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De l'inclusion des enfants dans nos événements poly

Communauté
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artichaut

le samedi 21 septembre 2019 à 11h44

Aux dernières rencontres à la Ferme on nous a questionné sur l'inclusion des enfants dans nos événements.

Ça m'a donné envie d'amener la réflexion ici, de savoir ce que vous en pensez, et comment —orgas d'autres événements poly—, vous faites par chez vous ?

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Voici ce que jusqu'à présent j'ai pratiqué en tant que co-orga :

- Lorsqu'un événement poly-pop était ouvert aux enfants on a mentionné "enfants bienvenus"

- La charte poly que nous avons rédigé (à partir d'une charte poly existante) mentionne :

1- Cet événement est un espace de discussion et de partage d’expériences pour les personnes qui le souhaitent. Il n'y a pas de personne accompagnante. Toute personne qui vient le fait par adhésion éclairée et volontaire, et nous demandons que chacune s'inscrive individuellement.

et plus loin

5- Cet événement se veut inclusif

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Alors déjà mentionner "enfants bienvenus" à certains de nos événements sous-entend, que quand ce n'est pas précisé les enfants ne sont pas bienvenus. Ce qui est une manière d'invisibiliser l'interdit (l'exclusion). Il serait plus honnête de dire "interdit au enfants" (mais oui, je/on assume moins).

L'âgisme(1), ou la domination adulte(2) est une oppression très particulière. La seule que l'on a toutes et tous subie (étant enfant) et pourtant une des +invisibilisée dans nos sociétés (d'adultes).

On parle souvent de la "protection de l'enfance", presque jamais du droit des enfants, cherchant à cantonner jusqu'à cet âge abstrait de "18 ans" toutes les personnes mineures dans une case de personne faible, non-autonome, incapable de décider par et pour elle-même de sa propre vie.

Du coup la (possible) pirouette de dire "Il n'y a pas de personne accompagnante" revient un peu au même.

En fait cette phrase avait vocation en sous-texte à dire :
- Ne vient pas avec ton mari ou ton coloc mono, sous prétexte que c'est ton mari ou ton coloc (s'il ne veut pas s'inscrire par lui-même, c'est que foncièrement il n'a pas envie de venir).
- Ne ramène pas tes marmots en bas-âge, on a la flemme de les gérer/supporter (oui c'est âgiste).

Mais cette phrase avait aussi pour vocation de dire en sous-texte :
- Ne force pas tes enfants à venir à un événement ou toi tu as envie de venir.
- Si tu es mineur·e mais que tu as super envie de venir, que tu t'inscrit par toi même, etc, tu peux venir. Et là la notion de personne accompagnante peut prendre un autre sens et signifier : viens donc sans tes parents ! (possiblement relous et monos).

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Après réflexion, je trouve que notre charte est +validiste(3) qu'âgiste puisqu'elle ne mentionne aucun interdit (sinon tacite) envers les enfants, mais juste envers les personnes non (considérées comme) capables d'exprimer une "adhésion éclairée et volontaire", ou incapable de s'inscrire individuellement. Ce qui exclue de fait, certaines personnes vivant un handicap, ou ne sachant pas lire et écrire le français, etc.

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Personnellement mettre sur l'un de nos événements "interdit au moins de 18 ans" me pose problème. J'en vois bien l'intérêt pour se protéger en terme de responsabilité légale, mais c'est tout. En revanche cautionner ce système de domination adulte me dérange.
Par exemple, si une ado de 16 ans, voulait venir à l'un de nos événements poly (je prends cet exemple car la question s'est posée) et que c'est par choix "volontaire et éclairé", je ne vois aucune raison de le lui interdire. Évidemment que ça voudrais dire être d'autant +vigileant en tant qu'orga à ce qu'elle se sente à l'aise (car elle serait en ultra minorité), mais lui interdire de venir n'aurait guère de sens au vu de ce que l'on tente de construire.

On pourrait alors décider de se baser sur la majorité sexuelle et interdire nos événements aux moins de 15 ans. Mais pourquoi la majorité sexuelle alors que finalement on parle très rarement de sexe dans nos événements poly (ou en petit groupes) ?

On pourrait interdire aux enfants de venir, sous prétexte qu'ils ne savent pas encore s'ils sont poly ou mono. Or j'ai plutôt tendance à penser que quasi tous les enfants sont poly (et deviennent monos par construction sociale). Et puis de toute façon nos événements ne sont pas interdits aux monos.

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Alors on pourrait juste ne pas interdire aux mineurs de venir. Mais ça pose plein de question tout de même. Justement en tant que charge supplémentaire pour les orgas.

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Peut-on se prétendre inclusif (et prendre en compte les minorités) quand on est âgiste ou validiste ?

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Et vous, vous en pensez quoi ? Vous faites comment par chez vous ?


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Lexique :
(1) Âgisme : oppression en fonction de critères d'âge, et qui touche beaucoup les personnes mineures, dont les enfants.
(2) Domination adulte : terme qui à pour avantage de désigner l'oppresseur (par exemple utilisé par Yves Bonnardel comme titre de son livre « La Domination adulte » Myriadis 2015).
(3) Validisme : oppression envers les personnes vivant un handicap (ou vivant une situation stigmatisée comme "handicap") c'est à dire considérées comme non "valides".

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bidibidibidi

le lundi 23 septembre 2019 à 11h44

Pour moi, il faut dissocier les divers âges des mineurs. Un enfant, c'est une personne de moins de 13 ans. Au-delà, c'est un adolescent (je me base sur le terme anglais teen pour choisir cet âge de 13 ans).
Un enfant, dans notre société, ne vient pas seul à un évènement. Il est accompagné par ses parents. De même, son consentement ne peut que difficilement être considéré comme éclairé de par son manque de connaissance et la sur présence de ses parents dans des choix.
Un adolescent, est un peu plus libre, dans ses choix et dans sa mobilité.

Pour moi, un enfant ne peut pas vraiment "participer" à un évènement poly sans une prise en compte de sa spécificité. Or, cette prise en compte peut largement influencer négativement l'expérience des autres participants.
Donc, plutôt que de dire que l'événement est "interdit aux enfants", je dirais "non adapté aux enfants de moins de 13 ans", tout comme la ferme n'est pas "interdite aux personnes à mobilité réduite" mais "non adaptée aux personnes à mobilité réduite". Dans l'interdit, il y a un choix, dans la non adaptation, une constatation.
Les adolescents, par contre, devraient avoir toute légitimité de participer, tant qu'ils acceptent de suivre les règles qui sous-tendent l'événement.

Après, je pense que tu te fais des illusions quant au validisme. Dire que les évènements polys sont validistes parce qu'ils ne prennent pas en compte ceux qui ne lisent pas le français, c'est ignorer tout le parcours qui permet à quelqu'un d'être poly, parcours qui sélectionne joyeusement des personnes blanches, de catégorie sociale supérieure. Avant même de se dire poly, la personne illettrée va se prendre un plafond de verre, rapport à sa condition sociale. Donc même si on fournissait un moyen de la tenir au courant de l'événement, elle ne pourrait y participer car elle ne pourrait se définir comme poly.
Je suis à 200% pour l'inclusion, mais faut pas se leurrer, on lira encore Bourdieu dans un siècle.

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artichaut

le jeudi 26 septembre 2019 à 20h49

…bon j'attendais de voir si d'autres voulaient participer au débat avant de répondre…

oui t'as p-être raison @bidibidibidi sur le "non adapté" au lieu de l'interdit

même si je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est un peu une pirouette intellectuelle pour se rassurer (nous adultes)

car en vrai si c'est pas adapté, c'est qu'on ne prend pas la peine que ça le soit


et que le milieu poly soit d'abord et avant tout un milieu de personnes blanches, de catégorie sociale supérieure n'est pas une fatalité

et perso, je pense que si je suis honnête avec moi même, je suis plutôt pour l'inclusion à 30% qu'à 200%, mais si je pouvais travailler à faire que ces 30% devienne une réalité (au lieu du 1% de la bonne conscience), ce serait déjà un grand pas de fait


pour revenir aux enfants, je pense
- d'une part qu'en vrai, dans nos événements, on aborde très très peu de sujets incompatibles avec la présence d'enfants
- d'autre part que les enfants ne s'intéressent de toute façon que très peu à nos discussions, et que du coup ils irons juste jouer ailleurs pendant qu'on discute

ce qui bien sûr ne dédouane nullement, —comme tu le dis— de prendre en compte leurs spécificités (d'enfants, mais pas que) et leurs besoins (au même titre que n'importe qu'elle personne participante)

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Menfinette

le jeudi 26 septembre 2019 à 22h21

Pour avoir fait parti des personnes ayant demandées si je pouvais venir avec mes enfants ce sujet m'intéresse.
Il est complexe et la façon dont il est posé sur la domination des adultes sur les enfants est intéressante. Cette question se pose pour tout événements auxquels on amène nos enfants parce que, nous même, nous avons envie d'y aller. En même temps, par expérience, et comme il est dit dans le dernier message, quand ça ne les intéresse pas, que ce n'est pas le moment pour eux, illes s'occupent à leur façon. Par contre, les amener dans divers endroits/événements, c'est ce qui leur permet aussi de développer leur richesse culturelle et leur sensibilité future. Si on attend qu'illes nous demandent explicitement d'aller quelque part ou de participer à quelque chose sans les stimuler sur rien ou rien leur proposer, je pense qu'on peut attendre longtemps.
Un enfant n'est pas considéré doué de consentement (et pour certaines situations traumatisantes, je pense qu'il est essentiel de maintenir cette vision des choses), mais un enfant a aussi une grande capacité à exprimer ses limites si nous voulons bien les entendre. A nous en tant que parents, si on vient avec nos enfants, d'être prêt à les entendre et à les prendre en compte (c'est à dire à renoncer à l'atelier) et à nous (ou vous pour l'instant en l'occurrence), en tant qu'orga, d'aider les parents à ça si laisser la possibilité aux enfants de venir vous tente. Par expression des limites, j'entends notamment le fait qu'un enfant qui sollicite son parent à de nombreuses reprises ou qui fait du bruit, gêne le bon déroulement ou déroge aux règles posées, c'est un enfant qui exprime ses limites selon moi.
Pour finir, étant plutôt d'accord sur le fait que les enfants soient plutôt poly et que c'est le contrôle social qui les convertissent en mono, c'est aussi une chance de leur permettre l'ouverture des possibles en leur apportant une autre entrée que celle de l'hétéronormativité monogame (d'ailleurs le fait qu'illes soient poly ou pas au départ ne change pas grand chose). Leur imposer d'écouter serait une domination, mais leur permettre de vivre de multiple expériences et d'expérimenter la possibilité d'élargir leur panel de choix est une responsabilité parentale qui me semble primordiale.
Dans cette perspective, ce qui me semble a adapter n'est donc pas l'atelier ou sa forme en lui ou elle même, mais le lieu dans lequel il est proposé. La présence d'enfant nécessite un espace qu'illes peuvent s'approprier pour eux, pour s'extraire (ou pas selon leur choix) de l'atelier, tout en restant visible des parents.

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Katouchka

le vendredi 27 septembre 2019 à 05h47

Je crois qu‘il ne faut pas chercher compliqué où tout peut être simple. C‘est une question de bon sens.
Je me souviens d‘un événement poly de grande envergure à la Grange.
Il y avait des enfants.
Et au moins 30 polys autour.
On a fixé une règle il me semble... pas d enfant à l‘étage. Et les discussions sur tous les thèmes avaient lieu. Et c‘était aux parents de gérer leurs enfants. Si une conversation ne leur paraissait pas adaptée c était à eux de gérer.
Je ne crois pas nécessaire de régler la question d‘un point de vue collectif. Je pense que tout ça relève de la liberté individuelle.
J ai amené une fois mon fils de 15/16 ans à un café poly car il y avait toujours des questions sur les gosses et je sentais que son témoignage pouvait éclairer. Ça aurait été trop con qu‘une idée préconçue collectivement vienne empêcher sa venue.
Je crois vraiment qu‘il faut rester ouvert. Et se dire pourquoi pas. Selon les personnes, les personnalités qqch d impossible une fois peut être possible une autre fois.
Enfin n oublions pas que nos enfants grandissent dans un milieu poly. En tout cas les miens oui. Le dernier est né dedans. C est bizarre pourtant je ne le vire pas de la maison.
Après évidemment si l‘objet de l‘événement implique de parler sexualité (ou même de pratiquer) et bien il faut clairement assumer l‘interdiction. Il ne s agit pas d exclure mais de préserver et de protéger.

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PolyEric

le mercredi 02 octobre 2019 à 23h22

Je confirme pour la grange avec d'ailleurs autour plutôt 50 polys que 30 mais passons sur les détails. Le seul truc qui peut être inquiétant est que pendant les ébats des parents à l'étage, il n'y a plus personne qui surveille l'enfant au rez de chaussée ce qui pourrait mettre l'organisateur en situation de responsabilité malgré lui, notamment au niveau de la sécurité, par exemple si l'enfant profite de l'absence de ses parents pour faire des bêtises. Du coup, il me semble qu'il faille imposer qu'il y ait toujours au moins un parent disponible pour surveiller son enfant en dehors des heures de sommeil de l'enfant, et peut-être même pendant les heures de sommeil de l'enfant car on ne sait jamais ce qui peut lui arriver dans la nuit (maladie, mauvais rêve, que sais-je, ou même intrusion d'un adulte dans la chambre ... il faut se méfier de tout). Les tentatives d'organisation d'un service de nounou sur demande n'ont pas eu de succès à la grange donc bizarrement ce n'est pas une solution non plus.

A partir d'un certain age (qui peut éventuellement varier selon qu'il est déjà ou non dans une famille poly qui s'assume, et encore je ne suis pas sûr que ce soit un gage d'indépendance de l'enfant), il ne me parait pas loufoque d'exiger que la démarche vienne de l'enfant lui-même en plus de l'autorisation de ses parents, et à condition qu'au moins un de ses parents l'accompagne (cette fois-ci on pourrait accepter le fait que le parent soit considéré comme accompagnant alors qu'il ne viendrait pas de lui-même sans son enfant, un cas très rare en pratique mais qui peut arriver chez un poly qui ne s'intéresse plus trop aux cafés poly et qui viendrait en tant que "taxi" un peu comme on amène son enfant au judo). A l'inverse, vu que les parents sont juridiquement responsables de leurs enfants, on ne peux pas obliger les parents à faire taxi pour respecter le désir de leurs enfants, c'est peut-être malheureux mais c'est comme ça, donc la simple expression de l'enfant ne suffira pas, il faudra qu'un parent soit partie prenante dans l'histoire. Par contre on pourrait très bien exiger le contraire, à savoir exiger que l'enfant exprime sa volonté (peut-être même en dehors de la présence de ses parents pour ne pas être trop influencer, s'ils sont d'accord pour qu'on lui pose la question sans leur présence) avant de laisser rentrer l'enfant, grâce au règlement intérieur des lieux exigeant l'expression d'une volonté d'entrer non dictée par autrui à partir d'un certain age.

Par contre en dessous de ce certain age, on ne peut pas raisonnablement exiger l'expression de la volonté de l'enfant. Je pense qu'il vaut mieux raisonner en se basant sur le "droit de l'enfant de savoir ce qui existe", et dans la mesure ou un des parents est partie prenante, je pense qu'il faut faire sauter l'exigence de l'expression positive de l'enfant par contre s'il exprime son refus (on a toujours le droit de lui demander s'il est d'accord pour rentrer avec son parent), là, il me semble qu'il faut interdire au parent d'entrer avec un enfant qui ne veut pas venir (la responsabilité de parent ne suffit pas pour obliger l'organisateur à accepter des gens qui refusent de venir, fussent-ils mineurs, même si la loi autorise le parent à forcer un peu l'enfant un peu comme un parent forcerait son enfant à aller en classe). On peut mettre dans le règlement intérieur que toute personne quelle que soit son age a le droit de ne pas rentrer et a le droit de sortir à tout moment sans avoir à donner aucune justification. Par contre, si le parent rentre quand-même en laissant son gamin dehors, ça se complique, il faudra alors peut-être prendre l'enfant en charge en attendant l'arrivée des autorités qu'il faudrait alors prévenir dans ce cas complètement loufoque mais comme on voit de tout, il faut se préparer au pire.

Mais tout ceci est un arbre qui cache la forêt. La vérité est que ce sont certains adultes qui sont gênés par la présence d'enfants. Et, ça, aucun règlement intérieur ni charte ne pourra rien y faire. On ne peut pas obliger les gens à ne pas être gêné de la présence d'enfants !

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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artichaut

le jeudi 03 octobre 2019 à 12h13

Merci pour vos messages.

Du coup, il me semble qu'il y a plusieurs choses. Et peut-être que les choses doivent se traiter, au moins partiellement, séparément. Et mon post initial —ainsi que nos choix précédents d'orgas— mélangeais un peu confusément tout ça.

Je dirais qu'il y a déjà :
- comment on interdit pas à une personne mineure de venir sous prétexte qu'elle est mineure et alors qu'elle exprime très clairement l'envie de venir (et du coup, comment on s'engage en tant qu'orga à ce que cette personne soit bien accueillie, en prenant en compte le fait qu'elle est mineure, etc)
- comment on impose pas à une personne mineure de venir alors qu'elle exprime très clairement sa non-envie de venir (et du coup, comment on s'assure en tant qu'orga que les parents ne forcent pas leurs enfants à venir)

Et ces deux choses, je pense, n'ont rien à voir avec l'âge des dites personnes mineures.


Enfin il y a comment on prends en compte les personnes mineures qui n'expriment pas leur envie ou non-envie de venir, soit parce que trop jeunes, soit parce qu'indécises, soit par habitude de suivre leurs parents, soit parce qu'elles s'en foutent de nos discussions d'adultes, soit parce qu'on ne prend pas la peine de leur demander leur avis, soit parce qu'on leur cache des choses, etc
Et c'est sans doute là que les avis vont commencer à grave diverger entre
- les adultes qui ont des personnes mineures à charge (les parents, et surtout les mamans…) qui se sentent lésées de ne pas pouvoir venir, sous-prétexte qu'on autorise pas leurs enfants à venir, et/ou qu'on ne mette pas en place un cadre sécurisant, et/ou qu'on n'assume pas collectivement cette charge le temps de l'événement, etc
- les adultes qui n'ont pas envie d'assumer collectivement le fait de recevoir des enfants, ou ne font pas confiance à l'orga pour ça, ou font déjà ça toute l'année, etc
- les adultes que clairement ça emmerde d'être dans un espace avec des enfants et/ou bébés (avec dans le lot, les personnes hypersensibles aux bruits)


Et parallèlement à ça vient se greffer le dilemne entre
- d'une part les droits des enfants (qui peut regrouper aussi bien "les droits légaux dans cette société à cet instant T", que ce à quoi ils/elles pourraient prétendre dans un monde meilleur… et qu'on pourrait avoir envie de faire un peu exister aujourd'hui)
- d'autre part la responsabilité légale (et pas que légale) des orgas, parents, adultes, etc

Je précise que selon-moi, ce que l'on pourrait regrouper sous le terme de "protection de l'enfance" n'est qu'une sous-partie des droits des enfants, et devrait être pensée comme telle.


Désolé, tout ça est très "théorique", alors que vos interventions, au contraire, envisagent et incluent des choses très concrètes.
Mais, j'avais besoin de poser ça —au moins pour moi-même— avant d'approfondir les questions pratiques (et sans doute répondre à quelques une de vos remarques/suggestions).

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PolyEric

le jeudi 03 octobre 2019 à 21h29

Parfaitement synthétisé !

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Intermittent (invité)

le vendredi 04 octobre 2019 à 22h25

@PolyEric
"pendant les ébats des parents à l'étage" ???

Il doit manquer une lettre ......non ? ?

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Katouchka

le samedi 05 octobre 2019 à 07h20

Non il n en manque pas.
Il y avait bien des ébats ! Pas que des débats.

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Katouchka

le samedi 05 octobre 2019 à 07h27

Sans avoir visualisé les lieux cela peut paraître choquant.
Mais pour monter à l‘Etage il fallait utiliser une échelle et c était très dangereux.
Donc le seul enfant venu à l événement avec ses parents avait été prévenu dès son arrivée de l interdit.
L enfant vivant à la grange avait lui accepté cette règle.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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PolyEric

le lundi 07 octobre 2019 à 01h55

Un peu obligé de l'accepter cette règle car lui aussi il a des parents :-) .

Les événements à la grange n'étaient pas des cafés poly mais des week-end ou des semaines de vacances entre poly (les monos y étant acceptés pour peux qu'ils respectent les polys et leur choix de vie). Un lieu ou il n'était ni nécessaire de justifier d'être poly ni de demander à ce que l'on respecte les choix de vie.

Il y avait des débats, ou plutôt des discussions naturelles qui ressemblaient à celles que l'on pouvait retrouver dans les cafés poly (à l'époque où le nombre de polys ne nécessitait pas d'organiser de tels débats). On pouvait aussi raconter sa vie (qui en général sortait de l'ordinaire) ou ses problèmes, et écouter les autres, essayer de trouver des solutions à partir des idées des uns et des autres, bref, les discussions, étaient libre et enrichissantes. D'où la comparaison de la situation "cafés polys + présence d'enfants" avec la la situation "événement à la grange + présence d'enfants". Ces discussions étaient accessibles à tous y compris aux enfants. Les personnes qui voyaient là une raison de limiter l'accès des enfants à ce genre de discussion particulièrement soft étaient rares. Il faut dire que ces discussions étaient bien plus soft que de nombreux films que les enfants peuvent voir banalement à la télé et aussi soft que les émissions ou discussions diverses et variées que l'on peut voir à la télé. Bref, pas de quoi demander à un enfant d'aller au lit, surtout qu'elles avaient parfois lieu à 9h du matin pendant le petit déjeuner ce qui n'est pas franchement une heure pour aller au lit. Il faut savoir que les polys ne parlent quasiment pas de sexe, du moins pas directement ou pas en public, peut-être parce qu'ils n'ont pas vraiment besoin d'en parler peut-être aussi parce qu'ils ne sont pas ce que beaucoup de gens imaginent. Voilà pourquoi je parle du droit des enfants à savoir ce qui existe, sachant bien entendu que des parents peuvent très bien trouver ça scandaleux ou que sais-je. Mais d'une manière générale, le problème est simplifié parce que tout simplement le problème n'existe pas au niveau juridique, il n'existe qu'au niveau de la sensibilité personnelle des parents et se résout donc à ce niveau. Rien n'interdisait aux parents d'interdire, même si par définition la grange était avant tout un espace de liberté. Cette liberté n'était pas au dessus de la responsabilité des parents et n'était donc pas au dessus du pouvoir des parents donc il n'y avait pas de problème sur ce sujet non plus.

Du coup, certains enfants pouvaient se voir refuser des choses par leurs parents alors que d'autres enfants pourtant du même age, mais avec des parents différents, avaient droit à ces mêmes choses (du genre veiller tard), ce qui se traduit pas des pleurs et des "pourquoi il a le droit et pas moi", une situation bien plus difficile à résoudre qu'il n'y parait pour les parents, et très difficile à supporter pour les enfants (car le sentiment d'injustice est particulièrement difficile à ravaler pour tout être humain doté d'une certaine logique). Par suite, les phrases du type "je suis ton parent c'est moi qui te commande" n'a pas toujours l'effet escompté, ce qui peut déstabiliser le parent qui ne s'y est pas préparé.

Mais parlons plutôt de ce qui vous turlupine, si j'ai bien compris, le sexe, c'est bien ça ? L'étalement sur plusieurs jours et une telle concentration de polys d'ordinaire éloignés les uns des autres favorisaient à la fois les rencontres et les regroupements du style "on se retrouve à la grange" vu qu'il y avait de la place. Du coup, des activités amoureuses (et probablement sexuelles va savoir) sans que ce soit l'objet de l'événement avaient naturellement lieu. Il y avait aussi des séductions dans la mesure ou l'esprit "rencontres poly" était affiché. Mais dans la mesure où il ne s'agissait pas d'un événement libertin, et qu'en plus, la présence des enfants excluait d'avoir ce genre d'activité dans des lieux accessibles à tous, il était exigé que les éventuels ébats amoureux (et non pas "débats amoureux") se déroulent, soit ailleurs qu'à la grange (ce n'était alors plus notre problème), soit dans les quelques endroits clos, à l'écart et bien entendu interdits aux enfants (notamment les chambres vaguement aménagées sous les combles à l'étage). Le but n'était d'ailleurs pas uniquement de protéger les enfants. Il convenait aussi de protéger les adultes qui n'auraient pas envie d'assister à cela sans l'avoir voulu. Et bien entendu, les protagonistes pouvaient avoir envie d'une certaine intimité. Par ailleurs l'échelle pour monter à l'étage ne devait pas être laissée accessible aux enfant qui auraient pris un risque à monter et à descendre en jouant avec cette échelle (puisqu'un un enfant joue avec tout ce qu'il trouve), et ceci même lorsque rien de "bizarre" ne se passait à l'étage. D'ailleurs, même les adultes étaient intimidés par l'échelle. Du coup, les dangers potentiels de l'échelle (qui pourtant était tout à fait aux normes et solidement fixée) donnait un bon alibi pour interdire aux enfants d'accéder à l'étage, étant entendu que cette échelle se situait dans un endroit reculé de la grange accessible uniquement par deux portes en cascades que les enfants ne devaient pas ouvrir. Chacun sait que les enfants demandent pourquoi on ne doit pas faire ceci ou cela. Par suite, leur dire : "l'échelle est dangereuse pour les enfants" se révélait très pratique. D'une part c'était vrai (ce qui évitait d'avoir à mentir à des enfants). D'autre part, cela évitait d'avoir à creuser davantage la question du "pourquoi" avec les enfants (cette question du "pourquoi" pouvant être précisée par chaque parent auprès de ses propres enfants, étant entendu que les parents pouvaient aussi éviter la discussion avec leurs enfants et se contenter d'entériner l'explication sur les dangers de l'échelle ce qui donnait suffisamment de poids à leur autorité). Il était également de la responsabilité des parents de surveiller que les enfants ne tentaient pas d'accéder à l'échelle, d'où l'importance de la responsabilité des parents. Autrement dit, ce n'était pas uniquement une question administrative, les parents avaient vraiment quelque chose à surveiller, donc même si les parents avaient tous deux envie de monter (donc obligatoirement en laissant leurs enfants en bas même dans le cas hypothétique où ces enfants auraient eu envie de monter voir), l'un des parents au moins devait renoncer puisqu'il fallait que l'un d'eux (ou que quelqu'un de "mandaté") reste en bas pour surveiller leurs enfants (non seulement pour les empêcher de monter mais aussi pour tout le reste car les enfants font souvent des bêtises quand les parents ne sont plus là). D'où l'idée qu'il y ait une nounou sur place, une idée qui n'a pas eu de succès, donc pas de nounou sur place, dur dur d'être parent :-) .

C'est peut-être pour ça que certains polys - qui ont des enfants pourtant habitués au monde poly - n'amenaient pas leurs propres enfants à la grange... :-)

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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