Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

[Outil] L'effet boomerang, ou le retour de bâton

Monogamie
#
Profil

artichaut

le dimanche 30 juin 2024 à 23h12

Qu'est-ce que l'effet boomerang, ou le retour de bâton ? Qu'est-ce que je mets derrière ces mots-là quand on parle de polyamour ?

***
Autres acceptations

Avant d'expliquer ce que j'entends par là, je vais recenser d'autres acceptations, plus ou moins proches, que j'ai pu trouver sur ce forum (vous pouvez sauter ce paragraphe s'il ne vous intéresse pas)

coquelicot (#)
J ai juste envie d aimer de donner pour recevoir!
La vie est comme un boomerang:tout
ce que tu donne librement et gratuitement te revient!
suffit d etre patient

coquelicot (#)
Il y a une chose que j ai compris,non deux:
Dans la vie tu seme ce que tu as récolté.....

c est systemique, logique , la vie n est faite que de boucles
tout te revient et si tu est un bon jardinier , les fruits seront juteux;.......

Pour la mechanceté la connerie la bassesse d esprit c est pareil:
Un boomerang que tu te prend en pleine tete .

Le lancer parait anodin presque un jeu mais quand il revient alors la ca fait bobo.......et la tu regrette peut etre de l avoir lancé , mais c est trop tard le mal est fait.

Polyarthrite (#)
Attention à ne pas aller trop vite, à trop vouloir accepter aussi vite et autant, la jalousie peut revenir comme un boomerang en bcp plus fort.

bonheur (#)
Oui, un amour sain, heureux doit nous faire grandir, nous élever. (…) Je dis généralement, dans un tel cas, que je lance un boomerang qui reviendra me frapper régulièrement en pleine poire, avant de continuer sa course. Le pire, c'est qu'il ne prévient pas, le boomerang. Bim ! Un bon coup et puis s'en va... jusqu'au prochain bim !

Ce boomerang, je ne l'anticipe toujours pas, mais j'en connais désormais les effets et ceux-ci font partie intégrante de ma vie... avec toute l'injustice liée, comme toujours.

bonheur (#)
Le mot polyamour est très imaginé par les personnes qui ne connaissent pas réellement le sujet. De mauvaises interprétations peuvent se faire et c'est préjudiciable. Parler de soi, plutôt que définir par ce mot, qui peut revenir en pleine face comme un boomerang.

***
Définition

Ce dont je souhaite parler, concerne les couples installés en monogamie ou en monogamie de fait, et se passe en plusieurs étapes :
- l'un des membres rencontre le polyamour, et le propose à son/sa conjoint·e (il peut y avoir plein de cas de figure : avec ou sans adultère préalable, suite à un cas concret ou de manière théorique, vraie proposition ou de tentative d'imposer les choses, avec ou sans prise de responsabilité, etc)
- l'autre accepte, "consent", ou se résoud à la situation
- finalement cet autre finit par vivre une autre relation
- et c'est là que l'effet boomerang ou le retour de bâton arrive : la personne, qui pourtant est celle qui a initié l'ouverture du couple, se prend une grande claque dans la tronche, et vit très très mal que son/sa conjoint·e entame une autre relation.

Pour concorder avec les autres acceptations de l'expression, ou son acceptation plus générale, on pourrait aussi parler de l'effet boomerang de l'ouverture du couple.

***
Développement

Il y aurait beaucoup à en dire. Beaucoup à étudier sur le sujet. Et sans doute des conclusions à en tirer.
- pourquoi ça arrive ?
- à qui ça arrive ?
- quelle en est la proportion ?
- il y a-t-il des circonstances particulières ou privilégiées ?
- etc

De ce que j'ai pu en observer de mon expérience, suite à des témoignages (dans la vie, dans les cafés poly, sur ce forum) c'est quelque chose de vraiment très courant, qui pourtant me semble peu étudié, peu connu, et quasiment jamais dit — de manière préventive — à celles et ceux qui débutent en polyamour.

Je trouve qu'il y a même un genre d'angle mort. Quand on découvre le polyamour, on le voit comme un truc magique qui va tout révolutionner, on est pris par l'emphase (poly)amoureuse, et dans le total déni futur de ce qui pourrait nous advenir, on se croit hyper fort·e, on est persuadé que dans l'autre sens on le vivrait bien… et puis… non.
Et quand l'inverse arrive on a évidemment mille excuses pour dire que c'est différent. Et on peut s'en mordre les doigts très très fort.

Et quand l'autre, qui parfois à pu être réfractaire au début (mais qui aussi, souvent, y est allé plus lentement au début) y goûte, il n'est plus possible ou plus question de faire marche arrière. Et le couple parfois explose à ce moment-là.

Il peut y avoir un très grand sentiment d'injustice vécu, d'un côté ou de l'autre.
Il peut y avoir beaucoup d'incompréhensions ou de malentendus.

De mon expérience encore, et presque étonnament je dirais, cet effet boomerang ne me semble pas genré. C'est à dire qu'en contexte hétéro, il me semble exister autant pour les hommes que pour les femmes, et idem en contexte non-hétéro. À savoir qu'on se leurrerait autant sur soi-même d'un côté du genre que de l'autre.

Qu'on se laisserait autant berner par les mirages du polyamour que par ceux de la monogamie, etc.

Évidemment c'est toujours plus facile de se croire fort quand c'est soi-même qui vivons l'emballement d'une nouvelle histoire (sans vouloir pour autant perdre les acquis de la relation historique). Et on peut très facilement avoir tendance à faire porter à l'autre, la responsabilité de la décision de continuer ou pas cette relation historique. Alors que c'est nous qui avec cette propositiion d'ouverture du couple, mettons en péril ce qui a été bâti jusque-là (même si c'était de la monogamie de fait) et qui devrions assumer pleinement la responsabilité de ce changement. Il y a souvent beaucoup d'hypocrisie, je trouve, dans ce genre de situation.
Et le retour de bâton peut n'en être que plus rude, lorsqu'il advient.

Voilà.
Qu'en pensez-vous. Avez-vous vécu de telles situations ?

…ou avez-vous, vous aussi, une vision statistique liée à votre expérience …et peut-être différente de la mienne (merci cependant de m'épargner votre "avis statistique" si vous ne fréquentez le milieu poly que depuis 2 ou 3 ans…)


______________
Voir aussi
- le fil qui recense les outils pour relations non-normées.
- L'effet kiss-cool de l'amour multiple, selon @titane .
- L'effet boomerang, ou le retour de bâton.

#
Profil

artichaut

le vendredi 09 octobre 2026 à 13h04

ce qui rejoint d'ailleurs le biais d'optimisme

on pourrait presque appeler ça un effet anti-Pygmalion

on veut tellement y croire, on veut tellement que ça réussisse, qu'on se croit hyper fort·e, et hyper capable de vivre la même chose dans l'autre sens

et se rendre compte de la vanité de cette croyance est doublement (ou triplement) catastrophique

non seulement notre histoire présompteuse a foirée, non seulement on n'est pas capable de vivre la même chose en miroir (rude constant), mais en plus on a abîmé une relation qui comptait pour nous

je parlais d'en vouloir à l'autre, mais on peut aussi en vouloir au "polyamour" en le personnifiant et le diabolisant

tout ça n'étant rien d'autre, finalement qu'un genre de vanité

#

Doula (invité)

le lundi 12 octobre 2026 à 15h06

Je trouve ce fil très intéressant, et les questions que tu soulèves particulièrement pertinentes, et en effet, pas de retours ou de sources qui explorent ce phénomène (en tout cas, je n’en ai pas trouvé). Et ça me parle parce que je suis en plein dedans depuis plusieurs semaines... Je vais essayer de partir de mon vécu et d’ajouter ce que je suis en train d’en tirer comme conclusion, et peut être comme mise en garde que j’aurais aimé avoir.

Il y a plusieurs points qui touchent à différents moments que j’aimerais explorer :

Si A et B en relation monogame ou en monogamie de fait.
Nommons A la personne qui amène la question du poly amour, et qui expérimente une autre relation amoureuse en premier et B le/la partenaire qui « consent » dans un premier temps puis expérimente à son tour une ENR carabinée.

Dans mon exemple, A amène donc la question du poly amour dans la relation initiale, et expérimente une relation avec C. Comme A est à l’initiative de l’ouverture du couple, A fait un travail de recherche, creuse les forums, les témoignages et ses conclusions sont :
- Ok c’est possible, le poly amour existe
- Je veux être dans l’éthique du poly amour et donc être certain que B consente réellement, cad soit au courant et enthousiaste. Mon « rôle » est donc d’expliquer, de rassurer d’être dans un care émotionnel malgré une ENR avec C et d’en éviter / d’en minimiser les conséquences négatives pour B (en tant qu’individu) et pour ma relation avec B.

--> Ce qui est rassurant pour B c’est que A amène justement la question du poly amour, on est hors système monogame. A ne largue pas B pour partir avec C. Et A fait un travail pour que B soit en sécurité (A « minimise » peut-être son ressenti vis à vis de la nouvelle relation pour préserver B). B vit tout cela relativement bien.

Maintenant, B rencontre D, et ENR méga forte. B ne s’est que très peu renseigné sur le polyA, n’a pas d’amis ou de personne extérieur pour en parler. Il/ elle n’a que les éléments de la part de A. Dans mon cas précis, B se sent submergé par la nouvelle rencontre, et comme A a protégé B dans le cadre de sa propre ENR, B a l’impression que ce qu’il/elle vit n’est pas comparable. Les émotions sont très fortes, rien à voir avec ce que A a laissé entendre de sa propre ENR avec C. Du coup, retour du schéma monogame, B se pose la question d’arrêter la relation avec A.

--> Ce qui est déstabilisant pour A : B n’est peut-être pas poly amoureux, B est peut-être monogame (et la discussion pour savoir si oui ou non B est monogame est amenée par A qui commence à avoir des éléments sur le poly amour et peut amener de nouveaux concepts à B --> très problématique d’ailleurs comme positionnement pour A, comment ne pas influencer B, quels rapports de pouvoirs là-dedans ?)

> leçon à en tirer : Même si c’est A qui amène la question du poly amour, A ne doit pas prendre en charge toute la charge mentale émotionnelle de la relation. B doit réellement se renseigner et se faire son propre avis INDEPENDAMMENT de ce que A amène comme sensibilisation / explication du poly amour. B doit trouver des exutoires hors de sa relation avec A pour comprendre / analyser / filtrer ses émotions, surtout si dans la dynamique de couple, c’est plus A qui porte la charge mentale relationnelle.

> leçon a tirer : A doit trouver un équilibre (vraiment pas évident je trouve …) pour expliquer / faire savoir en détail ce qui se joue émotionnellement avec C sans pour autant brusquer B.

La suite est très intéressante car c’est là que tu pointes l’effet boomerang, A pensais pouvoir gérer cette insécurité, et la patatrac, énorme dissonance entre ce qu’imaginait A (la comperssion, être heureux que l’autre soit heureux, l’aimer libre etc …) et les insécurités que A est en train de vivre : tristesse, colère, peur, jalousie … tout y passe.

Et malgré des discussions rassurantes « oui, B est bien poly amoureux et veut continuer la relation avec A », il peut y avoir un effet amplificateur :

CHOC / PERTE DE SÉCURITÉ
│
▼
A perd une partie de sa sécurité
│
▼

A devient hypersensible aux
signes de danger / distance

│
▼
A ressent une inquiétude
"Est-ce que je peux encore
te faire confiance ?"
│
▼
A exprime un besoin
ou demande une explication
│
▼
B entend parfois une accusation
"Quoi que je fasse, ce n'est
jamais assez / je suis coupable"
│
▼
B se met en défense
justification / contre-attaque /
retrait / minimisation
│
▼
A ne reçoit PAS la sécurité
qu'il/elle cherchait
│
▼
A interprète la défense :
"Tu ne comprends pas ma douleur"
"Tu ne prends pas la responsabilité"
"Je ne compte pas suffisamment"
│
▼
A augmente l'intensité
colère / reproches / insistance
│
▼
B se sent encore davantage
attaqué(e)
│
▼
B se défend davantage
ou se ferme
│
▼
A vit cela comme une nouvelle
preuve d'abandon
│
└───────────────↺

Et c’est là que le clash et la potentielle rupture arrivent. Malgré des discussions et une acceptation / compréhension que oui, c’est bien du poly amour, il peut vraiment y avoir une dissonance entre ce que le mental, le rationnel pense à savoir : c’est le mode relationnel qui me convient, je suis vraiment heureux pour l’autre. Et le vécu émotionnel associé, à savoir de la peur / colère et une réactivation au moindre signe d’éloignement de la part de B.

Leçons à en tirer :
> B doit soutenir la guérison de A sans vivre chaque expression de douleur comme une attaque.
> A doit accepter de laisser progressivement la blessure cicatriser sans transformer chaque activation émotionnelle en procès de B.
> A doit ravaler sa fierté et ce qu’il/elle s’est construit de confiance et d’enthousiasme dans le poly amour et travailler sur ses propres insécurités / jalousies. Je pense qu’il faut être humble et se dire « je pensais avoir les capacités de gérer, mais en fait non, j’ai encore du boulot à faire » et l’accepter. Ne pas mettre toute la responsabilité sur B. Je dirais que les « maladresses » de B sont plus des facteurs aggravant d’une insécurité de A que la seule et unique cause de la souffrance de A.

La nouvelle boucle à construire :

A ressent une insécurité
↓
A exprime le besoin
sans accusation
↓
B entend la vulnérabilité
avant de répondre au contenu
↓
B valide l'émotion
↓
A se sent compris(e)
↓
A redescend en intensité
↓
B peut enfin exprimer son propre ressenti
sans être immédiatement perçu comme une menace
↓
A écoute à son tour
↓
Les deux cherchent une solution
↓
Nouvelle expérience de sécurité
↓
La confiance se reconstruit progressivement

Petit focus jalousie :
Dans mon exemple, j’ai mis beaucoup de temps à comprendre (admettre ?) que j’étais en train d’éprouver de la jalousie. Parce que je ne l’ai pas ressentie là où je l’attendais.
(Naïvement peut être ?) je pensais que je ressentirai de la jalousie lorsque mon/ma partenaire passerait des moments avec sa nouvelle relation. Je pensais être jalouse « de la nouvelle personne » et ce n’est pas le cas. J’apprécie énormément cette personne, j’ai envie qu’elle soit bien et épanouie, j’éprouve même une forme de tendresse et je souhaite vraiment le meilleur pour leur relation pour eux deux.

La jalousie dans mon cas est plus en lien avec mon sentiment d’insécurité, une peur que B soit monogame ou veuille rompre notre lien. J’ai beaucoup plus de peur pour ma propre relation que de colère / tristesse vis à vis de la leur. Et je n’avais pas anticipé cette forme de « jalousie ».

Leçons à en tirer :
--> Pour les personnes qui initient / veulent aller vers le poly amour, anticiper ce que réveille « le scenario du pire » essayer de penser à ses propres insécurités, limites en amont et ne pas imaginer la jalousie comme uniquement envers une autre personne.

En conclusion :
Si le phénomène de l’effet boomerang est répandu, il y a peut- être un profil ? Je ne sais pas si d’autre personnes se reconnaissent dans ce témoignage.

En tout cas, le fait d’éprouver des émotions très intenses et aussi ambivalentes (une vraie joie, voire même un élan vers ma méta, une conscience des efforts de mon/ma partenaire), et en parallèle beaucoup de tristesse (de voir partir l’autre), colère (que l’autre ne travaille pas autant, ses maladresses) et d’insécurité, d’avoir dû faire énormément de travail sur moi et pour mon partenaire (lui donner du savoir sur le polyA, analyser ensemble son ressenti) sur ma relation (en comprendre les boucles malsaines, les expliquer et y travailler).

Tout cela me laisse dans un état de fatigue très intense, et beaucoup de difficultés pour retrouver l’énergie de travailler sur mes insécurités. C’est difficile aussi de retrouver une forme de légèreté dans la relation. Donc oui, je peux très bien imaginer que cet effet boomerang puisse briser des relations.

PS : c’est la première fois que je poste sur ce forum, un énorme merci pour tous les témoignages qui m’aident énormément. J’apporte ici mes réflexions / éléments de contexte en espérant qu’ils soient pertinents.

#
Profil

artichaut

le lundi 12 octobre 2026 à 16h22

merci pour ce long et précis et réflexif témoignage. j'adooore !
(oui bon, je compatis aussi)

et bienvenu·e sur ce forum.
n'hésites pas à ouvrir un compte (ça te permettra entra autre de pouvoir si besoin, modifier tes messages)

#
Profil

artichaut

le lundi 12 octobre 2026 à 16h42

Doula
Petit focus jalousie :
Dans mon exemple, j’ai mis beaucoup de temps à comprendre (admettre ?) que j’étais en train d’éprouver de la jalousie. Parce que je ne l’ai pas ressentie là où je l’attendais.
(Naïvement peut être ?) je pensais que je ressentirai de la jalousie lorsque mon/ma partenaire passerait des moments avec sa nouvelle relation. Je pensais être jalouse «  de la nouvelle personne » et ce n’est pas le cas. J’apprécie énormément cette personne, j’ai envie qu’elle soit bien et épanouie, j’éprouve même une forme de tendresse et je souhaite vraiment le meilleur pour leur relation pour eux deux.

La jalousie dans mon cas est plus en lien avec mon sentiment d’insécurité, une peur que B soit monogame ou veuille rompre notre lien. J’ai beaucoup plus de peur pour ma propre relation que de colère / tristesse vis à vis de la leur. Et je n’avais pas anticipé cette forme de «  jalousie ».

Leçons à en tirer :
--> Pour les personnes qui initient / veulent aller vers le poly amour, anticiper ce que réveille «  le scenario du pire » essayer de penser à ses propres insécurités, limites en amont et ne pas imaginer la jalousie comme uniquement envers une autre personne.

Bravo d'avoir réussis à nommer que tu ressentais de la jalousie !
Il y a comme un gros déni souvent sur ce terrain (comme si la jalousie était maaal) et qu'en ressentir faisait de nous une 'mauvaise personne' ou à tout le moins un·e mauvais·e poly.

et le fait que la compersion soit à tord présentée (même par des polys !) comme le contraire de la jalousie, accentue cet angle mort : si je ressens de la compersion, c'est que je ne peux pas être jaloux/jalouse.

tu as mis le doigt sur quelque chose d'important : la jalousie a trait à la peur et l'insécurité, la compersion a trait à l'amour et l'empathie. ce sont deux choses différentes, qui n'empêche pas qu'elles soient concomitantes.

la jalousie parle de ce qui est en nous (et a en réalité, très peu à voir avec l'autre), la compersion parle de ce qui va vers l'autre

on peut être empathique et en insécurité, aimer et avoir peur en même temps. l'une n'empêche pas l'autre, même si l'une peut parfois participer à adoucir l'autre.

#
Profil

Doula

le mardi 13 octobre 2026 à 10h09

Peut-être que dans mon exemple, c’est plus une histoire de configuration entre deux tempéraments / aptitudes différentes.
D’un cote, A sait expliquer et rassurer, mais a également de fortes insécurités.
De l’autre, B a moins de capacité à verbaliser ses émotions, communiquer et rassurer, mais est très stable émotionnellement (peu d’insécurités, en tout cas pas réveillées par l’ouverture du couple).

Du coup il y aurait une configuration « plus facile pour les deux » ou chacun est « dans une certaine zone de confort », A sécurise et B se sent safe et à l’aise. Et une configuration « plus difficile pour les deux » B ne rassure pas, A est insécurisé et retour de la boucle infernale citée plus haut, les deux sont hors de leur zone de confort / aptitude de prédilection.

Du coup, la vanité que tu citais plus tôt serait de croire que si une des configurations se fait plus facilement, ou fonctionne de manière relativement douce et fluide, ça voudrait dire automatiquement que la réciproque sera aussi facile (voir plus facile car on l’a déjà vécu une fois) à mettre en place et se déroulera de la même manière (ce dont j’étais personnellement persuadée en effet).

L’effet « on veut tellement y croire », « les mirages du polyamour » sont peut-être à cet endroit. « On arrive super bien à gérer l’ouverture, la réciproque, le miroir, va se faire tout seul, vu qu’on a la preuve qu’on y arrive ». Ce qui empêche l’un et l’autre de se focaliser sur le nouveau travail à faire (qui est forcément différent de celui qui a été fait dans la « première ouverture »).

C’est peut-être là qu’il faut être humble.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :