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Réactions à l'article

« Poly yes ! », « Polyamour 2.0 » : la question du consentement relationnel. 2/2

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Lustudit

le mercredi 11 novembre 2020 à 17h22

oO0
Une telle dédramatisation n'a-t-elle pas libéré de nombreuses possibilités d'être en relation ?

Ah oui, très certainement. Je plussoie. Autres cultures et "avancées juridiques" comme la médiation et l'union libre, entre autres, voilà. Tout ça "aide". L'ensemble des contributions seraient à reconnaître et à célébrer (gratitude).

oO0
Par exemple, si c'est possible de rester ami.e.s quand l'autre aime une autre personne que soi, la question se pose de savoir s'il faut nécessairement ne plus être ensemble ou si c'est possible de rester ensemble.

Bah, on revient au cas Sara-Jeanne-Anna-Fatou...on peut ne pas vouloir cohabiter et tout de même "ne plus pouvoir conserver la relation amoureuse", malgré la réciprocité des sentiments et l'absence "d'incompatibilité" implicite à la relation.

oO0
(...) la question du besoin de reconnaissance de la légitimité du vécu et je ne suis pas sûr d'avoir ouvert le bon fil en traitant d'une égale dignité dans l'absence de réciprocité.

Je crois que la reconnaissance de la légitimité du vécu pourrait se faufiler dans l'autre discussion, oui.

oO0
C'est là que je me perds, parce que je me sens anarel, mais je trouve parfaitement légitime ce genre de hiérarchie et je la respecte spontanément même si, comme les anarels, je n'en ai pas besoin. Hiérarchie, pas hiérarchie ? Je m'adapte sans pouvoir me concevoir comme priorité.

Attention à ta formulation : A-B et C-D peuvent se voir comme les relations dominatrices qui étouffent les autres et finalement se vivre comme les horribles relations menaçantes qui écrasent du haut de leurs longues années toutes les autres dans l'oeuf. C'est aussi ... blessant et salissant.

Ton premier paragraphe, pour le distinguer du deuxième (mais peut-être maladroitement), je le qualifierais de "hiérarchie des envies". Hiérarchie soft, présente dans l'amitié. Je passe plus de temps avec mon pote Jean-Robert parce que nous sommes proches et nous avons envie d'un tel rythme. Je passe moins de temps avec mon pote Claude, pas pour respecter une quelconque contrainte a priori, mais c'est qu'on n'a pas envie de plus que ça. Peut être la même chose pour un couple : on aime notre vie commune sous un même toît, notre enthousiasme est renouvelé. On a fondé une famille, on remplit nos responsabilités parentales avec enthousiasme aussi, et on se laisse entretenir d'autres relations dans l'intimité, comme on veut (amoureuses, sexuelles, amicales, etc., tant que le consentement des autres personnes impliquées y est, mais le nôtre, il est là, et depuis des années).

Deuxième paragraphe, "hiérarchie des contraintes". Y'a le "du haut de nos années", mais qu'importe s'il se frotte à un autre "haut des années" avec d'autres personnes, un autre "bel assemblage affinitaire", on se permet de protéger des insécurités personnelles par des contraintes au nom du "couple normal"-cohabitant-avec-projet-familial.

De sorte que C-D (hiérarchie des envies) peut rencontrer A-B (hiérarchie des contraintes) via la relation B-C, mais même s'il y a ouverture des couples et consentement sur les sentiments amoureux..."spoiler alert" : avec les années, elles/ils vont se faire chier. Y'a des pots qui vont se casser.

oO0

Cela fait partie aussi des conséquences et vécus à prendre en compte : A et D n'ont rien demandé et doivent aussi encaisser.

Comment trouver une égale dignité ? Horrible et dignité sont deux opposés qui s'éclairent mutuellement par leur contraste. Le sentiment d'être horrible s'accompagne de celui d'être privé de toute dignité, rejeté en dehors de l'humanité parmi ses monstres - manière de parler.

Ça dépend. Si A et D ont demandé la liberté d'avoir des relations sexuelles/amoureuses avec d'autres personnes que B et C, qu'ils/elles ont effectivement pu vivre de belles expériences, ok, ils n'ont rien demandé spécifiquement sur le cas B-C, mais ils/elles ont quand même demandé quelque chose à la base...Après, jusqu'où vont leurs responsabilités ?...

Tu demandes comment trouver une égale dignité. Bah voilà l'ampleur du noeud des beautés et des emmerdes. Sais pas trop.

Et oui, exactement, c'est ça, l'horrible n'aura pas de dignité. Si t'as été "horrible" pendant des mois, puis hop dignité restaurée parce que insécurités travaillées par introspection, puis hop, tu redeviens horrible parce que période de vulnérabilité...ton ressenti risque de se camper dans l'horrible.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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André.e (invité)

le vendredi 27 novembre 2020 à 08h45

Salut ! Je tenais juste à te remercier beaucoup artichaut ( sans doute la première fois de ma vie que je dis merci à un artichaut :-> ) pour tout ce boulot de synthèse et de réflexion, c'est super chouette!

j'ai une petite question : c'est quoi neurotypique/atypique ?

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André.e (invité)

le vendredi 27 novembre 2020 à 10h10

Une rapide recherche sur wikipedia m'a donné les infos, merci de m'avoir appris ça aussi !

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artichaut

le vendredi 27 novembre 2020 à 11h14

André.e
sans doute la première fois de ma vie que je dis merci à un artichaut :-> )

oui, pseudo choisis à la va-vite y'a qqs années
ça me fait tjs bizarre quand des gens m'appelle artichaut dans la vraie vie
j'assume et j'assume pas, à la fois

pourtant il n'y a pas que les humains à qui y'aurais des raisons de dire merci
que serait-on sans la pluie, le vent, les plantes… ?

peut-être que monogamie=monothéisme
et que le polyamour finalement a à voir avec —non pas le polythéisme, mais— l'animisme…

le but n'est pas d'avoir 1, 2, 3, 4… relations dans sa vie
mais de retrouver… peut-être… un état amoureux
(qui a été confisqué, emprisonné, asservi par le capitalisme à la mode monogamie®)

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Krissounette

le dimanche 29 novembre 2020 à 16h56

J'avoue ne pas avoir lu toute la discussion, juste la première page, puis recherche d'un mot clef.

Bref je voulais revenir sur le seul point qui me heurte. (Ah oui, et sinon, est-ce que c'est utile de te signaler des fautes de grammaires ?). Ce point est peut-être un détail un peu hors-sujet, peut-être aussi une formulation trop rapide qui porte à confusion (?).

Artichaut
Si votre partenaire n'est pas enthousiaste et volontaire à être/devenir poly et à ce que vous le soyez, vous n'êtes pas polyamoureux/polyamoureuse, juste vous forcez votre partenaire. Et c'est de l'abus relationnel.
Il faut être très clair avec ça : le polyamour imposé n'est pas du polyamour.

Pas du poly ? Je suis bien d'accord la dessus. Mais parler d'abus relationnel me pose problème. C'est clair que ce n'est pas idéal quand y-a désaccord au sein d'une relation. Et il n'y a pas toujours de bonne solution (rompre la relation ou la maintenir mais avec insatisfaction d'au moins un coté). C'est foireux. Mais il n'y a pas plus abus d'imposer la non exclusivité que l'inverse... au contraire même. On aurait tendance à considérer que l'exclusivité est par défaut, et c'est effectivement la norme. Mais ça ne rend pas cette position plus légitime. C'est l'inverse, puisque "imposer" la non-exclusivité, c'est "imposer" la liberté. Imposer l'exclusivité me semble abusif. "Imposer" la non-exclusivité, n'est pas (aussi ?) abusif. Dans les 2 cas c'est foireux, on est d'accord. Mais quand il n'y a pas de consensus enthousiaste possible, je récuse l'idée que l'exclusivité devrait primer sur la non-exclusivité.
J'ai envie de faire la comparaison avec ce qu'on considère communément comme amitié, mais ce serait tout aussi biaisé par la norme (ici non-exclusive). Faut justement sortir de l'idée que l'abus vient de la sortie de norme. L'abus vient, selon moi, du fait de vouloir empêcher l'autre de relationner.

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Siestacorta

le dimanche 29 novembre 2020 à 17h06

Krissounette
je voulais revenir sur le seul point qui me heurte.
« Si votre partenaire n'est pas enthousiaste et volontaire à être/devenir poly et à ce que vous le soyez, vous n'êtes pas polyamoureux/polyamoureuse, juste vous forcez votre partenaire. Et c'est de l'abus relationnel.
Il faut être très clair avec ça : le polyamour imposé n'est pas du polyamour. » (Artichaut)

Pas du poly ? Je suis bien d'accord la dessus. Mais parler d'abus relationnel me pose problème. C'est clair que ce n'est pas idéal quand y-a désaccord au sein d'une relation. Et il n'y a pas toujours de bonne solution (rompre la relation ou la maintenir mais avec insatisfaction d'au moins un coté). C'est foireux. Mais il n'y a pas plus abus d'imposer la non exclusivité que l'inverse... au contraire même.

En fait, il y en a dans les deux. Et le fait qu'une pratique sociale/ relationnelle soit contre la norme n'apporte pas un plus moral. La norme "exclusive" n'est problématique que parce qu'elle est norme. Et les relations non-exclusives sont sans abus quand elles sont des choix consentis et informé... des deux côtés. Bref, ce qui en fait un abus, c'est pas son rapport à la norme, c'est d'être imposé (même sous la forme "bah toi aussi tu pourrais !" : c'est pas ce qui est choisi. Et, souvent, ce qui est rompu par ce choix imposé, c'est pas tellement la norme, mais un choix commun de départ... même mal informé, il ne mérite pas d'être remplacé par un cadre non-consenti).

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artichaut

le dimanche 29 novembre 2020 à 18h37

Krissounette
(Ah oui, et sinon, est-ce que c'est utile de te signaler des fautes de grammaires ?).

Oui, tu peux (en privé, pour pas surcharger le fil de discussion).
J'ai parfois une manière (assumée) d'écrire le français différemment que la norme (comme "+" et "plu") mais y'a surtout que je ne suis pas bon en otho/grammaire.

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artichaut

le dimanche 29 novembre 2020 à 19h11

Krissounette
Bref je voulais revenir sur le seul point qui me heurte.

Merci @Siestacorta pour ta réponse. Elle me convient bien.
Je ne sais pas @Krissounette, si elle t'éclaire et te convient.

Ce qui floute avec la norme, c'est que souvent les accords sont tacites (donc pas forcément verbalisés, écrits, etc …enfin quand y'a mariage, pacs &co c'est un peu écrit quand même…). Mais ça ne fait pas qu'il n'y a pas accords. Surtout quand ça a été vécu ainsi pendant plusieurs années.

Ce texte s'adresse plutôt aux "polys". Donc j'insiste+ sur nos tords, pour une fois. Mais je ne dis pas que la Norme a raison d'être Norme ni qu'elle prévaut sur la non-Norme.

Enfin si t'es une femme en relation hétéro (cf intervention de @LeaBridou, ou bémol dans le corps du texte), c'est un peu différent, car il est fort probable que ta relation implique de la domination viriarcale, donc tu peut être +légitime que l'autre à recouvrer une part de liberté, si de fait, à la base, tu en a moins. Auquel cas l'abus serait de vouloir empêcher l'autre de reprendre une part de sa liberté, alors qu'elle en a déjà moins.

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Krissounette

le lundi 30 novembre 2020 à 13h52

artichaut
Ce texte s'adresse plutôt aux "polys". Donc j'insiste+ sur nos tords, pour une fois. Mais je ne dis pas que la Norme a raison d'être Norme ni qu'elle prévaut sur la non-Norme.

Je m'en doutais un peu. La tournure sous-entend que c'est + abusif quand c'est la non-exclusivité qui prévaut. Mais il ne dit si c'est (aussi) abusif dans l'autre sens.

Pour autant vos réponses ne me satisfont pas vraiment :
Je ne pense pas qu'il faille parler d'abus dés qu'il manque le choix consensuel. S'il n'y a pas d'accord satisfaisant possible pour tout le monde c'est malheureux. Mais c'est un fait. Personne n'en est coupable en soi (pas parce que poly ou mono). Pour moi, ce qui fait l'abus c'est quand à défaut de consensus on impose des restrictions à l'autre, ici l'exclusivité relationnelle. Si le choix poly est favorisé, c'est malheureux bien sûr, puisque ce n'est pas consensuel, mais rien n'est imposer à l'autre. Alors oui c'est pas forcément facile à vivre pour une personne jalouse. Peut-être plus dur à vivre que dans l'autre sens (exclusivité malgré soi). Les cas sont probablement très variés, et peu importe en fait. Je ne suis pas là pour compter les points, savoir qui est le plus à peindre. La jalousie est une affaire de la personne, ça vient d'elle pas de l'autre ; avec tout le déterminisme en jeu, je ne cherche pas à jeter la pierre à la personne jalouse. L'exclusivité en revanche est une règle imposer par l'autre, qui restreint sa liberté. Et ça, ça me semble abusif et illégitime. Pour moi le "par défaut", faute de consensus enthousiaste, devrait être de laisser chaque personne faire ce qu'elle veut.

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alinea7

le lundi 30 novembre 2020 à 14h28

Krissounette
Pour moi le "par défaut", faute de consensus enthousiaste, devrait être de laisser chaque personne faire ce qu'elle veut.

Le souci c'est que quelqu'un peut penser exactement l'inverse et souffrir d'une non exclusivité imposée. Et c'est peut-être de ton point de vue une souffrance irrationnelle qui ne se passe que dans sa tête, n'empêche que ne pas en tenir compte c'est de la maltraitance.
A partir du moment où on sait qu'on fait du mal à quelqu'un, continuer est de la maltraitance.

Dépendamment des souffrances respectives il peut être indispensable de se séparer quelque soit l'amour en jeu, pour le respect de chacun.

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Krissounette

le lundi 30 novembre 2020 à 19h10

alinea7
Dépendamment des souffrances respectives il peut être indispensable de se séparer quelque soit l'amour en jeu, pour le respect de chacun.

Je suis bien d'accord avec ça. Et si y-a souffrance d'une part ou d'autre dans une relation "mono-poly", le mieux est probablement la rupture. Et je pense même que c'est souvent le mieux à moins de réussir à se satisfaire de la situation des 2 cotés (quel que soit le choix poly ou mono).

Pour le reste, encore une fois : il ne s'agit pas d'un concours de souffrance. C'est à la personne de disposer de sa vie. Quand une autre personne en dispose à sa place, c'est grave. Or c'est ce qu'on fait en imposant l'exclusivité. Dans l'autre sens, on ne fait pas souffrir l'autre, c'est l'autre qui souffre. Si les 2 personnes veulent rester ensemble malgré cette grosse divergence quant au fonctionnement de leur relation, bien-sûr que la personne poly peut et même doit aider l'autre à gérer la jalousie, à ne pas (trop) en souffrir.

Peut-être que ce sera plus parlant si je compare aux modifications corporelles, par exemple le tatouage. Une personne (parent par ex) peut souffrir de voir saon enfant ou partenaire se faire tatouer. Mais c'est la vie, le corps de la personne tatouée. Ce n'est pas de la maltraitance que de décider de ce qu'on fait de sa peau, sachant que l'autre pourrait en souffrir.

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artichaut

le lundi 30 novembre 2020 à 23h50

Krissounette
Peut-être que ce sera plus parlant si je compare aux modifications corporelles, par exemple le tatouage. Une personne (parent par ex) peut souffrir de voir saon enfant ou partenaire se faire tatouer. Mais c'est la vie, le corps de la personne tatouée. Ce n'est pas de la maltraitance que de décider de ce qu'on fait de sa peau, sachant que l'autre pourrait en souffrir.

L'exemple ne me semble ni parlant, ni très heureux. Un enfant n'a jamais demandé à naître, ni à ce qu'on l'éduque, ni —généralement— pas grand'chose à ses parents. Donc l'enfant peut être légitime à faire ce qu'il/elle veut de sa vie, de son corps, de ses relations. N'en déplaise aux parents.
Un couple, un mariage, une relation amoureuse, c'est —on l'espère— autre chose. Si tu es en relation comme un enfant avec son parent (et certain·e·s diront peut-être que c'est souvent le cas d'une femme dans un couple hétéro) alors oui tu est légitime à te barrer et faire ce que tu veux de ta vie, de ton corps, de tes relations.
Mais sinon… ce que tu défends me semble très libéral, …comme si nous étions des êtres séparés, autonomes et indépendants. Mais si tel était le cas, pourquoi vouloir être en relation ?

Il me semble au contraire que nous sommes des êtres relationnels, sociaux, amoureux avant toute chose. Que le monde libéral nous leurre en nous vendant (à prix cher) la liberté comme la valeur ultime.

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alinea7

le lundi 30 novembre 2020 à 23h53

Krissounette
Pour le reste, encore une fois : il ne s'agit pas d'un concours de souffrance.

Aucun souci avec ça d'autant que franchement c'est impossible à mesurer.

Krissounette
C'est à la personne de disposer de sa vie. Quand une autre personne en dispose à sa place, c'est grave. Or c'est ce qu'on fait en imposant l'exclusivité.

Quelle imposition d'exclusivité ? Je pensais que tu contestais uniquement le fait qu'imposer la non exclusivité soit de la maltraitance ?
Personne ne peut imposer la non-exclusivité à quelqu'un. De même que l'exclusivité. Cette contrainte ne porte que dans le cadre de la relation. Chacun est libre de quitter la relation.

Et puis la liberté absolue n'existe pas. Elle est restreinte par tous les choix de vie qu'on fait.
La restriction de liberté existe de fait dans tout contrat social. Il y a simplement la liberté qu'on choisit et la liberté qu'on laisse. La responsabilité qu'on prend et celle qu'on refuse.
Du coup je ne comprends pas ...? Mais certainement pas plus que tu ne comprends la souffrance mono. Et le fait de ne pas comprendre, ça aide à penser que ça n'est pas aussi légitime.

Krissounette
Dans l'autre sens, on ne fait pas souffrir l'autre, c'est l'autre qui souffre.

J'ai croisé cette façon de penser plusieurs fois sur le forum, surtout sur des participations anciennes ; elle me hérisse.

Ça me paraît tellement évident que faire et ne pas faire quelque chose à quelqu'un sont les deux côtés de la même médaille que c'est compliqué pour moi de l'expliquer. Comme beaucoup de règles de savoir vivre et de respect.
On peut faire autant de mal à un enfant en le contrôlant qu'en le négligeant. C'est de ça qu'il s'agit ici, de négligence relationnelle.
On pourrait dire que c'est une négligence relationnelle perçue et pas effective et je ne suis pas d'accord. Tout simplement parce que les deux ne mettent pas la même chose dans ce qu'ils appellent relation amoureuse. Donc l'un ne voit pas ce qui manque et l'autre est trahi dans le fait qu'on lui a laissé penser qu'il y avait relation amoureuse alors que non. Donc tout d'un coup ce qu'il pensait vivre ne correspond plus à la réalité. Et il se fait rappeler régulièrement que ce n'est pas une relation amoureuse : chaque message, chaque sortie, chaque relation. Ce alors qu'il aimerait par ailleurs être en relation amoureuse avec cette personne. Et que certes, il pourrait chercher quelqu'un d'autre, mais ça n'est pas une consolation. Ca peut vraiment être vécu comme une forme de torture : rappelle toi bien que je ne t'aime pas en fait.

Je sais bien que ce n'est pas ce que vit et veut faire vivre le partenaire non exclusif. Ce n'est pas non plus ce que veut vivre le partenaire exclusif. Mais on ne choisit pas dans ce qu'on vit l'interprétation qu'on en fait. Involontairement, une compréhension de la situation, une histoire qu'on se raconte semble plus crédible qu'une autre.

Et on parle d'imposer l'exclusivité, mais, si le partenaire accepte l'exclusivité, qu'est-ce que ça change ? Est-ce que ce qui manquait est plus+ là ? Non, puisqu'il ne raisonne pas dans ce système là.

Et là bien sûr c'est le côté implicite de la norme qui pose problème, moins parce qu'il existe que parce qu'il empêche de se questionner sur ce qui conviendrait mieux avant qu'il soit trop tard, avant d'avoir trahi le contrat proposé ou en avoir souffert. Avant d'avoir développé des liens profonds douloureux à nuancer. Avant d'avoir mis en place un projet de vie engageant. La norme cause du tort aux polyamoureux autant qu'aux monoamoureux.

Et imposer le cadre qui lui convient à l'autre en sachant que ça le fait souffrir est de la maltraitance. Dans les deux cas.

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Krissounette

le mardi 01 décembre 2020 à 17h08

artichaut

exemple ne me semble ni parlant, ni très heureux. Un enfant n'a jamais demandé à naître...

Et bien prends l'exemple avec le partenaire :
Une personne peut souffrir de voir sa son ou autre partenaire se faire tatouer. Mais c'est la vie, le corps de la personne tatouée. Ce n'est pas de la maltraitance que de décider de ce qu'on fait de sa peau, sachant que l'autre pourrait en souffrir.

artichaut
Mais sinon… ce que tu défends me semble très libéral, …comme si nous étions des êtres séparés, autonomes et indépendants. Mais si tel était le cas, pourquoi vouloir être en relation ?

Non, non, non... Relationner nécessite de se mettre d'accord sur ce qu'on fait ou pas entre partenaires. C'est très différent de vouloir contrôler ce que fait, vit l'autre par-ailleurs. Accepter de laisser l'autre libre en dehors de ce qui concerne la relation qui elle se fait à 2, ce n'est pas ne pas s'impliquer dans la relation, ni être "casual".

alinéa7
Personne ne peut imposer la non-exclusivité à quelqu'un. De même que l'exclusivité. Cette contrainte ne porte que dans le cadre de la relation. Chacun est libre de quitter la relation.

Tu veux dire "ça ou rien" ? Je suppose que non, mais je ne vois rien d'autre.

alinéa7

Et puis la liberté absolue n'existe pas. Elle est restreinte par tous les choix de vie qu'on fait.
La restriction de liberté existe de fait dans tout contrat social. Il y a simplement la liberté qu'on choisit et la liberté qu'on laisse. La responsabilité qu'on prend et celle qu'on refuse.

La relativité de la liberté ne doit pas servir à la réduire.

alinéa7
Du coup je ne comprends pas ...?

Oui, je crois qu'on ne se comprend pas et qu'on n'y arrivera pas. (probablement mon dernier commentaire sur ce texte)

alinéa7
Mais certainement pas plus que tu ne comprends la souffrance mono.

Mais si ! Je ne nie pas cette souffrance ; je nie qu'elle légitime de demander à l'autre ce qui ne regarde pas la personne.

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artichaut

le mardi 01 décembre 2020 à 18h04

Krissounette
ce qui ne regarde pas la personne.

Et pourquoi ça ne regarderais pas la personne ?

La monogamie ne prescrit pas que tu ne peux pas te tatouer (et encore que…), mais elle prescrit l'exclusivité sexuelle et amoureuse.
Si ça ne te convient pas (je dis tu, mais c'est pas forcément toi) ne commence pas une relation monogame, ne contractualise pas une relation monogame.
Et si tu l'a fait par erreur, ou par méconnaissance, libre à toi de stopper cette relation (et d'en assumer les conséquences). Mais ne fait pas ce qui est interdit, pour ensuite venir dire à l'autre que lui/elle est libre de stopper la relation. C'est juste ne pas assumer (les conséquences de) ses actes.

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Siestacorta

le mardi 01 décembre 2020 à 18h07

Krissounette

Je ne pense pas qu'il faille parler d'abus dés qu'il manque le choix consensuel.

Je vais prendre une comparaison, pour parler de l'abus. C'est pas un troll, hein, même si je sais quel public lit par ici... Ne pas dévier sur "mais tu penses pas au respect de la bouffe", svp :-).
Et la comparaison n'est probablement pas bonne dans le détail, je choisis un axe spécifique.

Mettons qu'un couple partage la norme alimentaire de son coin.
Et puis un jour, l'un des deux passe à un régime alimentaire différent et minoritaire, pour des questions éthiques ou religieuses, différant complètement de leur ancienne norme commune. L'autre personne... ne voit pas et n'a pas d'intérêt personnel à changer avant longtemps.

Il peut se passer, entre autres :
- ils partagent une partie de leurs repas, ne partagent pas les autres, ya consensus sur la pratique, on se prend la tête un peu pour que ça tourne bien sur le long terme. On peut rester à peu près dans les clous, faut inventer comment.
- chacun fait son repas de son côté, sans trop d'accord. Les courses, le frigo... c'est chiant, ça correspond pas à la lettre aux besoins, mais on fait avec tant qu'on peut. Avec un peu de pratique, passer à un autre choix (le précédent ou l'un des suivants...) se fera sans doute.
- celui qui a changé de régime dit que l'autre fait ce qu'il veut, du moment qu'il prépare les deux repas et fait les courses et soit ok de le regarder manger des trucs et que ce soit cuisiné dans le même service, et les sauces se mélangeront et tant pis hein.
- celui qui reste sur l'autre régime dit que l'autre fait ce qu'il veut du moment que...
- l'un des deux dit "je fais les courses", ne tient compte d'aucune demande et laisse l'autre gérer
- l'un des deux veut que l'autre fasse comme lui ou se taise à jamais.

Voilà.
Même si les deux recherches sont légitimes, du moment qu'il y a quelque chose de partagé, faire passer l'une avant l'autre "parce que c'est bon pour moi et je crois pas que ce soit mauvais pour l'autre" sera abusif. Parce qu'il s'agit pas de respecter l'autre selon ce qu'on pense soit de ce qu'est le respect de l'autre, mais selon ce qu'il pense lui, et donc, selon ce qu'est le respect pour la relation.

Message modifié par son auteur hier à 13h.

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Siestacorta

le mardi 01 décembre 2020 à 18h18

Après : autant dans la relation individu/indivu, la liberté de chacun commence là où elle confirme celle de l'autre (sachant que consentement, consentement informé, liberté toussa) autant à un niveau social, encore une fois : le fait que l'exclu soit une norme réduit les choix de non-exclusifs, et laisse croire que c'est strictement leur faute s'ils sont pas heureux comme ça.
En ce sens précis, aujourd'hui, entamer un dialogue sur la non-exclusivité relationnelle est un combat d'émancipation, quand tenter de faire aboutir ce dialogue sur l'exclusivité est conservateur... dans le rapport à la norme sociale.

Mais l'émancipation individuelle (et donc : accepter qu'une liberté qu'on prend nous fait gérer des conséquences, c'est une responsabilité) diffère d'une pratique de la liberté où les individus cherchent une harmonie commune.
(et en fait je crois que beaucoup d'abus naissent en voulant rendre les harmonies durables à toute force, quand les individus c'est changeant)

Message modifié par son auteur il y a 2 jours.

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Siestacorta

le mardi 01 décembre 2020 à 18h36

Krissounette

«  personne ne peut imposer la non-exclusivité à quelqu'un. De même que l'exclusivité. Cette contrainte ne porte que dans le cadre de la relation. Chacun est libre de quitter la relation.» (Alinea)

Tu veux dire "ça ou rien" ? Je suppose que non, mais je ne vois rien d'autre.


Je nuance ce qu'en dit Alinea : ça peut être autre chose, mais sans cet accord mutuel, c'est une non-exclusivité, une relation (bancale, peut-on craindre) mais pas une relation poly, où l'ouverture dépend directement de comment on gère celle de l'autre.

C'est vrai quand on gère son refus d'ouverture relationnelle (on choisit alors comme lui, on dialogue et on patiente longtemps, ou on arrête) ou quand on gère sa non-exclusivité (le polyamour c'est pas seulement ma liberté de relationner indépendamment (puisque que je peux l'avoir sans la nommer "polyamour"...) mais la façon donc je vais pratiquer une non-exclusivité avec la connaissance et l'accord des personnes concernées, qui font ce même choix avec moi, et je suis ok avec leurs autres relations).

Message modifié par son auteur il y a 2 jours.

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alinea7

le mardi 01 décembre 2020 à 21h26

@artichaut @Siestacorta vous dites tout mieux que moi.

Oui je parlais du cas extrême, heureusement dans la plupart des cas il y a des intermédiaires consensuels.

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