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Polyamour, voyages et quête d'absolu...

Politique
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poconina

le dimanche 19 mai 2013 à 05h39

Bonjour à tous,

Je suis inscrite sur ce site depuis un an et je n'ai jamais encore participé à une conversation.
J' ai par contre lu de nombreuses discussions qui m'ont aidé à comprendre, et à questionner ma vie amoureuse (et pas seulement).
Avant toute chose, je tiens à vous remercier tous, tous ceux qui prennent le temps de lire ces histoires :heureuses, douloureuses, courageuses... et d' y répondre joliment avec une qualité de langue aujourd'hui très rare sur Internet . Merci...

J'ai aujourd'hui envie-besoin de raconter un peu mon histoire
J'aI 30 ans aujourd'hui mais cela a commencé il y a bien longtemps.
J' ai passé une enfance silencieuse, à imaginer un joli monde pour y projeter mes reves...Mon adolescence se nourrit des écrivains de la Beat Generation, je découvre à travers leur plume, l'appel de la route, le gout du voyage ,de la désobeissance, de la subversion.

Dès ma majorité je choisi de partir d' explorer le monde, de ne pas fixer de limites à mes possibles, ni a mes désirs, de transcender les codes,d'essayer de changer le monde en quelque sorte... Sauf que je suis une grande anxieuse, qui vit depuis toujours avec des crises de panique , de l'agoraphobie et pas mal d' autres blocages qui paralysent parfois completement mon quotidien... Mais j' ai décidé de ne pas avoir de quotidien...Et c' est la que je fais le grand écart . Depuis douze ans, j' ai choisi de vivre une vie très peu "sécurisante", en tout cas assez instable, puisque je n' ai pas de maison, je vis en squat ou chez des amis , je travaille peu et jamais dans la même chose , je n' ai que très peu de ressources . Ce manque de " responsabilités" me permet d'arpenter le globe , de vivre des experiences fabuleuses... mais de temps en temps je suis rattrapée par mes angoisses et je finis parfois malmenée par cette différence trop grande entre ma quete d' absolu et ma peur viscérale des petits riens... Les gens autour de moi ne comprennent pas que l' on puisse partir au bout du monde seule et presque sans argent , mais que l' on soit incapable de prendre l'autoroute en voiture...

Et l' amour dans tout ça me direz vous? Et bien c' est pareil...mon amour de la liberté (la mienne et celle de l' autre) me fait être polyamoureuse . La réalité de mes angoisses me fait parfois être dépendante , posséssive. Je vis mes amours a 200%, j' y trouve l' intensité que je cherche ( et celle que je ne trouve pas dans le domaine proffessionel faute de stabilité).
J' ai vécu plusieurs relations longues, certaines exclusives d'autres non , mais je me confronte toujours à un problème . Les hommes de ma vie sont tombés amoureux d' un fantasme, d' un demi-moi : la voyageuse intrépide qui n' a pas froid au yeux , qui est liberée des convenances ( notament sexuelles) , la femme forte , belle et puissante.

Cette moitié de moi existe bien , mais son pendant fébrile hypersensible et timide aussi. Et c' est toujours lorsque dans un moment de crise personelle je me montre plus faible que forte que mes partenaires prennent de la distance...
Presque tout les hommes dont j' ai partagé un bout de vie sont aujourd'hui encore des amants , comme s' il était plus facile pour eux d' avoir de rôle là que celui de compagnon...

IL y a 3 ans je rencontre M , il est sur la route comme moi , indépendant , artiste. On vit ensemble une très belle histoire, d'abord exclusive et puis nous optons d' un commun accord pour une version plus " libertine" ( je ne parle pas de polyamour dans ce cas précis puisque le liberté accordée est avant tout sexuelle) . On explore des territoires inconnus, on dépasse la barrière des genres, je me sens plus libre que jamais... Cela se passe bien, jusqu' au moment ou les aléas de ma vie me font être inquiète , anxieuse et fébrile. Et là encore une fois, je dois encaisser une rupture. Encore une fois je pars loin, longtemps pour laisser le temps faire son oeuvre...
Je suis actuellement encore à l' autre bout du monde, mon retour en France est pour dans un mois et mes derniers échanges de mails avec M, me font penser qu' il rejoidra vite le cercle de mes amants.
Et je reviendrai donc en France, et je reverrai ces hommes que j' ai aimé et que j' aime encore et reprendrais ma vie bohème , je continuerai à écrire mon histoire dans les bras de l' un ou de l'autre, dans l' hémisphère Nord ou Sud .... Aujourd"hui j'aime plusieurs hommes , M en fait partie , il sont aux quatre coins du monde mais aucun n'est ma "relation principale", ce sont des hommes qui m' aiment et me respectent.

Voila , mais maintenant j'ai 30 ans, j'aime ma vie et j'en suis fière, mais il y a quelque chose dans ce mode de fonctionnement qui ne me satisfait plus. Peut être une envie de famille qui me fait me questionner autant... Lorsque je lis vos témoignages , je m'identifie souvent à vos ressentis, à vos doutes , à vos aspirations . Sauf que moi je n' ai pas de cadre dans lequel écrire mon histoire... C'est un peu différent...

Je voulais savoir si parmi vous il y a des gens qui en sont arrivés au polyamour à travers un idéal plus vaste de liberté, de quête d'absolu....
Et j' espère ne pas avoir fait une tartine trop indigeste...j'ai un peu de mal à organiser ma pensée...

Du haut de la cordillère des Andes, je vous embrasse fort.

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Anarchamory

le dimanche 19 mai 2013 à 09h51

Belle histoire qui fait rêver... Personnellement, je suis nettement plus pantouflard (toute proportion gardée) et avant tout en quête de stabilité et sécurité familiale, amicale, amoureuse et matérielle, sans exclure de nouer de nouvelles amitiés ou amours, eux-même stables et sûres. Après, ceci étant "acquis" (je mets des guillemets à dessein, rien n'est jamais absolument acquis), je n'exclue pas d'exercer un certain goût de l'aventure, du voyage, de l'inconnu, etc. sachant que je garde ce socle rassurant comme port d'attache... Je comprends qu'en l'absence d'un tel port d'attache tu te sentes un peu insatisfaite. L'idéal, pour moi, c'est une sorte de conjugaison/équilibre des contraires : sécurité et risque, stabilité et aventure, etc.
Je pense néanmoins que si je suis arrivé au polyamour (enfin la phrase est un peu forte me concernant, vu que je ne pratique pas la chose...) c'est en partie par inclination personnelle (je me sens porté, dans tout mon être, vers tout l'être de plusieurs personnes du sexe féminin ; par ailleurs, je ne ressens aucun besoin d'exclusivité), et en partie par idéal philosophique d'autonomie, de liberté, d'absolu de l'amour (ce qui est marrant c'est que les monogames exclusifs se basent souvent sur cette même quête d'absolu de l'amour pour justifier la monogamie exclusive...). Il est vrai, pourtant, que je ne suis pas un baroudeur... sauf dans le domaine intellectuel où je n'hésite pas à explorer des idées et des arguments pas du tout convenables :) Il est vrai que barouder dans le monde des idées est nettement moins dangereux, coûteux et difficile que barouder dans le monde réel :/ Je voyage donc dans ma tête principalement. Bon, j'ai voyagé aussi pour de vrai, hein. Le plus loin où je suis allé c'était la Turquie. Mais pour toi, j'imagine que c'est juste une petite balade digestive :)
Néanmoins, je ne crains pas (trop) la foule ou de conduire sur l'autoroute :)
Du fond de ma Lorraine où il fait gris (comme un peu partout en France en ce moment...), je t'embrasse également :D

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Apsophos

le dimanche 19 mai 2013 à 12h16

Ce coté "forte", globe-trotteuse, libérée de l'idéal de vie proposé par nos sociétés, est d'une part fortement attirant, exotique si on veut, même pour des gens qui ont un mode de vie proche du tien j'imagine, vous n'êtes pas si rares mais pas si nombreux :-/ et d'autre part très visible, facile à décrire, à mettre en avant quand tu te présentes. Dans mon cas la combinaison des deux te rendrait intimidante mais ça ne m'étonne pas que des gens un peu plus sûrs d'eux socialement tombent "amoureux" de cet aspect si évident de ta personne.
Les autres aspects (je préfère considérer que les deux parts que tu décris ne suffisent pas à te résumer) s'expriment de manière plus subtile, tant que le premier domine, il est facile de ne pas les voir mais je suppose qu'ils sont tout de même légèrement perceptibles. (à moins que tu ne sois très douée pour les masquer, mais dans ce cas j'imagine que ce n'est pas souhaité de ta part)

Une "envie de famille" ? La fameuse "horloge biologique", la "crise de la trentaine" ? Il y a sans doute une réalité derrière ces formules. Je n'aime pas donner des conseils, même aux gens que je connais, et tu n'en as sans doute pas besoin, mais ne te précipite pas :-D

Si par "quête d'absolu" on peut entendre le fait de vouloir limiter la "complexité" (dans un sens informatique, ou pas loin) de son analyse d'une situation, alors on peut dire que le rejet du modèle relationnel "normal" va dans ce sens.

Du fond de mon antre, je t'embrasse aussi, puisque ça peut passer pour du conformisme.

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Boucledoux

le dimanche 19 mai 2013 à 12h18

Coucou poconina,

non ta tartine n'est pas indigeste, au contraire elle a un goût d'aventure et de lointain tout à fait rafraîchissant... et de pleins de questionnements tout à fait intéressants.

Je te donne ma réactions à chaud après première lecture : d'abord j'ai l'impression qu'il y a plusieurs questionnements dans la manière dont tu racontes ton histoire. Celui qui est explicite, polyamour / aventure, absolu, liberté. Mais aussi un autre, entre les lignes, sur le schéma de relation qui se met en place avec tes amoureux et qui les fait "tomber amoureux d'une demie toi". Et enfin, l'envie aujourd'hui, d'une stabilité plus affirmée autour d'une "relation principale" plus familiale mais compliquée vu tes fonctionnement à la fois de relation amoureuse et de vie. J'ai bon ?

Je ne vais pas essayer de répondre mais te dire déjà ce qui fait que ce que tu dis me parle et m'évoque des échos, même lointain de mes propres histoires. D'abord j'ai partagé les mêmes aspirations, les mêmes rêves, les mêmes appels (et en partie les mêmes lecture probablement pour certaines ;) ) de la route et de la beat génération à un moment donné. Et si finalement j'ai fait d'autres choix, vers mes 20 ans, qui font que j'ai aujourd'hui (20 après) une vie très intégrée socialement et que j'ai voyagé essentiellement dans ma tête, mes aspirations de l'époque sont bien indissociablement liées à la manière dont j'ai construit mes modèles et mes aspirations amoureuses. Complicité (y compris voire d'abord dans l'aventure, même si j'ai choisi d'autres terrains d'aventure au final), autonomie, liberté plutôt que fusion et construction familiale.

Comme toi, en me retournant sur un petit bout de chemin en arrière, je vois des personnes avec qui j'ai eu des histoires très fortes, plus ou moins durables et qui sont aujourd'hui des amantes ou pas mais en tout cas vraiment les personnes qui comptent dans ma vie, que j'aime profondément et réellement, chacune à leur manière et qui sont toujours le socle sur lequel je construit mon existence, ma stabilité affective et mon réseau de soutien. Et même si nos relations n'ont plus rien d'une relation de couple, encore moins principale, il y a une qualité de relation, de force et de complicité qui fait que c'est vraiment pour moi un socle solide de stabilité et d'assurance dans l'existence.

des bises poconina

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Red

le lundi 20 mai 2013 à 01h16

Beau témoignage, qui génère plusieurs échos en moi. A un point tel que je poste, ce qui m'arrive environ.. jamais. Donc, d'abord, merci, pour cette tartine tout à fait digeste.

Le polyamour est chez moi qu'une conséquence, même pas vraiment la plus essentielle, de ma manière de voir, de ressentir les choses. Une conséquence de cette envie de liberté, d'être moi, de ne pas subir la pression de la norme. De remettre à plat tous les possibles. Je trouve ça terriblement suffoquant les (non-) choix prédéfinis pour nous. Tout est négociable, rien n'est figé.

De la même manière provient de mon envie de découvertes, qu'elles soient intellectuelles, sensorielles, émotionnelles, charnelles, qui est aussi la cause de ma passion des voyages. Il n'y a pas moins touriste que moi, je voyage avec mon sac à dos à la découverte des gens, des atmosphères, avec une fuite du quotidien aussi...

J'ai découvert Kerouac et Ginsberg récemment (et Patty Smith, bien que de la "génération d'après", a écrit quelque chose de très chouette) et ce fut un plaisir immense de voir que c'était un peu moi (une petite frustration aussi, car je n'ai pas encore arpenté la route, la vie, tout à fait à ce point là, vais-je passer à côté de cela dans ma vie sédentaire ?)

Chaque amour est douce chaîne, qui me lie(ce qui est à la fois contraignant et délicieux), plus ou moins élastique, supportant plus ou moins la distance (spatiale, temporelle, émotionnelle, etc ..)

Sinon je n'ai pas de vraie réponse à apporter à ton post poconina si ce n'est que vie de famille n'est pas nécessairement contradictoire avec ton mode fonctionnement, tout dépend de chaque situation (qui est unique). Rien n'est figé..

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(compte clôturé)

le lundi 20 mai 2013 à 12h03

Bonjour Poconina, ton histoire fait écho à la mienne, ou plutôt à ma crainte de "rentrer dans la norme", de ne plus voyager seule (ce que je fais toujours, en fait!), ce goût d'être libre, parfois parasité vers les 30 ans par la question "suis-je normale?" ... de ne pas avoir envie d'enfant (j'en ai deux aujourd'hui!), d'avoir toujours mon sac à dos en ligne de mire, etc. Bref, je pense comme toi que le polyamour dépasse de loin une simple possibilité d'aimer plusieurs personnes. (-pour certains, ce peut l'être cependant). C'est avant tout- et je rejoins Red à 100%- une curiosité permanente pour la vie, les lieux, les personnes et l'envie que rien ne soit figé.
Ressentir des doutes, voire une insatisfaction est logique, surtout vers 30 ans, quand tout le monde se range et fait des enfants et qu'on se demande s'il ne faudrait pas le faire. La seule question à te poser, c'est: quels sont mes vrais désirs? Mesdoutes viennent-ils d'une réel changement en moi, ou de la pression extérieure, ou d'une vraie frustration?
Bonne route!

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Gemini

le mercredi 22 mai 2013 à 09h53

Chère Poconina,
Je suis aux antipodes de ce que vous faites de votre vie. A cause, justement, de mes angoisses et incertitudes. C’est pour cela que j’ai eu un mal fou à pouvoir sortir de « mon territoire » comme les chats, un peu, mais pas trop loin…Je me situe dans mon triangle monastique (Bordeaux, Arcachon, Biscarosse) .
Si jamais vous ne saviez pas ou vous poser, pour un moment, n’hésitez pas à venir squatter mon lieu de vie, plein d’espace et de compréhension humaine. (Je suis en couple). Mon fils de 35 ans a la même philosophie que vous. Parfois j’admire son courage de survie…
Profitez bien du temps qui passe. Amicale-admirativement votre.
Guy

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Marie-Georges

le mercredi 22 mai 2013 à 20h42

Bonjour Poconina,

Un grand merci pour ce témoignage. Comme d'autres ici je me suis reconnue dans ce que tu décris. En ce qui me concerne c'est la partie agoraphobie et voyages (et donc cette dualité fragilité intime/ signes extérieurs de force et de réussite) que j'ai vécue. Comme toi, je suis partie travailler sur différents continents, seule, en contrat local, apprenant la langue sur place, ce qui forçait l'admiration de l'entourage en effet. Toi et moi savons que cela fait pourtant partie des choses que nous faisons avec facilité, tandis que d'autres choses anodines pour la majorité des gens nous demandent des efforts surhumains que nous ne pouvons pas toujours fournir. C'est notre travail invisible à nous... (Je ne vais pas te détailler ici les affres de mes propres angoisses mais si tu souhaites parler avec une agoraphobe et troubles assimilés en mp, welcome !)

Je voulais surtout te dire que l'amour, grand vrai beau et physique et intellectuel tout ensemble, existe pour les angoissées globe-trotteuses polyamoureuses aussi. Alors courage, tu es peut-être simplement dans une période avec des amoureux "très sympa mais sans plus" (ça arrive, j'ai traversé ce genre de période durant quelques années). Quant au désir de fonder une famille, tu sembles en être au stade légitime de te poser la question. Il est difficile pour certaines personnes (en tout cas pour moi) d'y répondre de façon générale et abstraite. La réponse peut naître d'une rencontre... Moi, je sais que je veux un enfant avec. Cela a découlé de mes rencontres amoureuses fortes. Je ne sais pas encore si cela se réalisera car ma situation assez récemment polyamoureuse complique pour le moment la donne (affaire à suivre...). Mais je pense que le polyamour n'est pas un obstacle.

Pour répondre à ta question, oui ! Oui, le polyamour est dans ma vie le résultat concret d'un idéal de sincérité et de rapports égalitaires. Je trouvais fondamental que je n'appartienne à personne et réciproquement. Je ne suis pas entrée dans le polyamour par une expérience (du genre tomber amoureuse de deux personnes ; moi j'ai surtout connu la monogamie et la jalousie), mais par une approche plus intellectualisée de définition de mes valeurs, de réflexion à deux ensuite (dans le cadre d'une relation d'abord monogame avec un partenaire ouvert à l'idée), enfin en l'expérimentant, lorsque j'ai eu la chance de tomber amoureuse d'un deuxième homme merveilleux. Et je constate actuellement que :
- je vais bien ;
- oui, on peut trouver un équilibre et une stabilité dans des relations plurielles vivantes, en constante évolution, et en changeant de boulot tout le temps ;
- Le polyamour n'est pas un remède à l'angoisse mais vivre en accord avec ses valeurs fait assurément du bien, et l'amour tout court aide grandement.

Bonne continuation et bonnes routes à toi.

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LuLutine

le lundi 27 mai 2013 à 14h02

poconina
c' est toujours lorsque dans un moment de crise personelle je me montre plus faible que forte que mes partenaires prennent de la distance...

Oh, c'est marrant ça.
Pour moi c'est exactement le contraire.
Ce qui s'est passé avec plusieurs amoureux (pas tous mais plusieurs), c'est qu'ils voyaient mon côté fragile, voulaient "[me] rendre heureuse", et que lorsqu'ils se sont rendus compte qu'en fait j'étais aussi forte et indépendante qu'eux (et peut-être même plus), alors ils m'ont laissée tomber (totalement ou partiellement)...!

Dans mon cas, c'est le côté "fragile et dépendante" qui semblerait les avoir attirés, et le côté "forte et indépendante" les rebuterait. Etre avec une amoureuse, oui. Aussi forte (voire plus) qu'eux ? Surtout pas !

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poconina

le mardi 16 juillet 2013 à 22h07

Merci à tous pour vos réponses, ou plutôt vos témoignages et vos confidences...Je suis de retour en France, je reprends pied dans ma réalité. Je décide pour la première fois d'appréhender le polyamour non plus comme un fantasme discret mais comme une réelle proposition avec les gens que je rencontre.
Je me sens sereine, même en sachant que durant mon absence d'autres personnes ont enrichi les coeurs de mes amoureux. Je n' ai pas l'impression d'avoir perdu au change. Aujourd'hui j' ai envie de me considérer comme une célibataire polyamoureuse, car j'ai énormement besoin de passer du temps seule (peut être même la majorité de mon temps), c' est nécessaire car j'ai besoin de réfléchir à mon chemin de vie: prendre le temps à tête reposée de penser à ma vie professionnelle , au nomadisme et la sédentarité.... Je vois une foule de possibilités s'ouvrir à moi, quelques angoisses encore mais peu de doutes sur le bien-fondé de ma démarche. J' ai aussi envie d'exprimer ma sensualité d'une autre manière, de la sortir de l'intime, à travers des photos ou un spectacle de cabaret par exemple... Je ne sais pas si cela vous parle. En tout cas merci à tous de m'accompagner sur ce bout de route!

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CharlieBear

le jeudi 23 janvier 2014 à 03h54

Bonjour Poconina,
Merci pour le témoignage.
J'ai dix ans de moins que toi, et pourtant, j'aime à croire que nos parcours se ressemblent un peu. Je suis polyamoureuse depuis bientot dix ans (ce qui correspond au début de ma vie amoureuse en fait), et le polyamour a toujours été ponctué par la distance géographique dans ma vie, un département de différence au collège, deux régions au lycée, une mer dans ma petite vingtaine, une amourette qui part de l'autre coté de la terre plus tard...
Aujourd'hui, je suis en mouvance, j'ai pas de maison à moi, ma vie loge dans deux sacs, je vais là où je peux, et dans chaque ville, au gré des rencontres je tisse des liens.
Pour moi, polyamour et itinérance sont liés, on fait bouger nos vies et nos coeurs, le désir dans les souliers, une sorte de frénésie de découvrir, les ailleurs, les autres, curiosité de la vie qui peut faire peur des fois...
C'était juste trois mots en amitié.
Bons baisers de notre lumineusement grise capitale.

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