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Discussion : [Texte] À propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, par Corinne Monnet, 1997
artichaut
le vendredi 27 septembre 2019 à 14h26
Extrait 1
Corinne Monnet
Présentation du cadre de la non-monogamie responsable
Lors de mon cheminement pour vivre d’autres possibles que le couple exclusif, je me suis heurtée à une grande solitude. Partager, échanger avec les autres sur ce sujet était souvent impossible. J’avais tantôt droit aux opinions les plus banales du style « si tu n’es pas fidèle, c’est que tu n’as pas rencontré l’homme qu’il te fallait », tantôt à des moins courues mais qui ne disaient qu’une seule chose finalement, que je me prenais vraiment trop la tête et que mes désirs, bien que chouettes, étaient irréalisables. Quelques rares personnes étaient d’accord sur les principes, mais ne le vivaient pas, ce qui ne pouvait m’être d’une grande aide. Quand on sait combien dans cette pratique on a affaire justement à des affects les plus profonds et les plus difficiles à changer (sentiment d’insécurité, jalousie, manque de confiance en soi, désir de fusion...), l’accord seulement théorique semble bien creux. Ramer à contre-courant est très difficile, mais quand on n’a aucun soutien de l’entourage proche (hormis celles/ceux avec qui l’on vit ces relations non exclusives bien sûr) et qu’on ne trouve dans les publications existantes ni modèle, ni encouragements, reflets ou analyses pouvant nous soutenir dans notre démarche, ça devient bien insupportable. Constamment j’ai remis en cause mes choix et je n’ai cessé de me demander si les autres n’avaient pas finalement raison. Comme si le couple et l’affectif étaient des limites infranchissables et intouchables.
Mais malgré quelques crises de doute, j’ai continué. Si je n’ai pas abandonné mon projet devant tant d’adversité, c’est surtout je pense pour quatre raisons. Tout d’abord, je suis relativement « habituée » au combat interne mené contre la peur de la douleur, combat qui me semble décisif lorsque l’on cherche à vivre autrement et que l’on est dans un processus d’autonomisation, générant indubitablement au minimum de l’anxiété. D’autre part, le travail sur soi que cela nécessite ne peut pas s’accompagner d’une fuite devant la douleur. « Travailler sur » est bien éloigné de la simple « conscience de » ; la conscience n’est que le préalable du travail qui, lui, demande un effort conscient, constant et délibéré. Ce qui n’est pas évident là-dedans, c’est de penser qu’on pourra survivre à la douleur occasionnée. Mais c’est un sentiment profond de libération qui fera suite à cette douleur et même si j’en garde quelques marques, j’ai à chaque fois jugé que ça en valait profondément la peine. Sans faire l’éloge de la souffrance, comment peut-on, dans ce monde, prendre conscience d’une oppression, aborder un processus d’autonomisation de soi sans passer par la douleur ? Est-il imaginable de prendre conscience de son objectification par exemple, et de vouloir y résister sans que ça nous fasse profondément souffrir ? S’y dérober systématiquement grâce aux diverses stratégies de défense, de refoulement et autres arrangements avec soi-même ne peut pas conduire à mieux se connaître soi-même et devenir plus libre. Ensuite, le troisième élément me paraissant nécessaire est la confiance en soi, en ce que l’on veut vivre ou au moins ne veut plus vivre. Confiance en moi-même qui m’a permis d’aborder un processus d’indépendance. Confiance en moi-même, dans mes choix et mes valeurs, qui m’a permis de ne pas attendre l’approbation d’autrui et des hommes en particulier, sur cette pratique comme sur d’autres. Ayant très tôt fait des choix désapprouvés par mon entourage familial puis amical, j’ai constaté assez rapidement que la confiance en soi ne pouvait pas dépendre de l’estime des autres, mais plutôt de la sienne propre. Et ceci me semble d’autant plus juste dans une vision féministe. La confiance en soi et l’estime de soi sont assez rares chez les femmes, et pour cause. Comment cumuler l’estime de soi avec les attentes des hommes à notre égard ? Enfin, j’avais un sentiment d’individualité assez développé qui m’a permis de trouver la force de lutter contre les règles uniformisantes et autres subordinations de l’individue aux réglementations sociales. J’avais déjà appris que lorsque l’on souhaite être créatrice de sa vie, et surtout en tant que femme, on a plutôt intérêt à être au clair sur les antinomies existantes entre son propre développement individuel et le genre qu’on nous assigne. J’ai fini aussi par rencontrer quelques femmes qui faisaient les mêmes choix dans leur vie, devant autant d’adversité. Même si ces rencontres ont été à cette époque éphémères, elles m’ont réconfortée et encouragée dans ma pratique.
Toutes ces réflexions peuvent peut-être paraître bien éloignées du sujet de la non-exclusivité. Toutefois, elles me semblaient avoir un sens pour essayer de communiquer le cadre dans lequel je m’inscris, afin d’éviter au maximum des incompréhensions. Pour les mêmes raisons, je n’emploie pas le terme d’« amour libre », trop connoté de révolution sexuelle (des hommes bien sûr) et d’expériences foireuses où les femmes ont encore été flouées. J’utilise par contre les termes de non-exclusivité et de non-monogamie sans différence de signification. La non-exclusivité « à ma façon », je ne l’entends souhaitable et enrichissante que dans un certain cadre. Je répète que ceci est mon expérience, je ne nie pas la possibilité d’autres cadres, mais par rapport où j’en suis, lui seul me semble pouvoir le mieux « garantir » que ce mode relationnel devienne une réalité tangible, certes complexe et difficile, mais apportant joie sincère, qualité et épanouissement. Ce cadre est finalement ce qui différencie pour moi la non-exclusivité responsable de l’irresponsable (même si, par commodité, je ne rajoute pas toujours l’adjectif). Je définirai donc ce cadre en disant qu’il nécessite au minimum :
– Une forte volonté personnelle libre et choisie de vivre ainsi, pour soi-même. Ce qui nécessite d’avoir défini ce que l’on veut pour soi. Toute pression quelle qu’elle soit venant de la/du partenaire (et évidemment, surtout si c’est un mec, même antisexiste) me paraissant le meilleur moyen d’être dégoûtée à jamais de la non-monogamie. On ne peut pas vivre ainsi pour faire plaisir à l’autre ou par peur de la/le perdre. Ni pour mettre du piquant dans la relation prioritaire, que ce soit pour attiser le désir ou pour régler des comptes en se faisant du mal. Je pense que l’on a toutes de ces exemples en tête, et il ne me viendrait pas à l’idée d’appeler ça de la non-monogamie responsable.
– Une parole libre et ouverte. Ne pas avoir peur et pouvoir exprimer à ses partenaires ses émotions, ses doutes, ses difficultés, ses douleurs... dans un climat de confiance et d’échange. Mais aussi les joies et les plaisirs que l’on prend avec les autres partenaires, ce qui n’est pas moins difficile.
– Un désir de travail sur soi et sur les relations. La plus belle illusion étant de croire que tout ceci peut se passer tout seul, facilement et spontanément. Ce qui est peut-être possible dans un certain contexte, mais pour ce que j’ai pu en voir, ce type de relation ne nécessite effectivement que peu d’effort et de travail, car il repose sur peu d’investissement et d’engagement, sur assez peu d’intimité au fond, étant peut-être axé uniquement sur le plaisir et l’agréable d’un moment partagé ensemble, sans désir de construire ou d’agir sur la relation. Je n’en parlerai guère plus ici parce que trouvant ces relations trop partielles et souvent superficielles, je n’en ai que peu vécues. Mais je les considère toutefois comme un choix possible, dépendant de ce que l’on cherche dans les relations avec autrui.Le propre de la monogamie est que chaque couple en fixe les limites, pourvu qu’elles existent. Dans le cas par exemple où un couple décide de donner la possibilité à chaque partenaire d’avoir des aventures sexuelles sans lendemain ou tout du moins sans affectif, il s’agit pour moi d’une non-monogamie sexuelle (comme il peut y avoir une non-exclusivité amicale, ou de vacances... mais ce sur quoi porte la liberté octroyée est bien nommé) ; les limites à d’autres relations étant bien présentes, la monogamie sévit toujours même si elle peut paraître moins rigide. La non-monogamie responsable ne pose donc aucune limite, et les diverses relations, bien que nécessairement différentes grâce à la singularité des individues, ne sont pas hiérarchisées en ordre d’importance, du style « nous vivons d’autres relations tant qu’elles ne mettent pas la nôtre en danger ». Ce n’est pas une relation en cours qui décidera du contenu de ce que je vivrai avec une autre personne, quel qu’en soit ce contenu. À ce niveau, je ressens la liberté dans le fait que rien n’en soit fixé à l’avance, ni limites, ni scénario, afin que la nouvelle relation ne soit pas biaisée dès le départ et puisse se développer dans toute sa richesse. Toutes les partenaires concernées ayant librement choisi la non-monogamie responsable, les intérêts des différentes individues sont pourtant pris en compte, contrairement à la non-monogamie irresponsable. Vu les enjeux, tout ne se passe pas bien évidemment dans l’harmonie, mais ça, ce n’est pas propre à la non-exclusivité.
Source : À propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, par Corinne Monnet, 1997
Les mots soulignés en gras, le sont par moi (artichaut)
Discussion : [Texte] À propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, par Corinne Monnet, 1997
artichaut
le vendredi 27 septembre 2019 à 14h26
Le texte À propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, de Corinne Monnet, publié en 1997, a fait date dans le milieu anarchiste, féministe et anarchaféministe francophone. Elle y prône une non-monogamie responsable et défend l'amitié sexuelle comme moyen féministe d'autonomisation, dans la lignée d'une Alexandra Kollontaï, même si elle ne la cite pas.
Ce texte a été publié dans le recueil « Au-delà du personnel. : Pour une transformation politique du personnel. » recueil de textes rassemblés par Corinne Monnet et Léo Vidal (Édition Atelier de Création Libertaire, 1997).
Il est également disponible en brochure sur inkoiosques.net.
Corinne Monnet
Lorsque je considère que le personnel est politique, je dis d’une part que ce personnel est susceptible de changement puisque non déterminé biologiquement, et d’autre part que le comportement affectif et sexuel est bien un comportement social. Autrement dit, le personnel fait partie de l’ordre politique que je souhaite changer. Dire que le personnel est politique n’est pas pour moi seulement dire que le politique influence le personnel mais bien plutôt que les choix et pratiques dans notre vie « privée » ont des significations politiques.
Sommaire :
(intro)
Les choix de vie relationnels, une histoire de goût ?
Autonomie et rapport à l’autre
Présentation du cadre de la non-monogamie responsable
L’amour exclusif
Le paradigme de l’amitié
La réunion de l’amitié et du désir
Amour et hétérosexualité. Point de vue féministe
Pascale Noizet et la fonction de l’amour dans l’hétérosexualité
Pour une pratique hétérosexuelle féministe
Discussion : Corinne Monnet
artichaut
le vendredi 27 septembre 2019 à 14h07
Corinne Monnet est une autrice anarchiste et féministe (anarchaféministe) prônant la non-monogamie responsable.
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Bibliographie :
- « Au-delà du personnel. : Pour une transformation politique du personnel. » recueil de textes rassemblés par Corinne Monnet et Léo Vidal (Édition Atelier de Création Libertaire, 1997).
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Textes :
- À propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, 1997
- La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation, 1998
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Ressources :
- La page de Corinne Monnet infokiosques.net.
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Voir aussi la liste Liste non exhaustive de Personnes ayant marqué, l'histoire de la pensée et la pratique des relations affectives.
Discussion : Groupe Poly hommes
artichaut
le vendredi 27 septembre 2019 à 13h33
j'aurais pû mettre "groupe d'homme-cis"
mais je trouvais ça dommage de restreindre
après tout viens qui veut
Discussion : Groupe Poly hommes
artichaut
le vendredi 27 septembre 2019 à 13h31
bidibidibidi
J'aurais une question à te poser : par groupe d'hommes, tu entends sexe biologique ou genre (mâle) ?
un peu les deux
j'entends plutôt avoir été élevé en tant qu'homme, du coup généralement ça concerne les personnes ayant été identifié masculin par leur sexe biologique, mais ça devient une socialisation, donc un genre
mais ce n'est pas restreint (comme l'indique mon désir d'invitation à la toute fin de ce post)
je ne sais pas si ça répond à ta question…
Discussion : Dire je t’aime
artichaut
le vendredi 27 septembre 2019 à 13h25
HeavenlyCreature
Et alors, toi qui connaît ça, c'est quoi la solution
…je suis comme tout le monde (enfin beaucoup de monde) : je galère comme les autres…
plutôt, ma solution c'est de dire les choses avant de les faire, et de les dire dans des moments calmes, avec pas trop d'émotions, et pas trop d'alcool —du coup jamais en soirée
chais pas si c'est une bonne solution, mais c'est la manière de faire que j'ai trouvé me convenant le mieux
Discussion : Libérons le verbe aimer ! ☺
artichaut
le vendredi 27 septembre 2019 à 13h10
Lili-Lutine
Tu as déterré @artichaut, mon vieux post sur libérons le verbe aimer (+)
Et oui, c'est un sujet, infini…
Lili-Lutine
Aujourd’hui je n’ai pas encore tout résolu de mes énigmes sur ces vastes sujets de se qui ce dit, comment ça se dit, pourquoi ça se dit ...sur le verbe aimer, les sentiments , les émotions, bref...
Mais comment ça fonctionne tout ça en vrai ? en toi, en moi, en vous ??
Mes lectures du moment tourne autour de ça…
Je vais tâcher de vous en partager quelques-unes.
…et déjà, il y a ça : un texte de Corinne Monnet qui à l'aide du livre l’Idée moderne d’amour de Pascale Noizet, décortique la fonction de l’amour dans le monde hétéro-patriarcal : à savoir asservir les femmes au patriarcat. Il s'agit bien sûr de l'amour normé dogmatique et dominant que d'aucun qualifie d'amour romantique (et hop un 2ème texte) pour bien le nommer et le différencier d'autres formes d'amour possibles.
Discussion : De l'inclusion des enfants dans nos événements poly
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 20h49
…bon j'attendais de voir si d'autres voulaient participer au débat avant de répondre…
oui t'as p-être raison @bidibidibidi sur le "non adapté" au lieu de l'interdit
même si je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est un peu une pirouette intellectuelle pour se rassurer (nous adultes)
car en vrai si c'est pas adapté, c'est qu'on ne prend pas la peine que ça le soit
et que le milieu poly soit d'abord et avant tout un milieu de personnes blanches, de catégorie sociale supérieure n'est pas une fatalité
et perso, je pense que si je suis honnête avec moi même, je suis plutôt pour l'inclusion à 30% qu'à 200%, mais si je pouvais travailler à faire que ces 30% devienne une réalité (au lieu du 1% de la bonne conscience), ce serait déjà un grand pas de fait
pour revenir aux enfants, je pense
- d'une part qu'en vrai, dans nos événements, on aborde très très peu de sujets incompatibles avec la présence d'enfants
- d'autre part que les enfants ne s'intéressent de toute façon que très peu à nos discussions, et que du coup ils irons juste jouer ailleurs pendant qu'on discute
ce qui bien sûr ne dédouane nullement, —comme tu le dis— de prendre en compte leurs spécificités (d'enfants, mais pas que) et leurs besoins (au même titre que n'importe qu'elle personne participante)
Discussion : Dire je t’aime
Discussion : Dire je t’aime
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 19h23
HeavenlyCreature
le sexe, c'est un peu comme l'alcool, on tombe les barrières. Ya un côté déshinibant.
Merci pour ce parallèle. Je ne me l'étais jamais dit comme ça !
Et l'on comprends mieux le lien entre les deux. Que l'un mène (un peu trop souvent) à l'autre (ou soit "nécessaire" pour en arriver là).
En fait les gens qui boivent, c'est des gens qui voudraient faire du sexe… (??) (ou !!)
—désolé pour la généralisation / j'aime bien ce genre de raisonnement absurde —
Discussion : Léo Thiers-Vidal
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 18h47
Léo Thiers-Vidal est un militant libertaire engagé contre la domination masculine. Il a pratiqué et écrit sur les « relations libres».
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Bibliographie :
- « Au-delà du personnel. : Pour une transformation politique du personnel. » recueil de textes rassemblés par Corinne Monnet et Léo Vidal (Édition Atelier de Création Libertaire, 1997).
- Rupture anarchiste et trahison pro-féministe par Thiers-Vidal, Bambule 2013.
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Textes :
- Anarchisme, féminisme et la transformation du personnel, qui entre-autre traite des relations libres dans un contexte anarcha-féministe.
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Ressources :
- La page wikipédia de Léo Thiers-Vidal.
- Léo Thiers-Vidal : Rupture anarchiste et trahison pro-féministe, Alban Jacquemart : Les hommes dans les mouvements féministes. Socio-histoire d’un engagement improbable par Sylvie Tissot, in Nouvelles Questions Féministes 2016/1 (Vol. 35), pages 170 à 175.
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Voir aussi la liste Liste non exhaustive de Personnes ayant marqué, l'histoire de la pensée et la pratique des relations affectives.
Discussion : [Livre] Rupture anarchiste et trahison pro-féministe de Léo Thiers-Vidal (posthume), Bambule 2013
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 18h29
Rupture anarchiste et trahison pro-féministe, écrits et échanges de Léo Thiers-Vidal
de Léo Thiers-Vidal (posthume)
Bambule 2013
Ce livre reprend notamment le texte Anarchisme, féminisme et la transformation du personnel du recueil Au-delà du personnel, qui entre-autre traite des relations libres dans un contexte anarcha-féministe.
Présentation de l'éditeur
Léo Thiers-Vidal (1970-2007) était un militant libertaire engagé contre la domination masculine. Cet ouvrage rassemble une large sélection de ses écrits, rédigés et diffusés par différents moyens et sur différents supports entre 1996 et 2006 et a pour ambition de documenter son cheminement intellectuel et faire partager une pensée politique inspiratrice de liberté.
Résumé Electre
Une sélection des écrits de ce militant libertaire, mort en 2007, engagé contre la domination masculine dans les diverses luttes qu'il a menées pour la libération animale, contre le racisme, pour les droits des travailleuses du sexe au sein de l'association Cabiria. Rédigés entre 1996 et 2006, ces textes témoignent de son cheminement intellectuel.
Quatrième de couverture
« La solidarité que je ressentais avec les opprimés, avec ceux qui souffraient, a fait que je me suis spontanément tourné vers l'anarchisme - cette théorie qui traite des rapports de domination »
Table des matières
- Introduction, de Corinne Monet, Sabine Masson, Samuel Morin, Yeun Lagadeuc-Ygouf, nov. 2011
- Préface de Mademoiselle, fév. 2012
- Une tasse de thé avec Léo, entretien avec Mimo Pucciarelli
- Pour la première fois dans ma vie…, sur le camping antipatriarcal en Ariège d'août 1995Première partie : La rupture anarchiste
- Anarchisme, féminisme et la transformation du personnel
- Anarchie ou patriarchie
- De l'indignation des mecs anars… en général
- Libéralisme libertaire et anarchaféminisme : quelques éléments de réflexion
- De la mâlerie à la GryffeDeuxième partie : la trahison pro-féministe
- De la masculinité à l'anti-masculinisme : penser les rapports sociaux de sexe à partir d'une position sociale oppressive
- Suite à la discussion « Tabous intériorisés face aux féministes »
- Pour un regard féministe matérialiste sur le queer. Échanges entre une féministe radicale et un homme anti-masculiniste
- Le masculinisme « La Domination masculine » de Bourdieu
- Culpabilité personelle et responsabilité collective : le meutre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat, comme aboutissement d'un processus collectifAnnexe
- La fin d'un tabou à l'université
- Humaniste, pédocriminalité et résistance masculiniste
- Ça se passe près de chez vous : des filles incestueuses aux mères aliéantes
- Liste des traductions réalisées par Léo
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Ressources :
- Léo Thiers-Vidal : Rupture anarchiste et trahison pro-féministe, Alban Jacquemart : Les hommes dans les mouvements féministes. Socio-histoire d’un engagement improbable, par Sylvie Tissot, in Nouvelles Questions Féministes 2016/1 (Vol. 35), pages 170 à 175
- une lecture du livre par François, juillet 2014
Discussion : [Lecture] au delà du personnel
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 18h27
Ah zut, je ne connaissais pas ce fil, quand j'ai créé celui-ci : [Livre] « Au-delà du personnel. : Pour une transformation politique du personnel. »
Discussion : [Livre] « Au-delà du personnel. : Pour une transformation politique du personnel. » recueil de textes rassemblés par Corinne Monnet et Léo Vidal (Édition Atelier de Création Libertaire, 1997)
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 18h25
Je viens seulement de trouver ce fil : [Lecture] au delà du personnel.
Discussion : Sujets de débat, Thèmes de discussions, etc
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 18h15
On trouve aussi des idées de thèmes dans les compte-rendus de café poly.
Par exemple ici : Bilan annuel du café poly de Marseille (2018-2019).
Et y'a le classique "schémas monogames dans nos relations polys"
Discussion : Dire je t’aime
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 18h12
Noe
C'est amusant, c'est ce que je dis aussi de plus en plus souvent, pour les mêmes raisons
Ce n'est pas de moi. J'avais piqué l'expression je ne sais plus où (dans un podcast il me semble). Et oui on doit être quelque un·e·s à faire ça !
Discussion : Bilan annuel du café poly de Marseille (2018-2019).
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 18h07
…et je me permet de mettre le lien vers votre blog (c'est pas tous les cafés poly qui ont un blog !) puisque vous le citez dans certains de vos événements.
J'aime beaucoup la rigueur et la précision avec laquelle vous semblez faire ça. Et j'aimerais beaucoup participer un jour.
et un petit lien vers… Les CR des ateliers à thème du café poly de Marseille
Discussion : Libérons le verbe aimer ! ☺
Discussion : Dire je t’aime
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 18h01
Je suis tombé par hasard sur ce vieux post de 2013. Je vous le partage : Libérons le verbe aimer ! ☺
Discussion : Groupe Poly hommes
artichaut
le jeudi 26 septembre 2019 à 17h07
Quels sont pour moi les pré-requis à une telle initiative ?
Depuis que j'envisage de créer/participer à des groupes d'hommes et que j'en discute avec des copines féministes, elles me mettent en garde contre les risques encourus, à savoir créer une non-mixité homme qui ne soit qu'une manière déguisée de s'auto-congratuler, avec la bonne conscience de croire se déconstruire, tout en renforçant en réalité encore une fois nos privilèges. Bref qu'une "solidarité" entre privilégiés prennent le pas sur la déconstruction. Et les avis sont très partagés dans leurs rangs pour savoir ce qui prévaut de la nécessité ou de la dangerosité de tels groupes.
Il me semble donc y avoir 2 pré-requis à poser, et avec lesquels je pense que j'aurais désormais du mal à négocier. Ce n'est pas moi qui les ai inventé, c'est des copines qui me les ont suggéré, et avec lesquels aujourd'hui je suis d'accord (après les avoir, il me semble, —un temps— refusées) :
1. Ne pas poser de clause de confidentialité (Tout ce qui s'y dit peut et doit pouvoir être répété en dehors du groupe, même non-anonymisé).
2. Ne pas créer de "non-mixité homme" (ces groupes ne sont pas interdits au femmes, ce sont juste des groupes pour parler entre hommes de thématiques masculines. Mais à tout moment, si une femme veut venir elle le peut, que ce soit pour observer ou participer).
Ces deux clauses sont les deux barrières de sécurité pour ne pas (trop) déraper.
Par exemples si des violences sexuelles, commises par l'un des participants, sont évoqués, c'est la garantie que l'on ne se libère pas d'un poids en en parlant, l'empathie du groupe virant à la complaisance, pour mieux recommencer ensuite.
Ça ne résoud pas tout, loin s'en faut, mais ça peut éviter de trop-faciles glissement vers les dangers déjà évoqués.
C'est quelque chose de cet ordre, sans doute, qu'entend Léo Thiers-Vidal, quand il parle d'agir "sous tutelle de (groupes) féministes". C'est à dire, de faire sans cesse des allers-retours entre ce qui s'y dit, ce qui s'y vit et ce que pourraient en penser/dire des féministes avisées (aguerries qu'elles sont aux louvoiements masculins pour toujours garder le pouvoir et ne jamais changer véritablement !).
Par contre la chose du texte de Léo Thiers-Vidal qui me gêne c'est :
il me semble de plus en plus nécessaire que les groupes hommes agissent sous tutelle de (groupes) féministes et qu’ils adoptent une politique de reddition de compte vis-à-vis de celles-ci.
Reddition me semble un mot trop fort et prêtant à confusion (au même titre que tutelle d'ailleurs).
Si je comprends cette exigence de "rendre des comptes", je préfère l'idée —allant de pair avec la non-confidentialité— d'un devoir de raconter ce qui s'y dit, et en particulier les inévitables dérapages qu'y s'y produiront.
Quant à l'éventualité de demandes faites en retour (ou pas en retour d'ailleurs) de la part de féministes, au vu de mon vécu et de mon expérience, je préconiserais plutôt un présupposé de confiance (envers les fémnistes), c'est-à-dire partir du principe qu'en tant qu'hommes-cis il y a plein de chose qu'on ne peut pas appréhender car on ne les vit pas, et que par conséquent, très certainement (et même la plupart du temps) les féministes ont raison.
Mais pour moi il faut se garder de tout prendre comme une "vérité", mais pour chacune de ces choses où elles ont très très certainement raison, accepter soite dans un premier temps, mais surtout dans un second temps prendre le temps de réfléchir, se demander si l'on est d'accord avec ça… quitte à laisser s'exprimer les désaccords. Pour non pas gober une vérité, mais parcourir le chemin qui mène à son acceptation.
La nuance est peut-être mince, mais me paraît importante.
Pour ma part, en plus des deux clauses déjà mentionnées, j'aurais envie d'ajouter une invitation à participer pour les personnes Queer, Trans (homme ou femme), Non-binaires, etc
Certes puisqu'il n'y a pas de non-mixité, donc pas d'interdit, ces personnes peuvent déjà venir, mais une invitation est une manière de réfléchir à rester inclusif à cet endroit là. (Si tant est qu'ils ou elles aient envie de participer ! …ce qui n'est évidemment pas gagné).