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L'attente toujours l'attente du Mono-poly

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Juliejonquille

le lundi 23 mars 2015 à 20h10

Siesta, je n'ai pas parlé de pervers narcissique au sujet de mon mari ou d'intention de manipuler ou de faire du mal.
Je sais que c'est inconscient, des gens nous font parfois du mal sans même s'en rendre compte et avec les meilleures intentions du monde.
J'ai juste réfléchi qu'il y avait un côté rapport de force/manipulation dans notre relation. Peut-être du harcèlement moral plutôt ?

C'est aussi moi qui lui ai donné la latitude de m'écraser, cette culpabilité qui me colle à la peau et qui fait que je me rends coupable de tout.
Bref, mon manque d'estime de soi. Heureusement, c'est un peu fini.

Je ne veux surtout pas diaboliser mais ça commence à faire beaucoup beaucoup de proches qui me le disent.

Le dialogue est impossible car il utilise toujours ma culpabilité "tu te souviens, quand tu avais rendu cette traduction en retard ?" "Tu te souviens il y a 5 ans, quand tu étais partie retrouver une copine (déprimée) en laissant ta vaisselle dans l'évier ?"
Je suis une mauvaise mère, une irresponsable, etc... Je le sais tellement que je l'ai intériorisé.

Récemment, (c'est rare) il l'a fait devant une amie qui était un peu médusée. Ce sont des choses que je ne voyais pas il y a quelques temps, je n'y prêtais pas attention. Déni ?

Nous invitons peu de personnes à la maison, il a fait le vide autour de moi. Même ma mère n'a pas le droit de venir chez moi (ou alors c'est lui qui part pour ne pas la croiser). Et comme il n'a pas d'ami, c'est vite vu.

Je suis habituée à tout ça, ça s'est mis en place petit à petit, souvent sans mot.

Et je ne parle pas du sexe=récompense ou outil de pression...
Après, ce sont sans doute des crasses qu'on se fait dans tous les couples fermés à la longue...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le lundi 23 mars 2015 à 20h37

Non, pas dans tous les couples, et ya effectivement des plans pourris dans ce que tu racontes...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 24 mars 2015 à 00h05

Julie je suis "contente" que tu te rendes compte de la manipulation. Et de la souffrance induite. Peu importe le qualificatif derriere ce ne sont pas des attitudes qui te font du bien.

On n' apas à culpabiliser l'autre et utiliser cela pour le faire céder.

Courage.

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Phoenix

le mardi 24 mars 2015 à 09h21

Bonjour Julie,
Le rapport que tu décris est toxique pour toi, cela crève les yeux à te lire.
Si tu étais ma soeur, je mettrais toute mon énergie à t'aider à sortir de cette impasse.

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MagentadeMars

le mardi 24 mars 2015 à 13h55

Siestacorta
je peux parier sur un bonne quantité de surdiagnostic

Pour laisser un moment le cas spécifique du mari de Julie : on me dit que la proportion de "vrais" pervers dans la population est d'environ 3% (ce qui est déjà énorme, quand on réfléchit). D'ailleurs, les diagnostiques sont d'une certaine manière artificiels, car c'est sans doute une tendance continue, dont les cas les plus extrêmes attirent l'étiquette : ce n'est pas comme si on avait 97% de la population complètement sains et les autres pervers. Je suis effectivement choqué par la quantité d'histoires j'entends, qui semblent avoir des éléments de manipulation forte. J'hésite alors devant le terme "surdiagnostic", qui suppose que les cas ne dépassant pas le seuil "perver" ne soit pas sérieux.

De toute façon, ce n'est pas l'étiquette qui a de l'importance pour savoir que Julie a besoin de s'en sortir...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Juliejonquille

le mardi 24 mars 2015 à 22h12

Bon, pas d'inquiétude, je suis sereine maintenant que j'ai compris le truc.
Maintenant, la culpabilisation ne fonctionne plus car je vois les ficelles qui sont énormes.
Hier soir, j'ai même noté un dialogue pour le relire avec du recul et compter le nombre de fois où la balle est relancée dans le but de me faire culpabiliser ou taire.

Mon mari n'est pas un grand méchant, je suppose qu'une autre que moi aurait pu lui mettre des limites ou être moins aveugle. Je ne lui en veux pas, il ne va pas bien. Et je ne m'en veux pas non plus. Tout n'est pas à jeter non plus dans nos quinze ans de relation.

Même si je ne peux pas changer totalement mon côté hyper conciliant, je peux apprendre à éviter les personnes à risque et repérer les situations anormales.
Heureusement, j'ai une flopée de personnes bienveillantes autour de moi.

Bon, un divorce gentil, c'est ça qu'il faut me souhaiter.
J'espère qu'on pourra maintenir une relation, une amitié, au moins une estime réciproque. Je pense que ne plus être en relation de couple marié inter-dépendants rendrait notre relation moins toxique.
C'est fou que j'en arrive à ce choix qui m'apparaissait pire que la mort il y a quelques mois.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Phoenix

le mercredi 25 mars 2015 à 07h02

Chère Juliejonquiile,
Je te souhaite un magnifique divorce et beaucoup de bonheur....

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Juliejonquille

le mercredi 25 mars 2015 à 10h06

Merci. <3

J'ai essayé l'écoute active et de vraiment ne pas entrer dans le jeu de la culpabilité. J'ai noté un petit dialogue courant :

<<
- Je pense que consulter pour une thérapie de couple serait une bonne idée
- Je n'ai pas confiance dans les psys, ils sont ignares, la plupart n'ont même pas lu XXXX et YYYYY. Comment pourraient-ils me comprendre ?
- Oui, mais peut-être que même sans ça à force de traiter des couples, ils pourraient nous aider.
- Même toi, tu n'as jamais lu XXXX et YYYY et pourtant tu sais que c'est important pour moi !
- Et ta mère, est-ce qu'elle les a lus ?
- Non, mais d'ailleurs c'est pour ça qu'elle ne m'a jamais compris et voulait que j'écrive des romans. Personne ne me comprend ! Et pourquoi tu me parles de ça si tard ? A cause de toi, je ne vais pas pouvoir dormir, je vais encore faire de l'insomnie !
>>

Normalement, quand il me reproche de ne pas avoir lu les brillants philosophes comme s'il s'agissait d'un crime, je finis par pleurer et je ne trouve rien pour me défendre. La discussion est close. Du coup, difficile de discuter ou demander quoi que ce soit, il fuit, m'embrouille ou me culpabilise, m'accuse d'être illogique.
Je remarque qu'il est plus agressif et moins subtil depuis que je suis maman.

Je précise que j'ai lu beaucoup de livres qui lui tenaient à coeur mais que la liste s'allonge à mesure.

En fait, dans nos rôles je dois toujours "mériter" son amour, "mériter" son attention. Jamais l'inverse curieusement...
Est-ce qu'on peut guérir une relation pareille ?

En attendant, un bon divorce, ça sera déjà ça de fait. Mais pour ma fille, j'aimerais bien qu'il soigne son ego blessé et persécuté.

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popov

le mercredi 25 mars 2015 à 10h48

Le discours qu'il te tient ressemble fort à celui d'un 4 en ennéagramme. Un tragico-romantique incompris et que cela arrange certainement de l'être pour ne pas avoir à revivre de vieilles blessures de rejet.

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popov

le mercredi 25 mars 2015 à 10h49

Avec une aile 1 au sens où il se sent éthiquement supérieur.
Je te dis cela car je sais que je 'adresse à un type 2 et que tu comprendras ;-)

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Juliejonquille

le mercredi 25 mars 2015 à 11h23

Curieux, je voyais plutôt mon mari comme un 5 avec une aile 6... Très très introverti, secret, hésitant. Mais c'est peut-être une tactique plus que son vrai caractère. Au bout de 15 ans, je ne le connais pas et personne d'ailleurs, peut-être même pas lui-même. Très très caméléon.

Et moi, type 2, oui... :-/ pas trop de doute. Avec une aile 1 quand même... mais comme les Pokémon je suis en train d'évoluer. L'art, il n'y a que ça pour donner confiance en soi.

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popov

le mercredi 25 mars 2015 à 11h32

C'est cohérent qu'il soit 5 avec ici une aile 4 qui s'exprime très fort. Tu as forcément de meilleurs éléments que moi.

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ScottBuckley

le dimanche 29 mars 2015 à 17h45

L'autre soir, lors d'un café poly mensuel à Toulouse, on a eu un début de discussion sur le fait que parfois, voire souvent, c'est le fait de se mettre/ se coller une " étiquette " ( "en couple", "exclusif", etc. ) qui provoquait des attentes liées à cette étiquette
(exemples d'attentes pré-définies :

"on-est-encouplé-donc- on doit se voir au moins une-fois par-semaine/mois"
+ "on doit vivre dans le même appart pour économiser un loyer " ... ) ,

.... et que du coup une partie de notre liberté relationnelle et comportementale, de notre libre arbitre d'être humain, nous échappe, à cause de tous les ' choix pré-définis ' qui sont pré-enveloppés et pré-conditionnés dans le package de l'étiquette du pot de confiture .

Tu seras " fraise " ou " abricot " ou " adultère " ou " en couple exclusif par défaut " .

Peut-être faut-il avant tout interroger ses désirs à soi et à l'autre, seul-e et parfois aussi ensemble, les confronter,
... au lieu de se caser / se conformer aux normes d'un bocal de confiture avec une étiquette hyper réductrice et hyper conformisante, normalisante, nan ?

( edit 17h50 )
... et qui nous dit que ce sont des ' attentes personnelles qui viennent Vraiment de soi, de "nous deux" ' ?
qui nous dit que ce ne sont pas finalement des normes sociétales, ou des normes et conformismes qui viennent de tel milieu social/amical, ou professionnel, ou sportif ?

Chaque milieu a ses codes, ses habitudes, voire ses normes .

Le rugby masculin a ses codes, le "milieu LGBT" peut avoir ses codes, le "milieu poly" peut aussi en avoir .

Et qui dit 'codes' peut aussi induire > des attentes (fondées ou non, personnelles ou "de groupe" ) .

Autant en être conscient-e avant de croire pouvoir y explorer 'que' de nouvelles libertés, non ?

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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popov

le dimanche 29 mars 2015 à 20h45

Entièrement d'accord avec toi, mais il se trouve qu'il y a des systèmes fermés avec des étiquettes réductrices et des systèmes ouverts. L'ennéagramme est un système ouvert et la typologie n'est que transitoire. C'est d'ailleurs ce qui en fait un système très efficace quand on sait l'utiliser et qui donne tout un tas d'informations et d'explications quant au vécu de l'autre. Bien entendu, il faut ne pas commettre l'erreur de fermer un système qui est ouvert. En attendant, il permet de mettre un nom sur une souffrance, une réaction et permet de développer l'empathie.
En ce qui concerne les étiquettes, je pense de toute façon que l'on est multiple. Que se définir comme hétérosexuel, homo, poly ou mono n'a de valeur que dans l'instant de la conscience, c'est-à-dire la partie visible de l'iceberg, qui peut d'ailleurs changer.

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Juliejonquille

le lundi 27 avril 2015 à 10h51

Bon, je me décide à redonner des nouvelles même si mes histoires doivent être fatigantes à lire à force de tourner en rond.

La découverte du poly pour moi, c'est une véritable ordalie, une mise à nu des mauvais fonctionnements dans notre relation mais c'est aussi la redécouverte de nos identités.
Ca fait mal, oui, comme quand on réchauffe des membres engourdis. Le choc est tel que j'ai l'impression d'être une girouette, ballottée dans tous les sens. Par moment, je suis lucide, d'autres fois de vieilles habitudes reviennent.

Il y a quelques semaines, j'ai annoncé à mon mari que j'allais sortir voir mon amoureux F.. Cela s'était relativement bien passé pour lui, même le retour et j'avais été impressionnée de le voir réagir aussi calmement et à mon retour il avait été plutôt plein d'attentions.

Ce week-end aussi il était prévu que je sorte voir F. et cette fois mon mari m'a dit "Ah non, tu ne peux pas me faire ça, j'essayais de me réconcilier avec toi, j'ai fait plein d'efforts."
Bon, voyant que cette fois, il avait vraiment l'air d'en souffrir, je me suis dit que je pouvais annuler pour une fois.

Mais je trouve a posteriori que j'ai eu tord de céder à cette sorte de chantage, car en fait ensuite, mon mari s'est plongé dans ses livres et ne m'a pas adressé la parole de la soirée. Il ne boudait pas, non, il était juste distrait et absent comme d'habitude. Je ne lui aurais pas beaucoup manqué si j'avais été ailleurs et au moins j'aurais passé une bonne soirée et F. aussi.
J'ai vraiment un problème avec la culpabilité, l'affirmation de soi. Pourquoi je lâche aussi facilement, pourquoi je fais toujours passer les autres avant moi ?
Ma pensée a été : "il est vraiment triste ce soir que je parte" et j'ai fondu comme neige au soleil. Mais après, j'ai aussi été déchirée de téléphoner à F. pour annuler...

Ensuite, j'ai creusé la signification du "tu ne peux pas me faire ça, j'essayais de me réconcilier avec toi."
Et comme d'habitude, mon mari me fait porter la culpabilité de notre absence d'intimité. Il me dit que 6 mois ou un an sans sexualité le temps de se remettre du choc de mon infidélité c'est tout à fait normal et que chaque fois que je lui annonce que je vais sortir avec un amoureux, cela repousse nos "retrouvailles". Seulement, je n'y crois plus vraiment. C'était déjà le cas avant mon infidélité, à moindre échelle.

J'ai l'impression de tomber encore dans le panneau, je suis dans un cercle vicieux où forcément tout me pousse à l'infidélité, l'absence d'intérêt qu'il me porte me poussera au bout de quelques mois forcément à chercher du réconfort ----> il me le reprochera ----> je serai sage quelques mois puis craquerai à nouveau
Ce jeu ne m'intéresse pas.

Finalement, je crois que mon mari souffle encore le chaud et le froid.
Il est même revenu sur l'idée du polyamour alors qu'il affirmait que finalement il n'était pas si jaloux que ça.

Mon tord c'est d'attendre sa permission, quelque part je suis toujours sous sa domination dans ma tête.
J'aurais dû me mettre en colère, protester.

Je crois que je perds confiance en lui, je sais qu'il n'est pas bienveillant.
Il m'a dit qu'il ne pouvait pas se faire des amis car il les détruisait tôt ou tard.

Ma santé est chancelante, j'ai pris beaucoup de poids cette année, fait un zona il y a deux semaines... Je crois aussi que la fatigue accentue ma tendance à céder.

Je me rends compte de ce que j'écris en me relisant...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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remi

le lundi 27 avril 2015 à 11h01

Tu dors toujours sur le canapé ? Pourquoi tant de fatigue ? On le néglige tous un peu, mais c'est important le sommeil :-)

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Juliejonquille

le lundi 27 avril 2015 à 11h08

Ah non, je ne dors plus sur le canapé, même s'il y a un intangible mur de Berlin au milieu du lit. :-)
J'ai même le droit de poser la main sur l'épaule de mon mari de temps en temps.

Fatigue mentale, début de dépression ?

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bouquetfleuri

le lundi 27 avril 2015 à 11h17

Bonjour Juliejonquille, tu mets le doigt sur un antagonisme prégnant dans les relations amoureuses et poly amoureuses : permission contre autorisation.
La permission vient des autres, de ceux qui ont le droit de la donner, un droit qu'on leur confère. L'autorisation vient de soi, c'est un processus d'individuation qui fait de nous les auteurs de nos vies.
La permission peut s'obtenir par un contrat, par un échange, immédiatement.

L'autorisation n'est pas contractuelle, elle est immanente à l'individu. C'est plus long, c'est sans doute plus douloureux, mais plus libérateur et nécessaire à un épanouissement durable

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Juliejonquille

le lundi 27 avril 2015 à 11h23

Oui, c'est exactement sur ça que je bute en ce moment. (+)

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LuLutine

le lundi 27 avril 2015 à 23h15

Bonsoir Juliejonquille, moi aussi "pourquoi je fais passer les autres avant moi ?" est une question que je me pose souvent, même si ce n'est (a priori) pas au même point que toi. J'ai aussi appris à m'occuper de moi (enfin...j'apprends encore ; c'est quelque chose que je ne sais pas bien faire).

En effet, pour ma part je me suis autorisée à vivre et...un certain nombre de personnes m'ont tourné le dos. Je crois que c'est le prix à payer pour être soi.

Mais il n'y a pas qu'un prix à payer. Les personnes qui m'ont tourné le dos ont laissé le champ libre à bien d'autres rencontres, parfois merveilleuses (et je ne parle pas que de rencontres amoureuses), des rencontres que je n'aurais très probablement pas faites si on ne m'avait pas abandonnée.

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