

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Mezrahi (invité)

le vendredi 09 décembre 2011 à 17h23

Avec plaisir, j'ai aussi besoin de faire quelque chose avec ma propre situation.
C'est idiot, mais je n'avais jamais pensé à y appliquer une méthode que j'emploie pourtant souvent autrement. L'union fait la force!

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Mezrahi (invité)

le samedi 10 décembre 2011 à 14h51

Préambule : en fait, c’est marrant, parce que je parle de « refroidir » le débat, mais l’article fait immédiatement allusion au fait que la notion gagnant-gagnant a été bâtie sur des situations conflictuelles entre parents-enfants, enseignants-enfants, avant d’être appliquées au management.
Mais je n’ai pas réussi à remplacer les mots comme je le voulais.

Alors voilà, d’autres questions à la place:

Quelles sont les règles du jeu entre vous ? Etes-vous sûrs d’avoir les mêmes, ou que celles qui ne sont pas pareilles le sont vraiment ? Quelles sont vos bases communes, bâties en 6 ans ?

Avez-vous déjà fait l’expérience d’une dynamique gagnant-gagnant, dans votre histoire de couple ? Comment y êtes-vous arrivés ? (C’est bon de pouvoir se raccrocher à quelque chose de réussi !)

Sur un autre point de votre relation, es-tu perdant et elle gagnante ? Voilà qui vous sortirait de l’équation actuelle, ou de son risque, et débouche naturellement sur la somme des gains et des pertes pour arriver à un équilibre général.

Certains liens de l’article me semblent intéressants en eux-mêmes :
Perdant-perdant (http://fr.wikipedia.org/wiki/Perdant-perdant) et la théorie des jeux (http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_jeux)

J’y retourne !

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Jak

le lundi 12 décembre 2011 à 15h10

J'ai eu l'occasion de discuter longuement avec ma compagne, je pense que je vais pouvoir répondre à une partie de tes questions (peut-être toutes).

Les règles du jeu entre nous sont les règles d'un amour monogame classique, ni plus, ni moins. Ce sont des règles auxquelles je me suis plié ne sachant pas encore ce qu'était le polyamour. Ce sont les bases sur lesquelles nous sommes partis pendant ces 6 ans, sans complication, si ce n'est la présence de mon ex-copine qui a généré des tensions.
La dynamique gagnant-gagnant n'est effective que parce que je suis parti du principe que si ma compagne était gagnante, cela me suffisait (et me suffit encore).
Cette dynamique n'a pas vocation à être changée, puisque mon but premier est qu'elle comprenne le polyamour, sans forcément l'accepter. Si elle vient à l'accepter, je considèrerai ça comme un bonus, mais je ne compte pas dessus.

Si on prend la situation d'un point de vue extérieur, c'est moi qui suis perdant. Si on le prend d'un point de vue interne et objectif, en vérité, on est perdant tous les deux, mais pas nécessairement dans un contexte amoureux. Je m'explique : au niveau amour, tout est ok pour elle, tandis que pour moi, même si cela va bien, on prend en compte que je ne peux pas vivre mon polyamour. Au niveau d'elle-même, il s'avère qu'elle a une vision d'elle-même très dévalorisante malgré les différentes discussions que j'ai eu avec elle et les valorisantes actions que j'ai eu à son égard.
J'avoue que c'est un problème qui me bloque, puisque j'estime avoir pratiquement tout essayé (je suis à court d'idée).

Le problème qui la fait en rester là est qu'elle évalue systématiquement un problème directement dans son contexte. Pour prendre l'exemple du polyamour, puisque c'est le sujet, elle réfléchit à cela en prenant comme exemple ce que pourrait être notre relation si je vivais mon polyamour. Forcément, étant directement impliquée, elle en a une vue faussée, qui la touche directement et est bloqué, du coup, par ses ressentiments profonds (peur de l'abandon en très grande partie venue de sa vision d'elle-même).
En fin de compte, on en revient à la distance qu'il faut prendre sur le sujet, dans un premier temps hors contexte, puis, dans un deuxième temps, placé dans son contexte (d'abord comprendre le polyamour tout court, avant de l'imaginer dans le contexte de notre relation).

C'est une vision moins managériale, plutôt mathématique : comprendre le sens des variables de l'équation avant de tenter de trouver un résultat à celle-ci en combinant ces variables. Cette manière étant, à mon goût, plus abstraite, je pense qu'il est plus facile de prendre de la distance comme ça.

J'ai fait ce constat ce week-end, sachant qu'elle n'arrive pas à avoir ce recul sur aucun sujet qui la touche. La discussion est encore en train de faire le tour de son cerveau, donc, je ne sais pas si j'ai fait mouche ou non. Mais en tout cas, elle a eu l'air d'être réceptive à mon discours.

Je te tien au courant de l'évolution de mon affaire.

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LuLutine

le lundi 12 décembre 2011 à 19h58

Jak
Au niveau d'elle-même, il s'avère qu'elle a une vision d'elle-même très dévalorisante malgré les différentes discussions que j'ai eu avec elle et les valorisantes actions que j'ai eu à son égard.
J'avoue que c'est un problème qui me bloque, puisque j'estime avoir pratiquement tout essayé (je suis à court d'idée).

Ca ne m'étonne pas forcément. La vision qu'elle a d'elle-même dépend en grande partie...d'elle. Bien sûr tu peux l'aider à progresser, mais je pense que si elle n'en a pas la volonté, ça va forcément continuer à coincer.

Je pense que tout ce que tu peux faire, c'est continuer à faire tout ce que tu as fait avant (la rassurer, la valoriser etc.) en espérant qu'elle ait le "déclic" pour s'en sortir ; surtout, ne pas abandonner. Mais je ne suis pas persuadée que tu puisses faire quelque chose "en plus".

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Popol (invité)

le lundi 12 décembre 2011 à 21h59

J'ai été voir l'article "négociation"; je relève ça : si la négociation se déroule en mode compétitif ou distributif, l'accord risque d'être gagnant-perdant et instable, voire perdant-perdant.

Ce mot de distributif, ou ce mot de compétitif me rappellent des fils où on parle de l'idée qu'un polyamoureux ne se partage pas entre des personnes différentes, donc qu'il ne les spolie pas, parce que s'il se sent plénifié d'avoir deux relations, son bien-être va automatiquement rejaillir sur les deux relations ; il y a eu à partir de cette jolie théorie des développements très "feelgood" et à mon goût un peu naïfs voire égocentriques, brodant sur des illusions poétiques. On n'est pas dans le domaine de la raison quand quelqu'un se sent atteint et volé dans la relation.

Je ne dirais même pas que ta copine a une vision faussée, elle a juste la vision qu'elle a compte tenu de son histoire de vie. Je pense bien que tu n'as pas voulu dire quoi que ce soit de péjoratif, mais je pense que les choses doivent être désignées par les mots le plus justes possible pour limiter les sources d'incompréhensions. Elle ne comprend pas le polyamour, mais est-on sûr comme polyamoureux de toujours comprendre le monoamour des autres, voire leurs polyamours respectifs?

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Profil

Jak

le mardi 13 décembre 2011 à 13h13

Lulutine : Je pense que tu as raison, je devrais continuer mes efforts plutôt que de tenter d'en faire plus.
Par contre, pour ma compagne, je pense que ce n'est pas un problème de volonté : je pense qu'elle a peur de comment vont être les choses si elle se laisse évoluer. C'est malheureux à dire, mais sans forcément aimer cela, elle s'est habitué à se voir de cette manière et appréhende de changer cela de peur de changer aussi le regard des autres, qu'elle craint beaucoup, alors qu'il est positif.
J'espère simplement qu'elle aura ce déclic, sinon, cela risque d'empirer d'un coup sans prévenir.

Popol : C'est vrai, le terme "faussé" est mal choisi.

Pour ce qui est de comprendre le monoamour, j'estime avoir suffisamment de compréhension à ce sujet, puisqu'avant d'être polyamoureux, j'ai été monoamoureux : au départ, j'étais dans l'idée préconçue (ou non) distribuée par la société et ses mœurs de l'amour exclusif et donc, mon mode de pensée était basé sur cela. Je n'ai vraiment adopté le mode de pensée du polyamour (sans connaître le concept, ni le terme) que lorsque j'ai découvert que je pouvais aimer sincèrement plusieurs femmes (deux en l'occurance, ce qui était déjà beaucoup pour l'âge où je l'ai découvert).
Maintenant, est-ce que d'avoir découvert mon polyamour m'a éloigné de la compréhension du monoamour que j'avais au départ ? Peut-être, en partie ...

Pour tes deux premiers paragraphes, je suis désolé, mais je ne comprends pas trop ce que tu veux me dire (à part la dernière phrase, qui est limpide).

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Popol (invité)

le mardi 13 décembre 2011 à 15h50

J'y reviens.

Mais d'abord, le monoamour des autres est pour chaque personne son monoamour à lui, bien particulier, différent du monoamour du voisin. Exemple: je connais un couple qui est cul et chemise depuis 40 ans, et un autre pour qui la relation ne pourrait pas exister s'ils n'avaient pas leurs appartements séparés, depuis 20 ans.

Pour ceci: "J'ai été voir l'article "négociation"; je relève ça... atteint et volé dans la relation."

Il y a eu des discussions où le message général parlait d'une image d'Epinal du polyamour: on ne se partage pas entre les divers partenaires, parce que le polyamour au contraire enrichit. Ce que je trouve mignon, théoriquement, mais très discutable, pratiquement: on ne peut pas empêcher les gens qui se sentent volés relationnellement parlant, de se sentir... volés.

Si quelqu'un se souvient des fils en question?

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Profil

Jak

le mardi 13 décembre 2011 à 17h53

Ok, donc, si je te comprends bien, il faudrait que je tente d'abord de comprendre sa façon de voir le monoamour qu'elle vit avec moi.
Ce qui, dans un premier temps, nous permettra de voir si on est sur la même longueur d'onde, sans parler du polyamour.

Pour ce qui est du cliché du polyamour systématiquement enrichissant, je suis assez d'accord avec toi, même si j'ai espoir qu'une relation de cet ordre puisse exister.
Je commence quand même à être un peu perdu dans tout cela. Je vais continuer à discuter et je vous dis ça.

Sinon, pour avancer en parallèle sur une question liée au sujet : que pensez-vous de l'avenir qu'a un couple de ce genre, où le polyamoureux se résigne à rester dans un monoamour pour le préserver ?

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Popol (invité)

le mardi 13 décembre 2011 à 19h00

Je ne pensais pas à ce que tu suggères comme piste sur le monoamour de ta copine, je posais cette réflexion sans idée préconçue de son lieu d’atterrissage ; on a des surprises et des bonnes, à se laisser arrêter en chemin par des trucs qui sentent bon… mais c’est une super idée, oui, vraiment ; comprendre son monde à elle, bonne piste, parce que la nouveauté du polyamour pour elle pourrait s’alléger si elle peut faire le tour avec toi de ses représentations mentales – le monoamour n’est peut-être pas si connu et prévisible qu’on pourrait le croire. Bien vu, Jak. C’est cool de te voir accoucher de ça ! :-)

Le polyamour enrichissant, ça peut coller pour des gens qui partagent cette même vision. Si c’est un concept qui séduit mentalement, on se piège du moment qu’on souhaite y adhérer parce qu’il est séduisant, justement ; mais si c’est une manière de vivre normale et imbriquée dans le quotidien comme pour Tentacara et « Sézom », c’est plus une affaire de personnalités déjà orientées vers le polyamour de par leurs backgrounds, finalement, et qui viennent au concept parce qu’il colle avec elle et leur perception vécu du monde. Comme pour toi, d’ailleurs.

Pour ta question de la fin… osé-je te demander ce qui te fait aborder le sujet ?

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eolemuse

le mardi 13 décembre 2011 à 19h16

Sinon, pour avancer en parallèle sur une question liée au sujet : que pensez-vous de l'avenir qu'a un couple de ce genre, où le polyamoureux se résigne à rester dans un monoamour pour le préserver ?

j'ai des doutes sur la capacité de résistance psychologique de la personne s'infligeant cela sur le long terme? même l'empathie doit avoir des limites?

le choisir et le faire sont une chose? tout doit être possible théoriquement? (rationnellement)

mais peut on vraiment tout refouler tout le temps? Se résigner à ne pas aimer si ça vous tombe dessus (irrationnellement)? A moins de vivre sur une ile déserte...et encore...qui dit comment la relation mono elle même va évoluer en vase clos

qu'à voir le nombre de personnes écartelées sentimentalement?

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Jak

le mardi 13 décembre 2011 à 19h59

Popol : ça me fait plaisir de te voir réagir si bien à mon idée.
Pour ma question, je te renvoie à mon objectif premier, qui est de l'aider à comprendre le polyamour, sans qu'elle accepte forcément que je le vive.
Du coup, je m'attendais à la réponse d'eolemuse, qui me conforte dans ce que je pensais : meme en ayant une assurance forte sur ma force d'esprit, je sais pertinemment qu'un jour, je risque de ne plus supporter tous ces sentiments refoulés. Surtout en prenant en compte mes expériences passées, que j'ai raconté pour que vous ayez une idée du temps que j'ai passé à refouler ce genre d'états d'ame.

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eolemuse

le mardi 13 décembre 2011 à 20h35

je crois aussi que la vie est plus forte que tous les barrages rationnels qu'on s'ingénie à lui mettre...qu'on ne peut pas tout contrôler tout le temps

(j'aime assez cette citation de Frédéric II de Prusse : "qui veut tout défendre en même temps, ne défend rien et risque de tout perdre")

gare aux torrents de printemps après un brusque dégel ;-)

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Popol (invité)

le mardi 13 décembre 2011 à 20h46

OK, Jak.

Même si j'avais la forte intuition que ta réponse allait être celle-là, j'estime que ce n'était pas à moi de le dire, sachant que tu allais la fournir quand ce serait mûr; je vois que ça l'est déjà. :-)

La lucidité, quoi.

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Jak

le mercredi 14 décembre 2011 à 12h29

eolemuse : Je me suis posé la question souvent, et c'est vrai que de vouloir tout faire, on ne fait rien correctement. J'en viens à me demander : quels choix ai-je à ma disposition ? Soit je reste, et je craquerai à coup sûr, soit je tente le tout pour le tout et prends le risque qu'elle refuse (auquel cas, j'en reviens à la première situation), soit je la quitte, et la je perds tout de toute façon. Je ne vois pas quel autre choix j'ai.

Popol : Pour faire echo à ce que je dis au-dessus, je pense à tout ça depuis près de 12 ans (dès mes premières expériences polyamoureuses). La lucidité ... je l'ai depuis (trop ?) longtemps, et c'est ce qui me permet de tenir tous ces sentiments refoulés : je préfère souffrir de cette manière, c'est pour moi le choix le moins pénalisant, pour moi comme pour mon entourage. Ai-je tort ? Ça reste la question qui me revient le plus souvent.

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eolemuse

le mercredi 14 décembre 2011 à 15h32

je dirais plutôt qu'il y a beaucoup trop de choix...des centaines! Pas 3, 2 ou un seul et unique...Que les paravents n'arrêtent pas un typhon...

et que chaque choix est peut être le bon pour soi et son entourage tant qu'il est assumé et bien vécu...rester, ne pas rester, rester sans rester, faire, ne pas faire, parler, ne pas parler etc etc...

mais pour connaitre la suite de l'histoire on le sait souvent après avoir fait...des choix! (toujours meilleur que de rester perpétuellement dans le doute, le futur possible et l'auto flagellation)

la prise de décision fait peur mais elle engage et responsabilise (ou culpabilise) bien plus que faire l'autruche (qui culpabilise tout autant)...

sinon faire un mix entre ses désirs et son sens des responsabilités? la voie du milieu...rassurer l'autre et se rassurer soi...en expliquant que ce n'est pas un abandon bien au contraire...bref...des questions relationnelles complexes comme dans chaque couple...apprendre à s'apprendre

^^

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